Le pouliot, la reine des menthes

S’il existe une menthe qui se distingue de ses consœurs, c’est bien le pouliot. Il n’échappa d’ailleurs pas aux Grecs et aux Romains de l’Antiquité. Le pouliot, chez les Grecs, c’est le glêchon. Hippocrate, Théophraste et Dioscoride sont unanimes. C’est aussi le pulegium (ou herba puleium) chez les Romains que sont Cicéron, Apicius et Pline. Pour les Anciens, le pouliot ne s’apparentait pas à une menthe. C’est Linné, en 1756, qui classera le pouliot dans le groupe des menthes. Il est vrai qu’il est très différent. C’est une espèce à part. L’agencement de ses hampes florales rappelle fortement le marrube, la couleur de ses fleurs celle de l’origan ou du serpolet. Avec des feuilles presque rondes, des tiges circulaires et une arcature « anarchique », on n’a pas l’impression d’avoir affaire à une menthe. Peut-être sont-ce ces caractéristiques qui auront permis aux Anciens de nettement singulariser la plante, et qu’ainsi il nous est permis de la reconnaître dans les textes antiques. Sans doute parce qu’elle est stable, n’étant pas un hybride. Contrairement à ces derniers, le pouliot forme des graines fertiles. Alors que la menthe poivrée, un hybride issu de deux autres menthes, est stérile par ses graines mais pas par ses rhizomes. Une chose est certaine : cette plante méridionale était bien connue des Grecs, des Romains et des Égyptiens.
Pouliot
Comme beaucoup d’autres plantes employées durant l’Antiquité, les usages mêlaient tant la magie que la médecine. Par exemple, Pline l’Ancien rapporte que la cueillette du pouliot devait s’effectuer à jeun. On nouait ensuite la plante dans le dos ou sous les couvertures du malade avant que ce dernier ne s’y installe, afin de faire tomber la fièvre tierce. Pour la même affection, le Pseudo-Apulée recommandait de prendre trois brins de pouliot et de les nouer de laine. « Si le malade les porte comme une couronne sur la tête avant l’accès, le mal de tête partira ». La magie et la médecine étaient alors si intimement liées qu’on n’hésitait pas à prononcer des incantations durant l’administration des remèdes. Le pouliot n’y fit pas exception et était communément employé dans les usages antiques suivants : morsure de serpent et piqûre de scorpion (comme tant d’autres plantes, de l’Antiquité au Moyen-Âge), toux, vomissements, crampes d’estomac, maux de tête, calculs, rétention d’urine, asthénie, troubles menstruels, etc.
Les divinités étaient aussi de la partie. Une légende raconte qu’une jeune nymphe, du nom de Mintha, refusa les avances du dieu des enfers, Hadès (il est vrai qu’elle l’aurait bien rafraîchi, le vieux charbonneux). Perséphone, la femme à la grenade mais également épouse d’Hadès, transforma Mintha en plante. Selon une autre version, la menthe serait née de l’infidélité de Hadès avec la nymphe Mintha. Celle-ci, surprise par Perséphone, fut transformée en plante sans graines afin qu’elle ne se reproduise pas, puis envoyée en enfer, c’est-à-dire sur Terre. Les dieux sont bizarres parfois. Passons. A moins que… Perséphone ait fait de Mintha une plante, le pouliot, propre à chasser les créatures infernales que sont les puces, pourvoyeuses de bien des malheurs, confortablement juchées sur leur monture. On dit que le nom de la plante, pulegium proviendrait du latin pulex qui signifie puce. Les connaissances empiriques de l’Antiquité ont été vérifiées de façon scientifique : le pouliot est véritablement un tueur de puce. Tout comme l’absinthe et la tanaisie, il les chasse et les tue. Et tout cela ne date pas d’hier. Il était de commune mesure de placer la plante sous les matelas pour se prémunir de la bébête en question. De même, au XIV ème siècle, selon le Hortus sanitatis, on procédait à des fumigations de pouliot pour chasser les puces. En cela, il n’est pas étonnant qu’il ait été tenu en grande estime au Moyen-Âge. Les parasites, qu’ils soient puces ou vers, faisaient florès. Pour cette raison, le pouliot fut inscrit aux Capitulaires et autres Inventaires impériaux. Durant les temps médiévaux, ce ne sont pas moins que Walafried Strabon (IX ème siècle) et Hildegarde (XII ème siècle) qui feront appel à ses services. Mais pas seulement sur la question des puces. Le premier, tout comme à son habitude, en fait l’apologie (comme il l’aura fait de la sauge et de l’armoise) ; le bonhomme n’a pas eu tort. La seconde, puissante abbesse (pour ne pas dire magicienne) a bien connu le pouliot. Elle l’administrait en cas de fièvre, de troubles de la vue et d’aphonie. Mais aussi : toux, nausées, vomissements, maladies pectorales et asthénies. Autant dire que l’abbesse avait l’ouïe fine !
Un peu plus tard, au XVI ème siècle, Matthiole établira certaines des propriétés du pouliot : diurétique, eutocique (c’est-à-dire qui permet à un accouchement de se dérouler normalement), anti-ictérique, antihydropisique… Mais, comme toute panacée, « depuis lors, la plante est bien déchue de son antique réputation et ne se rencontre presque plus jamais dans les jardins «  (Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, p. 624).

1. Huile essentielle : composition et description

tableau cétones pouliot poivrée

Ce petit tableau permet de remarquer que l’huile essentielle de menthe pouliot contient, en moyenne, trois fois plus de cétones que l’huile essentielle de menthe poivrée. L’huile essentielle de pouliot se présente sous forme liquide et mobile. De couleur rouge jaunâtre (couleur identique à celle d’huile essentielle de sarriette des montagnes), elle est fortement parfumée.

2. Propriétés thérapeutiques

  • Mucolytique, anticatarrhale, expectorante
  • Stomachique, eupeptique, carminative, digestive, cholagogue, cholérétique
  • Hypertensive, cardiotonique, vagotonique
  • Stimulante et tonique du SNC
  • Lipolytique
  • Cicatrisante
  • Insecticide, parasiticide
  • Décongestionnante
  • Antifongique (action moins puissante que celle des phénols)
  • Antispasmodique
  • Anti-oxydante (activité faible)

3. Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère respiratoire : coqueluche, toux quinteuse, insuffisance respiratoire, bronchite chronique, bronchite asthmatiforme, asthme, trachéo-bronchite, mucoviscidose
  • Troubles de la sphère hépatique : insuffisance hépatobiliaire, ictère, cholécystite (inflammation de la vésicule biliaire), lithiase biliaire
  • Troubles de la sphère digestive : atonie gastrique, hoquet, vomissement, douleurs intestinales
  • Troubles génitaux : leucorrhée, dysménorrhée
  • Cellulite

4. Modes d’emploi

  • Voie cutanée diluée
  • Voie orale : elle est réservée aux spécialistes. Je déconseille fortement l’auto-médication.

5. Contre-indications

Comme nous l’avons constaté précedemment, l’huile essentielle de menthe pouliot contient trois fois plus de cétones monoterpéniques que celle de menthe poivrée. Déjà que cette dernière doit être utilisée avec prudence, on comprendra que le pouliot doive faire l’objet de la plus grande circonspection. Parce que, avec le pouliot, nous sommes loin de l’hélichryse d’Italie avec ses diones (presque) inoffensives, par exemple. L’huile essentielle de menthe pouliot contient plusieurs cétones différentes qui sont responsables des effets thérapeutiques vus plus haut. Seulement, cette huile essentielle est une arme à double tranchant, elle est aux menthes ce que la stoechade est aux lavandes. Son potentiel toxique s’illustre à travers les propriétés suivantes :

– Neurotoxique : « les huiles essentielles riches en cétones monoterpéniques provoquent les mêmes effets : elles déclenchent une dégradation du tissu neuronal et provoquent des convulsions » (Fabienne Millet, Le guide Marabout des huiles essentielles, p. 30). Des crises d’épilepsie sont donc possibles.
– Hépatotoxique : « en inhibant le cytochrome P450, elle [la pulégone] perturbe la métabolisation des autres substances traitées par le foie. Elle agit également au niveau du glutathion et provoque une toxicité hépatique même à faible doses, altérant tous les métabolismes de détoxification » (Fabienne Millet, Le guide Marabout des huiles essentielles, p. 29).
– Abortive
– Stupéfiante

A noter que pulégone et menthone sont particulièrement toxiques par voie orale, un peu moins par voie cutanée.
Il va sans dire que :
– Ni les bébés, enfants, femmes enceintes ou allaitant ne l’utiliseront.
– Les personnes sujettes à des troubles hépatiques et à l’hypertension ne pourront s’en faire une copine.

Bon. Vous avez remarqué ? Mes apparentes contradictions ? Je ne souhaite pas faire de procès à une plante qui a rendu d’admirables services pendant des siècles. Pourtant, lorsqu’on relit ce que je viens d’écrire, on pourrait être en droit de repousser le pouliot, du moins son huile essentielle. Avez-vous aussi remarqué que ce sont toujours les huiles essentielles les plus puissantes (d’un point de vue thérapeutique) qui ont mauvaise presse à cause de leurs néfastes propriétés ? Le remède est dans le poison. Et ce remède demande à être justement approprié. Car les substances les plus puissantes occasionnent, à la fois, les plus grands bienfaits mais aussi de grands malheurs pour ceux qui n’y sont pas initiés. Et c’est là que j’interviens, afin d’empêcher quiconque de faire une bêtise. D’une part, s’intoxiquer bêtement, d’autre part répudier une plante parce qu’on aura crié haro sur elle. Ami(e)s, souvenez-vous que la plante n’y est jamais pour rien. C’est le mauvais usage que l’on peut en faire qui est seul dommageable.
Toutefois, si vous souhaitez faire usage du pouliot sans risquer d’inconvénient, optez pour les infusions de plante sèches. Sachez aussi qu’il existe un chémotype d’huile essentielle de menthe pouliot moins chargé en cétones monoterpéniques.

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Comment avoir de la menthe chez soi toute l’année ?

La menthe est une aromatique de choix en cuisine. Tant fraîche que sèche, elle rend de grands services. C’est une plante qu’on trouve couramment sur les marchés et dans les rayons de plantes aromatiques sous sachet plastique des grands magasins, à côté du basilic et de la ciboulette. Seulement, la plupart du temps, on nous vend une botte dont on n’utilisera qu’une maigre partie. Alors, que faire du reste ?
Plusieurs possibilités s’offrent à nous. La première consiste à prélever la quantité de feuilles nécessaire à l’élaboration de notre plat du jour et à faire sécher les autres tiges. Comme cela, nous aurons de la menthe sèche pour infusion, par exemple. Mais on peut faire mieux encore. Plaçons les tiges dans un bocal en verre rempli d’eau. Veillons à ceci : plus les tiges sont grandes et plus le bocal devra être haut. La menthe étant une grosse buveuse, il faudra remplir d’eau régulièrement le bocal, sans compter que la menthe, c’est pied dans l’eau et tête au soleil. La meilleur place ? Derrière le carreau d’une fenêtre exposée au soleil. Il y aura donc un phénomène d’évaporation tout à fait normal.
Au fur et à mesure, les feuilles basales finiront pas jaunir, puis tomberont dans le bocal. Laissons-les y, elles fourniront aux tiges leur propre engrais (cependant, pour être certain que nos tiges ne manquent de rien, il est possible d’ajouter de l’argile en poudre à l’eau contenue dans le bocal. Riche en oligo-éléments, l’argile fournira à la menthe les sels minéraux nécessaires).

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Jour après jour, on verra que, à l’aisselle des feuilles tombées, de petites radicelles se forment (cf. flèche de gauche sur la photo). Puis, des racines (cf. tige du centre). Enfin, non seulement des racines mais aussi de petites tiges (cf. flèche de droite). Lorsque le « chignon » de racines sera suffisamment important, on pourra procéder au rempotage des tiges dans un vrai pot avec de la vraie terre dedans. Nous aurons ainsi, à domicile, une menthe qui pourvoira à nos besoins durant presque toute l’année, sans compter que cela permettra aussi d’éviter le gaspillage :-)

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La lavande papillon (ou stoechade)

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Certaines sources mentionnent que la lavande stoechade était connue des anciens Grecs et Romains. Apparemment, ils s’en servirent comme remède détoxiquant et en guise de contre-poison. Il faut cependant accueillir ces informations avec la plus grande réserve sachant la toxicité de cette lavande. Dioscoride semble y faire référence. Théophraste parle d’une lavande de mer. Bien que maritime, la lavande stoechade n’est certainement pas la plante dont parle le médecin grec, mais bien plutôt une saladelle.
Il existe peu d’informations relatant ses emplois passés. Dans les années 1940, Fournier rapporte qu’on extrayait artisanalement les principes actifs de cette lavande en Espagne. « On suspend les épis fleuris, tête en bas, dans des bouteilles que l’on expose au soleil ». La solution obtenue était employée comme hémostatique et antiseptique sur les plaies.

Si les caractères morphologiques des lavandes et des lavandins occasionnent souvent des confusions, avec la stoechade, il est impossible de se tromper. Les fleurs violet-pourpre sont serrées en épi carré et surmontées de houppettes originales : des bractées qui font ressembler chaque épi à un papillon ventru. Les feuilles, duveteuses et grisâtres (d’où le nom de lavande cotonnée qu’on lui donne parfois), sont particulières dans le sens où elles grimpent jusqu’aux sommités fleuries contrairement aux autres espèces de lavandes. C’est une plante qui affectionne les sols riches en silice, les coteaux arides, la garrigue, les bords de mer. On la trouve essentiellement sur le littoral méditerranéen : Corse, sud de la France (massif de l’Estérel, îles d’Hyères), Portugal, Espagne, Sardaigne…

1. Huile essentielle de lavande stoechade : composition et description

  • Cétones monoterpéniques : fenchone, camphre, verbénone (70 à 80 %)
  • Monoterpènes (15 %)

Comme chez toutes les lavandes, ce sont les sommités fleuries qui sont distillées. L’huile essentielle obtenue est de couleur jaune clair à orangé. Son parfum est décrit comme herbacé et fleuri, avec une touche de romarin et de lavande aspic (en raison de la présence de camphre, entre autres). Certains auteurs considèrent son parfum comme médiocre. Cependant, on ne peut lui reprocher de n’être ni original ni entêtant.

2. Propriétés thérapeutiques

  • Anticatarrhale, mucolytique, expectorant, décongestionnante des voies respiratoires
  • Antibactérienne spécifique (sur Pseudomonas aeruginosa ; à noter que rares sont les huiles essentielles à venir à bout de cette redoutable bactérie responsable de maladies nosocomiales)
  • Anti-inflammatoire
  • Cicatrisante
  • Décontractante musculaire
  • Tonique psychique

Peu de propriétés (comparativement à d’autres huiles essentielles), mais des actions ciblées et très puissantes.

3. Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère respiratoire : bronchite chronique, sinusite chronique, otite d’origine infectieuse, otite séreuse, mucoviscidose (en compagnie de la menthe pouliot – Mentha pulegium – que nous aborderons dans un prochain article)
  • Troubles musculaires : crampes, douleurs, préparation à l’effort chez les sportifs (action similaire à celle de la gaulthérie couchée – Gaultheria procumbens)
  • Troubles cutanés : plaies (accidentelles et chirurgicales), eczéma sec, urticaire, dartre, pityriasis, escarres, piqûres d’insecte, brûlures, chéloïde, cellulite
  • Inflammations diverses : stomatite, hémorroïdes, sciatique

4. Modes d’emploi

  • Voie cutanée diluée
  • Inhalation
  • Diffusion atmosphérique (avec prudence)

5. Contre-indications

S’il convient d’être prudent avec les huiles essentielles de sauge officinale (Salvia officinalis) et d’hysope officinale (Hyssopus officinalis) par exemple, avec celle de lavande stoechade, il est obligatoire d’être très prudent. En effet, la très forte proportion de cétones monoterpéniques nécessite de prendre les précautions qui s’imposent. Cela fait de cette huile essentielle un produit hautement neurotoxique et abortif. De fait, elle est :
– Interdite à la femme enceinte et à celle qui allaite
– Interdite chez le bébé et l’enfant (sauf en cas d’otite séreuse chez ce dernier)
– Interdite chez la personne neurologiquement fragile.
Même une personne non concernée se gardera d’en faire un usage au long cours. C’est une huile essentielle extrêmement puissante à tel point qu’on ne saurait en faire un usage massif et immodéré, un aspect que nous n’hésiterons pas à rappeler lorsque nous aborderons l’huile essentielle de menthe pouliot (Mentha pulegium) qui contient elle aussi une cétone monoterpénique, la pulégone, dans une proportion avoisinant parfois les 90 %.

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L’aneth, tout en fluidité

Anethum graveolens… Autrement dit, « plante à forte odeur qui pousse vite ». Bien intérêt à pousser rapidement, étant une plante annuelle (autrement dit, toute graine germée doit faire de la graine dans la même année) qui possède bien des points communs avec ses proches cousins que sont fenouil et anis. A tel point qu’on aura souvent affublé l’aneth des sobriquets de fenouil puant, fenouil bâtard et autre faux anis.

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Probablement issu du Proche Orient (Perse ?), l’aneth s’est propagé (et oui, c’est un mot masculin) autant au Caucase qu’à l’Égypte dans un premier temps. Les Égyptiens de l’Antiquité l’inscrivirent même dans le fameux papyrus Ebers (1500 ans av. JC). Plus tard, le papyrus magique de Leyde, rédigé en grec, mentionne l’aneth sous le surnom de « semence d’Hermès ». Plus largement, au-delà d’une seule considération d’ordre purement magique, l’aneth est relaté par Hippocrate, Dioscoride et Galien, ce qui est certainement la preuve que l’aneth a posé le pied sur le sol européen bien avant le début de notre ère. Les Grecs anciens composèrent un remède à base d’aneth, de fenouil et de racine de verveine afin de combattre la stérilité féminine. Du côté des Romains, Pline et Virgile y font référence au tout début de l’ère chrétienne, l’un dans son Histoire naturelle, l’autre dans ses Bucoliques. Bien qu’endémique à l’Europe méridionale, des restes d’aneth ont été découverts parmi les ruines de maisons romaines en Grande-Bretagne, ce qui atteste de la percée septentrionale de l’aneth au cours des siècles encadrant la naissance du Christ.

Au Moyen-Âge, ce ne sont pas moins que l’école de Salerne et Hildegarde qui l’emploient comme remède. La célèbre école de médecine italienne se fendra même de bons mots à son sujet : « l’aneth chasse les vents, amoindrit les humeurs et d’un ventre replet dissipe les grosseurs » (1). Quant à l’abbesse de Bingen, elle préconise l’aneth en cas de saignement de nez, de maladies pectorales, de douleurs de la rate et de goutte.
Matthiole indique que l’aneth était cultivé dans tous les jardins de son temps et qu’il comptait au nombre des ingrédients constituants des thériaques, tandis que ses graines formaient avec la camomille, le mélilot et la matricaire le club des quatre plantes carminatives des apothicaires de l’époque.
L’aneth avait si bonne presse qu’à la Renaissance il était invité à la table du roi Louis XIV sous la forme de rossolis, une liqueur à base de fenouil, d’aneth et de cannelle, entre autres. Eupeptique, elle permettait au roi de faciliter les digestions pénibles que ses excès de table occasionnaient régulièrement.
Puis, progressivement, l’aneth glissera vers l’Europe du Nord où il est encore abondamment utilisé. Au XVIII ème siècle, une mariée scandinave assurait son bonheur conjugal en ornant son corsage de fleurs d’aneth.

Bien plus petit que le fenouil auquel il ressemble beaucoup, l’aneth est constitué d’une tige creuse, lisse et vert glauque. Haut d’une centaine de centimètres en moyenne, il est bon de noter que les sujets sauvages sont plus petits que les domestiques. Comme très souvent chez les Apiacées, on distingue des feuilles inférieures aux pétioles engainants et des feuilles supérieures linaires et filiformes que surplombent des ombelles de petites fleurs jaunes pauvres en nectar mais qui produiront à profusion des graines brunâtres, plates et striées, au goût frais et légèrement amer.


(1). Les vers salernitains évoquent plusieurs propriétés de l’aneth : ses effets carminatifs et digestifs, ainsi que son action sur le sang et la bile.

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1. Huile essentielle d’aneth : composition et description

Extraite des graines sèches et pulvérisées par distillation à la vapeur d’eau, cette huile essentielle est incolore à jaune très pâle. Mobile et liquide, elle présente une touche anisée, fraîche et herbeuse.

  • Cétones : carvone, molécule également présente dans l’huile essentielle de carvi (30 à 40 %)
  • Monoterpènes : limonène, alpha-phéllandrène (25 à 45 %)
  • Dillether (3 à 10 %)
  • Coumarines (traces)

2. Propriétés thérapeutiques

Comme nous allons le voir, l’aneth dégage les obstructions, assouplit et fluidifie. Elle a la vitesse du lièvre et la pugnacité de la tortue. Elle agit sur bien des liquides du corps (urine, sang, salive, sucs gastriques, bile, lait maternel, mucus pulmonaire).

  • Stimulante des glandes salivaires et gastriques, digestive, stomachique, antispasmodique des voies digestives, carminative
  • Stimulante hépatique, hypocholestérolémiante, cholagogue, cholérétique
  • Décongestionnante bronchique, fluidifiante des sécrétions bronchiques, expectorante, anticatarrhale, mucolytique
  • Anticoagulante, fluidifiante du sang
  • Emménagogue, galactogène
  • Diurétique
  • Anti-infectieuse : antifongique, antibactérienne
  • Stimulante du SNC, neurotrope

3. Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : digestion lente, dyspepsie, aérophagie, ballonnement, flatulence, manque d’appétit, colite spasmodique, vomissement, hoquet
  • Troubles de la sphère hépato-biliaire : insuffisance hépatique et biliaire, drainage hépatique
  • Troubles de la sphère respiratoire : encombrement bronchique, rhume, catarrhe, bronchite, ronflements
  • Hémogliase (épaississement du sang)
  • Règles douloureuses
  • Sciatique

Propriétés et usages relativement proches de ceux des huiles essentielles de fenouil et d’anis vert.

4. Modes d’emploi

  • Voie cutanée diluée
  • Voie orale avec précaution
  • Inhalation
  • Diffusion atmosphérique

5. Contre-indications et autres usages

  • Contenant une forte proportion de carvone, une cétone monoterpénique, cela implique que l’huile essentielle d’aneth est neurotoxique et abortive. On ne l’utilisera donc pas en cas de grossesse et d’allaitement, encore moins chez le bébé, l’enfant et la personne neurologiquement fragile. De même, les personnes soumises à un traitement aux anticoagulants l’éviteront. Le carvone, contrairement au turmérone contenu dans l’huile essentielle de curcuma, est une cétone « lourde », à l’instar de la thujone, du camphre et de la pinocamphone.
  • Non seulement matière médicale depuis des lustres, l’aneth est aussi un légume et un condiment. Les graines sont employées comme assaisonnement dans les pays scandinaves mais également en Allemagne, en Inde, en Grand-Bretagne, en Russie… Quant aux feuilles vaporeuses et aériennes qu’on trouve fréquemment sur les marchés, elles se lient bien avec les poissons, les crustacés ainsi que certains coquillages. Par exemple, la sauce Dill, mélange de jus de citron, de crème fraîche et de feuilles d’aneth finement ciselées, accompagne traditionnellement le saumon fumé. A noter que le mot dill, mot anglais désignant la plante, signifie « calmer » en ancien anglais, en relation avec les qualités antispasmodiques de l’aneth.

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Le curcuma, ami du foie et du système digestif

Matière médicale, plante tinctoriale mais aussi épice, le curcuma prodigue ses bienfaits aux hommes depuis 3 000 ans. Cette plante vivace, dont certains spécimens ornent les boutiques des fleuristes, est surtout connue pour ses parties souterraines qui, à la manière du gingembre, sont constituées de rhizomes. Originaire d’Asie tropicale, le curcuma est cultivé depuis longtemps sous ces latitudes, c’est-à-dire des régions pluvieuses et procurant la chaleur nécessaire pour que puisse s’épanouir celui que les Anglais nomment turmeric. On le trouve donc en Inde, en Chine, en Indonésie, en Birmanie, au Bangladesh, mais aussi hors d’Asie (Amérique du sud, Antilles, Madagascar).

Curcuma partie supérieure
Le curcuma porte de grandes et longues feuilles brillantes et pointues. Ses fleurs jaune pâle sont enserrées par des bractées de couleur rose disposées en épi.

Curcuma rhizome et poudre
Le rhizome du curcuma est formé d’un réseau de tubercules ramifiés et de forme ovoïde.

Le curcuma est connu du monde occidental depuis l’Antiquité si l’on en croit les descriptions qu’en donne Dioscoride. En Europe, au XVII ème siècle, Lémery le considérait comme apéritif et comme « propre à lever les obstructions de la rate, à soigner la jaunisse et la pierre » (par pierre entendre lithiase). Au XIX ème siècle, il était utilisé comme stimulant du foie et tonique des fonctions digestives et diurétiques. Enfin, au XX ème siècle, le médecin français Henri Leclerc reprendra un certain nombre de ces indications thérapeutiques.

Pour les Louchais de Birmanie, le rhizome du curcuma représente la matrice d’où serait issu l’Univers du fait de sa ressemblance avec un gros œuf. En Malaisie et en Indonésie, on purifie les lieux où se tiennent les cérémonies magiques avec du curcuma dilué dans de l’eau salée en l’aspergeant à l’aide des larges feuilles de la plante. Ces rituels d’aspersion se retrouvent également lors des cérémonies de mariage.

1. L’huile essentielle de Curcuma longa : description et composition

On distille aussi bien le rhizome sec (lavé, séché au soleil pendant 8 jours puis broyé et pulvérisé) que frais. Le parfum de l’huile essentielle obtenue dans les deux cas est différent. Douceâtre et mielleux pour le curcuma frais, il est nettement terreux pour le curcuma sec. Le rendement, élevé, est compris entre 4 et 6 %. La composition biochimique s’en trouve également modifiée comme nous pouvons le constater à travers ces extraits de chromatographie en phase gazeuse portant sur deux lots :

Tableau composition biochimique HE curcuma

On alloue à l’huile essentielle de curcuma frais des propriétés similaires à celle de curcuma sec mais beaucoup puissantes.

2. Propriétés thérapeutiques

  • Stimulante hépatique, régénératrice hépatique, hépatoprotectrice
  • Hypocholestérolémiante
  • Cholagogue, cholérétique
  • Tonique circulatoire, fluidifiante du sang
  • Apéritive, digestive, carminative, anthelminthique
  • Antibactérienne, antifongique
  • Antalgique, anti-inflammatoire, antirhumatismale
  • Cicatrisante
  • Anti-oxydante (cinq fois plus puissante que la vitamine E)
  • Négativante
  • Préventive des cancers et des maladies dégénératives, antimutagène, anticarcinogène (on a observé que les cas de cancer du côlon sont beaucoup moins fréquents dans les aires de consommation régulière du curcuma)

3. Usages thérapeutiques

  • Troubles hépato-biliaires : insuffisance hépato-biliaire, métabolisation des graisses, excès de cholestérol, lithiase biliaire
  • Troubles digestifs : insuffisance digestive, lourdeur digestive, ballonnement, aérocolie, colite, inflammation des muqueuses gastriques et intestinales, inflammation du côlon, maladie de Crohn, parasites intestinaux
  • Douleurs rhumatismales, articulaires et musculaires, crampes
  • Dermatoses (acné, eczéma)

En Malaisie, ainsi qu’en Inde, on retrouve l’emploi du curcuma à travers les grands points évoqués ci-dessus : le foie, la vésicule biliaire, le système digestif, la peau et les muscles.

4. Contre-indications et autres usages

  • Le curcuma est une épice parfois confondue avec le safran, lequel n’a pas la même origine et encore moins la même valeur. Sans doute que les nombreux noms vernaculaires du curcuma (safran des Indes, racine de safran, safran vert, safran Bourbon, safran péi, etc.) auront entretenu cette confusion.
  • Il est, avec la coriandre et nombre d’autres épices (cannelle, gingembre, muscade, clou de girofle, etc.) l’un des principaux éléments du curry, mélange d’épices avec lequel le curcuma est souvent confondu.
  • C’est aussi une plante tinctoriale. On en tire un colorant naturel de couleur jaune d’or destiné à teinter le bois, le cuir, le papier mais également les étoffes de soie et de laine. C’est avec son aide que l’on colore les costumes des moines bouddhistes. La curcumine brute (E 100) est, quant à elle, un colorant alimentaire très utilisé (fromages, beurre).
  • On évitera l’emploi de l’huile essentielle de curcuma chez le bébé et l’enfant, en cas de grossesse (huile essentielle potentiellement neurotoxique et abortive en présence de cétones). Enfin, les personnes qui présentent un faible taux de plaquettes sanguines ainsi que celles employant des médicaments à vertu anticoagulante feront de cette huile essentielle un usage prudent.
  • Il existe des espèces similaires, attention de ne pas faire de confusion entre le curcuma présenté dans cet article et d’autres curcumas : Curcuma zedoaria, Curcuma xanthorrhiza, Curcuma aromatica et Curcuma mangga. S’ils présentent tous la particularité de produire une huile essentielle, de l’un à l’autre on obtient des produits aux compositions biochimiques bien différentes. Si Valnet évoque les propriétés de l’un d’eux (Curcuma xanthorrhiza) et que Pénoël/Franchomme rapportent quelques informations à propos d’un autre (Curcuma zedoaria), le curcuma principalement utilisé en aromathérapie demeure bien le Curcuma longa. Si les propriétés thérapeutiques de ces trois derniers curcumas sont relativement proches, il apparaît que certaines molécules contenues dans C. zedoaria et C. xanthorrhiza sont beaucoup plus délicates à employer que celles de C. longa.

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Préparons l’été : sirops maison ! :-)

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Savez-vous qu’avec de l’eau, du sucre et des extraits végétaux vous pouvez concocter toute une gamme de sirops aussi savoureux les uns que les autres ? Durant le Printemps et l’Été, les floraisons se succèdent et ne se ressemblent pas ; la Nature étant si bien faite qu’elle égraine l’éclosion des fleurs au fil des mois. C’est pourquoi là où on trouvait la timide violette, on voit parader le fier capitule du pissenlit.

Vous avez repéré un filon ? Tant mieux. Mais avant toute récolte, prenez connaissance des principes de base, puis ayez soin de réunir le matériel suivant :

  • Des sacs en papier kraft afin de pouvoir y entreposer vos récoltes
  • Autant de bocaux en verre (avec couvercle) que vous aurez ramassé d’échantillons végétaux
  • Un saladier
  • Un entonnoir
  • Un torchon à maille fine
  • Des bouteilles en verre
  • Une casserole

Deux manières de procéder s’offre maintenant à vous. Rien de très compliqué pour l’une comme pour l’autre. Nous verrons que c’est simplement l’une des étapes qui diffère.

  • Vous avez à votre disposition de jolis pétales de rose ? Des corymbes de fleurs de sureau ? Très bien. Placez votre matière végétale dans un bocal en verre (l’idéal étant que la taille de ce bocal soit adapté à la quantité de plante récoltée). Tassez bien et couvrez d’eau jusqu’à ras-bord. Fermez le bocal avec le couvercle et entreposez-le en plein soleil afin qu’une digestion naturelle se produise.
  • Il faut compter une douzaine d’heures d’exposition pour les parties les plus délicates, un peu plus pour les feuilles, davantage encore pour les parties coriaces. Si le soleil se fait sporadique, il faudra rallonger la durée d’exposition. L’eau extrait plus difficilement les arômes que l’alcool mais une exposition solaire permet au contenu du bocal d’atteindre une température comprise entre 40 et 50° C (l’effet loupe du verre), ce qui permet une extraction tout en douceur des arômes des plantes. De temps à autre, prenez soin de remuer régulièrement le bocal avec des mouvements circulaires.
  • Enfin, le grand jour arrive, celui du filtrage. Il ne s’agit pas que d’un égouttage mais d’un pressage à la force du poignet. Placez le torchon au dessus du saladier et déposez le contenu du bocal. Regroupez les quatre coins du torchon et pressez au maximum afin d’extraire le plus de jus possible. Ensuite, pesez une quantité égale de sucre à celle de jus obtenu puis ajoutez-le à la préparation.
  • C’est ici que les méthodes diffèrent :
    1 – Mettez le liquide sucré dans une bouteille en verre de taille adaptée. Puis exposez cette bouteille en plein soleil jusqu’à ce que le sucre soit totalement dissout. De temps à autre, agitez l’ensemble.
    2 – Placez le liquide dans une casserole, sur feu vif. Ajoutez une valeur égale d’eau et de sucre (liquide sucré 1/3, eau 1/3, sucre 1/3). Dès les premiers bouillons, baissez le feu au maximum et laissez cuire une vingtaine de minutes. Embouteillez, laissez reposer et stockez au frais.
  • Dégustez !

Quelques suggestions de plantes : rose (pétales), sureau (fleurs), tilleul (fleurs), coquelicot (pétales), violette (fleurs), chèvrefeuille (fleurs), verveine citronnée (feuilles), menthe (feuilles), etc.

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Petit tour d’horizon sur les épices

épices

Qu’est-ce qu’une épice ? Quel « cahier des charges » une plante doit-elle remplir afin d’être qualifiée d’épice ? Tout d’abord, il apparaît important de mentionner que le mot épice provient du latin species qui a plusieurs significations : apparence (sens premier), espèce (sens deuxième) et substance (sens troisième).
Nous abandonnerons le sens premier qui ne nous intéresse pas ici. En ce qui concerne le sens deuxième, quel rapport peut-il exister entre ces deux mots ? Prenons l’exemple du poivre. Au Moyen-Âge, il devient rapidement une monnaie d’échange. De nombreuses expressions font référence à cet état de fait parmi lesquelles cher comme poivre (très cher), payer en espèces (en épices). A propos du sens troisième, il est clair qu’il fait référence à l’épice en tant que substance d’origine végétale dont le but en cuisine est de relever et/ou de parfumer les plats.

Historiquement, l’heure de gloire des épices se situe au Moyen-Âge, quand bien même la fameuse route des épices voit passer depuis l’Antiquité des produits en provenance d’Arabie et d’Inde, par exemple (à l’exception de quelques plantes, la plupart des épices est ou était originaire d’Orient et d’Extrême-Orient). Pourquoi cet engouement médiéval pour les épices ? Sans doute, comme on l’a longtemps pensé, pour masquer la relative absence de fraîcheur des produits par la puissance de leurs arômes… Du tout. Il n’en est rien et c’est résolument faux ! Cet engouement est tout d’abord affaire de goût, mais aussi de luxe et de prestige, eu égard au prix élevé des épices. Au Moyen-Âge, on consomme le poivre, le safran, le gingembre, la cannelle, le clou de girofle et, surtout, l’épice de prédilection, la fameuse maniguette (graine de paradis) aujourd’hui tombée dans un relatif oubli, comme cela a été le cas de certaines autres plantes telles qu’hysope et livèche.
Si les épices sont demeurées pendant longtemps un produit de luxe, donc onéreux, c’est parce qu’elles sont restées sous monopole vénitien jusqu’au XIV ème siècle. Par la suite, Génois, Portugais et Espagnols n’auront de cesse de mettre à bas ce monopole par le biais d’expéditions – l’ère des grandes découvertes -, ainsi que par la mise en œuvre de leurs propres cultures, tel que les Hollandais et les Anglais le firent au XIX ème siècle pour la culture du thé afin de faire tomber le monopole chinois.
Pour la gastronomie médiévale, impossible de se passer d’épices qui, souvent, remplacent le beurre et le sucre dans les préparations : maquereau en pasté, sauce cameline, galettes au cumin, agneau à l’aigre-douce, saumon à la calimafrée, sauce verte aux épices, hypocras, arboulastre en tarte, sans oublier le fameux « 4 épices » à base de poivre, de muscade, de clou de girofle et de gingembre.

Aujourd’hui, les épices se sont relativement vulgarisées. Elles sont devenues moins onéreuses (hormis quelques-unes comme le safran, par exemple, et la cardamome dans une moindre mesure) et beaucoup moins utilisées paradoxalement. Quand on poivre sa salade, on n’a pas toujours conscience des heurts anciens engendrés par la conquête du poivre au cœur d’une guerre économique.
De la même façon qu’une épicerie n’est plus aujourd’hui le commerce d’antan spécifiquement réservé à la vente de ces substances aromatiques et condimentaires, il vous appartient de constituer par vous-même votre propre petite épicerie.

Voici maintenant une nomenclature non-exhaustive des principales épices. Étant donné qu’on n’utilise pas toujours la plante entière pour ses vertus aromatiques et condimentaires, ces plantes ont été classées en fonction de la partie utilisée : racines et rhizomes, feuilles et tiges, fruits et baies, enfin, semences.

Racines et rhizomes : ail, céleri, curcuma, échalote, petit galanga, gingembre, oignon, raifort, réglisse, wasabi, zédoaire.

Feuilles et tiges : absinthe, ache, aneth, basilic, bourrache, cannelle, céleri, cerfeuil, ciboulette, citronnelle, coriandre, estragon, fenouil, hysope, kaloupilé, laurier, livèche, mélisse, menthe, oignon, origan, oseille, persil, romarin, sarriette, sauge, serpolet, thym, verveine citronnée.

Fruits : bergamote, citron, combava, genévrier, muscade, paprika, piment, vanille.

Graines et semences : aneth, anis vert, badiane, cacao, carvi, céleri, coriandre, cumin, fenugrec, fève tonka, fenouil, maniguette, moutarde, nigelle, pavot, poivre, sichuan.

Quelques mélanges d’épices

  • Bouquet garni : persil, laurier et thym.
  • Cinq épices (Chine) : badiane, sichuan, fenouil, cannelle, girofle.
  • Colombo (Asie du Sud) : paprika, cumin, coriandre, gingembre, poivre, cardamome, badiane, girofle, moutarde, safran.
  • Curry (Inde, Asie du Sud-Est) : gingembre, ail, oignon, cardamome, cumin, cannelle, curcuma, piment, poivre, fenouil, fenugrec, girofle, moutarde. Garam massala et tandoori massala sont deux formes de curry dont il existe de nombreuses autres recettes en fonction des localités géographiques.
  • Massalé (Réunion) : coriandre, cumin, fenugrec, moutarde, girofle, curcuma, kaloupilé, muscade.
  • Harissa (Maghreb) : piment rouge, coriandre, carvi, cumin, ail.
  • Pesto (Italie) : basilic, ail, pignons de pin, huile d’olive, parmesan.
  • Pistou (Provence) : basilic, ail, huile d’olive.

A savoir

Il est possible d’employer les huiles essentielles en cuisine en lieu et place des plantes fraîches ou sèches. C’est le cas des suivantes : aneth, baie rose, basilic, cannelle, cardamome, citronnelle, combava, coriandre, cumin, curcuma, estragon, gingembre, girofle, laurier, maniguette, marjolaine, menthe, muscade, poivre, romarin, thym, verveine, ylang-ylang, etc.

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L’argile (partie 2) : usages thérapeutiques et domestiques, précautions d’emploi

1. L’argile : comment ?

A. Usage interne

  • Le lait d’argile : une à deux cuillerées d’argile en poudre dans un verre d’eau minérale. A mélanger avec une cuillère en bois, jamais en métal. Deux usages : 1 – à boire après repos en laissant le dépôt argileux au fond du verre. 2 – à boire tel quel, aussitôt mélangé.
    Lorsqu’on veut effectuer une cure argileuse au lait d’argile, il est bon d’en passer par l’usage n°1 pendant trois semaines, puis d’appliquer l’usage n°2 par la suite. L’idéal étant d’arriver à faire une cure alternée, une semaine sur deux.

  • Les boulettes d’argile : il s’agit d’un mélange d’argile et d’eau auquel on ajoute quelques gouttes d’huile essentielle si besoin est. On roule cette pâte entre les doigts afin d’en confectionner des boulettes que l’on laissera sécher. Ensuite, on les suce comme des bonbons.

B. Usage externe

  • Le cataplasme : pour cela, il faut mélanger de l’argile à de l’eau. En premier lieu, on place la quantité d’argile nécessaire dans un récipient. On couvre d’eau et on laisse reposer. A l’aide d’une cuillère non métallique, on dispose l’argile en couche épaisse (2 à 3 cm) sur un tissu assez robuste en fibres naturelles (coton, lin, etc.). Ensuite, on plaque le cataplasme (argile côté peau) sur la partie à traiter en maintenant l’ensemble à l’aide d’un bandage pas trop serré.
    En fonction des cas, on le laisse en place de quelques minutes jusqu’à la nuit entière. Après application et séchage de l’argile, on retire le cataplasme tout doucement, on nettoie la peau à l’eau claire, enfin, on jette le cataplasme.
    On utilisera de l’eau froide ou tiède selon le but recherché (cf. cataplasme froid, cataplasme tiède), mais jamais d’eau glacée, encore moins d’eau bouillante. On peut adjoindre d’autres ingrédients tels qu’huiles essentielles, infusions de plantes, sel de mer gris, chlorure de magnésium, huile d’amande douce, huile d’olive, levure de bière, jamais au hasard mais afin de catalyser les effets de l’argile en fonction du but à atteindre. Il ne s’agit donc pas d’une tambouille approximative !

=> Le cataplasme froid : il est préconisé lorsqu’on veut le placer sur une partie du corps chaude, fiévreuse, enflammée ou congestionnée. Après application, le cataplasme va rapidement se réchauffer, il sera donc nécessaire de le remplacer aussi souvent que nécessaire.
=> Le cataplasme tiède : destiné à revitaliser un organe en particulier (foie, reins, vessie, etc.) Pour chauffer l’argile, on peut placer le mélange eau-argile au soleil, au-dessus d’un radiateur, le mieux étant le bain-marie. Évitez par-dessus tout de chauffer l’argile au micro-onde !

  • Le poudrage, déjà évoqué ici.

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2. L’argile : autres usages

A. Beauté

  • Masques divers pour peau normale, sèche, très sèche, abîmée, sensible, mixte, grasse, etc. Crèmes adoucissantes, antirides.
  • Pour les cheveux : gras, secs, dévitalisés, pelliculeux, etc.
  • Pour le corps : bains relaxants, bains amincissants, cellulite, etc.

B. Maison

  • Contre les odeurs de réfrigérateur, de tabac, de cuisine, d’essence et de gas-oil
  • Pour purifier l’eau de boisson

C. Jardin

  • En cas de greffe, de branches cassées ou fendues
  • Pour purifier l’eau d’un puits
  • Pour enrichir la terre des plantes d’intérieur

3. L’argile : attention !

Une fois de plus, une thérapie n’a rien d’anodin. Aussi, indiquerons-nous ci-dessous l’ensemble des contre-indications et conseils à respecter avant de démarrer toute cure argileuse :

  • Tendance ou risque d’occlusion intestinale
  • Éviter les prises internes d’argile en cas de constipation chronique, de traitements allopathiques ou homéopathiques, d’utilisation de contraceptif oral
  • Ne jamais prélever soi-même l’argile dans la nature car rien ne nous indique qu’elle est indemne d’impuretés, de pollutions, voire de radioactivité. Il est donc bien préférable de s’en remettre aux argiles vendues dans le commerce.
  • Ne jamais réutiliser de l’argile ayant servi. Les cataplasmes, par exemple, sont à usage unique !
  • Lors de la préparation de l’argile, que ce soit pour un usage interne ou externe, il est impératif d’utiliser du matériel adéquat et non souillé, cela va de soi. On se servira de bols en bois, en terre, en verre, relativement épais. En effet, un récipient aux parois trop fines (genre cristal) peut se briser sous l’effet des interactions ioniques puissantes des éléments minéraux contenus dans les diverses argiles lorsqu’elles sont placées au contact de l’eau. Comme il a été dit plus haut, ne jamais utiliser de cuillère en métal, une cuillère en bois (ou en céramique) étant ce qui est le plus adapté.

4. L’argile : annexes

Les animaux et l’argile

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Pratiquement tous les animaux vertébrés qui mangent fruits, feuilles ou graines ont recours à l’argile pour se soigner, au-delà des traditionnels bains de boue. C’est le cas des éléphants, des rhinocéros, des girafes, des buffles et des chimpanzés en Afrique. En Amérique du Sud, perroquets et singes se soignent par l’ingestion de boulettes d’argile.
L’argile permet de lutter contre les mycotoxines, les endotoxines, les produits chimiques de synthèse, les bactéries et les virus. De plus, elle protège le tube digestif et agit comme anti-acide.
En 1999, on a vérifié l’hypothèse suivante : les animaux utilisent-ils l’argile comme contre-poison ? Par expérience, on a démontré que l’argile prévenait le passage des alcaloïdes dans le sang, au niveau de l’absorption intestinale. Ainsi, protège-t-elle l’intestin des agressions chimiques des parties végétales toxiques ingérées. C’est particulièrement le cas pour certaines espèces de singes qui supportent ainsi une nourriture que d’autres animaux ne toléreraient pas.

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Fabriquer son vinaigre de cidre

Vinaigre de cidre

Pour laisser libre court à votre volonté, je vous propose trois entrées : les pommes, le jus de pommes, le cidre. Il va de soi que ces cheminements (schématisés ci-dessous) représentent plus ou moins de labeur.

  1. Pommes => jus de pommes => cidre => vinaigre de cidre
  2. Jus de pommes = > cidre => vinaigre de cidre
  3. Cidre => vinaigre de cidre

Quelle que sera la manière dont vous procéderez, il faudra clairement garder à l’esprit que du choix des produits utilisés dépend ou non la réussite du résultat final. Tant qu’à faire, autant faire les choses bien et bio.

Si vous optez pour le chemin le plus long : il vous faut des pommes non traitées, afin d’éviter que des résidus de produits chimiques se retrouvent à terme dans votre vinaigre. Tournez-vous vers des pommes douces plutôt qu’acides, pour la simple et bonne raison que les premières contiennent davantage de sucre ; elles produiront plus d’alcool lors de la fermentation spiritueuse (ou alcoolique). On évitera donc la Granny Smith et la Canada grise. Au niveau des pommes douces, détournez-vous autant que possible de la Golden qui est, à ma connaissance, la pire pomme qui se puisse concevoir. C’est très simple, selon moi, elle devrait être bannie de toutes les tables (beaucoup trop oxydée pour être bonne pour la santé). Le mieux étant ces petites pommes à la peau rouge et jaune qu’on trouve dans les vieux vergers. Cueillies à maturité, on peut les réserver quelques temps. Leur peau commence à se flétrir, elles perdent en eau et gagnent en sucre, excellente chose pour la suite du travail qui nous attend.
Maintenant, allez directement à l’étape n° 1.

Si vous optez pour le chemin médian : le meilleur choix réside dans un jus de pommes artisanal, vous savez, trouble parce que non filtré. N’espérez pas obtenir de bons résultats avec une brique de jus de pommes achetée dans le Leader Price du quartier, ce genre de produit ne jouissant pas d’une excellente vitalité. Donc, du jus de pommes artisanal et bio. Méfiez-vous cependant, il existe dans le commerce des jus de pommes bio qui donnent toute l’apparence de l’artisanal mais qui n’en sont pas. Si les pommes utilisées, elles, sont bio, le processus d’obtention du jus est industriel. Mefiat, donc.
Enfin, exigez du marchand qu’il vous indique quelles pommes ont été employées pour confectionner le jus, cela pour la même raison qui a été indiquée plus haut : la teneur en sucre.
Maintenant, allez directement à l’étape n° 3.

Si vous optez pour le chemin le plus court : il va falloir partir à la recherche du cidre le plus adéquat. Cidre bio s’entend, obtenu grâce à des procédés artisanaux. De même qu’avec le jus de pommes, n’hésitez pas à vous renseigner auprès des marchands. Privilégiez un cidre à haute teneur en alcool (4,5°), car plus d’alcool = plus de « nourriture » pour les mycodermes acétiques.
Maintenant, allez directement à l’étape n° 4.

Étape 1 : coupez vos pommes non pelées en quartiers, puis laissez-les brunir à l’air libre le temps nécessaire.

Étape 2 : pressez les pommes brunies à l’aide d’une centrifugeuse afin d’en extraire le jus. Si vous ne possédez pas ce type de matériel, il va falloir ruser. Broyez vos pommes avec un moulin à légumes afin d’en faire une compote que vous placerez au centre d’un torchon. Réunissez les quatre coins et essorez comme vous le feriez de votre linge. C’est une méthode assez archaïque mais qui vaut ce qu’elle vaut. En revanche, elle présente l’inconvénient d’obtenir moins de jus qu’avec une centrifugeuse, à quantité égale de pommes.

Étape 3 : placez le jus de pommes dans un récipient adéquat ; ici, une bonbonne ou une carafe, dont on enveloppera le col d’un ballon de baudruche. Celui-ci gonflera au fur et à mesure de la fermentation alcoolique et aura l’avantage de couper le jus du contact de l’air ambiant. Entreposez le récipient dans un endroit où la température est voisine de 25 ° C. La fermentation débute. Elle se déroulera sur plusieurs semaines en fonction de la constance de la température, de la qualité des pommes, de la quantité de sucre qu’elles contiennent et des mystères du vinaigre. Finalement, nous obtenons du cidre maison.

Étape 4 : versez le cidre dans un saladier afin que la plus grande surface de liquide soit en contact de l’air. C’est essentiel pour que la fermentation acétique se produise puisque le mycoderme du vinaigre (la bactérie responsable de cette fermentation) est très friande d’oxygène. La croyance populaire qui veut qu’on ajoute ce que l’on appelle la « mère » de vinaigre afin de faciliter la fermentation acétique est infondée. Certains maîtres vinaigriers insistent sur le fait que cela n’est pas du tout nécessaire car le mycoderme est une bactérie présente dans l’air. Elle saura donc facilement se frayer un chemin jusqu’à votre saladier (que l’on aura au préalable recouvert d’un torchon afin d’éviter aux poussières et autres saletés de piquer du nez dans votre préparation).
Note : il va sans dire qu’en lieu et place du saladier on peut utiliser un vinaigrier.

Étape 5 : lorsque la fermentation acétique sera totale, vous pourrez reconnaître l’odeur du vinaigre de cidre qui se distingue bien de celle du cidre. N’hésitez pas à goûter régulièrement. Si le goût s’avère encore sucré, cela signifie que la fermentation n’est pas encore achevée. Il vous faudra faire preuve d’encore un peu de patience. Quand la totalité du liquide contenu dans votre vinaigrier sera du vinaigre de cidre, prélevez-en une quantité donnée (la valeur d’un verre) et ajoutez un verre de cidre pour alimenter l’acétification et permettre au cycle de se perpétuer. Ainsi fait, versez le contenu du verre dans une bouteille au volume adapté ; vous pouvez désormais faire usage de votre propre vinaigre de cidre dont les champs d’application sont nombreux.

P. S. : il est possible de procéder de même avec la poire, le jus de poire ou le poiré (une sorte de cidre fabriqué avec des poires à poiré) afin d’obtenir du vinaigre de poire.

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L’argile (partie 1) : où, quand, quoi, propriétés ?

1. L’argile : où et quand ?

Elle est connue depuis des millénaires, si l’on en croit d’anciens papyrus égyptiens. Il y a 5 000 ans de cela, les médecins égyptiens utilisaient de l’ocre jaune – variété d’argile – afin de soigner une multitude de maux. Les embaumeurs s’en servaient pour la conservation des corps, non sans l’avoir additionnée d’huiles essentielles.
En Grèce, on l’appelait « terre de Lemnos » où Galien se rendit afin d’en constater les effets à travers des cas de dysenterie, intoxications, hémorragies et autres troubles digestifs. Quant à Pline l’Ancien, il évoque une terre blanche se situant près de Naples.
L’usage de l’argile est attesté de façon quasi universelle (Hildegarde de Bingen, Marco Polo, Avicenne, etc.) en de multiples endroits (Afrique, Himalaya, etc.)
Au XIX ème siècle pourtant, elle est en butte aux progrès de la médicamentation chimique. Cependant, des personnalités comme l’Abbé Kneipp surent lui rendre ses lettres de noblesse. Ce dernier sut en venter toutes les vertus après observation de cas de guérison par l’argile sur des animaux malades. Par la suite, il adapta cette thérapie à l’homme. D’autres que lui prospectèrent dans cette voie : Louis Kühne, Adolf Just, Julius Stumpf, le pasteur Felke, etc.
Au début du XX ème siècle, on mélange l’argile à de la moutarde destinée aux soldats français de la Première Guerre Mondiale afin d’éviter des cas de dysenterie, ce qui eut des effets positifs.
Plus tard, bien qu’injustement qualifié de « remède de bonne fame », l’argile a su retrouver une certaine notoriété grâce aux travaux de Raymond Dextreit, entre autres.

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2. L’argile : c’est quoi ?

On distingue l’argile d’altération rocheuse (granit, etc.) de l’argile issue de la sédimentation. Chimiquement, les argiles sont des silicates d’alumines hydratés qui contiennent des éléments minéraux multiples, lesquels sont responsables des différentes couleurs des argiles.

  • Argiles riches en silice et alumine : kaolinite, dicktite, halloysite, montmorillonite (de Montmorillon, en France ; également appelée : terre à foulon, terre de Sommières, terre de Carpentras, bentonite, etc.), pyrophyllite, illites

  • Argiles riches en silice et magnésium : antigorite, saponite, talc, vermiculites, sépiolite, attapulgite

  • Argiles riches en silice et fer : nontronite, glauconite

Les argiles les plus courantes en thérapie sont les quatre suivantes : la montmorillonite, la kaolinite, les illites et l’attapulgite. S’y ajoute le rhassoul en cosmétique.

3. L’argile : propriétés ?

  • Absorption : il s’agit là du fameux effet « pompe » de l’argile.
  • Adsorption : capacité qu’a l’argile de fixer et de neutraliser toxines et autres alcaloïdes.
  • Radioactivité : l’argile est capable d’agir sur les radiations nocives. Raymond Dextreit avance qu’il « semble que l’argile possède la propriété de stimuler la radioactivité des corps sur lesquels elle est appliquée si celle-ci est déficitaire, ou d’absorber celle en excès ».
  • Antibactérien.

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A. Montmorillonite (la fameuse verte, mais parfois bleue ou blanche) : il s’agit là d’une argile de qualité supérieure qui n’a rien à voir avec les autres argiles vertes, d’où sa prépondérance en thérapie. Elle est désintoxiquante, minéralisante et absorbante. On l’utilise sous forme de cataplasme, eau argileuse, bain de bouche, dentifrice, etc. Elle est communément utilisée pour traiter les affections suivantes : abcès dentaires, carie, autres problèmes de dents et de gencives / asthme, angine, maux de gorge, bronchites, rhume, sinusite / ulcères stomacaux, gastrite, gastro-entérite, vers intestinaux / verrues, brûlures, zona / fatigue générale, asthénie / fibrome, kyste ovarien / maux de tête / cystite / entorses, lumbago / transpiration excessive.

B. Kaolinite (blanche) : cette argile-là s’utilise en cataplasme, emplâtre, masque. Elle possède des vertus antibactériennes, anti-inflammatoires, cicatrisantes et désintoxiquantes. On l’utilise dans les cas suivants : protection des muqueuses gastrique et intestinale, fermentation intestinale constipation, diarrhée, intoxications alimentaires, colites / métrites, vaginites, leucorrhée / rougeur de fesses chez les bébés (en lieu et place du talc) / odeurs corporelles.

C. Attapulgite (blanche, verte, rouge vif) : grand pouvoir adsorbant. En cas de : pansements gastriques, ulcères d’estomac, colites, gastrite, gastro-entérite, diarrhée.

D. Illites : absorbantes. Particulièrement en cataplasme. Pour les affections suivantes : abcès, furoncles, ulcérations, panaris, eczéma, psoriasis, dermatoses / asthme, bronchite, rhume, sinusite / troubles digestifs, gastrite, gastro-entérite / contusions, entorses, foulures, plaies, blessures, brûlures / rhumatismes, arthrose / impuretés et toxines / fibrome, kyste ovarien /maux de tête / otites, douleurs d’oreilles / cystite / problèmes dento-gingivaux.

Dans la seconde partie de cet article, nous aborderons les différentes manières d’utiliser l’argile, tant par voie interne qu’externe. Seront évoqués également les autres usages domestiques de l’argile ainsi que les précautions d’emploi.

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