Le pouliot, la reine des menthes

S’il existe une menthe qui se distingue de ses consœurs, c’est bien le pouliot. Il n’échappa d’ailleurs pas aux Grecs et aux Romains de l’Antiquité. Le pouliot, chez les Grecs, c’est le glêchon. Hippocrate, Théophraste et Dioscoride sont unanimes. C’est aussi le pulegium (ou herba puleium) chez les Romains que sont Cicéron, Apicius et Pline. Pour les Anciens, le pouliot ne s’apparentait pas à une menthe. C’est Linné, en 1756, qui classera le pouliot dans le groupe des menthes. Il est vrai qu’il est très différent. C’est une espèce à part. L’agencement de ses hampes florales rappelle fortement le marrube, la couleur de ses fleurs celle de l’origan ou du serpolet. Avec des feuilles presque rondes, des tiges circulaires et une arcature « anarchique », on n’a pas l’impression d’avoir affaire à une menthe. Peut-être sont-ce ces caractéristiques qui auront permis aux Anciens de nettement singulariser la plante, et qu’ainsi il nous est permis de la reconnaître dans les textes antiques. Sans doute parce qu’elle est stable, n’étant pas un hybride. Contrairement à ces derniers, le pouliot forme des graines fertiles. Alors que la menthe poivrée, un hybride issu de deux autres menthes, est stérile par ses graines mais pas par ses rhizomes. Une chose est certaine : cette plante méridionale était bien connue des Grecs, des Romains et des Égyptiens.
Pouliot
Comme beaucoup d’autres plantes employées durant l’Antiquité, les usages mêlaient tant la magie que la médecine. Par exemple, Pline l’Ancien rapporte que la cueillette du pouliot devait s’effectuer à jeun. On nouait ensuite la plante dans le dos ou sous les couvertures du malade avant que ce dernier ne s’y installe, afin de faire tomber la fièvre tierce. Pour la même affection, le Pseudo-Apulée recommandait de prendre trois brins de pouliot et de les nouer de laine. « Si le malade les porte comme une couronne sur la tête avant l’accès, le mal de tête partira ». La magie et la médecine étaient alors si intimement liées qu’on n’hésitait pas à prononcer des incantations durant l’administration des remèdes. Le pouliot n’y fit pas exception et était communément employé dans les usages antiques suivants : morsure de serpent et piqûre de scorpion (comme tant d’autres plantes, de l’Antiquité au Moyen-Âge), toux, vomissements, crampes d’estomac, maux de tête, calculs, rétention d’urine, asthénie, troubles menstruels, etc.
Les divinités étaient aussi de la partie. Une légende raconte qu’une jeune nymphe, du nom de Mintha, refusa les avances du dieu des enfers, Hadès (il est vrai qu’elle l’aurait bien rafraîchi, le vieux charbonneux). Perséphone, la femme à la grenade mais également épouse d’Hadès, transforma Mintha en plante. Selon une autre version, la menthe serait née de l’infidélité de Hadès avec la nymphe Mintha. Celle-ci, surprise par Perséphone, fut transformée en plante sans graines afin qu’elle ne se reproduise pas, puis envoyée en enfer, c’est-à-dire sur Terre. Les dieux sont bizarres parfois. Passons. A moins que… Perséphone ait fait de Mintha une plante, le pouliot, propre à chasser les créatures infernales que sont les puces, pourvoyeuses de bien des malheurs, confortablement juchées sur leur monture. On dit que le nom de la plante, pulegium proviendrait du latin pulex qui signifie puce. Les connaissances empiriques de l’Antiquité ont été vérifiées de façon scientifique : le pouliot est véritablement un tueur de puce. Tout comme l’absinthe et la tanaisie, il les chasse et les tue. Et tout cela ne date pas d’hier. Il était de commune mesure de placer la plante sous les matelas pour se prémunir de la bébête en question. De même, au XIV ème siècle, selon le Hortus sanitatis, on procédait à des fumigations de pouliot pour chasser les puces. En cela, il n’est pas étonnant qu’il ait été tenu en grande estime au Moyen-Âge. Les parasites, qu’ils soient puces ou vers, faisaient florès. Pour cette raison, le pouliot fut inscrit aux Capitulaires et autres Inventaires impériaux. Durant les temps médiévaux, ce ne sont pas moins que Walafried Strabon (IX ème siècle) et Hildegarde (XII ème siècle) qui feront appel à ses services. Mais pas seulement sur la question des puces. Le premier, tout comme à son habitude, en fait l’apologie (comme il l’aura fait de la sauge et de l’armoise) ; le bonhomme n’a pas eu tort. La seconde, puissante abbesse (pour ne pas dire magicienne) a bien connu le pouliot. Elle l’administrait en cas de fièvre, de troubles de la vue et d’aphonie. Mais aussi : toux, nausées, vomissements, maladies pectorales et asthénies. Autant dire que l’abbesse avait l’ouïe fine !
Un peu plus tard, au XVI ème siècle, Matthiole établira certaines des propriétés du pouliot : diurétique, eutocique (c’est-à-dire qui permet à un accouchement de se dérouler normalement), anti-ictérique, antihydropisique… Mais, comme toute panacée, « depuis lors, la plante est bien déchue de son antique réputation et ne se rencontre presque plus jamais dans les jardins «  (Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, p. 624).

1. Huile essentielle : composition et description

tableau cétones pouliot poivrée

Ce petit tableau permet de remarquer que l’huile essentielle de menthe pouliot contient, en moyenne, trois fois plus de cétones que l’huile essentielle de menthe poivrée. L’huile essentielle de pouliot se présente sous forme liquide et mobile. De couleur rouge jaunâtre (couleur identique à celle d’huile essentielle de sarriette des montagnes), elle est fortement parfumée.

2. Propriétés thérapeutiques

  • Mucolytique, anticatarrhale, expectorante
  • Stomachique, eupeptique, carminative, digestive, cholagogue, cholérétique
  • Hypertensive, cardiotonique, vagotonique
  • Stimulante et tonique du SNC
  • Lipolytique
  • Cicatrisante
  • Insecticide, parasiticide
  • Décongestionnante
  • Antifongique (action moins puissante que celle des phénols)
  • Antispasmodique
  • Anti-oxydante (activité faible)

3. Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère respiratoire : coqueluche, toux quinteuse, insuffisance respiratoire, bronchite chronique, bronchite asthmatiforme, asthme, trachéo-bronchite, mucoviscidose
  • Troubles de la sphère hépatique : insuffisance hépatobiliaire, ictère, cholécystite (inflammation de la vésicule biliaire), lithiase biliaire
  • Troubles de la sphère digestive : atonie gastrique, hoquet, vomissement, douleurs intestinales
  • Troubles génitaux : leucorrhée, dysménorrhée
  • Cellulite

4. Modes d’emploi

  • Voie cutanée diluée
  • Voie orale : elle est réservée aux spécialistes. Je déconseille fortement l’auto-médication.

5. Contre-indications

Comme nous l’avons constaté précedemment, l’huile essentielle de menthe pouliot contient trois fois plus de cétones monoterpéniques que celle de menthe poivrée. Déjà que cette dernière doit être utilisée avec prudence, on comprendra que le pouliot doive faire l’objet de la plus grande circonspection. Parce que, avec le pouliot, nous sommes loin de l’hélichryse d’Italie avec ses diones (presque) inoffensives, par exemple. L’huile essentielle de menthe pouliot contient plusieurs cétones différentes qui sont responsables des effets thérapeutiques vus plus haut. Seulement, cette huile essentielle est une arme à double tranchant, elle est aux menthes ce que la stoechade est aux lavandes. Son potentiel toxique s’illustre à travers les propriétés suivantes :

– Neurotoxique : « les huiles essentielles riches en cétones monoterpéniques provoquent les mêmes effets : elles déclenchent une dégradation du tissu neuronal et provoquent des convulsions » (Fabienne Millet, Le guide Marabout des huiles essentielles, p. 30). Des crises d’épilepsie sont donc possibles.
– Hépatotoxique : « en inhibant le cytochrome P450, elle [la pulégone] perturbe la métabolisation des autres substances traitées par le foie. Elle agit également au niveau du glutathion et provoque une toxicité hépatique même à faible doses, altérant tous les métabolismes de détoxification » (Fabienne Millet, Le guide Marabout des huiles essentielles, p. 29).
– Abortive
– Stupéfiante

A noter que pulégone et menthone sont particulièrement toxiques par voie orale, un peu moins par voie cutanée.
Il va sans dire que :
– Ni les bébés, enfants, femmes enceintes ou allaitant ne l’utiliseront.
– Les personnes sujettes à des troubles hépatiques et à l’hypertension ne pourront s’en faire une copine.

Bon. Vous avez remarqué ? Mes apparentes contradictions ? Je ne souhaite pas faire de procès à une plante qui a rendu d’admirables services pendant des siècles. Pourtant, lorsqu’on relit ce que je viens d’écrire, on pourrait être en droit de repousser le pouliot, du moins son huile essentielle. Avez-vous aussi remarqué que ce sont toujours les huiles essentielles les plus puissantes (d’un point de vue thérapeutique) qui ont mauvaise presse à cause de leurs néfastes propriétés ? Le remède est dans le poison. Et ce remède demande à être justement approprié. Car les substances les plus puissantes occasionnent, à la fois, les plus grands bienfaits mais aussi de grands malheurs pour ceux qui n’y sont pas initiés. Et c’est là que j’interviens, afin d’empêcher quiconque de faire une bêtise. D’une part, s’intoxiquer bêtement, d’autre part répudier une plante parce qu’on aura crié haro sur elle. Ami(e)s, souvenez-vous que la plante n’y est jamais pour rien. C’est le mauvais usage que l’on peut en faire qui est seul dommageable.
Toutefois, si vous souhaitez faire usage du pouliot sans risquer d’inconvénient, optez pour les infusions de plante sèches. Sachez aussi qu’il existe un chémotype d’huile essentielle de menthe pouliot moins chargé en cétones monoterpéniques.

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Comment avoir de la menthe chez soi toute l’année ?

La menthe est une aromatique de choix en cuisine. Tant fraîche que sèche, elle rend de grands services. C’est une plante qu’on trouve couramment sur les marchés et dans les rayons de plantes aromatiques sous sachet plastique des grands magasins, à côté du basilic et de la ciboulette. Seulement, la plupart du temps, on nous vend une botte dont on n’utilisera qu’une maigre partie. Alors, que faire du reste ?
Plusieurs possibilités s’offrent à nous. La première consiste à prélever la quantité de feuilles nécessaire à l’élaboration de notre plat du jour et à faire sécher les autres tiges. Comme cela, nous aurons de la menthe sèche pour infusion, par exemple. Mais on peut faire mieux encore. Plaçons les tiges dans un bocal en verre rempli d’eau. Veillons à ceci : plus les tiges sont grandes et plus le bocal devra être haut. La menthe étant une grosse buveuse, il faudra remplir d’eau régulièrement le bocal, sans compter que la menthe, c’est pied dans l’eau et tête au soleil. La meilleur place ? Derrière le carreau d’une fenêtre exposée au soleil. Il y aura donc un phénomène d’évaporation tout à fait normal.
Au fur et à mesure, les feuilles basales finiront pas jaunir, puis tomberont dans le bocal. Laissons-les y, elles fourniront aux tiges leur propre engrais (cependant, pour être certain que nos tiges ne manquent de rien, il est possible d’ajouter de l’argile en poudre à l’eau contenue dans le bocal. Riche en oligo-éléments, l’argile fournira à la menthe les sels minéraux nécessaires).

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Jour après jour, on verra que, à l’aisselle des feuilles tombées, de petites radicelles se forment (cf. flèche de gauche sur la photo). Puis, des racines (cf. tige du centre). Enfin, non seulement des racines mais aussi de petites tiges (cf. flèche de droite). Lorsque le « chignon » de racines sera suffisamment important, on pourra procéder au rempotage des tiges dans un vrai pot avec de la vraie terre dedans. Nous aurons ainsi, à domicile, une menthe qui pourvoira à nos besoins durant presque toute l’année, sans compter que cela permettra aussi d’éviter le gaspillage :-)

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La lavande papillon (ou stoechade)

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Certaines sources mentionnent que la lavande stoechade était connue des anciens Grecs et Romains. Apparemment, ils s’en servirent comme remède détoxiquant et en guise de contre-poison. Il faut cependant accueillir ces informations avec la plus grande réserve sachant la toxicité de cette lavande. Dioscoride semble y faire référence. Théophraste parle d’une lavande de mer. Bien que maritime, la lavande stoechade n’est certainement pas la plante dont parle le médecin grec, mais bien plutôt une saladelle.
Il existe peu d’informations relatant ses emplois passés. Dans les années 1940, Fournier rapporte qu’on extrayait artisanalement les principes actifs de cette lavande en Espagne. « On suspend les épis fleuris, tête en bas, dans des bouteilles que l’on expose au soleil ». La solution obtenue était employée comme hémostatique et antiseptique sur les plaies.

Si les caractères morphologiques des lavandes et des lavandins occasionnent souvent des confusions, avec la stoechade, il est impossible de se tromper. Les fleurs violet-pourpre sont serrées en épi carré et surmontées de houppettes originales : des bractées qui font ressembler chaque épi à un papillon ventru. Les feuilles, duveteuses et grisâtres (d’où le nom de lavande cotonnée qu’on lui donne parfois), sont particulières dans le sens où elles grimpent jusqu’aux sommités fleuries contrairement aux autres espèces de lavandes. C’est une plante qui affectionne les sols riches en silice, les coteaux arides, la garrigue, les bords de mer. On la trouve essentiellement sur le littoral méditerranéen : Corse, sud de la France (massif de l’Estérel, îles d’Hyères), Portugal, Espagne, Sardaigne…

1. Huile essentielle de lavande stoechade : composition et description

  • Cétones monoterpéniques : fenchone, camphre, verbénone (70 à 80 %)
  • Monoterpènes (15 %)

Comme chez toutes les lavandes, ce sont les sommités fleuries qui sont distillées. L’huile essentielle obtenue est de couleur jaune clair à orangé. Son parfum est décrit comme herbacé et fleuri, avec une touche de romarin et de lavande aspic (en raison de la présence de camphre, entre autres). Certains auteurs considèrent son parfum comme médiocre. Cependant, on ne peut lui reprocher de n’être ni original ni entêtant.

2. Propriétés thérapeutiques

  • Anticatarrhale, mucolytique, expectorant, décongestionnante des voies respiratoires
  • Antibactérienne spécifique (sur Pseudomonas aeruginosa ; à noter que rares sont les huiles essentielles à venir à bout de cette redoutable bactérie responsable de maladies nosocomiales)
  • Anti-inflammatoire
  • Cicatrisante
  • Décontractante musculaire
  • Tonique psychique

Peu de propriétés (comparativement à d’autres huiles essentielles), mais des actions ciblées et très puissantes.

3. Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère respiratoire : bronchite chronique, sinusite chronique, otite d’origine infectieuse, otite séreuse, mucoviscidose (en compagnie de la menthe pouliot – Mentha pulegium – que nous aborderons dans un prochain article)
  • Troubles musculaires : crampes, douleurs, préparation à l’effort chez les sportifs (action similaire à celle de la gaulthérie couchée – Gaultheria procumbens)
  • Troubles cutanés : plaies (accidentelles et chirurgicales), eczéma sec, urticaire, dartre, pityriasis, escarres, piqûres d’insecte, brûlures, chéloïde, cellulite
  • Inflammations diverses : stomatite, hémorroïdes, sciatique

4. Modes d’emploi

  • Voie cutanée diluée
  • Inhalation
  • Diffusion atmosphérique (avec prudence)

5. Contre-indications

S’il convient d’être prudent avec les huiles essentielles de sauge officinale (Salvia officinalis) et d’hysope officinale (Hyssopus officinalis) par exemple, avec celle de lavande stoechade, il est obligatoire d’être très prudent. En effet, la très forte proportion de cétones monoterpéniques nécessite de prendre les précautions qui s’imposent. Cela fait de cette huile essentielle un produit hautement neurotoxique et abortif. De fait, elle est :
– Interdite à la femme enceinte et à celle qui allaite
– Interdite chez le bébé et l’enfant (sauf en cas d’otite séreuse chez ce dernier)
– Interdite chez la personne neurologiquement fragile.
Même une personne non concernée se gardera d’en faire un usage au long cours. C’est une huile essentielle extrêmement puissante à tel point qu’on ne saurait en faire un usage massif et immodéré, un aspect que nous n’hésiterons pas à rappeler lorsque nous aborderons l’huile essentielle de menthe pouliot (Mentha pulegium) qui contient elle aussi une cétone monoterpénique, la pulégone, dans une proportion avoisinant parfois les 90 %.

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L’aneth, tout en fluidité

Anethum graveolens… Autrement dit, « plante à forte odeur qui pousse vite ». Bien intérêt à pousser rapidement, étant une plante annuelle (autrement dit, toute graine germée doit faire de la graine dans la même année) qui possède bien des points communs avec ses proches cousins que sont fenouil et anis. A tel point qu’on aura souvent affublé l’aneth des sobriquets de fenouil puant, fenouil bâtard et autre faux anis.

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Probablement issu du Proche Orient (Perse ?), l’aneth s’est propagé (et oui, c’est un mot masculin) autant au Caucase qu’à l’Égypte dans un premier temps. Les Égyptiens de l’Antiquité l’inscrivirent même dans le fameux papyrus Ebers (1500 ans av. JC). Plus tard, le papyrus magique de Leyde, rédigé en grec, mentionne l’aneth sous le surnom de « semence d’Hermès ». Plus largement, au-delà d’une seule considération d’ordre purement magique, l’aneth est relaté par Hippocrate, Dioscoride et Galien, ce qui est certainement la preuve que l’aneth a posé le pied sur le sol européen bien avant le début de notre ère. Les Grecs anciens composèrent un remède à base d’aneth, de fenouil et de racine de verveine afin de combattre la stérilité féminine. Du côté des Romains, Pline et Virgile y font référence au tout début de l’ère chrétienne, l’un dans son Histoire naturelle, l’autre dans ses Bucoliques. Bien qu’endémique à l’Europe méridionale, des restes d’aneth ont été découverts parmi les ruines de maisons romaines en Grande-Bretagne, ce qui atteste de la percée septentrionale de l’aneth au cours des siècles encadrant la naissance du Christ.

Au Moyen-Âge, ce ne sont pas moins que l’école de Salerne et Hildegarde qui l’emploient comme remède. La célèbre école de médecine italienne se fendra même de bons mots à son sujet : « l’aneth chasse les vents, amoindrit les humeurs et d’un ventre replet dissipe les grosseurs » (1). Quant à l’abbesse de Bingen, elle préconise l’aneth en cas de saignement de nez, de maladies pectorales, de douleurs de la rate et de goutte.
Matthiole indique que l’aneth était cultivé dans tous les jardins de son temps et qu’il comptait au nombre des ingrédients constituants des thériaques, tandis que ses graines formaient avec la camomille, le mélilot et la matricaire le club des quatre plantes carminatives des apothicaires de l’époque.
L’aneth avait si bonne presse qu’à la Renaissance il était invité à la table du roi Louis XIV sous la forme de rossolis, une liqueur à base de fenouil, d’aneth et de cannelle, entre autres. Eupeptique, elle permettait au roi de faciliter les digestions pénibles que ses excès de table occasionnaient régulièrement.
Puis, progressivement, l’aneth glissera vers l’Europe du Nord où il est encore abondamment utilisé. Au XVIII ème siècle, une mariée scandinave assurait son bonheur conjugal en ornant son corsage de fleurs d’aneth.

Bien plus petit que le fenouil auquel il ressemble beaucoup, l’aneth est constitué d’une tige creuse, lisse et vert glauque. Haut d’une centaine de centimètres en moyenne, il est bon de noter que les sujets sauvages sont plus petits que les domestiques. Comme très souvent chez les Apiacées, on distingue des feuilles inférieures aux pétioles engainants et des feuilles supérieures linaires et filiformes que surplombent des ombelles de petites fleurs jaunes pauvres en nectar mais qui produiront à profusion des graines brunâtres, plates et striées, au goût frais et légèrement amer.


(1). Les vers salernitains évoquent plusieurs propriétés de l’aneth : ses effets carminatifs et digestifs, ainsi que son action sur le sang et la bile.

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1. Huile essentielle d’aneth : composition et description

Extraite des graines sèches et pulvérisées par distillation à la vapeur d’eau, cette huile essentielle est incolore à jaune très pâle. Mobile et liquide, elle présente une touche anisée, fraîche et herbeuse.

  • Cétones : carvone, molécule également présente dans l’huile essentielle de carvi (30 à 40 %)
  • Monoterpènes : limonène, alpha-phéllandrène (25 à 45 %)
  • Dillether (3 à 10 %)
  • Coumarines (traces)

2. Propriétés thérapeutiques

Comme nous allons le voir, l’aneth dégage les obstructions, assouplit et fluidifie. Elle a la vitesse du lièvre et la pugnacité de la tortue. Elle agit sur bien des liquides du corps (urine, sang, salive, sucs gastriques, bile, lait maternel, mucus pulmonaire).

  • Stimulante des glandes salivaires et gastriques, digestive, stomachique, antispasmodique des voies digestives, carminative
  • Stimulante hépatique, hypocholestérolémiante, cholagogue, cholérétique
  • Décongestionnante bronchique, fluidifiante des sécrétions bronchiques, expectorante, anticatarrhale, mucolytique
  • Anticoagulante, fluidifiante du sang
  • Emménagogue, galactogène
  • Diurétique
  • Anti-infectieuse : antifongique, antibactérienne
  • Stimulante du SNC, neurotrope

3. Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : digestion lente, dyspepsie, aérophagie, ballonnement, flatulence, manque d’appétit, colite spasmodique, vomissement, hoquet
  • Troubles de la sphère hépato-biliaire : insuffisance hépatique et biliaire, drainage hépatique
  • Troubles de la sphère respiratoire : encombrement bronchique, rhume, catarrhe, bronchite, ronflements
  • Hémogliase (épaississement du sang)
  • Règles douloureuses
  • Sciatique

Propriétés et usages relativement proches de ceux des huiles essentielles de fenouil et d’anis vert.

4. Modes d’emploi

  • Voie cutanée diluée
  • Voie orale avec précaution
  • Inhalation
  • Diffusion atmosphérique

5. Contre-indications et autres usages

  • Contenant une forte proportion de carvone, une cétone monoterpénique, cela implique que l’huile essentielle d’aneth est neurotoxique et abortive. On ne l’utilisera donc pas en cas de grossesse et d’allaitement, encore moins chez le bébé, l’enfant et la personne neurologiquement fragile. De même, les personnes soumises à un traitement aux anticoagulants l’éviteront. Le carvone, contrairement au turmérone contenu dans l’huile essentielle de curcuma, est une cétone « lourde », à l’instar de la thujone, du camphre et de la pinocamphone.
  • Non seulement matière médicale depuis des lustres, l’aneth est aussi un légume et un condiment. Les graines sont employées comme assaisonnement dans les pays scandinaves mais également en Allemagne, en Inde, en Grand-Bretagne, en Russie… Quant aux feuilles vaporeuses et aériennes qu’on trouve fréquemment sur les marchés, elles se lient bien avec les poissons, les crustacés ainsi que certains coquillages. Par exemple, la sauce Dill, mélange de jus de citron, de crème fraîche et de feuilles d’aneth finement ciselées, accompagne traditionnellement le saumon fumé. A noter que le mot dill, mot anglais désignant la plante, signifie « calmer » en ancien anglais, en relation avec les qualités antispasmodiques de l’aneth.

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La coriandre, une plante aux qualités doubles

Synonymes : persil arabe, persil chinois, cerfeuil chinois, punaise mâle.

Une partie de ces surnoms vernaculaires évoque deux aspects propres à la coriandre : l’un d’eux renvoie aux aires de culture et d’usage, l’autre à la famille botanique à laquelle appartiennent persil, cerfeuil et coriandre, les Apiacées, ex Ombellifères. Apiacées à ne pas confondre avec les Opiacées. Bien que nous verrons que la coriandre, loin d’être aussi narcotique et hypnotique que le pavot, présente pour le moins des propriétés assez similaires.
Quant à la punaise… Ce surnom fait référence à l’étymologie même du mot coriandre. Du grec koris qui signifie punaise et, toujours du grec, de andros qui veut dire homme. L’origine du mot coriandre est lié au fait que le fruit vert et frais de la coriandre évoque l’odeur de la punaise qui, lorsqu’on l’écrase, est loin de sentir la rose. A Lyon, il existe une ruelle punaise qui, dans des temps anciens, était, si je me souviens bien, un égout à ciel ouvert.

Coriandre fruits

Qu’à cela ne tienne ! Les anciens Égyptiens, il y a de cela 3 500 ans, tinrent en haute estime la coriandre. Quoi ! Me direz-vous, des Parfumés appréciant une odeur fétide ? Que non. Tout comme nous, je pense qu’ils avaient déjà perçu l’odeur peu agréable de la coriandre fraîche mais également celle, subtilement balsamique, des fruits secs. Sans quoi, quelle mystérieuse raison les aurait poussé à entreposer des fruits de coriandre dans bien des tombeaux égyptiens de l’Antiquité ? D’une part, les Égyptiens antiques avaient compris certaines vertus médicinales de la coriandre comme nous l’indique le fameux papyrus Ebers (3 500 ans). D’autre part, cette même graine de punaise était employée pour rendre les vins plus enivrants. Tant et si bien que les Égyptiens furent à l’origine de l’introduction de la coriandre en Europe occidentale. De là, ce ne sont pas moins que Théophraste, Galien, Hippocrate, Pline, Dioscoride, Columelle, etc. qui en parlent. Même la Bible y fait référence ! (Exode 16 : 31).
Plus tard, à travers ce qu’il est communément acceptable d’appeler le Moyen-Âge, on retrouve la coriandre. Elle est mentionnée dans Les contes des mille et une nuits (VIII ème siècle ap. jc.), œuvre littéraire qui vaudra à la coriandre d’être (faussement) qualifiée d’aphrodisiaque. A quelques décennies de là, les Capitulaires de 795 ainsi que l’Inventaire de 812 indiquent la coriandre comme plante incontournable. Au Moyen-Âge donc, je ne sais vous dire à quelle période exacte (c’est long, le Moyen-Âge), la coriandre était utilisée pour ses feuilles comme condiment afin de « verdir » les plats en cuisine. Quant à la graine, certaines traités culinaires médiévaux en mentionnent l’usage (Viandier de Taillevent, Mesnagier de Paris, etc.).

L’odeur de punaise de la coriandre, on l’a dit, a fait en sorte qu’une vilaine étiquette de plante toxique lui a collé au train. Cependant, aux XV ème et XVI ème siècle, sa culture s’est relativement répandue en Europe, à tel point qu’elle sera cultivée en masse dans les environs de Paris au XVIII ème siècle. Un siècle plus tard, sa présence est mentionnée dans les Bouches-du-Rhône, dans la Loire, le Gers, le Tarn…

Coriandre feuilles

La coriandre est une plante annuelle fortement (punaise !) aromatique, dont la hauteur varie de 30 à 60 cm. Comme beaucoup d’autres plantes de sa famille, elle présente des feuilles inférieures lobées et incisées alors que ses feuilles supérieures sont très finement découpées comme celles de l’aneth. Sa nature double, une fois de plus. En été, ses fleurs s’exposent sous deux formes ; on distingue celles du centre de l’ombelle et celles de sa périphérie. Blanches ou rosâtres, elles restent discrètes. Enfin, quand l’époque de la fructification parvient à son terme, de petits fruits ronds se forment. De vert, ils virent au beige avec l’âge. La coriandre pousse davantage sur les sols fertiles et bien drainés (elle n’aime pas l’humidité stagnante dans les racines encore moins les sols argileux qui retiennent l’eau), en plein soleil car elle aime beaucoup la chaleur.

1. Huile essentielle de coriandre : description et composition

Étant donné que la coriandre fait tout en double, c’est sans surprise que l’on apprendra qu’il existe deux huiles essentielles de coriandre puisqu’on distille autant les feuilles que les fruits (mûrs, secs et pulvérisés). Celle issue des feuilles contient essentiellement des aldéhydes non terpéniques (95 %). Quant à l’autre, elle est composée majoritairement de linalol (70 %), molécule à laquelle s’ajoute un peu de camphre (3 %) et de coumarines (traces). Dans l’un et l’autre cas, le rendement avoisine 1 %.

2. Propriétés thérapeutiques

HE feuilles : sédative, anxiolytique, anti-inflammatoire.
HE fruits : apéritive, digestive, stomachique, carminative, anti-infectieuse, antiparasitaire, antalgique, positivante, stimulante, tonique, neurotonique, euphorisante.

3. Usages thérapeutiques

HE feuilles : stress, anxiété, insomnie, gastrite.
HE fruits :
– Troubles de la sphère gastro-intestinale : spasmes intestinaux, dyspepsie, digestion pénible, aérophagie, flatulence, colites, entérocolites
– Douleurs articulaires et musculaires, arthrose, rhumatisme, crampes
– Fatigue physique et nerveuse, asthénie
– Cystite
– Grippe
– Ulcération cutanée

Note : l’huile essentielle de coriandre fruits présente peu ou prou les mêmes propriétés et se destine aux mêmes usages que les trois autres « semences chaudes » que sont anis, fenouil et carvi.

4. Modes d’emploi

  • Voie orale
  • Voie cutanée
  • Inhalation
  • Diffusion atmosphérique

5. Contre-indications et autres usages

  • La coriandre est largement utilisée dans les cuisines asiatiques et orientales, mais aussi en Amérique latine. C’est une plante dont les multiples parties sont cuisinées : feuilles (hachées comme du persil, elles parsèment tous les plats en Asie ; on en confectionne aussi des currys verts), fruits (aromatisent les ratatouilles, les tajines, les terrines, les currys, en poudre avec d’autres épices telles que le poivre, les pickles, etc.), racine (à consommer fraîche et hachée ; piquante, elle entre dans la composition de currys), tiges (dans les plats de haricots, les soupes…).
  • On utilise l’huile essentielle de coriandre fruits pour aromatiser certains médicaments et dentifrices, mais également des liqueurs (Izzara, ratafia), des savons, des parfums…
  • L’huile essentielle de coriandre fruits est susceptible de devenir excitante à haute dose. Des quantités importantes provoquent une ivresse (ce que recherchaient les Égyptiens) et une agitation souvent suivies de prostration et de dépression des centres nerveux. C’est là encore que la coriandre est double. En effet, l’huile essentielle de coriandre feuilles calme les agités et les anxieux. Cependant, la dose toxique de cette huile essentielle est beaucoup trop élevée pour qu’il y ait convulsion en cas d’abus. On observe généralement des phénomènes de somnolence, de profond sommeil et d’hébétude.

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Le curcuma, ami du foie et du système digestif

Matière médicale, plante tinctoriale mais aussi épice, le curcuma prodigue ses bienfaits aux hommes depuis 3 000 ans. Cette plante vivace, dont certains spécimens ornent les boutiques des fleuristes, est surtout connue pour ses parties souterraines qui, à la manière du gingembre, sont constituées de rhizomes. Originaire d’Asie tropicale, le curcuma est cultivé depuis longtemps sous ces latitudes, c’est-à-dire des régions pluvieuses et procurant la chaleur nécessaire pour que puisse s’épanouir celui que les Anglais nomment turmeric. On le trouve donc en Inde, en Chine, en Indonésie, en Birmanie, au Bangladesh, mais aussi hors d’Asie (Amérique du sud, Antilles, Madagascar).

Curcuma partie supérieure
Le curcuma porte de grandes et longues feuilles brillantes et pointues. Ses fleurs jaune pâle sont enserrées par des bractées de couleur rose disposées en épi.

Curcuma rhizome et poudre
Le rhizome du curcuma est formé d’un réseau de tubercules ramifiés et de forme ovoïde.

Le curcuma est connu du monde occidental depuis l’Antiquité si l’on en croit les descriptions qu’en donne Dioscoride. En Europe, au XVII ème siècle, Lémery le considérait comme apéritif et comme « propre à lever les obstructions de la rate, à soigner la jaunisse et la pierre » (par pierre entendre lithiase). Au XIX ème siècle, il était utilisé comme stimulant du foie et tonique des fonctions digestives et diurétiques. Enfin, au XX ème siècle, le médecin français Henri Leclerc reprendra un certain nombre de ces indications thérapeutiques.

Pour les Louchais de Birmanie, le rhizome du curcuma représente la matrice d’où serait issu l’Univers du fait de sa ressemblance avec un gros œuf. En Malaisie et en Indonésie, on purifie les lieux où se tiennent les cérémonies magiques avec du curcuma dilué dans de l’eau salée en l’aspergeant à l’aide des larges feuilles de la plante. Ces rituels d’aspersion se retrouvent également lors des cérémonies de mariage.

1. L’huile essentielle de Curcuma longa : description et composition

On distille aussi bien le rhizome sec (lavé, séché au soleil pendant 8 jours puis broyé et pulvérisé) que frais. Le parfum de l’huile essentielle obtenue dans les deux cas est différent. Douceâtre et mielleux pour le curcuma frais, il est nettement terreux pour le curcuma sec. Le rendement, élevé, est compris entre 4 et 6 %. La composition biochimique s’en trouve également modifiée comme nous pouvons le constater à travers ces extraits de chromatographie en phase gazeuse portant sur deux lots :

Tableau composition biochimique HE curcuma

On alloue à l’huile essentielle de curcuma frais des propriétés similaires à celle de curcuma sec mais beaucoup puissantes.

2. Propriétés thérapeutiques

  • Stimulante hépatique, régénératrice hépatique, hépatoprotectrice
  • Hypocholestérolémiante
  • Cholagogue, cholérétique
  • Tonique circulatoire, fluidifiante du sang
  • Apéritive, digestive, carminative, anthelminthique
  • Antibactérienne, antifongique
  • Antalgique, anti-inflammatoire, antirhumatismale
  • Cicatrisante
  • Anti-oxydante (cinq fois plus puissante que la vitamine E)
  • Négativante
  • Préventive des cancers et des maladies dégénératives, antimutagène, anticarcinogène (on a observé que les cas de cancer du côlon sont beaucoup moins fréquents dans les aires de consommation régulière du curcuma)

3. Usages thérapeutiques

  • Troubles hépato-biliaires : insuffisance hépato-biliaire, métabolisation des graisses, excès de cholestérol, lithiase biliaire
  • Troubles digestifs : insuffisance digestive, lourdeur digestive, ballonnement, aérocolie, colite, inflammation des muqueuses gastriques et intestinales, inflammation du côlon, maladie de Crohn, parasites intestinaux
  • Douleurs rhumatismales, articulaires et musculaires, crampes
  • Dermatoses (acné, eczéma)

En Malaisie, ainsi qu’en Inde, on retrouve l’emploi du curcuma à travers les grands points évoqués ci-dessus : le foie, la vésicule biliaire, le système digestif, la peau et les muscles.

4. Contre-indications et autres usages

  • Le curcuma est une épice parfois confondue avec le safran, lequel n’a pas la même origine et encore moins la même valeur. Sans doute que les nombreux noms vernaculaires du curcuma (safran des Indes, racine de safran, safran vert, safran Bourbon, safran péi, etc.) auront entretenu cette confusion.
  • Il est, avec la coriandre et nombre d’autres épices (cannelle, gingembre, muscade, clou de girofle, etc.) l’un des principaux éléments du curry, mélange d’épices avec lequel le curcuma est souvent confondu.
  • C’est aussi une plante tinctoriale. On en tire un colorant naturel de couleur jaune d’or destiné à teinter le bois, le cuir, le papier mais également les étoffes de soie et de laine. C’est avec son aide que l’on colore les costumes des moines bouddhistes. La curcumine brute (E 100) est, quant à elle, un colorant alimentaire très utilisé (fromages, beurre).
  • On évitera l’emploi de l’huile essentielle de curcuma chez le bébé et l’enfant, en cas de grossesse (huile essentielle potentiellement neurotoxique et abortive en présence de cétones). Enfin, les personnes qui présentent un faible taux de plaquettes sanguines ainsi que celles employant des médicaments à vertu anticoagulante feront de cette huile essentielle un usage prudent.
  • Il existe des espèces similaires, attention de ne pas faire de confusion entre le curcuma présenté dans cet article et d’autres curcumas : Curcuma zedoaria, Curcuma xanthorrhiza, Curcuma aromatica et Curcuma mangga. S’ils présentent tous la particularité de produire une huile essentielle, de l’un à l’autre on obtient des produits aux compositions biochimiques bien différentes. Si Valnet évoque les propriétés de l’un d’eux (Curcuma xanthorrhiza) et que Pénoël/Franchomme rapportent quelques informations à propos d’un autre (Curcuma zedoaria), le curcuma principalement utilisé en aromathérapie demeure bien le Curcuma longa. Si les propriétés thérapeutiques de ces trois derniers curcumas sont relativement proches, il apparaît que certaines molécules contenues dans C. zedoaria et C. xanthorrhiza sont beaucoup plus délicates à employer que celles de C. longa.

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Préparons l’été : sirops maison ! :-)

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Savez-vous qu’avec de l’eau, du sucre et des extraits végétaux vous pouvez concocter toute une gamme de sirops aussi savoureux les uns que les autres ? Durant le Printemps et l’Été, les floraisons se succèdent et ne se ressemblent pas ; la Nature étant si bien faite qu’elle égraine l’éclosion des fleurs au fil des mois. C’est pourquoi là où on trouvait la timide violette, on voit parader le fier capitule du pissenlit.

Vous avez repéré un filon ? Tant mieux. Mais avant toute récolte, prenez connaissance des principes de base, puis ayez soin de réunir le matériel suivant :

  • Des sacs en papier kraft afin de pouvoir y entreposer vos récoltes
  • Autant de bocaux en verre (avec couvercle) que vous aurez ramassé d’échantillons végétaux
  • Un saladier
  • Un entonnoir
  • Un torchon à maille fine
  • Des bouteilles en verre
  • Une casserole

Deux manières de procéder s’offre maintenant à vous. Rien de très compliqué pour l’une comme pour l’autre. Nous verrons que c’est simplement l’une des étapes qui diffère.

  • Vous avez à votre disposition de jolis pétales de rose ? Des corymbes de fleurs de sureau ? Très bien. Placez votre matière végétale dans un bocal en verre (l’idéal étant que la taille de ce bocal soit adapté à la quantité de plante récoltée). Tassez bien et couvrez d’eau jusqu’à ras-bord. Fermez le bocal avec le couvercle et entreposez-le en plein soleil afin qu’une digestion naturelle se produise.
  • Il faut compter une douzaine d’heures d’exposition pour les parties les plus délicates, un peu plus pour les feuilles, davantage encore pour les parties coriaces. Si le soleil se fait sporadique, il faudra rallonger la durée d’exposition. L’eau extrait plus difficilement les arômes que l’alcool mais une exposition solaire permet au contenu du bocal d’atteindre une température comprise entre 40 et 50° C (l’effet loupe du verre), ce qui permet une extraction tout en douceur des arômes des plantes. De temps à autre, prenez soin de remuer régulièrement le bocal avec des mouvements circulaires.
  • Enfin, le grand jour arrive, celui du filtrage. Il ne s’agit pas que d’un égouttage mais d’un pressage à la force du poignet. Placez le torchon au dessus du saladier et déposez le contenu du bocal. Regroupez les quatre coins du torchon et pressez au maximum afin d’extraire le plus de jus possible. Ensuite, pesez une quantité égale de sucre à celle de jus obtenu puis ajoutez-le à la préparation.
  • C’est ici que les méthodes diffèrent :
    1 – Mettez le liquide sucré dans une bouteille en verre de taille adaptée. Puis exposez cette bouteille en plein soleil jusqu’à ce que le sucre soit totalement dissout. De temps à autre, agitez l’ensemble.
    2 – Placez le liquide dans une casserole, sur feu vif. Ajoutez une valeur égale d’eau et de sucre (liquide sucré 1/3, eau 1/3, sucre 1/3). Dès les premiers bouillons, baissez le feu au maximum et laissez cuire une vingtaine de minutes. Embouteillez, laissez reposer et stockez au frais.
  • Dégustez !

Quelques suggestions de plantes : rose (pétales), sureau (fleurs), tilleul (fleurs), coquelicot (pétales), violette (fleurs), chèvrefeuille (fleurs), verveine citronnée (feuilles), menthe (feuilles), etc.

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Petit tour d’horizon sur les épices

épices

Qu’est-ce qu’une épice ? Quel « cahier des charges » une plante doit-elle remplir afin d’être qualifiée d’épice ? Tout d’abord, il apparaît important de mentionner que le mot épice provient du latin species qui a plusieurs significations : apparence (sens premier), espèce (sens deuxième) et substance (sens troisième).
Nous abandonnerons le sens premier qui ne nous intéresse pas ici. En ce qui concerne le sens deuxième, quel rapport peut-il exister entre ces deux mots ? Prenons l’exemple du poivre. Au Moyen-Âge, il devient rapidement une monnaie d’échange. De nombreuses expressions font référence à cet état de fait parmi lesquelles cher comme poivre (très cher), payer en espèces (en épices). A propos du sens troisième, il est clair qu’il fait référence à l’épice en tant que substance d’origine végétale dont le but en cuisine est de relever et/ou de parfumer les plats.

Historiquement, l’heure de gloire des épices se situe au Moyen-Âge, quand bien même la fameuse route des épices voit passer depuis l’Antiquité des produits en provenance d’Arabie et d’Inde, par exemple (à l’exception de quelques plantes, la plupart des épices est ou était originaire d’Orient et d’Extrême-Orient). Pourquoi cet engouement médiéval pour les épices ? Sans doute, comme on l’a longtemps pensé, pour masquer la relative absence de fraîcheur des produits par la puissance de leurs arômes… Du tout. Il n’en est rien et c’est résolument faux ! Cet engouement est tout d’abord affaire de goût, mais aussi de luxe et de prestige, eu égard au prix élevé des épices. Au Moyen-Âge, on consomme le poivre, le safran, le gingembre, la cannelle, le clou de girofle et, surtout, l’épice de prédilection, la fameuse maniguette (graine de paradis) aujourd’hui tombée dans un relatif oubli, comme cela a été le cas de certaines autres plantes telles qu’hysope et livèche.
Si les épices sont demeurées pendant longtemps un produit de luxe, donc onéreux, c’est parce qu’elles sont restées sous monopole vénitien jusqu’au XIV ème siècle. Par la suite, Génois, Portugais et Espagnols n’auront de cesse de mettre à bas ce monopole par le biais d’expéditions – l’ère des grandes découvertes -, ainsi que par la mise en œuvre de leurs propres cultures, tel que les Hollandais et les Anglais le firent au XIX ème siècle pour la culture du thé afin de faire tomber le monopole chinois.
Pour la gastronomie médiévale, impossible de se passer d’épices qui, souvent, remplacent le beurre et le sucre dans les préparations : maquereau en pasté, sauce cameline, galettes au cumin, agneau à l’aigre-douce, saumon à la calimafrée, sauce verte aux épices, hypocras, arboulastre en tarte, sans oublier le fameux « 4 épices » à base de poivre, de muscade, de clou de girofle et de gingembre.

Aujourd’hui, les épices se sont relativement vulgarisées. Elles sont devenues moins onéreuses (hormis quelques-unes comme le safran, par exemple, et la cardamome dans une moindre mesure) et beaucoup moins utilisées paradoxalement. Quand on poivre sa salade, on n’a pas toujours conscience des heurts anciens engendrés par la conquête du poivre au cœur d’une guerre économique.
De la même façon qu’une épicerie n’est plus aujourd’hui le commerce d’antan spécifiquement réservé à la vente de ces substances aromatiques et condimentaires, il vous appartient de constituer par vous-même votre propre petite épicerie.

Voici maintenant une nomenclature non-exhaustive des principales épices. Étant donné qu’on n’utilise pas toujours la plante entière pour ses vertus aromatiques et condimentaires, ces plantes ont été classées en fonction de la partie utilisée : racines et rhizomes, feuilles et tiges, fruits et baies, enfin, semences.

Racines et rhizomes : ail, céleri, curcuma, échalote, petit galanga, gingembre, oignon, raifort, réglisse, wasabi, zédoaire.

Feuilles et tiges : absinthe, ache, aneth, basilic, bourrache, cannelle, céleri, cerfeuil, ciboulette, citronnelle, coriandre, estragon, fenouil, hysope, kaloupilé, laurier, livèche, mélisse, menthe, oignon, origan, oseille, persil, romarin, sarriette, sauge, serpolet, thym, verveine citronnée.

Fruits : bergamote, citron, combava, genévrier, muscade, paprika, piment, vanille.

Graines et semences : aneth, anis vert, badiane, cacao, carvi, céleri, coriandre, cumin, fenugrec, fève tonka, fenouil, maniguette, moutarde, nigelle, pavot, poivre, sichuan.

Quelques mélanges d’épices

  • Bouquet garni : persil, laurier et thym.
  • Cinq épices (Chine) : badiane, sichuan, fenouil, cannelle, girofle.
  • Colombo (Asie du Sud) : paprika, cumin, coriandre, gingembre, poivre, cardamome, badiane, girofle, moutarde, safran.
  • Curry (Inde, Asie du Sud-Est) : gingembre, ail, oignon, cardamome, cumin, cannelle, curcuma, piment, poivre, fenouil, fenugrec, girofle, moutarde. Garam massala et tandoori massala sont deux formes de curry dont il existe de nombreuses autres recettes en fonction des localités géographiques.
  • Massalé (Réunion) : coriandre, cumin, fenugrec, moutarde, girofle, curcuma, kaloupilé, muscade.
  • Harissa (Maghreb) : piment rouge, coriandre, carvi, cumin, ail.
  • Pesto (Italie) : basilic, ail, pignons de pin, huile d’olive, parmesan.
  • Pistou (Provence) : basilic, ail, huile d’olive.

A savoir

Il est possible d’employer les huiles essentielles en cuisine en lieu et place des plantes fraîches ou sèches. C’est le cas des suivantes : aneth, baie rose, basilic, cannelle, cardamome, citronnelle, combava, coriandre, cumin, curcuma, estragon, gingembre, girofle, laurier, maniguette, marjolaine, menthe, muscade, poivre, romarin, thym, verveine, ylang-ylang, etc.

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Une essence douce et fruitée : le pamplemousse

pomelo
Description et composition

EEF (essence d’expression à froid) extraite du péricarpe. Essence à l’odeur douce et fruitée, de couleur jaune à jaune verdâtre, issue du pomelo, un hybride d’oranger doux et de pamplemoussier. L’appellation commerciale « huile essentielle de pamplemousse » est donc inexacte puisqu’il serait préférable de mentionner « essence de pomelo ».

  • Monoterpènes : limonène (90-98 %), alpha et béta-pinène (< 1 %), béta-myrcène (2 %)
  • Coumarines (< 0,5 %)
  • Composés divers : décanal, octanal (< 1 %)

Propriétés thérapeutiques

  • Positivante, tonique, neurotrope, relaxante, équilibrante psychique
  • Antiseptique atmosphérique, antifongique spécifique
  • Cholérétique, cholagogue
  • Hépatoprotectrice, drainante hépatique et rénale, détoxifiante, hypocholestérolémiante, lipolytique
  • Anti-oxydante
  • Antinociceptive
  • Antinauséeuse
  • Jet-lag (permet à l’organisme de s’adapter au décalage horaire)

Quelques mots à propos de trois propriétés abordées ci-dessus : avant de procéder à un drainage hépatique avec l’essence de pamplemousse, il faut savoir si le foie est engorgé. Pour cela, une analyse sanguine révélera ou pas la présence de cholestérol. En temps normal, cette substance est présente dans l’organisme mais certains dérèglements peuvent favoriser sa production. Si le cholestérol augmente, surtout le LDL dit « mauvais cholestérol », c’est le signe que le foie a besoin d’être drainé et purifié.
Par ailleurs, l’action lipolytique de l’essence de pamplemousse permet ce que l’on appelle la lipolyse, c’est-à-dire la combustion des graisses par l’organisme. Cette essence peut donc être une alliée précieuse pour qui souhaite perdre du poids, d’autant qu’elle régule aussi l’appétit. Son action est potentialisée par deux molécules qu’on trouve dans d’autres huiles essentielles, le gamma-terpinène et le paracymène. On pourra donc associer l’essence de pamplemousse aux huiles essentielles de coriandre, d’arbre à thé, d’ajowan, de sarriette des montagnes, de thym à feuilles de sarriette, de thym vulgaire à thymol, de thym vulgaire à paracymène. Cependant, méfiez-vous de l’effet hépatotoxique de certaines d’entre elles contenant des phénols : sarriette des montagnes, thym vulgaire à thymol, thym à feuilles de sarriette, ajowan.

Usages thérapeutiques

  • Nausée, reflux gastro-oesophagien, acidité gastrique, dyspepsie
  • Drainage hépatique et rénal, excès de cholestérol, paresse hépatique
  • Régulation de l’appétit
  • Fatigue, asthénie, déprime
  • Douleurs musculaires et tendineuses

Modes d’emploi

  • Diffusion atmosphérique
  • Inhalation
  • Voie interne
  • Voix externe (en dilution : possible allergie au limonène)

Précautions

Annexes

Si l’emploi de l’essence de pamplemousse vous paraît délicate, pourquoi ne pas vous tourner vers le fruit ? En effet, celui-ci est riche de vitamines (C, B1, B2, PP) et d’oligo-éléments (calcium, phosphore, fer, cuivre, manganèse, soufre, sodium, chlore, magnésium, potassium…). De plus, il est très peu calorique. Tonique et vitalisant, il convient aux personnes fatiguées et asthéniques. Dépuratif hépatique, il draine les impuretés et les toxines hors de l’organisme. Il intervient également en cas de dyspepsie, d’arthrite, d’oligurie, d’insuffisance biliaire et de fragilité capillaire.

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L’argile (partie 2) : usages thérapeutiques et domestiques, précautions d’emploi

1. L’argile : comment ?

A. Usage interne

  • Le lait d’argile : une à deux cuillerées d’argile en poudre dans un verre d’eau minérale. A mélanger avec une cuillère en bois, jamais en métal. Deux usages : 1 – à boire après repos en laissant le dépôt argileux au fond du verre. 2 – à boire tel quel, aussitôt mélangé.
    Lorsqu’on veut effectuer une cure argileuse au lait d’argile, il est bon d’en passer par l’usage n°1 pendant trois semaines, puis d’appliquer l’usage n°2 par la suite. L’idéal étant d’arriver à faire une cure alternée, une semaine sur deux.

  • Les boulettes d’argile : il s’agit d’un mélange d’argile et d’eau auquel on ajoute quelques gouttes d’huile essentielle si besoin est. On roule cette pâte entre les doigts afin d’en confectionner des boulettes que l’on laissera sécher. Ensuite, on les suce comme des bonbons.

B. Usage externe

  • Le cataplasme : pour cela, il faut mélanger de l’argile à de l’eau. En premier lieu, on place la quantité d’argile nécessaire dans un récipient. On couvre d’eau et on laisse reposer. A l’aide d’une cuillère non métallique, on dispose l’argile en couche épaisse (2 à 3 cm) sur un tissu assez robuste en fibres naturelles (coton, lin, etc.). Ensuite, on plaque le cataplasme (argile côté peau) sur la partie à traiter en maintenant l’ensemble à l’aide d’un bandage pas trop serré.
    En fonction des cas, on le laisse en place de quelques minutes jusqu’à la nuit entière. Après application et séchage de l’argile, on retire le cataplasme tout doucement, on nettoie la peau à l’eau claire, enfin, on jette le cataplasme.
    On utilisera de l’eau froide ou tiède selon le but recherché (cf. cataplasme froid, cataplasme tiède), mais jamais d’eau glacée, encore moins d’eau bouillante. On peut adjoindre d’autres ingrédients tels qu’huiles essentielles, infusions de plantes, sel de mer gris, chlorure de magnésium, huile d’amande douce, huile d’olive, levure de bière, jamais au hasard mais afin de catalyser les effets de l’argile en fonction du but à atteindre. Il ne s’agit donc pas d’une tambouille approximative !

=> Le cataplasme froid : il est préconisé lorsqu’on veut le placer sur une partie du corps chaude, fiévreuse, enflammée ou congestionnée. Après application, le cataplasme va rapidement se réchauffer, il sera donc nécessaire de le remplacer aussi souvent que nécessaire.
=> Le cataplasme tiède : destiné à revitaliser un organe en particulier (foie, reins, vessie, etc.) Pour chauffer l’argile, on peut placer le mélange eau-argile au soleil, au-dessus d’un radiateur, le mieux étant le bain-marie. Évitez par-dessus tout de chauffer l’argile au micro-onde !

  • Le poudrage, déjà évoqué ici.

masque_argile

2. L’argile : autres usages

A. Beauté

  • Masques divers pour peau normale, sèche, très sèche, abîmée, sensible, mixte, grasse, etc. Crèmes adoucissantes, antirides.
  • Pour les cheveux : gras, secs, dévitalisés, pelliculeux, etc.
  • Pour le corps : bains relaxants, bains amincissants, cellulite, etc.

B. Maison

  • Contre les odeurs de réfrigérateur, de tabac, de cuisine, d’essence et de gas-oil
  • Pour purifier l’eau de boisson

C. Jardin

  • En cas de greffe, de branches cassées ou fendues
  • Pour purifier l’eau d’un puits
  • Pour enrichir la terre des plantes d’intérieur

3. L’argile : attention !

Une fois de plus, une thérapie n’a rien d’anodin. Aussi, indiquerons-nous ci-dessous l’ensemble des contre-indications et conseils à respecter avant de démarrer toute cure argileuse :

  • Tendance ou risque d’occlusion intestinale
  • Éviter les prises internes d’argile en cas de constipation chronique, de traitements allopathiques ou homéopathiques, d’utilisation de contraceptif oral
  • Ne jamais prélever soi-même l’argile dans la nature car rien ne nous indique qu’elle est indemne d’impuretés, de pollutions, voire de radioactivité. Il est donc bien préférable de s’en remettre aux argiles vendues dans le commerce.
  • Ne jamais réutiliser de l’argile ayant servi. Les cataplasmes, par exemple, sont à usage unique !
  • Lors de la préparation de l’argile, que ce soit pour un usage interne ou externe, il est impératif d’utiliser du matériel adéquat et non souillé, cela va de soi. On se servira de bols en bois, en terre, en verre, relativement épais. En effet, un récipient aux parois trop fines (genre cristal) peut se briser sous l’effet des interactions ioniques puissantes des éléments minéraux contenus dans les diverses argiles lorsqu’elles sont placées au contact de l’eau. Comme il a été dit plus haut, ne jamais utiliser de cuillère en métal, une cuillère en bois (ou en céramique) étant ce qui est le plus adapté.

4. L’argile : annexes

Les animaux et l’argile

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Pratiquement tous les animaux vertébrés qui mangent fruits, feuilles ou graines ont recours à l’argile pour se soigner, au-delà des traditionnels bains de boue. C’est le cas des éléphants, des rhinocéros, des girafes, des buffles et des chimpanzés en Afrique. En Amérique du Sud, perroquets et singes se soignent par l’ingestion de boulettes d’argile.
L’argile permet de lutter contre les mycotoxines, les endotoxines, les produits chimiques de synthèse, les bactéries et les virus. De plus, elle protège le tube digestif et agit comme anti-acide.
En 1999, on a vérifié l’hypothèse suivante : les animaux utilisent-ils l’argile comme contre-poison ? Par expérience, on a démontré que l’argile prévenait le passage des alcaloïdes dans le sang, au niveau de l’absorption intestinale. Ainsi, protège-t-elle l’intestin des agressions chimiques des parties végétales toxiques ingérées. C’est particulièrement le cas pour certaines espèces de singes qui supportent ainsi une nourriture que d’autres animaux ne toléreraient pas.

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