François-Joseph Cazin, médecin humaniste

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Né dans le département du Pas-de-Calais en 1788, François-Joseph Cazin se destine très tôt à la médecine, étant tout d’abord, dès 1804, aide-chirurgien en hôpital militaire, avant de devenir lui-même chirurgien, puis médecin dans la marine. Par la suite, il pratiquera pendant une vingtaine d’années la médecine à Calais, avant qu’un événement inattendu n’imprime de sa patte providentielle la destinée du jeune médecin. En 1832, une épidémie de choléra se déclare dans le nord de la France. Cette maladie, provoquée par la bactérie Vibrio cholerae, touchera bien des parties du monde au gré de vagues successives. En 1832, c’est la deuxième pandémie de choléra (1826-1841) qui s’abat sur la France. Le docteur Cazin met toute son énergie au service de l’éradication de ce fléau, mais il en est lui-même l’une des victimes. C’est cela qui le décide à renoncer à la vie urbaine. Il se rend donc à la campagne, à 50 km de Calais, dans la petite ville de Samer qui l’a vu naître. Il y séjournera jusqu’en 1846. Durant ces presque quinze années, de médecin de ville, Cazin devient médecin de campagne. Et c’est durant ces années que va s’élaborer en son esprit la structure de son œuvre majeure, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes. En 1847, il est récompensé par la Société royale de Médecine de Marseille pour un mémoire qui n’est qu’une ébauche de son traité, lequel paraîtra, dans sa première édition, en 1850. N’ayant, pour ainsi dire, connu que la ville en ce qui concerne ses pratiques médicales, le docteur Cazin est particulièrement frappé par les conditions de vie des habitants des campagnes, considérant, parce que cela lui saute aux yeux, qu’en ville tout est disponible rapidement ou presque, contrairement à cette campagne où contrastent l’opulence de quelques-uns et l’indigence du plus grand nombre. Comparant sa pratique urbaine et celle rurale conditionnée par les plantes qu’il récolte aux alentours, il s’est alors convaincu de la supériorité des espèces végétales indigènes. Dans cette démarche, il a été aidé par la sensibilité qu’il a pu éprouver par rapport à l’empirisme et à la médecine populaire des campagnes, tout en ne tombant jamais dans le piège du remède de charlatan de champ de foire. Plus que tout conscient de la pauvreté dans laquelle vivent la plupart des gens qui l’entourent, il se propose de mettre à l’honneur une médecine bon marché, possible grâce à des moyens simples et peu coûteux, afin que « s’économise l’argent du malade et le temps du médecin » (1), car l’homme de la campagne du XIX ème siècle, « le plus souvent, alors, il souffre sans secours, lutte péniblement, languit ignoré et meurt silencieux et résigné dans une chaumière où le froid, l’humidité, la malpropreté se joignent aux autres causes de destruction ». « J’ai donc renoncé, poursuit-il, dans ma pratique rurale, aux médicaments d’un prix plus ou moins élevé, et aux préparations pharmaceutiques dont le luxe ne peut être payé que par le riche ».

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Cazin est l’une de ces icônes propres au XIX ème siècle, symbole de cette dichotomie entre cité et campagne, riches et pauvres, et il se range au côté de ces derniers en homme humaniste qu’il est. Alors que, dans le même temps, pérorent médecins et pharmaciens de ville, qui ne savent que louer les « progrès » de la médecine thérapeutique chimique, exaltant les bienfaits du mercure et de l’antimoine, vouant aux gémonies la thériaque et la conserve de roses. Cazin pointe du doigt les malversations concernant les drogues provenant de pays lointains et qui, une fois parvenues dans les officines, sont de bien moins bonne qualité qu’à leur départ ; non pas que le transport en aura amoindri la valeur thérapeutique, mais surtout parce qu’elles subissent, de la part de marchands peu scrupuleux, une transformation pour laquelle l’appât du lucre n’est pas étranger. C’est aussi l’occasion pour Cazin de remettre en cause cette idée reçue, particulièrement tenace puisqu’elle existe toujours en ce début de XXI ème siècle, que ce qui est exotique est plus efficace ; et, en travaillant avec des produits locaux, à portée de mains, il démontre l’inanité de ce jugement et prouve avec aisance que l’herbe n’est pas forcément plus verte chez le voisin. Il n’en va pas que de la qualité d’une plante, il en va aussi de celle de celui qui l’emploie. Et si manque le bon sens, qu’un végétal soit exotique ou indigène, il n’est rien qui soit possible de faire, l’échec thérapeutique ne saurait être que patent. Il est assez facile de jeter l’opprobre sur les plantes locales en les regardant de haut, lorsqu’on a toujours connu ces préparations médicamenteuses, embouteillées et étiquetées, flambantes neuves, sur les étagères du pharmacien, chose que Cazin finira par rejeter, insistant sur les étapes préalables et incontournables d’une bonne pratique phytothérapeutique : maîtriser la botanique médicale (!!!), récolter des plantes sauvages de préférence au moment opportun, les faire sécher correctement si cela s’avère nécessaire ou bien en faire un usage immédiat. Oui ! Qui imaginerait faire une soupe avec une botte de poireaux ayant jauni au réfrigérateur ou à la cave ? Soyons sérieux.

C’est cette fraîcheur et cette instantanéité que le docteur Cazin a placées en exergue durant toutes ses années passées comme médecin de campagne avec, sous la main, foison de remèdes végétaux que l’on retrouve dans son monumental ouvrage, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes. Cette somme, rééditée et augmentée en 1858, présente en 1200 pages environ 500 plantes, accompagnée de 40 planches botaniques dessinées par le fils de François-Joseph, Henri Cazin (1836-1891), également médecin et artiste peintre.


  1. Toutes les citations placées entre guillemets sont extraites de la préface du Traité pratique et raisonné.

© Books of Dante – 2017

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Le Docteur Henri Leclerc, en marge du codex

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Ah, le Dr Leclerc, que je cite souvent dans mes articles, je pense qu’il est de bon ton de lui accorder enfin un espace dédié qu’à lui. C’est aussi l’occasion d’inaugurer une nouvelle catégorie : les figures de la phytothérapie.

Quand on hasarde ses yeux sur divers ouvrages de phytothérapie générale, on rencontre çà et là bien des personnages ayant animé l’histoire médicale de la thérapie par les plantes, et ce de l’Antiquité jusqu’à nous : Dioscoride, Galien, Hildegarde, Matthiole, Lémery, Cazin, Fournier, Valnet… Et il y a Leclerc, dont l’ouvrage principal, je crois, se trouve être son Précis de phytothérapie. C’est, du moins, celui-là auquel on fait le plus souvent référence, comme moi-même l’ai fait jusqu’à ce jour. Pourtant, ça n’est pas là l’unique œuvre de l’homme. Il a produit bien d’autres ouvrages tels que Les épices, Les fruits de France, Les légumes de France, En marge du Codex, ainsi qu’une foule d’articles et d’études disséminés dans La Presse Médicale et La Revue de Phytothérapie qu’il fonda en 1937.

Si l’on connaît assez bien les ouvrages d’Henri Leclerc, il s’avère qu’on en sait beaucoup moins sur l’homme lui-même. Voyez Wikipédia : seulement deux lignes lui sont accordées. Et je n’ai pas même été dans la mesure de dénicher le moindre portrait de cet illustre médecin. Dévoué, affable, humble, comme le relate la Revue d’Histoire de la Pharmacie (n° 145, 1955, p. 75), le docteur Leclerc « était peut-être le seul à ignorer sa bonté et sa valeur ».

Henri Leclerc est né à Paris le 5 octobre 1870, c’est-à-dire durant le siège de la capitale par les troupes allemandes. Étudiant en médecine dans les années 1890, il se lie d’amitié avec un certain Paul Verlaine et un certain Joris-Karl Huysmans, pourtant tous les deux de plus de 20 ans son aîné (Verlaine et né en 1844, Huysmans en 1848). Tout d’abord établi à la campagne, Leclerc ne reviendra à Paris qu’en 1908. Il accueille une clientèle riche et huppée et, dans le même temps, prodigue gratuitement ses soins à une foule de pauvres gens. Puis, la Première Guerre mondiale éclate, Leclerc devient médecin militaire pour la cause.

Leclerc n’était pas qu’un médecin spécialiste, il était aussi un historien de la phytothérapie. Il connaissait, dit-on, l’histoire médicale du Moyen-Âge comme sa poche, « il ne séparait pas la science du passé de celle du présent : il appliquait à ses malades, après les avoir prudemment expérimentées et amendées, les recettes de botanique médicale recueillies par lui dans les vieux arbolayres » (Revue d’Histoire de la Pharmacie, p. 74). C’est un aspect qui n’apparaît pas de manière criante dans le Précis de phytothérapie, bien qu’à sa lecture, il est évident que le docteur Leclerc était un grand lettré, dans le sens d’un amoureux de la lettre, de la conjugaison, de la grammaire, de la syntaxe, en un mot, de la langue. C’est dans un autre de ses ouvrages, En marge du Codex, que cela saute aux yeux. J’ai réussi à mettre la main sur un exemplaire relié de 1924. Et rien que la préface, écrite de la main de Leclerc, est un régal de poésie, allant même jusqu’à citer Baudelaire. Et, dans cet ouvrage, on comprend mieux le lien que ne contournait pas Leclerc entre l’hier et l’aujourd’hui, exposant en 39 chapitres bien des préparations magistrales dont le Codex s’est enorgueilli et puis qu’il a chassé comme valetaille « au nom des lois tyranniques de l’hygiène ». Le docteur Leclerc écrit, pour chacune de ces compositions, en quelques pages, trois à six, un riche historique, donne des recettes. C’est ainsi que nous retrouvons au fil du livre des noms de formules encore célèbres tels que la thériaque, le diascordium, le laudanum, le vinaigre des quatre voleurs, l’élixir de Garus et d’autres encore malheureusement moins connus.
Ah ! Cette préface d’En marge du Codex, je ne résiste pas à l’envie de vous la partager. Ceux qui ont lu Huysmans, en particulier Là-bas, seront peut-être surpris de constater que, dans ce roman, plane, comme qui dirait, l’ombre d’Henri Leclerc. Je ne sais pas. Comme ça, une intuition…

Le 15 mars 1955, le docteur Leclerc décède d’une crise cardiaque. Il avait 84 ans.

Note liminaire : il serait bon et profitable qu’un éditeur sérieux exhume de nouveau le fabuleux travail du docteur Leclerc. Mon exemplaire de Précis de phytothérapie, acheté d’occasion, date tout de même de 1994 ! Ce n’est pas parce que j’ai dit qu’Henri Leclerc était humble et discret qu’il faut s’abstenir !

Bon, et maintenant, cette préface. Régalez-vous !

C’est pour les fervents de la tradition, pour ceux dont le culte du souvenir étreint le cœur d’une émotion pleine de charme en sa mélancolie, un deuil à nul autre pareil de voir s’effriter sous la pioche des démolisseurs le Paris de nos pères. Pierres patinées par l’œuvre du temps, rues étroites où circule encore, comme une sève, le souffle du passé, maisons mystérieuses aux pignons fantastiques, aux façades couturées de rides, aux lucarnes qui semblent cligner de l’œil pour raccrocher la pensée du promeneur, tous ces vestiges des siècles écoulés, témoins des heures glorieuses ou tragiques de notre histoire, s’abîment ou s’abîmeront un jour, victimes des besoins du Moloch qu’est une ville moderne, balayés au nom des lois tyranniques de l’hygiène : si ami soit-on du progrès, on ne peut s’empêcher de déplorer leur disparition et de murmurer, devant ces ruines que remplaceront demain des maçonneries d’une laideur attristante, les vers de Baudelaire

Le vieux Paris n’est plus : la forme d’une ville
Change plus vite, hélas ! Que le cœur d’un mortel.

Ces impressions, j’en retrouve l’équivalent chaque fois qu’il m’arrive de feuilleter un Codex et je serais étonné d’être le seul chez qui la lecture de notre pharmacopée officielle produise un tel effet. Comme dans la cité parisienne, le temps exerce dans la cité des médicaments son œuvre destructrice : c’est la même destinée qui condamne à la ruine les vieilles pierres et les vieilles formules : aux unes les coups de pioche, exécuteur implacable de la volonté de nos édiles, aux autres le trait de plume dont un aréopage de savants, choisi parmi les plus insignes, proclama l’opportunité. Sans doute serait-ce pousser à l’excès l’amour du Bonhomme Jadis que de crier au vandalisme pour quelques drogues dont la science a démontré l’inanité et décidé l’ostracisme : le Codex n’est pas le catalogue rétrospectif de l’art médical ; seules doivent figurer sans ses pages les substances qui intéressent directement le praticien et dont la raison d’être est établie par un examen rigoureusement critique et je ne sache pas qu’il se trouve de traditionaliste assez irréductible pour regretter la graisse de vipères, la poudre de cloportes, l’huile de vers de terre et autres monstruosités qui feraient, dans la pharmacopée, l’effet que font, dans une ville, des masures informes et sordides ; mais à côté de ces vestiges du fétichisme thérapeutique, il existe toute une série de formules archaïques, les unes déjà ensevelies dans l’oubli, les autres appelées à y sombrer un jour, dont on peut éprouver quelque tristesse à voir effacer les noms. Ce n’est pas qu’elles fussent irremplaçables, ni que beaucoup d’entre elles ne représentassent un bizarre assemblage d’éléments hétéroclites : toutefois, nos devanciers avaient apporté, à les édifier, tant de foi et d’imagination – si glorieux fut le rôle qu’elles jouèrent dans la lutte séculaire de l’humanité contre la maladie, qu’on ne peut se défendre, à leur égard, d’un sentiment fait d’indulgence, d’attendrissement et de vénération ; en faveur des matériaux qui les composaient, choisis le plus couvent avec un sens très judicieux du déterminisme thérapeutique, on leur pardonne volontiers l’étrangeté de leur architecture, le luxe de leur ornementation, les rinceaux touffus d’aromates, de baumes, de résines qui s’y enroulaient en volutes capricieuses, comme les frondaisons folles sculptées par les « tailleurs d’images » aux frontons des cathédrales. Dans beaucoup, c’est toute l’âme de l’antiquité qui vient jusqu’à nous, couronnée de fleurs comme une idylle de Théocrite ; d’autres, parfumées de myrrhe, d’oliban et de cinnamome, ressuscitent en notre esprit les splendeurs du « Moyen-Âge énorme et délicat », alors que, confinée dans les cloîtres ou tapie dans l’officine des alchimistes, la médecine exhalait un relent de mysticisme et de nécromancie ; dans celles-ci nous retrouvons le grand siècle, la gravité de M. Fagon, l’ironie de Guy Patin, le pathos de M. Diafoirus ; celles-là nous font assister à une consultation où, dans un boudoir à trumeaux peint par Boucher, des médecins à perruques poudrées, à mollets d’abbés, secouent d’une chiquenaude leurs jabots de fine batiste en discutant sur les vapeurs de leur belle cliente langoureusement étendue entre son nègre et son perroquet.
A vrai dire, cette évocation de fantômes majestueux ou gracieux serait, en faveur des vieilles formules, un plaidoyer insuffisant : la thérapeutique est une science trop austère pour former ses lois à l’école de la sentimentalité et il serait du dernier ridicule qu’un membre de la commission chargée de réviser le Codex apportât à cette mission auguste une mentalité de troubadour ou de poète romantique. Bien des drogues chères à nos pères ont, heureusement, à leur actif des mérites plus sérieux que celui d’éveiller l’attendrissement en les âmes sensibles ou de fournir un aliment à la curiosité des antiquaires : chaque jour, nous en prescrivons encore qui, par le choix et l’agencement de leurs composants, représentent des associations aussi maniables qu’efficaces et dont l’introduction dans la matière médicale est à inscrire parmi les conquêtes de la science.
C’est ainsi qu’à l’antiquité nous empruntons les pilules de cynoglosse qui nous permettent, sous un pseudonyme, de faire accepter l’opium aux malades les plus timorés, qu’à Lazare Rivière nous devons l’antiémétique le plus innocent et le plus rationnel, que le vieil emplâtre de Vigo reste toujours le topique sans rival de certaines dermatoses, que dans le laudanum l’action déprimante du roi des narcotiques est ingénieusement combattue par l’adjonction de principes stimulants ; nul purgatif n’a pu détrôner le sel de Glauber, la liqueur de Fowler résiste à la concurrence des cacodylates et des méthylarsinates et les immenses progrès réalisés dans le traitement de la syphilis n’empêchent pas qu’en plus d’un cas de cette affection la liqueur de Van Swieten ne rende encore de signalés services. Les exemples abondent qui mettraient en lumière ce que nous devons aux vieux maîtres de la thérapeutique dont ces notes historiques ont pour but d’étudier, non pas l’œuvre entière, mais quelques-uns de ses chapitres. En les réunissant, je me suis flatté de l’espérance d’être utile aussi bien à l’historien qu’au praticien. Si l’historien n’y trouve rien d’inédit, elles lui épargneront, du moins, de longues recherches sur les vieilles formules du Codex, sur leur origine, sur ceux qui les publièrent : au praticien, elles apprendront à mieux connaître les armes qu’il manie chaque jour et à se pénétrer de l’idée, toujours féconde en enseignements, qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, que notre génération n’a pas tout inventé et que nous ferions preuve d’ingratitude ou oubliant ceux de qui nous tenons notre patrimoine thérapeutique.

© Books of Dante – 2017

Watership Down, un roman plein d’aventure… et de lapins !

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L’entrée en matière de ce roman, bucolique à souhait, ne trompe pas son monde très longtemps. Tout débute par une crise. Qu’elle soit cardiaque ou économique, une crise est un événement soudain, violent et brutal, très souvent imprévisible.
Dans une garenne de la campagne anglaise, une menace sourde pèse sur une colonie de lapins. Or l’on sait bien que face à un stress potentiel les deux issues possibles sont la fuite, et éventuellement la vie à la clé, ou la tétanie, et la mort à coup sûr. Cette crise va contraindre un petit groupe d’entre eux à l’exil, sous l’égide d’Hazel et de son frère Fyveer. Fort du pressentiment d’un désastre imminent, ce dernier, un lapin timide et quelque peu « rêveur », est à l’origine du départ de son groupe. Mais le lapin étant grégaire et assez sédentaire, il n’est pas facile de forcer son caractère et ses aptitudes en lui faisant parcourir d’immenses distances, même au prix de sa vie. Pourtant, c’est bien ce qui va se produire, Fyveer ayant eu la vision du lieu où ses compagnons et lui-même doivent se rendre pour échapper au danger. Mais cela ne se fera pas sans péril ni écueil, un lapin en terrain inconnu devant nécessairement compter sur de mauvaises rencontres, incarnées tant par l’homme, que par le renard ou la belette, quand ce n’est pas le rat et le chat. Cependant, dans Watership Down, ces ennemis naturels ne s’opposent que rarement, et quand c’est le cas, la bande d’Hazel en réchappe toujours, non sans de grandes frayeurs et quelques blessures. Mais l’ennemi n’est pas toujours celui qu’on croit. Ceux qui, par deux fois, leur posent le plus de problème, ne sont autres que des lapins ! Les premiers, de gros lapins semi-domestiques ne peuvent s’adapter au tempérament d’Hazel et de sa bande, véritables lapins de garenne, ni eux au leur. Ils savent que s’ils ne souhaitent pas finir en civet ou en gibelotte, il leur faut fuir ce lieu inhospitalier et dangereux car truffé de pièges posés par les hommes.
Embarquant un de ces gros lapins avec eux, Hazel, Fyveer et les autres finissent par parvenir au lieu tant espéré où élire domicile, vu par Fyveer dans ses visions qui tiennent véritablement de la transe chamanique. Mais ils ne sont pas au bout de leurs peines, même juchés sur un pog digne de Montségur. Sachant que ce sont les femelles qui creusent les terriers et qu’il n’y en a aucune dans le groupe, nos lapins vont devoir, une fois de plus, forcer leur nature afin de se mettre à l’abri, chose indispensable pour ces créatures anxieuses. Et l’on sait à quel point l’exil est anxiogène pour celui qui migre… [Lire la suite ou s’arrêter là pour ne pas connaître le mot de la fin, parce que ce roman vous paraît si génial que vous ne souhaitez pas que je le spoile ? Si vous voulez tout savoir, cliquez sur ce lien, sinon poursuivez ci-dessous ^_^]

On s’immerge rapidement dans ce roman, pour peu qu’on soit, comme moi, familier et sensible à la faune et, surtout, à la flore qui le peuplent. D’ailleurs, ces deux dimensions sont étroitement imbriquées : les noms que portent de très nombreux lapins disent toute l’importance que représente pour eux le monde végétal dont ils dépendent. Ainsi rencontrons-nous Hazel (le noisetier), Dandelion (le pissenlit), Fraga (la fraise), Rubus (le mûrier), Bugloss (la buglosse), Stachys (l’épiaire), Chervil (le cerfeuil), Campàna (la campanule), Vervin (la verveine), etc.
La truffe au vent, les oreilles aux aguets, on perçoit une multitude d’odeurs et de sons typiques de la campagne, cela aide, selon moi, à l’immersion dans ce monde fascinant qu’est celui des lapins, peuplé de figures héroïques et mythologiques, assurant une cosmogonie solide et offrant de multiples occasions de raconter des histoires dans la tiédeur bienheureuse d’un terrier où toutes les (grandes) oreilles sont attentives.

En lisant Watership Down, vous en apprendrez davantage sur cet animal qu’est le lapin, une créature banale et connue, et dont on sait finalement très peu de choses. Lisez, vous aurez l’occasion de découvrir certains termes propres à leur langue tels que sfar, vilou, speussou, farfaler et faire raka. Mais cet enrobage sémantique et mythologique ne doit pas faire oublier l’une des leçons du livre : afin d’être un lapin libre, il faut savoir et pouvoir s’affranchir du totalitarisme, pour lequel il n’y a pas d’autre but que le combat et, au final, la mort.

Watership Down de Richard Adams aux éditions Monsieur Toussaint Louverture, 544 pages, 21,90 €

© Books of Dante – 2016

Herbes & feux de la Saint-Jean

Couverture

Même sans jamais y avoir assisté, on peut avoir des feux de la Saint-Jean une idée plus ou moins proche de la réalité, tant cet événement semble profondément enkysté dans l’imaginaire collectif. Qui n’a jamais été fasciné par le feu ?

Les feux de la Saint-Jean ne sont pas des légendes. Ils s’inscrivent dans une factualité temporelle et spatiale mouvante. Ils nous renvoient tout d’abord vers d’ancestrales racines païennes, puis à une christianisation du phénomène, non sans peine, comme nous aurons l’occasion de le découvrir à travers ces pages. Enfin, tels qu’ils se déroulent aujourd’hui, on peut les assimiler à une fête laïque, même si subsistent à travers cette variante moderne des traces païennes et chrétiennes.

Le culte de la source, de la pierre et de l’arbre témoigne d’une contemporanéité qui n’est plus la nôtre. C’est celle de lointains ancêtres qui vécurent en relation avec lui, par proximité immédiate. Il s’agit là de l’expression d’un cadre socio-culturel et cultuel qui peut nous sembler étranger.

Le feu, célébré au solstice d’été, procède de la même logique. Qu’est-ce qui a poussé les hommes à allumer de gigantesques feux à cette date précise de l’année ? Quelles symboliques tout cela véhicule-t-il ? Qu’ils paraissent aujourd’hui plus folkloriques que sacrés signifie-t-il que certaines valeurs se sont dissoutes au fil du temps ?

Voici quelques questions préliminaires auxquelles nous allons tenter de répondre à travers cet ouvrage qui abordera autant les coutumes consignées dans de vieux livres que les paroles de témoins bien vivants qui nous raconterons comment ils vivent le solstice d’été à notre époque.

Bien sûr, nous accorderons toute leur importance aux herbes employées à cette période de l’année. Quelles sont-elles ? Pourquoi et comment les utilise-t-on ? A l’occasion, nous découvrirons qu’elles sont bien plus nombreuses que ce que l’on a communément admis…

  • Illustration de couverture : Sabine Cazassus
  • ISBN : 978-2-9546426-2-8
  • 180 pages, intérieur noir & blanc
  • 15 €

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[Books of] Dante – 2016

Petit Larousse des huiles essentielles

Thierry Folliard
ISBN : 978-2-035-89596-7
24,90 € TTC

Petit Larousse des HE

La première fois où j’ai eu ce livre entre les mains, il n’y a pas eu coup de foudre. Mais comme j’aime observer et décortiquer ce qui se fait dans le domaine de l’aromathérapie, j’en ai acquis un exemplaire (en plus, ça m’a donné l’occasion de filer quelques sous à mon libraire).
Les couleurs de la couverture sont fadasses, on dirait plus un bouquin de découverte des champignons au fin fond de la Corrèze au mois de septembre qu’un bouquin sur les huiles essentielles qui ne sont ni corréziennes, ni fadasses, ni si pauvrement présentées qu’elles le sont sur le présent ouvrage dont je me propose aujourd’hui de vous faire la critique.

LA FORME

De dimension moyenne (24 * 20), ce livre à la couverture renforcée et à la tranche toilée veut donner toute l’apparence d’un dico, même si cela n’est pas spécifié sur la couverture. (D’façon, le mot « Larousse » est tombé dans le langage commun pour désigner un dictionnaire. Et depuis le temps que ça dure – 1852 – on ne s’étonnera pas de cette prééminence.)
304 pages de papier de belle qualité (imprimées en Espagne : quand donc Larousse refera-t-il du made in France ?), relativement épais (2,5 cm), massif, solide, fait pour durer comme tout dictionnaire qui se respecte. Ceux qui connaissent déjà le Petit Larousse des plantes médicinales (2009) auront, grosso modo, une idée de la bête. En cela, on est très loin de la bible de Festy, à la couverture souple et fragile, aux pages brochées constituées d’un papier si fin qu’on dirait du papier à cigarette. Les deux bouquins affichent un prix quasi identique mais, à deux euros près, je note une très nette préférence pour celui de Folliard. De plus, chez Festy, aucune illustration, c’est d’un triste, alors qu’on ne peut en dire autant du dernier né de chez Larousse, riche d’une nombreuse iconographie. (Quoi que certains clichés sont d’une classique banalité : pas mal d’images se trouvent dans d’autres bouquins d’aromathérapie. On prend les mêmes et on recommence ?)

L’HOMME

Folliard, contrairement à Festy, n’est pas homme à s’éparpiller dans une multitude d’ouvrages qui se recoupent les uns les autres, parfois de manière fort grossière. On lui doit un ABC de l’herboristerie familiale chez Grancher entre autres. Laconique à son sujet, la quatrième de couverture nous explique en deux lignes qui il est : « Thierry Folliard est naturopathe éducateur de santé. Ancien ingénieur, diplômé d’aromathérapie, il exerce aujourd’hui dans une herboristerie parisienne ».

LE FOND

On distingue nettement trois grandes parties.

  • Généralités : origines, modes d’extraction, familles moléculaires, propriétés thérapeutiques, etc.

Petit larousse des HE p. 29 (extrait)

  • Les huiles essentielles : une cinquantaine en double-page, plus du double mais moins détaillées à la suite. On retrouve les grandes huiles essentielles classiques et archiconnues (essence de citron, huile essentielle de menthe poivrée, d’eucalyptus globuleux, etc.) qui côtoient des huiles essentielles moins courantes (saro, lentisque pistachier, katrafay…). A noter, une assez belle représentation des huiles essentielles malgaches (baie rose, famonty, gingembre papillon, iary, issa, hélichryse faradifani…) et du continent océanique (kunzéa, fragonia, manuka…).

Petit larousse des HE p. 132-133
Petit larousse des HE p. 188-189

  • Les recettes de A à Z : 167 affections répertoriées. Chacune d’elles est introduite pas un petit texte descriptif. Que nous propose-t-on ? Certaines affections n’appellent qu’une seule recette. Selon les cas, elle est plus ou moins élaborée, plus ou moins onéreuse. En revanche, pour d’autres troubles, l’auteur se fait plus prolixe. Prudent, Thierry Folliard, en tant que naturopathe, sait qu’il peut indiquer des recettes à faire soi-même : il invite donc le lecteur à les préparer lui-même à la condition expresse qu’elles se destinent uniquement à un usage externe. Il n’en va pas de même pour un usage interne, pour lequel l’auteur exprime explicitement au lecteur qu’il doit faire préparer en officine les différentes compositions.

Petit larousse des HE p. 232-233
Petit larousse des HE p. 247 (extrait)

Bon. Là on bute face à un problème logique : les recettes de l’auteur, bien qu’intéressantes, ne peuvent en aucun cas être préparées en officine sans l’aval d’un médecin aromathérapeute ayant rédigé une ordonnance. Or ce livre n’est pas une ordonnance. On peut donc imaginer dans quelle situation drastique pourra être placé une personne désireuse de faire préparer les remèdes indiqués, chose rendue d’autant plus difficile, sinon impossible, depuis la loi d’avril 2008. En effet, un pharmacien n’est plus autorisé à effectuer des compositions magistrales à la demande d’un patient. De plus, la faiblesse du nombre de pharmacies que compte l’hexagone à même de répondre à de telles demandes ne laisse que peu de choix. Le docteur Valnet se plaignait déjà du peu de pharmacies sérieuses capables d’élaborer des compositions magistrales à base d’huiles essentielles. On se rend compte que cela n’a guère évolué depuis… Pour réussir ce tour de force, il faut avoir sous la main un médecin formé à l’aromathérapie ainsi qu’une pharmacie pouvant répondre à ses ordonnances. Force est de constater que cela n’est pas donné à tous le monde et que la réunion de ces deux conditions ne concerne qu’une fraction de la population française, à grande majorité urbaine (Ce n’est pas tout à fait un hasard si Valnet exerçait à Paris et non au fin fond de la Creuse…) Ainsi, un grand nombre de ces recettes reste inutilisable en l’état. Cela donne l’impression (malheureuse) de dissuader plus que d’inciter. Un livre qui ne colle pas vraiment à la réalité du terrain (accessibilité aux prescripteurs et aux préparateurs, coût exorbitant de certaines compositions à base d’huiles essentielles non inscrites au Codex : non seulement c’est cher, mais vous ne serez même pas remboursé par la Sécurité Sociale. La santé est-elle à ce prix ?) A coup sûr, ce livre finira comme ultime référence en la matière sur l’étagère d’un « bobo » qui ne manque pas de moyens. Le gros des troupes, passez votre chemin.

Bref. Dans l’ensemble, du bon, du moins bon, quelques coquilles, inexactitudes et autres bourdes. Quelques exemples : l’image de droite, page 26, ne représente pas une hysope officinale comme indiqué dans la légende mais une espèce de sauge ; plus loin, page 30, l’image du centre n’est pas une berce du Caucase mais une angélique ; page 41, une confusion est faite entre macérât huileux et huile végétale, de même qu’à la page 43 ; page 42, le jojoba n’est pas une huile végétale mais une cire végétale ; l’auteur ne distingue pas les notions d’essence et d’huile essentielle, etc.

© Books of Dante – 2014

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Animaux-totems & Roue-médecine : les avis des lecteurs :-)

Quelques récentes chroniques portant sur mon tout dernier ouvrage ;-)

Audrey

Je vous en avais déjà parlé (pour ceux qui suivent le compte facebook, twitter ou google plus), parce que je l’ai reçu dans les premières (que voulez-vous, c’est ça de connaître l’auteur aussi. ;-)) et hop, dédicacé en plus.

Avant même d’ouvrir ce livre, plusieurs choses me viennent à l’esprit: [Lire la suite].

Gab

Ce que j’ai aimé lire et relire cet ouvrage de Gilles Gras ! Simple et accessible, il permet une approche du totémisme et du chamanisme pour tous. Que l’on soit initié ou non, les mots nous touchent et permettent de comprendre les interactions entre nos animaux totem, l’univers et nous même. [Lire la suite].

Books of Dante

Flore magique et astrologique de l’Antiquité, Guy Ducourthial

L’été dernier, j’ai découvert ce livre dans la librairie médiévale de Provins (et ouais, il y a une librairie médiévale dans la ville de la rose ^^). On peut m’objecter que le titre de l’ouvrage du jour n’a rien de médiéval. Mais tel n’est pas le sujet.

Ce riche travail aura sans doute occasionné à son auteur bien des recherches ainsi que de multiples lectures (en attestent les 30 pages de bibliographie), et mis à l’épreuve un esprit de synthèse considérable afin de faire tenir dans un tout cohérent les écrits de Dioscoride, de Pline l’Ancien, de Homère ainsi que l’ensemble des manuscrits antiques anonymes. De ce travail titanesque est né ce livre :

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Comme son nom l’indique, l’ouvrage aborde deux thèmes majeurs : les plantes magiques et les plantes astrologiques durant l’Antiquité grecque.

MAGIE : les principales pratiques magiques (cueillette, préparation, emploi) des plantes sont abordées. Au détour d’un chemin ou d’une prairie solitaire, on rencontrera sans doute Hécate ou Médée…

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Tandis que la pivoine est régie par la Lune…

ASTROLOGIE : les plantes liées aux 7 planètes et aux 12 constellations du zodiaque occupent une large place. Ces plantes, abordées d’un point de vue médicinal et magique, posent toutefois quelque difficulté : l’identification des végétaux en raison de la brièveté des descriptions livrées par les anciens manuscrits (1). On peut parfois s’interroger sur l’identité d’une plante et émettre des hypothèses que l’auteur étaie en explicitant les raisons de ses choix. Cependant, et Ducourthial en a bien conscience, on reste parfois dans le domaine de l’improbable.

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… l’épiaire officinale est placée sous le haut patronage de la Balance

Cet ouvrage n’est pas d’un abord simple, ça n’est pas une œuvre de vulgarisation. Il s’apparente davantage à une thèse, si riche qu’on ne peut en épuiser la substance en une seule lecture. Je le recommande plus particulièrement aux personnes férues d’ésotérisme et de botanique.

Seul point d’ombre : ce livre ne contient aucune illustration. Depuis, l’auteur y a remédié puisqu’on trouve sur ce site des gravures représentant la plupart des plantes rencontrées au fil de l’ouvrage.


  1. C’est, par exemple, le cas du Môlu dont l’identification est tout aussi épineuse que celle du Soma des Aryens (Rig-Véda).

Belin, 2003.
ISBN : 978-2701132860
Prix : 34,50 €

© Books of Dante – 2013

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Aromathérapie et Médecine traditionnelle chinoise

Il y a quelques mois de ça, j’ai évoqué le cas d’un petit livre (Serge Hernicot, Les huiles essentielles énergétiques) dont j’ai fait la chronique dans la bibliothèque.
Serge Hernicot, sinologue et acupuncteur de son état, connaît donc très bien la médecine traditionnelle chinoise. Il s’est inspiré des cinq éléments que sont le Feu, le Bois, la Terre, l’Eau et le Métal. Ce sont ces mêmes éléments qu’on utilise dans le cadre du Feng-Shui. Ainsi, à chacun de ces cinq éléments correspond une couleur :

1-2

Mais chaque élément est aussi lié à une saveur :

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Serge Hernicot a eu l’idée de goûter les huiles essentielles afin de déterminer leur(s) saveur(s). Ainsi, une huile essentielle amère dépend-elle du principe du Feu. C’est le cas de l’huile essentielle de cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica).

D’autres thérapeutes, Michel Odoul et Elske Miles, ont eu l’idée, de leur côté, d’associer des huiles essentielles aux méridiens que comporte le corps humain et ont porté leurs efforts sur les dix principaux : cinq paires régies chacune par un des cinq éléments de la médecine traditionnelle chinoise :

2

Lors de la lecture de leur ouvrage commun (La phyto-énergétique), on apprend que, par exemple, l’huile essentielle de niaouli (Melaleuca quinquenervia) s’inscrit dans le principe du Métal (couleur blanche et saveur piquante). Mais les huiles essentielles qu’ils abordent n’ont pas été classées au hasard parmi les cinq principes élémentaires propre à la médecine traditionnelle chinoise. C’est un résultat qui est le fruit d’une longue et soucieuse maturation déployée sur pas moins de quinze pages.
Comment en sont-ils arrivés là ? En superposant une cartographie bio-éléctronique des huiles essentielles employées et les cinq éléments, ils ont obtenu ceci :

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Dès lors, selon ce cadre de pensée, chaque huile essentielle peut, de par sa composition moléculaire, être inscrite dans le groupe du Feu, de la Terre, etc.

L’approche de Hernicot et celle d’Odoul et Miles sont intéressantes à plus d’un titre. Cependant, lorsqu’on compare leurs résultats respectifs, on se rend compte qu’ils ne concordent en aucun cas. Par exemple, Odoul et Miles placent l’huile essentielle de basilic tropical (Ocimum basilicum) dans la Terre alors que Hernicot la range dans le Métal. Même chose pour l’huile essentielle de menthe poivrée (Mentha x piperita). D’une part, on lui attribue le Métal, d’autre part le Feu.

On a un problème, là. Et je suis bienheureux d’avoir levé ce lièvre pour vous (^^). Alors, étant donné que nos auteurs se trouvent (bien malgré eux) en désaccord, je vais donc m’atteler à la tâche suivante : goûter toutes les huiles essentielles citées par Odoul et Miles, puis vérifier selon la table de correspondances s’il est possible de corriger cet écueil (ou pas !)

P. S. : vous trouverez dans ce Pdf un tableau de correspondances qui reprend les différents petits tableaux qui émaillent ce post, la liste d’huiles essentielles de Hernicot, ainsi que celle d’Odoul/Miles.

© Books of Dante – 2013

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Le langage émotionnel du corps

Couverture
Roger Fiammetti
Le langage émotionnel du corps
Guy Trédaniel éditeur
ISBN : 978-2-81320-318-2
Prix : 26 €

Cet ouvrage se présente sous la forme d’un coffret qui contient :

  • Un livret de 104 pages,
  • Un jeu de 26 fiches,
  • Une fiche récapitulative,
  • Un poster

Il est possible de comparer la colonne vertébrale à un xylophone sur les lames duquel les émotions frappent plus ou moins violemment, émettant des sons différents en fonction des vertèbres percutées. Les vertèbres peuvent aussi être considérées comme des lieux où s’inscrivent durablement une émotion. Dans le premier cas, cela pourra occasionner une douleur aiguë, dans l’autre une douleur chronique.

Roger Fiammetti nous explique que chaque vertèbre se rattache à un domaine clé. Par exemple :

  • La cervicale n° 5 : la peur de ne pas s’en sortir,
  • La dorsale n° 6 : la jalousie,
  • La lombaire n° 3 : la trahison,
  • Etc.

Fiche récapitualtive

Une vertèbre est donc le lieu d’expression et de contention d’une émotion particulière qui, selon qu’elle est plus ou moins vive, peut se traduire par une douleur localisée ou étendue. Ainsi, en traçant des passerelles entre une émotion et une vertèbre, il est possible de décoder un message émotionnel en fonction de la vertèbre affectée. Mais non seulement, puisque les vertèbres peuvent répondre à des vécus émotionnels plus anciens, une vertèbre n’en serait alors que l’ « émonctoire ».
Cela n’est pas un système qui permet de répondre à toutes les interrogations mais il est suffisamment pertinent pour être digne d’intérêt.

Chaque vertèbre est étudiée à travers une fiche construite selon le modèle suivant. Un paragraphe introductif met en avant des aspects physiologiques et/ou psycho-émotionnels. Puis l’auteur expose un ou deux exemples concrets.
Bien entendu, il est bon de conserver le recul nécessaire, les informations qui se trouvent dans ces fiches ne devant en aucun cas être strictement systématisées, mais offrent néanmoins de précieuses indications.

Le livret d’accompagnement aborde les notions de langage du corps, de symbolisme du corps humain mais également diverses autres aspects souvent méconnus ou négligés : approche somato-émotionnelle, tenségrité, fascias, plasticité cérébrale, etc.

Pour aller plus loin !

Nous savons que la plupart des chakras principaux s’étage le long de la colonne vertébrale (les seuls à ne pas être concernés sont le chakra de la couronne et celui du troisième œil). Si on localise physiquement les chakras au niveau de la colonne, nous obtenons ceci .

  • Chakra de la gorge : situé au niveau des cervicales n° 2 et n° 3 (en bleu),
  • Chakra du cœur : situé au niveau des dorsales n° 6 et n° 7 (en vert),
  • Chakra du plexus solaire : situé au niveau des lombaires n° 3 et n° 4 (en jaune),
  • Chakra sacré : situé au niveau du sacrum (en orange),
  • Chakra racine : situé au niveau du coccyx (en rouge).

Dans quelle mesure une douleur localisée au niveau d’une vertèbre en particulier peut-elle être le signe d’un trouble énergétique propre à tel ou tel chakra ? C’est une intéressante passerelle là encore. Par exemple, une lombalgie n’est-elle pas le signe physique d’un désordre propre au chakra du plexus solaire ? De même, une cervicalgie n’aurait-elle pas un petit rapport avec un dysfonctionnement du chakra de la gorge ?

Nous ne disons pas que cela est systématique mais, parfois désordre énergétique des chakras et douleurs vertébrales sont plus que liés. Bien entendu, il est bon de ne pas rester focaliser sur les seules vertèbres, puisque un chakra donné, celui du cœur, par exemple, gère d’autres zones physiques du corps, les mains, les bras, etc.

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Les Indiens, aquarelles de Karl Bodmer

Paysage du Haut-Missouri avec troupeau de bisons

Les Indiens, aquarelles de Karl Bodmer
Bibliothèque de l’image, 1996
Format : 29 x 25,5
Prix : 10 €

Ce livre condense en 96 pages la quintessence de ce que fut l’association du peintre Karl Bodmer (1809-1893) avec le prince Maximilien (1782-1867). Si ce dernier a déjà entrepris une expédition scientifique en Amérique du Sud, le premier, encore jeune à l’époque, n’aura jamais mis les pieds en dehors d’Europe avant d’arriver à Boston le 4 juillet 1832 en compagnie du prince allemand, ami de Humboldt.
Bodmer, qui sera pas la suite photographe, n’a pas employé cette technique qui n’en était alors qu’à ses balbutiements, mais sa palette et ses pinceaux afin d’élaborer des documents iconographiques et ethnographiques d’une inouïe richesse.

Wahktägeli, chef sioux yankton

Le 24 mars 1833, Bodmer et Maximilien entrent dans Saint-Louis. Là, 4000 km les attendent ; à peu de chose près, la longueur de la rivière Missouri, qui les mènera jusqu’à Fort McKenzie, au Montana. Pour Maximilien, l’objectif était de venir étudier les Indiens d’Amérique du Nord, « sur lesquels il estimait que les Anglo-saxons ne savaient à peu près rien […]. Il s’avéra qu’en Karl Bodmer il avait trouvé un peintre capable de représenter les Indiens nord-américains d’une manière incomparablement minutieuse, sans perdre pour autant de vue leur humanité, leur personnalité et leur romantique majesté ». Si minutieux que Bodmer n’omettra pas de légender ses aquarelles, mentionnant dates et lieux, ce qui, en compagnie des carnets de notes du prince, permet de restituer fidèlement des indices chronologiques et géographiques. Bodmer ira même jusqu’à inscrire le nom de chacun des Indiens qu’il peindra.
C’est à Saint-Louis que les premières rencontres indigènes ont lieu. Le périple jusqu’à Fort McKenzie se déroule en bateau à vapeur, avec tous les inconvénients que cela suppose : orages, bourrasques de vent, bancs de sable, obstacles naturels, troncs d’arbres déracinés… Plus ils remontent vers le nord, et plus ils souffrent de la faim et des dangers liés aux guerres indiennes opposant certaines des tribus qu’ils rencontrent au fil de l’eau (Sioux, Hidatsa, Mandan, Cree, Assiniboine, Atsina, Blackfeet, etc.).
Après de multiples notes et aquarelles, ils parviennent à Fort McKenzie le 10 août 1833, où ils demeurent un mois. Puis, ils s’en retourneront par le même chemin, souffriront du froid en traversant le Dakota du Nord pour, de nouveau, retrouver Saint-Louis. Le 16 juillet 1834, arrivés à New-York, ils embarquent pour l’Europe.

Mih-Tutta-Hang-Kush, village mandan

La plus belle réussite de Bodmer « fut une vue de femmes transportant des fagots sur le fleuve Missouri recouvert de glace,
un jour où le thermomètre indiquait – 46° C et où ses couleurs gelaient à répétition ».

Une seule critique. Page 22. La fin de la préface mentionne une erreur de taille quand il est dit ceci : « nommé empereur du Mexique, Maximilien eut une fin tragique : il fut fusillé en 1867 à Quérétaro ». Il y a effectivement erreur sur la personne, puisque le compagnon de Bodmer, même s’il est également mort en 1867, était un prince allemand, et non pas autrichien comme ce fut le cas de Maximilien Ier empereur du Mexique (1832-1867).

Site sacré mandan

© Books of Dante – 2013

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