L’argile (partie 1) : où, quand, quoi, propriétés ?

1. L’argile : où et quand ?

Elle est connue depuis des millénaires, si l’on en croit d’anciens papyrus égyptiens. Il y a 5 000 ans de cela, les médecins égyptiens utilisaient de l’ocre jaune – variété d’argile – afin de soigner une multitude de maux. Les embaumeurs s’en servaient pour la conservation des corps, non sans l’avoir additionnée d’huiles essentielles.
En Grèce, on l’appelait « terre de Lemnos » où Galien se rendit afin d’en constater les effets à travers des cas de dysenterie, intoxications, hémorragies et autres troubles digestifs. Quant à Pline l’Ancien, il évoque une terre blanche se situant près de Naples.
L’usage de l’argile est attesté de façon quasi universelle (Hildegarde de Bingen, Marco Polo, Avicenne, etc.) en de multiples endroits (Afrique, Himalaya, etc.)
Au XIX ème siècle pourtant, elle est en butte aux progrès de la médicamentation chimique. Cependant, des personnalités comme l’Abbé Kneipp surent lui rendre ses lettres de noblesse. Ce dernier sut en venter toutes les vertus après observation de cas de guérison par l’argile sur des animaux malades. Par la suite, il adapta cette thérapie à l’homme. D’autres que lui prospectèrent dans cette voie : Louis Kühne, Adolf Just, Julius Stumpf, le pasteur Felke, etc.
Au début du XX ème siècle, on mélange l’argile à de la moutarde destinée aux soldats français de la Première Guerre Mondiale afin d’éviter des cas de dysenterie, ce qui eut des effets positifs.
Plus tard, bien qu’injustement qualifié de « remède de bonne fame », l’argile a su retrouver une certaine notoriété grâce aux travaux de Raymond Dextreit, entre autres.

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2. L’argile : c’est quoi ?

On distingue l’argile d’altération rocheuse (granit, etc.) de l’argile issue de la sédimentation. Chimiquement, les argiles sont des silicates d’alumines hydratés qui contiennent des éléments minéraux multiples, lesquels sont responsables des différentes couleurs des argiles.

  • Argiles riches en silice et alumine : kaolinite, dicktite, halloysite, montmorillonite (de Montmorillon, en France ; également appelée : terre à foulon, terre de Sommières, terre de Carpentras, bentonite, etc.), pyrophyllite, illites

  • Argiles riches en silice et magnésium : antigorite, saponite, talc, vermiculites, sépiolite, attapulgite

  • Argiles riches en silice et fer : nontronite, glauconite

Les argiles les plus courantes en thérapie sont les quatre suivantes : la montmorillonite, la kaolinite, les illites et l’attapulgite. S’y ajoute le rhassoul en cosmétique.

3. L’argile : propriétés ?

  • Absorption : il s’agit là du fameux effet « pompe » de l’argile.
  • Adsorption : capacité qu’à l’argile de fixer et de neutraliser toxines et autres alcaloïdes.
  • Radioactivité : l’argile est capable d’agir sur les radiations nocives. Raymond Dextreit avance qu’il « semble que l’argile possède la propriété de stimuler la radioactivité des corps sur lesquels elle est appliquée si celle-ci est déficitaire, ou d’absorber celle en excès ».
  • Antibactérien.

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A. Montmorillonite (la fameuse verte, mais parfois bleue ou blanche) : il s’agit là d’une argile de qualité supérieure qui n’a rien à voir avec les autres argiles vertes, d’où sa prépondérance en thérapie. Elle est désintoxiquante, minéralisante et absorbante. On l’utilise sous forme de cataplasme, eau argileuse, bain de bouche, dentifrice, etc. Elle est communément utilisée pour traiter les affections suivantes : abcès dentaires, carie, autres problèmes de dents et de gencives / asthme, angine, maux de gorge, bronchites, rhume, sinusite / ulcères stomacaux, gastrite, gastro-entérite, vers intestinaux / verrues, brûlures, zona / fatigue générale, asthénie / fibrome, kyste ovarien / maux de tête / cystite / entorses, lumbago / transpiration excessive.

B. Kaolinite (blanche) : cette argile-là s’utilise en cataplasme, emplâtre, masque. Elle possède des vertus antibactériennes, anti-inflammatoires, cicatrisantes et désintoxiquantes. On l’utilise dans les cas suivants : protection des muqueuses gastrique et intestinale, fermentation intestinale constipation, diarrhée, intoxications alimentaires, colites / métrites, vaginites, leucorrhée / rougeur de fesses chez les bébés (en lieu et place du talc) / odeurs corporelles.

C. Attapulgite (blanche, verte, rouge vif) : grand pouvoir adsorbant. En cas de : pansements gastriques, ulcères d’estomac, colites, gastrite, gastro-entérite, diarrhée.

D. Illites : absorbantes. Particulièrement en cataplasme. Pour les affections suivantes : abcès, furoncles, ulcérations, panaris, eczéma, psoriasis, dermatoses / asthme, bronchite, rhume, sinusite / troubles digestifs, gastrite, gastro-entérite / contusions, entorses, foulures, plaies, blessures, brûlures / rhumatismes, arthrose / impuretés et toxines / fibrome, kyste ovarien /maux de tête / otites, douleurs d’oreilles / cystite / problèmes dento-gingivaux.

Dans la seconde partie de cet article, nous aborderons les différentes manières d’utiliser l’argile, tant par voie interne qu’externe. Seront évoqués également les autres usages domestiques de l’argile ainsi que les précautions d’emploi.

© Books of Dante – 2014

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