Le symbolisme des couleurs

A mon initiative, je me permets de poster ici un petit extrait d’un futur livre portant sur le sujet de la chromothérapie qui, si les dieux sont cléments, devrait sortir en 2014 ^^

spectre

Dans les pages qui suivent (elles suivront bientôt, en 2014), nous allons aborder un certain nombre de couleurs dont l’ordonnancement ne doit rien au hasard. En effet, ce rangement chromatique procède de la volonté de mettre en évidence une ligne directrice sensée, témoin de notre pensée. Tout comme Platon l’expose à travers sa célèbre allégorie de la caverne, nous passerons du noir au blanc, puisque « la couleur blanche devait être le symbole de la vérité absolue, de celui qui est ; elle seule réfléchit tous les rayons lumineux ; elle est l’unité d’où émanent les couleurs primitives et les mille nuances qui colorent la Nature »1. Cela n’est pas sans évoquer non plus la fameuse œuvre au blanc alchimique durant laquelle « la couleur noire donnait naissance à l’ensemble des couleurs (« la queue du paon »), qui se fondaient ensuite dans une couleur blanche unique, l’albédo »2.

Du noir au blanc, du Nadir au Zénith, la route est longue. Elle prend racine dans la valeur chthonienne qu’est la Terre. Du reste, « l’homme de glaise, l’homme rouge (dit le Terreux), n’est-il pas l’Adam, l’homme des origines »3, c’est-à-dire une créature encore informe, imparfaite, à la façon des statuettes qui hantent la caverne de Platon ? C’est ainsi qu’à la suite du noir, nous trouverons le rouge, couleur propre au chakra de la racine, un chakra proche de la Terre mais qu’on ne retrouve pas à cette place dans l’arc-en-ciel puisqu’il est situé au faite de l’arc. Rouge et infrarouge sont dotés de faibles intensités de vibrations. Puis, plus nous progressons dans le spectre, et plus les intensités augmentent pour culminer avec le violet et, plus loin encore, avec le rayonnement ultraviolet qui vibre si rapidement que la couleur en devient imperceptible.

arc

Ceci étant, cette progression ne doit pas faire oublier l’ambivalence propre à chaque couleur. Dire d’emblée que le noir, contrairement au blanc, est une mauvaise couleur serait excessif et inexact. Le symbole du Tao, disque noir et blanc, est là pour nous rappeler qu’il y a toujours de l’obscurité dans la lumière et vice-versa. Que l’une ne peut exister sans l’autre, qu’elle en dépend même. « L’équilibre du monde, la syncrasie n’est assurée que par l’opposition harmonieuse de ses constituants, par l’analogie des contraires »4. C’est pourquoi, lorsqu’on se penche sur le symbolisme des couleurs, il est possible de trouver tout et son contraire. Comment comprendre des oppositions aussi franches, comme celle qui fait du jaune une couleur impériale en Chine alors qu’elle est symbole de tromperie en Europe ? « Ces différences peuvent s’expliquer par le fait que les symboles utilisés pour représenter les énergies archétypales sont liés aux capacités de création, limitées, de l’être humain »5. Deux personnes qui observent le même objet peuvent avoir une sensation différente. C’est pour cette raison qu’on ne peut ériger une valeur symbolique de manière universelle, puisque cette valeur ne pourrait s’appliquer en toutes circonstances. Les facteurs naturels et environnementaux y sont pour beaucoup. Par exemple, les Inuits possèdent un champ lexical vaste pour décrire la neige (une douzaine de termes différents) selon les diverses qualités qu’elle peut présenter, alors qu’une personne qui ne voit tomber la neige qu’à Noël n’y verra que du blanc.

Avant de faire défiler le spectre, laissons, une fois encore, la parole à David Fontana : « les couleurs sont un des aspects de notre vie quotidienne où le symbolisme est le plus immédiatement apparent, car elles agissent directement sur nos émotions et ont le pouvoir de nous apaiser, de nous réjouir ou de nous attrister. Les psychologues pensent que l’impact des couleurs sur notre esprit résulte du fait que nous les associons instinctivement à celles de la Nature (bleu ciel, rouge sang, etc.), tandis que les occultistes avancent des hypothèses plus ésotériques […] Au niveau le plus profond, chaque couleur symbolise une des énergies de la vie »6.

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1. Frédéric Portal, Symbolique des couleurs, Des couleurs symboliques dans l’Antiquité, le Moyen-Âge et les Temps Modernes, p. 35.
2. David Fontana, Le langage secret des symboles, p. 149.
3. Nicole Maymat, Perceval le Gallois, p. 176.
4. Léon Vannier, Médecine officielle et médecines hérétiques, p. 81.
5. David Fontana, Le langage secret des symboles, p. 18.
6. Ibid. p. 66.

© Books of Dante – 2013

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Le symbolisme du orange

Dans l’absolu, le orange est le fruit de l’union du jaune et du rouge. Mais ce sont leur proportion relative qui font du orange soit du vermillon (dominance de rouge), soit du jaune d’or (dominance de jaune). C’est pour cette raison que le orange présente un spectre de vibrations qui s’étend de 470 à 520 trillions par seconde.

Point d’union entre l’or céleste et le rouge chthonien, le orange est une couleur énergique, stimulante, amicale, conviviale, bavarde même ! Spontanéité est l’un de ses nombreux deuxièmes prénoms. Bon, vous l’avez compris, le orange est une couleur vivifiante qui symbolise autant l’espoir que la fertilité/fécondité, en lui on peut entrevoir nouveau départ, amour, joie et guérison. Parce que c’est cela que le orange applique sur le psychisme, de par son dynamisme il apporte un regain de jouvence et de curiosité pour tout ce qui est nouveau. En lui siègent les énergies créatrices et les pulsions instinctives. On dit de lui qu’il favorise le bien-être général, c’est-à-dire l’euphorie qui est, contrairement à ce qu’on pense abusivement, un sentiment de bien-être mêlé à un épanouissement tant physique que spirituel.

Ce n’est donc pas tout à fait un « hasard » si cette couleur est liée à un chakra particulier, le sacré, dont les maîtres mots sont : créativité, fécondité, sécurité, instinct, association, couple, convivialité, honnêteté, esprit d’équipe, plaisir, expression des émotions, etc.

L’on voit donc aisément la passerelle existant entre la couleur orange et le chakra sacré qui est lui-même lié à l’élément Eau, l’eau dont la juste prodigalité n’a plus rien à prouver en terme de fécondité et de fertilité. A ce titre, les Amérindiens ne s’y sont pas trompés. Perspicaces, ils ont associé cette idée de fertilité à la citrouille qui, de par sa rotondité et l’eau qu’elle contient en grande quantité, n’est pas sans évoquer le ventre de la femme enceinte, et dont les graines, pourvoyeuses de vie, sont utilisées en thérapie (on en extrait une huile végétale) au niveau de la sphère génito-urinaire, zone physique du corps dont le chakra sacré a justement la charge ! La voyez-vous cette boucle qui vient d’être rondement bouclée ? ^^

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Le orange représente le juste équilibre entre l’esprit et la libido, désir d’amour. De la même façon que le chakra sacré joue le rôle de pivot entre le chakra racine et le plexus solaire.

D’une part, il est normal que le voile qu’offrit Virgile à Hélène présente cette couleur orangée, de la même façon qu’il est également normal que le flammeum, voile dont s’enveloppaient les fiancées de l’Antiquité romaine, soit tout autant orange. Plus près de nous, les jeunes épouses médiévales portaient une robe vermeille… Autre passerelle : considérons l’orange en tant que fruit. Elle est, « comme tous les fruits à nombreux pépins, un symbole de fécondité. Au Vietnam, on faisait autrefois présent d’oranges aux jeunes couples. Dans la Chine ancienne, probablement pour la même raison, l’offrande d’oranges aux jeunes filles signifiait une demande en mariage » (1).

D’autre part, si l’on verse davantage du côté de l’esprit propre au orange, on retrouve cette couleur safranée à travers les robes des bonzes bouddhistes ainsi que sur la croix des chevaliers du Saint-Esprit.

Enfin, l’on retrouve ces deux dimensions que sont le spirituel et les notions de désir et de plaisir à travers les Muses, filles de la Terre et du Ciel (impossible de ne pas voir, là encore, une référence au rouge chthonien de la racine et au jaune solaire du plexus !) qui à l’instar de nos bonzes hommes sont également parées de… safran !

Il semble donc peu utile de privilégier l’un ou l’autre de ces deux aspects mais, bien plutôt, de rechercher un équilibre entre les deux tant il est vrai que la prédominance de jaune dans le orange peut tourner au délire mystique alors que l’inverse – trop de sang dans le orange – peut faire tomber dans la luxure, laquelle n’a alors plus grand chose à voir avec l’expression d’une libido saine et sans vices. Alors, le risque serait grand de passer du goût de vivre au dégoût de vivre. « Cet équilibre, selon les traditions qui remontent au culte de la Terre-Mère, était recherché dans l’orgie rituelle qui était censée amener à la révélation et à la sublimation initiatique » (2). Mais, comme le souligne William Berton, « cet équilibre est fragile. Quand il est rompu, le orange peut devenir symbole d’infidélité, de luxure, ou de sexualité débridée » (3). Éclairé de trop de lumière, chargé d’énergie yang ou obscurci pas trop de noir, d’énergie yin donc, le orange se dénature à la manière de la hyacinthe qui se décolore si on la chauffe. C’est pourquoi, dès lors qu’il perd sa teinte franche qui combine harmonieusement autant de yin que de yang, l’orange abandonne ses capacités élevées et tombe dans le vice.

Nous avons dit plus haut que le orange était couleur de convivialité. S’il force sur le yin, il deviendra timidité et réclusion. Au contraire, s’il est allongé de yang, cette convivialité confinera à l’extraversion parfois ridicule qu’on trouve chez les sans-gêne.

La voie médiane du orange est donc composée d’autant de yin que de yang, d’autant de rouge que de jaune. Car il importe peu qu’un chakra sacré diffuse et absorbe bien, encore faut-il s’attarder sur la qualité de l’énergie qu’il canalise. Pour cela, différents moyens sont mis à notre disposition :

  • Les pierres : calcite orange, opale de feu, citrine, topaze impériale, etc.

  • Les huiles essentielles : santal blanc, ciste ladanifère mais également genévrier commun, myrte vert, laurier noble, menthe poivrée, romarin officinal à 1-8 cinéole, sauge sclarée, vétiver, etc.

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  1. Chevalier, Jean & Gheerbrant, Alain, Dictionnaire des symboles, Robert Laffont, 1982., p. 708.

  2. Ibid. p. 708.

  3. Berton, William, La couleur énergie, santé et lecture du corps par la couleur, Éditions Colorscope, 1997, p. 41.

© Books of Dante – 2013

Le symbolisme du violet

Le violet porte en lui de multiples symboliques. Il peut être, tour à tour, symbole de chagrin, de deuil religieux comme de noblesse.

Couleur rare à l’état naturel, couleur secondaire, pour peu qu’on sache qu’elle se compose de deux parts de magenta pour une part de cyan, elle peut nous en dire beaucoup sur elle.

Tout comme nous l’avions fait pour le symbolisme du noir, venons-en à nous pencher sur l’arcane qui suit la Mort dans le Tarot de Marseille, la lame XIIII, la Tempérance :

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Nous y voyons un ange tenant dans chacune de ses mains une vasque rouge et une vasque bleue. Le rouge est puissant, symbole d’action, il implique une certaine force de par son caractère martien. Au contraire, le bleu, tout en sagesse vénusienne, autorise une certaine douceur.

Et c’est cet équilibre entre le rouge chthonien et le bleu cosmique que la lame XIIII nous indique, c’est-à-dire la tempérance, autrement dit, modération et sobriété. C’est donc l’alliance des sens et de l’esprit, de la passion et de l’intellect, de l’amour et de la sagesse, etc. Le violet, bien qu’invisible sur cette lame, quand bien même les deux fluides s’unissent, semble être le résultat d’une transfusion spirituelle. Si cette couleur apparaît en guise de mystère, c’est très certainement parce qu’elle est la couleur du secret. En son sein « va s’accomplir l’invisible mystère […] de la transformation ». Raison pour laquelle le violet peut revêtir un fort pouvoir initiatique. Un rapport avec le pouvoir spirituel et magique, s’entend, étant une couleur de transmutation permettant d’atteindre la blancheur. A ce titre, le violet est une couleur permettant de faire accéder la conscience à de hautes sphères, il n’est donc pas étonnant que le chakra de la couronne soit lié à cette couleur précisément.

On retrouve l’alliance du rouge et du bleu sur une enluminure qui se trouve dans l’édition de Perceval le Gallois datant de 1997. La voici. Observons bien la disposition des couleurs bien loin d’être placées au hasard.

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Perceval – en rouge – est alors guerrier. On retrouve donc bien ici le symbole de Mars. Face à lui, Gornemant de Goort, va procéder à l’adoubement de Perceval, autrement dit le faire chevalier. Remarquons maintenant le bleu dans les hauteurs de la nef, un bleu qui donne à la scène le calme qu’une telle cérémonie requiert. « Désormais, il est un initié. Il est un homme complet, à la fois expérimenté dans la connaissance de soi-même et connaisseur des mystères de l’intériorité ».

Et c’est cela, la noblesse du chevalier, l’idée de devoir douloureux, de sacrifice mais également la signature de sa grandeur, même s’il est vrai qu’à travers cela le violet est couleur d’apaisement puisque l’ardeur du rouge – ici le tempérament guerrier de Perceval – s’y dilue. Le violet est donc symbole d’obéissance – sinon d’obédience – et de docilité. C’est d’autant plus vrai à bien considérer l’adoubement qui faisait du chevalier le vassal du seigneur. Obéissance et docilité, on retrouve ces deux notions dans la couleur de la robe de l’évêque dont l’étymologie nous apprend dans quelle mesure ce personnage peut être un modérateur.

Dans l’édition de Perceval le Gallois illustrée par Heraclius (Jean-Luc Leguay), sur aucune des enluminures présentes nous ne trouvons la couleur violette quand bien même le mot « violet » est mentionné dans le texte de Chrétien. Hormis cette ultime enluminure qui clôture l’ouvrage de Chrétien de Troyes :

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Nous y voyons Perceval portant une tunique non pas rouge mais pourpre [1]. Il tient le Graal dans sa main droite, à ses côtés la lance qui saigne et la Sainte-Eponge.

Perceval parviendra-t-il à utiliser le Graal à bon escient ? Se parera-t-il un jour de violet ? Nous ne le saurons pas, cette couleur, cette pourpre, indique un certain inaccomplissement dans la quête de Perceval narrée à travers ce roman médiéval également inaccompli parce qu’inachevé par Chrétien de Troyes. Décidément, ce violet est bien mystérieux… ^^

[1] Petit clin d’œil à ceux qui s’intéressent à l’héraldique : pourpre signifie violet dans l’art des blasons.

Sources :

Le langage secret des symboles, David Fontana, Éditions Solar, 1994.

Dictionnaire des symboles, Jean Chevalier & Alain Gheerbrant, Robert Laffont, 1982.

Perceval le Gallois, Chrétien de Troyes, Éditions Ipomée-Albin Michel, 1997.

Signes et présages dans la vie quotidienne, Jean-Louis Victor, Éditions De Vecchi, 1997.

L’univers des cristaux, Jennie Harding, Le courrier du livre, 2007.

ABC de la radionique, Michel Grenier, Grancher, 2006.

©  Books of Dante – 2012

Le symbolisme du noir

Jéroboam avait pour mère une veuve.

Elle dit en son cœur : je ne suis pas veuve,

Je suis noire mais je suis belle.

S’il n’existe aucune plante aux fleurs noires dans la Nature, ça n’est pas pour rien. Si l’on sait la capacité du noir à absorber la chaleur, on comprendra aisément que les plantes cherchent leur propre bien-être en arborant des fleurs clairs parce que leur intérêt n’est pas de se brûler les ailes, bien au contraire.

De là à en déduire que la couleur noire est forcément négative, il n’y a qu’un pas que nous nous refusons de franchir allègrement.

Chaque couleur représente une énergie vitale, en cela le blanc et le noir n’y font pas exception. Ainsi, selon les traditions, le noir a-t-il été associé à la Mort, comme le blanc d’ailleurs.

L’Occident alloue au noir une connotation malsaine et irréfléchie, irrationnelle presque. Elle est donc, cette ineffable noirceur, symbole de mort, de condamnation, de renoncement face aux vanités terrestres. Elle renvoie aux dangers que représentent les forces hostiles, aux peurs profondes et insondables. Symbole du mal également, c’est elle qui peint les avatars du Malin et des sorcières que sont chat noir, chauve-souris et autre corbeau.

Pour l’Occident, le noir est donc résolument néfaste. Chthonien, il représente le monde souterrain du caveau qui évoque la lourdeur et la stagnation, ainsi que la stérilité [selon l’héraldique médiévale, le noir porte le nom de sable].

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Perceval face aux dangers que représente sa condition d’homme privé de mémoire

En Inde, le noir conserve bien certains de ces aspects. Symbolisant le temps, le noir est couleur de Kali, destructrice des formes et des couleurs. Alors que chez les Égyptiens antiques, on observe une certaine ambivalence sur la valeur accordée au noir. Couleur de la fécondité et de la renaissance d’une part, il n’en reste pas moins, d’autre part, que la colombe noire représentait la femme qui restait veuve jusqu’à la fin de sa vie, le noire représentant ici « l’éros frustré et la vie niée ».

Cependant, si l’on quitte ces noirs territoires et que l’on cherche au-delà de ce que le noir cherche apparemment à nous faire voir [selon l’optique ci-dessus entrevue, pas grand-chose à dire vrai… :D], nous pouvons nous arrêter un moment sur l’arcane XIII du Tarot de Marseille, la Mort :

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Après un cycle de douze, le renouvellement est à l’œuvre par le biais de la faucheuse. Le noir, en tant que valeur chthonienne, représente davantage le ventre de la Terre-Mère, le lieu ou s’opère la régénération du monde diurne, l’humus – terreau fertile – duquel émergera la plante qui cherchera alors le blanc de la lumière solaire.

Cette symbolique, nous la retrouvons également du côté des traditions amérindiennes pour lesquelles l’obscurité est reconnue comme un lieu d’initiation et de changement. C’est ce que l’on retrouve dans la cérémonie de l’inipi qui se déroule dans une tente à sudation, lieu obscure visant à la purification.

[Cette obscurité] « favorise l’émergence du pouvoir intérieur personnel provenant de la confrontation avec la peur. Ces traditions enseignent que le moi que nous pensons être au quotidien, n’est qu’un ensemble de croyances que nous avons forgé, notamment à cause de nos réactions émotionnelles remontant à l’enfance »[Jennie Harding, op. Cité, p. 204]. La peur du noir, quand cela n’est pas celle du loup, est emblématique à ce titre.

Pour les alchimistes, l’œuvre au noir est l’étape qui précède l’œuvre au blanc. L’œuvre au noir est dissolution. Considérons les trois couleurs primaires que sont le magenta, le bleu cyan et le jaune primaire. Mélangeons-les à parts égales. Nous obtiendrons une couleur très proche du noir mais qui n’en est pas. Il s’agit d’un noir dans lequel subsistent quelques traces de blanc, à l’image de la partie Yin du fameux symbole que nous connaissons bien.

Maintenant, considérons à nouveau ces trois mêmes couleurs primaires à l’aide desquelles nous fabriquerons un disque chromatique formé de trois secteurs de 120° chacun. Remplissons chacun des secteurs par l’une des couleurs primaires. Faisons tourner selon l’axe notre disque chromatique. Les trois couleurs se mélangent, non pas pour donner du noir, mais un blanc, un blanc qui n’est pas parfait, un blanc dans lequel subsistent quelques traces de noir, ce qui, bien entendu, n’est pas sans évoquer l’autre partie – Yang, cette fois – du même symbole.

Ces deux expériences mettent surtout en lumière le fait que le blanc parfait n’est qu’une illusion, que le noir parfait n’est, lui aussi, qu’une illusion.

Pour Reynald Boschiero, le noir est la couleur de la conscience. « Protectrice et rassurante, elle absorbe la lumière mais la garde en son sein, nous dit-il avant de poursuivre ainsi : profonde, épaisse, […] ses ténèbres recèlent un trésor ». A l’image d’une pépite dans une gangue. Ce qui n’est pas sans évoquer l’une des lames de l’oracle de la Triade qui porte à merveille son nom : Nadir. Tant il est vrai qu’aller au charbon est l’une des façons de connaître mieux son Zénith.

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Œuvre au noir, charbon, Boschiero… Le lien est assez évident : un grand nombre de pierres de protection sont noires ! Schorl, obsidienne noire, onyx, spinelle noir, shungite et j’en passe. Et là, étrangement, la couleur noire de ces pierres n’effraie pas leurs porteurs ^^

Le noir peut donc être de bon conseil. N’est-ce pas du silence de la nuit qu’émanent les rêves et les songes qui permettent de mettre en lumière certains aspects de la vie diurne ? ^^

Sources :

Symboles et signes, origines et interprétations, Miranda Bruce-Mitford & Philip Wilkinson, Larousse, 2009.

Le langage secret des symboles, David Fontana, Éditions Solar, 1994.

Dictionnaire des symboles, Jean Chevalier & Alain Gheerbrant, Robert Laffont, 1982.

Dictionnaire des superstitions et des croyances populaires, Pierre Canavaggio, Rombaldi, 1977.

Perceval le Gallois, Chrétien de Troyes, Éditions Ipomée-Albin Michel, 1997.

Oracle de la Triade, Dominike Duplaa, Éditions du Gange, 1998.

Signes et présages dans la vie quotidienne, Jean-Louis Victor, Éditions De Vecchi, 1997.

L’univers des cristaux, Jennie Harding, Le courrier du livre, 2007.

Le guide des pierres de soins, Reynald Boschiero, Éditions Vivez Soleil !, 1999.

Conseils et guide d’achat pour bien choisir vos pierres, cristaux et minéraux, Reynald Boschiero, Éditions Vive Valèque, 2010.

Dante