Les Indiens, aquarelles de Karl Bodmer

Paysage du Haut-Missouri avec troupeau de bisons

Les Indiens, aquarelles de Karl Bodmer
Bibliothèque de l’image, 1996
Format : 29 x 25,5
Prix : 10 €

Ce livre condense en 96 pages la quintessence de ce que fut l’association du peintre Karl Bodmer (1809-1893) avec le prince Maximilien (1782-1867). Si ce dernier a déjà entrepris une expédition scientifique en Amérique du Sud, le premier, encore jeune à l’époque, n’aura jamais mis les pieds en dehors d’Europe avant d’arriver à Boston le 4 juillet 1832 en compagnie du prince allemand, ami de Humboldt.
Bodmer, qui sera pas la suite photographe, n’a pas employé cette technique qui n’en était alors qu’à ses balbutiements, mais sa palette et ses pinceaux afin d’élaborer des documents iconographiques et ethnographiques d’une inouïe richesse.

Wahktägeli, chef sioux yankton

Le 24 mars 1833, Bodmer et Maximilien entrent dans Saint-Louis. Là, 4000 km les attendent ; à peu de chose près, la longueur de la rivière Missouri, qui les mènera jusqu’à Fort McKenzie, au Montana. Pour Maximilien, l’objectif était de venir étudier les Indiens d’Amérique du Nord, « sur lesquels il estimait que les Anglo-saxons ne savaient à peu près rien […]. Il s’avéra qu’en Karl Bodmer il avait trouvé un peintre capable de représenter les Indiens nord-américains d’une manière incomparablement minutieuse, sans perdre pour autant de vue leur humanité, leur personnalité et leur romantique majesté ». Si minutieux que Bodmer n’omettra pas de légender ses aquarelles, mentionnant dates et lieux, ce qui, en compagnie des carnets de notes du prince, permet de restituer fidèlement des indices chronologiques et géographiques. Bodmer ira même jusqu’à inscrire le nom de chacun des Indiens qu’il peindra.
C’est à Saint-Louis que les premières rencontres indigènes ont lieu. Le périple jusqu’à Fort McKenzie se déroule en bateau à vapeur, avec tous les inconvénients que cela suppose : orages, bourrasques de vent, bancs de sable, obstacles naturels, troncs d’arbres déracinés… Plus ils remontent vers le nord, et plus ils souffrent de la faim et des dangers liés aux guerres indiennes opposant certaines des tribus qu’ils rencontrent au fil de l’eau (Sioux, Hidatsa, Mandan, Cree, Assiniboine, Atsina, Blackfeet, etc.).
Après de multiples notes et aquarelles, ils parviennent à Fort McKenzie le 10 août 1833, où ils demeurent un mois. Puis, ils s’en retourneront par le même chemin, souffriront du froid en traversant le Dakota du Nord pour, de nouveau, retrouver Saint-Louis. Le 16 juillet 1834, arrivés à New-York, ils embarquent pour l’Europe.

Mih-Tutta-Hang-Kush, village mandan

La plus belle réussite de Bodmer « fut une vue de femmes transportant des fagots sur le fleuve Missouri recouvert de glace,
un jour où le thermomètre indiquait – 46° C et où ses couleurs gelaient à répétition ».

Une seule critique. Page 22. La fin de la préface mentionne une erreur de taille quand il est dit ceci : « nommé empereur du Mexique, Maximilien eut une fin tragique : il fut fusillé en 1867 à Quérétaro ». Il y a effectivement erreur sur la personne, puisque le compagnon de Bodmer, même s’il est également mort en 1867, était un prince allemand, et non pas autrichien comme ce fut le cas de Maximilien Ier empereur du Mexique (1832-1867).

Site sacré mandan

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Confiture de baies de sureau noir

Le sureau noir est un petit arbre de nos campagnes particulièrement prodigue avec ses fruits, de petites baies noirâtres qui s’épanouissent en grappes au mois d’août. Voilà qui tombe bien, nous y sommes !

Sureau - 4-bis

Je vous livre ici une petite recette simple à réaliser et qui s’écarte volontairement de ce que l’on peut trouver par ailleurs en beaucoup plus compliqué. Cette recette, pour l’avoir réalisée plusieurs fois, a fait ses preuves et j’en ai toujours été satisfait.

Préliminaires : on ramassera les baies grappe par grappe, c’est plus pratique. Une fois arrivé à la maison, on égrenera les grappes puis on lavera à grande eau les baies de sureau, puis on les fera égoutter soigneusement. Selon la quantité, on les placera dans un saladier adapté au volume de baies. Un saladier que l’on aura préalablement pesé à vide. Une fois plein de baies, on pèse le tout à nouveau et on fait une soustraction afin de connaître le poids total de baies. C’est important, cela va permettre de déterminer la part de sucre. La règle est simple : il faut deux fois moins de sucre qu’on a de baies. Ainsi donc, 0,5 kg de sucre pour 1 kg de baies. Une fois la quantité de sucre calculée et pesée, on la verse sur les baies de sureau et on laisse l’ensemble tel quel pendant au moins douze heures.

Développement : grâce à l’humidité contenue dans les baies, le sucre aura formé une croûte, c’est normal. Faites chauffer une marmite conséquente, cassez la croûte (ah, ah !) de sucre, prélevez quelques louches de baies et faites les « revenir » à vif dans le fond de la gamelle. Quelques instant seulement, il ne faut pas que ça crame le fond de la cocotte. Il va de soi qu’on se tiendra en alerte près du feu et qu’on retournera les baies à la spatule. Quand un jus de couleur bordeaux se forme, baissez le feu. Versez maintenant le reste du mélange baies + sucre dans votre marmite, touillez d’un bon coup de spatule, égalisez la surface de cette même spatule et couvrez d’eau à hauteur. Additionnez le tout de jus de citron et d’agar-agar si vous en avez, ce dernier permettant – par son haut pouvoir gélifiant – une fois la confiture cuite de se « tenir ». En effet, les baies de sureau contiennent trop peu de pectine pour se faire. Là, vous pouvez relancer le feu, pas trop fort non plus, il faut que ça mitonne et moutonne. En cours de cuisson, on prendra soin de mélanger quelque peu le tout. Et d’ajouter un peu d’eau si cela s’avère nécessaire.
C’est le test de l’assiette qui vous permettra de constater si votre confiture est prête ou non. Ce test, très simple, consiste à déposer quelques gouttes de votre confiture sur une assiette. Si elles ne s’écoulent pas, c’est que la confiture est prête à être mise en pot.

Voilà, je crois que c’est tout. Si vous avez des questions, n’hésitez pas ^^

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Les plantes, les hommes et les dieux (Michèle Bilimoff)

Michèle+Bilimoff+couverture

Les plantes, les hommes et les dieux
Michèle Bilimoff
Éditions Ouest-France, 2006
128 pages, 15,90 €

Ce qui saute aux yeux d’emblée lorsqu’on ouvre ce grand format (26 x 19), ce sont les nombreuses illustrations de qualité dont près d’une trentaine de pleine-page. Si un certain nombre de documents iconographiques contenus dans cet ouvrage sont relativement connus (L’homme zodiacal, l’été d’Arcimboldo, Prométhée dérobant le feu céleste), il est notable qu’un bon quart des illustrations émanent de la BnF, ce qui permet d’avoir accès à certains trésors qu’un tel institut recèle.

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Les sources sont solides (Jacques Brosse, Jean-Marie Pelt, Michel Pastoureau, Guy Ducourthial, etc.) et font honneur à de véritables et profonds connaisseurs des plantes. Au total, une cinquantaine de plantes sont abordées et l’on peut remarquer de grandes absentes telles la sauge et l’hysope. « Avec les plantes, les hommes et les dieux, Michèle Bilimoff mène une enquête sur le rôle majeur confié aux plantes, quelles que soient les croyances, les époques ou les régions du monde : celui de messagères entre les humains et les puissances célestes ». On regrettera que les Amériques aient été oubliées dans ce tour d’horizon (mise à part la mention faite du maïs).

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Enfin, remarque anecdotique : en quoi des plantes telles que la mandragore, le ginseng, la vigne et le lierre font-elles partie des arbres fruitiers ? C’est la seule chose aberrante qu’il m’a été donné de remarquer lors de ma première lecture de l’ouvrage, en diagonal. Enfin, malgré ce problème qui tient davantage d’un souci de nomenclature erroné, une chose est claire : Michèle Bilimoff sait écrire un bouquin, pas de doute à ce sujet. Le style est souple et clair, et le corps du texte recèle quelques pépites qu’on ne trouve généralement pas dans nombre de bouquins traitant peu ou prou du même sujet. Non seulement, l’auteur sait écrire mais elle a également pas mal lu pour offrir un résultat de cette qualité.

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Confréries des rêveurs chez les Sioux Lakota

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Afin de compléter agréablement l’article que j’ai posté il y a peu sur la question de l’importance du rêve chez les Sioux Lakota, je propose à la lecture un petit pdf sur la question. Plus exactement, l’article dont il est question cherche à mettre en évidence les liens existant entre confréries guerrières et confréries de rêveurs. Et l’auteur, Dominique Aujollet, y parvient de manière excellente. Il y est également question de la distinction entre rêve et quête de vision, un autre aspect que j’aborde dans mon troisième ouvrage, Animaux-totems & Roue-médecine. Bonne lecture !

Aujollet, Dominique, Confréries guerrières et confréries des rêveurs chez les Sioux Lakota

Article connexe : De l’importance du rêve chez les Sioux Lakotas

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Huile rouge : fabrication

L’huile rouge est le résultat obtenu après macération de fleurs de millepertuis dans une huile végétale. J’en parle déjà dans mon post dédié au millepertuis.

Ainsi donc, si vous avez par chez vous des endroits où récolter du millepertuis, c’est parfait. Si tel est le cas, pourquoi ne pas en couper un gros bouquet comme ceci :

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Dans un premier temps, procurez-vous un bocal en verre propre. Cueillez sur votre bouquet les fleurs épanouies et placez les dans votre bocal. Ceci étant fait, couvrez d’huile. Je choisis l’huile d’olive et je vous explique pourquoi amis lecteurs. Sachant que l’huile rouge que nous sommes en train de fabriquer s’adresse plus particulièrement aux affections cutanées superficielles, il est bon d’opter pour une huile végétale épaisse comme l’est l’huile d’olive, et non pas pour une huile sèche qui n’est pas adaptée à un travail superficiel, pénétrant plus profondément la peau.
Ceci fait, fermez votre bocal. Dès lors, vous avez deux solutions : le maintenir à chaleur ambiante chez vous ou bien sur un rebord de fenêtre, en plein soleil. Dans le premier cas, on parle de macération, dans l’autre, de digestion.
Par la suite, il est recommandé d’agiter doucement le bocal et d’y ajouter au fur et à mesure les les nouvelles fleurs écloses.

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Très bientôt, je posterai de nouvelles photos sur ce post afin de rendre compte de l’évolution de cette huile au fil du temps :)

17 août 2013 : après deux jours de macération en plein soleil.

17-08-2013

31 août 2013 : après 15 jours de macération en plein soleil.

Huile rouge

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Angelica archangelica

UNE GÉANTE VENUE DU NORD

Derrière ce joli nom se cache une Ombellifère (aujourd’hui, on dirait Apiacée, j’explique ici pourquoi) de grande taille employée pour ses qualités tant aromatiques que médicinales. Si l’on ne doit pas confondre la berce et l’angélique, il est bon de prendre en compte la réalité suivante : il existe une angélique domestique (Angelica archangelica) et une angélique sauvage (Angelica sylvestris). On observe entre elles quelques différences morphologiques. Par exemple, l’angélique sauvage est plus petite. Par ailleurs, l’angélique des bois développe un parfum moins prononcé que sa sœur domestique. Concernant leurs vertus médicinales, elles sont similaires quoi que plus appuyées chez Angelica archangelica.

Herbe aux anges venue du Nord (Scandinavie) aux environs du XII ème siècle, elle était donc inconnue des anciens Grecs. Aujourd’hui encore, impossible de trouver de l’angélique sauvage sur le pourtour méditerranéen car, « pieds dans l’eau et tête au soleil », elle n’y survivrait pas. L’Europe du Nord présente un climat plus adapté. En France, il est possible de la rencontrer à l’état sauvage en Île-de-France par exemple.

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PANACÉE MÉDIÉVALE ET BIEN PLUS ENCORE !

On trouve des traces de sa présence dans la pharmacopée médiévale puisque l’on sait que Hildegarde de Bingen (1098-1179) en faisait usage sans qu’on sache cependant s’il s’agissait de la domestique ou de la sauvage. Au XIV ème siècle, la culture de l’angélique domestique se déploie dans les monastères d’Europe centrale puis plus largement au XVI ème siècle. Par exemple, elle fut cultivée au monastère de la Grande Chartreuse près de Grenoble (à ce titre, elle entre toujours dans la composition de la liqueur du même nom).
L’histoire nous conte qu’elle fut utilisée comme préventif de la peste comme ce fut le cas à Milan en 1510. En raison des pouvoirs magiques qu’on lui octroyait, il était coutume d’en croquer les graines pour se protéger du « mauvais air » et était employée à l’instar de la rue (Ruta graveolens) contre les morsures de chiens enragés. Elle fut l’une des plantes favorites de Paracelse et très réputée au milieu du deuxième millénaire lors des diverses épidémies en raison de son pouvoir de protection. Ce n’est donc pas pour rien qu’elle porte le nom d’herbe aux anges ou de racine du Saint-Esprit. Aussi lui donna-t-on le nom d’angelica, c’est-à-dire « ange gardien ». Quant à l’adjectif archangelica, il fait référence à l’archange Raphaël qui aurait révélé à un ermite son usage contre la peste. Plus tard, au tout début du XVII ème siècle, Olivier de Serres dira d’elle ceci : « l’angélique, tel nom a été donné à cette plante à cause de cette vertu qu’elle a contre les venins ».
Peste, morsures de chien ou de serpent, etc. Précisons qu’en ces temps anciens, ce sont de véritables phobies qui trouvent leur raison d’être à travers les morts nombreux qu’elles occasionnent. Nul doute qu’on ait voulu attribuer à l’angélique un pouvoir quasi divin.

EN CUISINE !

Après bien des emplois médico-magiques (au Moyen-Âge surtout), l’angélique abandonnera le versant magique pour se consacrer davantage au seul aspect médicinal. Cela perdurera jusqu’au XVIII ème siècle, où les usages étaient davantage thérapeutiques qu’alimentaires. Parce que oui, l’angélique, à l’instar de nombreux autres végétaux curatifs (un exemple ? le persil) se mange. C’est aux environs de Niort, durant ce même XVIII ème siècle, qu’on eut pour la première fois l’idée de confire l’angélique. Au siècle suivant, on confectionnait même des formes animales et végétales en moulant des tiges d’angélique confite, c’est dire l’engouement ! Ceci étant dit, cette pratique francophone ne saurait faire oublier les usages culinaires de l’angélique propres à d’autres contrées. Très présente dans les cuisines en Chine et en Scandinavie, la plante y est utilisée des graines à la racine. Au Groenland, elle est demeurée longtemps l’unique légume disponible. Les Lapons en consomment les feuilles cuites dans du lait de renne et conservent le poisson dans ces mêmes feuilles. En Sibérie, on mange les tiges en compagnie de pain et de beurre. Par ailleurs, les usages sont multiples. On utilise la plante entière : feuilles (en compote avec des fruits acides), jeunes pousses (en salade), racines (en légume, cuites à la vapeur), graines (en liquoristerie : Chartreuse, Bénédictine, etc., en pâtisserie, en parfumerie), fleurs (pour aromatiser les pâtisseries, les salades de fruits, les crèmes, etc.). D’autres usages encore, j’en suis certain, sont possibles.

Petit focus en ce qui concerne la liquoristerie. Avant même que de devenir une boisson que l’on prend en fin de repas, une liqueur est avant tout un élixir médicinal. Ainsi, il en va de la Chartreuse et de la Bénédictine qui sont deux élixirs qui s’invitent davantage sur nos tables que dans l’armoire à pharmacie. L’angélique est un ingrédient que l’on retrouve dans d’autres compositions médicinales (orviétan, eau de mélisse des Carmes, baume du commandeur, élixir de Crollius…).

Angélique 3

L’ANGÉLIQUE, PLANTE DÉCHUE

Racine de longue vie : nom vernaculaire attribué à l’angélique en raison du cas d’Annibal Camoux, un Niçois mort à l’âge de 121 ans et dont l’exceptionnelle longévité tiendrait au fait qu’il avait l’habitude de mâcher régulièrement de la racine d’angélique. Sans en faire une panacée, plus prosaïquement, en mâcher la tige fraîche abolit la mauvaise haleine. C’est déjà ça.

Comment se fait-il qu’une plante pareille vantée contre la peste et dont on a fait un antidote contre belladone, ciguë et colchique – excusez du peu ! – se fasse aussi rare dans les jardins aujourd’hui ?
Tentons une explication. Il y a plus de deux siècles, Bodart disait ceci à propos de l’angélique : « si cette plante avait le mérite d’être étrangère, elle serait aussi précieuse pour nous que le ginseng l’est chez les Chinois ; elle se vendrait au poids de l’or ». La comparaison avec le ginseng, autre racine de longue vie, est intéressante et fort pertinente. Le ginseng, dont le nom latin Panax ginseng contient en lui-même la haute idée que l’on se fait de lui : une panacée. Autrement dit, une substance propre à guérir tout les maux. Est-ce le caractère exagérément prétentieux avec lequel on a alloué mille vertus à l’angélique qui fait qu’aujourd’hui elle a sombré dans un relatif anonymat ? Ça n’est pas impossible. D’autres plantes ont subi un sort identique, la sauge par exemple, bien que dans une moindre mesure. Cette mésestime semble être le corollaire d’une extranéité magico-thérapeutique abusive. Ayant été naturalisée, l’angélique a quelque peu perdu de son lustre d’antan. Tout comme les palmiers de la Côte d’Azur qui n’étonnent plus personne ou presque, elle ne présente plus rien d’exotique contrairement au ginseng qui, lui, aurait bien du mal à s’acclimater par chez nous et qui, du reste, se vend toujours à prix d’or : 10 000 € pour une racine de 25 à 35 ans.

Tout est à portée de main, où qu’on soit. Mère Nature a si bien fait le Monde qu’elle a placé ici et là différentes plantes aux pouvoirs identiques. Pourquoi s’émoustiller devant les baies de goji alors que nous avons ce brave cynorhodon que nous offre notre bon vieux rustique Rosa canina ? Inutile d’aller envahir des pays lointains à la recherche d’un précieux Graal végétal. Cela, les géants de l’industrie pharmaceutique ne l’ont que trop bien compris depuis au moins 15 ans, pour d’évidentes raisons financières entre autres. Pas si mal me direz-vous. Ainsi, plus besoin d’essorer la planète bien que cela n’empêche en rien la biopiraterie qui sévit encore malheureusement, plus particulièrement en Afrique.

Ainsi donc, pourquoi ne pas réhabiliter l’angélique dont Paul-Victor Fournier rapportait en 1947 son utilisation contre le cancer de l’estomac ? Aujourd’hui, l’angélique est muette. Quand on sait ce qu’en firent les Amérindiens, c’est doucement ironique. Une décoction de tiges d’angélique était couramment utilisée en gargarisme afin de permettre aux chanteurs de tenir leur voix durant les cérémonies et autres célébrations…

ARCHANGELICA BOTANICA

Elle porte d’épaisses tiges fistuleuses, creuses, vertes parfois teintées de rouge, solidement fichées sur une forte racine en pivot. Sur les tiges, on observe trois rangs de feuilles largement découpées.
L’angélique est une plante qui vit entre 2 et 4 ans. Ce n’est que lors de sa dernière année qu’elle fleurit et produit des graines, avant de mourir. Ses fleurs, blanchâtres ou rosées, portées en larges ombelles de 15 à 20 cm de diamètre apparaissent entre juin et août. Ses fruits, des diakènes, figurent deux petites ailes, d’où le nom d’herbe aux anges que l’on prête à l’angélique. Ce qui est également la cas de l’anis vert, du fenouil, etc.
C’est une plante peu exigeante, elle apprécie à ses côtés la présence de l’ortie laquelle a la faculté d’augmenter la production d’huile essentielle contenue dans l’angélique.

Anis

A propos de l’angélique sylvestre, on la trouve de façon abondante sur les talus, aux abords des haies, dans les chemins, les prairies ombragées, les bords de ruisseaux, les endroits marécageux…
Géographiquement, elle est présente en Europe occidentale (au nord et à l’est surtout) et absente des zones méditerranéennes.

L’angélique en thérapie :

l. Parties employées : toute la plante. Aussi bien la racine, que les feuilles, les tiges, les fleurs ou les semences.
En fonction du but recherché, on emploiera différentes parties qui contiennent en leur sein des principes actifs qui diffèrent en proportion. Par exemple, les semences contiennent davantage d’essence aromatiques que la racine (1,1 % contre 0,25 %). Par ailleurs, si la racine supporte relativement bien la dessiccation, il n’en va pas de même pour les tiges et les feuilles. A l’instar du basilic, une fois sèches, ces parties de l’angélique perdent très rapidement beaucoup de leurs propriétés.

2. Propriétés majeures : apéritive, digestive, carminative, tonique, stimulante, sédative, antispasmodique, expectorante, sudorifique, dépurative, emménagogue, reconstituante générale (sujets nerveux, personnes âgées, affaiblies, convalescentes).

On lui concède également des propriétés antirhumatismales.

3. Emplois thérapeutiques :

Il est évident qu’il est plus simple de ramasser des fleurs de coquelicot que d’extraire du sol une racine d’angélique ! Et dans ce cas, mieux vaut prendre des gants avec elle. En effet, de par un certain nombre de ses principes actifs, au simple contact de la racine fraîche avec la peau, celle-ci peut être facilement irritée. Concernant les feuilles, ces dernières devront être récoltées avant floraison puis séchées à l’ombre.
On comprend que l’ensemble de ces rigoureux protocoles puissent être dissuasifs pour qui souhaiterait employer l’angélique, qu’on ne trouve plus guère dans les jardins du reste, l’angélique sylvestre étant, quant à elle, beaucoup plus fréquente mais dotée de propriétés moindres.

  • Troubles de la sphère digestive : digestion difficile, acidité gastrique, aérophagie, ballonnement, spasmes gastro-intestinaux, entérites, dysenterie, crampes intestinales.
  • Troubles de la sphère respiratoire : bronchite, pneumonie, pleurésie, asthme.
  • Troubles de la sphère génitale féminine : règles douloureuses, insuffisantes ou absentes, leucorrhée.
  • Troubles d’origine nerveuse : angoisse, anxiété, stress, insomnie d’origine nerveuse, asthénie intellectuelle, baisse de la libido chez l’homme et la femme.
  • Migraine (d’origine nerveuse).
  • Vertiges, syncopes.

Quant à l’huile essentielle de semences d’angélique, rare et chère, elle est reconnue comme tonique, excitante et carminative à faibles doses. A doses plus élevées, elle devient sédative. Elle peut intervenir en cas de dyspepsie, de colite, d’anxiété, etc.
Elle contient des substances photosensibilisante plus connues sous le nom de furanocoumarines dont l’une, le bergaptène, se retrouve dans l’essence de bergamote, elle-même photosensibilisante. Il serait possible de la « débergapténiser », comme cela se pratique déjà pour l’essence de bergamote. Mais, d’une, c’est plus cher, et de deux, ces fameuses furanocoumarines sont responsables des effets sédatifs et calmants. Il s’agirait alors d’une huile essentielle amputée de certaines de ses propriétés.
Quoi qu’il en soit, en cas d’utilisation de plantes aux vertus photosensibilisantes (millepertuis, les essences d’agrumes, les huiles essentielles d’apiacées, etc.) et que cela soit par usage interne ou externe, pas d’exposition solaire massive car :

FURANOCOUMARINES + UV = AÏE !

Donc, pas d’exposition solaire prolongée et si tel doit être le cas, une protection solaire est nécessaire. Indice 50 au moins.
J’évoque plus précisément le principe dans l’article suivant : La photosensibilisation, c’est quoi ? Besoin d’être plus explicite ? Taper berce+brûlure sur Google images donnera davantage de précision.

Enfin, à hautes doses (2 grammes), cette huile essentielle provoque maux de tête, stupeur, dépression cérébrale, hématurie, néphrite et éventuellement décès.

4. Usages alternatifs :

L’élixir floral d’angélique officinale est destiné aux personnes proches de la mort, tant par leur état de santé que des personnes qui les entourent. Cela peut être des personnes gravement malades ou mourantes, par exemple. Il renforce la confiance en la vie et apporte force et vigueur morale quand l’avenir semble incertain.

Une curieuse façon de d’utiliser cette plante avait lieu au sein de la Cour des Miracles, à Paris. Le suc de l’angélique est très irritant et les mendiants, le sachant, s’en badigeonnaient les membres afin de volontairement provoquer des ulcères et de se rendre ainsi encore plus pitoyables.

© Texte et photos – Books of Dante – 2013

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De l’importance du rêve chez les Sioux Lakotas

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Il y a quelques temps de cela, je couchais ici-même les lignes de l’introduction de mon ouvrage intitulé Animaux-totems & Roue-médecine. Aujourd’hui, c’est avec plaisir que je partage avec vous un autre extrait de ce livre. Il y est question de l’un des moyens qui nous permet d’entrer en contact avec nos animaux-totems : le rêve.

A travers la méditation, nous avons pu évoquer ce que nombre de peuples amérindiens qualifient de « quête visionnaire ». Comme le souligne le Dictionnaire des symboles, le jeune préalable est nécessaire pour favoriser les visions, puisque la faim place d’emblée celui qui recherche les visions dans « un état de semi-conscience hallucinatoire » (1). Cette pratique du jeune est aussi rapportée par Michael Harner dans son ouvrage Chamane (2), ainsi que par Piers Vitebsky (3). S’abstenir de se nourrir pendant un temps plus ou moins long avant de procéder à une quête de vision peut tout à fait être mis en œuvre avant une séance de méditation proprement dite. Mais cela est également vrai pour la vision onirique ainsi que pour le voyage chamanique, mais nous aborderons ce dernier point plus longuement par la suite. De façon quasi unanime, le rêve est la voie royale par laquelle les esprits accèdent aux êtres humains.

Comme l’indique Black Elk, les rêves sont d’une importance capitale pour les Amérindiens : « dans les temps anciens, notre peuple n’avait pas d’instruction. Il ne pouvait pas apprendre à partir de livres ni de professeur. Toute sa sagesse et son savoir lui ont été donnés de ses rêves. Il a scruté ses rêves. Il y a puisé sa force. Il a pris conscience de leur puissance » (4). C’est pour cette raison, entre autres, que certaines « sociétés » particulières virent le jour comme, par exemple, la « religion des rêveurs » fondée par Smohalla, un Nez-Percés, qui disait que ses « jeunes gens ne travailleront jamais, [car] les hommes qui travaillent ne peuvent rêver ; et la sagesse nous vient des rêves » (5). Tatanka Yotanka, un grand chef sioux plus connu sous le nom de Sitting Bull, était réputé pour être également un grand « rêveur ».
Bien sûr, à l’heure actuelle où, au sein de notre monde occidental, la transmission est bien plus souvent écrite qu’orale, cette dimension propre aux Lakotas rapportée par Black Elk perd quelque peu de son sens. Cependant, quand il affirme que le rêve permet d’accéder à la connaissance, il ne parle pas des rêves dits classiques, tels que ceux qui ne sont que l’expression d’un désir diurne refoulé comme c’est le cas pour chacun d’entre-nous au moins une fois dans une vie. Il parle de certaines catégories de rêves que certains auteurs actuels qualifient de rêves lucides et de rêves lucides dirigés (6). Voici quelles définitions en donne Marie-France Bel :

Le rêve lucide : « le dormeur vit cette activité avec une conscience, comme dans l’éveil, tout en sachant qu’il est endormi et que les événements qu’il vit sont dans un autre espace. La conscience onirique et la conscience d’éveil sont similaires. Le dormeur se souvient de son activité onirique comme il se souvient d’une activité au cours de l’éveil ».
Le rêve lucide dirigé : « le dormeur est capable d’orienter ses rêves avec une activité consciente et volontaire comme pendant l’éveil alors qu’il est endormi. La conscience et la volonté sont similaires à celles de l’éveil ».

C’est peut-être de ces deux types de rêves dont parle Frances Densmores dans son Teton Sioux Music lorsqu’elle explique que « les Sioux recherchaient les rêves, et [qu’]il était admis que le rêve correspondait au caractère de l’homme […]. Si le rêve était en rapport avec les pierres sacrées ou avec des herbes ou des animaux se rapportant au traitement de la maladie, obligation était faite à l’homme de tenir compte de l’aide surnaturelle qui lui avait été accordée dans le rêve » (7). Ainsi donc, le rêve prend-il une valeur de haute importance pour les Sioux ainsi que pour de nombreuses autres tribus amérindiennes car à travers le songe onirique il est possible d’entrer plus étroitement en contact avec des dimensions spirituelles que le seul état de veille ne permet pas d’entre-voir ou bien à grand peine.

Tout animal vu en rêve n’est pas nécessairement un animal totem, il peut être la représentation symbolique d’une émotion particulière par exemple. Certains signes particuliers permettent de savoir à quoi l’on a affaire : une discussion qui s’engage avec l’animal lequel se met alors à parler, une récurrence de rêves mettant tous en scène le même animal (ou partie de cet animal, comme des plumes, par exemple), la « texture » même du rêve dont on se souvient généralement au réveil, des gestes particuliers qui peuvent accompagner le dormeur en plein sommeil (il faut alors compter sur un témoin oculaire extérieur, chose peu aisée lorsque tout le monde dort dans la maisonnée), etc. L’ensemble de ces indices peuvent aider à l’identification d’un animal comme totem ou pas, tout en prenant bien en compte que les éléments récoltés peuvent aisément compléter les résultats obtenus grâce à la méditation, par quête des signes ou par le biais d’autres méthodes que nous exposerons au lecteur un peu plus loin.

Comme me l’a un jour indiqué un de mes guides, « plus tu rêveras d’un animal et plus il deviendra puissant ». A travers cette assertion personnelle, il faut comprendre le fait que la place que l’on alloue à tel ou tel animal dans les rêves renforce sa capacité à occuper la place à nouveau. Et cela ne va pas sans son corollaire : plus puissant il deviendra, plus tu rêveras de lui. Accordons une importance à quelque chose et il se manifeste. En revanche, l’inverse n’est pas également vrai : n’accorder aucune importance à quelque chose peut avoir pour effet qu’il se manifeste par saccade de signes qui sont autant de panneaux de signalisation qu’il est alors bon de ne pas négliger.


  1. Jean Chevalier & Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, p. 620-621
  2. Jeremy Narby & Francis Huxley, Anthologie du chamanisme, p. 178.
  3. Piers Vitebsky, Les Chamanes, p. 42-43 : « Le rêve ou la quête visionnaire jouent le rôle de la transe et du voyage, particulièrement dans la région des plaines. Les jeunes gens, et parfois les jeunes filles, se retirent dans le désert et jeûnent quelques jours pour recevoir des esprits une vision ».
  4. Black Elk, Les rites secrets des indiens sioux, p. 85-86.
  5. Teri McLuhan, Pieds nus sur la terre sacrée, p. 70.
  6. Marie-France Bel, Corps subtils, science et médecine, p. 150.
  7. Teri McLuhan, Pieds nus sur la terre sacrée, p. 198.

Article connexe : Animaux-totems et Roue-médecine – Introduction

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Berce Vs Angélique

Quelle surprise que de rencontrer côte à côte, cet après-midi même, en humide bordure d’un chemin de campagne ces deux grandes dames que sont la berce (Heracleum sphondylium) et l’angélique (Angelica sylvestris) !
La berce, déjà évoquée ici-même où elle rencontre un succès aussi grand que sa taille, offre bien des caractéristiques communes avec son angélique cousine. En voici quelques-uns.

Angélique Vs Berce 2

La taille, nous l’avons déjà évoquée. Comprise entre 2 et 2,50 m pour les sujets mâtures. De larges feuilles très découpées formant une gaine qui embrasse la tige, c’est là un deuxième point commun. L’appartenance botanique : ces deux ex-Ombellifères regroupent leurs fleurs sous la forme d’ombelles. Au bout de la tige florale se déploie une vingtaine de faisceaux porteurs de petites fleurs blanches à verdâtres. Le caractère vésicant et irritant de leur suc en est un autre. Enfin, photosensibilisantes toutes les deux.

Angélique 5

Avant d’en passer aux différences, quelques mots à propos de mon « ex-Ombellifères ». Il fut un temps où c’est par ce joli nom qu’on qualifiait la famille botanique regroupant la berce et l’angélique. Aujourd’hui, la dénomination a changé, berce et angélique font partie d’une famille qui a pour nom Apiacées. Pour en comprendre le sens, un peu d’étymologie sera souhaitable. Ce mot a été fabriqué sur le mot latin apium qui désigne le céleri, une plante appartenant également à l’actuel groupe botanique des Apiacées, lequel compte parmi ses membres la livèche, le fenouil et l’aneth entre autres.

Angélique 1

De visu, les différences sautent aux yeux. Ce sont elles qui permettent la distinction entre les deux plantes. La tige est cannelée, verte et velue chez la berce alors qu’elle est lisse, glabre et rougeâtre chez l’angélique. Les ombelles, quasiment plates chez la berce, sont davantage bombées chez l’angélique.
S’il existe véritablement des critères permettant de faire le distinguo entre berce et angélique, c’est bien de ceux-ci dont il s’agit.

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Les huiles essentielles énergétiques (Serge Hernicot)

les huiles essentielles energetiques

Les huiles essentielles énergétiques
Serge Hernicot
Éditions le Sureau
2007

Bon. Je me suis laissé tenter par ce petit livre (64 pages, 8,50 €) des éditions du Sureau qui n’en sont pas à leur coup d’essai en ce qui concerne le domaine de la santé et du bien-être bien que cela ne soit pas là leur centre d’intérêt majeur. C’est à eux, par exemple, que l’on doit le Manuel pratique de l’aromathérapie au quotidien de Patrice de Bonneval, le fondateur de l’école lyonnaise des plantes médicinales. Ce qui n’est pas peu.

L’EXTÉRIEUR

Vue le nombre de pages, il aurait été préférable de faire de ce livre un format A6 et non un 14 X 22 grêle à souhait. Cela l’aurait quelque peu épaissi et, de fait, rendu davantage cossu, avec du ventre, quoi !
Étant particulièrement attentif au design, je tiens à dire que la couverture aurait gagné à ne pas présenter une plante qui n’a que peu de rapport (que dis-je ? Aucun rapport !) avec le domaine de l’aromathérapie : un lantana. Imaginez un peu un croton venant illustrer un ouvrage de phytothérapie ! Quoi que… J’ai bien vu une feuille de ginkgo orner un des tirages du tome Aromathérapie de Valnet, c’est tout dire…

L’INTÉRIEUR

Avant d’acquérir ce livre, je ne connaissais pas du tout son auteur. Au gré de mes recherches, j’ai vu deux mots clés sur la couverture (huiles essentielles, énergétique) et je me suis arrêté face à cet ouvrage dont la quatrième de couverture est, ma foi, fort alléchante :

L’auteur, sinologue et acupuncteur, nous propose ici une approche des huiles essentielles en fonction des principes de l’énergétique chinoise.
Les taoïstes chinois avaient une manière d’appréhender les plantes basée sur une écoute subtile de leur corps et de leurs sensations.
Avant que les méthodes scientifiques d’investigation des plantes existent, cette écoute subtile était une des seules possibilités de recherche.
Alliée à une logique, en fonction du yin et du yang et des cinq éléments, elle leur permettait de classer et d’utiliser toutes les informations données par les plantes.
L’auteur a procédé de la même manière pour étudier les huiles essentielles à partir de leurs éléments remarquables, à savoir leur saveur, leur nature et leur parfum.
Cette manière d’appréhender les huiles essentielles lui a permis de faire ressortir des propriétés singulières, ayant une action sur le psychisme, l’émotionnel.
Le parfum a un rôle important sur notre système énergétique, c’est d’ailleurs en grande partie pour cela que l’on brûle des plantes aromatiques dans les lieux de culte.

Je ne suis ni sinologue ni acupuncteur, pour tout dire j’ai peu à voir avec la médecine traditionnelle chinoise. Et cette carence s’est fait ressentir lors de la lecture de l’ouvrage. Je sais ce que sont les lois d’inhibition et d’engendrement, je connais l’identité des cinq éléments, je comprends le rôle des méridiens, etc. Ceci étant dit, il aurait été profitable que cet ouvrage allonge quelque peu la sauce pour qui n’y connaît rien en énergétique chinoise. Il est d’ailleurs dommage que cette édition (une réimpression, en fait) n’apporte pas un plus par rapport à celle, plus ancienne, de 1998. Cela aurait été l’occasion de corriger les coquilles, également.

Enfin, pas de conclusion. Le texte s’arrête abruptement après une liste finale d’une trentaine d’huiles essentielles et essences. Si le sujet est intéressant, il y a, derrière tout cela, un fort relent d’inachevé.

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Animaux-totems et Roue-médecine – Introduction

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Pourquoi un tel livre ? Il m’a été conseillé de l’écrire même s’il est vrai que tout le monde ne sera pas forcément d’accord avec son contenu et que d’autres encore, loin d’être en désaccord, n’entendent pas que son contenu soit révélé aux yeux et aux oreilles du monde qui aura bien l’obligeance de poser un regard sur ces lignes.

Dois-je prendre partie pour un Black Elk qui évoque, chez l’Amérindien, « l’absence d’une écriture qui […] fixerait et tuerait le flux sacré de l’esprit » mais dont les mots se retrouvent aujourd’hui encore dans deux ouvrages majeurs (1) ?
Dois-je adopter la réserve d’un Archie Fire Lame Deer lorsqu’il affirme que « cette humble créature qui marche droit sur ses deux jambes ne doit pas tout savoir » (2) ?
Si j’ai pris la décision d’écrire et de révéler ce que je sais, je me place donc en porte-à-faux avec les deux grands Lakotas sus-cités. Loin de moi l’idée de m’arroger un quelconque pouvoir, je cherche avant tout, à travers cette initiative, le partage des maigres savoirs que mes propres expériences m’ont permis d’acquérir.
Black Elk s’insurgea contre l’idée de pétrification et de cristallisation, à l’image d’une pensée gravée dans le marbre. Je le comprends. Mais, ai-je envie de dire, il me faut vivre avec mon temps et utiliser les moyens mis à ma disposition pour propager l’idée différemment. Le support de papier n’enlèvera jamais à la parole transmise de bouche à oreille son pouvoir car cette quête, qui représente aujourd’hui le fruit de ce travail bien loin d’être achevé, ne s’est pas faite dans les livres, ou si peu.
A travers l’Histoire, certains épisodes tragiques ont fait à tout jamais périr des pans entiers de culture. Certes, l’on dit souvent que les écrits restent mais que les paroles s’envolent. Mais que reste-t-il dès lors qu’on brûle les écrits ? Que reste-t-il de l’esprit qui les a couché sur un support capable de recevoir l’écriture ? Bien peu de choses en réalité. Il en va de même pour la parole qui est l’apanage de peuples que certains épisodes sanglants ont laissé exsangues. Pour ceux-là, nul besoin était de brûler leurs livres, ils n’en avaient pas. Il s’agissait de les faire disparaître et avec eux leur savoir. Edward S. Curtis, l’auteur du monumental The North American Indian, relayé par Teri McLuhan, « réalisa que chaque vieil Indien emportait avec lui dans la tombe un peu des rites et des coutumes sacrés de son peuple » (3). Devant l’urgence d’une situation qui allait voir péricliter l’ensemble de ces savoirs, devant l’émergence et la manifestation encore plus forte de la crise de l’homme moderne (4), un Black Elk allait mettre à jour certaines des paroles et des rituels sacrés des Sioux, avec l’espoir qu’elles seraient, sinon comprises, entendues. L’un des paragraphes de la quatrième de couverture du second ouvrage de Black Elk est éloquent à ce titre : « Les rites secrets des Indiens sioux contient l’essence de l’héritage et de la tradition que les Indiens, jusqu’à il y a peu, s’étaient gardés de divulguer […]. Ils estimaient que ces choses étaient trop sacrées pour être communiquées à n’importe qui. Mais aujourd’hui, à l’approche de la fin d’un cycle, ils ont décidé qu’il était permis et même souhaitable de les révéler au grand jour… ».
Comme l’a dit Tatanga Mani, un Indien Stoney, « les peuples civilisés dépendent beaucoup trop de la page imprimée » (5). Mais, dès lors qu’un savoir est menacé parce qu’il ne peut plus être transmis oralement de génération en génération, il est bon, je pense, d’utiliser le livre pour le consigner, même si, comme Tatanga Mani, j’ai bien conscience que si nous prenons tous les livres et que nous les étendons « sous le soleil en laissant, pendant quelque temps, la pluie, la neige et les insectes accomplir leur œuvre, il n’en restera rien » (6).

Aujourd’hui, débarrassé de mes doutes et de mes craintes, j’ose exposer une thématique qui m’est chère. Elle est constituée de deux concepts qui s’articulent l’un l’autre, la notion d’animal-totem et celle de roue-médecine. A priori, on peut se demander ce qu’elles peuvent bien faire ensemble, à ce jour je n’ai découvert aucun livre qui exposerait, conjointement, ces deux concepts. Nous découvrirons au fil de l’ouvrage ce qu’est un animal-totem et les moyens dont nous disposons pour prendre conscience de sa présence et employer à bon escient sa médecine. Puis, nous aborderons le concept virtuel de roue-médecine qui permet d’organiser l’ensemble des totems que chacun d’entre-nous possède dans un tout cohérent. C’est un concept difficile à appréhender, aussi vais-je m’employer à être le plus clair et le plus méticuleux possible afin d’être largement compris même s’il est vrai qu’un échange verbal à propos de ce sujet permet d’en affiner davantage la compréhension globale.


  1. Élan Noir parle, Les rites secrets des indiens sioux.
  2. Archie Fire Lame Deer, Le cercle sacré, mémoire d’un homme-médecine sioux, p. 408 : « Nous sommes déjà trop intelligents ; ce n’est pas l’intelligence qui nous manque, mais la sagesse. Je n’ai rien à ajouter. J’ai parlé ».
  3. Teri McLuhan, Pieds nus sur la terre sacrée, p. 11.
  4. Teri McLuhan citant Joseph Epes Brown, Pieds nus sur la terre sacrée, p. 12-13 : « Le renouveau d’intérêt que suscitent les Indiens d’Amérique du Nord est dû aux préoccupations qui habitent l’homme moderne. Il se pose des questions sur lui-même et regarde les Indiens d’un œil nouveau. Il cherche à les connaître, à savoir qui ils étaient, quel idéal les animait, quels liens les réunissaient à la Nature et à leur environnement. Si cette quête est sincère, les Indiens peuvent nous apprendre beaucoup sur eux et sur nous-mêmes, par leur exemple et l’héritage qu’ils nous laissent ».
  5. Teri McLuhan, Pieds nus sur la terre sacrée, p. 120.
  6. Ibid. p. 120.

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