Les huiles essentielles et essences à coumarines

Bergamot oranges  on white background

Bien que présentes en très faibles proportions dans un grand nombre de plantes, les coumarines (850 à 1 000 connues) sont des molécules aromatiques très puissantes, la taille n’ayant ici aucun rapport avec leur efficacité comme nous allons pouvoir le constater par la suite. On les trouve dans différentes familles botaniques :

  • Rutacées : bergamote (0,2 à 0,4 %), citron (< 0,5 %), orange douce (< 0,5 %), pamplemousse (< 0,5 %), etc.
  • Lamiacées : mélisse officinale (< 0,5 %), lavande vraie (0,03 à 0,06 %), lavande aspic (0,02 %), lavandin super (0,04 %)…
  • Astéracées : camomille allemande, estragon…
  • Lauracées : cannelle de Ceylan « écorce »

Les deux domaines thérapeutiques de prédilection de ces huiles essentielles et essence sont le système nerveux et le système veineux.

  • Sédatives, hypnotiques, anxiolytiques, antispasmodiques, hypotensives , négativantes, inductrices du sommeil : insomnie, stress, dystonie neuro-végétative, asthénie, dépression, déprime…
  • Décongestionnantes veineuses, anticoagulantes, fluidifiantes du sang : stases veineuses telles que varices, couperose, hémorroïdes, hématomes…
  • Hépatostimulantes
  • Hypothérmisantes
  • Anticonvulsives (une molécule, l’herniarine, contenue dans l’huile essentielle de lavande vraie est à l’étude afin d’en vérifier les propriétés anti-épileptiques…)
  • Antiparasitaires et anti-infectieuses pour certaines d’entre elles
  • Vasodilatatrice, bronchodilatatrice, urétérodilatatrice (khella)

Sachant que la plupart de ces huiles essentielles et essences contiennent aussi des phénols et des monoterpènes, dont nous avons par ailleurs relevé le caractère irritant, on prendra soin de les mêler à une huile végétale avant tout usage cutané. De plus, étant photosensibilisantes, on veillera à ne pas s’exposer au soleil après toute application, de même que par voie interne (même s’il est vrai que c’est alors moins problématique, il est bon de rester prudent).
Pourquoi ? Parce que, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’indiquer dans un autre article, les UV et les coumarines ne font pas bon ménage. Cela a pour inconvénient d’activer la mélanogénèse et d’aboutir à un processus carcinogénique. Bien entendu, il est bon de garder à l’esprit que les réactions cutanées sont variables selon la sensibilité de la peau, les doses utilisées, la durée d’exposition solaire, l’intensité des UV, etc. Pour éviter un éventuel problème de photosensibilisation, il est préférable d’appliquer ces huiles essentielles et essences en fin de journée. Étant, pour la plupart, négativantes, elles sont parfaites pour agir à ce moment là. Et, sans soleil, aucun risque !

Sinon, il est toujours possible de se tourner vers des produits comme l’huile essentielle de bergamote. A la base, il s’agit d’une essence qu’on extrait mécaniquement du zeste de la bergamote, puis qu’on distille dans un alambic : on obtient ainsi une huile essentielle sans coumarines. Avantage : pas de problème de photosensibilisation. Inconvénient : on se prive des puissantes propriétés des coumarines. De plus, de tels produits sont rares et plus chers que le produit classique. A vous de faire votre choix.

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Les huiles essentielles à phénols

phénols

Les phénols composent une famille moléculaire aux propriétés excessivement puissantes. Si nous avons dit des monoterpènes qu’ils sont positivants et plein de peps, les phénols sont, quant à eux, de la pure dynamite ! Il s’agira donc de les manier avec prudence. On les trouve plus particulièrement dans ces quelques familles botaniques :

  • Lamiacées (thym, origan, sarriette, serpolet…)
  • Lauracées (cannelle, laurier noble)
  • Myrtacées (clou de girofle)
  • Apiacées (ajowan)

Tout comme pour les monoterpènes et les sesquiterpènes, on observe des propriétés communes et d’autres plus spécifiques :

  • Anti-infectieuses à très large spectre d’action : antibactériennes, antivirales, antifongiques, antiparasitaires
  • Positivantes, toniques, stimulantes, immunostimulantes
  • Anti-oxydantes
  • Antalgique, antispasmodique, cautérisante pulpaire (clou de girofle)
  • Antalgique percutanée, anti-inflammatoire (sarriette des montagnes)
  • Antinauséeuse, carminative (ajowan)

Comme cela a déjà été évoqué à propos des monoterpènes, les phénols sont puissamment dermocaustiques. En application pure sur la peau et les muqueuses, des phénomènes tels qu’irritation, érythème, sensation de chaleur et/ou de brûlure peuvent se produire. Il sera bon d’observer les règles de dilution suivantes :

  • Muqueuses : 1 % max.
  • Peau : 5 % max.

A cette toxicité cutanée, peut s’ajouter une toxicité hépatique en cas de prise orale. Vu la puissance des huiles essentielles à phénols, il n’est pas recommandé de procéder à des traitements internes au long cours. On procédera à un traitement d’attaque sur 5/7 jours puis on optera pour d’autres huiles essentielles plus « légères ». La plupart des huiles essentielles à phénols sont hépatotoxiques à hautes doses et sur un laps de temps prolongé, sauf celles de cannelle de Ceylan « feuilles » et de clou de girofle qui présentent l’inconvénient d’être incompatibles avec les personnes sujettes à des pathologies cardio-vasculaires.
A propos de la diffusion atmosphérique de telles huiles essentielles, les quantités et la durée de diffusion devront être réduites au strict minimum. En effet, ces huiles essentielles en diffusion sont irritantes pour les muqueuses (oculaires, buccales…).

Les phénols les plus fréquents dans le monde aromatique se nomment thymol, carvacrol, eugénol et australol. Contrairement aux monoterpènes, les phénols sont très longs à apparaître lors de la distillation. Il faut compter pas moins de 90 mn avant de les voir pointer le bout du nez. Peut-on, dès lors, affirmer que ce sont des molécules lourdes ? Assurément, bien qu’elles soient très peu employées en parfumerie pour d’évidentes raisons liées à la dermocausticité ainsi qu’au potentiel allergisant qui caractérisent ces molécules. En revanche, on peut utiliser avec bonheur et succès ces huiles essentielles en cuisine : thym, sarriette, cannelle, clou de girofle, serpolet, etc. Cependant, on veillera bien à respecter scrupuleusement les doses. En effet, il serait dommage de gâcher un plat par l’arôme excessif d’un clou de girofle ou d’un thym qui viendrait masquer toutes les autres saveurs.

Pour finir, une petite liste des principales huiles essentielles à phénols : ajowan (46 %), cannelle de Ceylan « écorce » (8 %), cannelle de Ceylan « feuilles » (80 %), clou de girofle (80 %), laurier noble (10 %), origan compact (65 %), origan d’Espagne (70 %), origan vulgaire (70 %), sarriette des montagnes (60 %), serpolet (30 %), thym à feuilles de sarriette (15 %), thym vulgaire à thymol (50 %).

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Les huiles essentielles à monoterpènes

Les monoterpènes sont un ensemble de molécules aromatiques très courantes dans le monde de la chimie végétale. Nombreuses sont les plantes qui en contiennent. Certaines à hauteur de quelques %, d’autres en masse. Comme l’indique Wikipédia, « on peut trouver des monoterpènes dans plus de 2 000 plantes de 60 familles différentes ». Par exemple, le citronnier de la famille des Rutacées et le pin sylvestre de celle des Pinacées, bien que ne présentant aucune caractéristique botanique commune, produisent tous deux une huile essentielle contenant des monoterpènes. On peut même trouver la même molécule chez l’une et l’autre de ces huiles essentielles. C’est le cas du béta-pinène présent tant dans l’essence de citron (10-17 %) que dans l’huile essentielle de pin sylvestre (18-23 %).

Tous comme les sesquiterpènes, les monoterpènes présentent dans leur ensemble des propriétés thérapeutiques globales. Aussi reconnaît-on aux monoterpènes les vertus suivantes :

  • Positivants
  • Décongestionnants respiratoires
  • Lymphotoniques
  • Stimulants digestifs
  • Antiseptiques atmosphériques
  • Antiviraux
  • Expectorants

Ainsi que des propriétés spécifiques à certains monoterpènes (antalgique, cortison like, etc.). Si l’on compare les propriétés générales des sesquiterpènes et celles des monoterpènes, on constate qu’il y en a très peu qui sont identiques.

Contrairement aux sesquiterpènes, dont nous avons dit qu’elles sont des molécules lourdes, les monoterpènes sont des molécules légères dont la durée de rétention est la plus courte lors de la distillation. Par exemple, l’une d’elle, l’alpha-pinène, présente aussi bien dans l’huile essentielle de cyprès toujours vert que dans celle de laurier noble, apparaît toujours en premier après environ 15 minutes de distillation. De fait, en parfumerie, les huiles essentielles qui contiennent beaucoup de monoterpènes, comme les agrumes, sont employées comme note de tête, c’est-à-dire la fraction parfumée la plus volatile qui laissera ensuite la place à la note de cœur, enfin à la note de fond.

Autre caractéristique qui oppose les sesquiterpènes aux monoterpènes : l’application cutanée. Si les sesquiterpènes sont sans danger par cette voie-là, il n’en va pas de même des monoterpènes qui recensent des molécules potentiellement allergisantes et irritantes pour la peau si employées pures. Le limonène (cf. schéma ci-dessous), présent à hauteur de 80 % dans l’essence de citron, est l’une d’elles. Il est donc nécessaire de diluer ces huiles essentielles dans une huile végétale avant toute application afin d’en éviter la dermocausticité.

Molécule de limonène

Là où les huiles essentielles à sesquiterpènes invitent à la détente, à la relaxation, à l’introspection spirituelle, au contraire, les huiles essentielles à monoterpènes sont, pour beaucoup d’entre elles, pleines de peps et de fraîcheur, autant dire qu’elles pétillent. D’essence plus yang que yin, elles favorisent l’action plus que la réflexion, mais aussi l’audace, le courage d’oser et de faire, etc.

Liste des principales huiles essentielles à monoterpènes : bergamote (55 %), ciste ladanifère (47 %), citron (91 %), cyprès toujours vert (92 %), encens (78 %), épinette noire (47 %), genévrier commun (83 %), lédon du Groenland (35 %), mandarine rouge (98 %), myrte vert (58 %), orange douce (97 %), pamplemousse (94 %), pin sylvestre (92 %), poivre noir (57 %), romarin officinal à camphre (33 %), romarin officinal à verbénone (49 %).

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Les huiles essentielles à sesquiterpènes

sesquiterpènes

Aujourd’hui, nous allons aborder une classe de molécules aromatiques que j’apprécie plus particulièrement : les sesquiterpènes. Rares mais nombreuses, ces molécules se trouvent dans certaines plantes un peu partout dans le monde. Au cœur même d’une plante, les sesquiterpènes jouent le rôle d’agent de défense. Cela n’est pas tout à fait un hasard si les huiles essentielles qui en contiennent présentent peu ou prou des propriétés anti-infectieuses (bien que ce ne soit pas là leur domaine de prédilection).

Si cette famille renferment de nombreuses molécules différentes les unes des autres, on peut dire que, globalement, les huiles essentielles à forte teneur en sesquiterpènes sont dotées des propriétés thérapeutiques suivantes :

  • Négativantes ou positivantes
  • Anti-inflammatoires
  • Calmantes
  • Hypotensives
  • Décongestionnantes veineuses
  • Décongestionnantes lymphatiques
  • Anti-allergiques

Bien sûr, il s’agit là d’un tronc commun de propriétés thérapeutiques, d’autres huiles essentielles à sesquiterpènes présentant des propriétés plus spécifiques que n’ont pas les autres. Par exemple, le chamazulène (molécule présente dans les huiles essentielles de camomille allemande et d’achillée millefeuille et qui leurs donne une jolie couleur indigo) est une molécule antiphlogistique, antiprurigineuse et antihistaminique. Mais on ne peut en dire autant de l’huile essentielle de vétiver de laquelle le chamazulène est absent. En revanche, ce dernier possède bien d’autres capacités que n’ont ni la camomille allemande ni l’achillée millefeuille. Par ailleurs, deux sesquiterpènes différents peuvent posséder les mêmes propriétés thérapeutiques.

Rares, nous l’avons souligné, car présentes dans assez peu de végétaux et dans de moindres proportions (par rapport aux monoterpènes par exemple), les sesquiterpènes sont, de plus, difficiles à extraire des plantes qui les contiennent. Ce sont des molécules dites « lourdes » car elles ne font pas partie de celles qui s’échappent en début de distillation, bien au contraire, elles n’apparaissent qu’en milieu, voire en fin de distillation. Ce qui s’explique par le fait que les parties végétales employées pour les extraire sont, très souvent, des racines (curcuma, gingembre, nard), des résines (myrrhe), enfin des bois ou des écorces (santal, katrafay). Du fait de la lourdeur des molécules qui composent ces huiles essentielles, un certain nombre d’entre elles sont employées par l’industrie de la parfumerie comme note de fond.

Un autre point commun aux huiles essentielles à sesquiterpènes réside dans le fait qu’elles jouissent d’une excellente tolérance cutanée. On pourra, dans la plupart des cas, les appliquer pures sur la peau qui demeure l’interface privilégiée de ces huiles essentielles. Cependant, il est bon de noter qu’un usage massif de telles huiles peut provoquer des allergies qu’à petites doses elles sont sensées combattre.

Enfin, d’un point de vue spirituel, « les huiles essentielles à sesquiterpènes étaient fréquemment employées dans l’Antiquité à des fins spirituelles. Elles favorisent en effet le développement d’une vision holistique et aident à percevoir et comprendre les mondes subtils et invisibles. Elles relient les énergies telluriques et cosmiques, dissolvent les blocages et la rigidité, apaisent, détendent et équilibrent le système nerveux. Elles sont d’un bon soutien pour ceux qui méditent » (Lydia Bosson, L’aromathérapie énergétique, p. 36). Qu’on ne s’étonne donc pas de trouver dans cette famille des huiles essentielles telles que le santal, la myrrhe, ou encore le nard de l’Himalaya…

Pour finir, listons brièvement les principales huiles essentielles de cette famille : achillée millefeuille, camomille allemande, cèdre de l’Atlas, curcuma, genévrier commun, gingembre officinal, hélichryse d’Italie, katrafay, myrrhe, nard de l’Himalaya, patchouli, santal blanc, vétiver, ylang-ylang.

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Une invitée du Printemps, la violette de Mars

Violette odorante

L’une des premières fleurs à se disputer le Printemps avec la primevère… Aussi l’appelle-t-on, parfois, fleur de Mars ou viole de carême.
On ne peut pas dire qu’elle manque d’atouts ni d’atours, bien que dans le langage symbolique des fleurs, la violette incarne l’amour timide, la modestie et l’humilité. Ce qui est, à la fois, vrai et faux. Cela se mesure, par exemple, à la manière qu’elle a d’envahir ou non l’espace en fonction des circonstances.

Démonstration.

La violette se développe à l’aide de ses racines rampantes qui produisent des stolons à la manière des fraisiers. Elle peut donc rapidement coloniser un territoire donné. Pour aider à sa propagation, la violette peut également faire appel aux fourmis (la violette est une espèce myrmécophile). Elle produit des graines qui sont enrobées d’une huile (élaïosone) dont sont très friandes les fourmis. Quand celles-ci transportent les graines de violette, elles se délectent de cette huile chemin faisant. Elles finissent par abandonner les graines, leur pique-nique achevé, parfois à plus d’un mètre du plan de violette d’origine. Ainsi ces graines germent et étendent davantage le territoire occupé. La violette est une colonisatrice et n’a donc rien de la modestie et de l’humilité qu’on lui prête à travers cette pratique d’extension territoriale.
De plus, si les laboureurs en vinrent à la surnommer « gâte-blé » cela ne doit rien au hasard. L’on sait qu’une graine de violette inhibe les capacités germinatrices d’un grain de blé se trouvant à proximité. Vous avez dit modeste ?
En revanche, en fonction de circonstances particulières, il est possible que la violette se cantonne à des zones plus réduites. C’est le cas de certains spécimens qui vivent très à l’ombre et qui modifient leur mode de pollinisation habituellement effectué par les insectes : ces dernières se fécondent par leur propre pollen. Snobs, en plus !

Bon. Il est vrai qu’avant ça, la violette a été largement chargée symboliquement. Depuis l’Antiquité. Les Romains, qui l’associèrent à Vénus, en firent une fleur d’amour et les Grecs celle de la virginité. Fleur de chagrin, on dit même qu’elle symbolise les larmes que versa Adam lors de son expulsion du jardin d’Éden.
Au Moyen-Âge, bien que connue du Mésnagier de Paris (traité culinaire), ce sont surtout les vertus médicinales de ses différentes parties qui sont vantées : résolutive et émolliente (feuilles), pectorale (fleurs), purgative (rhizome et graines).
A la Renaissance, Thibault Lespleigney indiquera, dans son Dispensiarum medicinarum, les trois fleurs cordiales que sont la bourrache, la buglosse et la violette. Cette dernière fera aussi partie des quatre fleurs pectorales (aujourd’hui au nombre de sept avec coquelicot, mauve, guimauve, bouillon-blanc, tussilage et pied-de-chat) dont les vertus adoucissantes et expectorantes permettent de traiter différentes affections bronchiques. Les vertus pectorales de la violette seront à nouveau soulignées par Laënnec. Pour interrompre une bronchite, il préconisait une eau-de-vie allongée d’une infusion bouillante de fleurs de violette.

Hormis cela, on reconnaît aujourd’hui à la violette bien d’autres propriétés : elle stimule le système circulatoire ainsi que le système immunitaire. Comme sa cousine la pensée tricolore, c’est un draineur cutané fort utile en cas d’acné, elle est fébrifuge également de part l’acide salicylique qu’elle contient (ne dit-on pas que pour se préserver de la fièvre durant toute une année, il faut manger la première violette qui se présente à soi au Printemps ?)

De la violette, on utilise toutes les parties. Si l’infusion de fleurs reste la préparation la plus connue, on pourra confectionner, à l’aide des feuilles, d’utiles cataplasmes pour des problèmes d’escarres, d’ulcères cutanés, de plaies, de gerçure des seins, etc. Quant aux rhizomes et aux graines, d’emploi plus délicat puisque purgatifs et vomitifs à haute dose, ils interviennent dans des problèmes d’indigestion et d’intoxication alimentaire.

Outre l’usage médicinal, la violette odorante est utilisée depuis longtemps en parfumerie. En cuisine, on utilisera autant les fleurs que les feuilles : les premières fraîches (décoration), cristallisées (confiserie, cf. les violettes de Toulouse) ou bien en sirops et liqueurs ; les secondes avec une salade ou bien dans une soupe.

Le genre Viola compte près de 500 espèces dont 91 en Europe et 19 en France. Parmi elles, la seule violette européenne qui soit odorante est donc Viola odorata.
Très commune, on la trouve aussi bien en plaine qu’en moyenne montagne sans qu’elle dépasse jamais les 1 000 m d’altitude. Elle affectionne les sols riches, on la trouvera très souvent près des habitations mais aussi dans les bois, les prairies, etc.

Vivace rustique d’une quinzaine de centimètres de hauteur, la violette odorante ne possède pas de tige mais seulement de longs pétioles et de longs pédoncules. Les premiers se terminent généralement par des feuilles cordiformes légèrement velues et/ou crénelées, les seconds par des fleurs violet foncé de 10 à 15 mm qui apparaissent au printemps (d’où son surnom de fleur de mars) entre mars et mai.
Les pièces florales sont blanchâtres à la base, parfois entièrement blanches (variété albinos), mais si elles perdent en couleur, elles conservent toutefois leur parfum délicat.

Violette odorante blanche

La violette en thérapie :

1. Parties utilisées : fleurs, feuilles, rhizome.

2. Propriétés médicinales : émolliente, expectorante, sudorifique, diurétique, dépurative, draineuse cutanée, stimulante du système immunitaire, stimulante du système circulatoire, antiseptique, veinotonique, laxative, vomitive, anti-inflammatoire, fébrifuge.

3. Usages thérapeutiques : bronchite, coqueluche, toux, angine, fièvre éruptive, inflammation du tube digestif et des voies urinaires, ulcère gastrique et/ou duodénal, maux de tête, insomnie, gerçures des seins.

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Le katrafay, huile essentielle malgache

Huile essentielle de katrafay (Cedrelopsis grevei)

Description :

Espèce végétale endémique à l’île de Madagascar, le katrafay, selon son exposition, est soit un arbuste de 2 m ou bien un arbre de 15.
Son tronc rugueux évoque assez celui du niaouli tandis que ses feuilles rappellent celles du ravintsara.
Les fleurs, jaunes et assez discrètes, donnent naissance à des capsules vertes qui noircissent avec le temps et dont on extrait une huile végétale.
Le katrafay est, avec le saro, l’un des nombreux arbres-médecine de la végétation malgache.

En écorçant le tronc du katrafay, on obtient de longues bandelettes que, parfois, on entortille tant et si bien qu’on en fait des pelotes comme nous le voyons ci-dessous :

Pelotes de Katrafay

Elles seront par la suite distillées à l’aide de la vapeur d’eau d’un alambic. L’huile essentielle obtenue est liquide et mobile, d’une couleur allant du jaune clair au jaune orangé. A première olfaction, ce sont des notes terreuses et légèrement âcres de gingembre et de curcuma qui montent au nez. Par la suite, on distingue le boisé et le balsamique, une sorte de chaleur douce évoquant assez l’arôme de l’huile essentielle de bois de rose (Aniba rosaeodora).

135 molécules forment cette huile essentielle dont une petite dizaine représente 50 % de la totalité. L’huile essentielle de katrafay contient donc une flopée de molécules présentes dans de très petites proportions pour certaines d’entre elles (de l’ordre de 0,005 %).
La famille moléculaire majoritaire se trouve être celle des sesquiterpènes (plus de 50 %), dont la représentante majeure est l’ishwarane (17 à 25 %). Le katrafay s’inscrit donc dans le groupe des huiles essentielles à sesquiterpènes dans lequel on range également le cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), la myrrhe (Commiphora molmol), le nard de l’Himalaya (Nardostachys jatamansi), le patchouli (Pogostemon cablin), etc. Elles ont toutes la particularité de présenter une excellente tolérance cutanée, ce qui n’est pas tout à fait un hasard si l’on considère le terrain d’action privilégié de ces huiles essentielles : la peau et ses affections. Le katrafay n’y fait pas exception. Je remercie au passage la société Astérale pour m’avoir fourni la CPG :)

Propriétés thérapeutiques :

  • Tonique, fortifiante, rééquilibrante des glandes surrénales
  • Décongestionnante
  • Anti-inflammatoire
  • Antihistaminique, antiprurigineuse
  • Antalgique
  • Inductrice du sommeil

Usages thérapeutiques :

  • Action sur les muscles, les articulations, les tendons : rhumatisme, arthrite, polyarthrite, douleurs musculaires, douleurs dorsales
  • Action sur la sphère cutanée : troubles cutanés persistants, allergies cutanées, eczéma, psoriasis, prurit, crevasses, gerçures, peaux sèches, brûlures
  • Fatigue, asthénie, surmenage, convalescence
  • Insomnie, troubles du sommeil
  • Maux de tête
  • Énurésie chez l’enfant

L’hydrolat aromatique de katrafay se charge d’autres maux : conjonctivite inflammatoire, fatigue oculaire mais aussi des peaux sèches, irritées et sensibles aux allergènes.

Modes d’emploi :

Pour l’huile essentielle : voie cutanée, voie orale, diffusion atmosphérique, olfaction
Pour l’hydrolat aromatique : compresse, pulvérisation

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Soigner une sinusite à l’aide des plantes

Il est bien possible que certains d’entre vous aient attrapé un vilain rhume, ce qu’en langage médical on appelle une rhinite et que l’on retrouve parfois associée à la pharyngite à travers la célèbre rhino-pharyngite. Parfois ça se complique et peut s’ajouter à l’ensemble une sinusite. C’est une affection qui peut paraître banale comme ça, mais… « lorsqu’un virus, un champignon, une bactérie ou une allergie affecte les muqueuses du nez, celles-ci réagissent en s’enflammant et en enflant, provoquant l’obstruction des sinus. Dès lors, le mucus n’est plus drainé normalement, et les virus ou bactéries peuvent se développer rapidement. Les sinusites commencent donc, dans la plupart des cas, par une rhino-pharyngite virale qui entraîne une altération des capacités épuratoires de l’appareil cilié naso-sinusien et peuvent évoluer vers une authentique sinusite bactérienne » (Source : Wikipedia).

Sinus

Hein, vous voyez c’est pas chouette quand même. Sans compter qu’elle s’accompagne d’une baisse du tonus, ce qui a pour conséquence une dégringolade de l’esprit créatif, un encombrement permanent entravant nos gestes (parce que, dégainer le mouchoir toutes les trois minutes, ça devient lourd, à la longue). Bref, avant de vous ruer chez l’ORL, il existe une petite recette très simple à réaliser. Il vous faudra :

  • 1 litre d’eau
  • 1 oignon émincé
  • 2 cuillères à soupe de vinaigre de cidre (ou de pommes, comme disent nos amis suisses)
  • 1 cuillère à soupe de gros sel
  • Du romarin, si possible frais. Si vous n’en avez pas, opter pour du romarin sec ou bien carrément son huile essentielle. Par ailleurs, la sauge officinale, le thym et le laurier peuvent se substituer au romarin

Placez l’eau ainsi que tous les ingrédients dans une casserole et portez le tout à ébullition. Dès que les premiers bouillons apparaissent, coupez le feu et couvrez : votre fumigation humide est prête. Vous imaginez la suite, armez vous d’une serviette, placez vos fosses nasales au-dessus de la casserole bouillante et respirez-en les vapeurs pendant au moins cinq bonnes minutes. Veillez à ne pas vous tenir trop prêt, ça chauffe dur là-dessous.
Vous allez ressentir un mieux-être immédiat. Mouchez-vous. La rhinorrhée, c’est-à-dire l’écoulement nasal, qui était jusqu’alors de couleur jaune plus ou moins soutenue devient plus incolore et moins épaisse. Avec le temps, vous vous rendrez compte que, bien que la nécessité de faire appel au mouchoir soit toujours présente, vous vous en servirez moins fréquemment qu’auparavant.

A la suite de cette fumigation, vos pores sont bien dilatés, aussi profitez-en pour procéder à l’application transcutanée locale (cf. photo ci-dessus) de la petite synergie suivante :

  • Une huile végétale fluide (noisette, noyau d’abricot, rose musquée, macadamia, etc.).
  • Une huile essentielle à oxydes telle que : ravintsara, myrte vert, romarin à 1-8 cinéole, eucalyptus globuleux, eucalyptus radié, laurier noble (au choix).

Elle aura pour conséquence de renforcer les effets de la fumigation en portant au plus près des sinus des huiles essentielles bien connues pour leurs nombreuses propriétés portant sur la sphère ORL.

Ci-après, une liste (non exhaustive) d’autres huiles essentielles utilisables en pareil cas : arbre à thé, bois de rose, camomille romaine, hélichryse d’Italie, hysope couchée, lavande aspic, marjolaine à coquilles, menthe poivrée, niaouli, palmarosa. Voilà. Avec ça, il y a de quoi faire.

Portez-vous bien ;-)

P. S. : réitérez plusieurs fois l’expérience, cela n’en sera que plus efficace.

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Comment diffuser les huiles essentielles ?

Il fut un temps pas si lointain où, dans les hôpitaux, on se livrait à des pratiques qui, pour le moins étranges qu’elles paraissent à nos yeux, n’étaient pas dénuées d’efficacité. Des infirmières baladaient un peu partout des bacs d’eau bouillante dans lesquels marinaient des feuilles d’eucalyptus. C’est ce qu’on appelle une fumigation humide dont le but était d’aseptiser l’atmosphère. Aujourd’hui, pour diffuser les arômes, on peut allègrement se passer d’une cuve d’acier zingué de 25 litres… ^^ puisqu’on trouve dans le commerce différents dispositifs permettant de diffuser les huiles essentielles. Il en existe à tous les prix, de diverses qualités et… efficacité. Répertorions donc ce qui se fait dans ce domaine.

  • Le brûle parfum

Objet le plus souvent esthétique, il est parfois employé comme diffuseur. Le hic, c’est qu’il a rapidement tendance à cuire les huiles essentielles, tant et si bien qu’il faut en rajouter souvent, additionnées d’eau, dans le réceptacle prévu à cet effet. Comme son nom l’indique, il brûle les huiles essentielles, pour cela il demeure inefficace et bien trop gourmand.

brûle-parfum

  • La rondelle sur ampoule

Peu chère, elle cherche à bénéficier de la chaleur d’une ampoule afin de disperser dans l’atmosphère le produit qu’on y aura versé pur. Malheureusement, le souci réside dans le point évoqué précédemment : l’ampoule développe bien trop de chaleur pour que les huiles essentielles puissent y résister correctement. Chauffées à une température trop élevée, elles sont susceptibles de voir leur composition biochimique se modifier. De plus, je ne suis pas certain que les huiles essentielles apprécient grandement le rayonnement électro-magnétique des ampoules qui, soit dit en passant, est pire chez les ampoules à économie d’énergie que chez les ampoules classiques.

  • Le galet sur radiateur

Bénéficiant d’une chaleur plus douce, quelques gouttes déposées sur le galet permettent de libérer les effluves parfumées dans l’atmosphère de manière plus respectueuse vis-à-vis des huiles essentielles. Cependant, son rayon d’action reste limité (impossible de l’utiliser durant la saison chaude à moins d’allumer le radiateur, ni de le déplacer où l’on souhaite).

  • Le diffuseur électrique à chaleur douce

Une coupelle dans laquelle on place un peu d’eau et les gouttes d’huile essentielle est chauffée très légèrement par une résistance électrique située à l’intérieur de l’appareil. Cela n’est pas un mauvais produit (notons au passage que certains diffuseurs de ce type sont très mauvais), mais il devra se limiter à des pièces de faible volume.

  • Le diffuseur à ventilateur

Un petit moteur entraîne une roue à palettes. On dispose quelques gouttes sur un tapis en mousse, le mouvement d’air produit par le ventilateur chasse les molécules aromatiques aux environs. La faible puissance de l’objet, son aspect gadget, ne permet en rien d’obtenir un résultat correct, loin de là. Autant placer les huiles essentielles sur le filtre d’un aspirateur, cela sera autrement plus efficace.

  • Le diffuseur à ultrasons

Là, on a affaire à la Rolls des diffuseurs. Mais attention, cela dissimule bien des tacots.

Certains se présentent sous la forme d’une vasque contenant un moteur doté d’une lentille en céramique qui, par vibration ultrasonique, va dégager un nuage de brume composé de micro-gouttelettes d’eau mêlée aux huiles essentielles. Le souci, avec ce type d’appareillage, c’est qu’en l’absence de tout ventilateur, le nuage de brume reste contigu à l’appareil et se disperse donc assez mal. Qui plus est, l’eau va finir par retomber tout autour du diffuseur et finira tôt ou tard par « inonder » les alentours, alors qu’un diffuseur muni d’un système de soufflerie projette un « jet » de brume aromatique de manière énergique et à bonne distance. Ainsi, les arômes ne stagnent pas à portée du diffuseur.

Diffuseur à vasque

Les matériaux employés dans la fabrication d’un diffuseur peuvent être également source de désagréments. Certains utilisateurs de diffuseurs en plastique (made in China, surtout) déplorent le fait que la diffusion d’huiles essentielles s’accompagne parfois d’une odeur de plastique. Par ailleurs, certains diffuseurs constitués de matière plastique sont fragiles. Moins onéreux à l’achat, beaucoup de diffuseurs de ce type deviennent défectueux quand ils ne finissent pas par s’encrasser avant de tomber en panne.

C’est alors qu’il faut se tourner vers plus cher mais plus efficace, c’est-à-dire vers un diffuseur qui fait ce pour quoi il a été conçu. On peut alors acquérir un système avec verrerie qui, bien entendu, demeure relativement fragile.

Diffuseur à verrerie

Vous l’aurez compris, le marché des diffuseurs d’huiles essentielles est une telle jungle qu’il n’est pas impossible d’avoir affaire à un produit défaillant, inadapté, fragile, mal pensé et mal conçu, etc. Ce qui est fort dommageable surtout s’il s’agit d’un premier achat.
Ainsi, avant tout achat, renseignez-vous (et pas uniquement auprès des vendeurs de magasins spécialisés dont beaucoup n’y connaissent rien). Consultez et comparez les avis et les commentaires des clients sur les sites internet de grandes centrales d’achat. Exigez d’un fabricant qu’il vous communique toute documentation relative à tel ou tel diffuseur qu’il produit si jamais ces données sont indisponibles. Si vous connaissez un magasin proposant ce type de produits à la vente, demandez qu’on vous fasse une démonstration (en effet, qui achèterait une voiture ou un vêtement sans l’essayer ?). En résumé : prenez toutes les précautions nécessaires avant achat au risque de le regretter par la suite, ce qui n’est pas l’objectif.
Enfin, il faut savoir que ce type de produits, comme beaucoup d’autres, est soumis à des « innovations » galopantes. Les modèles changent rapidement, les pièces de rechange deviennent vite introuvables, etc.

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Découvrez mon nouveau livre !

Interview à propos d’Animaux-totems & Roue-médecine

interview-de-Gilles-Gras

Comme j’ai dévoré terminé le livre de Gilles Gras (si vous voulez avoir mon avis, c’est par là => retour sur le livre Animaux-totem & Roue-médecine), j’ai souhaité en savoir plus et vous en faire profiter. Je remercie Gilles de s’être prêté à l’exercice et je vous laisse découvrir ici son ressenti. ;-)

1. Gilles, peux-tu nous présenter en quelques mots ton ouvrage ?

Son titre en dit déjà beaucoup à lui seul. Il condense dans une première partie la conception que je me fais des animaux-totems bien éloignée des stéréotypes qu’on rencontre parfois. Puis il aborde ce qu’est le concept virtuel de roue-médecine et l’implication des animaux-totems au sein de ce système.

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Comment utiliser les huiles essentielles par voie cutanée ?

Nous avons vu dans un précédent article quelles étaient les différentes manières d’ingérer les huiles essentielles. Aujourd’hui, nous nous appliquerons à recenser les protocoles permettant de tirer au mieux profit d’une interface dont la superficie avoisine 2 m² : la peau.

Bien que de façon globale les applications cutanées présentent moins de « danger » que l’ingestion, il n’est nullement question d’y aller à la hussarde, puisque toute application cutanée doit procéder d’une réflexion à travers laquelle on ne peut faire l’économie d’un certain nombre de critères : dilution (ou pas), fréquence et durée des applications, type de peau (prendre en compte le potentiel allergisant de certaines molécules aromatiques), âge, constitution de la personne…

Pures ?

Dans certains cas il est envisageable d’employer les huiles essentielles pures :

  • Les gestes d’urgence : un doigt coincé dans une porte ? Menthe poivrée ! Une piqûre d’abeille ? Lavande aspic ! Ce sont des gestes occasionnels qui ne sauraient être systématiques en dehors de toute situation d’urgence.

  • Les huiles essentielles jouissant d’une excellente tolérance cutanée (HE à sesquiterpènes telles que nard, patchouli, santal blanc, etc. ; ravensare aromatique et quelques autres).

  • L’embaumement vivant : réservé aux spécialistes, il consiste en une application d’une grande quantité d’huile essentielle (10 à 20 ml) sur la quasi totalité du corps.

Notons que la tolérance cutanée est variable d’une personne à l’autre, d’une huile essentielle à l’autre. Par ailleurs, il est important de conserver à l’esprit que l’utilisation d’une huile essentielle à l’état pur doit être soumise à condition, d’où la réflexion préalable afin d’éviter tout désagrément.

massage

Diluées ?

Si oui, plusieurs substrats sont possibles. Et le choix de tel ou tel ne doit pas être abandonné au hasard.

  • Les huiles végétales : on distingue les huiles végétales dites épaisses (olive, amande douce, avocat) des huiles végétales fluides (noisette, macadamia, rose musquée). Les premières sont particulièrement adaptées pour travailler en surface tandis que les secondes traversent plus facilement la barrière cutanée. On n’emploiera donc pas indifféremment les unes et les autres. Par exemple, le type d’affection permet déjà de faire un choix pertinent. Si l’on souhaite procéder à des applications en surface (eczéma, coup de soleil, etc.), on optera pour une huile végétale épaisse. En revanche, pour des affections plus profondes (douleurs musculaires et/ou articulaires, sciatique…), on choisira une huile végétale fluide qui portera d’autant mieux les huiles essentielles vers le siège de l’affection. Bien entendu, ces huiles, qu’elles soient fluides ou épaisses, ne sont pas que de simples substances inertes permettant la seule dilution des huiles essentielles. Chacune d’elles peut être employée en raison de ses propres qualités thérapeutiques. Par exemple, en cas de coup de soleil, on peut choisir une huile végétale anti-inflammatoire (macérât de millepertuis) additionnée d’une huile essentielle visant le même but (lavande aspic).

Rappel : une synergie n’est pas seulement un mélange d’huiles essentielles. Une huile végétale et une huile essentielle constituent, à elles deux, une synergie. Etymologiquement, le mot synergie veut dire « je travaille avec ». Dans le cas exposé ci-dessus, le millepertuis travaille donc main dans la main avec la lavande aspic.

  • Si les huiles végétales sont souvent employées avec les huiles essentielles, il existe d’autres matières à même de se mêler à elles : les argiles. Qu’elles soient vertes, blanches ou roses, tout comme les huiles végétales, elles ont chacune des propriétés spécifiques et peuvent être utilisées de diverses manières : masque, cataplasme, emplâtre.
  • L’alcool offre la possibilité à toute huile essentielle de s’y diluer. Grâce aux synergies élaborées à base d’alcool, on peut employer le produit obtenu par friction. De même, des applications à l’aide de compresses stériles sont également possibles.
  • Enfin, d’autres substances telles que le miel et le jaune d’œuf peuvent tout à fait servir de base de dilution aux huiles essentielles.

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