Comment utiliser les huiles essentielles par voie cutanée ?

Nous avons vu dans un précédent article quelles étaient les différentes manières d’ingérer les huiles essentielles. Aujourd’hui, nous nous appliquerons à recenser les protocoles permettant de tirer au mieux profit d’une interface dont la superficie avoisine 2 m² : la peau.

Bien que de façon globale les applications cutanées présentent moins de « danger » que l’ingestion, il n’est nullement question d’y aller à la hussarde, puisque toute application cutanée doit procéder d’une réflexion à travers laquelle on ne peut faire l’économie d’un certain nombre de critères : dilution (ou pas), fréquence et durée des applications, type de peau (prendre en compte le potentiel allergisant de certaines molécules aromatiques), âge, constitution de la personne…

Pures ?

Dans certains cas il est envisageable d’employer les huiles essentielles pures :

  • Les gestes d’urgence : un doigt coincé dans une porte ? Menthe poivrée ! Une piqûre d’abeille ? Lavande aspic ! Ce sont des gestes occasionnels qui ne sauraient être systématiques en dehors de toute situation d’urgence.

  • Les huiles essentielles jouissant d’une excellente tolérance cutanée (HE à sesquiterpènes telles que nard, patchouli, santal blanc, etc. ; ravensare aromatique et quelques autres).

  • L’embaumement vivant : réservé aux spécialistes, il consiste en une application d’une grande quantité d’huile essentielle (10 à 20 ml) sur la quasi totalité du corps.

Notons que la tolérance cutanée est variable d’une personne à l’autre, d’une huile essentielle à l’autre. Par ailleurs, il est important de conserver à l’esprit que l’utilisation d’une huile essentielle à l’état pur doit être soumise à condition, d’où la réflexion préalable afin d’éviter tout désagrément.

massage

Diluées ?

Si oui, plusieurs substrats sont possibles. Et le choix de tel ou tel ne doit pas être abandonné au hasard.

  • Les huiles végétales : on distingue les huiles végétales dites épaisses (olive, amande douce, avocat) des huiles végétales fluides (noisette, macadamia, rose musquée). Les premières sont particulièrement adaptées pour travailler en surface tandis que les secondes traversent plus facilement la barrière cutanée. On n’emploiera donc pas indifféremment les unes et les autres. Par exemple, le type d’affection permet déjà de faire un choix pertinent. Si l’on souhaite procéder à des applications en surface (eczéma, coup de soleil, etc.), on optera pour une huile végétale épaisse. En revanche, pour des affections plus profondes (douleurs musculaires et/ou articulaires, sciatique…), on choisira une huile végétale fluide qui portera d’autant mieux les huiles essentielles vers le siège de l’affection. Bien entendu, ces huiles, qu’elles soient fluides ou épaisses, ne sont pas que de simples substances inertes permettant la seule dilution des huiles essentielles. Chacune d’elles peut être employée en raison de ses propres qualités thérapeutiques. Par exemple, en cas de coup de soleil, on peut choisir une huile végétale anti-inflammatoire (macérât de millepertuis) additionnée d’une huile essentielle visant le même but (lavande aspic).

Rappel : une synergie n’est pas seulement un mélange d’huiles essentielles. Une huile végétale et une huile essentielle constituent, à elles deux, une synergie. Etymologiquement, le mot synergie veut dire « je travaille avec ». Dans le cas exposé ci-dessus, le millepertuis travaille donc main dans la main avec la lavande aspic.

  • Si les huiles végétales sont souvent employées avec les huiles essentielles, il existe d’autres matières à même de se mêler à elles : les argiles. Qu’elles soient vertes, blanches ou roses, tout comme les huiles végétales, elles ont chacune des propriétés spécifiques et peuvent être utilisées de diverses manières : masque, cataplasme, emplâtre.
  • L’alcool offre la possibilité à toute huile essentielle de s’y diluer. Grâce aux synergies élaborées à base d’alcool, on peut employer le produit obtenu par friction. De même, des applications à l’aide de compresses stériles sont également possibles.
  • Enfin, d’autres substances telles que le miel et le jaune d’œuf peuvent tout à fait servir de base de dilution aux huiles essentielles.

© Books of Dante – 2014

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Rosa et caetera

Image

S’il est bien une plante qui possède une ambivalence que d’autres ne lui contestent pas, c’est bien la Rose. Il est vrai qu’elle appartient à tous et à personne dans le même temps, elle semble insaisissable…

C’est pourquoi, afin de faire un peu de clarté sur la Rose, je me suis autorisé à élaborer un petit organigramme qui, je le souhaite, aura sa petite utilité. Bien entendu, je n’y inclue volontairement pas les 45 000 et quelques sortes de roses qui existent de par le monde à ce jour. Seules sont abordées celles qui sont douées de vertus médicinales et pour lesquelles beaucoup d’encre a coulé à ce jour.

Comme indiqué sur cet organigramme, le rosier originel était déjà présent il y a plus de 40 millions d’années. Certes, il devait être fort différent de l’image que l’on se fait instinctivement de la rose. Peut-être avait-il quelque ressemblance avec ce que nous nommons aujourd’hui, Rosa canina, notre bien actuel églantier dont un des cousins, Rosa moschata, présente des caractères fort similaires : rosacées tous les deux, leurs fleurs – simples – ne sont composées que de cinq pétales rose pâle.

Tout ces ancêtres n’ont que peu à voir avec les rosiers dits modernes. Si leurs qualités ornementales sont moindres, ils conservent pour eux des propriétés médicinales indéniables que la rose moderne ne viendrait pas leur chipoter.

Cet organigramme – petit arbre généalogique – montre donc les différents liens qui unissent une petite dizaine de plantes : la rose de Provins et la rose de Damas qui, issues de la même mère mais de père différent, sont donc demi-soeurs, mais également d’autres roses plus « périphériques » mais néanmoins importantes : par exemple, la Rosa x alba – la rose blanche d’York – dont Michel Joyaux nous dit qu’« on a aussi cultivé, en Bulgarie, la rose blanche, plus rustique que la rose de Damas : on l’utilisait souvent pour constituer des haies de protection autour des champs de roses de Damas ». Nous retrouvons aussi la Rosa x centifolia qui est, à l’heure actuelle, avec la rose de Damas, la seule rose dont on distille les pétales en vue d’en extraire une essence destinée principalement à l’industrie de la parfumerie.

© Books of Dante – 2013

Huile végétale de rose musquée du Chili (Rosa mosqueta)

Très proche botaniquement de l’églantier (Rosa canina), le rosier musqué est endémique du territoire américain et pousse plus particulièrement dans les Andes chiliennes.

Tout comme son cousin européen, le rosier musqué du Chili produit des fruits – les cynorhodons – extrêmement riches en vitamine C. Mais, en ce qui nous concerne, ce qui nous intéresse se cache à l’intérieur de ces mêmes fruits, à savoir : les akènes (graines) dont on exprime à froid l’huile qu’ils contiennent. L’huile végétale ainsi obtenue est particulièrement riche en acides gras polyinsaturés (80 %) lesquels sont nécessaire à la bonne régénération cellulaire et permettent également aux parois cellulaires de demeurer souples.

Rose musquée

Composition :

* Acide linolique (44 %), acide alpha-linolénique (36 %), acide oléique (16 %), acide palmitique (3 %), acide stéarique (1 %), vitamines A, D, E, K

Huile végétale fluide extraite des akènes (graines) qui se trouvent dans les cynorhodons. De couleur orange et à la franche odeur de graines fraîches.

Propriétés thérapeutiques :

* Nourrissante cutanée, régénératrice cellulaire, cicatrisante, tenseur cutané, protectrice solaire, radioprotectrice, anti-oxydante

Usages thérapeutiques :

* Brûlures, en prévention d’un traitement de radiothérapie (en compagnie des huiles essentielles de lavande fine, de niaouli et/ou d’arbre à thé), cicatrices, chéloïdes, crevasses, escarres, acné, psoriasis, eczéma, vieillissement cutané, rides, taches de vieillesse, peaux déshydratées, sèches, fragiles, ternes, couperose, vergetures, coups de soleil

Modes d’emploi :

* Cette huile végétale est particulièrement adaptée à des emplois qui touchent la couche cornée et l’épiderme.

* Elle peut être associée à une ou plusieurs autres huiles végétales ainsi qu’à une ou plusieurs huiles essentielles en fonction du résultat escompté bien entendu.

Huiles végétales

Huiles essentielles

Cicatrices

Rose musquée, calendula, macadamia

Bois de rose, carotte, néroli, ciste, rose de Damas, patchouli, encens, santal blanc, sauge sclarée, etc.

Brûlures

Rose musquée, amande douce, argan

Camomille romaine, encens, niaouli, géranium, lavande aspic, lavande fine, ylang-ylang, etc.

Protection solaire

Rose musquée, calophylle inophyle, olive, avocat,

Lavande fine, niaouli, ylang-ylang, etc.

Précautions d’emploi :

* L’oxygène, la chaleur et la lumière sont les ennemis de l’huile végétale de rose musquée. Il faudra donc veiller à la conserver au réfrigérateur afin qu’elle ne s’oxyde et ne s’altère pas.

© Books of Dante

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