Le clou de girofle

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Le clou de girofle a une histoire et elle dépasse largement le contexte culinaire. Fruit d’un arbre endémique de l’archipel des Moluques en Indonésie, le clou de girofle débute sa carrière en médecine ayurvédique, il y a plus de 3 500 ans. Bizarrement, les Chinois, géographiquement proches, ne s’en seront pas encore emparés. Plus curieux, à une époque assez similaire, on retrouve le clou de girofle en Égypte : des colliers de clous ont été découverts en compagnie de momies. Les Égyptiens de l’Antiquité estimaient que de tels colliers éloignaient les sortilèges. Cela ne vous rappelle rien ? Se balader, où qu’on aille, avec une petite boîte remplie de diverses épices et aromates pendu au cou jouait peu ou prou le même rôle au XVIII ème siècle en France. En Europe du nord, on rencontre une pratique assez semblable : une pomme, ensuite une orange, piquée de clous de girofle, comme protection contre la peste, autre forme de sortilège… [En lire plus ?]

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La cannelle

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La cannelle, bien que fort connue, semble détenir en elle le mystère de ses origines. Elle est inscrite en lettres de feu dans le bencao de Shen-Nung, soit le document le plus ancien de la médecine traditionnelle chinoise portant entre autres sur les plantes. Daté du vingt-septième siècle av. J.C., c’est la plus ancienne trace écrite mentionnant la cannelle que, selon toutes apparences, les Chinois connaissaient déjà fort bien à l’époque. En Chine ancienne, on considérait la cannelle comme un fortifiant, matière susceptible de régénérer l’énergie vitale, c’est-à-dire le Qi…

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Le manuka, « arbre à thé » de Nouvelle Zélande

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Si l’on connaît mieux le miel de couleur bitumeuse que les abeilles fabriquent avec le manuka, on en sait beaucoup moins sur son huile essentielle, bien qu’on trouve çà et là des flacons dans certaines boutiques européennes. Comme cela a été le cas de l’arbre à thé, le manuka s’inscrit tout d’abord dans la pharmacopée néo-zélandaise avant d’avoir été timidement importé jusqu’à nous. On a tant parlé et étudié l’huile essentielle d’arbre à thé depuis des décennies, que notre petit manuka pourrait faire pâle figure, tant les sources qui le concernent sont relativement réduites. Cependant, à l’exposé des quelques informations qui vont maintenant suivre, on peut estimer que l’huile essentielle de manuka est promise à un bel avenir, à la manière du ravintsara, par exemple.

Description et composition

Cette huile essentielle assez souvent incolore (ou bien jaune très pâle) est liquide, limpide et fluide. D’une densité proche de l’eau, elle déploie une identité olfactive intéressante, à la fois douce et fruitée.

Propriétés thérapeutiques

  • Anti-infectieuse : antifongique majeure, antibactérienne à large spectre d’action, antivirale, antiparasitaire, antiseptique atmosphérique
  • Immunostimulante
  • Expectorante, mucolytique
  • Anti-inflammatoire
  • Antioxydante
  • Cicatrisante
  • Équilibrante nerveuse, calmante, sédative
  • Antihistaminique

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère respiratoire + ORL : bronchite, catarrhe bronchique, rhume, sinusite, grippe, toux
  • Troubles de la sphère bucco-dentaire : gingivite, infection gingivale, gencives saignantes, ulcères buccaux, aphte, stomatite, amygdalite, halitose
  • Troubles cutanés (y compris d’origine parasitaire, fongique, virale et bactérienne) : zona, herpès labial, herpès génital, teigne, gale, lichen plan, eczéma, psoriasis, abcès, ulcère, furoncle, acné, boutons, plaie, coup de soleil, brûlure légère, ampoule, verrue, cors, pied d’athlète
  • Piqûres d’insectes (tique, moustique, aoûtat), d’ortie, etc.
  • Dysplasie du col
  • Rhumatismes, douleurs articulaires aiguës
  • Phlébite
  • Allergie, rhume des foins

Contre-indications

Pas chez la femme enceinte durant les trois premiers mois de grossesse, ni chez la femme qui allaite. Pas chez le bébé et le jeune enfant.

Pourquoi je préfère cette huile essentielle à celle d’arbre à thé

Bien que l’huile essentielle d’arbre à thé se révèle moins onéreuse à l’achat, l’huile essentielle de manuka, toutes proportions gardées, semble beaucoup plus efficace que l’arbre à thé d’un point de vue anti-infectieux. Déjà que l’arbre à thé est considéré comme une locomotive dans ce domaine, c’est dire ! Ensuite, le manuka est beaucoup moins sujet à l’oxydation que l’arbre à thé, cela lui assure donc un délai de conservation supérieur. Sesquiterpènes et cétones impliquent une excellente tolérance cutanée, tandis que l’arbre à thé peut provoquer des dermites irritatives. Enfin, son odeur est beaucoup plus agréable que celle de l’arbre à thé qui est, disons, rébarbative ^^

Seul bémol : la présence de cétones dans l’huile essentielle de manuka en restreint l’accès à la femme enceinte et à celle qui allaite, ainsi qu’aux enfants, alors que ce n’est pas le cas de l’arbre à thé aux doses normalement physiologiques.

© Books of Dante – 2014

Un p’tit tour dans la boutique ? :)

Les huiles essentielles à oxydes

Avec un nom pareil, on pourrait s’attendre à quelque chose d’acide et de corrosif. C’est, du moins, ce qu’indique l’étymologie de ce mot. Mais il existe des oxydes alcalins, ce qui n’est pas le cas des huiles essentielles (heureusement !), encore moins de celles contenant des oxydes, dont le pH est plus ou moins acide. Cependant un certain nombre d’huiles essentielles sont constituées de molécules que l’on a regroupées sous le substantif d’oxydes. Découvrons-les, apprenons à les connaître.

Contrairement à d’autres classes moléculaires, celle des oxydes est relativement peu fournie dès lors qu’on recherche leur présence au sein des huiles essentielles :

  • 1.8 cinéole (ex eucalyptol) : eucalyptus globuleux (70 à 85 %), eucalyptus smithii (70 à 85 %), eucalyptus radié (60 à 75 %), cajeput (45 à 70 %), niaouli (40 à 60 %), ravintsara (52 à 58 %), saro (45 à 55 %), laurier noble (40 à 50 %), romarin officinal à cinéole (50 %), cardamome verte (30 à 45 %), lavande aspic (30 à 40 %), hélichryse mâle (20 à 30 %), romarin officinal à camphre (10 à 25 %), myrte commun (20 %)
  • Linaloloxyde : hysope couchée (55 à 60 %)
  • Pipéritonoxyde : menthe sylvestre (70 %)
  • Ascaridiole : boldo (16 à 25 %), chénopode vermifuge (40 à 80 %)
  • Menthofurane : menthe suave (52 %)

Nous nous concentrerons uniquement sur la première d’entre elles, la moins rare dans bien des huiles essentielles d’usage courant. Les autres, simplement mentionnées ici à titre indicatif, ne se prêtent pas véritablement à la pratique d’une aromathérapie quotidienne de par leurs propriétés neurotoxique et abortive (boldo, chénopode, menthe sylvestre, menthe suave). Seule l’huile essentielle d’hysope couchée peut être employée sans dommage aux doses physiologiques et sans crainte de regrettables effets secondaires.

1-8 cinéole
Molécule de 1.8 cinéole

Propriétés du 1.8 cinéole

  • Anti-infectieux à très large spectre d’action : antibactérien, antiviral, antifongique, antiseptique atmosphérique
  • Immunomodulant
  • Expectorant, mucolytique, décongestionnant respiratoire
  • Positivant
  • Tonique circulatoire
  • Tonique psychique

Domaines d’action du 1.8 cinéole

  • Grippe, bronchite, rhinopharyngite, rhume, sinusite, laryngite, trachéite, toux sèche, refroidissement…
  • Hépatites et entérites virales
  • Mycoses cutanées, gynécologiques et digestives
  • Douleurs arthritiques, rhumatismales et névralgiques
  • Déficience immunitaire grave
  • Asthénie nerveuse et physique, fatigue, burn out
  • Plaies, acné, herpès labial

Précautions d’emploi

Cette molécule jouit d’une excellente tolérance cutanée aux doses normales. A doses élevées, elle peut occasionner un assèchement de la peau et des muqueuses. En usage interne, un surdosage devient problématique. On observe tout d’abord des nausées et des vomissements, ainsi que des diarrhées. Au-delà, ce sont une altération de la conscience, des difficultés respiratoires, une hypotension et une hypothermie qui apparaissent. On évitera l’emploi d’huiles essentielles à 1.8 cinéole chez le sujet épileptique. De même, les huiles essentielles à 1.8 cinéole trafiqué (1.8 cinéole de synthèse) sont susceptibles de provoquer une crise d’asthme chez le sujet asthmatique.

© Books of Dante – 2014

La myrrhe : parfum, encens, médicament…

myrrhe

Bien que l’usage thérapeutique de la myrrhe soit tombé dans une relative désuétude, il n’en reste pas moins qu’elle jouit depuis fort longtemps d’un statut tel qu’elle est, par exemple, citée dans la Bible. Les Égyptiens l’utilisaient lors des procédures d’embaumement, il y a de cela trois à quatre mille ans. C’est sans doute eux qui firent de la myrrhe l’une des plus anciennes substances employées en cosmétique ainsi qu’en parfumerie. En Égypte antique, elle était rituellement brûlée le soir et entrait dans la composition du kyphi – l’un des parfums sacrés égyptiens – et donc voici la liste des ingrédients rapportée par Plutarque : « C’est un mélange composé de seize ingrédients : miel, vin, raisin, souchet, résine, myrrhe, aspalathos, séselis, lentisque, bitume, jonc et patience auxquels on ajoute des grains de genévrier, du cardamome et du calame. Le mélange des ingrédients ne s’effectue pas au hasard, mais selon des recettes sacrées que l’on lit aux parfumeurs pendant la préparation. »
Ainsi, dès l’Antiquité, la myrrhe est-elle encens sacré et matière à parfum extrêmement recherchée, que ce soit chez les Grecs, les Romains, les Égyptiens, les Hébreux ou les Perses. Il y a près de trente-cinq siècles de cela, la reine égyptienne Hatchepsout organisa des expéditions sur la côte des Somalis pour en importer de l’or, de l’ébène, de l’ivoire, des animaux, mais par-dessus tout de la myrrhe, cette gomme résineuse qui peut naturellement exsuder d’un petit arbuste que l’on appelle communément arbre à myrrhe. Ce sont vraisemblablement les effets antifongiques et bactéricides de la myrrhe qui intéressèrent les embaumeurs égyptiens. Ce fut une matière végétale très étroitement liée à la mort, puisque les bandelettes – vêtements de lumière – utilisées lors des embaumements étaient abondamment imprégnées de myrrhe. Il est somme toute normal que les Égyptiens virent en elle matière à embaumement et qu’elle fut retrouvée bien plus tard dans de nombreux sarcophages. La myrrhe est donc liée « à l’énergie nocturne, à l’obscurité et à la mort car elle servait à l’embaumement des défunts en vue de leur assurer la vie éternelle au pays du soleil couchant. » De plus, lorsque les Égyptiens célébraient leurs morts à l’occasion de banquets, ils se frictionnaient le cuir chevelu à l’aide d’un onguent parfumé de myrrhe, alors que les Hébreux la mêlaient au vin afin d’obtenir un breuvage sédatif qu’on administrait aux mourants afin d’atténuer leurs souffrances. Cette symbolique mortuaire se retrouve en l’image du phénix qui « dispose de la myrrhe te de l’encens […] pour construire son nid, il va même jusqu’à les véhiculer, avant de se consumer sur le bûcher qu’il a dressé en amoncelant les substances parfumées de toutes espèces. »
De l’autre côté de la Méditerranée, les Grecs firent eux aussi grand cas de la myrrhe. Comme ils le font encore aujourd’hui avec le retsina, un vin blanc additionné de résine de pin, ils mélangeaient au vin de la myrrhe. Démocrite, mentionne l’existence, au V ème siècle av. J.C., de l’hermesias, un mélange composé de safran, de miel, de pignons de pin broyés, de lait et de vin de palmier. Il était conseillé « d’en boire avant de procréer, après la conception, ainsi qu’aux mères qui allaitent afin d’obtenir des enfants remarquables par les dons de l’esprit et la beauté. »
Tandis que les Égyptiens voyaient dans la myrrhe la symbolisation des larmes d’Horus, selon la mythologie grecque, la myrrhe serait née des relations incestueuses de Myrrha avec son père Cinyrus. Aphrodite, jalouse de la beauté de la jeune fille, instilla en elle la folle idée de l’inceste. « Lorsque son père s’aperçut de la faute à laquelle sa fille l’avait amené par ruse, il la poursuivit pour la tuer. Suppliant les dieux de la protéger, ceux-ci la transformèrent en arbre à myrrhe, aux larmes de résine odorante », quoique amères.

Myrrha

Couramment brûlée lors d’offices religieux afin d’honorer les divinités (cf. le papyrus magique de Leyde), la myrrhe brille par sa présence au sein du Cantique des cantiques, dans lequel elle n’est citée pas moins de sept fois ! Elle semble lourdement chargée d’érotisme comme semble nous l’indiquer le passage suivante : « Mon bien-aimé est un sachet de myrrhe qui repose entre mes seins. » Sachant que la myrrhe est anaphrodisiaque, il est sans doute bon de ne pas prendre cette allégation au pied de la lettre, mais plutôt d’y voir une référence à l’amour christique, même si on peut en douter. Cependant, le grand papyrus magique de Paris parle de la myrrhe dans un sens assez similaire lorsqu’il dit ceci : « Tu es la myrrhe, la myrrhe amère, la forte [à ne pas confondre avec la myrrhe douce, c’est-à-dire le bdellium ou opopanax], celle qui pacifie les combattants, toi qui fais sécher et contrains à aimer ceux qui ne connaissent pas Éros »…

N’oublions pas Gaspard, l’un des trois rois mages, venu apporter la myrrhe à l’enfant Jésus… De même, n’omettons pas de préciser que le Christ fut embaumé d’un mélange d’aloès et de myrrhe, cette dernière incarnant une symbolique de finitude terrestre et de déliquescence charnelle… Il est plus probable que la myrrhe offerte à Jésus n’en fut pas. Il s’agirait vraisemblablement de stacté – dont Pline l’Ancien nous dit qu’il était bien plus précieux que la myrrhe -, c’est-à-dire une substance fabriquée à partir du bois de l’arbre à myrrhe, que l’on cuisait dans l’eau, puis que l’on filtrait.

Certains trouvent dans le parfum de l’huile essentielle de myrrhe comme une « odeur d’hôpital », ce que ne dément pas l’ambiance un peu « fraîche », sinon « froide », qu’elle peut produire en fumigation, ainsi que l’odeur du champignon mêlée de sous-bois et d’humus que dégage cette huile essentielle. Malgré cela, la myrrhe, davantage peut-être que l’encens d’oliban, est véritablement l’huile du mystique, elle suscite méditation, contemplation et admiration religieuse.

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Grand arbuste ou petit arbre, l’arbre à myrrhe excède rarement trois mètres de hauteur. Épineux et buissonnant, il présente un ensemble de branches noueuses et enchevêtrées. Ses feuilles, petites et ovales, sont constituées de trois folioles. Durant l’été, de petites fleurs rouges couvrent l’arbuste alors que son tronc se boursoufle de cloques. Naturellement, la myrrhe s’écoule de ces gonflements du bois. Elle forme des larmes rougeâtres ou jaunâtres, irrégulières, lisses ou rugueuses, à cassure vitreuse ou huileuse. Elle se récolte également après avoir entaillé l’écorce de l’arbre. De la même manière, les larmes apparaissent.
On trouve ce petit arbre au nord-est de l’Afrique, dans la péninsule arabique ainsi qu’en Asie occidentale. Les principaux pays producteurs sont le Yémen, l’Éthiopie, l’Arabie, l’Iran et l’Érythrée.

La myrrhe en aromathérapie

Description et composition

On ne peut pas dire que la fille ait fait les choses à moitié. Elle recèle des molécules à nulles autres pareilles, et dont les noms « exotiques » nous rappellent que la myrrhe n’est pas native de nos terres grasses et boisées ; sèches et chaudes, en réalité. En très grande partie, ces molécules se regroupent sous la bannière des sesquiterpènes, jusqu’à 80, voire 90 % du totum. L’huile essentielle de myrrhe n’est pas sans rappeler celles de nard de l’Himalaya, de cèdre de l’Atlas, de patchouli, d’ylang-ylang… par cette forte proportion de sesquiterpènes. Ce sont les concrétions cristallines que l’on distille à la vapeur d’eau. Les larmes de myrrhe, dont la taille va de celle d’une noisette à celle d’un œuf de passereau (on trouve parfois des larmes de 200 g, bien que rarement), donnent, à la sortie de l’alambic, une huile essentielle « lourde », épaisse ; c’est un liquide de couleur ambré, brun jaunâtre ou davantage rougeâtre. Boisé, épicé, balsamique, oriental, tels sont les adjectifs auxquels on peut faire référence face au parfum de cette huile essentielle douce mais néanmoins amère.

Propriétés thérapeutiques

Vous allez pouvoir vous en rendre compte par vous-même, la myrrhe, ça ne sert pas qu’à être brûlé sur un charbon ardent ^^

  • Anti-infectieuse : antibactérienne à large spectre d’action, antivirale, antifongique, antiparasitaire
  • Anti-inflammatoire, antalgique, analgésique
  • Antioxydante
  • Ulcéroprotectrice
  • Cicatrisante, vulnéraire, régénératrice cutanée
  • Modératrice endocrinienne : anaphrodisiaque, thyréomodératrice
  • Psychoactive, calmante

Usages thérapeutiques

  • Troubles gastro-intestinaux : inflammations bucco-pharyngées, inflammations du tube digestif, gastro-entérite, diarrhée, dysenterie, parasitose intestinale (ascaris), stomatite, aphte
  • Troubles cutanés : plaie, gerçure, coupure, eczéma sec, psoriasis, escarre, cicatrice, ulcère, dermatoses, dermatites, abcès
  • Troubles ORL : rhume, pharyngite, amygdalite, bronchite
  • Troubles dentaires : gingivite, maux de dents, ulcères gingivaux
  • Douleurs articulaires, arthrite
  • Troubles endocriniens : hyperthyroïdie, excitation sexuelle, obsession sexuelle
  • Stress, tristesse, angoisse profonde, panique

Modes d’emploi

  • Usage interne
  • Usage externe
  • Diffusion atmosphérique, olfaction

Contre-indications et usages alternatifs

  • Bien que cette huile essentielle ne présente pas de contre-indications aux doses physiologiques, on la réservera à l’adulte.
  • La myrrhe entre dans la composition du baume du commandeur ainsi que dans celle de l’élixir de Garus. On la trouve même dans la bénédictine. Qui a dit que la myrrhe n’était pas spiritueuse ? ^^

© Books of Dante – 2014

D’autres parfums sacrés ici !

arbre à myrrhe

La phytothérapie, un truc de « riches » ?

Pourquoi la phyto c'est cher

Bien qu’ayant mis les pieds dans la phytothérapie dans un premier temps, je me suis rapidement tourné vers l’aromathérapie par la suite. D’aucuns diront que l’aromathérapie, bien qu’efficace, est hors de prix. Des flacons rikiki qui contiennent quoi ? 5, 10, 15 ml ? Pour des prix à l’unité pouvant varier de 2,00 € (huile essentielle non bio, bas de gamme, courante) à plusieurs dizaines d’euros (huile essentielle bio, haut de gamme, rare).
Hier après-midi, je me suis rendu dans une pharmacie qui vend autant des huiles essentielles que des plantes sèches en sachet. Pour permettre aisément une comparaison, j’ai choisi une seule et même plante, la lavande fine (Lavandula angustifolia). Je vous annonce les tarifs pratiqués dans cette officine :

  • 1 flacon de 10 ml d’huile essentielle de lavande fine : 6,90 €
  • 1 sachet de 75 g de fleurs de lavande fine : 5,90 €

Là, on pourrait être tenté de dire que l’huile essentielle est plus chère que le sachet. En effet, de façon rigoureusement absolue, un seul euro sépare les deux produits. Si cela avait été l’inverse, cela aurait été douteux. Et, même dans la perspective qui est présentement la nôtre, douteux, ça l’est. De toute évidence, ces produits ne sont pas biologiques, sans quoi il faudrait facilement multiplier le prix du flacon par 2 et le prix du sachet par 1,5. Soit dit en passant, même pour du non bio, je trouve ça encore trop cher. Mais l’important n’est pas là. Il réside en ceci : ça fait un bail que je ne bosse plus en phytothérapie car, contrairement aux idées reçues, la phytothérapie, c’est cher ! Je vois d’ici des yeux s’ouvrir comme ça : O_O ! Lol ! Bref. Prends ta tête à deux mains mon cousin et écoute bien ce que je vais maintenant t’exposer.

C’EST PAS FRAIS !

Bien qu’un sachet de fleurs de lavande, à juste titre, fleure bon la lavande, dans le paquet, les fleurs sont sèches. Heureusement, sans quoi, enfermées dans cette bruyante cellophane, elles auraient pourri depuis belle lurette si elles avaient été fraîches. Bien. L’huile essentielle de lavande, elle, n’emploie que des fleurs fraîches. Quand on connaît le pouvoir d’amoindrissement de la dessiccation sur les plantes, il est légitime de s’exclamer : « Ah ! Mais si les fleurs sont toutes évaporées, elles marchent moins bien ! » Certes. Et pour cause. Elles sont sèchent comme peut l’être un coup de trique. Et toc !

ÇA PREND DE LA PLACE !

Quand je vois le barda nécessaire pour faire ne serait-ce qu’une pauvre petite infusion, j’y renonce. C’est d’une pénibilité sans égal. Alors, je ne vous parle même pas de décoction ou d’autres méthodes plus élaborées qui sont capables de mettre votre cuisine sens dessus dessous. Vous êtes déjà bien encombré par l’affection qui vous touche, inutile d’en remettre une couche en encombrant l’évier avec un fatras de trucs que, de toute façon, votre état lamentable empêche de laver pour le lendemain, tellement vous êtes vanné. Bref. Au niveau écologique, c’est nul. Et ouais, faut faire cette vaisselle après, au prix où est l’eau… Et, à propos d’eau, quand on sait que certains utilisent de l’eau du robinet pour leurs infusions, il est conseillé de hurler au sacrilège, tant les eaux d’adduction sont de piètre qualité, sinon totalement funestes.

ÇA COÛTE DES SOUS ! LA PREUVE PAR 3 !

Bon, maintenant, d’un point de vue strictement économique, je vais vous expliquer pourquoi la phytothérapie, c’est nul. Que mes amis et ennemis phytothérapeutes ne s’en offusquent point, il faut bien relativiser. Cela tombe bien, je ne compte, dans mon entourage, ni des uns ni des autres. Bref. Cessons ces palabres, venons-en au fait. Je sors ma calculette, je me remémore la façon dont on effectue une règle de trois et c’est parti !

Rappel des données :

  • 1 flacon d’huile essentielle de lavande fine : 6,90 €
  • 1 sachet de fleurs de lavande fine : 5,90 €

Sachant qu’il me faut 150 kg de lavande fine pour obtenir 1 kg d’huile essentielle, il me faut donc 1,5 kg de lavande pour obtenir un seul flacon de 10 ml. Or, 1,5 kg, soit 1500 g, ça représente 20 sachets de 75 g, voyez la disproportion. A lui tout seul, un flacon de 10 ml rivalise donc avec 20 sachets à 5,90 € pièce, soit la bagatelle de 118 €, un coût 17 fois supérieur.
Sachant que mon sachet de fleurs de lavande ne contient que 75 g, il représente donc 1/20 ème de mon flacon, soit 0,5 ml d’huile essentielle.

Maintenant que nous savons tout cela, comparons un peu les posologies. Combien vais-je pouvoir faire d’infusions dignes de ce nom avec mon seul paquet de 75 g de fleurs de lavande, sérieusement ? Pour cela, je vais m’en remettre aux recettes d’un homme qui bossait tant avec la phytothérapie qu’avec l’aromathérapie. Ce monsieur, Jean Valnet, nous indique ceci :

  • 1 cuillère à café de fleurs de lavande fine par tasse d’eau (15 cl) à raison de trois tasses par jour
  • 3 gouttes d’huile essentielle de lavande fine à raison de trois prises par jour

Dans le premier cas, nous utilisons donc 3 cuillerées par jour, soit environ 3 g de fleurs de lavande. Dans le second cas, nous employons 9 gouttes d’huile essentielle. Sachant que mon paquet ne fait que 75 g, dans combien de jours serai-je à sec, en vertu de cette posologie ? C’est très simple, dans 25 jours. Et mon flacon d’huile essentielle, au rythme de 9 gouttes par jour, sera-t-il vide avant mon sachet de lavande ? Et d’ailleurs, combien y a-t-il de gouttes d’huile essentielle de lavande dans mon flacon de 10 ml ? 520 exactement ! 520/9 = 58 jours, soit plus du double. Quand mon sachet de lavande sera épuisé, mon flacon contiendra encore près de 60 % de son contenu. Donc, en 25 jours, j’utilise, option n° 1, 75 g de fleurs de lavande. Prix de revient : 5,90 €. Option n° 2, 6 ml d’huile essentielle de lavande pour un coût totale de 3,90 €. Coût journalier de l’option n° 1 : 0,24 €. Coût journalier de l’option n° 2 : 0,15 €. Non seulement cette dernière option me coûte moins chère mais en plus il me reste de l’huile essentielle dans mon flacon ! Époustouflant, isn’t it ?

Toujours convaincu que l’aromathérapie c’est cher ? ^^ Vous pouvez ne pas l’être malgré cette flamboyante démonstration. Il va sans dire qu’on peut allègrement tricher en remplissant à peine ses cuillères à café ou bien en optant pour une cuillère de dînette, ce qui rendrait l’impression, illusoire, de faire un grand nombre de cuillerées. Mais soyons sérieux. Imaginez que Valnet est gentil, pas comme Fournier qui préconise des doses 6 fois supérieures en terme de grammage de plante sèche, autant dire qu’en quatre jours, notre pauvre sachet de 75 g de fleurs de lavande est flingué, votre porte-monnaie également.
Quand on connaît le pouvoir et la rapidité d’action des huiles essentielles, pourquoi continuer à élaborer des infusions dont le goût n’a d’égal que la propension à agir moins rapidement que les huiles essentielles ? Sauf si on est un adepte des remèdes de cheval et qu’on abandonne à d’autres la pathétique infusion de confort. Bref, cet article n’a pas pour vocation de faire changer d’avis à quiconque, il cherche avant tout à mettre en lumière le fait que, non, l’aromathérapie n’est pas nécessairement un truc de « riches », comme je l’entends dire bien trop souvent à mon goût. .

Voilà. A cela je n’ajoute même pas la question du stockage, de la déperdition énergétique et vitale des plantes sèches, de la poussière qui s’insinue partout, quand ce ne sont pas certains spores pathogènes que des plantes sèches peuvent contenir et dont personne ne soupçonne l’existence, etc. ^^

© Books of Dante – 2014

Le thym du Maroc, un compagnon idéal pour l’hiver !

Thym_à_bornéol_du_Maroc

Cette espèce de thym provenant du Maroc doit être distinguée du thym rouge d’Espagne (Thymus zygis) et du thym vulgaire (Thymus vulgaris), en particulier les chémotypes à thymol et à carvacrol, deux huiles essentielles qu’on qualifie, tout comme le thym d’Espagne, de thyms « rouges », en corrélation avec leurs spécificités biochimiques et le caractère mordant de leur dermocausticité. Ce sont principalement des molécules comme le carvacrol surtout et le thymol dans une moindre mesure qui peuvent poser des problèmes de toxicité cutanée et hépatique, en particulier si les huiles essentielles en contiennent de grandes quantités. C’est le cas des trois huiles citées ci-dessus mais également des huiles essentielles d’origans (Origanum sp.), de sarriette des montagnes (Satureja montana) et de serpolet (Thymus serpyllum). Avec notre thym marocain (également nommé thym blanc, thym à bornéol ou thym à feuilles de sarriette), on ne rencontre pas ce type de souci.

Description et composition

Pas de doute, à première olfaction, c’est bien à du thym à quoi l’on a affaire. Mais avec ce thym-là, il n’y a pas d’agression piquante des muqueuses olfactives, même si les cellules olfactives, tapissant l’intérieur de nos narines, distinguent nettement une odeur chaude et épicée. On dirait bien du thym, c’est-à-dire celui qualifié de vulgaire, mais mélangé à quelque chose d’autre. Ce quelque chose d’autre se situe au sein d’une famille moléculaire que nous avons récemment chroniquée, les monoterpénols. Jugez plutôt, à l’aide de ces quelques chiffres :

référentiel_électrique_thym_à_feuilles_de_sarriette

Voilà. La douceur relative des monoterpénols permet de nuancer l’ensemble et d’amoindrir le caractère explosif des phénols. C’est cela qui fait du thym marocain une espèce moins agressive et caustique. Comme chez tous les thyms, ce sont les sommités en fleurs que l’on distille à la vapeur d’eau. L’huile essentielle produite est généralement liquide, fluide et limpide. Sa couleur oscille entre le jaune et le jaune brun.

Propriétés thérapeutiques

  • Anti-infectieuse à très large spectre d’action : antibactérienne, antifongique, antivirale, antiseptique atmosphérique, antiparasitaire
  • Immunomodulante (permet d’adapter la réponse immunitaire : gestion des immunoglobulines en excès ou en carence)
  • Anti-inflammatoire, antinociceptive, analgésique, antalgique percutanée
  • Neurotonique, anti-asthénique, tonique générale, aphrodisiaque
  • Stimulante hépatobiliaire, cholérétique
  • Antispasmodique
  • Anti-oxydante, positivante
  • Digestive
  • Insecticide, insectifuge

Usages thérapeutiques

  • Infections bactériennes, fongiques, parasitaires et virales au niveau des sphères urinaire (cystite), intestinale (ténia, oxyure, ascaris) et respiratoire (tuberculose, sinusite, rhume, bronchite aiguë ou chronique). De plus, cette huile essentielle couvre des affections chroniques et auto-immunes, comme la grippe, l’acné, l’herpès, etc.
  • Douleurs musculaires, articulaires et tendineuses (arthrose, rhumatisme, polyarthrite rhumatoïde)
  • Fatigue générale, asthénie physique, intellectuelle et sexuelle
  • Petite insuffisance hépatique, dyskinésie biliaire
  • Plaies infectées
  • Abcès dentaire
  • Tiques

Le caractère de cette huile essentielle lui permet d’être un bon compagnon durant la phase hivernale, elle transmet une chaleur qui n’est pas excessive, elle est rassurante, rappelle l’été et le soleil, elle est donc bienvenue pour étouffer les petits coups de blues propres à cette période. De même, elle sera très utile aux personnes qui ont tout le temps froid et qui redoutent l’humidité. Elle peut alors être associée à l’huile essentielle de marjolaine à coquilles pour lutter contre le phénomène d’acrosyndrome, c’est-à-dire la maladie de Reynaud par exemple (sensation de froid dans les extrémités que sont les doigts et les orteils).

Modes d’emploi

  • Usage interne
  • Usage externe
  • Diffusion atmosphérique, olfaction

Contre-indications

  • C’est une huile essentielle réservée à l’adulte.
  • On note une très légère dermocausticité en rien comparable avec celle causée par les huiles essentielles que nous avons évoquées au début de cet article. En cas de peau fine, fragile et/ou sensible, pensez à diluer dans une huile végétale.

© Books of Dante – 2014

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