Hildegarde de Bingen et la lithothérapie

Hildegarde (1098-1179), surtout connue comme musicienne et poétesse, est également considérée comme la première phytothérapeute moderne. Nombre de ses travaux sur la question ont été aujourd’hui reconnus. Ce que l’on sait moins, c’est qu’elle avait parfois tendance à mêler aux plantes un certain nombre de pierres que la lithothérapie actuelle utilise toujours. Ce sont ces pierres ainsi que l’usage qu’en faisait Hildegarde de Bingen que je me propose de vous présenter aujourd’hui.

1. Agate : Hildegarde utilisait plus particulièrement la sardonyx qui, d’après elle, stimulerait l’ouïe : « Elle apporte toujours quelque chose aux cinq sens de l’homme. Pour chacun d’eux, elle est un remède ».

2. Aigue-marine : utilisée par Hildegarde pour ses effets protecteurs face aux empoissonnements du corps et de l’esprit, comme la colère, par exemple.

Pour les problèmes d’intoxications alimentaires et d’empoisonnement : faites tremper la pierre dans un peu d’eau de source et boire aussi sec. Répétez l’opération pendant au moins cinq jours.

3. Améthyste : pour lutter contre les cauchemars, elle favorise ainsi le sommeil. Hildegarde l’utilise en usage cutané afin d’adoucir la peau et gommer les taches.

Pour les problèmes de taches cutanées : mouillez une améthyste de salive et frottez-en la peau.

4. Calcédoine : anti-colère selon Hildegarde : « Si une personne porte sur elle une calcédoine, il faut qu’elle le fasse de sorte que la pierre soit en contact avec la peau, si possible sur une veine ».

Pour les problèmes d’élocution : tenez une calcédoine dans la main, réchauffez-la de votre haleine, léchez-la avant de parler.

5. Cristal de roche : Hildegarde dit de lui qu’il permet d’évacuer l’humidité néfaste qui noie les yeux, nuisant au sens de la vue. Elle soigne donc les affections oculaires, la baisse de la vision, mais pas seulement : elle viendrait à bout de certains soucis causés par la thyroïde, ainsi que des problèmes cardiaques. Hildegarde préconise de laisser le cristal de roche chauffer au soleil avant de l’appliquer sur la zone du corps concernée.

Pour les problèmes de thyroïdes : faites chauffer un cristal de roche dans un verre durant une matinée entière, au soleil. Vers midi, couvrez de vin blanc et laissez le tout macérer au soleil jusqu’en fin d’après-midi. En fin de journée, buvez le vin et placez la pierre sur le cou.

Pour des problèmes d’insuffisance cardiaques, maux d’estomac et/ou d’intestins : même recette que précédemment mais en remplaçant le vin par de l’eau.

6. Cuivre : Hildegarde faisait macérer de la limaille de cuivre dans du vin ou du vinaigre pour régler des problèmes de gouttes et d’arthrose, ainsi que pour des cas d’intoxications alimentaires.

7. Diamant : « Le diamant est d’une dureté qu’aucune dureté ne peut vaincre. Sa vertu et sa force sont telles qu’il étouffe le mal et la méchanceté ».

Pour les problèmes d’ictère : faites chauffer un diamant dans un verre durant une matinée entière, au soleil. Vers midi, couvrez de vin et laissez le tout macérer au soleil jusqu’en fin d’après-midi. En fin de journée, buvez le vin et gardez la pierre sur soi.

8. Émeraude : « Celui qui souffre du cœur, de l’estomac où du côté droit (le foie) conservera sur lui une émeraude ».

9. Fer : il est symbole de force et de protection pour Sainte Hildegarde : « Si quelqu’un a l’estomac froid au point d’en éprouver des douleurs, qu’il chauffe une plaque de fer et la pose sur son estomac ; qu’il l’enlève, la réchauffe et la remette ; qu’il renouvelle l’opération jusqu’à ce qu’il aille mieux ».

10. Hyacinthe : « Si quelqu’un a la vue qui s’obscurcit, les yeux qui se troublent ou s’ulcèrent, qu’il expose une hyacinthe au soleil puis l’humidifie de sa salive et la mette immédiatement sur ses yeux ».

Attention : l’hyacinthe est une pierre à utiliser avec prudence.

11. Jaspe : Très apprécie d’Hildegarde, elle l’utilise lors de problèmes de surdité, de rhume, affections cardiaques et rénales. Elle dit également de lui que le jaspe est capable d’éloigner les mauvais esprits lors d’un accouchement.

12. Onyx : Pour Hildegarde, il s’agit d’une pierre destinée à la vue qui se voile, aux problèmes de cœur, d’estomac, de poumons, à la fièvre et à la tristesse même. « L’onyx contient la chaleur de l’air : issu du soleil, il prend corps par les nuages. C’est pourquoi il est très puissant pour soigner toutes les maladies qui viennent de l’air ».

Pour les problèmes oculaires : Posez la pierre dans récipient de bronze ou de cuivre. Couvrez d’un quart de litre de vin rouge et couvrez. Laissez macérer pendant deux semaines. Au bout du compte, retirez la pierre. Humectez les yeux chaque soir à l’aide de cette lotion.

Pour les problèmes de fièvre : Pendant cinq jours, faites macérer l’onyx dans un grand verre de vinaigre de cidre et d’eau. Retirez la pierre. Buvez une cuillerée de ce vinaigre dilué dans un peu d’eau aux repas.

13. Or : Hildegarde l’utilise dans plusieurs recettes contre la goutte, les rhumatismes et certains problèmes gastriques.

14. Rubellite : Ses qualités pour lutter contre infections urinaires et cystites furent vantées par Hildegarde.

Pour les problèmes de douleurs gastriques : Faites macérer dans un verre de vin une rubellite au soleil. Buvez de cet élixir durant le repas pendant au moins cinq jours.

Pour les problèmes de prostatisme : Faites chauffer une rubellite au soleil. Puis plongez-la dans un verre de lait de vache. Laissez macérer le tout pendant une heure. Retirez la pierre et buvez le lait. Répétez l’opération pendant cinq jours.

15. Saphir : garder un saphir dans sa bouche éloignerait rhumatisme, colère et ignorance. Hildegarde l’appliquait aussi sur les yeux malades. « Le saphir est bouillonnant. Sa nature est de feu plus que d’air et d’eau. Et il représente la charité remplie de sagesse ».

16. Topaze impériale : Hildegarde la tenait en haute estime, capable, selon elle, de soigner de nombreuses affections dont lèpre, empoisonnement, fièvre, problèmes hépatiques, etc. « Grâce à sa chaleur, elle s’oppose aux poisons […]. La topaze est la plus puissante de toutes les pierres ».

© Books of Dante – 2010

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La charoïte

Quelle drôle d’espèce minérale que la charoïte tout de même ! Elle est non seulement assez rare (des gisements n’existent qu’en Sibérie) mais, de plus, c’est une pierre qui a été découverte que très récemment au regard d’autres minéraux connus depuis des lustres. C’est seulement dans les années 1940 qu’elle a été mise à jour et décrite minéralogiquement parlant qu’en 1978.

Véritable sinécure que d’écrire un tel billet sur cette pierre tant les informations qui la concernent sont maigres sinon faméliques. Autant dire que dans la « littérature » spécialisée il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent à son sujet. Enfin, tentons tout de même l’exégèse…

Description sommaire de la bête : de couleur violet-pourpre, elle présente des inclusions blanches et noirâtres. Sa dureté oscille entre 5 et 6, sa densité est de 2,68. Bien. On n’est pas plus avancé avec ça.

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Que lis-je du côté de Jennie Harding ? « Amplification de l’énergie spirituelle », « accroît la conscience médiumnique ». Hum. Un peu léger tout ça. Et du côté de Boschiero ? « Intuition créative », « qualités extra-sensorielles ». Maigre et laconique, il n’est tout bonnement pas possible de se satisfaire de formules aussi lapidaires dont l’aspect « fourre-tout » n’échappe à personne.

Dictionnaire de la lithothérapie, p. 101 : « Bien que nous ne rencontrions cette pierre que depuis quelques années sur les marchés minéralogiques, nous avons trouvé des traces de traditions chamaniques qui nous font irrésistiblement penser aux cultes rendus à Dionysos par les Grecs et à Bacchus chez les Romains : exubérance, suppression des interdits, défoulement, fécondité, entendus sur un plan mystique ».

Quant à Jennie Harding (L’univers des cristaux, p. 174-175), il est indiqué que la charoïte « purifie et libère les anciens schémas, apportant une énergie nouvelle », qu’elle « dégage les anciens souvenirs, les traumatismes du passé et les éléments qui ne servent plus ». Plutôt que de dégagement et de libération, j’aurais tendance à penser en terme de transmutation. Pour aller vite, elle prend, elle transforme, elle donne. Et, afin d’illustrer mon propos, voici pour finir le récit d’une petite expérience menée par moi-même il y a quelques jours : j’ai placé une de ces pierres au creux de ma main gauche. Après plusieurs minutes, une abondante sueur y est apparue. Pas très agréable comme phénomène. Bref. J’en serai resté là si je ne m’étais aperçu à temps que ma main gauche posée sur mon bras droit n’y avait laissé une rougeur particulièrement cuisante. Mu par mon instinct (ça peut servir des fois ^^), j’ai doucement frotté la partie de peau rubéfiée à l’aide de cette même pierre. En quelques minutes, rougeur et sensation cuisante ont disparu… Je vous laisse en tirer les conclusions.

Voilà donc comment ne rien dire ou presque en 500 mots… ^^

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Le Pissenlit (Taraxacum officinale)

C’est une plante très commune qu’il est impossible de méconnaître et qui recèle bien des trésors. Casse-tête des botanistes – on ne compte pas moins de 60 groupes d’espèces et plus de 1 200 espèces au total – le pissenlit est très largement répandu dans la plupart des zones tempérées de l’hémisphère nord (Europe, Amérique du Nord, Afrique du Nord, Chine, Inde, Iran…) Cependant, il se fera plus ou moins rare ou inexistant en milieu aride dénué de potassium, et rabougri en fonction du substrat qui le porte.

Il est or ou horreur, tout dépend du point de vue. Avec l’ortie, il partage le statut de plante médicinale de premier ordre, mais négligé, voire honni comme cette dernière. Celle-ci pique, celui-là pousse partout. Ils ne peuvent être que de « mauvaises herbes », cauchemars des jardiniers cordonniers-pas-plus-haut-que-la-chaussure.

Casse-tête du jardinier ? Jugeons plutôt. Le pissenlit est quasiment indestructible. Coupons-le au ras du sol, sa forte racine fera place à de nouvelles pousses. Enfouissons-le sous des gravats, il transpercera pour s’épanouir de nouveau. Labourons la terre qui le porte pour le tronçonner, mauvaise idée, chaque tronçon de racine donnera naissance à une nouvelle plante, ce qui multipliera le nombre de copines de la plante d’origine. Arrachons-le, avec un peu de chance (mais c’est mal connaître sa forte racine pivotante), une dizaine de centimètres de racine sera extraite du sol, mais il restera toujours dans les profondeurs quelques radicelles embryonnaires qui redonneront naissance à la plante. Ajoutons à cela que le pissenlit ne craint ni les dents des ruminants qui l’apprécient fort peu, ni le piétinement, et l’on peut, sans mal aucun, lui assigner son statut de plante vivace, d’autant plus que le pissenlit pratique la parthénogenèse, il peut donc se passer de pollinisateur ! Les bourdons peuvent donc s’échiner à passer d’une fleur de pissenlit à l’autre, le pissenlit n’en a cure et les bourdons s’échinent bien en vain. Et là, impossible de poursuivre sans évoquer les fleurs du pissenlit portées par de longs pédoncules creux : des capitules de 3 à 5 cm de diamètre formés par des fleurons ligulés qui déploient leur jaune d’or très tôt au printemps (mars) et poussant la floraison aux portes de l’hiver (novembre).

Le secret de la vivacité du pissenlit se cache dans ses fleurs dont le géographe Élisée Reclus dira : « Cette fleur qui est un soleil devient une voie lactée, un monde d’astres, après floraison ». Là, on ne peut ignorer les masses globuleuses d’akènes que la Semeuse de Larousse souffle et éparpille à tous les vents depuis 1876. Chacun de ces akènes est surmonté d’une aigrette plumeuse qui aide à la dispersion des graines par aérochorie. Au mieux, une graine peut parcourir des kilomètres, au moins, une centaine de mètres (ce qui est tout de même mieux que les prototypes volants de Clément Ader en son temps).

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La tête de moine, autre surnom du pissenlit ;-)

Environ 40 % des espèces végétales ligneuses des pays tempérés dispersent leurs semences grâce au vent, que ce soit à l’aide d’un fruit plumeux (clématite) ou d’une ailette (sycomore), chaque plante met en œuvre une stratégie qui lui est propre. La vitesse et la distance de dispersion des fruits sont fonction de la hauteur de la plante, du poids de la graine, de l’appareil de dissémination, de sa forme et de sa surface portante, des obstacles environnants éventuels, etc.

Quant aux feuilles, elles se présentent sous forme de rosette basale. Largement et profondément dentées, cela a valu au pissenlit le surnom de dent de lion. Ces feuilles – comestibles – forment, avec les racines, tout l’arsenal thérapeutique du pissenlit qui balaie un si grand nombre d’affections qu’au XIX ème siècle on en est venu à inventer la taraxacothérapie, autrement dit, la thérapie par le pissenlit. Ainsi, il a fait l’objet d’une culture intensive au même siècle en raison de ses propriétés alimentaires et médicinales. Tout se mange dans le pissenlit : de la racine (sans mauvais jeu de mots !) à la fleur. Boutons floraux en omelettes, en salades, en gratin, en soupe, au vinaigre, comme la racine, que l’on torréfie parfois en vue d’obtenir un ersatz de café, feuilles crues ou cuites en salades, fleurs en vins, limonades ou confitures (cramaillote), etc.

Bien que rarement mentionné dans les écrits de l’Antiquité, il n’en reste pas moins que le pissenlit a été utilisé à une époque bien plus récente. Par exemple, au Moyen-Âge, les médecins arabes du XI ème siècle vantaient ses mérites, chose que Hildegarde de Bingen réitérera un siècle plus tard : « Le pissenlit est chaud et sec. Si l’on en mange souvent, on purge l’estomac et l’on fait disparaître nombre de troubles de la vue ».

Si la première indication amenée par Hildegarde est toujours d’actualité, rien aujourd’hui ne permet de confirmer la seconde qui est, malgré tout, solidement restée attachée au nom même du pissenlit puisque taraxacum provient du grec taraxis qui signifie « troubles de la vue ».

Penchons-nous maintenant de manière plus précise sur les propriétés médicinales du pissenlit, mais pas avant d’évoquer une phrase de Jacques Brel à son propos : « Le rinçage du filtre rénal, l’essorage de l’éponge hépatique ». Le foie, les reins, trois bonnes raisons de préférer le pissenlit, ce viscéral végétal !

Sur le foie : draineur, dépuratif, tonique, stimulant.

Sur les reins : dépuratif, stimulant.

Sur la vésicule biliaire : draineur, cholagogue, cholérétique.

Le pissenlit sera donc hautement recommandé en cas de lithiases (qu’elles soient urinaires, rénales ou biliaires, le pissenlit boute les sables et la gravelle hors du corps), de crises hépatiques, d’ictères et autres congestions hépatiques, en cas d’insuffisance hépatique et rénale. Il a aussi une action bénéfique sur le sang qu’il purifie. Il est donc tout à fait efficace en cas d’hypercholestérolémie et d’athéromatose. Son action anti-inflammatoire se porte sur les douleurs liées aux rhumatismes et à la goutte. En tant que dépuratif et diurétique (pisse-en-lict !), le pissenlit s’applique à réguler la rétention d’eau et lutte contre les phénomènes d’obésité et de surpoids qui y sont associés. Les principes amers contenus dans les feuilles de pissenlit le rendent apéritif et digestif, il peut donc chasser une constipation opiniâtre. Enfin, en raison des nombreuses vitamines (A, B, C) qu’il contient, ainsi que bon nombre d’oligo-éléments (calcium, potassium, fer, magnésium, phosphore, silice, sodium, soufre, manganèse), le pissenlit est tout indiqué en cas d’anémies et d’asthénies physiques et/ou intellectuelles.

En externe, le pissenlit est très utile pour lutter contre certaines affections cutanées telles que psoriasis, dartres, acnés, furoncles, eczémas. Les vertus nettoyantes et purifiantes de sa racine interviennent en cas de peaux abîmées et fatiguées, peaux que l’on souhaite raffermir, par exemple. On peut renforcer cet usage externe par une cure en interne.

Du pissenlit, on peut appliquer le latex blanc contenu dans les hampes florales sur cors et verrues, ainsi que sur le visage pour en éliminer les impuretés, faire disparaître les taches de rousseur, donner bon teint.

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Qu’est-ce qu’une plante médicinale ?

Image© Books of Dante

Selon la définition stricte de la circulaire n°346 du 2 juillet 1979, une plante médicinale est « une plante présentant des propriétés médicamenteuses, sans avoir ni ne pouvant avoir aucune utilisation alimentaire, condimentaire et hygiénique. »

A la lecture de ces quelques lignes, il apparaît donc que le persil n’est pas une plante médicinale puisqu’on l’utilise comme condiment. De la même façon, le chou n’est pas non plus une plante médicinale puisqu’on le mange.

Il est donc logique de dire que cette circulaire ne correspond en rien à la réalité, en compartimentant les plantes dans des cases, on ne rend pas compte de leurs multiples richesses. Par exemple, parmi l’ensemble des plantes qu’emploie la phytothérapie, certaines comme le poireau sont tout autant comestibles que médicinales, d’autres, comme la sauge, sont à la fois aromatiques et médicinales.

Si l’on respecte à la lettre la définition de cette circulaire, on se rend rapidement compte d’un problème d’importance : il reste bien peu de plantes dans le panier des végétaux médicinaux, à strictement parler.

Voyons donc plus largement. Une plante médicinale est un végétal doté de pouvoirs thérapeutiques préventifs et curatifs et qui ne présente aucune toxicité à dose normale (et encore que cette dernière notion soit tout à fait relative, puisque la dose est fonction de l’individu, de sa morphologie, de son âge, de la pathologie qu’il présente – à la même dose, la digitale peut sauver un cardiaque alors qu’elle tuera un individu sain).

A la lumière de cette définition moins restrictive, il est tout à fait normal de faire entrer dans le club des plantes médicinales l’ail et l’oignon, le fraisier et le cassis, etc.

Ainsi donc, l’on trouve des plantes médicinales dans différentes catégories de plantes (catégories socialement et humainement instituées. Par exemple :

-Les légumes : la carotte,

-Les fruits : la cerise,

-Les aromates : le thym,

-Les « utilitaires » : le lin,

-Etc.

Le club des plantes médicinales n’est donc pas si fermé que cela. Il est mouvant. Parfois, on intègre de nouvelles plantes à la pharmacopée en vertu d’études ayant démontré scientifiquement leurs effets thérapeutiques. Parfois, c’est l’inverse qui se produit, on retire des plantes de la pharmacopée (comme cela fut le cas du chanvre indien en 1954 en France) parce qu’elles ont démontré plus de nocivité que d’innocuité.

A l’heure actuelle en France, il y a 149 plantes médicinales qui peuvent être vendues en dehors des pharmacies. Elles sont donc en vente libre mais soumises à condition et réglementées (cf. le décret n°2008-841 du 22 août 2008 relatif à la vente au public des plantes médicinales inscrites à la pharmacopée).

Ces plantes doivent faire mention de leur nom latin et de la partie utilisée de la plante mise en vente. Surtout, elles ne doivent pas mentionner qu’elles sont d’usage médicinal, interdiction qui ne vaut pas pour l’ensemble de ces 149 plantes lorsqu’elles sont vendues en pharmacie ainsi que pour toutes celles qui se trouvent sous le stricte monopole du pharmacien.

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Qu’est-ce que la phytothérapie ?

ImageA la lumière de l’étymologie, on peut scinder le mot phytothérapie en deux racines grecques : phyton, qui signifie plante et therapeuein qui signifie remède, soigner. On peut donc dire qu’elle est la thérapie par les plantes. Il s’agit de l’emploi rigoureux et mesuré des plantes dans un but de guérison, de ces plantes dont on dit qu’elles sont res pharmaceutica (1).

Que vous preniez de temps à autre une petite infusion, cela n’est pas ça que « faire de la phytothérapie », d’autant plus s’il s’agit d’une infusion de confort (2). Cela serait tout à fait dommageable pour cette discipline qu’est la phytothérapie que de le penser.

La phytothérapie n’a que peu de rapport avec les remèdes de grands-mères, parfois appelés remèdes de bonne femme, expression teintée d’une valeur assez péjorative et qui est, de plus, une transformation désolante de l’expression d’origine : remèdes de bonne fame, autrement dit, remèdes de bonne réputation.

Voilà, en revanche, une expression qui est plus proche de ce que peut être la phytothérapie. Ces remèdes de bonne réputation, ce sont essentiellement les remèdes végétaux utilisés par la phytothérapie parce qu’ils ont fait la preuve de façon empirique de leur efficacité. Cette branche de la phytothérapie fait corps avec les pratiques les plus anciennes. Utiliser une plante de façon empirique parce qu’on connaît ses effets, effets dont on sait qu’ils sont reproductibles, c’est l’origine même de la phytothérapie.

Aujourd’hui encore, on utilise des plantes dont un certain nombre de propriétés et de constituants sont connus, mais pas tous. Pour d’autres, on ne sait pas comment elles fonctionnent réellement. La phytothérapie est donc une branche médicale qui s’enracine dans des pratiques vieilles de plusieurs milliers d’années. Et elle est aujourd’hui ce qu’elle est grâce aux travaux de générations de médecins, de naturalistes, de botanistes et de pharmaciens et elle est restée pendant des millénaires la thérapie d’usage, l’allopathie chimiothérapeutique (3) moderne n’étant qu’une invention relativement récente.

Depuis des millénaires, les usages empiriques des plantes dans un but thérapeutique ainsi que la reconnaissance scientifique progressive de certains de ces bienfaits ont écrit l’histoire de la phytothérapie. On peut dire qu’elle est la reine-mère de la thérapie par les plantes que l’on distinguera bien de l’aromathérapie (4) qui, bien que tirant ses pouvoirs des plantes, agit de manière tout à fait différente.

La phytothérapie n’est donc pas un vieux truc ringard comme le pensent malheureusement un certains nombre de médecins et de pharmaciens français. Fort heureusement, parmi ces médecins et pharmaciens, certains d’entre-eux ont aidé la phytothérapie à se débarrasser de « ses obscurités et de ses légendes » (5).

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  1. : autrement dit « chose pharmaceutique », plantes médicinales pour dire les choses simplement.

  2. : une infusion de confort diffère d’une infusion médicamenteuse dans le sens où elle emploie une plus petite quantité de plantes pour un volume d’eau identique.

  1. : thérapie moderne qui emploie des molécules de synthèse conçues chimiquement, calquées sur des molécules naturelles.

  1. : il s’agit d’une branche de la phytothérapie qui exploite les vertus thérapeutiques des essences volatiles contenues dans les plantes.

  2. : Docteur Henri Leclerc.

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Le lapis-lazuli

ImageSymbole cosmique de la nuit étoilée, le lapis-lazuli présente des tonalités qui vont du bleu indigo au bleu violacé soutenu. La nuit. Parfois passent des nuages de calcite, des incrustations de pyrite (du grec pyros, feu) figurent les étoiles. Pierre du firmament selon les Mésopotamiens.

Il porte donc les couleurs de l’amour désintéressé et de la compassion mais également celles de l’esprit transcendé. On le dit propice à la quête de la vérité et de la connaissance, ce à quoi la lame n°9 de l’Oracle de la Triade – La Sagesse – fait largement référence et sur laquelle on retrouve les trois couleurs du lapis-lazuli ainsi que des yeux scrutateurs tout là-haut…

ImageIl n’est donc pas étonnant que le lapis-lazuli soit associé au chakra du 3° œil. Déjà, en Chine, on lui reconnaissait une action sur le sens de la vue, sans doute la raison qui en fit un talisman contre le mauvais œil. S’il est vrai qu’il a une action sur les yeux, il est également capable de décupler l’intelligence, la finesse d’esprit et l’intuition. En un mot, il aide à se frayer un chemin au travers de la nuit noire de la mélancolie et des maléfices.

Il s’agit d’une pierre dotée d’une couleur tellement spirituelle que les anciens Égyptiens en firent la pierre des dieux, eux qui la taillèrent afin d’en façonner des bijoux, des mosaïques et d’autres scarabées.

Plus prosaïquement, elle intervient dans certaines maladies cutanées (dermites, eczéma), ainsi que sur les éruptions cutanées et les piqûres d’insecte : elle soulage donc toutes ces inflammations. Elle présente une efficacité sur les allergies, l’asthme, la toux mais également sur les fièvres, les maux de tête et les états dépressifs (nous l’avons dit, le lapis-lazuli est un chasseur de mélancolie qui devrait faire fureur couplé au millepertuis). C’est pour cette raison qu’il est recommandé aux personnes nerveuses, son action sédative ayant un effet bénéfique qui, de plus, prédispose à un sommeil réparateur.

On nettoiera le lapis-lazuli à l’eau distillée non salée et on l’exposera ensuite à la Lune quand bien même, comme l’indique Reynald Boschiero, il ne « déteste pas le soleil ».

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Qu’est-ce que la thérapie par les élixirs floraux ?

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Il s’agit d’user d’élixirs floraux dans un but thérapeutique. Les élixirs floraux travaillent sur l’état émotionnel d’une personne et cherchent à le modifier subtilement.

« Ce que nous nommons maladie est une manifestation ultime produite dans le corps, le résultat final des forces profondes agissant à long terme » (1). Selon le Docteur Bach, une personnalité sans conflit se prémunit contre la maladie. « La peur, la lassitude la résignation abaissent les défenses naturelles de l’organisme. Par conséquent, pour envisager une guérison, il faut reconnaître l’élément perturbant » (2).

Bach répartira ses 38 remèdes sur sept groupes d’émotions, primordiales selon lui : la peur, la solitude, le découragement, l’indifférence, l’altruisme, la dépendance et l’incertitude.

Tout le travail du thérapeute repose sur l’identification et la reconnaissance des troubles qui perturbent une personne. Écoute et attention sont donc capitaux afin de mener à bien une analyse. Le demandeur doit, en effet, dessiner un tableau de la situation afin que le thérapeute puisse sélectionner parmi les élixirs dont il dispose (que cela soit les fleurs de Bach strictement dites ou d’autres élixirs floraux) ceux qui seront les plus adaptés à la situation donnée.

De l’adéquation des élixirs à l’état émotionnel d’une personne dépendra l’efficacité des remèdes. On ne saurait utiliser un élixir au hasard, simplement parce qu’il y a de fortes chances pour qu’il ne soit pas adapté. Et un élixir inadapté n’est pas opérationnel.

J’ai pu dire qu’un élixir était une clé et le problème à traiter une serrure à ouvrir et que l’on doit parfois préalablement dégripper. Qu’on utilise une mauvaise clé et il ne se passera rien hormis la frustration possible du patient.

Remettez-vous en à une personne sérieuse susceptible de vous aider à déterminer quels sont pour vous les choix les meilleurs, tant il est vrai qu’il est, à certaines occasion, très difficile d’avoir le retour réflexif sur soi-même qui permette de déterminer ce qui ne va pas en soi.

Dès lors qu’un diagnostic est établi, on opte pour un ou plusieurs élixirs, trois ou quatre la plupart du temps. Il m’arrive d’en indiquer jusqu’à six, mais c’est seulement qu’en de très rares occasions.

Ces élixirs se présentent sous forme liquide : une dilution aqueuse de fleurs dans de l’alcool (du cognac la plupart du temps) titrant entre 20 et 40°, en petits flacons dont la contenance oscille entre 10 et 30 ml. Chaque flacon dispose d’un compte-goutte et c’est grâce à son aide que l’on va pouvoir quantifier les doses quotidiennes. Je considère qu’une dizaine de gouttes de chaque élixir à différents moments de la journée est une quantité suffisante. On peut les répartir comme suit : 5 le matin et 5 le soir, 3 le matin, 3 à midi et 3 le soir ou bien 2 + 2 + 2 + 2 + 2, etc.

En réalité, il s’agit d’adapter les prises à votre emploi du temps ainsi qu’à votre volonté d’emporter avec vous vos flacons sur votre lieu de travail ou non.

A chaque prise, on dépose les gouttes d’élixir directement sous la langue et on les garde en bouche un moment. Au cas où le goût des élixirs ne vous conviendrait pas, vous pouvez tout à fait diluer vos gouttes dans un fond de verre d’eau.

Les fleurs travaillent en douceur mais aussi en profondeur. Souvenez-vous que la haute dilution des élixirs ne leurs permet pas de guérir avec la même rapidité que les huiles essentielles qui, tout au contraire, sont des concentrés de plantes. C’est pourquoi les élixirs nécessitent souvent un emploi au long cours : cinq semaines durant, au moins, avec la possibilité de faire le point après trois semaines de cure, parfois avant, cela dépend de chacun.

On peut, durant une cure, observer des phénomènes d’oubli. Si un jour vous omettez une prise, ne vous affolez pas : ce n’est pas grave. Parfois, on observe un autre phénomène : on éprouve le besoin de ne pas prendre les élixirs pendant un certain nombre de jours, on ne se sent pas attiré par eux pendant ce laps de temps, puis, on y revient. Un autre phénomène encore : vous pourrez être particulièrement attiré par un élixir que par un autre. Si c’est le cas, si cette attirance vous fait du bien, autorisez-vous à user particulièrement de l’élixir qui vous attire davantage puisqu’il y a tout lieu de croire que vous en avez besoin davantage.

Une durée de cinq semaines est une information indicative. Parfois, on peut être amené à utiliser les élixirs uniquement pendant quelques jours afin qu’ils traitent un problème superficiel. Parfois, les prises peuvent être plus longues (6 semaines et plus) : il faut viser plus large parce que l’on peut avoir affaire à des blocages émotionnels profonds et autres comportements figés.

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(1) La guérison par les fleurs, Edward Bach, Le courrier du livre, 1985.

(2) Le guide des fleurs du Docteur Bach, Paul Ferris, Marabout, 2001.

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Qu’est-ce qu’un élixir floral ?

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Ce n’est ni plus ni moins qu’une macération de fleurs dans de l’eau à laquelle on ajoute un conservateur. Ceci est, bien entendu, une définition générique. Entrons dans les détails.

Les origines des élixirs floraux

Elles prennent corps au début du siècle dernier en la personne d’Edward Bach. Né en 1886, ce médecin anglais se spécialise tout d’abord en chirurgie et en immunologie. Ce n’est qu’en 1919 qu’il entre à l’hôpital homéopathique de Londres. Et c’est sans doute cela qui déterminera l’ensemble des travaux que Bach mènera jusqu’à sa mort en 1936. Homéopathie? En effet, les élixirs floraux du Docteur Bach puisent leurs racines dans l’approche thérapeutique du père de l’homéopathie, Samuel Hahnemann (1755 – 1843).

Précisons les trois règles majeures de l’homéopathie :

1. La similitude

Un remède est efficace sur un sujet malade s’il reproduit sur un sujet sain les mêmes symptômes que ceux dont souffre le sujet malade. C’est ce que l’on appelle le principe de similitude. Comme son nom l’indique, l’homéopathie soigne les semblables par les semblables. Ce qu’indique la formule homéopathique restée célèbre : Similia similubus curentur.

Depuis longtemps, on a remarqué qu’un bon nombre de plantes offrait une particularité qui entre en résonance avec une partie du corps humain et les pathologies qui lui sont associées. Peut-être est-ce ce que voulait signifier Bernard de Clairvaux quand il dira : « Tu apprendras à l’ombre des arbres ce que tu ne peux apprendre à l’école ».

Hildegarde de Bingen, contemporaine de Bernard, aura, elle aussi, des paroles qui laissent penser que le Docteur Bach l’aura sans doute lue. Elle a eu l’approche symbolique des plantes comme le suggère ce qu’elle dit à propos du saule. Selon elle, cet arbre suscite amertume et mélancolie. Dans les grandes lignes, cela n’est pas sans évoquer le remède floral de Bach, willow (saule, en anglais).

2. La dilution

Un remède fortement dilué est tout aussi efficace en homéopathie qu’un remède moins dilué en phytothérapie. Là où la haute dilution est intéressante, c’est qu’elle permet de dénuer le remède de la moindre toxicité (quoi que cela ne soit pas une règle sans exception).

En ce qui concerne les élixirs floraux, toutes les plantes utilisées par le Docteur Bach sont exemptes de toxicité. Lors de la confection d’un élixir floral, les pétales d’une fleur sont mis en contact avec de l’eau de source durant 3 ou 4 heures. Pour d’autres fleurs, on procède par décoction dans de l’eau de source pendant une trentaine de minutes. La haute dilution des élixirs floraux (1/240 fait que les principes actifs des plantes utilisées n’existent quasiment plus dans les élixirs floraux. C’est donc une approche thérapeutique relevant davantage de la spiritualité que de la phytothérapie ou de l’aromathérapie, pratiques thérapeutiques qui doivent être nettement distinguées de celle qui consiste à utiliser les élixirs floraux. Cette haute dilution permet donc aux élixirs d’agir tout en douceur bien qu’ils provoquent dans le même temps de profondes mutations émotionnelles.

3. La dynamisation

Un élixir floral peut être considéré comme un produit issu de la symbiose entre le Ciel et la Terre. Il scelle la rencontre entre la force chthonienne issue d’une plante avec la force cosmique issue du soleil. Voilà donc pourquoi il est important lors de la phase de fabrication d’exposer au soleil les pétales de fleurs (posées sur de l’eau de source) afin que la dynamisation se réalise.

Ainsi donc, l’on peut dire que la méthode du Docteur Bach est la synthèse du principe de macération à froid avec ceux de la dilution et de la dynamisation homéopathiques.

© Books of Dante – 2010

pH et Résistivité : deux facteurs clés des huiles essentielles

1. Le pH

Il représente par un nombre compris entre 0 et 14,14 l’acidité, la neutralité ou l’alcalinité d’un milieu.

0 = Acide

7,07 = Neutre

14,14 = Alcalin

Ainsi donc, plus on s’éloigne de la valeur neutre (7,07) vers le 0, plus le milieu est acide. A l’inverse, plus on s’éloigne de cette même valeur neutre vers le 14,14, plus le milieu est alcalin.

A titre d’exemples :

– Jus de citron : pH 2,3 Acide

– Vinaigre : pH 2,8 Acide

– Eau de Vichy : pH 6,8 Acide

– Eau de Volvic : pH 7,5 Alcalin

– Sang humain : pH 7,38 – 7,45 Alcalin (très légèrement)

– Ammoniaque : pH 11,3 Alcalin

– Eau de Javel : pH 12 Alcalin

Si on calcule le pH de l’œuf pourri et de la viande putréfiée, on se rend compte que la réaction est alcaline.

En revanche, si on conserve les cornichons dans du vinaigre, c’est-à-dire dans un milieu relativement acide, on se rend compte que ce milieu les prémunit de la putréfaction. Cela signifie que des produits au pH acide tels que vinaigre, jus de citron, etc. sont de puissants désinfectants et des antiputrides remarquables.

On remarquera que le pH du sang humain est très proche de la neutralité. Et ce n’est pas un hasard, un pH sanguin trop alcalin ou trop acide étant l’un et l’autre le signe d’un déséquilibre de l’organisme.

Un pH trop acide du sang humain révèle différents problèmes comme, par exemple : sinusite chronique, gastrite, rhumatisme, ulcère stomacal, etc. Au contraire, un pH trop alcalin du sang humain indique des problèmes de cystite, de colibacillose, de maladies infectieuses chroniques, d’eczémas, de cancers, de pathologies cardiaques, etc.

2. La résistivité

C’est la propriété d’une solution à s’opposer à la transmission de la chaleur ou de l’électricité. Pour exemple, la résistivité sanguine chez l’homme est de 190 ohms/cm/cm² et de 220 ohms/cm/cm² chez la femme.

Que viennent faire les huiles essentielles dans tout cela ? Justement, nous y venons. De façon générale, les huiles essentielles présentent un pH relativement acide ainsi qu’une très forte résistivité :

HE de giroflier : pH 6,7 Résistivité : 4 000

HE de menthe poivrée : pH 6 Résistivité : 3 000

HE de lavande fine : pH 5 Résistivité : 2 800

Quand on sait que l’alcalinité favorise la prolifération bactérienne alors que l’acidité s’y oppose et la neutralise, on comprend aisément les propriétés antiseptiques et bactéricides des huiles essentielles. La résistivité de ces mêmes huiles essentielles s’oppose à la propagation d’une infection ainsi qu’à la diffusion des toxines dans l’organisme.

Les travaux de Cavel ont montré l’action de différentes huiles essentielles sur un bouillon de viande ensemencé avec de l’eau provenant d’une fosse septique. Pour stériliser 1 litre de ce bouillon de culture, il faut :

– 0,7 cc d’HE de thym vulgaire

– 1 cc d’HE d’origan vulgaire

– 2 cc d’HE de giroflier

– 2 cc d’HE de menthe poivrée

– 4,3 cc d’HE de romarin officinal

– 5 cc d’HE de lavande fine

En revanche, il faut 5,6 cc de phénol pour parvenir au même résultat. Dans cette expérience, on met en évidence l’action des huiles essentielles du fait de leur pH acide et de leur haute résistivité, lesquels facteurs neutralisent la propagation bactérienne contenue dans l’eau souillée à laquelle on a exposé chaque huile essentielle.

Ainsi donc, on ne doutera plus du pouvoir antiseptique, bactéricide, antiviral, antifongique, etc. des huiles essentielles.

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L’alchémille

Synonymes : Pied-de-lion, Manteau de Notre-Dame, Mantelet de la dame.

Petite, vivace et rustique, on ne peut pas dire que l’alchémille possède les atours de certaines plantes autrement plus sensuelles et luxuriantes qu’elle, c’est évident. Cependant, bien que plus tellement utilisée en phytothérapie, elle vaut le détour!

Ne dépassant pas une trentaine de centimètre de hauteur, l’alchémille prend pied dans le sol grâce à un rhizome chevelu. Ses feuilles, d’une belle couleur vert bleuâtre, sont portées par de longs pétioles, feuilles généralement formées de six à dix lobes finement dentés. Elles ressemblent assez, dans leur aspect, aux feuilles de la mauve sylvestre ; on les qualifie de « capes », d’où le surnom de manteau (ou mantelet) de Notre-Dame.

Les tiges florales portent des bouquets lâches de fleurs jaune verdâtre à quatre pétales et fleurissent généralement entre mai et septembre.

On la trouve dans les lieux humides en plaine surtout : prés et prairies humides, bordures de ruisseaux, lisières de forêts, etc.

Une de ses cousines, l’alchémille argentée, lui ressemble beaucoup, hormis le fait que ses feuilles sont formées d’un nombre impair de folioles à la face inférieure brillante et argentée, d’où son nom. Dans les Alpes, on trouve une petite alchémille (Alchemilla alpina), une forme naine de l’alchémille argentée.

Ce qui, par dessus tout, caractérise l’alchémille commune, c’est sa capacité à recueillir la rosée au sein de ses feuilles. On dit que cette eau était utilisée par certains alchimistes dans leur quête de la pierre philosophale. En réalité, cette eau n’est pas constituée que de rosée, elle est aussi composée d’une eau végétale sécrétée par la plante elle-même. On l’appelle « eau céleste ».

Image© Georges Lièvre – Fotolia.com

L’alchémille était connue de Paracelse qui pensait que son ancien nom médicinal était flammula. Quoi qu’il en soit, son nom médiéval d’alchimillia ou alchemilla est issu d’une expression arabe qui signifie « solvant universel »…

Au tout début de la Renaissance, le médecin espagnol Andrés de Laguna l’indiquait dans les cas de fractures osseuses chez les jeunes enfants, alors que la tradition populaire en aura fait une plante miraculeuse pour les femmes désirant retrouver leur virginité. Hum. Plus haut, je parlais du surnom de l’alchémille : manteau de Notre-Dame. Sachant que les parois du vagin (du latin vagina, fourreau) sont appelées « manteau »… Eh bien, il apparaît tout à fait possible que cette tradition populaire et le surnom de la plante trouvent un rapport dans ce sens. Et puis, Notre-Dame, c’est la Vierge…

Comme il n’y a pas de fumée sans feu, il se trouve que l’alchémille est effectivement une panacée de l’organisme féminin. C’est ce qu’indiquera le prête-herboriste suisse Johann Künzle au début du 20 ème siècle. Il l’utilisa avec succès en cas de douleurs menstruelles, en préparation à l’accouchement, ainsi qu’en cas de leucorrhées, c’est-à-dire les fameuses « pertes blanches », autrefois appelées « fleurs blanches » qui ne sont pas sans évoquer les gouttes d’eau sécrétées au creux des feuilles par la plante… Sacrée « signature », tout de même.

Au passage, je me permets de noter l’existence d’un élixir floral d’alchémille qui est plus particulièrement destiné aux femmes qui renient l’aspect maternel et nourricier de leur féminité. Il aide à surmonter les sensations de perte ou de vacuité liées aux troubles de la sphère reproductrice.

Emménagogue (comment en douter ?) et sédative tant locale que générale, l’alchémille est utilisée en cas de règles profuses, de dysménorrhées et, donc, de leucorrhées. Elle permet de préparer l’accouchement afin de le faciliter (débuter une cure au moins un mois avant). En revanche, on l’évitera durant la grossesse. Puis, après accouchement, elle est galactogène (en tout cas, c’est vrai pour les vaches !)

Les tannins qu’elle contient la rendent fortement astringente, voilà pourquoi elle est puissante en cas de diarrhées, de dysenterie, d’entérites et autres gastro-entérites. Cette propriété astringente, doublée de vertus hémostatiques, fait merveille en usage externe sur les plaies suppurantes, variqueuses ou gangreneuses, sur les ulcères de jambes, les blessures minimes et autres petites plaies.

On l’emploie aussi en cas de migraines et maux de tête, de congestions hépatiques, de fatigue nerveuse, etc.

Cependant, attention à son usage interne, en particulier chez les personnes fragiles et/ou sensibles de l’estomac.

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