Les huiles essentielles d’eucalyptus

Les fleurs d’eucalyptus globuleux.

Eucalyptus globuleux (Eucalyptus globulus) et eucalyptus radié (Eucalyptus radiata)

Bien que la langue en usage en Australie soit l’anglais, cette île n’a pourtant pas été découverte par les Britanniques, mais par les Hollandais au XVII ème siècle (1605). A cette époque, il est encore trop tôt pour raconter l’histoire de l’eucalyptus. Après l’anecdote à la sauce hollandaise, venons-en aux Anglais, incarnés en la personne du navigateur James Cook (1728-1779) qui effectua trois voyages entre 1768 et 1779 qui le menèrent à chaque fois non loin de cette immense île australe. A bord, des botanistes, et à chaque escale, des échantillons prélevés, mais qui ne seront, pour la plupart, étudiés que plus tardivement. Cela n’empêche pas l’Australie de devenir possession anglaise au grand dam des Français, en guerre, encore, contre Albion, l’ennemi juré. Or, à la même période, des navigateurs français croisent dans le même coin, ou peu s’en faut. C’est le cas du militaire et navigateur Jean-François de la Pérouse dont on finit pas ne plus avoir de nouvelle en 1788, après qu’il ait mouillé au large de Botany Bay entre janvier et mars de la même année. Aussi, peut-on dire que La Pérouse a touché l’Australie en au moins un point. Étant presque assuré qu’il lui est arrivé malheur, la France missionne D’entrecasteaux qui embarque en septembre 1791 à bord de frégates aux noms qu’on peut penser propitiatoires, La Recherche et L’Espérance, qui emportent (tant qu’à faire des milliers de kilomètres jusqu’aux antipodes, autant ne pas s’y rendre pour rien) dans son ventre un naturaliste, La Billardière (1755-1834). L’année suivante, en mai 1792, l’expédition découvre sur cette île qu’on n’appelle pas encore Tasmanie mais toujours « terre de Van Diemen », un arbre si haut qu’il fallut en couper le tronc pour en contempler les fleurs de près : le gommier bleu (= blue gum en anglais), plus communément eucalyptus, mot qui désigne le genre auquel cet arbre appartient et qu’un autre Français, L’Héritier (1746-1800) nomme et décrit en 1789, alors que La Billardière est, lui, le premier à décrire l’un des deux eucalyptus qui nous intéressent ici, c’est-à-dire Eucalyptus globulus, en 1800.
Mais cette opération de sauvetage tourne elle-même au désastre. Catastrophique à plus d’un titre, elle perd son capitaine, D’entrecasteaux, qui succombe au scorbut en 1793. Malgré ces écueils – ce qui est ballot pour des marins – c’est donc à un Français et non à un Anglais qu’échoira le droit d’associer son nom à l’un des eucalyptus les plus connus au monde. La France n’a pas gagné l’Australie, mais s’est arrogée le mérite d’apposer sa marque sur un arbre comptant dans sa famille près de 700 membres essentiellement endémiques à l’Océanie et, pour quelques-uns d’entre eux, au sud-est asiatique (Malaisie, etc.). C’est toujours mieux que rien. Et puisqu’on ne put maintenir la botte française sur le sol australien, on en exporta les arbres en Europe, bien que pas immédiatement, puisque ce n’est qu’en 1847 que le premier eucalyptus – le gommier rouge (Eucalyptus camaldulensis) – pose ses racines sur le sol européen, se répandant de la péninsule ibérique à la Côte d’Azur. En 1854, Ramel, horticulteur et négociant, se rend à Melbourne : il dit observer un jeune arbre qui lui paraît pousser à vue d’œil, à quoi Francis Hallé répond, en confirmant que « certains eucalyptus poussent de quatre mètres par an dans leur milieu naturel » (1). A la suite de quoi, compte tenu de l’acclimatation facile de l’eucalyptus tout autour de la Méditerranée, Ramel décide l’introduction de l’eucalyptus globuleux en Algérie (où il s’est depuis naturalisé), ainsi qu’en Provence en 1856. Les eucalyptus sont des arbres à grande plasticité écologique, pour reprendre une expression de Francis Hallé. C’est pourquoi ils purent, hors d’Australie, s’implanter dans différentes zones du monde aux climats similaires. Par exemple, Eucalyptus globulus, originaire de Tasmanie et de l’état de Victoria : cela prédisposait son aptitude à être semé dans l’ensemble du bassin méditerranéen.
Au milieu du XIX ème siècle, environ 50 espèces d’eucalyptus sont introduites dans le sud de l’Europe (ainsi qu’en Amérique du Sud et dans d’autres zones plutôt tropicales). L’engouement est tel que la culture des eucalyptus de part et d’autre de la mer Méditerranée confine à la véritable passion, qui finira par grossir le rang des espèces cultivées à une centaine dans les années 1890 pour les seuls territoires de l’Italie, de la Corse et de la Côte d’Azur, sur l’impulsion d’un de ses plus grands promoteurs, le Français Charles Naudin (1815-1895), ce qui explique la présence, aujourd’hui naturelle, de ces arbres, et donc du gommier bleu, aux abords de Cannes, Nice, Hyères ou encore Antibes, ainsi que dans cet arrière-pays niçois depuis lors redessiné : en effet, à quoi ressemblerait la Côte d’Azur sans les nombreuses espèces végétales qui la peuplent et qui proviennent des quatre coins du monde ?
Côté australien, l’engouement a pris, mais d’une toute autre manière : les côlons, après avoir entamé la décimation du peuple aborigène et grandement menacé puis anéanti une grande partie des savoirs traditionnels liés aux eucalyptus thérapeutiques, s’attachèrent à exploiter purement et simplement bon nombre d’eucalyptus. Après avoir abattu les hommes, on fit de même des arbres. Les plus grandes villes australiennes, à leur début, ne purent s’ériger sans ces alliés de choix que sont les eucalyptus. Et l’on peut légitimement poser la question de savoir si la colonisation de l’Australie aurait été possible sans eux… Oui, le côlon australien se dit qu’il serait probablement ridicule de ne pas user de ce bois lourd, dense, résistant à l’eau, à la pourriture et à l’infestation des parasites, qui dure dans le temps : tant qu’à bâtir, autant bâtir solidement, ce qui nous situe bien loin des futures pitreries d’Ikéa. La première fonction des eucalyptus australiens, c’est donc d’apporter du bois de construction, du bois d’œuvre : on en fabrique des maisons et d’autres bâtiments. Certains eucalyptus se paient le luxe de fournir le bois formant les bardeaux de toiture, alors que d’autres, plus colorés, plus chatoyants, procurent, quant à eux, la matière première nécessaire pour l’aménagement intérieur : marqueterie, menuiserie, ébénisterie. Quitte à y vivre, pourquoi ne pas doter ces maisons de cheminées ? Le combustible n’est autre que du bois d’eucalyptus. Et comme l’eucalyptus est un grand voyageur, on en fabrique des tonneaux qui roulent et des roues, des traverses de chemin de fer pour faire passer ici ou là des trains tractés par des locomotives dont la chaudière est alimentée en charbon de bois d’eucalyptus. Soucieux de favoriser la communication, c’est dans des troncs d’eucalyptus qu’on taille les poteaux télégraphiques qui envoient les nouvelles à longues distances par le biais de ce réseau ou par celui d’un autre : le papier. L’eucalyptus est largement exploité (de nos jours encore) comme essence fournissant une pâte à papier de qualité sur lequel on imprimera livres, gazettes et journaux, supports sur lesquels le savoir se répandra, par la mer s’il le faut : l’eucalyptus, encore lui, toujours lui, permet la conception des bateaux (coques, ponts, mâts), mais aussi des infrastructures qui facilitent l’embarquement : les ports. Forts de tous ces avantages, l’eucalyptus est donc partie à la conquête du monde, s’est implanté partout où l’homme, pour des raisons fort diverses, a fait appel à ses services, en particulier durant un XIX ème siècle très xylophage, révolution industrielle oblige. On comprend rapidement l’intérêt de planter un eucalyptus à la pousse rapide plutôt qu’un chêne qui va mettre des plombes pour parvenir au même résultat. Ainsi, on plante des eucalyptus à tour de bras, on les plante à foison, on les plante à millions : Chine, Inde, États-Unis, Andes, est africain… Des milliers d’hectares sont dévolus à l’arbre océanien.
Mais le piège que, sans le savoir, l’homme s’est tendu à lui-même a fini par se refermer sur lui : on ne décide pas de l’implantation en grand d’une espèce dans une zone où elle est inconnue sans se prendre tôt ou tard un retour de flamme dans la figure. Quand cela arrive, on accuse l’eucalyptus de tous les maux sans jamais (ou presque jamais) remettre en cause le responsable de tout ce merdier : ce bipède d’Homo sapiens. Il est vrai que certains motifs d’implantation sont tout à fait louables, de salubrité publique pourrait-on dire : l’eucalyptus, grâce à ses longues et profondes racines, est un gros buveur, ainsi absorbe-t-il les eaux souterraines. Quand il fut planté dans des zones marécageuses, comme celles situées entre la capitale italienne et la mer Méditerranée, l’effet se fit rapidement sentir : l’assainissement de cette région en éradiqua le paludisme. Assécher des zones d’eau croupie et marécageuse, vectrices de maladies, en supprimant les moustiques et les saletés qu’ils trimballent, représenta un véritable progrès, non seulement d’un point de vue médical, mais social puisqu’il concernait le bien-être et le mieux-vivre de tous les jours. Au XIX ème siècle en France, la malaria tue de manière effarante. Alors quand on voit arriver ce grand gaillard d’Eucalyptus globulus, dont le bruit court qu’il pourrait s’attaquer à la racine du mal, on ne réfléchit pas, on fonce. Pour renforcer cet effet antipaludéen, les eucalyptus, vu qu’ils boivent beaucoup, rejettent également beaucoup d’eau par évapotranspiration foliaire. A l’été surtout, et par forte chaleur, les eucalyptus semblent enveloppés d’un halo bleuâtre : c’est un effet provoqué par cette exsudation, eau des feuilles renvoyée à l’air, mais néanmoins chargée d’une fraction d’essence aromatique : ainsi peut-on voir l’eucalyptus dégazant comme un gigantesque diffuseur d’huile essentielle. Bien sûr, une partie du résultat de cette expectoration finit par tomber à terre, de même que les micro gouttelettes formées par un diffuseur ne demeurent pas indéfiniment entre le plancher et le plafond. Autrefois, l’on n’utilisait pas ce type d’appareillage qui, de toute façon, n’existait pas, mais on savait procéder par fumigation humide : on faisait ainsi bouillir des feuilles d’eucalyptus dans les chambre des malades, de même qu’on trimballait d’énormes lessiveuses emplies de la même décoction dans la plupart des hôpitaux qui se préoccupaient un tant soit peu d’asepsie, parce qu’on n’ignorait pas alors que l’eucalyptus est un tueur de bactéries. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer le sol sur lequel pousse un eucalyptus : il n’y croît rien d’autre que lui, il inhibe le développement des plantes qui chercheraient à pousser à ses pieds. Exit non seulement les moustiques, mais également la flore spontanée. L’eucalyptus cultiverait-il le quant-à-soi ?
Un autre inconvénient de l’implantation à grande échelle des eucalyptus réside dans le fait qu’il est peu enclin à développer un sol de belle qualité, chose à propos de laquelle on alertait déjà dans les années 1950 : « ces eucalyptus auront toujours l’inconvénient de ne pas donner d’humus ou d’en donner très peu et plus leur croissance sera rapide, plus ils puiseront d’eau dans le sous-sol pour la transpirer et plus ils activeront l’aridité, ce qui est grave dans les régions semi-arides. On ne peut en vérité faire du reboisement sur les sols qu’ils auront déjà usés et appauvris en eau et en divers éléments chimiques ou même en micro-organismes entretenant la fertilité des terres en surface ou en profondeur » (2). Depuis, les plantations massives d’eucalyptus ont été largement controversées, et cela pour des raisons différentes : il n’améliore pas les sols, ne fournit pas ou peu d’ombre, ne procure pas de fourrage pour le bétail ni de fruits comestibles pour l’alimentation humaine, etc. Il est bien possible qu’on en soit venu à mesurer ses inconvénients plus grands que ses avantages. C’est ce que l’on a pu observer au Portugal il y a deux ans, après que des dizaines de milliers d’hectares d’eucalyptus sont partis en fumée : après les avoir adulés hier, aujourd’hui, c’est sans pitié qu’on les arrache.

L’eucalyptus appartient à la vaste famille des Myrtacées qui, outre le myrte qui lui a donné son nom, comprend parmi ses membres d’illustres représentants : l’arbre à thé, le niaouli, le cajeput, le giroflier, le goyavier, etc., riche famille aromatique s’il en est. L’eucalyptus n’est qu’un genre parmi tous ceux-là ; or ce genre compte à lui seul plusieurs espèces d’eucalyptus, dont certains ne sont pas même des arbres mais de petits arbrisseaux dont la hauteur est inférieure à un mètre. Rien à voir avec le géant gommier bleu : très souvent, il culmine à au moins 50 m dans son aire d’origine (en Europe, c’est très rare qu’il parvienne à cette taille), passant aussi les 70 m, jusqu’aux 100 m (on fait parfois état d’arbres bien plus grands encore : 125-130 m de hauteur ; c’est bien possible). Contrairement au niaouli, qui est tout tortueux, l’eucalyptus globuleux possède un tronc tout droit de couleur bleu gris, dont l’écorce se détache en longues lanières roussâtres. Si l’eucalyptus globuleux n’est pas prêt à laisser quiconque s’inviter sous sa frondaison légère, il n’en va pas de même – et heureusement pour lui – avec sa propre progéniture. C’est ainsi qu’à côté d’un géant l’on peut constater la frêle existence d’un scion de deux à trois mètres, bête tige toute droite qui porte des feuilles plus ou moins rondes, opposées et décussées, sessiles (c’est-à-dire sans pétiole : elles sont directement scotchées sur la tige). Ces feuilles juvéniles de couleur gris perle à bleutée, sont couvertes de pruine, cette substance cireuse qu’on trouve sur les raisins et les prunes, par exemple (certains expliquent qu’elle aurait pour fonction de faire déraper les insectes, ce que je ne peux imaginer sans un sourire). Cette forme de l’eucalyptus en son jeune âge « est tolérante à l’ombre du sous-bois, nous explique Francis Hallé ; en revanche, elle ne supporte pas la sécheresse qui règne dans les strates les plus hautes de la forêt. Une métamorphose est donc obligatoire » (3). En effet. C’est à croire que plus l’arbre grandit et plus ses feuilles, tout d’abord rondouillardes comme nous l’avons dit, s’allongent, prennent cette caractéristique forme de fer de faux, longues de presque 25 cm parfois et large de 5 ! Conservant plus ou moins leur texture épaisse et coriace, ces feuilles se dénuent de leur pruine, ce qui modifie sensiblement leur couleur, qui passe au vert olive, voire au vert doré cendré. Et, histoire d’apparaître plus longues qu’elles ne sont déjà, voilà qu’elles se munissent d’un pétiole. Des feuilles juvéniles aux feuilles matures, le changement morphologique est si époustouflant que même le « gui » de l’eucalyptus doit s’adapter à la situation : sur les rameaux d’eucalyptus globuleux qui portent des feuilles rondes, l’on voit l’une de ces plantes parasites – Dendrophthoe homoplastica – qui possède, elle aussi des feuilles rondes. Dans les strates les plus élevées, c’est un autre de ces guis, Dendrophthoe glabrescens, qui prend le relais : de même que les feuilles qui l’environnent, il porte des feuilles fort semblables ! Bref : « que signifie un arbre qui change d’aspect au point de devenir méconnaissable ? », interroge Francis Hallé (4). Qu’il a plus d’un tour dans son sac ? A ce titre, quand on observe sa floraison étrange, l’on n’est pas loin de se dire que cet eucalyptus-là est un drôle de phénomène : à cet endroit, l’on peut clairement parler de bouton floral. Son calice, plus ou moins rond à quadrangulaire, est coiffé d’un opercule en forme de coupe, voire d’encensoir (disent les plus mystiques d’entre les observateurs), de couleur verdâtre à roussâtre. Calice et corolle sont donc, au départ, intimement soudés l’un à l’autre. Mais, au fur et à mesure qu’avance la floraison, à l’intérieur de ce globule, les étamines blanches de l’eucalyptus, fort nombreuses, bien enfermées et protégées, finissent par expulser le capuchon qui les maintient captives (5). Puis les fleurs fructifient : les fruits ressemblent à de petites urnes coniques et cupulaires sur le couvercle desquelles se dessinent des figures géométriques étoilées à trois, quatre ou cinq branches, renfermant des graines ovales ou arrondies, de couleur noire.

Les feuilles de l’eucalyptus radié.

Plus petit que l’eucalyptus globuleux, l’eucalyptus radié est aussi originaire du sol australien, de Nouvelle-Galles du Sud plus exactement, c’est-à-dire cet état australien situé au sud-est et dont la capitale est Sydney.
Botaniquement, il est assez proche de son grand cousin Eucalyptus globulus, mais possède une cime étalée aux rameaux davantage réclinés. En terme de point commun, on observe chez cet eucalyptus une écorce de même couleur, gris bleuté, qui s’écaille en lenticules caduques. Là où l’eucalyptus radié se rapproche du globuleux, c’est au niveau de ses rameaux : tout d’abord verts quand ils sont jeunes puis rougeâtres, ils sont soumis au même phénomène de métamorphose foliaire : des feuilles juvéniles arrondies, opposées et sessiles font place à des feuilles adultes pétiolées, alternes et lancéolées, mais ne possédant pas la forme de fer de faux caractéristique de l’eucalyptus globuleux.
Cet arbre apprécie la lumière, les lieux exposés à sa convenance, les sols siliceux, frais, profonds et drainés de la plupart des zones subtropicales.

Les huiles essentielles d’eucalyptus en aromathérapie

« S’il est une essence méconnue, c’est bien Eucalyptus globulus qui réalise le paradoxe d’être à la fois l’une des essences les plus profondes et l’une des plus vulgarisées d’un point de vue commercial » (6). Pas seulement vulgaire dans le sens « commun » ou « banal », mais, dans une veine plus péjorative, l’on peut penser ce « vulgarisées » comme la chose quelconque, sans plus d’attrait que n’en recèle sa plate existence. Cependant, lors de sa « découverte », c’est-à-dire, plutôt, du début de l’engouement qu’elle suscita chez les colons australiens, elle ne se destinait pas encore à la fonction thérapeutique qu’on lui connaît : elle était employée, à équivalence avec l’essence de térébenthine, dans l’industrie de la peinture. Ainsi faisait-on dans les années 1860, jusqu’à ce qu’Eugène Rimmel (1820-1887) se penche sur cette essence et ne la fasse connaître au monde de la parfumerie. Quant à l’aromathérapie, elle sut tirer parti de cette substance extraite des feuilles de certains eucalyptus et que l’on confondit souvent avec l’eucalyptol pur. L’eucalyptol, aussi appelé cajeputol bien que plus rarement, porte plus couramment le nom de cinéole, désignation qu’on précède de 1.8. Il fait partie de la famille moléculaire qu’on surnomme époxydes monoterpéniques quand on est chimiste, mais nous autres, nous saurons nous contenter d’un seul mot : oxydes. Mais l’huile essentielle d’eucalyptus, qu’on parle du radié ou du globuleux, ne se réduit heureusement pas qu’au seul 1.8 cinéole, quand bien même on pourrait penser le contraire à l’examen de certains lots d’huiles essentielles (surtout celle d’Eucalyptus globulus) dans lesquels le taux de cette seule molécule grimpe parfois à 95 % ! Ce qui est tout sauf naturel. Passons outre les « communelles » (c’est-à-dire les huiles essentielles reconstituées : on réunit plusieurs productions provenant de différents territoires pour n’en former qu’un seul au final : l’on observe cette pratique avec l’huile d’olives, le miel, etc., et ce même en qualité bio…). Tout autre chose : pour faire grimper le taux de 1.8 cinéole, on distille les feuilles d’eucalyptus globuleux à la vapeur d’eau une première fois, puis on redistille l’huile essentielle obtenue en première distillation : on a donc affaire à une huile essentielle dite rectifiée, qui n’a donc plus rien de 100 % pure, naturelle, entière, etc. (le marché de l’eucalyptus étant très lucratif, on comprend que certains se laissent aller à des œuvres aussi basses). Cette opération vise aussi comme objectif de supprimer du produit final des molécules jugées indésirables (aldéhyde isovalérianique par exemple), mais également le désavantage de faire disparaître la majeure partie des sesquiterpènes et des sesquiterpénols. Face à 90 ou 95 % d’1.8 cinéole, il ne reste guère plus qu’une poignée de molécules, juste assez nombreuses pour se battre en duel. Je ne vois pas en quoi cela peut constituer un produit intéressant… En revanche, il existe des producteurs d’huiles essentielles d’eucalyptus globuleux qui procèdent beaucoup plus respectueusement, obtenant une huile essentielle en une seule et unique distillation des feuilles, à l’exclusion des rameaux, pour une durée de distillation avoisinant les dix heures !
Des eucalyptus, l’on distille les feuilles dont les limbes et la nervure centrale sont nimbés de poches schizogènes, sécrétrices d’essence aromatique. Voici quelques informations chiffrées qui donnent une idée des valeurs moyennes qu’on peut trouver dans les huiles essentielles d’Eucalyptus globulus et d’Eucalyptus radiata.

  • Eucalyptus globulus :
    – Oxydes : 70 à 85 % (1.8 cinéole)
    – Monoterpènes : 20 % (limonène, paracymène, α-pinène, β-pinène)
    – Sesquiterpénols : 1,5 % (globulol, lédol, viridiflorol)
    – Esters : 3 à 6 % (acétate d’α-terpinyle)
    – Sesquiterpènes : 2 % (aromadendrène)
    – Cétones : 4 %
  • Eucalyptus radiata :
    – Oxydes : 60 à 75 % (1.8 cinéole)
    – Monoterpènes : 12 % (limonène, sabinène, α-pinène, β-pinène, β-myrcène)
    – Monoterpénols : 14 % (α-terpinéol, terpinène-1-ol-4)
    – Esters : 5 % (acétate d’α-terpinyle)
    – Sesquiterpènes : 2 %

Ces deux huiles essentielles ont l’apparence d’un liquide mobile, fluide, incolore (ou parfois jaune très pâle). La distillation permet d’obtenir, chez l’un et l’autre de ces eucalyptus, un rendement compris entre 0,7 et 2,5 %. Tout d’abord fraîches, ces deux huiles s’avèrent rapidement brûlantes. C’est, du moins, ce que communique leur odeur, alors que les feuilles brutes, lorsqu’on les goûte, nous font passer du chaud au frais. Mais il s’agit là, une fois de plus, d’un des nombreux « paradoxes » propres aux eucalyptus. Comme en Europe l’on croise l’Eucalyptus globulus et non le radiata, il est possible d’apporter des informations relatives à la composition biochimique des feuilles de l’eucalyptus globuleux à toutes fins utiles. Elles contiennent, comme celles de nombreux autres eucalyptus, du tanin, ainsi qu’une résine (principe amer ?), des flavonoïdes, de l’alcool amylique, etc. Ces feuilles possèdent une odeur pénétrante, balsamique pourrait-on dire, bien qu’on a conscience que ce seul terme-là – balsamique – est bien en-deçà de la réalité. De même, on décrit le parfum de ces feuilles à l’état frais comme camphré, mais comment cela se pourrait-il, sachant que l’eucalyptus globuleux ne contient pas de camphre (ou si peu : 1 %) ?
Pour finir, notons que l’huile essentielle d’eucalyptus radié est moins agressive, olfactivement parlant, que celle d’eucalyptus globuleux.

Propriétés thérapeutiques

Propriétés communes :

  • Anti-infectieuse : antibactérienne (Staphylococcus aureus, Streptococcus pneumoniae, Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa), antivirale, préventive des maladies contagieuses d’origine virale surtout, antifongique (Candida sp.), antiseptique des voies respiratoires et urinaires, antiseptique atmosphérique, antiparasitaire
  • Expectorante, anticatarrhale, antitussive, mucolytique, décongestionnante des voies respiratoires, inhibitrice de l’irritation bronchique
  • Anti-inflammatoire (plus légèrement chez Eucalyptus radiata)
  • Insectifuge
  • Immunostimulante, positivante
  • Promotrice d’absorption (c’est-à-dire qu’elle multiplie le coefficient de pénétration des substances qui se trouvent dans le même support qu’elles. Il faut donc éviter de mélanger ces huiles essentielles dont celle d’eucalyptus globuleux à des supports non neutres, elles entraîneraient dans le sang via un usage cutané les substances contenues dans ces produits et qui seraient potentiellement indésirables pour l’organisme.)
  • Inductrice enzymatique (la haute teneur en 1.8 cinéole fait que la prise de ces huiles essentielles peut perturber le métabolisme d’autres médicaments pris dans le même temps. Elles contrecarrent, affaiblissent ou diminuent leurs actions.)

Propriétés propres à Eucalyptus globulus :

  • Stimulante générale, stimulante du système nerveux
  • Apéritive, digestive (7), vermifuge
  • Diurétique, sudorifique, fébrifuge
  • Astringente, rubéfiante, cicatrisante
  • Antispasmodique
  • Hémostatique
  • Antirhumatismale
  • Hypoglycémiante
  • Pédiculicide

Propriétés propres à Eucalyptus radiata :

  • Tonique mentale, neurotonique, énergisante

Usages thérapeutiques

(Pour davantage de commodité de lecture : les « g » pour globuleux, les « r » pour radié.)

  • Troubles de la sphère respiratoire : infections bactériennes et virales des voies aériennes (basses pour Eucalyptus globulus, hautes pour Eucalyptus radiata), rhinite, ozène (g), rhinopharyngite, pharyngite, laryngite, bronchite aiguë ou chronique, bronchite asthmatiforme (r), asthme hypersécrétant et surinfecté (g), rhume, sinusite, otite, otalgie (r), affection grippale avec fièvre, refroidissement, coup de froid des enfants (r), frilosités grippales (r), prévention des affaiblissements bronchopulmonaires (r), irritation des muqueuses nasales (g), maux de gorge (g), broncho-pneumonie (g), pneumonie (g), toux grasse (r), spasmodique (g), quinteuse (g), gangrène pulmonaire (g), tuberculose pulmonaire (g)
  • Troubles de la sphère vésico-rénale : infections urinaires, cystite (r), catarrhe vésical (g), blennorragie aiguë ou chronique (g), rétention urinaire légère (g), colibacillose (g)
  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : diarrhée rebelle (g), dyspepsie (g), parasites intestinaux : ascaris, oxyures (g)
  • Troubles de la sphère génitale : leucorrhée (r), candidose vaginale (r), vaginite (g)
  • Affections cutanées : gale, herpès labial, pédiculose (g), dermite bactérienne et mycosique (g), acné (g), plaie (g), plaie infectée (g), brûlure au premier et au deuxième degré (g), zona (r), pellicules (g)
  • Troubles locomoteurs : raideurs musculaires (g), douleurs aiguës (g), rhumatismes (g), névralgie (g)
  • Diabète (g)
  • Asthénie, asthénie profonde (surtout physique), fatigue chronique, déprime (à son début), convalescence
  • Désinfection des habitations en cours d’infection et même après (paludisme, rougeole, scarlatine, typhus, choléra)
  • Migraine (g)
  • Moustiques

D’un point de vue énergétique et psycho-émotionnel

Feuille falciforme fréquemment falsifiée, quels autres secrets peux-tu bien nous révéler maintenant ?

La médecine traditionnelle chinoise nous explique que nos deux eucalyptus s’associent à merveille au méridien du Poumon, étant donné les exceptionnelles qualités de leur huile essentielle sur la sphère respiratoire. Nous nous en serions doutés. Serge Hernicot disait plus précisément que l’eucalyptus « libère le biao (l’externe) (8), disperse le vent et la chaleur, fait tomber la fièvre. Est utile en prévention des énergies perverses » (9). Mais si l’eucalyptus sait agir ainsi au niveau du méridien du Poumon, l’on considère qu’il fait de même auprès de bien autres méridiens parmi lesquels nous trouvons plusieurs éléments représentés :
– le Métal : Poumon, Gros intestin,
– l’Eau : Rein, Vessie,
– la Terre : Estomac,
– le Feu : Cœur, Intestin grêle.
Hormis du Bois et un peu de Terre, il ne manque pas grand-chose pourrait-on dire. Mais ce qui est plus intéressant, c’est de classer ces différents méridiens selon leur polarité, selon qu’ils dépendent d’organes ou d’entrailles. Les organes étant de nature Yin et les entrailles Yang, nous pouvons établir le constat suivant :
– Yang : Gros intestin, Intestin grêle, Estomac, Vessie,
– Yin : Poumon, Cœur, Rein.
L’eucalyptus serait de nature davantage Yang que Yin. Or, comment expliquer que, par ailleurs, on lui attribue une nature exclusivement Yin ? C’est du moins ce que laissait sous-entendre le philosophe Jean Baudrillard à la fin du siècle dernier : « Il se dévêt de son écorce comme d’une robe, il est doux au toucher comme une peau. C’est un arbre féminin par sa pâleur et d’une grande élégance naturelle. » Certes, on ne peut lui ôter ces évidentes caractéristiques féminines, mais n’est-ce pas un peu réducteur que de n’en faire qu’une seule essence Yin ? Observons les feuilles juvéniles de l’eucalyptus, leur féminine rotondité, toutes farinées d’un talc qui n’en est pas, observez comme elles s’agrippent aussi bien à la tige qui les supporte, comme autant de petits enfants dans les jupes de leur mère (c’est encore plus frappant chez Eucalyptus perrininiana). Il y a là une fragilité, une tendresse toute maternelle qu’on ne retrouve plus chez les feuilles adultes désormais affranchies du joug maternel. Elles adoptent cette forme de lame de faux très typique. Disposées sur un plan vertical et non plus horizontal, elles ne donnent pas d’ombre, ne confinent pas à l’obscurité Yin qu’on peut observer généralement dans les sous-bois, mais, tout au contraire, elles laissent largement pénétrer la lumière à l’intérieur de la structure même de l’arbre qui devient dès lors solaire et aérien. De plus, « tel l’arbre qui assèche les marécages et purifie l’air de la contrée où il croît, Eucalyptus globulus disperse les eaux impures d’une affectivité compromettante et avilissante pour assainir la terre » (10) afin de tirer profit de ses richesses avec le temps, ce Chronos dont l’attribut est justement une faux (ou une faucille) qui souligne, on ne peut mieux, sa relation à l’eucalyptus : « la faucille est alors le terrible couperet qui rend stérile » (11) : ne voit-on pas cet arbre aux feuilles falciformes décimer tout ce qui pousse à ses pieds ? N’est-ce pas là une action spécifiquement Yang que cette capacité à pourfendre l’envahisseur et l’ennemi invisible et malfaisant, la bactérie pathogène, le virus virulent, le parasite sournois ? Mais cette faucille symbolise aussi l’abondance de la moisson, et à ce titre-là, on ne peut affirmer que l’eucalyptus soit totalement avare de ses bienfaits.
« Lorsque je traversais les grandes forêts d’eucalyptus, j’avais du mal à ne pas me dédoubler », déclamait le poète Bashistya Shivânanta. C’est l’un des effets qu’induit l’eucalyptus, tant il intime le calme et la sérénité. Pour étonnant qu’il soit, le voyage auquel cet arbre invite est intérieur. S’enfonçant au plus profond de notre arbre respiratoire, il nous rappelle, en accédant à l’extrémité de ses feuilles, que notre propre arbre ne se cantonne pas qu’à son seul tronc. Ces feuilles, dont je suis bien curieux de connaître la surface totale d’échange qu’elles peuvent entretenir avec leur environnement, est-ce qu’elles discutent entre elles ? ou avec le vent qui passe ? emportant leurs paroles issues de leur gorge bleutée ? Feuilles falciformes, non falsifiées, bien que la fausseté du faussaire de l’eucalyptus est connue, le faussaire, parce que faux et usage de faux, est un menteur, donc, alors que l’eucalyptus, lui, est un révélateur qui sait faire la transparence.

Modes d’emploi

  • Diffusion atmosphérique (à petites doses et en synergie avec d’autres huiles essentielles et/ou essences en ce qui concerne l’huile essentielle d’Eucalyptus globulus chargée en 1.8 cinéole).
  • Inhalation sèche, inhalation humide, olfaction.
  • Voie cutanée diluée (à privilégier).
  • Voie orale diluée uniquement pour Eucalyptus radiata et à petites doses sur une courte durée.

Tout cela ne concerne bien évidemment que les deux huiles essentielles d’eucalyptus globuleux et radié. Au sujet de ce premier arbre, dont les feuilles sont autorisées à la vente libre en France, il est possible de procéder des manières suivantes :

  • Infusion longue de feuilles sèches émiettées.
  • Décoction de feuilles sèches émiettées.
  • Macération vineuse de feuilles sèches émiettées.
  • Alcoolature.
  • Teinture-mère.
  • Poudre de feuilles sèches.
  • Sirop.
  • Fumigation sèche sur charbon ardent.
  • Fumigation humide dans un baquet d’eau brûlante.

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • Récolte : les personnes qui habitent non loin d’eucalyptus (Midi de la France, Corse, etc.) auront plaisir d’apprendre qu’il est possible de cueillir les feuilles adultes de l’eucalyptus globuleux, c’est-à-dire celles en forme de faux, à l’été et à l’automne, bien que le caractère semper virens de cet arbre en autorise la récolte toute l’année. Leur dessiccation, qui n’exige pas de soins particuliers tant elle est facile, peut se dérouler tranquillement au soleil ou à l’ombre.
  • Inconvénients : le principal concerne la grosse proportion d’1.8 cinéole qu’on trouve dans chacune de ces deux huiles essentielles. Ce n’est pas tant le type d’eucalyptus qui est concerné, mais la fraction d’1.8 cinéole qu’il contient :
    – si 1.8 cinéole supérieur à 70 % : huile essentielle interdite aux enfants de moins de 12 ans ;
    – si 1.8 cinéole inférieur à 70 % : huile essentielle partiellement autorisée aux enfants de 7 à 12 ans sous conditions : dans ce cadre-là, seules la diffusion atmosphérique et la voie cutanée sont possibles (en massage, on évite, dans tous les cas, d’appliquer les huiles essentielles d’eucalyptus, même diluées, sur la poitrine pour éviter les sensations d’oppression, d’étouffement, de suffocation : ces huiles s’appliquent plus sûrement dans le dos).
    La diffusion atmosphérique doit être conditionnée à quelques règles élémentaires de bon sens : jamais pures, les huiles essentielles d’eucalyptus devront être couplées avec au moins une autre huile essentielle (ou une essence) moins agressive afin d’éviter d’irriter et de léser les muqueuses tant respiratoires qu’oculaires. Même en ce cas, il est recommandé de ne pas s’exposer continuellement à une telle diffusion, même si on n’est pas une femme enceinte ou qui allaite, ni un enfant de plus de 12 ans. De plus, la richesse de ces huiles en 1.8 cinéole est susceptible de provoquer une crise d’asthme chez le sujet sensible, d’où les interrogations bien nécessaires : qu’est-ce je diffuse ? Pendant combien de temps ? Où ? En la présence de qui ? Ainsi, on évite pas mal d’écueils. Rappelons, avant de passer à la suite, que les eucalyptus furent massivement employer pour assécher les eaux marécageuses, leurs huiles essentielles agissent de même : une goutte d’huile essentielle d’Eucalyptus globulus sur la peau peut y déterminer une ocelle blanchâtre qui prouve que l’humidité superficielle de la peau a été entamée. C’est pourquoi ces deux huiles demandent d’être impérativement diluées dans une huile végétale sans quoi un risque de « causticité », du moins d’irritation cutanée avec sensation de chaleur, peut se produire.
    Il est rarement recommandé d’user d’huile essentielle d’eucalyptus par voie orale (en interne, la voie rectale est bien préférable, même chez l’enfant). L’on sait que ces huiles essentielles, par leur 1.8 cinéole, sont convulsivantes et épiléptogènes, mais uniquement à très fortes doses (la dose létale se situe tout de même autour de 10 à 30 ml, soit l’équivalent de trois flacons standard !).
    A doses plus faibles (mais supérieures à la DMT), de nombreux troubles peuvent apparaître : troubles gastro-intestinaux (nausée, vomissement, diarrhée, gastro-entérite), troubles vésico-rénaux (néphrite, hématurie, protéinurie). En plus de cela, on assiste à d’autres perturbations comme des maux de tête. En cas d’intoxication avérée, on constate un affaiblissement de la respiration, un abaissement de la température corporelle et de la pression sanguine, une « altération du niveau de conscience », enfin l’asphyxie par paralysie respiratoire, laquelle est suivie du décès.
    Par ses cétones, l’huile essentielle d’eucalyptus globuleux peut présenter un risque de neurotoxicité, voire être potentiellement abortive (ce qui s’explique assez mal sachant la faible teneur de cétones contenue dans cette huile essentielle).
  • Hydrolat aromatique : en cas d’intolérance à l’huile essentielle d’eucalyptus globuleux, il est tout à fait possible de s’adresser à ce produit alternatif. Bien entendu, il n’est pas doté de la puissance de l’huile essentielle correspondante. Cependant, il est tout de même relativement antibactérien, anti-inflammatoire et expectorant. On l’utilisera particulièrement par voie externe, par le biais de lavages et de compresses.
  • Cette molécule, le 1.8 cinéole, donne aux urines un parfum de violette et/ou d’iris.
  • L’huile essentielle d’eucalyptus globuleux est présente dans un grand nombre de préparations pharmaceutiques à visée respiratoire (gommes, pastilles, sirops, etc.). Le baume du tigre et Végébom sont deux compositions bien connues qui contiennent de l’eucalyptus.
  • Associations thérapeutiques :
    – dans un but respiratoire : + huiles essentielles de lavande vraie, de pin sylvestre, de thym vulgaire ;
    – dans un but cicatrisant : + huiles essentielles de romarin officinal, de lavande vraie, de thym vulgaire ; huiles végétales : macérât huileux de millepertuis (= huile rouge), huile d’œillette ;
    – dans un but insectifuge : + huiles essentielles de citronnelle de Ceylan, de géranium rosat, de palmarosa, de niaouli.
  • Autres espèces : l’aromathérapie occidentale moderne exploite bien d’autres huiles essentielles issues d’eucalyptus dont on croise les noms ici ou là. Les voici :
    – Eucalyptus mentholé (Eucalyptus dives),
    – Eucalyptus citronné (Eucalyptus citriodora),
    – Eucalyptus à bractées multiples (Eucalyptus polybractea),
    – Eucalyptus de Smith (Eucalyptus smithii),
    – Eucalyptus à phellandrène (Eucalyptus phellandra),
    – Bois de fer citronné (Eucalyptus staigeriana).
    _______________
    1. Francis Hallé, Plaidoyer pour l’arbre, p. 56.
    2. Auguste Chevalier, Revue internationale de botanique appliquée et d’agriculture tropicale, Travaux français sur le genre Eucalyptus, mars-avril 1952, p. 112.
    3. Francis Hallé, Plaidoyer pour l’arbre, p. 85.
    4. Ibidem.
    5. Ici, nous pouvons nous permettre un petit clin d’œil étymologique fort instructif : le mot eucalyptus, issu du grec, se décompose comme suit : eu, « bien » et kalyptos, « couvert, coiffé, caché ». C’est dire si ces fleurs sont frileuses, de même que l’arbre tout entier, rares étant les eucalyptus qui résistent à des températures inférieures à – 5° C.
    6. Philippe Malhebiau, La nouvelle aromathérapie, p. 449.
    7. Cet eucalyptus « rend […] de précieux services à des malades dont le système digestif est souvent perturbé par leurs ennuis respiratoires », Petit Larousse des plantes médicinales, p. 70.
    8. Le biao, à l’inverse du li, est la manifestation extérieure, en surface, de nature Yang.
    9. Serge Hernicot, Les huiles essentielles énergétiques, p. 50.
    10. Philippe Mailhebiau, La nouvelle aromathérapie, p. 450.
    11. Bertrand Hell, Sang noir, p. 150.

© Books of Dante – 2019

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Huile essentielle de niaouli (Melaleuca quinquenervia)

Synonymes : arbre à peau, arbre à papier (= paper bark tree, broad-leaved paper), yauli (Nouvelle-Calédonie), kinim-drano (Madagascar).

Dans le Figaro du mardi 8 septembre 1896, le journaliste Émile Gautier (1853-1937) écrivait ceci : « On trouve, à ce qu’il paraît, à la Nouvelle-Calédonie, un tas de produits qui ne se trouvent nulle part ailleurs, pas même en Australie. Parmi ces produits auxquels la grande île océanienne doit le meilleur de son originalité, une mention spéciale appartient à un nouveau produit chimique – mettons une drogue sui generis – qui pourrait bien, si j’en crois mes ‘tuyaux’ personnels, faire pas mal de tapage dans le monde où l’on tousse. » Ce produit, c’est – comme nous l’apprend le titre de cet article – le goménol. Mais qu’est-ce donc que le goménol ?

Aux environs de 1887, l’industriel français Jules Prévet (1854-1940), qui fait dans la conserverie de légumes et de viandes, tente l’aventure en se rendant en Nouvelle-Calédonie, territoire acquis à la France en 1853. C’est à lui qu’est confiée la toute nouvelle conserverie créée près de la petite ville de Gomen (aujourd’hui, Kaala-Gomen, située à 356 km au nord de Nouméa). Il « observe que la cueillette du café, répandue dans cette partie de l’île, donne lieu à des blessures chez les cueilleurs locaux qui, pour se soigner, mâchent des feuilles de niaouli […], puis mettent cet emplâtre de fortune sur les plaies pour éviter l’infection » (1). S’étant assuré de l’efficacité de ce remède, Prévet revient en France et confie à deux scientifiques, Bertrand et Gueguen, la tâche d’étudier l’essence de niaouli à laquelle ils finissent par attribuer des vertus cicatrisantes, anesthésiques et antiseptiques, soit celles dont usent empiriquement les indigènes de la Nouvelle-Calédonie. De fait, dès le 2 mai 1893, la marque « goménol » est déposée au tribunal de commerce de Paris, une appellation que Prévet explique ainsi : « Comme c’est dans un domaine de Nouvelle-Calédonie appelé Gomen que j’ai commencé à distiller cette essence, et que d’autre part, dans les pays de langue anglaise, on désigne sous le nom de gum tout ce qui est résine ou essence, l’idée m’est venue de chercher une appellation qui francise ce nom gum et qui rappelle aussi la localité où le Goménol a été tout d’abord produit. » S’ensuivit une commercialisation à grande échelle d’essence de goménol et de produits dérivés, nombreux puisqu’on compte des baumes, des onguents, des pommades, des ovules, des suppositoires, des huiles, savons, dentifrices, etc. Et il ne s’agit pas là d’une seule question de cameloterie de foire, puisqu’une ample communication scientifique, via brochures, formulaires et expositions, est consentie pour faire valoir le goménol qui est, en réalité, une huile essentielle de niaouli rectifiée : on lui a ôté ses aldéhydes. Il ne s’agit donc pas d’une huile essentielle 100 % pure et naturelle telle qu’on exige qu’elle soit généralement de nos jours. Il n’en reste pas moins que, thérapeutiquement parlant, le goménol, cet arbre qui cache la luxuriante forêt des produits goménolés, recouvre l’ensemble de ce qui, peu ou prou, justifie encore aujourd’hui l’usage de cette huile essentielle, à savoir : les affections gynécologiques et celles des voies tant urinaires que respiratoires. Mais Prévet, qui n’est jamais qu’un industriel libéral et opportuniste, n’est cependant pas le « découvreur » du niaouli, simplement son plus fervent vulgarisateur. Le genre Melaleuca, auquel appartient le niaouli, a été décrit par Linné en 1767, mais ces arbres restèrent peu connus en Europe, quand bien même des explorateurs français récoltèrent différents extraits de plantes issues de cette famille botanique, les Myrtacées. Mais on ne distille pas le niaouli avant 1862. Quand c’est fait, cela n’obtient pas le moindre succès. En fait, et plus probablement anecdotique, aucune suite n’est donnée à ce premier essai répertorié par l’histoire. En 1869, les choses se précisent un peu plus nettement : Bavay, pharmacien militaire de première classe de la Marine, présente une thèse portant sur l’huile essentielle de niaouli et sur l’anacardier. Au sujet de la première, il écrira : « Je ne sais si, comme on le suppose, l’essence de niaouli est appelée à un avenir quelconque, soit médical, soit industriel ; mais à coup sûr, si cet arbre ne devient pas une source d’aisance pour la Nouvelle-Calédonie, cela ne l’empêchera pas d’avoir été une précieuse ressource pour ses premiers habitants. » Néanmoins, ajoute-t-il, « je serais heureux si je pouvais appeler l’attention sur un produit qui a, je crois, quelque valeur. » Bien que finalement entendues, ces paroles ne furent pas immédiatement suivies d’effets, puisque ce n’est que 50 ans après la thèse de ce pharmacien que débute, sous la dynastie Prévet, la véritable production industrielle d’huile essentielle de niaouli, qui augmentera constamment jusqu’en 1939, où l’entrée en guerre de la France provoquera une chute brutale de la production durant toutes les années du conflit, jusqu’à ce qu’elle reprenne pour quelque temps, de 1946 à 1950 environ, avant de péricliter jusqu’au début des années 1990, date à laquelle la production, très faible, l’est davantage que durant la Seconde Guerre mondiale. Cela s’explique en partie par la concurrence du cajeput, puis de l’arbre à thé, qui mènent une vie rude au niaouli dont le nombre de compositions magistrales pharmaceutiques qui contiennent de son essence ne cesse de chuter dès 1975 pour finir par s’effondrer en 2003.

D’un point de vue botanique, le niaouli, à la silhouette tortueuse parce que son tronc est à l’avenant, oscille (sous le vent… ^^) entre quatre et douze mètres de hauteur (il lui arrive parfois de parvenir à près de 25 m… plus pratique pour contempler les embruns). Dans son nom latin, Melaleuca, l’on peut lire une autre de ses caractéristiques morphologiques : en effet, ce mot se scinde en deux racines grecques, mela signifiant noir et leuca blanc. Le niaouli est donc un blanc-noir (ou l’inverse). Mais qu’est-ce à dire exactement ? Cela tient simplement à la blancheur du tronc qui contraste avec le feuillage foncé du niaouli, qui est constitué de feuilles persistantes, brillantes et très odorantes lorsqu’on les froisse (plus jeunes, les feuilles présentent un aspect blanchâtre, soyeux à duveteux). Et ces feuilles lancéolées de 5 à 10 cm de longueur expliquent à elles seules l’adjectif quinquenervia que l’on peut traduire en français par pentanervé, c’est-à-dire nervuré cinq fois : l’examen des feuilles de niaouli révèle bien cinq nervures longitudinales sur chacun des limbes de ces feuilles. Maintenant, si l’on jette un œil à l’écorce présupposément blanche du niaouli, l’on observe que cet effet vaut surtout à grande distance. De près, c’est tout différent. Blanchâtre plus ou moins, avec des traînées fauves de rouille, cette écorce se distingue par des couches laminées nombreuses qui desquament au fur et à mesure, les couches les plus profondes, sous leur poussée, éventrant presque les couches supérieures qui résistent aux fréquents feux de brousse, cette écorce, dont le suber est de liège, étant, de fait, ignifugée. Les inflorescences terminales du niaouli s’apparentent à des goupillons rince-bouteilles : longues de 4 à 8 cm, elles se composent de paquets de fleurs blanches (ou blanc crème) groupées par trois, tout hérissées de très nombreuses étamines.
Originaire de Nouvelle-Calédonie (il semble aussi être natif en Nouvelle-Guinée, ainsi qu’au sud-est de l’Australie), le niaouli est un arbre rustique, assez peu exigeant, qui se contente soit des sols en zones humides (estuaires, marécages, zones inondables…), soit de la brousse ou de ce que l’on appelle la savane à niaouli qui apparaît après défrichement et feux de forêt. Si telles n’avaient pas été ses préférences, il n’occuperait pas à lui seul 40 % de la surface du territoire néo-calédonien, soit 7400 km². De Nouvelle-Calédonie, le niaouli s’est propagé à l’Asie (Indonésie, Malaisie, Philippines, Vietnam) et à l’Afrique (Égypte, Bénin, Cameroun, Ouganda, Kenya, Tanzanie, Madagascar). Dans ces pays, le niaouli est cultivé pour des raisons fort différentes : le bois (matériau d’œuvre, construction, charbonnage…), le miel (les fleurs du niaouli sont très mellifères), l’huile essentielle (à destination de la parfumerie dès 1880 environ, puis de l’aromathérapie). Mais il y a fort à parier que l’ensemble de ces pays n’aura pu tirer parti du niaouli aussi bien que le peuple kanak pour lequel cet arbre représente un emblème particulièrement cher. Redonnons la parole à notre journaliste du Figaro : « Les Canaques prêtent au ‘niaouli’ toutes sortes de vertus extraordinaires, notamment celles de retaper les muscles courbaturés, d’assainir les marécages et de désinfecter les eaux malsaines ; ils lui attribuent, en tous cas, le secret de leur vigueur et de leur endurance, et ils ne boivent jamais d’une eau suspecte sans y avoir fait infuser une pincée de feuilles de ‘niaouli’ » (2). Cette infusion peut aussi être de nature théiforme et consister, comme avec l’arbre à thé, en un succédané de thé, tandis que ces mêmes feuilles remplacent aisément celles du laurier en cuisine comme matière condimentaire aromatique. Quant à l’écorce, on en enveloppait traditionnellement les nouveaux-nés afin que l’arbre imprime en eux la force et la protection, ce que perpétue cette même écorce dans la vie de tous les jours, puisqu’elle forme les toitures des habitations et en couvre les murs.

L’huile essentielle de niaouli en aromathérapie

Le niaouli est un arbre à l’importante instabilité morphologique. Il en va de même de son huile essentielle. Comme nous l’avons vu plus haut, il a été implanté pour diverses raisons en maints lieux différents et, de même que le camphrier de Bornéo qui tantôt devient bois de hô, tantôt ravintsara, le niaouli se permet le tour de force de largement modifier sa composition biochimique selon l’endroit où il s’épanouit. En Europe, on connaît l’exemple fameux du romarin officinal qui permet de s’initier à la notion de chémotype (ou chimiotype : les deux se valent et s’abrévient CT). Cela fonctionne pareillement avec les huiles essentielles de niaouli. Sans trop entrer dans un dédale de détails, établissons quelques données synthétiques :

    • En Nouvelle-Calédonie :
      – CT 1 : à monoterpènes
      – CT 2 : à oxydes (1.8 cinéole)
      – CT 3 : à sesquiterpénols (viridiflorol) et monoterpènes (α-pinène)
    • En Australie :
      – CT 1 : à monoterpénols (linalol) et sesquiterpénols ((E)-nérolidol)
      – CT 2 : à oxydes (1.8 cinéole) et sesquiterpénols (viridiflorol)
    • A Madagascar :
      – CT 1 : à oxydes (1.8 cinéole) et monoterpènes (α-pinène, limonène)
      – CT 2 : à sesquiterpénols (viridiflorol)
      – CT 3 : à sesquiterpénols ((E)-nérolidol)

Comme il est aisé de le constater, tout cela représente une très large palette sur laquelle on distingue néanmoins des familles moléculaires récurrentes : oxydes, monoterpènes, sesquiterpénols et monoterpénols. Parmi les molécules, ont été souvent répétés les noms suivants : 1.8 cinéole, viridiflorol (E)-nérolidol, α-pinène. Les données chiffrées qui vont maintenant suivre établissent un profil biochimique moyen (d’où les assez larges fourchettes parfois observables) :

    • Oxydes : 1.8 cinéole (35 à 65 %)
    • Monoterpènes : α-pinène (6 à 15 %), β-pinène (2 à 3 %), limonène (4 à 9 %), γ-terpinène (1 %)
    • Sesquiterpènes : β-caryophyllène (1 à 2,5 %)
    • Esters : 1,5 %
    • Monoterpénols : α-terpinéol (5 à 14 %)
    • Sesquiterpénols : viridiflorol (2 à 10 %), (E)-nérolidol (1 à 8 %)

A cela, n’oublions pas d’ajouter une faible (mais néanmoins puissante) fraction d’un ester soufré qui donne aux narines non averties l’impression d’avoir affaire à un œuf pourri. Je dois avouer qu’au premier achat d’une huile essentielle de niaouli il y a plus de dix ans maintenant, la répulsion fut vive et immédiate. Aujourd’hui, après être passé il y a deux ou trois ans par une phase de tolérance tout juste polie, je suis maintenant dans l’acceptation et ne suis pas loin de lui trouver un certain charme. Elle demeure ma rencontre aromatique la plus violente à ce jour, et elle en dit, je pense, davantage que l’abandon que préconisent certains olfactothérapeutes au sujet des huiles essentielles « non aimées », comme ils disent. Oui, ne pas se colleter avec ce qui nous pose problème, j’appelle ça un abandon.
Cette huile essentielle liquide, limpide, mobile, incolore à jaune très pâle, s’obtient en distillant les rameaux feuillés à la vapeur d’eau durant une à trois heures, ce qui, selon la saison et les talents du distillateur, permet d’obtenir un rendement assez souvent situé entre 0,7 et 2 %>.

Propriétés thérapeutiques

L’huile essentielle de niaouli est très polyvalente : c’est la lavande du Pacifique, si je puis dire.

      • Anti-infectieuse : antibactérienne (Staphylococcus aureus, Streptococcus pneumoniae, Escherichia coli, etc.), antifongique (Aspergillus niger, Aspergillus ochraceus, Fusarium culmorum, Microsporum gypseum, Sacharomyces cerevisiae), antivirale puissante (grippe, Herpes simplex de type I, Herpes simplex de type II), antiseptique atmosphérique, pulmonaire, intestinale et urinaire
      • Immunostimulante
      • Expectorante, mucolytique, anticatarrhale, décongestionnante nasale et respiratoire
      • Anti-inflammatoire, analgésique, antalgique, antirhumatismale
      • Antispasmodique
      • Décongestionnante et tonique veineuse, décongestionnante et tonique lymphatique, phlébotonique
      • Antidysentérique, vermifuge intestinale
      • Tonique cutanée, stimulante tissulaire, cicatrisante, antiprurigineuse, radioprotectrice
      • Équilibrante nerveuse et du système neurovégétatif
      • Oestrogen like
      • Insectifuge, antiparasitaire (3)

Usages thérapeutiques

        • Troubles de la sphère respiratoire + ORL : bronchite (simple, chronique, fétide, grippale), rhume, pharyngite, rhinopharyngite, laryngite, catarrhe pulmonaire, coqueluche, pneumonie, otite, sinusite, angine, asthme, asthme allergique, tuberculose pulmonaire (4)
        • Troubles de la sphère cardiovasculaire et circulatoire : varice, hémorroïdes, insuffisance lymphatique, jambes lourdes, artérite, artériosclérose, fragilité capillaire
        • Troubles de la sphère urinaire : cystite, urétrite, prostatite
        • Troubles de la sphère gynécologique : métrite, endométrite, leucorrhée, herpès génital, infection puerpérale, oligoménorrhée, aménorrhée, prévention des troubles de la ménopause, dysplasie du col de l’utérus, condylome acuminé (5), candidose vaginale
        • Troubles de la sphère gastro-intestinale : gastrite, colite, entérite, dysenterie, parasites intestinaux, diarrhée cholériforme, fièvre typhoïde
        • Troubles locomoteurs : rhumatisme chronique, douleurs musculaires et articulaires, crampe musculaire
        • Affections cutanées : plaie, plaie atone, plaie infectée (voire sur-infectée), plaie opératoire, ulcère, abcès, escarre, dartre, panaris, acné, psoriasis, molluscum (6), furoncle, mycose cutanée, zona, herpès labial, démangeaison, piqûre d’insecte, brûlure (premier et deuxième degré), radiodermite (7), coup de soleil (à appliquer aussi bien avant qu’après), peaux fatiguées, teint terne, marques de lassitude sur le visage
        • Faiblesse immunitaire, prévention des épidémies, asthénie physique, nerveuse et mentale, manque de tonus, épuisement, apathie
        • Troubles du système nerveux : stress, nervosité, trac, angoisse, instabilité psychique
        • Douleurs dentaires (en compagnie des huiles essentielles de clou de girofle, de laurier noble, de menthe poivrée)

D’un point de vue énergétique et psycho-émotionnel

Dans un livre de Michel Odoul et d’Eslke Miles (La phyto-énergétique : stimulez vos points d’acupuncture par les huiles essentielles) que je consulte souvent dès lors qu’il est question des huiles essentielles liées aux énergies méridiennes, il est écrit, page 167, que les auteurs considèrent comme particulièrement appropriée l’huile essentielle de niaouli en direction du méridien du Poumon, élément Métal, que nous avons abordé en long, en large et en travers via l’article portant sur l’huile essentielle de bois de rose. A cette huile-là, ils ajoutent les prévisibles ravintsara et eucalyptus radié, huiles essentielles dont les actions broncho-pulmonaires et ORL ne sont plus à prouver. Mais à la différence de ces deux produits, il appert que le niaouli répond ici à un objectif double : son implication pulmonaire, mais également ce que l’on attend généralement de lui sur l’interface cutanée qui forme, du système respiratoire, la partie la plus visible. Notons que ravintsara et eucalyptus radié, à elles seules, ne permettent pas la réunion de ces deux facettes. Pour ce faire, il faudrait leur associer une huile essentielle de katrafay par exemple.
L’autre intérêt du niaouli, c’est que, tout comme pour nous autres le laurier noble, il s’applique à la gorge et surtout au chakra qui y siège, Vishuddha. C’est par ce moyen que l’huile essentielle de niaouli, qui permet un soutien, voire un étayage, intellectuel, mental et psychique, clarifie, éclaircit les idées comme l’on dit, dissipant les paroles de leurs approximations, parfois vénéneuses, vaines et inutiles scories (le niaouli est l’ennemi de la langue de bois, qu’on s’en souvienne). Une fois de plus, elle ressemble beaucoup au laurier noble, dans le sens où cette huile essentielle équilibre en cas de manque de contrôle émotionnel, de dispersion, d’éparpillement, de confusion et de labilité, c’est-à-dire d’instabilité au point de vue émotionnel et affectif. Tout au contraire de ces désordres et égarements, le niaouli favorise le travail intellectuel, stimule la mémoire et soutient la concentration.
Enfin, par l’intermédiaire de son implication sur le méridien du Poumon, l’huile essentielle de niaouli permet aux personnes influençables de résister face aux énergies pour elles négatives. Effectivement, comme le souligne Le guide de l’olfactothérapie, l’huile essentielle de niaouli aide à se battre contre « ce envers quoi nous sommes parfois perméables. Elle peut aussi être une excellente ‘protection’ […] contre les gens envahissants et autres vampires énergétiques… » (8).

Modes d’emploi

      • Voie orale.
      • Voie cutanée : diluée ou pure. La tolérance cutanée est excellente chez les huiles essentielles de niaouli peu riches en 1.8 cinéole, ne provoquant pas d’asséchement cutané. Rappelons que le niaouli, l’eucalyptus, etc. sont des arbres qu’on a souvent plantés, dans le sud de la France dès les années 1860 en ce qui concerne le second, dans le but d’assécher les zones marécageuses. De même, le 1.8 cinéole se comporte comme s’il « aspirait » l’eau.
      • Inhalation humide, olfaction au flacon.
      • Diffusion atmosphérique.
      • En bain, dans une base de dilution adaptée (solubol, disper, etc.).

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

      • L’huile essentielle de niaouli est un produit qui ne pose pas de problèmes particuliers. On la maniera néanmoins avec un peu de prudence durant les trois à quatre premiers mois de la grossesse. Par ailleurs, elle reste déconseillée chez l’enfant de moins de sept ans, surtout à l’approche du visage et de la zone nasale. En revanche, le niaouli doit être banni dans les cas de maladies inflammatoires du tractus gastro-intestinal et des voies biliaires. De même, sa propriété oestrogen like en contre-indique l’usage dans les cas de cancers hormonaux dépendants.
      • Le 1.8 cinéole présent dans les huiles essentielles de niaouli de mauvaise qualité (comme cela arrive parfois), peut irriter les voies respiratoires et provoquer chez l’asthmatique une soudaine crise d’asthme. De plus, le 1.8 cinéole peut rendre convulsivante cette huile essentielle à hautes doses, surtout si sa proportion dépasse 70 %, ce qui n’est pas si fréquent que cela, il faut bien en convenir.
      • Le niaouli est, comme nous l’avons dit, un Melaleuca, un parmi plus de 250 autres. Dans cette longue liste, nous en comptons quelques-uns bien connus de l’aromathérapie :
        – l’arbre à thé (Melaleuca alternifolia),
        – le cajeput (Melaleuca cajeputii),
        – la rosalina (Melaleuca ericifolia),
        – le mélaleuque à feuilles linéaires (Melaleuca linariifolia).
        _______________
        1. Bruno Bonnemain, Revue d’histoire de la pharmacie n° 341, 2004, p. 152.
        2. Article entier en lecture libre ici.
        3. L’huile essentielle de niaouli assure une protection intégrale pendant huit heures contre Aedes aegypti responsable de la dengue, Anopheles stephensi responsable du paludisme et Culex quinquefasciatus responsable de l’encéphalite de Saint-Louis. Tous trois sont des moustiques porteurs de virus (Aedes aegypti, Culex quinquefasciatus) ou de parasite (Anopheles stephensi) qui sont transmis à l’homme lors d’une piqûre.
        4. Le bacille tuberculeux est neutralisé par l’huile essentielle de niaouli dans la proportion de 0,04 %.
        5. Les condylomes acuminés résultent d‘une infection par le virus du papillome humain (VPH). Ils sont contagieux et sont sexuellement transmissibles. Il s’agit en général de verrues bénignes de la taille d’une tête d’épingle. Elles apparaissent sur les parties génitales et ont tendance à se regrouper en prenant un aspect de chou fleur.
        6. Le Molluscum contagiosum résulte d’une infection cutanée par un virus spécifique. Il forme de petits nodules bénins de couleur rouge clair qui affectent généralement les enfants ayant la peau très sèche. Chez les adultes, ils peuvent indiquer une faiblesse immunitaire.
        7. L’huile essentielle de niaouli assure la prévention des brûlures lors des séances de radiothérapie. Elle s’applique au moins 15 mn avant exposition aux rayons, en compagnie des huiles essentielles de lavande aspic et/ou d’arbre à thé qui proposent les mêmes caractéristiques.
        8. Guillaume Gérault, Jean-Charles Sommerard, Catherine Béhar & Ronald Mary, Le guide de l’olfactothérapie, p. 210.

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L’huile essentielle de bois de rose (Aniba rosaeodora)

Le bois de rose est un arbre typique du bassin amazonien : son aire d’origine s’étend du Brésil au Pérou en passant par la Guyane française, englobant Suriname, Venezuela, Équateur et Colombie. D’ailleurs, « les habitants de la forêt amazonienne utilisent souvent cet arbre pour des rituels de purification physique et spirituels en fumigation avant de partir à la chasse », lit-on dans Le guide de l’olfactothérapie (1). Cela mériterait davantage de précisions. En revanche, ce que l’on a rapporté de la sombre canopée amazonienne, c’est un usage alternatif de cet arbre de taille moyenne : un emploi en marqueterie qui remonterait au moins au XVII ème siècle. Cependant, le bois de rose a beau être connu comme rosewood tree, brazilian rosewood, etc., il n’appartient pourtant pas au groupe d’espèces dont on utilise la matière comme bois d’œuvre et que l’on désigne, de manière commune et indifférenciée, rosewood (de même que le terme blackwood s’applique à de très nombreuses espèces d’arbres). Vous trouverez dans ce lien une liste (à mon avis non exhaustive) de l’ensemble des rosewood que l’on compte au monde, et pas seulement en Amérique du Sud, mais également en Afrique, en Asie…). Selon Wikipédia, « rosewood oil, used in perfume, is extracted from the wood of Aniba rosaeodora, which is not related to the rosewoods used for lumber » (= « l’huile essentielle de bois de rose, utilisée dans les parfums, est extraite du bois d’Aniba rosaeodora, qui n’est pas lié aux bois de rose utilisés comme bois d’œuvre ». Les bois de rose qui permettent le façonnage de mobilier de luxe, de pièces de jeu d’échec, voire d’instruments de musique (guitare, flûte…), sont appelés ainsi en raison de la couleur de leur bois : rougeâtre, la plupart du temps, sinon rosâtre. Et encore. Certains s’apparentent plus à la couleur de la chair d’un vieux sanglier gorgée de sang noir. Une approximation à peu près semblable s’applique aussi au bois de rose, non pas aux arbres à couleurs, mais, cette fois-ci, à l’arbre à odeur. Tout d’abord, son bois de couleur gris jaunâtre contredit cette appellation de rosewood. Ensuite, si on le dit « de rose », c’est parce qu’il en a le parfum. Faut l’dire vite. De toute façon, la comparaison des analyses biochimiques contrecarre cette conclusion hâtive. En effet, la principale molécule contenue dans l’huile essentielle de bois de rose (parfois dans des proportions délirantes qui frôlent les 100 % !), c’est-à-dire le linalol, n’est présente qu’à hauteur de 1 % dans l’huile essentielle de rose de Damas. On s’explique donc difficilement comment une collection d’une myriade de molécules (des dizaines et des dizaines dans Rosa damascena) pourraient bien, par le biais d’un savant arrangement, sentir la même chose qu’une huile essentielle de bois de rose rigoureusement distincte d’un point de vue chimique. En effet, le bois de rose est à la rose de Damas ce que la litsée citronnée est à la verveine. Ne mélangeons pas tout.
C’est au botaniste et ethnologue brésilien Walter Adolfo Ducke (1876-1959) que le bois de rose doit son nom latin Aniba rosaeodora qui lui vaut lieu de baptême en 1930. Dans la décennie précédente, c’est la parfumerie et la cosmétique qui font appel à l’essence de bois de rose, grand fournisseur de ce linalol indispensable au parfumeur. Aussi coupe-t-on des bois de rose à parfum dans le but d’en extraire l’huile essentielle. L’homme, à la quête de cet alcool linalylique, a honteusement surexploité les forêts d’Amérique du Sud, à tel point qu’une déforestation massive a bien failli avoir raison de lui (accentuée, cette déforestation, par l’engouement occidental pour les bois de rose menuisiers dans une période presque identique, 1930-1960, par là). Heureusement, au tout début des années 1980, deux événements vont venir (indirectement ou pas) au secours du bois de rose : la synthèse du linalol et l’interdiction d’abattre un arbre si un autre n’est pas replanté (difficile de dire si la première mesure découle de la seconde ou l’inverse ; ou si elles n’ont aucun rapport ; je sais pas, j’ai pas cherché ^^). Entre l’entichement d’une clientèle aisée pour les parfums à linalol et la synthèse de ce dernier, ô combien le bois de rose a-t-il souffert, en ces temps (pas si lointains que ça : là, on peut dire « jadis et naguère ») où l’homme ne se rendait pas compte (?) qu’une ressource comme celle-là n’est pas infinie, bien au contraire ! Mais l’alerte fut donnée, semblerait-il, à temps, puisqu’à la suite de ce saccage, on eut (enfin !) l’idée de reboiser au fur et à mesure. Les abattages, pour raisonnés qu’ils furent par la suite, ne s’interrompirent pas pour autant, mais le bois obtenu ne se destina depuis lors plus autant à la parfumerie (qui se contente, dans sa quasi majorité, de linalol de synthèse), mais à un autre domaine : l’aromathérapie. L’huile essentielle de bois de rose est donc, au regard de cette branche de la phytothérapie, un produit thérapeutique très récent en Occident, la plus ancienne référence que j’ai découverte à son sujet ne remontant pas au-delà de 1994, dans La nouvelle aromathérapie de Philippe Mailhebiau. Malgré les programmes de reboisement, l’utilisation raisonnée des ressources, etc., cela n’a pas évité le trafic, ce qui conduisit l’UICN à déclarer le bois de rose comme espèce en danger en 1998. Aussi a-t-on imaginé de se tourner du côté de cet arbre asiatique, le bois de hô, grand pourvoyeur de linalol, pour remplacer, à terme, l’huile essentielle de bois de rose. Jusqu’à le détruire lui aussi ?
Le même Philippe Mailhebiau écrivait au sujet de cette huile essentielle qu’on « la trouve couramment et elle est peu onéreuse, ce qui représente un intérêt non négligeable, et compense quelque peu son absence de propriétés vraiment spécifiques ; mais, qui sait, peut-être se révélera-t-elle un jour et nous étonnera-t-elle par des vertus insoupçonnées ? » (2). Bingo ! Quelle perspicacité, puisque aujourd’hui l’on ne peut dire que cette huile essentielle soit un produit de consommation courante du fait de sa cherté/rareté, mais elle est, bien effectivement, compensée par un profil thérapeutique qui ne peut faire de cette huile une huile essentielle de seconde zone, comme nous allons maintenant le découvrir.

L’huile essentielle de bois de rose en aromathérapie

Existe-t-il un bois de rose sans linalol (C10 H18 O) ? Je ne crois pas, bien que cette molécule ne puisse, à elle seule, réduire Aniba rosaeodora à une usine tropicale de fabrication d’un corps chimique qui n’est pas circonscrit à la seule Amazonie. Le linalol, c’est un peu comme le limonène ou l’α-pinène, c’est une molécule que l’on rencontre dans de très nombreuses huiles essentielles, dans des proportions très variables. J’ai choisi, au hasard, 42 analyses chromatographiques en phase gazeuse. Parmi elles, 75 % des huiles essentielles concernées contiennent du linalol :
– de manière infime (taux inférieur à 0,1 %) : estragon, ravintsara, gaulthérie couchée, inule, lédon du Groenland, arbre à thé ;
– de 0,1 à 1 % : ciste ladanifère, mandarine, niaouli, verveine citronnée, menthe poivrée, basilic tropical, rose de Damas, sauge officinale, eucalyptus (citronné, radié) ;
– de 1 à 10 % : ylang-ylang, cannelle de Ceylan « écorce », palmarosa, eucalyptus (mentholé, à cryptone), hélichryse d’Italie, laurier noble, myrte vert, marjolaine à coquilles, romarin officinal à verbénone, thym officinal à thymol ;
– taux supérieur à 10 % (sans jamais dépasser 50 %) : petit grain bigarade, lavande fine, lavande aspic, lavandin super, hysope couchée.
Le linalol qui est, rappelons-le, un monoterpénol peut, à lui tout seul, atteindre le taux extrême de 98,55 % dans l’huile essentielle de bois de rose (elle se situe donc au coude-à-coude avec l’huile essentielle de bois de hô dont nous avons brièvement parlé dans l’article dédié au camphrier). On peut se demander, dans ce cas, en quoi consiste le 1,45 % restant ! Voici en quoi :
– en quelques autres monoterpénols (dont α-terpinéol : 0,5 à 7 %) ;
– en oxydes (dont 1.8 cinéole : 1 à 3 %) ;
– en sesquiterpènes (dont α-copaène, β-sélinène : 3 à 5 %) ;
– etc.
Remarquons qu’on n’observe pas d’estérification du linalol en acétate de linalyne dans l’huile essentielle de bois de rose, contrairement à celle de lavande fine par exemple.
Dans toutes les plantes que nous avons citées plus haut, le linalol qui en est extrait se localise aux feuilles, aux fleurs ou à ce que l’on nomme commodément les sommités fleuries. Pas pour le bois de rose, puisque, comme nous l’indique son nom, son huile essentielle est issue du bois réduit à l’état de copeaux, de sciures, etc., que l’on distille durant trois heures de temps à la vapeur d’eau. Cela permet d’obtenir, pour environ 100 à 125 kg de matière première, un litre d’une huile essentielle limpide, liquide, incolore à jaune très pâle, et dont la fragrance rappelle, non pas tant celle de la rose, mais celle de la lavande fine et/ou du muguet (3). Les deux flacons d’huile essentielle de bois de rose que j’ai à ma disposition présente chacun une odeur très distincte, reflet d’une variation biochimique évidente.

Propriétés thérapeutiques

  • Anti-infectieuse à large spectre :
    – antibactérienne sur Gram – : Campylobacter jejuni, Escherichia coli
    – antibactérienne sur Gram + : Bacillus cereus, Bacillus subtilis, Staphylococcus aureus, Listeria monocytogenes
    – antifongique
    – antivirale respiratoire
    – antiparasitaire (Giardia lamblia, Leishmania amazonensis), pédiculicide
    – antiseptique atmosphérique
  • Positivante, immunomodulante (le linalol est un modulateur immunitaire des immunoglobines basses et des immunoglobines en excès)
  • Tonique : neurotonique, tonique psychique, tonique du système lymphatique, tonique musculaire
  • Astringente légère, régénératrice, tonique et cicatrisante cutanée, raffermissante tissulaire
  • Stimulante et sédative du système nerveux, inductrice du sommeil
  • Spasmolytique
  • Hypotensive légère par vasodilatation
  • Antalgique et anesthésiante locale, antinociceptive (4)

De plus, ajoutons que le linalol augmente le taux de dopamine et calme l’excitabilité. L’huile essentielle de bois de rose est donc une régulatrice de l’humeur. Enfin, comme elle augmente la vitesse d’apprentissage et stimule la mémoire, l’on dit d’elle qu’elle est neurotrope.

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère respiratoire + ORL : bronchite chronique ou aiguë (chez l’enfant surtout), bronchiolite du nourrisson, rhume, catarrhe nasal, rhinite, laryngite, sinusite, otite, pharyngite
  • Troubles de la sphère uro-génitale : cystite, autres infections urinaires (tant chez l’enfant que chez l’adulte), mycose vaginale, leucorrhée
  • Affections cutanées : mycose (des pieds, des ongles, de la peau), candidose, acné, impétigo, furoncle, plaie infectée, eczéma sec, Lichen simplex, érythème fessier du nourrisson, psoriasis, éruptions irritantes liées à certaines maladies infectieuses (rubéole, rougeole, varicelle, scarlatine), piqûres d’insectes, coup de soleil, brûlure, coupure, rides, ridules, peaux fatiguées, sèches, rougies et sensibles, vergetures, cicatrices, poux
  • Grippe, prévention des maladies tropicales
  • Constipation
  • Aphte
  • Troubles du système nerveux : troubles du sommeil, difficultés d’endormissement, terreur nocturne chez l’enfant, stress, anxiété, angoisse, nervosité, agitation, trac, asthénie profonde et générale, apathie, léthargie, surmenage, déprime, dépression

D’un point de vue énergétique et psycho-émotionnel

Tout d’abord, poursuivons le propos précédant en le détaillant davantage : l’huile essentielle de bois de rose, tant chez l’enfant que chez la personne âgée, chasse les idées noires, la tristesse, le sentiment de solitude : c’est une huile essentielle réconfortante. De même, elle est efficace chez les sujets inquiets, soucieux, tourmentés, etc. Si vous pressentez qu’elle peut vous être utile, adoptez-la quand bien même vous n’appartenez à aucune des deux catégories sus-citées. Favorisant la relaxation, le bois de rose permet de trouver l’apaisement lors d’autres moments difficiles, en particulier chez l’enfant : angoisse de séparation, endormissement, réveil nocturne, pleurs et chagrin, cauchemar. En somme : retrouver le calme dans toutes ces situations. Et puisque nous parlons d’étapes, évoquons ces autres périodes de passage et de transition qui jalonnent le cours d’une existence : examen, concours, entretien d’embauche, licenciement, départ à la retraite, déménagement (avec l’élixir floral du docteur Bach, Hornbeam), accidents graves et handicapants, chocs brutaux entraînant d’importantes blessures physiques et une perte d’autonomie quand bien même la tête reste entière, deuil, etc. La difficulté éprouvée face à chacune de ces situations peut être endiguée par l’huile essentielle de bois de rose qui apaisera la nostalgie excessive, qui est le signal de la perturbation d’un méridien dont nous allons parler un peu plus loin, celui du Poumon.
L’un des points forts de l’huile essentielle de bois de rose, c’est que, sans être ni agressive ni brutale, elle agit rapidement : j’ai d’ailleurs remarqué la vitesse à laquelle elle pénètre la surface des comprimés neutres là où d’autres prennent leur temps (comme l’huile essentielle de clous de girofle, par exemple). Autant dire qu’elle entre en contact très aisément : c’est pourquoi lorsqu’on souhaite être à l’aise avec les autres, cette huile essentielle autorise une communication plus expressive, « le retour des souvenirs et la libération de la parole », soulignent les auteurs du Guide de l’olfactothérapie (5). L’affirmation de soi, l’assurance de la parole retrouvée, la confiance en qui écoute ce que l’on dit, tout cela est du ressort du chakra de la gorge sur lequel l’huile essentielle de bois de rose est particulièrement active.
Du côté de la médecine traditionnelle chinoise, on reconnaît au bois de rose deux saveurs :
– L’amer : élément Feu, méridiens du Cœur et de l’Intestin grêle ;
– Le piquant : élément Métal, méridiens du Poumon et du Gros intestin.
Au sujet du premier binôme, concernant les produits de nature amère, nous pouvons dire qu’ils « contribuent à chasser l’excès de Chaleur hors du corps. Ils sont donc utiles aussi bien pour soulager la fièvre que pour freiner les éruptions cutanées rouges et chaudes, soigner les états inflammatoires (cystite, conjonctivite), apaiser l’agitation mentale… » (6). Vu ce que nous avons dit sur la question des propriétés et usages thérapeutiques, nous pouvons affirmer sans crainte que l’huile essentielle de bois de rose entre en forte résonance avec l’élément Feu et l’un de ses méridiens, celui du Cœur surtout.
Venons-en maintenant aux deux méridiens liés à l’élément Métal : le méridien du Poumon tout d’abord, dont on peut vérifier le bon fonctionnement en observant la qualité de la peau et des phanères (entre autres). Ce méridien porte son action sur l’interface cutanée (irritation et démangeaison, acné, eczéma, psoriasis, etc.) et ce qui lui est complémentaire, c’est-à-dire le système pulmonaire qu’affectent grippe et état fébrile, sinusite et laryngite, etc. quand se dérèglent ses fonctions. La fine tranche qui sépare les deux faces d’une pièce de monnaie, c’est cela le méridien du Poumon, la limite, le sas entre le dedans et le dehors, la balance entre stimulation et dépression, et l’on ne sera pas surpris d’apprendre que l’huile essentielle de bois de rose, parce qu’immunostimulante, corrige l’immunodépression induite par un mal fonctionnement du méridien du Poumon qui, alors, ne joue plus son rôle de porte filtrante, laissant entrer tout et n’importe quoi : les bactéries, les champignons, les virus, mais aussi les paroles… virulentes ! L’organisme tout entier, affecté, s’infecte. Les mots infection et infestation traduisent bien cette notion d’envahissement : tout deux découlent du latin infestus qui veut dire hostile. L’huile essentielle de bois de rose est donc d’une belle utilité, agissant autant sur le terrain que sur les hôtes indésirables qui l’occupent. Symboliquement, il va de soi que cela peut se transposer non seulement sur le corps, mais aussi sur le psychisme, les intrusions réelles ou imaginées (personnes invasives, ingérence…) tenant lieu de véritables agents infectieux : dès lors on n’attrape pas forcément des mycoses, des candidoses ou je ne sais quelle pathologie infectieuse, mais on se trouve assailli par des idées noires, de la tristesse, du chagrin…
Le méridien du Gros intestin est lui aussi concerné par l’huile essentielle de bois de rose mais dans une portée moindre : on mesure néanmoins son implication dans les affections cutanées et les troubles d’ordre nerveux (stress, agitation, nervosité).

Modes d’emploi

  • Voie orale.
  • Voie cutanée pure en geste d’urgence ou diluée.
  • Diffusion atmosphérique.
  • Olfaction.

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • On peut employer cette huile essentielle pure sur la peau du fait qu’elle n’est pas irritante et que très faiblement allergisante. Pour davantage de sûreté, il est toujours possible de la diluer dans une huile végétale ou une base neutre pas exemple.
  • L’huile essentielle de bois de rose appartient, avec les essences de citron, d’orange douce et quelques autres encore, au petit groupe des huiles essentielles diffusables auprès des jeunes enfants et des femmes enceintes.
    _______________
    1. Guillaume Gérault, Jean-Charles Sommerard, Catherine Béhar & Ronald Mary, Le guide de l’olfactothérapie, p. 139.
    2. Philippe Malhebiau, La nouvelle aromathérapie, p. 510.
    3. Le muguet, dont on ne sait pas extraire l’essence, ni par la technique de l’enfleurage ni par celle de l’hydrodistillation, est donc composé synthétiquement : un parfum de muguet, outre qu’il contient divers absolus (tubéreuse, violette, etc.), recèle également une bonne part de linalol issu du… bois de rose. On comprend donc mieux cette filiation olfactive entre le muguet et l’huile essentielle de bois de rose
    4. Sur la question de ces dernières propriétés, j’abandonne la parole à Fabienne Millet : « Le linalol intervient par l’intermédiaire des récepteurs nociceptifs, qui sont situés à la surface de la peau et des viscères et qui transmettent l’information ‘douleur’ par des fibres sensitives très fines. Le linalol agit également sur les récepteurs opioïdes. En inhibant cette transmission, on obtient une action anesthésiante locale » (Fabienne Millet, Le guide Marabout des huiles essentielles, p. 71).
    5. Guillaume Gérault, Jean-Charles Sommerard, Catherine Béhar & Ronald Mary, Le guide de l’olfactothérapie, p. 140.
    6. Philippe Maslo & Marie Borrel, Guérir par la médecine chinoise, p. 82.

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