Une essence douce et fruitée : le pamplemousse

pomelo
Description et composition

EEF (essence d’expression à froid) extraite du péricarpe. Essence à l’odeur douce et fruitée, de couleur jaune à jaune verdâtre, issue du pomelo, un hybride d’oranger doux et de pamplemoussier. L’appellation commerciale « huile essentielle de pamplemousse » est donc inexacte puisqu’il serait préférable de mentionner « essence de pomelo ».

  • Monoterpènes : limonène (90-98 %), alpha et béta-pinène (< 1 %), béta-myrcène (2 %)
  • Coumarines (< 0,5 %)
  • Composés divers : décanal, octanal (< 1 %)

Propriétés thérapeutiques

  • Positivante, tonique, neurotrope, relaxante, équilibrante psychique
  • Antiseptique atmosphérique, antifongique spécifique
  • Cholérétique, cholagogue
  • Hépatoprotectrice, drainante hépatique et rénale, détoxifiante, hypocholestérolémiante, lipolytique
  • Anti-oxydante
  • Antinociceptive
  • Antinauséeuse
  • Jet-lag (permet à l’organisme de s’adapter au décalage horaire)

Quelques mots à propos de trois propriétés abordées ci-dessus : avant de procéder à un drainage hépatique avec l’essence de pamplemousse, il faut savoir si le foie est engorgé. Pour cela, une analyse sanguine révélera ou pas la présence de cholestérol. En temps normal, cette substance est présente dans l’organisme mais certains dérèglements peuvent favoriser sa production. Si le cholestérol augmente, surtout le LDL dit « mauvais cholestérol », c’est le signe que le foie a besoin d’être drainé et purifié.
Par ailleurs, l’action lipolytique de l’essence de pamplemousse permet ce que l’on appelle la lipolyse, c’est-à-dire la combustion des graisses par l’organisme. Cette essence peut donc être une alliée précieuse pour qui souhaite perdre du poids, d’autant qu’elle régule aussi l’appétit. Son action est potentialisée par deux molécules qu’on trouve dans d’autres huiles essentielles, le gamma-terpinène et le paracymène. On pourra donc associer l’essence de pamplemousse aux huiles essentielles de coriandre, d’arbre à thé, d’ajowan, de sarriette des montagnes, de thym à feuilles de sarriette, de thym vulgaire à thymol, de thym vulgaire à paracymène. Cependant, méfiez-vous de l’effet hépatotoxique de certaines d’entre elles contenant des phénols : sarriette des montagnes, thym vulgaire à thymol, thym à feuilles de sarriette, ajowan.

Usages thérapeutiques

  • Nausée, reflux gastro-oesophagien, acidité gastrique, dyspepsie
  • Drainage hépatique et rénal, excès de cholestérol, paresse hépatique
  • Régulation de l’appétit
  • Fatigue, asthénie, déprime
  • Douleurs musculaires et tendineuses

Modes d’emploi

  • Diffusion atmosphérique
  • Inhalation
  • Voie interne
  • Voix externe (en dilution : possible allergie au limonène)

Précautions

Annexes

Si l’emploi de l’essence de pamplemousse vous paraît délicate, pourquoi ne pas vous tourner vers le fruit ? En effet, celui-ci est riche de vitamines (C, B1, B2, PP) et d’oligo-éléments (calcium, phosphore, fer, cuivre, manganèse, soufre, sodium, chlore, magnésium, potassium…). De plus, il est très peu calorique. Tonique et vitalisant, il convient aux personnes fatiguées et asthéniques. Dépuratif hépatique, il draine les impuretés et les toxines hors de l’organisme. Il intervient également en cas de dyspepsie, d’arthrite, d’oligurie, d’insuffisance biliaire et de fragilité capillaire.

© Books of Dante – 2014

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Les huiles essentielles et essences à coumarines

Bergamot oranges  on white background

Bien que présentes en très faibles proportions dans un grand nombre de plantes, les coumarines (850 à 1 000 connues) sont des molécules aromatiques très puissantes, la taille n’ayant ici aucun rapport avec leur efficacité comme nous allons pouvoir le constater par la suite. On les trouve dans différentes familles botaniques :

  • Rutacées : bergamote (0,2 à 0,4 %), citron (< 0,5 %), orange douce (< 0,5 %), pamplemousse (< 0,5 %), etc.
  • Lamiacées : mélisse officinale (< 0,5 %), lavande vraie (0,03 à 0,06 %), lavande aspic (0,02 %), lavandin super (0,04 %)…
  • Astéracées : camomille allemande, estragon…
  • Lauracées : cannelle de Ceylan « écorce »

Les deux domaines thérapeutiques de prédilection de ces huiles essentielles et essence sont le système nerveux et le système veineux.

  • Sédatives, hypnotiques, anxiolytiques, antispasmodiques, hypotensives , négativantes, inductrices du sommeil : insomnie, stress, dystonie neuro-végétative, asthénie, dépression, déprime…
  • Décongestionnantes veineuses, anticoagulantes, fluidifiantes du sang : stases veineuses telles que varices, couperose, hémorroïdes, hématomes…
  • Hépatostimulantes
  • Hypothérmisantes
  • Anticonvulsives (une molécule, l’herniarine, contenue dans l’huile essentielle de lavande vraie est à l’étude afin d’en vérifier les propriétés anti-épileptiques…)
  • Antiparasitaires et anti-infectieuses pour certaines d’entre elles
  • Vasodilatatrice, bronchodilatatrice, urétérodilatatrice (khella)

Sachant que la plupart de ces huiles essentielles et essences contiennent aussi des phénols et des monoterpènes, dont nous avons par ailleurs relevé le caractère irritant, on prendra soin de les mêler à une huile végétale avant tout usage cutané. De plus, étant photosensibilisantes, on veillera à ne pas s’exposer au soleil après toute application, de même que par voie interne (même s’il est vrai que c’est alors moins problématique, il est bon de rester prudent).
Pourquoi ? Parce que, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’indiquer dans un autre article, les UV et les coumarines ne font pas bon ménage. Cela a pour inconvénient d’activer la mélanogénèse et d’aboutir à un processus carcinogénique. Bien entendu, il est bon de garder à l’esprit que les réactions cutanées sont variables selon la sensibilité de la peau, les doses utilisées, la durée d’exposition solaire, l’intensité des UV, etc. Pour éviter un éventuel problème de photosensibilisation, il est préférable d’appliquer ces huiles essentielles et essences en fin de journée. Étant, pour la plupart, négativantes, elles sont parfaites pour agir à ce moment là. Et, sans soleil, aucun risque !

Sinon, il est toujours possible de se tourner vers des produits comme l’huile essentielle de bergamote. A la base, il s’agit d’une essence qu’on extrait mécaniquement du zeste de la bergamote, puis qu’on distille dans un alambic : on obtient ainsi une huile essentielle sans coumarines. Avantage : pas de problème de photosensibilisation. Inconvénient : on se prive des puissantes propriétés des coumarines. De plus, de tels produits sont rares et plus chers que le produit classique. A vous de faire votre choix.

© Books of Dante – 2014

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Millepertuis : le chasse-diable

Hypericum perforatum-3

Synonymes : Chasse-diable, Herbe de la Saint-Jean, Herbe aux mille trous, Herbe aux piqûres, Herbe percée.

Perforatum, millepertuis, herbe percée… L’ensemble de ces substantifs et adjectifs fait référence aux milliers de petits trous que l’on aperçoit sur les feuilles quand on regarde les rayons du soleil à travers elles.
En revanche, hypericum se décompose comme suit : hyper, du grec, ce qui signifie « au-dessus » et de eikon, « image » (qui donnera plus tard icône). Au-dessus de l’image ? Le sens s’explique du fait que les Grecs anciens en protégeaient les statues des divinités en suspendant des bouquets de millepertuis au-dessus d’elles en vue d’en éloigner les mauvais esprits et les démons, d’où le nom de chasse-diable (fuga demonium) que l’on donne parfois à la plante et qui rend bien compte de la puissance du millepertuis contre les attaques occultes, tout comme les dépressions nerveuses peuvent l’être (au Moyen-Âge, on parle volontiers de possession au lieu de dépression). Le millepertuis est considéré depuis longtemps comme capable de chasser les idées noires et d’éloigner la foudre.
Pour se venger du millepertuis, le Diable chercha à le détruire en dévorant ses feuilles, morsures qui laissèrent en vue les myriades de petits trous qui constellent l’Hypericum perforatum.

Très étrangement, au Moyen-Âge, alors que le millepertuis a fait ses preuves en tant que plante médicinale en Allemagne et en Europe du Nord contre, notamment, « les maladies de langueur », Hildegarde de Bingen n’en fait absolument pas cas. Elle précise que cette plante est juste assez bonne pour être donnée en pâture aux animaux et qu’elle ne convient pas à la médecine. Hildegarde aura fait d’autres erreurs, comme avec l’oignon, par exemple. Mais elle reste cependant une très grande phytothérapeute médiévale.
Le millepertuis ne prendra son nom d’herbe de la Saint-Jean qu’au XIV ème siècle. Alors, ses fleurs seront utilisées pour leurs vertus apéritives et vulnéraires, bien que cette capacité cicatrisante ait été vantée un peu plus tôt, au XIII ème siècle, par l’école de médecine de Montpellier qui considérait le millepertuis comme le plus puissant des vulnéraires. Cette propriété semble trouver son origine au temps des croisades (XI ème – XIII ème siècles). En effet, les chevaliers de la Saint-Jean de Jérusalem s’en servaient pour soulager les plaies et les brûlures sur les champs de bataille. Peut-on en déduire qu’ils connaissaient déjà les vertus antiseptiques et cicatrisantes de la fameuse huile rouge dont nous exposerons un peu plus loin le modus operandi d’obtention ?
Le millepertuis n’est pas l’unique herbe de la Saint-Jean. On en compte six autres : l’armoise (Artemisia vulgaris), la joubarbe (Sempervivum tectorum), le lierre terrestre (Glechoma hederaceum), la marguerite (Chrysenthemum leucanthenum), l’achillée millefeuille (Achillea millefolium) et la sauge (Salvia officinalis). Pour qu’elles conservent leurs pouvoirs, il faut les cueillir le jour de la Saint-Jean, entre l’aube et le coucher du soleil, en marchant à reculons… (bonjour les chutes !)

Hypericum perforatum

La théorie des signatures nous explique que cette plante solaire qui s’épanouit particulièrement lors du solstice d’été est une plante dont la symbolique nous renvoie directement à sa capacité à chasser les affres de la dépression et ses grisailles. Le millepertuis préserve des esprits malins qui sont autant d’exemples, à notre époque moderne, des difficultés que nous pouvons rencontrer, dès lors que notre soleil intérieur s’estompe, voire disparaît. Et, sur ce point, la théorie des signatures ne s’y est pas trompée. Le millepertuis modifie le taux de sérotonine dans le cerveau, ce qui augmente ainsi la sensation de bien-être général. Il aide à supprimer la douleur et facilite le sommeil, lutte contre l’insomnie, l’angoisse et la dépression légère à moyenne (sédatif et équilibrant du système nerveux).
Si l’usage interne du millepertuis permet de ramener en soi le soleil, il est important de mentionner que ce même usage n’autorise pas l’exposition au soleil, puisque cette plante est photosensibilisante. Pour cela, un court extrait d’un ouvrage de Jean-Marie Pelt, Les nouveaux remèdes naturels, Arthème Fayard, 2001.

« Plante étrange, en vérité, que ce millepertuis qui entretient décidément avec le soleil des liens privilégiés. En 1920, en effet, on s’aperçut que des herbivores à robe claire ayant brouté du millepertuis présentaient, lors d’une forte exposition au soleil, des œdèmes et des érythèmes sur les muqueuses et les parties dépigmentées de la peau. Dans certains cas plus sévères, les animaux étaient frappés d’une intense agitation avec diarrhées, dermatites et perturbations du rythme cardiaque. Des cas mortels furent même rapportés.
Ces signes de photosensibilisation ne se manifestaient qu’après ingestion du millepertuis par le bétail et forte exposition au soleil. Le contact externe de la plante avec la peau reste sans effet. Mais, consommée, la plante rend la peau extraordinairement sensible aux rayons solaires… »

Chez l’homme, l’exposition solaire après une prise régulière de millepertuis est susceptible de provoquer des dermatites, gonflements et autres brûlures cutanées. Cependant, l’usage du millepertuis sous forme d’infusion présente un risque négligeable, puisque l’hypericine (responsable de l’effet photosensibilisant) est très peu soluble dans l’eau. A contrario, l’usage externe du millepertuis soigne les agressions solaires ! En résumé :

Millepertuis en usage interne => pas d’exposition solaire
Après exposition solaire douloureuse => millepertuis en usage externe


Et c’est là que nous allons reparler de la fameuse huile rouge ! Elle est issue de la macération, voire de la digestion, de fleurs de millepertuis dans de l’huile d’olive pendant quatre à six semaines. Petit à petit, de par la présence d’hypericine qui joue le rôle de pigment naturel, l’huile se teinte de rouge framboise soutenu, parfois de pourpre. Cette très belle huile est applicable sur coups de soleil, brûlures légères, irritations cutanées, érythèmes, ainsi que sur plaies bénignes et petites coupures.
Ayant des propriétés anti-inflammatoires, elle s’utilise également en massage (avec ou sans huiles essentielles additionnelles) sur les douleurs rhumatismales et les lumbagos, sans oublier les entorses, les luxations, les hématomes, les crampes et les névralgies.

Hormis ces caractéristiques principes, le millepertuis intervient en interne dans un certain nombre d’affections et met en valeur d’autres de ses propriétés : tonique hépatique et biliaire, fébrifuge, tonique de la circulation sanguine. Il intervient également sur la sphère respiratoire dans des cas d’asthme et de bronchites comme le notait déjà Cazin au XIX ème siècle.

Étant un remède naturel, il n’en reste pas moins que l’usage du millepertuis (particulièrement en interne) est soumis à condition du fait des possibles interactions qui peuvent exister entre cette plante et un certain nombre de médicaments de synthèse (cardiotoniques, anti-asthmatiques, etc.), ainsi que certains contraceptifs oraux. En cas de doute, on évitera donc les prises parallèles.

Le millepertuis est une plante vivace aux tiges robustes et ligneuses dont la taille est comprise entre 20 et 60 cm la plupart du temps. Les feuilles sont ovales et comptent de nombreux petits points translucides qui sont visibles à contre-jour ; et ne sont pas autre chose que de minuscules vésicules contenant un pigment rouge pourpre.
Les fleurs, cinq pétales jaune d’or, mesurent généralement 2 cm de diamètre et sont groupées en inflorescences peu denses à l’odeur citronnée un peu forte, mais très particulière. La floraison se déroule du mois de mai au mois d’août, voire septembre. Après floraison, on voit apparaître de petits fruits coniques de couleur brune.

Hypericum perforatum-2

Cette plante est très commune. Elle peut grimper jusqu’à 2000 m d’altitude. Elle est prolifique, aime beaucoup le soleil ( !) ainsi que les sols drainés et relativement secs.
Elle affectionne particulièrement les prairies, les bordures de chemins, les bois clairs et assez lumineux, les talus et les pelouses mi-sèches.

Le millepertuis en thérapie :

1. Parties utilisées : fleurs, feuilles

2. Principes actifs : huile essentielle, flavonoïdes, tannins, hypericine, pectine, résine

3. Propriétés médicinales :
antidépresseur, sédatif, équilibrant du système nerveux, apéritif, digestif, astringent, diurétique, fébrifuge, antiseptique, anti-inflammatoire, antibiotique, antiviral, vermifuge, cicatrisant

4. Usages thérapeutiques : insomnie, angoisse, déprime, cystite/infections urinaires, hémorroïdes, varices, constipation, troubles hépatiques, coups de soleil, brûlure légère, irritations cutanées, piqûres d’insectes, ulcères cutanés, plaies bénignes, coupures, rhumatismes et lumbago, soulager les douleurs liées aux entorses, luxations, hématomes et zonas

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