Codigouttes A ou B : quelles différences ?

drip

Comme indiqué dans mon précédent post dans lequel j’ai décortiqué un emballage d’huile essentielle, aujourd’hui je m’attache à la question de ce que l’on appelle un codigoutte (ou compte-gouttes).
Cela peut paraître dérisoire de faire un focus sur la question mais vous vous rendrez vite compte que cela a toute son importance, surtout quand on sait qu’il existe en France deux formes de codigouttes qui, bien que standardisées, ne présentent pas les mêmes caractéristiques. Mais observons plutôt :

Codigouttes

A gauche, nous avons un codigoutte de type A, à droite de type B. Qu’est-ce que ça peut faire pourrez-vous me dire ? A nombre de gouttes équivalent entre A et B, on n’obtient pas la même quantité d’huile essentielle. Par exemple, à l’aide du codigoutte B, une trentaine de gouttes représente 1 ml d’huile essentielle alors qu’avec le codigoutte A, cette quantité est doublée, tout simplement parce que les gouttes du codigoutte A sont plus grosses que celles du codigoutte B.

Il faut donc veiller à regarder de quel codigoutte les flacons sont dotés afin d’éviter de multiplier (ou de diviser) inutilement les doses, d’autant plus quand on sait que l’aromathérapie est question de précision.

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Huile essentielle : décortiquage d’étiquette

On entend souvent des personnes s’interroger sur les différents éléments qui constituent l’étiquette d’un flacon d’huile essentielle, tandis que d’autres ne parviennent pas à orienter leur choix face à telle ou telle gamme parce que, en apparence, tout ça, c’est pareil. Eh bien non ! Perçons ensemble les arcanes du produit à travers le décodage de son interface évidente : l’étiquette. Ci-dessous, nous voyons l’emballage d’une huile essentielle que j’ai soigneusement aplati :

étiquette huile essentielle

Comme vous le voyez, j’ai encerclé les plus importantes mentions que je vais décrypter une à une :)

1. La mention BIO : plus qu’un logo, c’est davantage une pastille qui n’assure en rien la véritable valeur biologique de notre huile essentielle.

2. Les conseils d’utilisation : bien que ceux-ci ne concernent que la voie orale, ils sont tout à fait rigoureux. Est également mentionné une équivalence « ml = nombre de gouttes ». Cela, tout les fabricants ne le font pas. Et c’est important en fonction du compte-gouttes qui peut être de catégorie A ou B. Mais j’expliquerai cela dans un post distinct.

3. Le nom de la plante : évident, pour savoir de quoi l’on parle. Un nom en français obligatoirement accompagné du nom latin de la plante. Ici, nous avons affaire au romarin officinal. Sachant qu’il en existe différentes variétés présentant des propriétés pas forcément communes, il est bon de le mentionner. Il en va de même pour le thym, l’eucalyptus, l’épinette, le pin, le sapin, etc.

4. Les ingrédients et autres indications : la partie de la plante qui a été distillée (selon les huiles essentielles, cela peut être les feuilles, les racines, les semences, etc.), les principales molécules présentes dans l’huile essentielle concernée, etc. Ici, ils mentionnent même la famille botanique. Même s’il est intéressant de le savoir, cela n’a pas grande importance pour savoir si on a affaire à une huile de qualité ou pas.

5. Les logos AB : contrairement au point 1. nous avons ici affaire à deux véritables logos attestant de la qualité biologique de notre huile essentielle. A gauche, le logo AB européen, à droite le logo AB France. Attention, il existe des produits qui affichent un tel logo mais sans qu’il soit mentionné « certifié ». Sans lui, on ne peut être certain de la traçabilité du produit.

6. 100 % pure et naturelle : c’est le moins que l’on puisse faire pour proposer au public une huile essentielle non coupée, non trafiquée, etc. Si un flacon ne le mentionne pas, c’est même pas la peine.

7. Les précautions d’emploi : vu la taille de la boîte, il est clair qu’on ne peut pas tout mettre. Cependant, ici nous constatons que certaines précautions d’emploi s’adaptent à toute huile essentielle alors que d’autres sont spécifiques à cette huile essentielle là (« ne pas utiliser chez les enfants de moins de 7 ans, les femmes enceintes ou allaitant » : c’est particulièrement vrai pour le romarin officinal à camphre).

8. Le numéro de lot, la date de péremption et le territoire d’origine de la plante distillée : d’autres informations utiles. Cela permet de cibler plus précisément le produit. Savoir qu’une huile essentielle, disons de menthe poivrée, provient d’Inde, d’Italie ou d’Angleterre, ce n’est pas tout à fait la même chose (ni le même parfum et composition). Quant à la date de péremption, elle est obligatoire sur ce type de produit même s’il est vrai que certaines huiles essentielles peuvent se bonifier avec le temps et donc au-delà de la date de péremption. De bonnes conditions de conservation et de stockage assureront à vos huiles essentielles une « extension de garantie »;).

Voilà, vous savez tout ou presque sur le décryptage d’une étiquette d’huile essentielle. Celle-ci est presque parfaite. Il manquerait juste le logo d’un organisme de contrôle (Ecocert, par exemple). Mais le logo « AB France certifié » montre déjà qu’un organisme de ce type a mis son nez dans l’affaire avant que l’huile essentielle en question soit commercialisée.

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Dans ce petit livre, j’expose deux concepts clés propres aux Amérindiens d’Amérique du nord : l’animal-totem et la roue-médecine. En voici le sommaire :

I. Les animaux-totems

Cette première partie décrit les principales caractéristiques des animaux-totems mais s’emploie aussi à expliquer comment on peut entrer en contact avec eux, et cela par différents moyens.

– Qu’est-ce qu’un animal-totem ?
* De l’importance des animaux chez les Amérindiens
* La notion de totem : d’une vision classique à une vision personnelle
* Sur la question des alliés fixes et des alliés temporaires
* Totems particuliers : animaux rares, disparus ou mythiques, totems sacrés chez les Sioux

– Comment prendre connaissance de ses totems et comment entrer en contact avec eux ?
* Par la méditation
* Par les rêves
* Par le voyage chamanique
* Autres méthodes

– Les caractéristiques propres aux totems
* Sur la question de la propriété et de la cessibilité
* Le respect dû aux totems
* Le dialogue avec les totems

II. La roue-médecine

Dans cette deuxième partie, il est question de géométrie sacrée, de directions et de correspondances. Tout cela permet au mieux d’étayer ce qu’est le système de la roue-médecine et la manière dont elle fonctionne à l’aide des animaux-totems.

– Où il est question de cercle, d’axe et de sphère : la géométrie sacrée des Indiens
– Directions et correspondances
– Et les totems dans tout cela ?
– Le fonctionnement de la roue-médecine

III. Anecdotes totémiques : prolongements

Enfin, cette dernière partie offre des prolongements et des anecdotes que j’ai observé au sujet des deux points précédents.

– Totem de jonction
– Apparition et disparition
– Sept emplacements, cinq totems, comment est-ce possible ?
– Un totem peut en cacher un autre

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La pivoine (Poeonia officinalis)

paeonia officinalis

Synonymes : rose de la Pentecôte, rose de Notre-Dame, fleur aux convulsions, herbe sainte-rose, herbe chaste, etc.

Du grec paiônia, ce qui signifie stricto sensu : plante de Paeon. Très certainement inspiré du nom du médecin qui utilisa cette plante pour soigner Pluton, blessé par Héraclès. Au XII ème siècle, on rencontre la forme peone, puis pyone deux siècles plus tard. Par la suite on obtiendra l’actuelle pivoine.
Au passage, si dans les textes anciens elle est nommé de diverses manières, c’est en raison, dit-on, de ses nombreuses propriétés. Comme si chacun de ses noms évoquait à lui seul une propriété majeure !

S’il existe une plante que l’Antiquité grecque aura largement remarqué, c’est bien la pivoine. Mais attention, c’est un trompe-l-‘œil : il est bon d’attirer l’attention sur le fait qu’elle soit l’une des plantes traitées par de rares (mais précis) opuscules dont peu sont arrivés jusqu’à nous. Peut-être en existait-il d’autres, disparus depuis…

A l’instar de la bétoine, la pivoine est, à cette époque qu’est l’Antiquité grecque, une plante héroïque ainsi qu’une panacée. Non seulement elle soigne tous les maux mais elle est également décrite selon des aspects astrologiques, magiques et religieux. En revanche, discrètes sont les caractéristiques botaniques évoquées par les textes anciens.

MAGIE & ASTROLOGIE

Tout d’abord, savoir qu’elle faisait partie des plantes du bois sacré de la déesse (et magicienne) Hécate donne le ton.
Elle devait être récoltée de nuit selon Théophraste et d’autres auteurs anonymes de l’Antiquité, l’officiant devant veiller à être en état de sainteté (c’est-à-dire non souillé). La procédure d’extraction pouvait être plus ou moins étendue puisque l’on désigne des rituels d’arrachage durant sept jours entiers, d’un lundi au lundi suivant. Puis l’on traçait à l’aide d’un objet un cercle tout autour de la plante afin que le magicien s’en rende maître. Enfin, il se plaçait dans la direction de l’est puis procédait à l’arrachage de la plante dont il séparait soigneusement par la suite les différentes parties (tige, feuilles, racine, semences…).
Bien entendu, en fonction de la période à laquelle se déroulait la cueillette, l’on était soumis aux influences planétaires. Et c’est ici que l’on se rend compte que magie et astrologie sont intimement liées.
L’Antiquité grecque a placé la pivoine sous la domination de Selêné, la Lune. Ainsi les phases lunaires avaient aussi leur importance : « la pivoine croît et décroît en sympathie avec la Lune : si donc on l’arrache pendant la croissance de cet astre, sa racine ne peut être employée pour l’expulsion des démons, tout au contraire cela aggrave la maladie du patient » (Michel Botineau, Les plantes du jardin médiéval). En effet, chasser les démons était l’une des nombreuses vertus magiques de la pivoine. Le livre des Cyranides nous indique même que « les fumigations ou les boissons de racine de pivoine écarte les démons ; si on la porte, elle chasse tous les fantômes » (Guy Ducourthial, Flore magique et astrologique de l’Antiquité). Ce ne sont là que quelques propriétés magiques, les textes grecs nous en délivrent beaucoup d’autres telles que : transformer le métal vil en or, arrêter les tempêtes, protéger des serpents et du mauvais œil, etc. De plus, elle avait la réputation d’être lumineuse et d’éclairer dans l’obscurité.

MEDECINE

Lors de l’Antiquité grecque, nous n’observons pas de séparation entre la magie et la médecine, certaines propriétés médicinales de la pivoine tirant une force supplémentaire de rituels incantatoires ainsi que de mélothésies planétaires (influences astrales sur les différentes parties du corps). Par exemple, on pensait que la rate, les reins et le bas-ventre étaient sous domination lunaire, on employait donc la pivoine, plante de la Lune, récoltée selon les rites magico-astrologiques décrits plus haut, pour soulager les affections propres à ces zones précises du corps.

En ces temps, on l’utilise beaucoup en médecine, en particulier la pivoine à semences rougeâtres, dite pivoine mâle, la pivoine femelle présentant des semences noirâtres. On l’emploie contre l’épilepsie depuis Hippocrate, c’est dire son importance dans le traitement de ce que l’on a surnommé le haut-mal (cela explique le surnom de plante aux convulsions donné à la pivoine). Hippocrate, ainsi que Galien et Théophraste, l’indiquaient pour des affections nerveuses ayant leur siège dans la sphère utérine.

Au XII ème siècle, Hildegarde la préconise contre les fièvres intermittentes et la paralysie. Au XIV ème siècle, les graines de pivoine sont utilisées comme épice en infusion avec de l’hydromel car on pense qu’elles ont comme vertu d’éloigner les cauchemars nocturnes. On les porte aussi en colliers, en guise de talisman, et, pensait-on, elles permettaient aussi de prévenir les convulsions chez les jeunes enfants.
Croyances et superstitions menèrent à bien d’autres usages qui peuvent paraître bien saugrenus aujourd’hui : par exemple, lorsqu’une personne sujette à l’épilepsie sentait venir une crise, il fallait lui placer un morceau de racine de pivoine dans la bouche. Si elle parvenait à la mâcher, la crise s’estompait… Cette même racine fut même taillée sous forme de petites billes qu’on donnait aux enfants afin qu’ils y fassent leurs dents…

BOTANIQUE

Cette vivace à bulbe est présente aussi bien en Europe qu’en Asie bien qu’elle soit originaire d’Extrême-Orient.
Elle n’est pas très haute, 60 cm tout au plus, mais sa magnifique floraison odorante compense sa petite taille. Une tige simple porte de larges feuilles largement dentées, formées de plusieurs folioles divisées en étroits segments. De très grandes fleurs aux pétales rose cramoisi sont ornées au centre d’une myriade d’étamines d’or. La fructification donne lieu à des fruits composés de deux ou trois follicules emplis de petites graines brunâtres. A maturité, les follicules s’arquent et laissent ainsi échapper les graines. C’est une plante qui supporte bien la sécheresse, mais elle fleurit mal à l’ombre. Il est important de déterminer une bonne place pour planter une pivoine, d’autant plus que si elle se plaît, elle fleurira très longtemps. En revanche, il ne faut pas la changer de place sans quoi sa floraison se verrait interrompue pour de nombreuses années.

SYMBOLISME

En Chine, elle est symbole de richesse et d’honneur en raison de sa couleur, laquelle peut varier du rouge/pourpre au blanc, en passant par le rose.

On voit également en elle une fleur symbole d’immortalité. Son nom chinois, meoutan, contient le mot « tan », drogue d’immortalité qui est parfois comparée au cinabre (cf. phénix). Aujourd’hui, sous nos latitudes, elle est immanquablement et étrangement associée à la honte à travers l’expression « rouge comme une pivoine. »

LA PIVOINE AUJOURD’HUI

Après ce glorieux passé, la pivoine est tombée en désuétude, sinon en disgrâce. Nous ne dresserons pas un portrait exhaustif de ses propriétés thérapeutiques encore vivaces. Cependant, brossons un portrait synthétique point par point :

  • On utilise principalement la racine, parfois les fleurs, beaucoup plus rarement les semences.
  • On attribue à la pivoine les propriétés suivantes : tonique, sédative, antispasmodique, antibactérienne, diurétique, anti-épileptique.
  • On l’emploie pour les affections suivantes : tachycardie, émotivité, épilepsie, hystérie, chorée de Huntington (danse de Saint-Guy), convulsions, coqueluche, toux nerveuses, migraines, hydropisie, douleurs intestinales…

Comme on le constatera aisément, la pivoine d’aujourd’hui n’a plus grand chose du faste de la panacée d’hier.

Enfin, j’attire l’attention sur le fait que la pivoine est une plante potentiellement toxique. On en évitera l’emploi en automédication (à moins d’avoir affaire à une personne compétente en la matière).

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Le laurier noble (Laurus nobilis)

Le mot laurier est une rectification de lorier. Quant à laurus, il est issu du latin lauda, ce qui signifie louanges. Il était expressément réservé à la confection de couronnes que l’on plaçait sur la tête de ceux qui méritaient louanges, pratique qui s’est étendue de l’Antiquité jusqu’au Moyen-Âge (1). On lui accorde aussi une symbolique de paix et de victoire, d’où les expressions « se couvrir de lauriers », « cueillir les lauriers », etc.
Au Moyen-Âge, la pratique du couronnement est encore vivace. Elle concerne les jeunes médecins qui reçoivent une couronne de laurier garnie de baies, la bacca laurea (d’où l’origine du mot baccalauréat) qui récompense les méritants, comme ce fut déjà le cas d’Apollon qui couronnait de laurier le chef des braves.

Laurier noble

La Pythie de Delphes ne prophétisait jamais sans avoir mâché ou fait brûler du laurier, en vertu des qualités divinatoires de cette plante. La manducation – c’est-à-dire le fait de mâcher puis d’avaler – des feuilles de laurier était censée provoquer une extase qui permettait une communication avec les sphères divines et rendait ainsi possibles les paroles oraculaires de la Pythie (2). Si l’on reconnaît à l’huile essentielle de laurier noble un pouvoir narcotique à hautes doses, la manducation de quelques feuilles de laurier permettait-elle réellement d’entrer en transe ou bien faut-il mettre ce phénomène sur le compte des fumigations de graines de jusquiame, elles aussi fréquemment employées dans le même but ? Souvent, d’autres prêtres et prêtresses dormaient sur des couches constituées de ramilles de laurier noble. C’était, dit-on, une manière de favoriser les rêves prémonitoires et le don de double vue. Plus prosaïquement, Pline indique cette manducation contre la toux ! Un autre rituel consistait à écrire avec de la myrrhe et du sang sur une feuille de laurier afin d’accéder à la révélation, ce qui permettait à l’officiant de devenir celui qui sait tout à l’avance.

Son caractère semper virens lui a d’emblée accordé une symbolique d’immortalité. Et ce n’est sans doute pas pour rien que les Romains en firent un symbole de gloire. Cette symbolique est présente en Chine où l’on dit que c’est au pied d’un laurier que le lièvre de la Lune broie les simples dont il tire une drogue… d’immortalité, bien sûr, quand bien même il semble plus que probable qu’il ne s’agisse pas de laurier mais de cannelier, autre spécimen de la famille des Lauracées.

Ancient Greece : Pythia - La Pythie de Delphes
La Pythie de Delphes rendant l’oracle

Il possède également vertu de protection. En cela, il était couramment planté auprès des habitations puisqu’il apportait sagesse et pureté. C’est à l’aide de branches de laurier que l’on balayait le parvis du temple d’Apollon, à Delphes, tandis que Théophraste se baladait avec une branche de laurier entre les dents, après s’être purifié les mains et reçu une aspersion d’eau lustrale.
Puisqu’on pensait qu’il favorisait la continence, le laurier fut régulièrement employé par les mystes. Anaphrodisiaque, donc ? C’est du moins ce que laisse suggérer l’épisode lors duquel Daphné se refuse à Apollon…


  1. Lors des jeux pythiques de Delphes, le laurier était très souvent récolté par de jeunes gens.
  2. C’est ce qui fit dire que le laurier possède un pouvoir cathartique.

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Comment devient-on chaman ?

En tout premier lieu, je tiens à préciser que les diverses facettes du chaman présentées dans le post précédent (Petit abrégé de pratiques chamaniques [suite]) ne concernent pas la majorité des chamans, loin s’en faut. Tous ne sont pas des chamans totaux. La plupart du temps, ils présentent une ou plusieurs facettes, extrêmement rarement la totalité d’entre-elles.

Initiation

Venons-en maintenant au sujet qui nous (pré)occupe. Pour commencer, et afin que les choses soient claires : ON NE S’AUTOPROCLAME PAS CHAMAN ! Quiconque se lève un beau matin en se disant « aujourd’hui, je suis un chaman » ne peut être qu’un imposteur. A ceux-là, il faut faire la chasse et les dénoncer, car ils seraient susceptibles de faire plus de mal que de bien en agissant de manière inconsidérée. Hélas, ils existent bel et bien et n’agissent pas autrement qu’en obscurs gourous, parfois suivis par des hordes, plébiscités par elles pour de non moins obscures raisons.
Il est important de bien prendre en compte qu’un chaman n’est en aucun cas une personne que d’autres auraient désignée chaman. L’élection du chaman n’est en rien une affaire humaine, elle est du strict ressort des Esprits et des Divinités. Celles et ceux parmi les plus doctes et les plus sages sauront qui deviendra chaman et qui ne le sera pas.

Tout commence très tôt. C’est tout jeune que le futur chaman est choisi par les Esprits et les Divinités. A un âge où ignorant encore tout de sa destinée, l’enfant amené à devenir chaman un jour va, malgré lui, donner des indices sur son potentiel aux autres membres du clan, mais plus particulièrement aux sages et/ou aux chamans que compte déjà la tribu. En effet, de par leur statut, ils sont plus à même de déceler les signes avant-coureurs présents chez l’enfant.
Ce type d’enfant est généralement décrit comme solitaire, préférant observer les plantes et les animaux plus que de se mêler aux jeux des autres enfants. Par ailleurs, il peut sembler songeur ou taciturne, tout en tenant des propos assez nébuleux pour les autres.

L’INITIATION

La révélation d’un esprit auxiliaire (entité, totem…), un rêve et/ou une vision, etc. ne peuvent suffire à faire de qui les reçoit un chaman. Il ne s’agit pas d’une formalité qui pourrait se résoudre en trois coups de cuillère à pot. Pourquoi ? Parce que toute personne est capable de recevoir un message à travers une vision, de vivre un rêve révélateur, etc. Mais elle reste une personne « ordinaire » alors que le chaman est une sorte de « paria bien entouré » (1).
L’initiation est continue, quoi qu’on en pense. Elle dure autant que dure le chaman, être chaman étant loin d’être une sinécure. Non, être chaman relève du sacerdoce. Comme son nom l’indique, l’initiation est un début qui s’engage très tôt, dès que le l’enfant concerné manifeste les premiers signes que, peut-être… Qu’il présente toutes les capacités requises à la base pour devenir chaman est déjà une bonne chose. Mais elles ne pourront, à elles seules, faire de lui un chaman. De cela, l’initiation seule en dépend. Pour résumer :

Chaman =

profil idéal
+
acceptation de la charge qui incombe au futur impétrant
+
initiation

L’initiation n’est pas autre chose qu’un enseignement, un apprentissage. Elle n’est pas tellement éloignée, dans sa logique, du compagnonnage. Cet enseignement est prodigué principalement par les Divinités, les Esprits (entités, totems, âme d’un chaman défunt) et les chamans en exercice au sein du clan.
Le contenu de cette initiation est vaste. Cela peut être autant la connaissance des plantes médicinales que le juste emploi des outils chamaniques, par exemple.
Bien entendu, le jeune chaman devra faire preuve d’écoute et d’humilité face à l’enseignement reçu. D’abnégation également. Enfin, il lui faudra souffrir à travers le diptyque mort/renaissance dont nous avons déjà parlé.

L’initiation est une épreuve si intimiste qu’il est bien difficile de la décrire simplement à l’aide de quelques mots. Il ne faut pas du tout la considérer comme une forme d’intronisation via une cérémonie rituelle plus ou moins officielle, telle que celle qui consiste à épingler une rosette écarlate sur la poitrine d’un homme.

Enfin, doté de ses connaissances initiatiques préliminaires, l’apprenti chaman devra faire preuve de résultats avec, il est vrai, plus ou moins de succès. Qu’il soit doté de pouvoirs peu ordinaires ne signifie pas qu’il n’engage pas sa propre responsabilité. S’il est craint et respecté, il peut aussi être blâmé par les propres membres de son clan en cas d’échec.
C’est donc un statut à double tranchant, bien éloigné de l’image romanesque qu’en a fait un certain néo-chamanisme fumeux de ces dernières décennies.


  1. Peu ordinaire (certains disent hors du commun), le chaman est régulièrement consulté pour des questions qui sont de son devoir.

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Petit abrégé de pratiques chamaniques [suite]

Divination au tambour (Népal)
Divination au tambour (Népal)

Comme nous l’avons évoqué précédemment dans cet article, le chaman fait figure d’intercesseur entre le monde des hommes et celui des esprits et divinités. Il transcende le chaos pour faire naître l’harmonie. A travers cela, il est amené à mourir et à renaître, de manière symbolique et spirituelle. Chaque mort s’apparente à une décréation, chaque naissance à une re-création. Ce cycle incessant participe à l’évolution du chaman puisque mourir/renaître implique, à chaque fois, un accès à une meilleure connaissance de soi.

Au delà de sa valeur apotropaïque, qu’est donc le chaman ? Le chaman est celui qui voit et entend, comprend et échange, voyage, etc. En raison de ses multiples aptitudes, il est amené à jouer plusieurs rôles. Découvrons lesquels.

  • S’il peut voir, il peut prévoir. C’est grâce à ses qualités de devin qu’il pourra, par exemple, aider à l’interprétation d’une vision (ou d’un rêve) qu’un jeune initié aura reçu à l’issue d’une quête.

  • Voyager dans le monde-autre peut lui permettre de conduire les âmes égarées qui œuvrent tels des fantômes. Il a alors un rôle de psychopompe (passeur d’âme).

  • Le vocable d’homme-médecine, même s’il est imparfait, fait directement référence à la qualité de guérisseur, en raison de causes déjà abordées (vol de l’âme, possession, présence d’un objet ensorcelé dans le corps d’une personne).

  • Magicien est l’une des autres facettes que le chaman emploie à travers la pratique de rituels de protection, par exemple.

  • Enfin, de par sa promiscuité évidente et constante avec le monde des esprits et des divinités, le chaman fait office de guide spirituel (prêtre, mystique, saint homme, sage…).

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La vaccination, est-ce bien utile ?

C’est une pratique qui fait tellement partie intégrante du paysage médical français, qu’au premier abord, on pourrait bien se demander pourquoi une chose aussi profondément enkystée dans les mœurs se devrait d’être remise en cause, sinon en question.

LES ORIGINES DE LA VACCINATION

Au départ, c’est une histoire de vaches. En effet, la vaccine est une maladie contagieuse que l’on trouve chez les bovidés domestiques. Mais ce terme désigne aussi la première forme de vaccination que le médecin anglais Edward Jenner mettra en place au XVIII ème siècle. A cette époque, les affrontements entre les partisans de Jenner et ses opposants sont virulents. Mais le fait qu’un homme ayant contracté la vaccine s’est vu immunisé contre la variole sera la découverte qui verra naître le tout premier vaccin en toute fin de XVIII ème siècle (1798). Et mènera ultérieurement la France vers ce que j’appelle une mithridatisation vaccinale.
Aujourd’hui, peu de monde se souvient de Jenner. Quand on dit vaccin, on pense à un célèbre chimiste français qui officia durant le XIX ème siècle : Louis Pasteur. Avant de procéder à des expérimentations sur l’être humain, Pasteur mettra en évidence le principe de vaccination préventive en inoculant des microbes à la virulence altérée. C’est bien beau tout ça, mais…

Variole

Allégorie du XVIII ème siècle : nous voyons Dame Inoculation repousser la Variole poursuivant un enfant.

UN VACCIN, C’EST QUOI ?

Comme l’indique Roger Castell, « la vaccination affirme une immunité, en provoquant une maladie sous une forme bénigne afin de créer une protection (anticorps) contre cette maladie » (1). Un vaccin, c’est donc le truc qui pique et qu’on redoute quand on est gosse. Quand je pense que certains ne rechignent pas à se faire vacciner alors qu’ils tournent de l’œil devant une prise de sang, eh bien ils vont bientôt avoir toutes les raisons de tomber dans les pommes quand j’aurai répondu à la question subliminaire (2).

De loin, un vaccin, ça paraît inoffensif, une broutille même. De près, c’est une autre paire de manches ! Un vaccin, c’est un truc assez bizarre en fait, fabriqué à partir de virus et de bactéries variés, lesquels s’ébattent gaiement sur des cellules animales (porc, poulet, etc.). Ensuite, on met un petit coup sur la tête aux microbes grâce à divers produits chimiques, puis on rajoute activateurs, adjuvants, conservateurs… Bref. Des trucs à base d’aluminium, de mercure, du formaldéhyde même, des OGM également ! Les partisans du bio ainsi que les végétariens s’en régaleront, j’en suis certain.
Donc, un vaccin est un truc qu’on inocule dans le corps d’un individu en pensant qu’il luttera contre la maladie pour laquelle il a été conçu au total mépris de toutes ces substances chimiques et toxiques qu’on reçoit dans le même temps et, bien évidemment, en complète méconnaissance des contre-indications et autres effets secondaires indésirables pourtant clairement mentionnés dans le Vidal.

POURQUOI CETTE PRATIQUE EST DANGEREUSE, DONC INUTILE

Elle cherche la préservation de la santé en employant des substances toxiques pour l’organisme, ce qui est, convenons-en, un peu n’importe quoi. Lorsque l’on sait que la France est pro en matière de vaccination, cela a de quoi inquiéter : 12 vaccins dont trois obligatoires (diphtérie, tétanos, poliomyélite, c’est-à-dire le fameux DTPolio des carnets de vaccinations). D’autres sont tout simplement fortement recommandés (par qui ? Les autorités sanitaires ou bien les lobbys pharmaceutiques ?)
Imaginons qu’une personne hyper scrupuleuse se fasse vacciner la totale. Arrivée à l’âge adulte, ce ne sera pas moins d’une quarantaine d’injections qu’elle aura reçue ! Si cet état de fait s’appliquait à l’ensemble de la population française, nous croulerions sous les seringues tandis que les dépenses de santé ne cessent d’augmenter. Selon, l’Insee, elles représentaient 8,9 % du PIB en 1995 contre 11,1 % en 2009, soit une augmentation de 25 % en 15 ans ! 106 milliards d’euros ont été consacrés aux dépenses de santé en 1995, en 2009 elles ont presque doublé (209 milliards d’euros).
Bien évidemment, parmi ces chiffres, la seule vaccination ne représente qu’une goutte d’eau dans l’océan. Mais vu le délire sanitaire de 2009 avec la grippe H1N1, il est permis de se poser des questions. 94 millions de doses (au prix moyen de 7 € la dose) ont été commandées par l’état français pour la bagatelle de 700 millions d’euros. Lorsque l’on sait que seulement 5 millions de Français se sont fait vacciner, ça fait cher la dose. En janvier 2010, on estimait le coût de cette « campagne » de vaccination à 2,2 milliards d’euros pour seulement 8 % de la population française vaccinée. Nos dirigeants de l’époque se sont-ils dits que nous allions, benoîtement, nous soumettre face à une épidémie qui, en tout et pour tout, n’aura pas fait grand dégât ?
Et c’est là que nous retrouvons Pasteur à travers le laboratoire qui porte son nom (Sanofi Pasteur), l’un des principaux fournisseurs du vaccin anti-H1N1 en 2009. Il faudra attendre juillet 2010 pour qu’un rapport d’enquête du sénat mette en évidence la pression des lobbys « ainsi que l’acceptation par les décideurs politiques et administratifs de contrats commerciaux trop contraignants » (3).

Seringue

Bon, maintenant que j’ai un peu tapé sur la tête de l’hydre H1N1, venons-en aux choses sérieuses. A l’heure actuelle, certains pensent encore qu’un microbe quel qu’il soit peut se développer à loisir chez quelqu’un. Dans ce cas, comment expliquer que parmi deux personnes vivants sous le même toit, l’une puisse être affectée alors que l’autre pas ? Oui. Comment se fait-il que l’une résiste alors que l’autre est terrassée ? Les germes n’ont pas d’incidence sur la genèse des maladies infectieuses comme on peut le lire par ailleurs. Ils se développent et deviennent pathogènes à la faveur d’un terrain biologique intérieur déséquilibré ! Même Pasteur l’aura reconnu à la fin de sa vie : le microbe n’est rien, le terrain est tout. Et voilà encore qu’on vient nous bourrer le mou avec du pasteurisme à outrance ! Que Pasteur, qui n’était même pas toubib, ait eu cette lumineuse idée alors que, aujourd’hui encore, des gens qui le sont propagent le contraire, c’est évident que cela fait les choux gras de l’industrie pharmaceutique.

Poison

La raison la plus grave, à mon sens, c’est que la plupart des vaccins sont des produits alcalins et oxydés. Ils peuvent, à l’aide d’autres substances (antibiotiques chimiques, par exemple) et à cause de mauvaises habitudes d’hygiène de vie (eau du robinet, alimentation industrielle, etc.), contribuer à modifier le potentiel oxydo-réducteur d’un être humain en dirigeant ce dernier vers un terrain alcalin-oxydé qui l’exposera plus facilement aux maladies que ces mêmes vaccins sont sensés combattre ainsi qu’à tout un tas d’autres pathologies dégénératives (cancers, leucémies, thromboses, infarctus, etc.).


  1. Roger Castell, La bioélectronique Vincent, p. 160.
  2. J’ignore si les Français sont douillets, mais eu égard à la propension qui est la leur à se faire vacciner, je pense que non…
  3. Wikipédia.

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