Hildegarde de Bingen et la lithothérapie

Hildegarde (1098-1179), surtout connue comme musicienne et poétesse, est également considérée comme la première phytothérapeute moderne. Nombre de ses travaux sur la question ont été aujourd’hui reconnus. Ce que l’on sait moins, c’est qu’elle avait parfois tendance à mêler aux plantes un certain nombre de pierres que la lithothérapie actuelle utilise toujours. Ce sont ces pierres ainsi que l’usage qu’en faisait Hildegarde de Bingen que je me propose de vous présenter aujourd’hui.

1. Agate : Hildegarde utilisait plus particulièrement la sardonyx qui, d’après elle, stimulerait l’ouïe : « Elle apporte toujours quelque chose aux cinq sens de l’homme. Pour chacun d’eux, elle est un remède ».

2. Aigue-marine : utilisée par Hildegarde pour ses effets protecteurs face aux empoissonnements du corps et de l’esprit, comme la colère, par exemple.

Pour les problèmes d’intoxications alimentaires et d’empoisonnement : faites tremper la pierre dans un peu d’eau de source et boire aussi sec. Répétez l’opération pendant au moins cinq jours.

3. Améthyste : pour lutter contre les cauchemars, elle favorise ainsi le sommeil. Hildegarde l’utilise en usage cutané afin d’adoucir la peau et gommer les taches.

Pour les problèmes de taches cutanées : mouillez une améthyste de salive et frottez-en la peau.

4. Calcédoine : anti-colère selon Hildegarde : « Si une personne porte sur elle une calcédoine, il faut qu’elle le fasse de sorte que la pierre soit en contact avec la peau, si possible sur une veine ».

Pour les problèmes d’élocution : tenez une calcédoine dans la main, réchauffez-la de votre haleine, léchez-la avant de parler.

5. Cristal de roche : Hildegarde dit de lui qu’il permet d’évacuer l’humidité néfaste qui noie les yeux, nuisant au sens de la vue. Elle soigne donc les affections oculaires, la baisse de la vision, mais pas seulement : elle viendrait à bout de certains soucis causés par la thyroïde, ainsi que des problèmes cardiaques. Hildegarde préconise de laisser le cristal de roche chauffer au soleil avant de l’appliquer sur la zone du corps concernée.

Pour les problèmes de thyroïdes : faites chauffer un cristal de roche dans un verre durant une matinée entière, au soleil. Vers midi, couvrez de vin blanc et laissez le tout macérer au soleil jusqu’en fin d’après-midi. En fin de journée, buvez le vin et placez la pierre sur le cou.

Pour des problèmes d’insuffisance cardiaques, maux d’estomac et/ou d’intestins : même recette que précédemment mais en remplaçant le vin par de l’eau.

6. Cuivre : Hildegarde faisait macérer de la limaille de cuivre dans du vin ou du vinaigre pour régler des problèmes de gouttes et d’arthrose, ainsi que pour des cas d’intoxications alimentaires.

7. Diamant : « Le diamant est d’une dureté qu’aucune dureté ne peut vaincre. Sa vertu et sa force sont telles qu’il étouffe le mal et la méchanceté ».

Pour les problèmes d’ictère : faites chauffer un diamant dans un verre durant une matinée entière, au soleil. Vers midi, couvrez de vin et laissez le tout macérer au soleil jusqu’en fin d’après-midi. En fin de journée, buvez le vin et gardez la pierre sur soi.

8. Émeraude : « Celui qui souffre du cœur, de l’estomac où du côté droit (le foie) conservera sur lui une émeraude ».

9. Fer : il est symbole de force et de protection pour Sainte Hildegarde : « Si quelqu’un a l’estomac froid au point d’en éprouver des douleurs, qu’il chauffe une plaque de fer et la pose sur son estomac ; qu’il l’enlève, la réchauffe et la remette ; qu’il renouvelle l’opération jusqu’à ce qu’il aille mieux ».

10. Hyacinthe : « Si quelqu’un a la vue qui s’obscurcit, les yeux qui se troublent ou s’ulcèrent, qu’il expose une hyacinthe au soleil puis l’humidifie de sa salive et la mette immédiatement sur ses yeux ».

Attention : l’hyacinthe est une pierre à utiliser avec prudence.

11. Jaspe : Très apprécie d’Hildegarde, elle l’utilise lors de problèmes de surdité, de rhume, affections cardiaques et rénales. Elle dit également de lui que le jaspe est capable d’éloigner les mauvais esprits lors d’un accouchement.

12. Onyx : Pour Hildegarde, il s’agit d’une pierre destinée à la vue qui se voile, aux problèmes de cœur, d’estomac, de poumons, à la fièvre et à la tristesse même. « L’onyx contient la chaleur de l’air : issu du soleil, il prend corps par les nuages. C’est pourquoi il est très puissant pour soigner toutes les maladies qui viennent de l’air ».

Pour les problèmes oculaires : Posez la pierre dans récipient de bronze ou de cuivre. Couvrez d’un quart de litre de vin rouge et couvrez. Laissez macérer pendant deux semaines. Au bout du compte, retirez la pierre. Humectez les yeux chaque soir à l’aide de cette lotion.

Pour les problèmes de fièvre : Pendant cinq jours, faites macérer l’onyx dans un grand verre de vinaigre de cidre et d’eau. Retirez la pierre. Buvez une cuillerée de ce vinaigre dilué dans un peu d’eau aux repas.

13. Or : Hildegarde l’utilise dans plusieurs recettes contre la goutte, les rhumatismes et certains problèmes gastriques.

14. Rubellite : Ses qualités pour lutter contre infections urinaires et cystites furent vantées par Hildegarde.

Pour les problèmes de douleurs gastriques : Faites macérer dans un verre de vin une rubellite au soleil. Buvez de cet élixir durant le repas pendant au moins cinq jours.

Pour les problèmes de prostatisme : Faites chauffer une rubellite au soleil. Puis plongez-la dans un verre de lait de vache. Laissez macérer le tout pendant une heure. Retirez la pierre et buvez le lait. Répétez l’opération pendant cinq jours.

15. Saphir : garder un saphir dans sa bouche éloignerait rhumatisme, colère et ignorance. Hildegarde l’appliquait aussi sur les yeux malades. « Le saphir est bouillonnant. Sa nature est de feu plus que d’air et d’eau. Et il représente la charité remplie de sagesse ».

16. Topaze impériale : Hildegarde la tenait en haute estime, capable, selon elle, de soigner de nombreuses affections dont lèpre, empoisonnement, fièvre, problèmes hépatiques, etc. « Grâce à sa chaleur, elle s’oppose aux poisons […]. La topaze est la plus puissante de toutes les pierres ».

© Books of Dante – 2010

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La charoïte

Quelle drôle d’espèce minérale que la charoïte tout de même ! Elle est non seulement assez rare (des gisements n’existent qu’en Sibérie) mais, de plus, c’est une pierre qui a été découverte que très récemment au regard d’autres minéraux connus depuis des lustres. C’est seulement dans les années 1940 qu’elle a été mise à jour et décrite minéralogiquement parlant qu’en 1978.

Véritable sinécure que d’écrire un tel billet sur cette pierre tant les informations qui la concernent sont maigres sinon faméliques. Autant dire que dans la « littérature » spécialisée il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent à son sujet. Enfin, tentons tout de même l’exégèse…

Description sommaire de la bête : de couleur violet-pourpre, elle présente des inclusions blanches et noirâtres. Sa dureté oscille entre 5 et 6, sa densité est de 2,68. Bien. On n’est pas plus avancé avec ça.

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Que lis-je du côté de Jennie Harding ? « Amplification de l’énergie spirituelle », « accroît la conscience médiumnique ». Hum. Un peu léger tout ça. Et du côté de Boschiero ? « Intuition créative », « qualités extra-sensorielles ». Maigre et laconique, il n’est tout bonnement pas possible de se satisfaire de formules aussi lapidaires dont l’aspect « fourre-tout » n’échappe à personne.

Dictionnaire de la lithothérapie, p. 101 : « Bien que nous ne rencontrions cette pierre que depuis quelques années sur les marchés minéralogiques, nous avons trouvé des traces de traditions chamaniques qui nous font irrésistiblement penser aux cultes rendus à Dionysos par les Grecs et à Bacchus chez les Romains : exubérance, suppression des interdits, défoulement, fécondité, entendus sur un plan mystique ».

Quant à Jennie Harding (L’univers des cristaux, p. 174-175), il est indiqué que la charoïte « purifie et libère les anciens schémas, apportant une énergie nouvelle », qu’elle « dégage les anciens souvenirs, les traumatismes du passé et les éléments qui ne servent plus ». Plutôt que de dégagement et de libération, j’aurais tendance à penser en terme de transmutation. Pour aller vite, elle prend, elle transforme, elle donne. Et, afin d’illustrer mon propos, voici pour finir le récit d’une petite expérience menée par moi-même il y a quelques jours : j’ai placé une de ces pierres au creux de ma main gauche. Après plusieurs minutes, une abondante sueur y est apparue. Pas très agréable comme phénomène. Bref. J’en serai resté là si je ne m’étais aperçu à temps que ma main gauche posée sur mon bras droit n’y avait laissé une rougeur particulièrement cuisante. Mu par mon instinct (ça peut servir des fois ^^), j’ai doucement frotté la partie de peau rubéfiée à l’aide de cette même pierre. En quelques minutes, rougeur et sensation cuisante ont disparu… Je vous laisse en tirer les conclusions.

Voilà donc comment ne rien dire ou presque en 500 mots… ^^

© Books of Dante – 2013

Le lapis-lazuli

ImageSymbole cosmique de la nuit étoilée, le lapis-lazuli présente des tonalités qui vont du bleu indigo au bleu violacé soutenu. La nuit. Parfois passent des nuages de calcite, des incrustations de pyrite (du grec pyros, feu) figurent les étoiles. Pierre du firmament selon les Mésopotamiens.

Il porte donc les couleurs de l’amour désintéressé et de la compassion mais également celles de l’esprit transcendé. On le dit propice à la quête de la vérité et de la connaissance, ce à quoi la lame n°9 de l’Oracle de la Triade – La Sagesse – fait largement référence et sur laquelle on retrouve les trois couleurs du lapis-lazuli ainsi que des yeux scrutateurs tout là-haut…

ImageIl n’est donc pas étonnant que le lapis-lazuli soit associé au chakra du 3° œil. Déjà, en Chine, on lui reconnaissait une action sur le sens de la vue, sans doute la raison qui en fit un talisman contre le mauvais œil. S’il est vrai qu’il a une action sur les yeux, il est également capable de décupler l’intelligence, la finesse d’esprit et l’intuition. En un mot, il aide à se frayer un chemin au travers de la nuit noire de la mélancolie et des maléfices.

Il s’agit d’une pierre dotée d’une couleur tellement spirituelle que les anciens Égyptiens en firent la pierre des dieux, eux qui la taillèrent afin d’en façonner des bijoux, des mosaïques et d’autres scarabées.

Plus prosaïquement, elle intervient dans certaines maladies cutanées (dermites, eczéma), ainsi que sur les éruptions cutanées et les piqûres d’insecte : elle soulage donc toutes ces inflammations. Elle présente une efficacité sur les allergies, l’asthme, la toux mais également sur les fièvres, les maux de tête et les états dépressifs (nous l’avons dit, le lapis-lazuli est un chasseur de mélancolie qui devrait faire fureur couplé au millepertuis). C’est pour cette raison qu’il est recommandé aux personnes nerveuses, son action sédative ayant un effet bénéfique qui, de plus, prédispose à un sommeil réparateur.

On nettoiera le lapis-lazuli à l’eau distillée non salée et on l’exposera ensuite à la Lune quand bien même, comme l’indique Reynald Boschiero, il ne « déteste pas le soleil ».

© Books of Dante – 2012

L’or

Après m’être penché sur le cas du cuivre et de l’argent, voilà que j’en viens à évoquer enfin l’or, ce métal précieux et parfait. Partout dans le monde et à différentes époques, il a été le métal roi. Petit tour d’horizon…

Chez les Chinois, le caractère « kin » signifie à la fois métal et or, ce qui montre assez bien l’hégémonie de ce seul métal sur l’ensemble de tous les autres qui semblent alors éclipsés par cette lumière minérale telle qu’on le qualifie en Inde. Parce qu’en effet, l’or, c’est le Soleil et l’illumination de par sa couleur chaude et lumineuse, c’est aussi un symbole d’immortalité et de longévité du fait de son incorruptibilité et de son inaltérabilité, à l’image des toits des églises orthodoxes qui brillent de mille feux depuis des siècles.

Il est donc l’expression des énergies solaires, il ne perd jamais son éclat, alors que l’argent, tel la Lune qui décroit, se couvre d’un voile noirâtre. L’or, non. Lui est pur et inoxydable. Ce qui explique pourquoi les anciens Égyptiens l’assimilèrent à la chair des dieux alors que les Aztèques virent en lui la peau neuve de la Terre, symbole du renouveau de la Nature au Printemps (Cf. Xipe Totec, divinité de la pluie printanière et également dieu des orfèvres).

ImageSingulier métal que l’or, paradoxal à bien des égards. On le dit précieux parce qu’il est rare, rare parce qu’il est précieux. Or, il est pourtant extrêmement répandu à la surface de la Terre, mais la plus grande partie échappe aux regards puisqu’elle n’est pas constituée que de pépites ou, plus modestement, de paillettes, mais se trouve à l’état de traces dans de très nombreuses roches ainsi que dans l’eau des océans. Sans doute parce que cette masse d’or à l’état infinitésimal est un symbole des mystères soustraits à la connaissance du vulgaire.

On le dit inaltérable, et c’est vrai. Seul un puissant mélange d’acide parvient à l’attaquer ne serait-ce qu’un peu. Qu’on en fabrique des clés qui ouvrent des portes ou des ponts qui mènent vers d’autres cieux, il est aussi le fardeau qui fait courber l’échine. L’on dit souvent qu’on a des semelles de plomb lorsqu’on a du mal à avancer. Or, si ces mêmes semelles d’or étaient faites, l’avancée serait bien plus difficile du fait de la densité de l’or bien supérieure à celle du plomb (densité exprimée par le nombre de grammes au centimètre cube : 19,3 pour l’or, seulement 11,35 pour le plomb).

Malléable et ductile aussi, à tel point qu’en Afrique occidentale, on dit qu’avec « un gramme d’or on peut faire un fil mince comme un cheveu pour entourer tout un village. » On en confectionne de si fines feuilles que leur épaisseur ne dépasse pas le 1/10 000 de millimètre, et que la lumière d’une bougie vue en transparence à travers une telle feuille prend une très curieuse couleur vert bleuâtre…

Très souvent natif, il peut lui arriver, bien que rarement, de passer l’alliance avec d’autres métaux. Avec l’argent, on le dit électrum, avec le platine, or platiné, etc. Ces mêmes actions d’alliage ont été répétées de façon artificielle par l’homme, inconscient de la capacité qu’a l’or de ne pas se mêler naturellement aussi facilement à d’autres métaux. Cet homme là le mélange sans vergogne à des métaux plus durs que lui !

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Alors que nombre d’alchimistes se sont échinés non pas à les unir mais des uns à tirer l’Autre, à travers la transmutation des métaux dits impurs en or, action délicate qui doit être vue comme une transition d’un état vers un autre qui lui est supérieur et non comme la bête et concrète transformation physique du plomb en or véritable comme le pense parfois – souvent – le vulgaire sinon le crédule, et encore moins comme un moyen d’accéder à l’élixir de jouvence si cher à certains médiévistes naïfs, la pierre philosophale, le Graal étant bien davantage que cette vision résolument tronquée de la transsubstantiation. Comme le dira Silesius, il s’agit de la transformation de l’Homme par Dieu en Dieu. Pas étonnant donc que l’or-lumière soit connaissance.

Mais de cet or là, « il est aussi difficile de s’en servir bien que de se le procurer ». Comme l’on dit en Afrique occidentale, « l’or est le socle du savoir, le trône de la sagesse : mais si vous confondez le socle et le savoir, il tombe sur vous et vous écrase ».

L’or est donc un trésor ambivalent. Bien que solaire et illuminateur, il est aussi symbole de pervertissement, une dégradation de l’immortel en mortel. Le revers de la médaille, en somme. Charlot, dans son Gold Rush (1925) l’a véritablement et cyniquement montré. Ô Dollar, dieu des or-fièvre, tu n’as aucune pitié pour ces pauvres orpailleurs qui ont payé de leur vie l’or dans leur cœur logé…

Après l’or qui tue, l’or qui guérit.

Hildegarde de Bingen (1098-1179), abbesse, musicienne, poétesse, médecin, etc., utilisait au côté d’un grand nombre de plantes médicinales certains minéraux dont l’or qu’elle associait parfois au cristal de roche et à la topaze impériale. Elle dit de lui « qu’il est chaud [et que] sa nature est semblable à celle du Soleil ».

Elle s’en servait afin de lutter contre des problèmes de goutte et de rhumatisme, des problèmes gastriques et de baisse de l’audition liés à des infections de la sphère ORL (les actuelles solutions colloïdales d’oligo-éléments Cu-Au-Ag ne font pas autre chose…).

D’autres usages visaient le développement des qualités morales et intellectuelles, Hildegarde ne s’étant jamais pencher sur le corps en oubliant l’esprit qui l’habite.

© Books of Dante

La malachite

Quand j’ai commencé à récolter certaines sources sur le cuivre l’an dernier, je ne me doutais pas qu’un jour j’en viendrais, de fil en aiguille, à la malachite. Pour autant, le lien m’apparaît aujourd’hui évident. Au-delà du simple fait que la malachite est un minerai de cuivre, entre le cuivre et la malachite en devenir, je me suis penché sur un petit recueil de contes écrits par Pavel Bajov intitulé La Fleur de Malachite, dans lequel est évoqué un personnage dont je parle déjà dans ma synthèse à propos du cuivre : la Maîtresse de la Montagne de Cuivre qui vit dans un monde où tout est fait de malachite y compris sa robe ! On y évoque également le travail des maîtres tailleurs de malachite en Russie, du côté de l’Oural où cette pierre est très fréquente, ainsi que le cuivre. C’est très simple, là où il y a du cuivre, il y a de la malachite ! Au rouge clair métallique du cuivre s’allie l’émeraude profond de la malachite aux chamarrures parfois noirâtres.

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Donc… La malachite. Comment ne pas tomber fasciné dans ses yeux verts charbonneux ?

La pietra del pavone (pour qui a déjà observé des plumes de paon… ^^) est un monde féerique à elle toute seule. Tantôt on y voit un arbre nébuleux, tantôt un oiseau qui s’envole… Elle sait être très bucolique, poétique assurément. Dans les contes de Bajov, lorsque Danilouchko et Katia, les principaux protagonistes, vont chercher de la malachite sur la colline des serpents, ils y trouvent les plus merveilleuses malachites qui leurs permettent de façonner des objets encore jamais vus auparavant.

ImageC’est une pierre très ambivalente. Elle possède une capacité de protection et d’absorption sans nulle autre pareille. Elle dénoue, elle annihile, elle nettoie, elle transforme, elle libère.

Pierre Manoury la considère comme un éliminateur de toxines alors que Reynald Boschiero considère qu’elle « libère les émotions retenues et peut provoquer des crises de larmes salutaires en libérant de blocages affectifs », ce en quoi Pavel Bajov est d’accord lorsqu’il écrit dans Le Maître Tailleur de Pierre la chose suivante : «  Katia est montée sur la colline (des serpents où habite la Dame de la Montagne de Cuivre), à l’endroit même où elle avait trouvé la première pierre [de la malachite]. L’entrée de la galerie paraissait un peu plus grande, et sur le côté, on voyait une pierre semblable à la précédente. Katia la fit bouger, et elle céda. A nouveau, comme une branche, elle craqua. Katia prit la pierre et se répandit en larmes et en lamentations ».

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Ce que je n’omettrais pas de mentionner c’est que, à ce moment, Danilouchko, le fiancé de Katia, est prisonnier volontaire de la Dame de la Montagne de Cuivre. Comme le note Jennie Harding, la malachite « augmente le pouvoir personnel, la confiance en soi, vous permettant de suivre les vrais sentiments de votre cœur ». C’est cette volonté qui permet à Katia de retrouver Danilouchko. Ici, donc, inutile de dire que la malachite est une pierre du cœur, ce qui en fait une aide précieuse pour lutter contre l’égoïsme, en particulier spirituel.

Le vert étant l’antidote du rouge, il est normal que la malachite amoindrisse les inflammations (arthrite, douleurs rhumatismales, etc.).

Tout comme la labradorite, la malachite, en véritable éponge qu’elle est, absorbe et se sature donc très rapidement. Il est donc nécessaire de la purifier autant que faire se peut dans l’eau distillée et de la charger ensuite à la lumière solaire.

Quelques exemples pratiques :

-Chakra racine : la malachite véhicule l’énergie tellurique vers les chakras supérieurs.

-Chakra sacré : elle joue le rôle de régénératrice hépato-pancréatique.

-Chakra du plexus solaire : elle améliore la respiration en dénouant les tensions au niveau du diaphragme.

-Chakra de la gorge : elle permet davantage de communication, en particulier au niveau de la sphère affective.

-Chakra du 3° œil : elle accroît la visualisation.

© Books of Dante – 2012

Le saphir

Du latin sappirus, du grec sappheiros, de l’hébreu sappir, de l’araméen sampir, tout cela emprunté sans doute à une langue indienne bien plus ancienne, autant dire que le saphir vient de loin. Ces étymologies, si elles font bien sûr référence à son nom, véhiculent un autre message : « la plus belle des choses. » Rien que ça!

Bien que relativement méconnue en lithothérapie comme l’indique M. Boschiero dans son Guide des pierres de soins, il n’en reste pas moins que le saphir a joui d’une grande réputation auprès des joailliers et des rédacteurs de lapidaires, en particulier à l’époque médiévale.

L’évêque de Rennes, Marbode, écrira dans son Lapidarius (XI ème siècle) : « Le saphir a une beauté pareille au céleste trône ; il désigne le cœur des simples, de ceux dont la vie brille par les mœurs et la vertu. » Hum. Je comprends mieux pourquoi maintenant l’émeraude était associée au Pape, surtout quand on pense à un type comme Borgia… Bref. La suite. Marbode, donc, indiquait l’emploi du saphir contre mensonges, envies et terreurs nocturnes, le saphir passant pour un puissant dissipateur de ténèbres. De par sa couleur usuelle – le bleu azur – il est symbole de la sphère céleste et donc du royaume de Dieu. C’est ainsi qu’il s’oppose à l’émeraude.

A ce bleu azur, on associe les aspects suivants : l’authenticité, le calme, la créativité, la compréhension, l’intuition, l’intelligence, l’introspection, la loyauté, la paix, la patience, les pensées élevées, la royauté, la tolérance, la vérité, etc.

Et nous verrons que ces aspects liés au bleu reviendront après Marbode, à travers les écrits laissés par un certain nombre de personnalités dont l’une, et pas des moindres, Hildegarde de Bingen dira du saphir qu’il est bouillonnant, que sa nature est davantage de feu que d’air ou d’eau et qu’il représente la charité emplie de sagesse.

Saint Louis, au XII ème siècle, indiquera que méditer sur le saphir amène l’âme vers la contemplation des cieux, sa valeur ouranienne et cosmique étant déjà bien marquée. Le Grand Albert mentionne également cette pierre précieuse : elle y est préconisée afin de retrouver la paix intérieure, la dévotion et la piété ; de même, elle permettrait de modérer l’ardeur des passions intérieures.

Dans ce Moyen-Âge, que certains considèrent comme obscur sinon obscurantiste, le saphir avait donc valeur de libérateur : il libérait la vue au sens propre (troubles oculaires) comme au sens figuré (en permettant de se libérer de prisons psychiques et émotionnelles telles que la colère et l’ignorance), tout en développant les facultés créatrices et imaginatives, l’intuition et les perceptions extra-sensorielles afin de guider l’esprit et l’aider à faire la distinction entre ce qui est favorable de ce qui ne l’est pas. Voilà pourquoi cette pierre de la vision juste a été considérée, aussi bien en Occident qu’en Orient, comme un puissant talisman contre le mauvais œil, bleu négatif véhiculant l’apitoiement sur soi, l’indifférence, la mélancolie et la tristesse, la peur et le mépris…

A la Renaissance, la mode des lapidaires est toujours fort en vogue et le saphir n’y fait pas exception. Jean de la Taille, dans son Blason des pierres précieuses, affirme que le saphir permet de garder une bonne mémoire et de viser le bon côté de chaque chose, alors qu’Anselmus Boëtius de Boodt, médecin et minéralogiste du XVII ème siècle, l’indique contre la dysenterie, les maux et affections cardiaques, les inflammations cutanées, les troubles oculaires, ainsi que – nous y revoilà! – le mauvais œil.

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Plus près de nous, M. Boschiero distingue nettement les différentes couleurs du saphir. Parce qu’il est hélas vrai que la couleur qui lui est le plus communément associée n’est autre que le bleu. Or, il peut se parer de bien d’autres couleurs comme le jaune plus ou moins nuancé de orange, le vert, le rose, le violet, le noir, etc.

Synthétisons :

* Quand il est bleu clair, le saphir s’associera aux chakras de la gorge et du 3° œil Il possède des propriétés analogues à l’aigue-marine et à la topaze bleue. Il vise la douceur et la tendresse, facilite les échanges et développe les perceptions extra-sensorielles.

* Quand il est bleu franc, il est destiné aux chakras supérieurs, 3° œil et couronne. Il permet de développer l’imagination, l’inspiration et la créativité, apporte calme et apaisement (lutte en cela contre insomnie et migraines, troubles intérieurs peu propices à la paix), vise une spiritualité élevée.

* Quand il est jaune, on l’associe aux deux chakras inférieurs que sont le plexus solaire et le sacré. Il joue alors le même rôle que la citrine.

On purifiera le saphir à l’eau distillée salée et on le chargera sur un macle de quartz ou à la lumière lunaire (là, je suis étonné qu’on ne puisse pas l’exposer au soleil… Possible déperdition de ses couleurs en ce cas?)

Sans doute confondu avec le lapis-lazuli et l’azurite durant l’Antiquité, le saphir n’en est pas moins apprécié depuis aussi longtemps. C’est une variété de corindon, tout comme le rubis en est une autre, la couleur bleue du saphir étant liée à des inclusions d’oxyde de fer et d’oxyde de titane, chaque inclusion donnant lieu à une couleur bien particulière.

Books of Dante – 2011

Le rubis

Si beaucoup d’encre a coulé à propos du rubis, cela aura été plus à tort qu’à raison. Au Moyen-Âge ainsi qu’à la Renaissance, on parle de carbunculus, de carboucle, de carboncle, de carbuncle, de charboncle, de charbuncle, d’escarboucle, etc. pour désigner le rubis mais également toute pierre brillant d’un rouge et vif éclat. Voilà pourquoi on a associé à ces termes, sans réel discernement, le grès rouge, le grenat, etc. lesquels, nous en conviendrons, n’ont que peu de rapport avec le corindon qui nous préoccupe. Ce qui n’a pas facilité l’identification aisé du rubis, c’est que ces anciens termes désignent aussi ce que l’on appelait « charbon », infection bactérienne plus connu sous le nom d’anthrax. Cependant, aura été associé à cet ensemble de termes le synonyme de lumière, plus précisément de « lanterne », le rubis n’étant pas autre chose qu’une braise rougeoyante, un brandon ^^

Bref. On ne les confondra pas avec les almandins et les pyropes qui ont chacun à voir avec les grenats et non avec le rubis (du latin médiéval rubinus, du latin classique rubeus, rouge). A travers ce flou minéralogique plus ou moins volontairement entretenu, il aura été facile de faire passer des grenats pour des rubis, tout comme l’on vend des vessies pour des lanternes.

Sans doute sont-ce les légendes associées au rubis qui auront fait de lui l’escarboucle dont on parle. Par exemple, l’évêque Marbode (XI ème siècle) estime que les dragons et les vouivres portaient un rubis en guise d’unique œil. Mais que, dans ce cas précis, on parlait alors d’escarboucle, une sorte de grenat, chère à nombre de contes et légendes médiévaux.

Enfin, bon, bref, escarboucle et rubis n’ont pas grand-chose à voir, hormis une commune couleur. En puisant dans le domaine du fantastico-magique, on aura attribué au rubis de folles propriétés. Frédéric Portal nous dit que « s’il changeait de couleur, c’était un sinistre présage, mais il reprenait sa teinte pourprée lorsque le malheur était passé ; il bannissait la tristesse et réprimait la luxure, il résistait victorieusement au venin, prévenait la peste et détournait les mauvaises pensées. » Wow !

Le fait qu’il puisse changer de couleur, même si cela semble impossible, est intéressant. La couleur rouge du rubis, fort justement associée à Mars, est la couleur de la Vie et du Sang, la couleur de l’énergie vitale donc, ainsi que de la transformation ; elle symbolise royauté, puissance et passion amoureuse. Mais dès que cette couleur vire au rouge sombre, apparaissent avarice, impulsivité, colère, despotisme, égoïsme, instinct passionnel et pulsions sexuelles dégradantes. Portal n’a pas tout à fait tort ^^

Quant à ses propriétés antivenimeuses, quelle plante, quelle pierre n’a pas été, au Moyen-Âge comme à la Renaissance, affublée d’un tel pouvoir ! Nous tombons sous le coup des bézoards (à la Harry Potter, presque ^^), ces objets tant végétaux que minéraux réputés pour être d’efficaces contre-poisons et antidotes qui, bien qu’ayant été largement employés au Moyen-Âge naquirent en des temps plus anciens, en ces temps durant lesquels l’emploi du poison était affaire quotidienne, pour un oui, pour un non, dans la Grèce et la Rome antiques.

Malgré tout, des indications plus pertinentes ont fait leur petit bonhomme de chemin jusqu’à nous. Par exemple, les propriétés liées au sang. On croit le rubis hémostatique ; chez les Russes, pierre de sang par excellence, le rubis est considéré comme bon pour le cœur et, par extension, bon pour la vigueur. Le rubis est une pierre dont la couleur varie du rouge pâle au rouge dit « sang de pigeon ». ce sont des oxydes de fer en plus ou moins grande quantité qui sont responsables de cette coloration.

De par sa couleur et ses propriétés, c’est une pierre étroitement liée au chakra racine. Les personnes chez lesquelles ce chakra est trop actif (personnes autoritaires, colériques, hypertendues, violentes), cette pierre exerce un attrait évident. Mais elle ne fait qu’accroître les tendances sus-décrites. Tout au contraire, étant symbole de pouvoir, de courage et de force, elle sera alors très bénéfique aux personnes effacées et timides, voire craintives. Elle enracine ceux qui ont la tête dans les nuages et autres rêveurs pour qui la réalité matérielle n’est qu’un lointain souvenir. D’autres propriétés lui sont associées : stimulateur et régulateur du système sanguin, anti-asthénique. De plus, elle éloigne mélancolie et tristesse et enraie les tendances suicidaires.

L’extraction des rubis remonte à des temps déjà anciens, les plus anciens documents relatant cela remontent au VI ème siècle de notre ère, il est raisonnable de penser que cette activité est plus ancienne encore. Au Moyen-Âge, le rubis est très largement utilisé aux côtés du saphir comme pierre précieuse d’ornement sous forme de cabochon (forme simple qui trouve son origine dans les limites de façonnage propres à cette époque, ainsi qu’à la volonté de perdre le moins possible de matière comme la taille peut l’occasionner).

Sur l’image ci-dessous représentant la couronne du roi de Bohème Venceslas (XIV ème siècle), nous voyons des saphirs et des rubis dont l’un, le plus gros, ne pèse pas moins de 250 carats.

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Enfin, je ne saurais trop recommander la prudence dès lors qu’on à affaire au rubis, celui-ci, de par sa rareté, a été et est encore l’objet de trafics plus ou moins douteux. Le terme même de rubis étant l’occasion d’inventer de nouvelles appellations pour les associer à des pierres déjà existantes qui n’ont aucun rapport avec le rubis. Nous pouvons donc trouver le rubis de Bohème (quartz rose), le rubis mexicain (opale de feu), le rubis spinelle (spinelle rouge), etc.

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Rhomboédriques ou tabulaires, les cristaux bruts de rubis sont parfois façonnés sous forme de cabochons, en particulier lorsqu’il s’agit d’un rubis étoilé. C’est la réflexion de la lumière sur des aiguilles de rutile qui forme cette étoile mouvante.

© Books of Dante – 2011

L’émeraude

Dotée de puissance et de multiples pouvoirs, l’émeraude a été désignée comme le plus puissant talisman en particulier à travers les traditions populaires médiévales.

Comme de nombreuses autres substances, tant minérales que végétales, l’émeraude n’échappe pas à la scission très nette qui s’est installée entre aspects fastes et néfastes. Par exemple, dans la tradition chrétienne, elle est associée aux plus dangereuses créatures des Enfers (n’oublions pas la fameuse émeraude tombée du front de Lucifer lors de sa chute). Mais, comme la lame d’une épée, l’émeraude est à double tranchant : issue des Enfers, elle peut se retourner contre ces mêmes créatures infernales puisqu’elle connaît tous leurs secrets… Ceci dit, la pierre du Pape, c’est l’émeraude. Cherchez l’erreur…

Pierre de la lumière verte, elle porte en elle une forte valeur ésotérique dont l’illustration la plus frappante et la plus emblématique est sans nul doute aucun la fameuse Tabula Smaragdina qui recèle le Secret de la création des êtres et la Science des causes de toutes choses. C’est donc une pierre de savoir, de connaissance et de sagesse, mais elle n’échappe pas à l’ambivalence. A l’aspect béni s’oppose l’aspect maudit, les valeurs ouraniennes et chthoniennes se sont progressivement divisées sous l’influence du christianisme qui fit des premières le « Bien », des secondes le « Mal ».

Voilà donc pourquoi l’alchimie aura été qualifiée de science maudite, l’émeraude – pierre d’Hermès – étant à la fois Graal et dragon. A ce titre, le trésor de Munich contient une statue équestre de Saint Georges exécutée à la fin du XVI ème siècle par Friedrich Sustris. La voici :

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Nous voyons Saint Georges en bleu saphir (couleur céleste) juché sur un cheval blanc (couleur solaire) qui terrasse le dragon, le saphir sec et solaire s’opposant à l’aqueuse et lunaire émeraude.

Bref. Dragon ou pas, il n’en reste pas moins que l’émeraude possède un potentiel réel. Pierre de la clairvoyance (elle est douée de propriétés oculaires ^^), placée sur la langue, elle est censée permettre la conversation avec les esprits afin de connaître l’avenir. Elle apporte aussi richesse et fertilité spirituelles, avive la mémoire et affine la concentration : ce sont toutes ses propriétés neurotoniques et neurotropes qui sont ainsi mises à l’honneur.

Apaisante, elle apporte la paix intérieure et harmonise les différents plans (physique, intellectuel, émotionnel) entre-eux. C’est sans doute pour cette raison qu’elle a la réputation d’être efficace en guise d’amulette contre les terreurs, la panique, les démons et leurs maléfices. On dit d’elle qu’elle rend impossible toute fascination, au sens d’attrait irrésistible et paralysant, bien entendu (du latin fascinatio : enchantement, charme).

Pierre du cœur associée à Vénus chez les Romains, elle trouve donc tout naturellement sa place sur le chakra du cœur. Elle permet d’effacer les peines affectives comme l’affirmera déjà en son temps Hildegarde de Bingen (XII ème siècle) : « Celui qui souffre du cœur (…) conservera sur lui une émeraude. »

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Bien que puissante, elle est dite timide et solitaire, raison pour laquelle on ne l’associera jamais qu’avec des pierres roses (rhodonite, rhodocrosite, etc.), le rose étant l’autre couleur du cœur, ou bien des pierres incolores comme le diamant afin d’en intensifier les effets. Surtout pas d’autres pierres, cela lui ferait perdre immédiatement ses pouvoirs, à la façon de sa couleur qui pâlit à la lumière du soleil. Eh oui ! N’oublions pas que l’émeraude est une pierre lunaire. Ainsi donc, on la purifiera à l’eau distillée sans sel, et cela peu souvent, n’absorbant que peu les énergies négatives.

L’émeraude est un béryl comme en sont également l’aigue-marine, la morganite ou l’héliodore par exemple. Ce sont avant tout leurs couleurs qui les distinguent, l’émeraude arborant une couleur allant du vert jaune au vert bleuté en passant par la fameuse couleur vert franc et soutenue dit vert smaragdin.

Le vert est associé au don de soi, à la régénération (chez les Aztèques, l’émeraude symbolise le renouveau printanier), au calme, à l’équilibre, à l’espoir, à la franchise, à l’harmonie, à l’ouverture, à la sincérité, à la guérison… Différents aspects qui sont indubitablement propres à l’émeraude elle-même.

© Books of Dante – 2011

La turquoise

Peut-on dire de la turquoise qu’elle est bleu verdâtre ou bien vert bleuâtre ? Qu’importe ! De toute façon, il existe tant des turquoises bleues que des vertes. Par exemple, les turquoises d’Arizona sont bleu canard alors que les turquoises chinoises tendent davantage vers le vert comme nous le voyons sur les deux images ci-dessous. Dans les deux cas, elles présentent le plus souvent des inclusions brunâtres.

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Lorsqu’on observe une carte mondiale des principaux gisements de turquoise, on se rend compte qu’elle met en lumière plusieurs foyers qui correspondent, d’une part à l’utilisation artisanale de la turquoise par différents peuples, d’autre part aux mêmes différents peuples considérant cette pierre comme sacrée.

01/ Iran: on y trouve des gisements, la turquoise est une pierre sacrée pour les Perses. De plus, elle est utilisée dans la joaillerie.

02/ Égypte : on y trouve également des gisements (Sinaï), pierre sacrée comme en Perse, la turquoise était utilisée pour fabriquer des colliers, des bagues, ainsi que les fameux scarabées.

03/ Tibet : on y fait, de ce gemme sacré, un usage abondant. Par exemple, dans les monastères, on trouve des conques ciselées d’argent et de turquoises. Plusieurs instruments de musique dont le kangling et le gyaling sont habillés de turquoise et de corail.

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L’un des objets des plus étonnants est sans doute le perak, une coiffe féminine faite de plaques de turquoise. C’est un signe de prospérité et de richesse d’une famille. Protecteur du foyer, il repousse les esprits impurs. Chez les Tibétains, la turquoise a un rapport avec le feu et le Soleil. Elle porte une connotation de chaleur, de bien-être physique et psychique.

04/ Mexique : chez les Aztèques, on fabrique, à l’aide de turquoise, des objets sacrés en association avec d’autres matériaux. Comme au Tibet, la turquoise évoque le feu et le Soleil au zénith dans les cultures méso-américaines.

Le dieu du feu, Xiuhtecuhtli, est aussi appelé le Maître de la Turquoise alors que Hutzilopochtli, le dieu aztèque de la guerre est surnommé le Prince de Turquoise. C’est dire l’importance de la turquoise pour les Aztèques.

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05/ Tribus amérindiennes (Pueblo, Navajo, Apaches) : les gisements d’Arizona, du Colorado, du Nevada et du Nouveau Mexique fournissent de quoi fabriquer des objets en argent et en turquoise comme des bagues, des bracelets, des colliers, des ceintures, des diadèmes, etc.

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Chez beaucoup de peuples amérindiens, la turquoise représente une protection contre le mauvais œil et les mauvais sorts.

Un peu partout dans le monde, on reconnaît depuis des millénaires les pouvoirs de protection de la turquoise. Raison pour laquelle on en a fait un talisman contre le mal (empoisonnement, intoxications, mauvais œil, noyade, naufrage, accidents, etc.), raison pour laquelle on lui prête vertu de courage, de réussite et d’accomplissement.

Bon, alors… Protectrice, nous l’avons dit.

D’un point de vue physique : Contre la douleur (crampes, etc.), elle est anti-inflammatoire. Protectrice des muqueuses oculaires entre autres, elle permet de lutter contre la cataracte. Elle combat les problèmes respiratoires, régule le système nerveux, booste le système immunitaire.

D’un point de vue émotionnel : La turquoise favorise l’amitié via ses capacités à décupler la générosité, la sincérité et l’affection. De plus, fortifiante du cœur, elle apporte joie, prospérité et bonheur. Comme elle permet une libération de la respiration, elle permet de lutter contre les problèmes de communication en facilitant les relations sociales et en engageant au dialogue. Enfin, elle lutte contre la négativité et la basse estime de soi, ainsi donc, elle peut aider à combattre la déprime et la dépression.

Purification : Eau distillée sans sel.

Chargement : Amas de quartz, peu de soleil (ce qui est étonnant pour une pierre solaire comme la turquoise).

Précautions : Attention à l’alcool contenu dans les parfums qui peut altérer la couleur de la pierre.

© Gilles Gras, 2012.

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Le cuivre

Le cuivre est un élément métallique de couleur rouge clair tirant parfois jusqu’au rouge brun. A l’état pur, il est vivement coloré en surface mais a tendance, comme l’argent, à s’oxyder facilement : il tourne alors au vert-de-gris qui, lui, est une substance toxique !

Il s’agit d’un métal mou et malléable dont la dureté est inférieure à 3 (par exemple, il ne raye pas le verre mais il est rayé par ce dernier). Sa densité est bien moins importante que celle de l’or ou de l’argent, cependant, elle se situe tout de même autour de 9.

Les formes cristallines sont arborescentes et dendritiques, mais le plus souvent, il est mêlé à de l’azurite et/ou de la malachite qui sont deux minerais de cuivre.

Les gisements les plus importants se situent en Russie, en Australie, en Allemagne, aux USA (où l’on a trouvé près du Lac Supérieur un bloc de 420 tonnes !)

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L’extraction du cuivre est relativement ancienne, elle remonte au moins à 10 000 ans. Il est donc plus que probable que le cuivre ait été le premier métal récolté puis utilisé par l’être humain d’autant plus que ce métal et la plupart des minerais de cuivre sont relativement abondant dans la Nature et que leur travail est aisé. Ainsi donc, la refonte du cuivre remonte-t-elle à 5 000 ans, des traces du travail du cuivre ont été repérées en Chine et dans les Andes, par exemple. C’est en l’alliant à un autre métal – l’étain – qu’on aura obtenu le bronze et l’âge du même nom.

Le cuivre est un métal opaque et, tout comme l’or, il présente la particularité, lorsqu’il est laminé en très fines feuilles, de laisser passer une lumière qui devient verte. A ce titre, et bien qu’il soit rouge, le cuivre a toujours été associé au vert en Russie (Oural), aspect très clairement présenté à travers la légende de la Maîtresse de la Montagne de Cuivre laquelle porte les yeux verts et une robe de malachite et dont on dit que sa rencontre est néfaste puisqu’elle peut faire mourir de nostalgie qui la croise.

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C’est aussi ce que l’on appelle un oligo-élément présent dans le corps humain à hauteur de 0,0004 %. Les besoins quotidiens sont estimés à 2 mg chez l’adulte, 5 mg chez le nourrisson du fait que le lait maternel en soit relativement dépourvu. Parce que le corps a besoin de cet élément qu’il ne peut fabriquer, les apports extérieurs sont nécessaires (noix, oignon, navet, etc.).

Le cuivre est anti-infectieux (bactéricide, antifongique), immunostimulant, anti-inflammatoire, antioxydant, anticoagulant sanguin ; de plus, il favorise la productions des tendons et des ligaments. Il a aussi un rôle majeur en rapport avec le sang : outre qu’il le purifie et qu’il le débarrasse de ses toxines, le cuivre participe à la fixation du fer et entre ainsi dans la fabrication des globules rouges et de l’hémoglobine. Une carence en cuivre s’accompagne toujours d’une anémie ferrique mais également d’autres troubles tels que des infections bactériennes, des inflammations, etc. Raison pour laquelle le cuivre est préconisé dans des cas d’états infectieux viraux (grippe), d’affections fébriles aiguës, de rhumatismes articulaires, de polyarthrite rhumatoïde, d’immunodépression, etc.

En revanche, l’excès de cuivre dans l’organisme peut également occasionner de sérieux dommages : vomissements, destruction de la muqueuse intestinale, diarrhées, atteintes rénales irréversibles, chute du taux de globules rouges, nécrose du foie, etc. Une fois de plus, c’est la dose qui fait le poison.

L’importance du cuivre dans la bonne santé d’un sujet n’avait pas échappé à Hildegarde de Bingen dès le XII ème siècle ! Elle propose diverses recettes pour lesquelles les ingrédients qui les composent doivent être cuits dans un récipient en cuivre. Elle indiquait déjà le cuivre pour lutter contre l’arthrose mais également la goutte et les intoxications alimentaires. Pour cela, elle faisait cuir du vin et y plaçait une barre de cuivre ou laissait macérer de la limaille de cuivre dans du vin ou du vinaigre. On est assez proche de l’oligothérapie dans la démarche de Hildegarde puisqu’elle a reconnu l’importance des besoins physiologiques de l’organisme en cuivre à doses infinitésimales.

Le cuivre est connu pour être un excellent conducteur. En cela, il est particulièrement adapté au chakra coronal car le cuivre joue le rôle d’antenne. Reynald Boschiero l’appelle donc fort à propos la « racine du ciel ». Car l’enracinement ne se fait pas seulement par la Terre via le chakra racine mais également par le Ciel par l’intermédiaire du chakra de la couronne.

Sa purification n’est que très rarement nécessaire du fait de l’excellente conductibilité des énergies qui le caractérise. En revanche, son rechargement devra être fréquent, et, on s’en doute, plus particulièrement au soleil mais aussi sur une druse de cristaux de roche.

En association avec une azurite, une tanzanite ou une améthyste, le cuivre favorise méditation, voyage astral, télépathie et divination.

© Gilles Gras, 2012.