Le muguet (Convallaria maialis)

Synonymes : muguet de mai, muguet des bois, lis de mai, lis des vallées, clochette des bois, grillet.

Une Antiquité muette, un Moyen-Âge balbutiant n’ont guère laissé de traces au sujet du muguet en ce qui concerne la pratique phytothérapeutique de cette plante, n’apparaissant que très tardivement au XIV ème siècle, et encore pas sous son nom actuel puisqu’on l’appelait lilium convallium, le lis des vallées. Pourtant, le mot muguet existait déjà à cette époque, depuis au moins deux siècles, mais s’appliquait aux noix muguettes, autrement dit les noix de muscade, muguet n’étant que la déformation du mot musqué, parfum particulier que l’on attribuait tant à la noix de muscade qu’à l’odeur du rhizome du muguet, semblerait-il, très proches olfactivement. L’on aurait pu l’appeler épice des bois, mais l’on a préféré le placer sous le lignage du lis, fleur royale. A ce titre, il est pâtant que le muguet disposa d’une influence aristocratique : dès le XVI ème siècle, son parfum capiteux fut très prisé des hommes de la haute société ; ces galants et élégants parfumés se livraient à une pratique qui perdura jusqu’au XIX ème siècle par l’intermédiaire d’un verbe : mugueter. L’on disait du mugueteur qu’il muguete, c’est-à-dire, dans un langage plus actuel, qu’il flirte, qu’il drague. Le mugueteur de dames était donc un courtisan. Pour stationner encore un peu dans la cour royale, mentionnons le fait que le roi de France Charles IX instaura la tradition d’offrir du muguet comme porte-bonheur en 1561. Symbolisant aussi le renouveau et l’amour, tout cela cadre fort mal avec le personnage de Charles IX, un roi violent, extravagant et débauché. A mon avis, il doit y avoir erreur sur la personne, mais il n’en reste pas moins que, même avant le XVI ème siècle, le muguet était une plante de fiançailles, les brins à treize clochettes étant particulièrement convoités, ce que, en souvenir, nous retrouvons dans les noces de muguet fêtant treize années de mariage. Plus qu’à la cour de ce monarque cruel, c’est bien plutôt auprès de la médecine populaire qu’on verra prendre place le muguet qui n’entrera dans la médecine officielle qu’au XVI ème siècle durant lequel des médecins allemands furent informés par des empiriques russes des propriétés médicinales du muguet que Matthiole relatera en ces termes en 1554 : le muguet « fortifie le cœur, le cerveau et toutes les parties nobles du corps. Pour laquelle cause il est bon aux paralytiques, à ceux qui ont le haut mal, aux spasmes, aux vertiges, aux défaillances et battements du cœur ». C’est ce qui explique qu’on a longtemps pensé que le muguet confortait le cœur, dans le sens de « fortifier ». La prescription du muguet contre la faiblesse cardiaque ne date donc pas d’hier. En 1765, le médecin allemand Johann Friedrich Cartheuser rapportait dans sa Matière médicale que le muguet valait aussi contre les palpitations, les malaises, la mélancolie et qu’il permettait de rendre la mémoire en raison de la sensation de dégagement du cerveau que procure l’inhalation de fleurs, en particulier de poudre de fleurs sèches dont on se sert comme du tabac à priser. En effet, sous cette forme, le muguet est un puissant sternutatoire agissant sur les maux de tête invétérés, les céphalées, les fluxions des yeux et des oreilles, etc. En France, c’est surtout cette propriété qui prévalut jusqu’au XIX ème siècle, la France restant rétive (comme souvent du reste) à ce qui se faisait outre-Rhin. On lui concéda aussi un rôle de purgatif et d’émétique, ainsi que d’antispasmodique, raison pour laquelle on en conseilla l’usage chez les épileptiques.

Cette plante, symbole du printemps et de son premier mai, est une petite vivace rustique vivant en colonies, signe évident de la présence de rhizomes souterrains fortement ramifiés, portant des feuilles lancéolées, légèrement plissées le long de la nervure centrale. Elles sont prioritairement groupées par deux (plus rarement par trois ou quatre), en fourreau engainant autour de la tige. Dès le mois d’avril, on voit apparaître une hampe florale décorée de grelots parfumés. Blanches, alternes, toutes dirigées du même côté, ces fleurs mesurent entre 5 et 10 mn, et portent chacune six petites dents retroussées vers l’extérieur de la corolle. Puis, la saison estivale avançant, de petites baies rouge écarlate viennent remplacer les fleurs. Notons qu’en certaines années, il peut y avoir absence complète de floraison, phénomène dû à des conditions défavorables de luminosité et d’humidité.
C’est une plante assez commune en plaine comme en montagne (2000 m), également présente en Amérique du Nord et en Asie occidentale. En France, elle est inexistante dans le Midi ainsi qu’en Corse, lieux ni assez ombragés ni assez humides pour le muguet qui requiert des sous-bois de feuillus frais, des clairières, des prairies, pour s’y établir convenablement.

Le muguet en phytothérapie

D’aucuns disent que l’usage de cette plante est comparable à celui de la digitale. C’est assez inexact : la digitale est beaucoup plus délicate à manier et se réserve aux experts. Au contraire, il est plus aisé d’employer le muguet en phytothérapie même s’il est vrai qu’il n’est pas de ces plantes que l’on utilise couramment dans ce domaine. Rappelons, avant de poursuivre, que le muguet fut tout d’abord placé sous la houlette des empiriques qui, par leurs expériences et observations, lui permirent d’entrer au sein de la médecine officielle.
Dans toutes les parties de cette plante (rhizome, feuilles, fleurs), l’on trouve de l’asparagine, des acides (malique, citrique, chélidonique), ainsi que deux substances découvertes par Walz en 1858, la convallarine et la convallamarine, dernière substance très amère. La première des deux, par son action irritante sur l’épithélium rénal, est un diurétique puissant. Quant à la seconde, fragile et peu stable, elle possède néanmoins une propriété cardiotonique, réduisant le rythme des contractions cardiaques, mais en augmentant leur énergie, tout en déterminant une légère baisse de la pression artérielle. En plus de cela, le rhizome contient divers sucres et résines, mais contrairement aux feuilles et aux fleurs, pas d’essence aromatique, fleurs dans lesquelles se cache une autre molécule mise en évidence en 1929, la convallatoxine, beaucoup plus active que la convallamarine sur le muscle cardiaque et, partant, possédant une toxicité qu’il ne faut pas négliger puisque la dose létale est atteinte avec seulement 0,077 mg par kg. La convallatoxine, peu soluble dans l’eau mais très soluble dans l’alcool, nous montre l’importance des modes de préparation, toutes les substances n’étant pas identiquement entraînées par les différents substrats dans lesquels on plonge les fractions végétales.

Propriétés thérapeutiques

  • Cardiotonique puissant qui n’élève pas la pression artérielle
  • Antispasmodique
  • Sédatif
  • Diurétique
  • Purgatif, émétique (à hautes doses)
  • Sternutatoire

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère cardiovasculaire : insuffisance cardiaque et valvulaire, asystolie, hyposystolie, arythmie, palpitations, angor, faiblesse cardiaque à la suite de maladies infectieuses (grippe, tuberculose), affections cardiaques en lien avec artériosclérose, néphrite, insuffisance thyroïdienne
  • Troubles de la sphère vésico-rénale : douleurs rénales et vésicales, oligurie, néphrite chronique, cystite, douleurs rhumatismales, goutte
  • Troubles de la sphère pulmonaire + ORL : dyspnée, sinusite
  • Maux de tête, céphalée
  • Vertige
  • Insomnie
  • Maladie de Basedow

Note : l’homéopathie emploie une teinture qui se destine à diverses affections cardiovasculaires (endocardite aiguë et chronique, arythmie, insuffisance cardiaque, ralentissement du pouls), à l’hydropisie et aux intoxications à l’iode et à la nicotine.

Modes d’emploi

  • Infusion de feuilles ou de fleurs fraîches.
  • Suc frais de feuilles.
  • Macération vineuse ou alcoolique de fleurs fraîches (dans la première catégorie, on peut ranger l’aqua aurea (eau d’or), macération dans du vin vieux de fleurs de muguet, de romarin et de lavande).
  • Teinture-mère.
  • Poudre de fleurs sèches (constituant un puissant remède dont le but est de faire éternuer).

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • Récolte : les feuilles et les fleurs d’avril à mai.
  • Séchage : le muguet sera un remède efficace à la condition d’être bien séché et bien conservé. Les fleurs, si elles perdent leur parfum par la dessiccation, n’en restent pas moins sans saveur, laquelle est âcre, amère, nauséeuse, se communiquant à l’infusion aqueuse.
  • Toxicité : sans doute moins agressif que la digitale pourpre, le muguet est une plante dont il faut tout de même se méfier. Toxique dans toutes ses parties, ses effets sur l’organisme restent statistiquement bénins, observant le plus souvent diarrhée et vomissement dès lors que les doses émétiques et purgatives sont atteintes ; c’est en particulier le cas chez les enfants, sans doute captivés par les baies rouge vif du muguet. Les substances toxiques du muguet absorbées au niveau de l’intestin sont peu importantes, de l’ordre de 10 %, mais des doses particulièrement fortes ingérées par erreur ou confusion provoquent une importante diurèse, des engourdissements, des spasmes, un pouls irrégulier ayant tendance à s’accélérer, une faiblesse cardiaque, suivie d’une paralysie du muscle cardiaque, enfin le décès. Même à distance, le muguet peut causer des désordres, certes moins graves. C’est pourquoi on évitera de placer un bouquet de muguet dans une pièce, surtout si elle est fermée et qu’il s’agit d’une chambre à coucher : en effet, le parfum pénétrant des fleurs de muguet peut déclencher des céphalées, des spasmes, des convulsions, du délire, etc.
  • Aussi étrange que cela puisse paraître, l’odorante (parfois trop pour certaines personnes) fleur du muguet est qualifiée de muette par l’industrie de la parfumerie. Elle partage avec d’autres espèces (lilas, héliotrope, chèvrefeuille, buddleia, pois de senteur, tubéreuse, etc.) une caractéristique qui a fait s’arracher les cheveux aux professionnels du parfum, distillateurs en tête. Autrefois, comme on le fait encore du jasmin, on procédait à l’enfleurage du muguet, technique qui consiste à déposer une à une les fleurs sur une couche de graisse placée sur un cadre. Par contact, les molécules aromatiques sont fixées par la graisse. Ensuite, par lavage, on sépare la graisse de la fraction aromatique dénommée absolu. C’est un procédé long et coûteux qui fut abandonné au profit de la distillation par entraînement à la vapeur d’eau en alambic et de l’extraction par solvant. Mais là encore, l’opération s’avère peu fiable, la qualité de l’huile essentielle obtenue étant aléatoire, sans compter que les rendements sont plus qu’infimes. Cela n’a néanmoins pas empêché certains parfumeurs d’incorporer cette huile essentielle dans certaines de leurs compositions, qui furent rapidement délaissées vu la cherté de la matière première et, donc, sa répercussion sur le prix final du parfum. A cela s’ajoute le fait que la masse végétale de muguet disponible chaque année est limitée. L’on pourrait l’augmenter en procédant à une culture en grand, mais cette tentative s’est avérée décevante, le parfum de la fleur cultivée ayant peu à voir avec celui de la plante sauvage. Ainsi, aujourd’hui la plupart des parfumeurs faisant intervenir le muguet utilisent des produits de synthèse.
  • Confusions : il en est une physique ; le muguet ressemble assez à l’ail des ours, surtout quand ces deux plantes ne sont pas en fleurs. Le risque de se tromper est accru par un même biotope, occupé par l’une et l’autre de ces deux espèces. Mais si l’on a quelque peine à distinguer des dissemblances morphologiques à l’œil nu, sachons avoir du flair : une fois froissées entre les doigts, les feuilles de l’ail des ours dégagent un parfum aillé, alors qu’il est vireux et peu agréable chez les feuilles du muguet. L’autre risque de confusion est patronymique : les noms vernaculaires sont parfois trompeurs. Retenons que l’aspérule odorante se surnomme muguet des bois, le sceau de Salomon grand muguet et le maianthème petit muguet. C’est dans un cas comme celui-ci que la taxinomie binominale en latin est fort utile.

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Les pierres de foudre

Bien avant qu’Antoine de Jussieu (1686-1758) et Nicolas Mahudel (1673-1747) ne vinssent y mettre bon ordre, une riche et très ancienne tradition s’est, en de nombreux endroits sur Terre, attachée à faire valoir les prestigieux pouvoirs des pierres de foudre qui, bien que moins connues que les bézoards, semblent, du point de vue de leurs propriétés, largement les dépasser.

Mais quelles sont-elles ces pierres qu’on dit de foudre ? Au contraire des pierres dressées (cairns, bétyles, mégalithes, etc.), les pierres de foudre sont des pierres tombées, sinon des régions divines, en tous les cas des inaccessibles hauteurs célestes. Bien qu’on les ait ramassées à même le sol et qu’il n’est même pas possible d’affirmer que d’aucuns aient pu témoigner de leur chute, les origines des pierres de foudre forcent l’imaginaire humain depuis bien longtemps. Soi-disant apportées par la foudre, le tonnerre et/ou la pluie, on les dit aussi charriées par le vent et engendrées par le choc des nuages (1). Si on les a parfois considérées comme spontanément nées du sol, il est plus spectaculaire d’affirmer qu’elles sont le résultat d’un mouvement d’humeur d’un dieu qui, tel Taranis ou Zeus, tient la foudre en main et qu’elles naissent précisément là où la foudre frappe le sol terrestre. D’ailleurs, ces pierres de foudre tirent leur autre nom, céraunie, du keraunos de Zeus, c’est-à-dire cette fourche d’éclair jouant aussi, avec ses deux bords tranchants, le rôle de la hache (cf. illustration ci-dessous). La relation de ces pierres aux divinités n’est pas anodine, ce qui tombe (ou est censé tomber) des régions célestes participe à la sacralité ouranienne. Ces pierres, bien moins que d’autres, « ne sont pas des masses inertes ; pierres vivantes tombées du ciel, elles demeurent animées après leur chute » (2).

Que déduire d’une pierre associée au tonnerre, à l’éclair et à la foudre ? Elle embrasse des symboliques puissantes qui font d’elle le canal de l’étincelle, de l’intuition et de la communication spirituelle soudaines, de la puissance illimitée de l’esprit. En tant que théophanie, la pierre de foudre témoigne de l’œuvre divine qui façonne et fertilise, symbole de l’action transformatrice du Ciel sur la Terre. Cet aérolithe, « c’est comme une étincelle du feu céleste, une graine de divinité, descendue sur la terre » (3), une « fiente d’étoile » ainsi que l’on considérait le quartz au Pays basque.

Qu’on les appelle encore brontées, glossopètres, ombries, etc., les pierres de foudre étaient pieusement conservées, adorées et vénérées. Elles se distinguaient par leurs formes (rondes, allongées, animalières…), leurs couleurs (noir, rouge, jaune d’or, bleu veiné de rouge…), leur morphogenèse : gemmes, météorites, fossiles, pierres préhistoriques taillées aux fonctions diverses : pointes de flèche, haches, marteaux, coins… Parmi ces derniers objets, le silex se distingue en tant que pierre du tonnerre, « bout d’éclair », de laquelle jaillit l’étincelle (le silex est bel et bien une pierre à fusil) possédant une valeur talismanique hors du commun, ce qui nous amène à aborder les nombreuses fonctions attribuées aux pierres de foudre au fil de leur histoire, pouvant se grouper en trois grands domaines : pierres magiques, fétichistes, thérapeutiques.

Symbole de lumière redoutée des ténèbres, la pierre de foudre valait comme protection face aux démons, aux mauvais esprits, aux actes de sorcellerie malveillante et, plus généralement, contre toute influence néfaste : « Au diable qui avait déclaré qu’il détruirait le monde en se servant du tonnerre, la sainte Vierge répliqua en créant l’éclair, annonciateur du tonnerre. Cet avertissement devait donner le temps aux hommes de se signer et de s’éloigner ainsi du maléfice du démon » (4). Et le démon peut prendre bien des formes : cauchemars, venins et morsures de serpents, armes des ennemis, etc. En sus de ce rôle défensif, la pierre de foudre, propitiatoire, intervenait en bien d’autres circonstances :

  • Pour rendre les forces et la santé (5) : protectrice et curative face aux maladies, la pierre de foudre était placée en contact avec la partie malade, immergée dans l’eau de boisson domestique, râpée et absorbée sous forme de poudre, etc. Elle permettait ainsi d’étancher la soif, de faciliter l’accouchement et l’expulsion de l’arrière-faix, de désobstruer les voies urinaires et intestinales, de procéder à des opérations chirurgicales, de clarifier la voix et d’endiguer l’enrouement, de procurer le sommeil et des songes agréables, etc.
  • Pierre d’émanation divine, la pierre de foudre est donc une pierre parlante et oraculaire dont on se servait pour pratiquer la sélénomancie entre autres.
  • Pierre de vie, la pierre de foudre accompagnait aussi les défunts, parfois présente au cours des cérémonies d’embaumement. On disait aussi qu’elle avait le pouvoir de faciliter l’agonie de celui parvenu à l’orée de sa mort.
  • Conviée dans bien des aspects de la vie sociale et économique, la pierre de foudre trouvait son utilité pour favoriser les mariages, les récoltes, pour obtenir la victoire dans les combats et les procès, en un mot d’apporter le bonheur.
  • Bien entendu, elle doit son nom de par sa qualité protectrice par rapport à la foudre (qu’elle écarte et attire également en réalité) des biens, des animaux et des personnes. Toute personne craignant la foudre pouvait invoquer sainte Barbe. Ainsi, en Bretagne, l’on disait :

« Sainte Barbe, sainte Fleur,
A la croix de mon sauveur (ou : à la couronne de notre seigneur)
Quand le tonnerre grondera (ou : tombera)
Sainte Barbe nous gardera.
Par la vertu de cette pierre
Que je sois gardé du tonnerre. »

La pierre de foudre et les hommes, c’est déjà une vieille histoire, bien qu’on ne la mentionne pas avant le IV ème siècle avant J.-C., et que l’on évoque plus en détails les pierres de foudre que tardivement, dans l’œuvre de Pline. Au Moyen-Âge, malgré la christianisation des mœurs et les interdits païens, la croyance dans les pouvoirs de ces artefacts intègre les lapidaires, dont l’un des plus célèbres, celui de l’évêque Marbode (XI ème siècle), avant d’apparaître figurées dans l’œuvre du médecin allemand Jean de Cuba, l’Hortus sanitatis (ou Jardin de santé) daté de 1485 (cf. illustration ci-dessus). Un siècle plus tard, loin d’être rejetée par les savants, la pierre de foudre perd néanmoins sa prétendue origine divine sinon céleste, et la croyance en ses pouvoirs sera longtemps véhiculée, tant par les ignorants que par les sociétés savantes, et ce jusqu’en toute fin du XVIII ème siècle, avant qu’on reconnaisse enfin à ces pierres une origine terrestre (façonnées par l’homme pour certaines d’entre elles), et non pas céleste et divine. Mais il ne suffit pas à l’homme de sagesse de jeter des traits de lumière sur des zones d’ombre pour que celles-ci disparaissent : au XIX ème siècle, çà et là, on avait encore foi en la magie de ces pierres. Et que dire de leur attrait encore aujourd’hui ?


  1. « En se heurtant les nuages provoquent la vitrification de certains de leurs éléments qui tombent sur la terre en même temps que la foudre et qu’on appelle des ‘pierres de foudre’ ».
  2. Jean Chevalier & Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, p. 751.
  3. Ibidem, p. 10.
  4. Pierre Canavaggio, Dictionnaire des superstitions et des croyances populaires, p. 188.
  5. La silice, qui compose le silex, constitue un remède homéopathique tonifiant.

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Hildegarde de Bingen et la lithothérapie

Hildegarde (1098-1179), surtout connue comme musicienne et poétesse, est également considérée comme la première phytothérapeute moderne. Nombre de ses travaux sur la question ont été aujourd’hui reconnus. Ce que l’on sait moins, c’est qu’elle avait parfois tendance à mêler aux plantes un certain nombre de pierres que la lithothérapie actuelle utilise toujours. Ce sont ces pierres ainsi que l’usage qu’en faisait Hildegarde de Bingen que je me propose de vous présenter aujourd’hui.

1. Agate : Hildegarde utilisait plus particulièrement la sardonyx qui, d’après elle, stimulerait l’ouïe : « Elle apporte toujours quelque chose aux cinq sens de l’homme. Pour chacun d’eux, elle est un remède ».

2. Aigue-marine : utilisée par Hildegarde pour ses effets protecteurs face aux empoissonnements du corps et de l’esprit, comme la colère, par exemple.

Pour les problèmes d’intoxications alimentaires et d’empoisonnement : faites tremper la pierre dans un peu d’eau de source et boire aussi sec. Répétez l’opération pendant au moins cinq jours.

3. Améthyste : pour lutter contre les cauchemars, elle favorise ainsi le sommeil. Hildegarde l’utilise en usage cutané afin d’adoucir la peau et gommer les taches.

Pour les problèmes de taches cutanées : mouillez une améthyste de salive et frottez-en la peau.

4. Calcédoine : anti-colère selon Hildegarde : « Si une personne porte sur elle une calcédoine, il faut qu’elle le fasse de sorte que la pierre soit en contact avec la peau, si possible sur une veine ».

Pour les problèmes d’élocution : tenez une calcédoine dans la main, réchauffez-la de votre haleine, léchez-la avant de parler.

5. Cristal de roche : Hildegarde dit de lui qu’il permet d’évacuer l’humidité néfaste qui noie les yeux, nuisant au sens de la vue. Elle soigne donc les affections oculaires, la baisse de la vision, mais pas seulement : elle viendrait à bout de certains soucis causés par la thyroïde, ainsi que des problèmes cardiaques. Hildegarde préconise de laisser le cristal de roche chauffer au soleil avant de l’appliquer sur la zone du corps concernée.

Pour les problèmes de thyroïdes : faites chauffer un cristal de roche dans un verre durant une matinée entière, au soleil. Vers midi, couvrez de vin blanc et laissez le tout macérer au soleil jusqu’en fin d’après-midi. En fin de journée, buvez le vin et placez la pierre sur le cou.

Pour des problèmes d’insuffisance cardiaques, maux d’estomac et/ou d’intestins : même recette que précédemment mais en remplaçant le vin par de l’eau.

6. Cuivre : Hildegarde faisait macérer de la limaille de cuivre dans du vin ou du vinaigre pour régler des problèmes de gouttes et d’arthrose, ainsi que pour des cas d’intoxications alimentaires.

7. Diamant : « Le diamant est d’une dureté qu’aucune dureté ne peut vaincre. Sa vertu et sa force sont telles qu’il étouffe le mal et la méchanceté ».

Pour les problèmes d’ictère : faites chauffer un diamant dans un verre durant une matinée entière, au soleil. Vers midi, couvrez de vin et laissez le tout macérer au soleil jusqu’en fin d’après-midi. En fin de journée, buvez le vin et gardez la pierre sur soi.

8. Émeraude : « Celui qui souffre du cœur, de l’estomac où du côté droit (le foie) conservera sur lui une émeraude ».

9. Fer : il est symbole de force et de protection pour Sainte Hildegarde : « Si quelqu’un a l’estomac froid au point d’en éprouver des douleurs, qu’il chauffe une plaque de fer et la pose sur son estomac ; qu’il l’enlève, la réchauffe et la remette ; qu’il renouvelle l’opération jusqu’à ce qu’il aille mieux ».

10. Hyacinthe : « Si quelqu’un a la vue qui s’obscurcit, les yeux qui se troublent ou s’ulcèrent, qu’il expose une hyacinthe au soleil puis l’humidifie de sa salive et la mette immédiatement sur ses yeux ».

Attention : l’hyacinthe est une pierre à utiliser avec prudence.

11. Jaspe : Très apprécie d’Hildegarde, elle l’utilise lors de problèmes de surdité, de rhume, affections cardiaques et rénales. Elle dit également de lui que le jaspe est capable d’éloigner les mauvais esprits lors d’un accouchement.

12. Onyx : Pour Hildegarde, il s’agit d’une pierre destinée à la vue qui se voile, aux problèmes de cœur, d’estomac, de poumons, à la fièvre et à la tristesse même. « L’onyx contient la chaleur de l’air : issu du soleil, il prend corps par les nuages. C’est pourquoi il est très puissant pour soigner toutes les maladies qui viennent de l’air ».

Pour les problèmes oculaires : Posez la pierre dans récipient de bronze ou de cuivre. Couvrez d’un quart de litre de vin rouge et couvrez. Laissez macérer pendant deux semaines. Au bout du compte, retirez la pierre. Humectez les yeux chaque soir à l’aide de cette lotion.

Pour les problèmes de fièvre : Pendant cinq jours, faites macérer l’onyx dans un grand verre de vinaigre de cidre et d’eau. Retirez la pierre. Buvez une cuillerée de ce vinaigre dilué dans un peu d’eau aux repas.

13. Or : Hildegarde l’utilise dans plusieurs recettes contre la goutte, les rhumatismes et certains problèmes gastriques.

14. Rubellite : Ses qualités pour lutter contre infections urinaires et cystites furent vantées par Hildegarde.

Pour les problèmes de douleurs gastriques : Faites macérer dans un verre de vin une rubellite au soleil. Buvez de cet élixir durant le repas pendant au moins cinq jours.

Pour les problèmes de prostatisme : Faites chauffer une rubellite au soleil. Puis plongez-la dans un verre de lait de vache. Laissez macérer le tout pendant une heure. Retirez la pierre et buvez le lait. Répétez l’opération pendant cinq jours.

15. Saphir : garder un saphir dans sa bouche éloignerait rhumatisme, colère et ignorance. Hildegarde l’appliquait aussi sur les yeux malades. « Le saphir est bouillonnant. Sa nature est de feu plus que d’air et d’eau. Et il représente la charité remplie de sagesse ».

16. Topaze impériale : Hildegarde la tenait en haute estime, capable, selon elle, de soigner de nombreuses affections dont lèpre, empoisonnement, fièvre, problèmes hépatiques, etc. « Grâce à sa chaleur, elle s’oppose aux poisons […]. La topaze est la plus puissante de toutes les pierres ».

© Books of Dante – 2010

La charoïte

Quelle drôle d’espèce minérale que la charoïte tout de même ! Elle est non seulement assez rare (des gisements n’existent qu’en Sibérie) mais, de plus, c’est une pierre qui a été découverte que très récemment au regard d’autres minéraux connus depuis des lustres. C’est seulement dans les années 1940 qu’elle a été mise à jour et décrite minéralogiquement parlant qu’en 1978.

Véritable sinécure que d’écrire un tel billet sur cette pierre tant les informations qui la concernent sont maigres sinon faméliques. Autant dire que dans la « littérature » spécialisée il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent à son sujet. Enfin, tentons tout de même l’exégèse…

Description sommaire de la bête : de couleur violet-pourpre, elle présente des inclusions blanches et noirâtres. Sa dureté oscille entre 5 et 6, sa densité est de 2,68. Bien. On n’est pas plus avancé avec ça.

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Que lis-je du côté de Jennie Harding ? « Amplification de l’énergie spirituelle », « accroît la conscience médiumnique ». Hum. Un peu léger tout ça. Et du côté de Boschiero ? « Intuition créative », « qualités extra-sensorielles ». Maigre et laconique, il n’est tout bonnement pas possible de se satisfaire de formules aussi lapidaires dont l’aspect « fourre-tout » n’échappe à personne.

Dictionnaire de la lithothérapie, p. 101 : « Bien que nous ne rencontrions cette pierre que depuis quelques années sur les marchés minéralogiques, nous avons trouvé des traces de traditions chamaniques qui nous font irrésistiblement penser aux cultes rendus à Dionysos par les Grecs et à Bacchus chez les Romains : exubérance, suppression des interdits, défoulement, fécondité, entendus sur un plan mystique ».

Quant à Jennie Harding (L’univers des cristaux, p. 174-175), il est indiqué que la charoïte « purifie et libère les anciens schémas, apportant une énergie nouvelle », qu’elle « dégage les anciens souvenirs, les traumatismes du passé et les éléments qui ne servent plus ». Plutôt que de dégagement et de libération, j’aurais tendance à penser en terme de transmutation. Pour aller vite, elle prend, elle transforme, elle donne. Et, afin d’illustrer mon propos, voici pour finir le récit d’une petite expérience menée par moi-même il y a quelques jours : j’ai placé une de ces pierres au creux de ma main gauche. Après plusieurs minutes, une abondante sueur y est apparue. Pas très agréable comme phénomène. Bref. J’en serai resté là si je ne m’étais aperçu à temps que ma main gauche posée sur mon bras droit n’y avait laissé une rougeur particulièrement cuisante. Mu par mon instinct (ça peut servir des fois ^^), j’ai doucement frotté la partie de peau rubéfiée à l’aide de cette même pierre. En quelques minutes, rougeur et sensation cuisante ont disparu… Je vous laisse en tirer les conclusions.

Voilà donc comment ne rien dire ou presque en 500 mots… ^^

© Books of Dante – 2013

Le lapis-lazuli

ImageSymbole cosmique de la nuit étoilée, le lapis-lazuli présente des tonalités qui vont du bleu indigo au bleu violacé soutenu. La nuit. Parfois passent des nuages de calcite, des incrustations de pyrite (du grec pyros, feu) figurent les étoiles. Pierre du firmament selon les Mésopotamiens.

Il porte donc les couleurs de l’amour désintéressé et de la compassion mais également celles de l’esprit transcendé. On le dit propice à la quête de la vérité et de la connaissance, ce à quoi la lame n°9 de l’Oracle de la Triade – La Sagesse – fait largement référence et sur laquelle on retrouve les trois couleurs du lapis-lazuli ainsi que des yeux scrutateurs tout là-haut…

ImageIl n’est donc pas étonnant que le lapis-lazuli soit associé au chakra du 3° œil. Déjà, en Chine, on lui reconnaissait une action sur le sens de la vue, sans doute la raison qui en fit un talisman contre le mauvais œil. S’il est vrai qu’il a une action sur les yeux, il est également capable de décupler l’intelligence, la finesse d’esprit et l’intuition. En un mot, il aide à se frayer un chemin au travers de la nuit noire de la mélancolie et des maléfices.

Il s’agit d’une pierre dotée d’une couleur tellement spirituelle que les anciens Égyptiens en firent la pierre des dieux, eux qui la taillèrent afin d’en façonner des bijoux, des mosaïques et d’autres scarabées.

Plus prosaïquement, elle intervient dans certaines maladies cutanées (dermites, eczéma), ainsi que sur les éruptions cutanées et les piqûres d’insecte : elle soulage donc toutes ces inflammations. Elle présente une efficacité sur les allergies, l’asthme, la toux mais également sur les fièvres, les maux de tête et les états dépressifs (nous l’avons dit, le lapis-lazuli est un chasseur de mélancolie qui devrait faire fureur couplé au millepertuis). C’est pour cette raison qu’il est recommandé aux personnes nerveuses, son action sédative ayant un effet bénéfique qui, de plus, prédispose à un sommeil réparateur.

On nettoiera le lapis-lazuli à l’eau distillée non salée et on l’exposera ensuite à la Lune quand bien même, comme l’indique Reynald Boschiero, il ne « déteste pas le soleil ».

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L’or

Après m’être penché sur le cas du cuivre et de l’argent, voilà que j’en viens à évoquer enfin l’or, ce métal précieux et parfait. Partout dans le monde et à différentes époques, il a été le métal roi. Petit tour d’horizon…

Chez les Chinois, le caractère « kin » signifie à la fois métal et or, ce qui montre assez bien l’hégémonie de ce seul métal sur l’ensemble de tous les autres qui semblent alors éclipsés par cette lumière minérale telle qu’on le qualifie en Inde. Parce qu’en effet, l’or, c’est le Soleil et l’illumination de par sa couleur chaude et lumineuse, c’est aussi un symbole d’immortalité et de longévité du fait de son incorruptibilité et de son inaltérabilité, à l’image des toits des églises orthodoxes qui brillent de mille feux depuis des siècles.

Il est donc l’expression des énergies solaires, il ne perd jamais son éclat, alors que l’argent, tel la Lune qui décroit, se couvre d’un voile noirâtre. L’or, non. Lui est pur et inoxydable. Ce qui explique pourquoi les anciens Égyptiens l’assimilèrent à la chair des dieux alors que les Aztèques virent en lui la peau neuve de la Terre, symbole du renouveau de la Nature au Printemps (Cf. Xipe Totec, divinité de la pluie printanière et également dieu des orfèvres).

ImageSingulier métal que l’or, paradoxal à bien des égards. On le dit précieux parce qu’il est rare, rare parce qu’il est précieux. Or, il est pourtant extrêmement répandu à la surface de la Terre, mais la plus grande partie échappe aux regards puisqu’elle n’est pas constituée que de pépites ou, plus modestement, de paillettes, mais se trouve à l’état de traces dans de très nombreuses roches ainsi que dans l’eau des océans. Sans doute parce que cette masse d’or à l’état infinitésimal est un symbole des mystères soustraits à la connaissance du vulgaire.

On le dit inaltérable, et c’est vrai. Seul un puissant mélange d’acide parvient à l’attaquer ne serait-ce qu’un peu. Qu’on en fabrique des clés qui ouvrent des portes ou des ponts qui mènent vers d’autres cieux, il est aussi le fardeau qui fait courber l’échine. L’on dit souvent qu’on a des semelles de plomb lorsqu’on a du mal à avancer. Or, si ces mêmes semelles d’or étaient faites, l’avancée serait bien plus difficile du fait de la densité de l’or bien supérieure à celle du plomb (densité exprimée par le nombre de grammes au centimètre cube : 19,3 pour l’or, seulement 11,35 pour le plomb).

Malléable et ductile aussi, à tel point qu’en Afrique occidentale, on dit qu’avec « un gramme d’or on peut faire un fil mince comme un cheveu pour entourer tout un village. » On en confectionne de si fines feuilles que leur épaisseur ne dépasse pas le 1/10 000 de millimètre, et que la lumière d’une bougie vue en transparence à travers une telle feuille prend une très curieuse couleur vert bleuâtre…

Très souvent natif, il peut lui arriver, bien que rarement, de passer l’alliance avec d’autres métaux. Avec l’argent, on le dit électrum, avec le platine, or platiné, etc. Ces mêmes actions d’alliage ont été répétées de façon artificielle par l’homme, inconscient de la capacité qu’a l’or de ne pas se mêler naturellement aussi facilement à d’autres métaux. Cet homme là le mélange sans vergogne à des métaux plus durs que lui !

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Alors que nombre d’alchimistes se sont échinés non pas à les unir mais des uns à tirer l’Autre, à travers la transmutation des métaux dits impurs en or, action délicate qui doit être vue comme une transition d’un état vers un autre qui lui est supérieur et non comme la bête et concrète transformation physique du plomb en or véritable comme le pense parfois – souvent – le vulgaire sinon le crédule, et encore moins comme un moyen d’accéder à l’élixir de jouvence si cher à certains médiévistes naïfs, la pierre philosophale, le Graal étant bien davantage que cette vision résolument tronquée de la transsubstantiation. Comme le dira Silesius, il s’agit de la transformation de l’Homme par Dieu en Dieu. Pas étonnant donc que l’or-lumière soit connaissance.

Mais de cet or là, « il est aussi difficile de s’en servir bien que de se le procurer ». Comme l’on dit en Afrique occidentale, « l’or est le socle du savoir, le trône de la sagesse : mais si vous confondez le socle et le savoir, il tombe sur vous et vous écrase ».

L’or est donc un trésor ambivalent. Bien que solaire et illuminateur, il est aussi symbole de pervertissement, une dégradation de l’immortel en mortel. Le revers de la médaille, en somme. Charlot, dans son Gold Rush (1925) l’a véritablement et cyniquement montré. Ô Dollar, dieu des or-fièvre, tu n’as aucune pitié pour ces pauvres orpailleurs qui ont payé de leur vie l’or dans leur cœur logé…

Après l’or qui tue, l’or qui guérit.

Hildegarde de Bingen (1098-1179), abbesse, musicienne, poétesse, médecin, etc., utilisait au côté d’un grand nombre de plantes médicinales certains minéraux dont l’or qu’elle associait parfois au cristal de roche et à la topaze impériale. Elle dit de lui « qu’il est chaud [et que] sa nature est semblable à celle du Soleil ».

Elle s’en servait afin de lutter contre des problèmes de goutte et de rhumatisme, des problèmes gastriques et de baisse de l’audition liés à des infections de la sphère ORL (les actuelles solutions colloïdales d’oligo-éléments Cu-Au-Ag ne font pas autre chose…).

D’autres usages visaient le développement des qualités morales et intellectuelles, Hildegarde ne s’étant jamais pencher sur le corps en oubliant l’esprit qui l’habite.

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La malachite

Quand j’ai commencé à récolter certaines sources sur le cuivre l’an dernier, je ne me doutais pas qu’un jour j’en viendrais, de fil en aiguille, à la malachite. Pour autant, le lien m’apparaît aujourd’hui évident. Au-delà du simple fait que la malachite est un minerai de cuivre, entre le cuivre et la malachite en devenir, je me suis penché sur un petit recueil de contes écrits par Pavel Bajov intitulé La Fleur de Malachite, dans lequel est évoqué un personnage dont je parle déjà dans ma synthèse à propos du cuivre : la Maîtresse de la Montagne de Cuivre qui vit dans un monde où tout est fait de malachite y compris sa robe ! On y évoque également le travail des maîtres tailleurs de malachite en Russie, du côté de l’Oural où cette pierre est très fréquente, ainsi que le cuivre. C’est très simple, là où il y a du cuivre, il y a de la malachite ! Au rouge clair métallique du cuivre s’allie l’émeraude profond de la malachite aux chamarrures parfois noirâtres.

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Donc… La malachite. Comment ne pas tomber fasciné dans ses yeux verts charbonneux ?

La pietra del pavone (pour qui a déjà observé des plumes de paon… ^^) est un monde féerique à elle toute seule. Tantôt on y voit un arbre nébuleux, tantôt un oiseau qui s’envole… Elle sait être très bucolique, poétique assurément. Dans les contes de Bajov, lorsque Danilouchko et Katia, les principaux protagonistes, vont chercher de la malachite sur la colline des serpents, ils y trouvent les plus merveilleuses malachites qui leurs permettent de façonner des objets encore jamais vus auparavant.

ImageC’est une pierre très ambivalente. Elle possède une capacité de protection et d’absorption sans nulle autre pareille. Elle dénoue, elle annihile, elle nettoie, elle transforme, elle libère.

Pierre Manoury la considère comme un éliminateur de toxines alors que Reynald Boschiero considère qu’elle « libère les émotions retenues et peut provoquer des crises de larmes salutaires en libérant de blocages affectifs », ce en quoi Pavel Bajov est d’accord lorsqu’il écrit dans Le Maître Tailleur de Pierre la chose suivante : «  Katia est montée sur la colline (des serpents où habite la Dame de la Montagne de Cuivre), à l’endroit même où elle avait trouvé la première pierre [de la malachite]. L’entrée de la galerie paraissait un peu plus grande, et sur le côté, on voyait une pierre semblable à la précédente. Katia la fit bouger, et elle céda. A nouveau, comme une branche, elle craqua. Katia prit la pierre et se répandit en larmes et en lamentations ».

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Ce que je n’omettrais pas de mentionner c’est que, à ce moment, Danilouchko, le fiancé de Katia, est prisonnier volontaire de la Dame de la Montagne de Cuivre. Comme le note Jennie Harding, la malachite « augmente le pouvoir personnel, la confiance en soi, vous permettant de suivre les vrais sentiments de votre cœur ». C’est cette volonté qui permet à Katia de retrouver Danilouchko. Ici, donc, inutile de dire que la malachite est une pierre du cœur, ce qui en fait une aide précieuse pour lutter contre l’égoïsme, en particulier spirituel.

Le vert étant l’antidote du rouge, il est normal que la malachite amoindrisse les inflammations (arthrite, douleurs rhumatismales, etc.).

Tout comme la labradorite, la malachite, en véritable éponge qu’elle est, absorbe et se sature donc très rapidement. Il est donc nécessaire de la purifier autant que faire se peut dans l’eau distillée et de la charger ensuite à la lumière solaire.

Quelques exemples pratiques :

-Chakra racine : la malachite véhicule l’énergie tellurique vers les chakras supérieurs.

-Chakra sacré : elle joue le rôle de régénératrice hépato-pancréatique.

-Chakra du plexus solaire : elle améliore la respiration en dénouant les tensions au niveau du diaphragme.

-Chakra de la gorge : elle permet davantage de communication, en particulier au niveau de la sphère affective.

-Chakra du 3° œil : elle accroît la visualisation.

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Le saphir

Du latin sappirus, du grec sappheiros, de l’hébreu sappir, de l’araméen sampir, tout cela emprunté sans doute à une langue indienne bien plus ancienne, autant dire que le saphir vient de loin. Ces étymologies, si elles font bien sûr référence à son nom, véhiculent un autre message : « la plus belle des choses. » Rien que ça!

Bien que relativement méconnue en lithothérapie comme l’indique M. Boschiero dans son Guide des pierres de soins, il n’en reste pas moins que le saphir a joui d’une grande réputation auprès des joailliers et des rédacteurs de lapidaires, en particulier à l’époque médiévale.

L’évêque de Rennes, Marbode, écrira dans son Lapidarius (XI ème siècle) : « Le saphir a une beauté pareille au céleste trône ; il désigne le cœur des simples, de ceux dont la vie brille par les mœurs et la vertu. » Hum. Je comprends mieux pourquoi maintenant l’émeraude était associée au Pape, surtout quand on pense à un type comme Borgia… Bref. La suite. Marbode, donc, indiquait l’emploi du saphir contre mensonges, envies et terreurs nocturnes, le saphir passant pour un puissant dissipateur de ténèbres. De par sa couleur usuelle – le bleu azur – il est symbole de la sphère céleste et donc du royaume de Dieu. C’est ainsi qu’il s’oppose à l’émeraude.

A ce bleu azur, on associe les aspects suivants : l’authenticité, le calme, la créativité, la compréhension, l’intuition, l’intelligence, l’introspection, la loyauté, la paix, la patience, les pensées élevées, la royauté, la tolérance, la vérité, etc.

Et nous verrons que ces aspects liés au bleu reviendront après Marbode, à travers les écrits laissés par un certain nombre de personnalités dont l’une, et pas des moindres, Hildegarde de Bingen dira du saphir qu’il est bouillonnant, que sa nature est davantage de feu que d’air ou d’eau et qu’il représente la charité emplie de sagesse.

Saint Louis, au XII ème siècle, indiquera que méditer sur le saphir amène l’âme vers la contemplation des cieux, sa valeur ouranienne et cosmique étant déjà bien marquée. Le Grand Albert mentionne également cette pierre précieuse : elle y est préconisée afin de retrouver la paix intérieure, la dévotion et la piété ; de même, elle permettrait de modérer l’ardeur des passions intérieures.

Dans ce Moyen-Âge, que certains considèrent comme obscur sinon obscurantiste, le saphir avait donc valeur de libérateur : il libérait la vue au sens propre (troubles oculaires) comme au sens figuré (en permettant de se libérer de prisons psychiques et émotionnelles telles que la colère et l’ignorance), tout en développant les facultés créatrices et imaginatives, l’intuition et les perceptions extra-sensorielles afin de guider l’esprit et l’aider à faire la distinction entre ce qui est favorable de ce qui ne l’est pas. Voilà pourquoi cette pierre de la vision juste a été considérée, aussi bien en Occident qu’en Orient, comme un puissant talisman contre le mauvais œil, bleu négatif véhiculant l’apitoiement sur soi, l’indifférence, la mélancolie et la tristesse, la peur et le mépris…

A la Renaissance, la mode des lapidaires est toujours fort en vogue et le saphir n’y fait pas exception. Jean de la Taille, dans son Blason des pierres précieuses, affirme que le saphir permet de garder une bonne mémoire et de viser le bon côté de chaque chose, alors qu’Anselmus Boëtius de Boodt, médecin et minéralogiste du XVII ème siècle, l’indique contre la dysenterie, les maux et affections cardiaques, les inflammations cutanées, les troubles oculaires, ainsi que – nous y revoilà! – le mauvais œil.

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Plus près de nous, M. Boschiero distingue nettement les différentes couleurs du saphir. Parce qu’il est hélas vrai que la couleur qui lui est le plus communément associée n’est autre que le bleu. Or, il peut se parer de bien d’autres couleurs comme le jaune plus ou moins nuancé de orange, le vert, le rose, le violet, le noir, etc.

Synthétisons :

* Quand il est bleu clair, le saphir s’associera aux chakras de la gorge et du 3° œil Il possède des propriétés analogues à l’aigue-marine et à la topaze bleue. Il vise la douceur et la tendresse, facilite les échanges et développe les perceptions extra-sensorielles.

* Quand il est bleu franc, il est destiné aux chakras supérieurs, 3° œil et couronne. Il permet de développer l’imagination, l’inspiration et la créativité, apporte calme et apaisement (lutte en cela contre insomnie et migraines, troubles intérieurs peu propices à la paix), vise une spiritualité élevée.

* Quand il est jaune, on l’associe aux deux chakras inférieurs que sont le plexus solaire et le sacré. Il joue alors le même rôle que la citrine.

On purifiera le saphir à l’eau distillée salée et on le chargera sur un macle de quartz ou à la lumière lunaire (là, je suis étonné qu’on ne puisse pas l’exposer au soleil… Possible déperdition de ses couleurs en ce cas?)

Sans doute confondu avec le lapis-lazuli et l’azurite durant l’Antiquité, le saphir n’en est pas moins apprécié depuis aussi longtemps. C’est une variété de corindon, tout comme le rubis en est une autre, la couleur bleue du saphir étant liée à des inclusions d’oxyde de fer et d’oxyde de titane, chaque inclusion donnant lieu à une couleur bien particulière.

Books of Dante – 2011

Le rubis

Si beaucoup d’encre a coulé à propos du rubis, cela aura été plus à tort qu’à raison. Au Moyen-Âge ainsi qu’à la Renaissance, on parle de carbunculus, de carboucle, de carboncle, de carbuncle, de charboncle, de charbuncle, d’escarboucle, etc. pour désigner le rubis mais également toute pierre brillant d’un rouge et vif éclat. Voilà pourquoi on a associé à ces termes, sans réel discernement, le grès rouge, le grenat, etc. lesquels, nous en conviendrons, n’ont que peu de rapport avec le corindon qui nous préoccupe. Ce qui n’a pas facilité l’identification aisé du rubis, c’est que ces anciens termes désignent aussi ce que l’on appelait « charbon », infection bactérienne plus connu sous le nom d’anthrax. Cependant, aura été associé à cet ensemble de termes le synonyme de lumière, plus précisément de « lanterne », le rubis n’étant pas autre chose qu’une braise rougeoyante, un brandon ^^

Bref. On ne les confondra pas avec les almandins et les pyropes qui ont chacun à voir avec les grenats et non avec le rubis (du latin médiéval rubinus, du latin classique rubeus, rouge). A travers ce flou minéralogique plus ou moins volontairement entretenu, il aura été facile de faire passer des grenats pour des rubis, tout comme l’on vend des vessies pour des lanternes.

Sans doute sont-ce les légendes associées au rubis qui auront fait de lui l’escarboucle dont on parle. Par exemple, l’évêque Marbode (XI ème siècle) estime que les dragons et les vouivres portaient un rubis en guise d’unique œil. Mais que, dans ce cas précis, on parlait alors d’escarboucle, une sorte de grenat, chère à nombre de contes et légendes médiévaux.

Enfin, bon, bref, escarboucle et rubis n’ont pas grand-chose à voir, hormis une commune couleur. En puisant dans le domaine du fantastico-magique, on aura attribué au rubis de folles propriétés. Frédéric Portal nous dit que « s’il changeait de couleur, c’était un sinistre présage, mais il reprenait sa teinte pourprée lorsque le malheur était passé ; il bannissait la tristesse et réprimait la luxure, il résistait victorieusement au venin, prévenait la peste et détournait les mauvaises pensées. » Wow !

Le fait qu’il puisse changer de couleur, même si cela semble impossible, est intéressant. La couleur rouge du rubis, fort justement associée à Mars, est la couleur de la Vie et du Sang, la couleur de l’énergie vitale donc, ainsi que de la transformation ; elle symbolise royauté, puissance et passion amoureuse. Mais dès que cette couleur vire au rouge sombre, apparaissent avarice, impulsivité, colère, despotisme, égoïsme, instinct passionnel et pulsions sexuelles dégradantes. Portal n’a pas tout à fait tort ^^

Quant à ses propriétés antivenimeuses, quelle plante, quelle pierre n’a pas été, au Moyen-Âge comme à la Renaissance, affublée d’un tel pouvoir ! Nous tombons sous le coup des bézoards (à la Harry Potter, presque ^^), ces objets tant végétaux que minéraux réputés pour être d’efficaces contre-poisons et antidotes qui, bien qu’ayant été largement employés au Moyen-Âge naquirent en des temps plus anciens, en ces temps durant lesquels l’emploi du poison était affaire quotidienne, pour un oui, pour un non, dans la Grèce et la Rome antiques.

Malgré tout, des indications plus pertinentes ont fait leur petit bonhomme de chemin jusqu’à nous. Par exemple, les propriétés liées au sang. On croit le rubis hémostatique ; chez les Russes, pierre de sang par excellence, le rubis est considéré comme bon pour le cœur et, par extension, bon pour la vigueur. Le rubis est une pierre dont la couleur varie du rouge pâle au rouge dit « sang de pigeon ». ce sont des oxydes de fer en plus ou moins grande quantité qui sont responsables de cette coloration.

De par sa couleur et ses propriétés, c’est une pierre étroitement liée au chakra racine. Les personnes chez lesquelles ce chakra est trop actif (personnes autoritaires, colériques, hypertendues, violentes), cette pierre exerce un attrait évident. Mais elle ne fait qu’accroître les tendances sus-décrites. Tout au contraire, étant symbole de pouvoir, de courage et de force, elle sera alors très bénéfique aux personnes effacées et timides, voire craintives. Elle enracine ceux qui ont la tête dans les nuages et autres rêveurs pour qui la réalité matérielle n’est qu’un lointain souvenir. D’autres propriétés lui sont associées : stimulateur et régulateur du système sanguin, anti-asthénique. De plus, elle éloigne mélancolie et tristesse et enraie les tendances suicidaires.

L’extraction des rubis remonte à des temps déjà anciens, les plus anciens documents relatant cela remontent au VI ème siècle de notre ère, il est raisonnable de penser que cette activité est plus ancienne encore. Au Moyen-Âge, le rubis est très largement utilisé aux côtés du saphir comme pierre précieuse d’ornement sous forme de cabochon (forme simple qui trouve son origine dans les limites de façonnage propres à cette époque, ainsi qu’à la volonté de perdre le moins possible de matière comme la taille peut l’occasionner).

Sur l’image ci-dessous représentant la couronne du roi de Bohème Venceslas (XIV ème siècle), nous voyons des saphirs et des rubis dont l’un, le plus gros, ne pèse pas moins de 250 carats.

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Enfin, je ne saurais trop recommander la prudence dès lors qu’on à affaire au rubis, celui-ci, de par sa rareté, a été et est encore l’objet de trafics plus ou moins douteux. Le terme même de rubis étant l’occasion d’inventer de nouvelles appellations pour les associer à des pierres déjà existantes qui n’ont aucun rapport avec le rubis. Nous pouvons donc trouver le rubis de Bohème (quartz rose), le rubis mexicain (opale de feu), le rubis spinelle (spinelle rouge), etc.

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Rhomboédriques ou tabulaires, les cristaux bruts de rubis sont parfois façonnés sous forme de cabochons, en particulier lorsqu’il s’agit d’un rubis étoilé. C’est la réflexion de la lumière sur des aiguilles de rutile qui forme cette étoile mouvante.

© Books of Dante – 2011

L’émeraude

Dotée de puissance et de multiples pouvoirs, l’émeraude a été désignée comme le plus puissant talisman en particulier à travers les traditions populaires médiévales.

Comme de nombreuses autres substances, tant minérales que végétales, l’émeraude n’échappe pas à la scission très nette qui s’est installée entre aspects fastes et néfastes. Par exemple, dans la tradition chrétienne, elle est associée aux plus dangereuses créatures des Enfers (n’oublions pas la fameuse émeraude tombée du front de Lucifer lors de sa chute). Mais, comme la lame d’une épée, l’émeraude est à double tranchant : issue des Enfers, elle peut se retourner contre ces mêmes créatures infernales puisqu’elle connaît tous leurs secrets… Ceci dit, la pierre du Pape, c’est l’émeraude. Cherchez l’erreur…

Pierre de la lumière verte, elle porte en elle une forte valeur ésotérique dont l’illustration la plus frappante et la plus emblématique est sans nul doute aucun la fameuse Tabula Smaragdina qui recèle le Secret de la création des êtres et la Science des causes de toutes choses. C’est donc une pierre de savoir, de connaissance et de sagesse, mais elle n’échappe pas à l’ambivalence. A l’aspect béni s’oppose l’aspect maudit, les valeurs ouraniennes et chthoniennes se sont progressivement divisées sous l’influence du christianisme qui fit des premières le « Bien », des secondes le « Mal ».

Voilà donc pourquoi l’alchimie aura été qualifiée de science maudite, l’émeraude – pierre d’Hermès – étant à la fois Graal et dragon. A ce titre, le trésor de Munich contient une statue équestre de Saint Georges exécutée à la fin du XVI ème siècle par Friedrich Sustris. La voici :

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Nous voyons Saint Georges en bleu saphir (couleur céleste) juché sur un cheval blanc (couleur solaire) qui terrasse le dragon, le saphir sec et solaire s’opposant à l’aqueuse et lunaire émeraude.

Bref. Dragon ou pas, il n’en reste pas moins que l’émeraude possède un potentiel réel. Pierre de la clairvoyance (elle est douée de propriétés oculaires ^^), placée sur la langue, elle est censée permettre la conversation avec les esprits afin de connaître l’avenir. Elle apporte aussi richesse et fertilité spirituelles, avive la mémoire et affine la concentration : ce sont toutes ses propriétés neurotoniques et neurotropes qui sont ainsi mises à l’honneur.

Apaisante, elle apporte la paix intérieure et harmonise les différents plans (physique, intellectuel, émotionnel) entre-eux. C’est sans doute pour cette raison qu’elle a la réputation d’être efficace en guise d’amulette contre les terreurs, la panique, les démons et leurs maléfices. On dit d’elle qu’elle rend impossible toute fascination, au sens d’attrait irrésistible et paralysant, bien entendu (du latin fascinatio : enchantement, charme).

Pierre du cœur associée à Vénus chez les Romains, elle trouve donc tout naturellement sa place sur le chakra du cœur. Elle permet d’effacer les peines affectives comme l’affirmera déjà en son temps Hildegarde de Bingen (XII ème siècle) : « Celui qui souffre du cœur (…) conservera sur lui une émeraude. »

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Bien que puissante, elle est dite timide et solitaire, raison pour laquelle on ne l’associera jamais qu’avec des pierres roses (rhodonite, rhodocrosite, etc.), le rose étant l’autre couleur du cœur, ou bien des pierres incolores comme le diamant afin d’en intensifier les effets. Surtout pas d’autres pierres, cela lui ferait perdre immédiatement ses pouvoirs, à la façon de sa couleur qui pâlit à la lumière du soleil. Eh oui ! N’oublions pas que l’émeraude est une pierre lunaire. Ainsi donc, on la purifiera à l’eau distillée sans sel, et cela peu souvent, n’absorbant que peu les énergies négatives.

L’émeraude est un béryl comme en sont également l’aigue-marine, la morganite ou l’héliodore par exemple. Ce sont avant tout leurs couleurs qui les distinguent, l’émeraude arborant une couleur allant du vert jaune au vert bleuté en passant par la fameuse couleur vert franc et soutenue dit vert smaragdin.

Le vert est associé au don de soi, à la régénération (chez les Aztèques, l’émeraude symbolise le renouveau printanier), au calme, à l’équilibre, à l’espoir, à la franchise, à l’harmonie, à l’ouverture, à la sincérité, à la guérison… Différents aspects qui sont indubitablement propres à l’émeraude elle-même.

© Books of Dante – 2011