Huile essentielle de géranium odorant

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Le géranium dont nous allons aujourd’hui parler est une plante vivace originaire d’Afrique du sud et qui, à l’état sauvage, peut atteindre une taille comprise entre 1 m et 1,20 m, ce qui en fait un gros buisson. Ses feuilles sont généralement découpées, dentelées et duveteuses. Quant à la floraison, qui intervient diversement selon le climat et l’aire géographique, elle a lieu soit au printemps soit à l’automne. Ce sont alors des fleurs à cinq pétales roses, rouges ou blancs (dont deux striés de pourpre) qui apparaissent. C’est lui, ou bien l’une de ses nombreuses variétés, que l’on peut rencontrer chez les pépiniéristes. Ces variétés cultivées, généralement annuelles, sont beaucoup plus petites. Ces espèces à parfum sont le fruit d’un travail horticole, d’hybridations multiples et répétées. C’est ainsi que, d’une variété à l’autre, en en froissant très légèrement les feuilles, on perçoit un parfum différent : citron, orange, pin, pomme, menthe, abricot, carotte, eucalyptus, cèdre, même noix de coco et chocolat !

Si le géranium odorant a, par la main de l’homme, diversifié ses parfums, il ne s’est pas cantonné qu’à la seule Afrique du Sud. En effet, on le rencontre sur l’île de la Réunion (où il est cultivé depuis 1865 dans le cadre de la culture des plantes à parfum… C’est lui qu’on désigne sous le nom de géranium Bourbon). Il est aussi présent à Madagascar, en Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Égypte), en Guinée… Acclimaté en Espagne et en Italie, en revanche, sa culture en France s’est soldée par un échec. L’expérience réunionnaise donna l’idée de cultiver le géranium pour l’industrie de la parfumerie dans le sud de la France (Grasse et ses environs) à la fin du XIX ème siècle, mais en raison de trop faibles rendements au regard des investissements, le projet fut abandonné. Enfin, en Chine (Yunnan), on trouve un géranium dont l’huile essentielle est plus riche en citronnellol, ce qui en fait un produit quelque peu différent.

L’huile essentielle de géranium en aromathérapie

« Géranium rosat » n’est qu’un terme générique regroupant les cinq variétés suivantes : Pelargonium graveolens, P. roseum, P. capitatum, P. odoratissimum et P. radula. Ce sont elles que l’on consacre à l’aromathérapie. Obtenue vraisemblablement pour la première fois au XIX ème siècle (Recluz, 1847), l’huile essentielle de géranium odorant présente un profil biochimique variable selon sa provenance. Ceci dit, établissons quelques moyennes :

  • Monoterpénols (dont géraniol, linalol et citronnellol) : 40 à 50 %
  • Esters : 15 à 25 %
  • Sesquiterpènes : 8 %
  • Cétones : 7 à 9 %
  • Aldéhydes monoterpéniques : 1 %

Du géranium odorant, ce sont les parties aériennes que l’on distille. La plante n’offre qu’un très faible rendement (0,15 à 0,35 %) d’une huile essentielle dont la couleur varie du vert jaunâtre à un jaune brunâtre plus soutenu. Son parfum rappelle la rose (d’où le qualificatif « rosat »), mais on y perçoit aussi des notes citronnées et d’autres rappellent le litchi, le tout sur un fond un peu âpre, sinon âcre.

Propriétés médicinales

  • Anti-infectieuse : antibactérienne, antivirale, antifongique majeure, antiparasitaire (vermifuge)
  • Hémostatique, astringente cutanée, cicatrisante cutanée, régénérante cutanée, antiseptique cutanée
  • Neurotonique, immunomodulante, stimulante des cortico-surrénales
  • Relaxante, apaisante, calmante
  • Tonique des systèmes veineux et lymphatique
  • Antispasmodique
  • Anti-inflammatoire, antalgique
  • Diurétique
  • Stimulante hépatopancréatique
  • Insectifuge (poux, puces, tiques, moustiques)

Usages thérapeutiques

  • Troubles gastro-intestinaux : spasmes gastriques et intestinaux, gastro-entérite, ulcère gastrique, douleurs gastriques, vers intestinaux chez l’enfant et l’adulte (ascarides, oxyures), infection intestinale (candidose)
  • Troubles locomoteurs : douleurs lombaires, tendineuses et musculaires, rhumatismes ostéo-musculaires
  • Troubles de la sphère circulatoire : hémorroïdes, hémorragie utérine, hémoptysie, règles trop abondantes, prévention des varices et phlébites, œdème, rétention d’eau, couperose
  • Troubles de la sphère urinaire : infection urinaire (candidose), lithiase urinaire
  • Troubles buccaux : angine, stomatite, glossite, aphte, candidose
  • Troubles cutanés : plaie, coupure, ulcération, ulcère variqueux, prurit, démangeaison, brûlure, dartre, eczéma sec, psoriasis, furoncle, engelure, épistaxis, mycose, vergeture, rides, transpiration excessive, peaux grasses, sèches et/ou déshydratées, pityriasis, piqûre d’insecte, acné, impétigo, croûte de lait…
  • Troubles du système nerveux : stress, anxiété, angoisse, agitation, peur, phobie, troubles du sommeil, insomnie, fatigue nerveuse, surmenage…
  • Fatigue, asthénie
  • Diabète
  • Désaccoutumance, désintoxication

Propriétés psycho-émotionnelles et énergétiques

Dans cette huile essentielle, on peut remarquer deux éléments principaux : le Feu (en majorité, cf. monoterpénols) et l’Eau (en minorité, cf. esters et sesquiterpènes). Ces deux éléments nous permettent de nous diriger vers deux méridiens : celui du Triple Foyer (Feu) et celui des Reins (Eau).

Commençons par le premier de ces méridiens afin de superposer médecine traditionnelle chinoise et aromathérapie à « l’européenne ». Tout d’abord, nous pouvons dire que ce méridien est un transporteur (de sang, d’énergie, de liquides organiques…), un régulateur et un éliminateur. Il s’oppose donc à la formation des « stases », c’est-à-dire à des états d’immobilité, ce en quoi on retrouve bien l’huile essentielle de géranium odorant dans ce portrait. En effet, nous l’avons dit veinotonique et lymphotonique ; par exemple, dans ce cas, une « stase » serait un œdème, de la rétention d’eau, etc. Lorsqu’un dysfonctionnement affecte le méridien du Triple Foyer, apparaissent, comme troubles, de l’apathie, une asthénie, de la fatigue, un manque d’entrain. Or l’huile essentielle de géranium odorant, neurotonique, stimulante des cortico-surrénales (elles sont en relation avec le méridien des Reins, comme par « hasard » !…), immunomodulante, permet, justement, de contrecarrer ces manifestations.
D’un point de vue psycho-émotionnel, si ce méridien présente une insuffisance énergétique, on observe un manque de gaieté ainsi que des capacités intellectuelle plus faibles qu’à l’habitude. En revanche, si l’on distingue un excès, il peut alors être associé à de l’irritabilité, de l’excitation, de l’agitation, etc., chose que l’huile essentielle de géranium odorant est capable d’engourdir (elle est, rappelons-le, apaisante et calmante).
Enfin, se préoccuper de l’état de ce méridien peut trouver son utilité dès lors qu’on rencontre des difficultés à faire la part des choses entre préoccupations matérielles (Yang) et spirituelles (Yin). C’est peut-être ce qui a fait dire à certains que l’huile essentielle de géranium odorant était une harmonisante du Yin et du Yang… (Précisons, au passage, que ce méridien est Yang et que le suivant est Yin…)

Passons donc en revu le deuxième méridien qui s’impose à nous lorsqu’on évoque l’huile essentielle de géranium odorant. Parmi les pathologies associées au dysfonctionnement du méridien des Reins, nous en rencontrons un grand nombre déjà évoqué dans la section « Usages thérapeutiques » : lithiase, rétention d’eau, lombalgie, douleurs articulaires et musculaires, fatigue générale, cortico-surrénales en berne. L’on voit donc, à travers cet exemple, que l’huile essentielle de géranium odorant est susceptible de corriger les troubles physiques provoqués par une perturbation de ce méridien. Bien sûr, les troubles émotionnels ne sont pas oubliés. Ainsi, les peurs, angoisses, phobies, etc. sont-elles justiciables de l’emploi de l’huile essentielle de géranium odorant.

En ce qui concerne les chakras auxquels cette huile essentielle peut s’appliquer, il s’en trouve un dont le mauvais fonctionnement peut entraîner des difficultés de perception visuelle : le chakra du troisième œil. Il fait directement référence à la couleur indigo, qui se trouve être la couleur de l’aura des deux huiles essentielles de géranium odorant que j’ai testées à l’occasion. La couleur opposée et complémentaire à l’indigo sur le disque chromatique est un mélange d’orange et de jaune. Au jaune, on lie le chakra du plexus solaire et au orange celui qu’on appelle sacré.

Pour en savoir davantage sur la question des huiles essentielles liées aux chakras et à leur couleur, veuillez vous référer à ce livre.

Modes d’emploi

  • Voie orale
  • Voie cutanée pure (geste d’urgence) ou diluée
  • Olfaction
  • Diffusion atmosphérique

Précautions d’emploi, contre-indications

  • Huile essentielle à l’excellente tolérance cutanée en temps normal. Mais il existe des exceptions à cette « règle ». Par exemple, c’est l’une des rares huiles essentielles que je ne supporte pas pure sur la peau (sensation de chaleur, érythème douloureux, rougeur, en sont alors les conséquences).
  • Huile essentielle à utiliser avec prudence durant les trois premiers mois de grossesse.
  • Le géranium odorant fait partie de ces plantes qu’on utilise exclusivement sous forme d’huile essentielle sous nos latitudes ; n’étant pas une plante indigène, cela en explique les raisons. Mais ce géranium ne se borne pas qu’à un seul usage aromathérapeutique. A l’instar du ravintsara malgache et de l’arbre à thé australien, le géranium est utilisé par les pharmacopées locales, par le biais de ce que nous nommons phytothérapie. Son absence sur le sol français limite nécessairement cet usage. Cependant, l’on peut tout de même indiquer quelques données à ce sujet, qui concernent essentiellement des applications externes à base de feuilles de géranium odorant : infusion de feuilles (contre angine, stomatite, glossite), décoction de feuilles (névralgie faciale, douleur gastrique, douleur lombaire, engorgement des seins, dartre, eczéma, œdème des membres inférieurs…), feuilles écrasées et pilées (sur coupure, plaie, ophtalmie, engelure) ou mêlées à de l’huile d’olive comme pommade (sur inflammations des seins, en cas de pédiculose…).

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Le géranium robert ou herbe-à-robert

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Il est curieux de constater que, parmi la multitude de noms vernaculaires dont on a affublé le géranium robert, il n’y en ait pas un faisant référence à la caractéristique odeur de cette plante qui rappelle un peu celle de la punaise, voire même celle du bouc ! L’anglais, lui, a retenu cela, puisqu’il surnomme parfois cette plante du sobriquet de « stinking bob » (robert puant). En France, on se sera surtout attaché au prénom Robert attribué à la plante, un nom qui semble procéder d’une confusion ou bien d’une cooptation. Explications. Le géranium robert ou herbe-à-robert, c’est Geranium robertianum en latin. Robertianum semble être une déformation du latin ruber qui veut dire rouge, cela en relation avec les tiges et folioles rouges de la plante. Puis, cette herba rubea (herbe rouge) serait devenue ruberta, ruberti, puis rubertiana, enfin herba ruperti, c’est-à-dire l’herbe de saint Rupert (en français : saint Robert), du nom du premier évêque de Salzbourg au VIII ème siècle, un saint dont l’hagiographie nous explique qu’il aurait découvert les propriétés hémostatiques et vulnéraires de ce géranium. Sans doute est-ce là encore un bon moyen qu’a eu l’église chrétienne de s’arroger la « paternité » du géranium robert, tout comme elle l’a fait pour nombre de végétaux.
Maintenant que nous savons d’où provient l’adjectif latin robertiana, penchons-nous sur le substantif geranium, un mot que tout le monde connaît. Il est issu du grec geranis qui désigne un oiseau : la grue. C’est pourquoi on a parfois appelé cette plante du nom de bec-de-grue, en référence à la forme pointue et allongée que prend son fruit. Dans le même ordre d’idée, on accorde également à cette plante le nom de bec-de-cigogne (cigogne en grec se dit pelargos, un mot qui a donné le nom pelargonium, c’est-à-dire celui que portent les géraniums domestiques qui fleurissent aux fenêtres et aux balcons). La configuration typique du fruit de ce géranium a offert bien d’autres noms vernaculaires parmi lesquels « épingle de la Vierge » et « fourchette du diable ». Voilà. Un point partout. Enfin, la forme des feuilles a inspiré quelques noms vernaculaires (cerfeuil sauvage, persil maringouins). Étonnamment, la mention d’une propriété médicinale figure dans un seul nom : l’herbe-à-l’esquinancie, (c’est-à-dire l’ancien nom désignant l’angine).

Le géranium robert, qui n’est pas la seule espèce de son genre sur le territoire européen, bien que très courant, n’a pas véritablement été remarqué des Anciens. Dioscoride et Pline évoquent d’autres espèces, et parmi les deux geranion que cite Dioscoride, il pourrait bien se trouver le géranium tubéreux (G. tuberosum).
Au Moyen-Âge, on le rencontre sous la plume d’Hildegarde de Bingen. Plus précisément, l’abbesse décrit deux géraniums différents : le géranium des prés (Storcksnabel) et le bec-de-grue (Crauchsnabel). Notons qu’en allemand, schnabel veut dire « bec ». Du premier, elle dit ceci : « Si quelqu’un a de la peine et est toujours triste, qu’il prenne du géranium des prés et un peu moins de menthe pouliot, de la rue, un peu moins que de menthe, et qu’il mange souvent de cette poudre avec son pain : son cœur sera réconforté et il trouvera la joie » (1). Quant au bec-de-grue, il « est tout à fait chaud et contient un peu d’humidité, et contient également à l’intérieur des forces de pigments » (2). Elle associe aussi à cette seconde plante des propriétés sur la sphère cardiaque, puisqu’une poudre de bec-de-grue, de pirètre et de noix de muscade était conseillée par Hildegarde pour assurer la santé du cœur. De cette plante, elle perçut les qualités pectorales et son action sur les « maux de gorge » (toux, aphonie…). Enfin, détail pour le moins curieux, Hildegarde propose une recette contre la paralysie et la douleur de la goutte comptant comme ingrédients du bec-de-grue et de la chair de… cigogne (rappelons-nous que la plante porte aussi le nom de bec-de-cigogne) !

Dés la Renaissance, Walter Ryff, en 1543, note principalement l’action externe de la plante sur les plaies, les fistules, les éruptions cutanées, les blessures et les ulcères, ce en quoi Matthiole fait écho une dizaine d’années plus tard (1554), en incluant dans cette liste l’érysipèle, ainsi que les ulcères buccaux et génitaux. Dans les campagnes, l’empirisme met à profit l’herbe-à-robert dans des problèmes d’inflammations de la bouche, d’angine et d’amygdalite. Ses propriétés astringentes et antihémorragiques sont clairement établies et font merveille en cas de dysenterie, d’inflammations intestinales, rénales et oculaires.
Au XVIII ème siècle, Tabernaemontanus constate les effets du géranium robert sur les hémorragies internes. Il le dit diurétique au point de parvenir à dissoudre et expulser hors de l’organisme les calculs rénaux. Et il est vrai, comme le soulignera Cazin plus d’un siècle plus tard, que le géranium robert a partie liée avec la sphère rénale ; en cela, il est efficace contre les néphrites chroniques selon le médecin calaisien.
Au siècle dernier, le docteur Leclerc fait une place, certes modeste, au géranium robert en l’insérant dans la section des toniques astringents de son Précis de phytothérapie. Par ailleurs, cet auteur discret mais prolifique, remarque la qualité antidiabétique du géranium robert. En effet, celui-ci se comporte à la manière de l’insuline. Il est donc tout à fait requis en cas de glycosurie, c’est-à-dire lorsque le taux de glucose urinaire est trop élevé.

Le géranium robert est une espèce végétale extrêmement courante en France, bien moins en région méditerranéenne. Impossible que vous n’en ayez jamais rencontré un, tant il pousse partout : à l’orée des bois, en bordure de chemins, dans les haies, au pied des vieux murs, sur les rocailles, même dans les dépotoirs. L’herbe rouge se distingue à l’aide de ses tiges, pétioles, parfois même contour des feuilles, d’une vive couleur lie-de-vin, et cela presque toute l’année. Bien que d’aucuns disent que la plante ne rougit qu’en fin d’été, comment expliquer le fait que j’ai récemment rencontré des spécimens rubescents ? C’est parce que la plante, plutôt annuelle, peut devenir bisannuelle : ce qu’elle n’a pas fait l’an dernier, elle le fait l’année suivante. Pourquoi se dépêcher quand le temps le permet, hum ?…
D’un amas de feuilles profondément découpées, émergent des pédoncules portant chacun deux fleurs à cinq pétales dont la couleur oscille entre le rose et le magenta, visibles entre avril et octobre. Ces fleurs, finissant par mûrir, donnent naissance aux fameux becs-de-grue, autrement dit les fruit allongés en forme de bec de cigogne !

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Le géranium robert en phytothérapie

C’est une essence aromatique présente en faible proportion dans la plante qui lui donne sa désagréable odeur fétide, laquelle disparaît après dessiccation. Sont également présents un principe amer du nom de géraniine, extrêmement soluble dans l’eau, ainsi qu’une quantité non négligeable de tannin (le tiers du poids frais de la plante entière), surtout dans les racines.

Propriétés thérapeutiques

  • Tonique astringent, vulnéraire, cicatrisant, antiseptique cutané
  • Antihémorragique, hémostatique
  • Diurétique
  • Antidiabétique

Usages thérapeutiques

Selon la théorie des signatures, il est dit que plantes aux pigments rouges soigneraient des maladies et affections en rapport avec le sang. Voyons ce qu’il en est.

  • Hémoptysie légère, hémorragie utérine, métrorragie, hématuries, saignement de nez, hématome, coupure, blessure, etc.
  • Troubles de la sphère urinaire et rénale : inflammation rénale, douleur de la vessie, gravelle, glycosurie (chez le diabétique), dysurie, goutte
  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : colique, diarrhée
  • Troubles cutanés : érysipèle, fistule, ulcère, scrofule
  • Troubles buccaux : maux de gorge, angine, amygdalite, stomatite, glossite, aphte
  • Catarrhe chronique des bronches
  • Inflammation de la conjonctive
  • Engorgement laiteux des seins
  • Fièvre intermittente

Modes d’emploi

  • Infusion
  • Décoction (pour lavement, gargarisme. Une fois refroidie, elle peut également servir de collyre oculaire)
  • Cataplasme de feuilles fraîches hachées
  • Suc frais

Remarques

Il existe bien d’autres géraniums sauvages européens : géranium sanguin (G. sanguineum), géranium des colombes (G. columbinum), géranium découpé (G. dissectum), géranium mou (G. molle), géranium des Pyrénées (G. pyrenaicum), géranium à feuilles rondes (G. rotundifolium), géranium tubéreux (G. tuberosum), géranium des marais (G. palustre), géranium noueux (G. nodosum), géranium des bois (G. sylvaticum), géranium fluet (G. pussillum), etc.


  1. Hildegarde de Bingen, Physica, p. 88
  2. Ibidem, p. 83

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Les huiles essentielles à aldéhydes

référentiel électrique Franchomme

Si l’on observe d’un peu plus près le schéma du référentiel électrique ci-dessus, on se rendra compte que deux « poches » moléculaires sont identiquement colorées, et qu’elles portent toutes deux un nom presque similaire.
En haut du schéma, nous voyons les aldéhydes (1), en bas les aldéhydes aromatiques (2). Non que les premiers ne soient pas aromatiques, loin de là, mais c’est ainsi qu’on les distingue. Les aldéhydes (1) portent aussi le nom d’aldéhydes terpéniques ou terpénals.
Bien que ces deux familles moléculaires soient de nature polaire, la première (1) est négativante alors que la seconde (2) est positivante.
Aujourd’hui, nous nous concentrerons uniquement sur cette première famille moléculaire qu’on rencontre dans bien des huiles essentielles, et cela dans des proportions très variables. Donnons, sans plus attendre, les principales molécules appartenant à cette vaste famille : le néral, le géranial, le citronnellal, le myrténal, l’irodial, le valérinal, l’anisal, etc., les plus connues et les plus courantes étant les trois premières de cette liste. Géranial et néral, que l’on englobe sous le nom générique de citrals, sont présents dans les huiles essentielles suivantes :

  • Citronnelle de Ceylan : 80 %
  • Lemongrass : 80 %
  • Litsée : 75 %
  • Verveine citronnée : 40 %
  • Mélisse officinale : 30 %
  • Cédratier : 20 %
  • Cataire : 5 %

Quant au citronnellal, on le trouve dans :

  • Petit grain combava : 80 %
  • Eucalyptus citronné : 65 %
  • Citronnelle de Java : 45 %

Lorsqu’on circule de la monographie d’une huile essentielle à une autre, l’on peut constater la présence de molécules communes, mais également de propriétés thérapeutiques similaires. Concernant les aldéhydes terpéniques, qu’elles sont ces dernières ?

  • Négativante
  • Anti-inflammatoire, antalgique
  • Calmante et sédative du système nerveux, inductrice du sommeil
  • Anti-infectieuse, antiseptique atmosphérique
  • Antispasmodique
  • Hypotensive
  • Toniques digestive

Globalement, ces molécules agissent sur les troubles suivants :

  • Troubles locomoteurs : arthrite, arthrose, rhumatismes, tendinite, sciatique, névrite…
  • Troubles cutanés d’origine infectieuse et/ou inflammatoire : acné, prurit, eczéma, psoriasis, démangeaison, mycose…
  • Troubles gastro-intestinaux : dyspepsie, insuffisance digestives, spasmes gastrique…
  • Troubles du système nerveux : stress, angoisse, anxiété, peur, tension, agitation, hystérie, hyperkinésie, déprime, dépression…
  • Troubles de la sphère cardiaque : hypertension artérielle, tachycardie, palpitations…

D’un point de vue énergétique, quelques données… :

  • MTC : élément Bois, méridiens de la vésicule biliaire et du foie
  • Chakras : cœur (principalement), racine (secondairement)
  • Théorie des quatre humeurs : élément Terre

Pour finir, quelques précautions à respecter avec les huiles essentielles à aldéhydes terpéniques : l’usage cutané pur devra être évité (préférez une dilution dans une huile végétale), pas d’usage chez l’enfant de moins de sept ans ainsi que chez la femme enceinte. En diffusion atmosphérique, veillez à la promptitude, sachant que ces huiles essentielles peuvent être irritantes pour les muqueuses nasales, respiratoires et oculaires (phénomènes lacrymogènes et tussigènes observés).

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Bon, on est aussi sur Facebook, hein !?

Huile essentielle de litsée

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J’ai récemment rédigé un court billet à propos de l’huile essentielle de saro, que je n’ai pas illustré. Une grande première pour moi. Pourquoi ? Parce que sous nos latitudes, cette huile essentielle est encore peu connue et que les connaissances que nous en avons ne s’accompagnent pas nécessairement des clichés qui pourraient venir illustrer un tant soit peu un texte. Avec la litsée, le problème est quelque peu différent. D’aucuns disent qu’il est difficile de dénicher une image de la litsée sur Internet. Ce qui est faux. Certes, c’est moins simple que de découvrir à quoi une lavande fine ressemble. Endémique vs exotique. D’ailleurs, il serait bon d’arrêter de taxer d’exotique toute plante plus ou moins tropicale ; exotique, ça veut dire « en dehors ». Pour moi, une hélichryse de Corse est tout aussi exotique que notre litsée. De là, ne soyons pas étonné(e)s du fait que la litsée soit aussi dénommée verveine exotique ou verveine tropicale. Tropicale, c’est adapté, puisque la litsée est originaire du Yunnan, en Chine. Ce territoire, traversé par le Tropique du Cancer, en fait, en effet, une espèce tropicale. A tout hasard, précisons que la litsée n’est pas indienne, comme on peut parfois le lire et qu’elle n’entretient aucun rapport avec la verveine citronnée sud-américaine et la verveine officinale des Anciens.

Arbre à feuilles simples et lancéolées, semper virens, aux nombreuses fleurs blanc crème disposées en panicules, la litsée est considérée comme un porte-bonheur.

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L’huile essentielle de litsée en aromathérapie

A prime olfaction, cette huile essentielle rappelle la verveine citronnée (Lippia citriodora), mais elle n’en a ni la finesse ni le prix ! Niveau finesse, il est vrai que la verveine citronnée est plus complexe olfactivement. Quant à la différence de prix, elle s’explique du fait que la litsée est extrêmement généreuse, les rendements n’ayant rien à voir avec ceux, faméliques, de la verveine citronnée. Il faut dire que de cette dernière, on distille les feuilles fines et cendrées, et de la seconde, les baies gorgées d’essence. La litsée fait partie de ces plantes offrant de larges fractions aromatiques, telles le clou de girofle et le gingembre, par exemple.
D’un point de vue biochimique, nous trouvons, dans l’huile essentielle de litsée des :

  • Aldéhydes monoterpéniques : 75 % (géranial : 40 % ; néral : 30 % ; citronnellal : 2 %)
  • Monoterpènes : 15 % (dont limonène : 12 %)
  • Monoterpénols : 5 %
  • Sesquiterpènes : 2 %

Note : le parfum de l’huile essentielle de litsée tient davantage de celui de la verveine citronnée ou de la mélisse officinale ; il est moins frustre que celui du lemongrass (Cymbopogon citratus/flexuosus), mais n’a pas grand chose à voir avec celui des citronnelles, qu’elles soient de Java ou de Ceylan…

Propriétés thérapeutiques

  • Anti-infectieuse : antibactérienne, antifongique, antivirale, antiparasitaire
  • Antiseptique atmosphérique et cutanée
  • Anti-inflammatoire, antalgique
  • Calmante, sédative, relaxante, anxiolytique, antispasmodique, négativante, hypotensive, inductrice du sommeil
  • Tonique digestive
  • Insectifuge
  • Neurotrope

Usages thérapeutiques

  • Troubles locomoteurs : pathologies articulaires, rhumatismales, musculaires, tendineuses ; névrites
  • Troubles de la sphère digestive : digestion lente, dyspepsie, ballonnements, manque d’appétit, insuffisance digestive, ulcère de l’estomac et du duodénum, colite et entérocolite, gastro-entérite
  • Troubles cutanés : acné, eczéma, psoriasis, mycoses cutanées (candidoses), herpès labial et vaginal, peaux grasses à très grasses, piqûres d’insectes
  • Troubles du système nerveux : stress, anxiété, angoisse, nervosité, agitation, trac, déprime, dépression, baby blue après accouchement, insomnie et autres troubles du sommeil
  • Protection contre les insectes : l’huile essentielle de litsée offre une protection équivalente à celle du niaouli (8 heures), en particulier contre les moustiques (Aedes aegypti, Anopheles stephensi, Culex quinquefasciatus…)
  • Maladies parasitaires : leishmaniose (Leishmania donovani), maladie de Chagas (Trypanosoma cruzi)

Propriétés psycho-émotionnelles et énergétiques

Associée à l’élément Bois par la médecine traditionnelle chinoise, l’huile essentielle de litsée se destine donc tout particulièrement aux deux méridiens gouvernés par cet élément, soit ceux de la vésicule biliaire et du foie, ce que corroborent du reste Odoul/Miles dans leur Phyto-énergétique, associant au premier l’huile essentielle de verveine citronnées (cf. citrals) et au second l’essence de citron (cf. limonène).
Le principe du Bois, c’est le Printemps, la couleur verte, une énergie réchauffante. La force du foie, c’est la créativité, sa faiblesse, la colère et le désarroi. La force de la vésicule, c’est la combativité, sa faiblesse, la susceptibilité et le jugement. Quand ces deux méridiens débloquent, la facilité à entamer quelque chose de nouveau s’en trouve perturbée, sinon inhibée, les idées négatives surgissent (peur, phobie, manque de confiance, incertitude, doute, sentiment d’injustice exacerbé…), la contrariété, le stress, la dépression s’installent. Or, l’huile essentielle de litsée, régulatrice émotionnelle, redonne le sourire, rend optimiste, apporte joie, calme et détente. Mais elle n’est pas nécessairement une fanfaronne, loin de là, puisque les citrals qui la composent en grande partie provoque « une stimulation de la vigilance » (Fabienne Millet, Le guide Marabout des huiles essentielles, p. 300). C’est pourquoi en affinant la concentration, elle combat la dispersion, tout en favorisant les facultés intellectuelles.
Au niveau des chakras, les aldéhydes monoterpéniques sont largement associés au chakra du cœur (vert, comme l’élément Bois) et, dans une moindre mesure, au chakra racine.

Modes d’emploi

  • Voie orale
  • Voie cutanée diluée
  • Olfaction
  • Diffusion atmosphérique

Contre indications, précautions d’emploi

  • Il est rare qu’une application d’huile essentielle de litsée pure sur la peau ne s’accompagne pas d’une irritation cutanée. Veillez à la diluer dans une huile végétale avant tout emploi par voie externe (90 % d’huile végétale, 10 % d’huile essentielle).
  • De même, par voie atmosphérique, elle peut être irritante pour les muqueuses (respiratoires, oculaires, nasales). Des effets lacrymogènes et tussigènes ont été remarqués chez les personnes très sensibles.
  • Huile essentielle déconseillée chez l’enfant de moins de sept ans, ainsi que chez la femme enceinte.

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Huile essentielle de saro

Le saro est un arbuste ou un petit arbre (de 3 à 5 m, parfois 15) qui poussait sur terre bien avant l’arrivée de l’homme (c’est un contemporain des dinosaures, ça donne une idée de son grand âge !). Semper virens, comme c’est souvent le cas sous les climats tropicaux, le saro porte de grandes feuilles allongées et brillantes, à la saveur brûlante. Ses fleurs s’épanouissent en septembre/octobre et donnent naissance à des baies en forme d’olive, brunes à maturité.

Dans la littérature, on appelle parfois le saro par le mot malgache de mandravasarotra, lequel signifie à peu de chose près ceci : « celui qui surmonte les épreuves et les difficultés », « celui qui combat et anéantit le mal ». Si ce terme en dit long sur la capacité du saro à s’opposer à bien des maux, je tiens tout de même à rapporter ici les propos de Simon Lemesle : « pour écarter tout risque de confusion, l’aromathérapie ne doit pas utiliser le nom malgache mandravasarotra, terme générique utilisé pour de très nombreuses plantes », de même que nous avons appelé « herbe sainte » toute une kyrielle de plantes. Enfin, vu comme les mandravasarotra fleurissent ici et là, pas sûr que le patron d’Astérale soit écouté pour le coup…

Le saro en aromathérapie

Tout comme niaouli, cajeput, ravintsara et autres eucalyptus, ce sont les feuilles fraîches du saro qu’on distille à la vapeur d’eau pendant 3 à 3h30. Le rendement, intéressant, se situe autour de 2 à 2,5 %, ce qui fait de cette huile essentielle, même en gamme bio, un produit relativement accessible (comptez 10 € les 10 ml).
Le parfum du saro, assez chaud et vert, est moins « frais » que celui des espèces citées ci-dessus. Cela tient essentiellement à sa composition biochimique et à sa teneur en 1.8 cinéole (ex eucalyptol). A titre de comparaison, quelques chiffres moyens indiquant pour chacune des cinq huiles essentielles listées leur taux en 1.8 cinéole :

  • Eucalyptus globuleux : 80 %
  • Eucalyptus radié : 60 %
  • Ravintsara : 55 %
  • Cajeput : 50 %
  • Niaouli : 50 %

Rappelons que ces taux sont variables et n’ont rien de figé. Il en va de même pour l’huile essentielle de saro, pour laquelle le taux de 1.8 cinéole peut varier du simple au triple : de 37 à 99,60 % !!! A l’extrême, on a affaire à de l’eucalyptol presque pur, ce qui laisse aux autres molécules une peau de chagrin. Selon les informations fournies par un producteur spécialisé dans les huiles essentielles malgaches, son saro annonce d’autres chiffres :

  • Oxydes (1.8 cinéole) : 37 %
  • Monoterpènes : 40 % (dont limonène : 16 %)
  • Monoterpénols : 13 %

On constate ici l’équilibre entre oxydes et monoterpènes, ce qui permet de placer cette huile essentielle à cheval entre l’air et le feu, même si elle est composée moins du second que du premier (les oxydes, c’est un peu un air bordé de feu, alors que les monoterpènes sont purement aériens). C’est peut-être ce qui explique le pouvoir moins asséchant de cette huile essentielle par rapport à celle d’eucalyptus globuleux par exemple. Profitons, une fois de plus, pour insister sur la question du chémotype. De telles variations de compositions moléculaires concernant une seule huile essentielle, c’est énorme. Le biotope y est pour beaucoup, même s’il ne représente pas l’unique facteur. L’on sait que le saro est, contrairement au ravintsara, un arbre typiquement malgache. Sa zone de vie se situe à l’ouest de Madagascar, dans l’Ampondrabe, patchwork végétal composé tant de zones humides que de zones sèches. Pour le saro, le lieu de vie semble déterminer la composition biochimique de son huile essentielle, de même que l’huile essentielle de clou de girofle est beaucoup plus riche en eugénol si on l’obtient à partir de girofliers « touchant le ciel ».

Propriétés thérapeutiques

  • Anti-infectieuse à large spectre : antibactérienne, antifongique, antivirale, antiparasitaire
  • Immunostimulante, immunomodulante, positivante
  • Expectorante, mucolytique, fluidifiante des sécrétions bronchiques, décongestionnante respiratoire
  • Antispasmodique
  • Anti-inflammatoire, analgésique
  • Neurotonique, neurotrope, musculotrope
  • Astringente, cicatrisante

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère pulmonaire + ORL : encombrement bronchique, bronchite, bronchite chronique, rhume, rhinite, sinusite, pneumonie, trachéite, toux
  • Infections bactériennes, fongiques et virales : infections digestives, urinaires et vaginales, fièvre typhoïde, septicémie ; grippe, zona, HPV ; mycoses unguéales, cutanées et vaginales, candidoses ; dans l’ensemble : prévention des affections hivernales
  • Inflammations : endocardite, péricardite, péritonite, méningite
  • Intoxication gastro-intestinale, pathologies entériques
  • Plaie, plaie infectée, ulcère atone, abcès, furoncle
  • Asthénie physique, nerveuse et intellectuelle, convalescence, déprime

Modes d’emploi

  • Voie orale
  • Voie cutanée
  • Olfaction
  • Diffusion atmosphérique

Contre-indications, remarques

  • Le saro est une bonne alternative aux ravintsara, eucalyptus, etc. car il contient moins d’oxydes et davantage de monoterpènes. Il a ainsi pour lui l’avantage d’être moins asséchant sur les muqueuses respiratoires et cutanées (au passage, rappelons que les eucalyptus furent très souvent plantés dans les zones marécageuses afin de les assécher…). C’est en particulier cela qui en autorise l’emploi chez le jeune enfant et la femme enceinte ou allaitant (même si, bien entendu, la prudence reste de rigueur).
  • Huile essentielle considérée comme non mutagène et non cytotoxique.

© Books of Dante – 2016

Huile essentielle de palmarosa

Palmarosa_herbe

Produite depuis le XVIII ème siècle au moins, l’huile essentielle de palmarosa s’obtient en distillant les longues feuilles aromatiques de cette grande herbe vivace. Très tôt la note olfactive de cette huile essentielle n’est pas tombée dans le nez d’un anosmique, et c’est ainsi qu’elle n’a pas échappé aux faussaires. En effet, elle a été utilisée (probablement qu’on l’utilise encore…) pour couper celle de rose de Damas, autrement plus onéreuse, alors que l’huile essentielle de palmarosa reste relativement bon marché. Si le palmarosa est intéressant pour falsifier la rose c’est que ces deux huiles contiennent des molécules communes parmi lesquelles le géraniol et l’acétate de géranyle. Cependant, l’huile essentielle de palmarosa ne peut en aucun cas totalement remplacer celle de rose, du fait de la quasi absence chez cette huile de citronnellol, l’un des composants majoritaires de l’huile essentielle de rose de Damas. Et il est vrai qu’aujourd’hui encore les parfumeurs situent olfactivement le palmarosa entre le géranium odorant et la rose de Damas, bien qu’il soit plus proche du premier que de la seconde. Certes, on y retrouve une note de rose, mais également une odeur chaude assez prononcée, un peu « piquante », légèrement acidulée et citronnée.
Parlons un peu molécules : un monoterpénol – le géraniol – est présent massivement dans l’huile essentielle de palmarosa (78 % en moyenne), puis vient un ester – l’acétate de géranyle – (14 % environ).

Propriétés thérapeutiques

  • Anti-infectieuse (1) : antibactérienne à large spectre (Escherichia coli, Salmonella enterica…), antifongique (Candida albicans, Trichophyton sp., Penicillium digitatum, Sacharomyces cerevisiae…), antivirale, antiparasitaire, vermifuge
  • Immunomodulante, positivante
  • Neurotonique, neurotrope, calmante, relaxante
  • Anti-inflammatoire
  • Tonique utérine
  • Draineuse lymphatique
  • Cicatrisante, astringente, régénératrice cutanée, antitranspirante, régulatrice des excès de sébum
  • Insectifuge (2)
  • Activité antitumorale (cf. géraniol)

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère digestive : spasmes gastro-intestinaux, ballonnements, gastro-entérite, candidose, parasites intestinaux (oxyures), mycose buccale
  • Troubles de la sphère urinaire : cystite, urétrite
  • Troubles de la sphère pulmonaire et ORL : rhinopharyngite, bronchite, otite, sinusite, angine
  • Troubles de la sphère gynécologique : salpingite, vaginite, candidose, cervicite, dysplasie du col de l’utérus
  • Troubles cutanés : acné, impétigo, plaie, plaie atone, eczéma, escarre, dermatophyte, candidose, onychomycose, pied d’athlète, lichen plan, mycose unguéale, peau grasse, rides, transpiration excessive, pellicules
  • Tachycardie, hypertension
  • Rhumatismes
  • Rétention d’eau, cellulite
  • Asthénie physique, nerveuse et intellectuelle, stress, agitation, irritabilité, sautes d’humeur, déprime, trouble du sommeil
  • Protection contre le paludisme, répulsion des moustiques communs (Ochlerotalus triseriatus…) et de ceux vecteurs du chikungunya (Aedes albopictus) et de l’encéphalite de Saint-Louis (Culex nigripalpus)
  • Condylome
  • Mastose, mastite
  • Préparation à l’accouchement (pendant l’accouchement ou trois semaines à l’avance au grand maximum)

Note : sur le caractère antimycosique de l’huile essentielle de palmarosa, il est bien entendu qu’il faut aussi veiller aux facteurs favorisant les mycoses (excès d’humidité par macération, transpiration excessive, chaleur, acidité de la peau, etc.).

Propriétés psycho-émotionnelles et énergétiques

  • En médecine ayurvédique, le palmarosa est utilisé contre les fièvres et les inflammations (douleurs rhumatismales, névralgies, lumbagos, sciatiques, etc.) alors que la médecine traditionnelle chinoise le destine à rafraîchir et à apaiser les excès de feu (abaisse le Yang, fortifie le Yin). Mais que sont donc les fièvres et autres inflammations sinon des excès de feu ? Voilà pourquoi l’huile essentielle de palmarosa apaise les émotions flamboyantes et dévastatrices du feu que sont l’irritabilité, le stress, la colère, l’hystérie, l’excitation, l’agitation, l’hyperémotivité, la fébrilité (autre forme de fièvre).
  • Elle permet aussi l’harmonisation des personnes qui se sentent mal dans leur peau, l’huile essentielle de palmarosa étant, avec celle de bois de rose, propre au traitement des troubles cutanés comme nous l’avons vu plus haut. Ainsi donc, elle intervient sur la sensation d’être « mal dans sa peau », état qui peut se traduire par diverses affections cutanées, la peau étant le miroir des troubles intérieurs selon un couple dépression/immunodépression, ou bien infection/souillure. Parce que, comme le dit Jacques Martel dans son Grand dictionnaire des malaises et des maladies, « la peau est une couche protectrice qui cerne avec précision mon espace vital et qui laisse transparaître fidèlement et inconsciemment mon état intérieur : il y a donc un lien dans mon rapport avec mon entourage. Ma peau est le prolongement de mon ressenti, de ma vie intérieure ». Un « mal dans sa peau » se traduisant par un mal dans la peau (acné, eczéma, etc.).

Modes d’emploi

  • Voie orale
  • Voie cutanée (pure ou diluée en fonction du degré de tolérance cutanée)
  • Olfaction
  • Diffusion atmosphérique

Contre-indications, précautions d’emploi

  • Huile essentielle déconseillée durant la grossesse, sauf en cas de préparation à l’accouchement comme nous l’avons indiqué plus haut.
  • Le géraniol est inscrit parmi la liste des substances potentiellement allergisantes pour la peau. Avant tout emploi cutané, assurez-vous de l’absence de réaction en procédant au test dit du « pli du coude », à plus forte raison si vous souhaitez l’utiliser à l’état pur. Cependant, sachez que malgré toutes les précautions prises (dilution dans une huile végétale…), on observe parfois quelques rares cas de dermatites de contact.
  • En diffusion atmosphérique, il est recommandé de marier l’huile essentielle de palmarosa à une ou plusieurs autres huiles essentielles, en raison de son caractère rapidement entêtant.
  • Qu’on le surnomme foin de chameau, jonc odorant ou encore géranium des Indes, le palmarosa est une herbe typique du sous-continent indien ; mais on le rencontre aussi à proximité (Vietnam, Malaisie) ou dans d’autres zones géographiques où il a été implanté (Amérique su sud, Amérique centrale, Madagascar).
    _______________
    1. Le géraniol est le principal responsable de cette activité. Il est, parmi les monoterpénols, la molécule la plus anti-infectieuse qui soit, même si son pouvoir anti-infectieux est moindre que celui des phénols (thymol, carvacrol…). En revanche, il est moins agressif.
    2. L’huile essentielle de palmarosa est plus active dans son action répulsive si elle est accompagnée d’une autre huile à haute teneur en citronnellol, telles que citronnelle de Java, citronnelle de Ceylan, eucalyptus citronné, géranium odorant…

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Palmarosa_fleurs

Huile essentielle de baie rose

Schinus terebinthifolius 1

Plus connue en cuisine, la baie rose, tend, peu à peu, à s’imposer en parfumerie et en aromathérapie. Issue d’un arbre semper virens originaire d’Amérique du sud, on rencontre aussi cette baie à Madagascar et sur l’île de la Réunion. Bien que les feuilles de cet arbre soient également aromatiques, on distille bien plus souvent les seules baies une fois qu’elles sont bien sèches. Et le parfum de la baie rose est parfaitement restitué par la distillation qui nous offre une huile essentielle incolore à jaune pâle, légèrement boisée, épicée/poivrée mais pas trop, saupoudrée de la note douce, typique des baies roses.
Généreuse, la baie rose est rentable à hauteur de 1,5 à 3 %, ce qui explique que, à l’achat, elle est moins onéreuse que l’huile essentielle de maniguette par exemple (de l’une à l’autre, pour une quantité identique, il faut multiplier le prix par 1,5 environ).
La chromatographie par phase gazeuse révèle que l’huile essentielle de baie rose est constituée de plus d’une centaine de molécules, mais, chez elle, ce sont les monoterpènes qui tiennent le haut du pavé, puisque seulement six de ces molécules représentent 75 % de cette huile essentielle. Les molécules appartenant à d’autres classes sont donc très nombreuses mais présentes en très faibles quantités (monoterpénols 3 % ; sesquiterpénols 3 % ; sesquiterpènes 1 %…). Au total, l’huile essentielle de baie rose est composée à 85 % de monoterpènes, les 15 % restant se répartissant sur d’autres familles moléculaires. Cela fait donc de cette huile essentielle un produit très aérien, bien plus que ne le sont les huiles essentielles de poivre noir et de maniguette contenant toutes deux une bonne fraction de monoterpènes, mais davantage de sesquiterpènes que l’huile essentielle de baie rose.

Propriétés thérapeutiques

  • Tonique, stimulante, positivante
  • Expectorante, anticatarrhale, décongestionnante respiratoire
  • Tonique et décongestionnante veineuse, tonique lymphatique, vasoconstrictrice
  • Antispasmodique
  • Anti-inflammatoire, musculotrope
  • Antiseptique atmosphérique, possible activité antivirale et antifongique (en raison de la présence d’alpha et de béta phellandrène)
  • Désinfectante cutanée, cicatrisante

Usages thérapeutiques

  • Grippe, bronchite, catarrhe bronchique, refroidissement, désinfection des locaux
  • Congestion du petit bassin, règles tardives et/ou douloureuses
  • Douleurs musculaires et articulaires
  • Asthénie, fatigue (physique comme psychique)
  • Coupure, éraflure, égratignure…

Modes d’emploi

  • Voie orale
  • Voie cutanée diluée
  • Olfaction
  • Diffusion atmosphérique

Contre-indications

  • Pas durant la grossesse et l’allaitement.
  • Veillez à diluer cette huile essentielle avant usage cutané : la présence de nombreux monoterpènes peut la rendre irritante si employée pure.

Remarques

La baie rose, que l’on dénomme aussi poivre du Brésil, poivre du Pérou, poivre rose de Bourbon, n’est pas, tout comme le poivre de Sichuan, un vrai poivrier tel que celui qui produit le poivre noir. Schinus terebinthifolius a un cousin que l’on rencontre aussi dans le domaine de l’aromathérapie : Schinus molle. Ces deux arbres se ressemblent assez : taille semblable (12 à 15 m), longues feuilles composées de nombreuses folioles au port pendant, panicules lâches de petites fleurs, fruits globuleux, rouge vif brillant, de la taille d’un grain de poivre.
Schinus molle est plus généreux encore que le précédent : rendement compris entre 2 et 5 % ! Son huile essentielle contient moins de monoterpènes (75 % contre 85 %) et davantage de sesquiterpènes (10 % contre 1 %), ce qui la rend un chouilla moins irritante pour la peau. Ses usages, peu nombreux, valent assez ceux de Schinus terebinthifolius : action sur la sphère respiratoire, sur la circulation sanguine, ainsi que sur les articulations.

Gageons que l’étude plus approfondie de ces deux huiles essentielles permettra un jour d’en dire davantage à leur sujet que ces quelques maigres lignes…

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Herbes & feux de la Saint-Jean

Couverture

Même sans jamais y avoir assisté, on peut avoir des feux de la Saint-Jean une idée plus ou moins proche de la réalité, tant cet événement semble profondément enkysté dans l’imaginaire collectif. Qui n’a jamais été fasciné par le feu ?

Les feux de la Saint-Jean ne sont pas des légendes. Ils s’inscrivent dans une factualité temporelle et spatiale mouvante. Ils nous renvoient tout d’abord vers d’ancestrales racines païennes, puis à une christianisation du phénomène, non sans peine, comme nous aurons l’occasion de le découvrir à travers ces pages. Enfin, tels qu’ils se déroulent aujourd’hui, on peut les assimiler à une fête laïque, même si subsistent à travers cette variante moderne des traces païennes et chrétiennes.

Le culte de la source, de la pierre et de l’arbre témoigne d’une contemporanéité qui n’est plus la nôtre. C’est celle de lointains ancêtres qui vécurent en relation avec lui, par proximité immédiate. Il s’agit là de l’expression d’un cadre socio-culturel et cultuel qui peut nous sembler étranger.

Le feu, célébré au solstice d’été, procède de la même logique. Qu’est-ce qui a poussé les hommes à allumer de gigantesques feux à cette date précise de l’année ? Quelles symboliques tout cela véhicule-t-il ? Qu’ils paraissent aujourd’hui plus folkloriques que sacrés signifie-t-il que certaines valeurs se sont dissoutes au fil du temps ?

Voici quelques questions préliminaires auxquelles nous allons tenter de répondre à travers cet ouvrage qui abordera autant les coutumes consignées dans de vieux livres que les paroles de témoins bien vivants qui nous raconterons comment ils vivent le solstice d’été à notre époque.

Bien sûr, nous accorderons toute leur importance aux herbes employées à cette période de l’année. Quelles sont-elles ? Pourquoi et comment les utilise-t-on ? A l’occasion, nous découvrirons qu’elles sont bien plus nombreuses que ce que l’on a communément admis…

  • Illustration de couverture : Sabine Cazassus
  • ISBN : 978-2-9546426-2-8
  • 180 pages, intérieur noir & blanc
  • 15 €

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[Books of] Dante – 2016