La rose de Damas

A l’heure actuelle, sur l’ensemble des variétés de rosiers (plusieurs dizaines de milliers), seules quelques-unes sont distillées dont, bien entendu, la rose de Damas.

Originellement, le rosier était de couleur rouge pâle, puis sa culture et les manipulations dont il a été l’objet depuis le XII ème siècle auront fait en sorte de modifier les coloris selon une large palette. De même, son parfum est en constante évolution, puisque c’est une des fleurs les plus « travaillées » par les horticulteurs.

Déjà en Égypte ainsi qu’en Chine, elle était très appréciée et traitée avec vénération. Par exemple, on aura trouvé dans la tombe de Toutankhamon des bouquets de roses sèches quasiment intactes.

Si on la considère comme la reine des fleurs, c’est à juste titre : elle a été associée à la Vierge Marie souvent représentée une rose à la main, une rose sans épine…

Dans beaucoup de civilisations, elle est symbole de pureté, de passion et bien sûr d’amour, liée à de nombreuses divinités dont Vénus, Aphrodite, Lakshmi, etc.

La rose de Damas a probablement été rapportée de Syrie et introduite en France lors de la huitième croisade. Par la suite, elle sera cultivée en Provence au XIX ème siècle. Aujourd’hui, elle est plus particulièrement cultivée en Bulgarie, en Turquie, au Maroc, mais également en Inde.

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Huile essentielle de rose de Damas (Rosa x damascena)

Extraite des pétales par distillation à la vapeur d’eau.

– Citronnellol : 32 à 34 %

– Géraniol : 18 à 20 %

– Nonadécane C19 : 7 à 13 %

– Nérol : 9 à 12 %

– Nonadécene C19 : 3 %

Huile essentielle de couleur jaune pâle pouvant offrir des reflets vert clair et une tendance à la gélification à basse température. Sa complexité biochimique ainsi qu’un faible rendement (3 800 à 5 200 kg de pétales, parfois davantage, sont nécessaires pour obtenir 1 kg d’huile essentielle de rose là où la distillation du clou de girofle ne nécessite que 7 kg de clous pour obtenir 1 kg d’huile essentielle de clou de girofle…) en font une huile essentielle précieuse.

Selon le terroir d’origine (Maroc, Turquie, Bulgarie), son parfum peut varier. Certains nez distinguent parfois une petite odeur de poire dans l’huile essentielle de rose de Damas. Une autre molécule, le damascone-alpha, est responsable d’un parfum de cognac… Mais la rose de Damas présentant un grand nombre de molécules (300 à 500), on comprend bien que le parfum final résulte de la synergie de ses divers composants.

La récolte des fleurs (aux mois de mai et juin) doit être effectuée avant 10h00 du matin, laquelle s’accompagne de multiples précautions afin d’éviter l’oxydation des pétales de rose. Les têtes, rompues selon un geste précis, sont déposées ensuite sur des toiles de jute, puis dans une chambre froide dans laquelle elles vont subir un très léger début de fermentation. La distillation est rapide, entre 75 et 90 mn, délai qu’il est hautement recommandé de respecter sans risquer d’obtenir des odeurs peu agréables en fin de distillation. Afin d’augmenter le rendement, on procède à ce que l’on appelle le cohobage : durant la distillation, on récupère l’hydrolat de rose obtenue en fin d’alambic et on le réinjecte dans l’appareil. Ainsi, on obtient de nouvelles fractions aromatiques ce qui permet d’augmenter le rendement de près de 75 %.

Il s’agit d’une huile essentielle de choix en parfumerie, mais également en cosmétique ainsi que dans l’industrie pharmaceutique mais sa cherté en limite forcément l’usage.

Propriétés thérapeutiques : anti-infectieuse (antibactérienne, antiseptique), tonique cutanée, astringente cutanée, régénératrice cutanée majeure, cicatrisante, hémostatique, antispasmodique, tonique générale, neurotonique, relaxante, apaisante, tonique sexuelle, aphrodisiaque, régulatrice des troubles du rythme cardiaque.

Usages thérapeutiques : troubles du rythme cardiaque (hypertension, tachycardie, palpitations), troubles cutanés (peaux sèches, matures, asphyxiées, rides, couperose, dermatoses, eczéma, plaies, ulcères, gerçures), fatigue sexuelle, impuissance, frigidité, infections buccales, gingivites, aphtes, hyperthyroïdie, hypothyroïdie, entorses, foulures, insomnies et autres troubles du sommeil, anxiété, stress, irritabilité, dépression (y compris post partum), déprime

Propriétés psycho-émotionnelles : contre troubles émotionnels et comportementaux, peines de cœur (deuil, rupture, choc affectif, etc.). Chasse les pensées et les sentiments négatifs, apaise la colère, l’agacement. Huile essentielle idéale avec le nard de l’Himalaya (Nardostachys jatamansi) et la pruche (Tsuga cadanensis) pour un accompagnement de fin de vie (tant pour le malade que pour son entourage).

Modes d’emploi : diffusion atmosphérique, inhalation sèche, voie cutanée, voie orale

Précautions d’emploi, contre-indications et autres remarques

– Cette huile essentielle ne présente pas de toxicité aux doses physiologiques et thérapeutiques.

– Attention de ne pas la confondre avec d’autres produits tels que l’huile essentielle de bois de rose (Aniba rosaeodora), l’huile végétale de rose musquée du Chili (Rosa mosqueta), l’absolue de rose de Damas ou l’huile essentielle de rose de mai (Rosa x centifolia).

– L’usage de l’huile essentielle de rose de Damas est onéreux. Aussi est-il possible d’utiliser l’hydrolat de rose de Damas. Ses propriétés sont essentiellement antibactériennes (antiseptique digestif, intestinal et cutané), antispasmodiques et anti-inflammatoires. Cet hydrolat de rose s’utilise tant par voie externe (compresses et bains oculaires contre conjonctivite, nettoyage des yeux et des paupières, compresses contre acné et autres dermatoses) que par voie interne bien que cela ne soit pas là une voie privilégiée. Comme l’huile essentielle de rose de Damas, l’hydrolat de rose agit très particulièrement sur la peau (astringence, régulation cutanée, etc.).

© Books of Dante – 2012

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Sagesse des Indiens d’Amérique

Sagesse

Éditeur : La Table Ronde.
ISBN : 2-7103-0654-9

Un petit recueil paru il y a un peu plus d’une quinzaine d’années déjà chez La Table Ronde. Il vous mènera de l’Est au Sud, du Sud à l’Ouest, de l’Ouest au Nord. Le Cercle.

Au-dessus de vous, le Ciel (zénithal). Au-dessous de vous, la Terre (nadirale).

Quelles que soient les directions prises, où que vous soyez, n’oubliez jamais la Place Sacrée à l’intérieur : votre cœur.

Un de mes passages préférés qui me suit depuis bientôt 20 ans :

Qu’est-ce que la Vie ?
C’est l’éclair du feu dans la nuit.
C’est le souffle du bison dans l’hiver.
C’est la petite ombre
Qui se hasarde sur l’herbe
Et se perd au coucher du Soleil.

Crowfoot (Indien Blackfeet)

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L’amour et les plantes, Guy Fuinel, Éditions Amyris, 2005.

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92 p. 11 euros.
ISBN : 2-930353-30-09

Saviez-vous qu’Hildegarde de Bingen bannissait la roquette pour lui préférer la laitue ?Que la muscade est originaire de l’île indonésienne de Banda ? Que l’absolue de jasmin donne la pêche ?

Vous trouverez tout cela dans ce petit livre sympathique sur les mystères qu’Aphrodite a dissimulé parmi les plantes. Il est digeste sans être léger. Cela n’est pas un ouvrage d’érudition ni un ouvrage de botanique ou de phytothérapie. Au risque de produire l’effet contraire : anaphrodisiaque.

L’auteur nous présente, après avoir introduit et l’amour et les plantes, une trentaine d’espèces végétales qu’il regroupe sous plusieurs parties :

  • les plantes du sentiment amoureux
  • les plantes de la cuisine amoureuse
  • les plantes qui aident l’acte amoureux

Parmi les plantes présentées, on retrouvera avec bonheur l’ylang-ylang (« la fleur des fleurs »), le gingembre et la damiana, mais on sera sans doute surpris d’y trouver l’achillée, la capucine et le bleuet.

On trouvera aussi des conseils, une bibliographie, etc.

N. B. : pour chaque plante, on retrouve des conseils de culture et de récolte ainsi que quelques petites recettes.

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La classification des plantes selon Chen Nong

Il y a environ 5 700 ans, il fut le premier à classer les plantes selon leurs usages. Il distingua trois catégories :

01/ Les plantes supérieures qui sont des drogues indispensables et non toxiques,

02/ Les plantes intermédiaires dont la toxicité dépend de la dose utilisée,

03/ Les plantes inférieures dont les effets sont très rapidement toxiques.

Ce dernier point concerne la jusquiame, par exemple. Les plantes les plus « douces » sont donc préférées aux plantes les plus « dures », ce qui est en totale opposition avec la conception occidentale. Cette dernière a trop souvent jugé bon de s’en remettre aux plantes de la troisième catégorie plutôt que d’opter pour des plantes plus douces parce que moins agressives et dont l’action se déroule sur le long terme tout en étant dénuées de toxicité.

Dans la tradition chinoise, le pouvoir préventif des plantes passe bien avant le pouvoir curatif ; elle met l’accent sur le rôle crucial occupé par l’alimentation qui se joue avant même toute médication quelle qu’elle soit !

Ainsi donc, ce que, en Occident, nous nommons plantes héroïques (belladone, jusquiame, mandragore, datura, pavot, ciguë, aconit, etc.) se trouvent être classées dans la troisième catégorie, en tant que plantes inférieures, alors que, parmi les plantes supérieures de la première catégorie, se trouvent des plantes que la pharmacopée occidentale relègue facilement aux oubliettes.

© Books of Dante

Les lianes européennes

Quand on dit « liane », on n’associe pas d’emblée le territoire européen à ce mot qui évoque davantage les luxuriantes canopées équatoriales telles que l’Amazonie par exemple.

Or, en Europe, nous avons bien nos lianes endémiques. Oh, soit, elles n’ont ni la taille, ni le charisme, ni les couleurs éclatantes de certaines de leurs consoeurs tropicales, sans doute que leur caractère discret sinon commun les rend banales à beaucoup.

Sans confiner à l’exhaustivité, seront ici présentées brièvement quatre de ces lianes européennes sauvages.

La caractéristique première d’une liane est qu’elle a besoin d’un support, d’un tuteur afin de s’épanouir pleinement. Cela peut être autant un vieux grillage qu’un pan de mur, qu’un autre végétal comme un arbre, par exemple. Ces grimpeuses n’ont pas seulement besoin d’un support mais également des moyens leurs permettant de s’y agripper. Aussi, vrilles et crampons sont-ils des outils que ces plantes mettent en œuvre afin d’adhérer au mieux à leur support et, en cela, les moindres aspérités, les moindres anfractuosités sont exploitées, ce qui montre bien à l’évidence que ces plantes ont l’ « intelligence » de s’y adapter.

Ainsi la bryone (Bryonia dioïca), le houblon (Humulus lupulus) et la clématite (Clematis vitalba) développent-ils des vrilles spiralées qui s’enroulent et s’entortillent autour des tiges d’autres végétaux, formant ainsi de graciles linéaments. Le lierre (Hedera helix), quant à lui, s’arme de crampons qui jouent peu ou prou le rôle de pitons d’escalade.

Note : si ces deux dernières plantes sont très fréquentes en France, les deux autres sont plus localisées.

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1. « Plante toxique et dangereuse, la bryone n’est pas à conseiller dans la pratique domestique ». Ainsi s’exprimait Paul-Victor Fournier dans les années 1940. Même si avant lui, Cazin (XIX ème siècle) et Leclerc (XX ème siècle) nuancèrent davantage les propos en ce qui concerne cette plante dont les tiges souples de 2 à 4 m de longueur laissent difficilement imaginer que c’est une racine grosse comme le bras qui les produit, une racine si volumineuse à dire vrai que nombreux furent les faussaires à les tailler pour en faire de vraies fausses racines de mandragore.

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2. Tout comme la précédente, la clématite est vénéneuse et doit être employée avec de grandes précautions. Son nom latin (vitalba) signifie « vigne blanche », ce qui la rapproche encore davantage de la bryone qui porte elle aussi un tel surnom. La racine grec klêma présente dans son nom rend bien compte de son statut de liane puisque cela signifie « sarment », « bois flexible », d’autant que ses tiges peuvent atteindre la prodigieuse longueur de 20 m !Ses petites fleurs blanchâtres à quatre sépales sont inodores. Elles donnent naissance à des « boules » cotonneuses qui forment en réalité les fruits, des aigrettes plumeuses, que l’on désigne communément sous le nom de barbe de vieil homme ou cheveux de la vierge…Irritante, vésicante, rubéfiante et détersive, la clématite trouva, au Moyen-Âge, un bien curieux emploi : les mendiants s’en badigeonnaient les bras, « il en résultait des plaies semblables à des ulcères », nous indique le docteur Valnet, d’où le nom d’herbe aux gueux parfois donné à la clématite.

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3. Bien connu des amateurs de bières, le houblon n’en est pas moins une plante dont le bagage thérapeutique est intéressant même s’il est vrai qu’il est beaucoup moins présent dans les herboristeries familiales que peuvent l’être la menthe ou le thym.Ses tiges grimpantes atteignent communément 5 à 6 m mais parfois beaucoup plus. Elles ont la particularité de s’enrouler de façon sinistrogyre, c’est-à-dire de gauche à droite. Les fleurs femelles forment les fameux cônes de houblon dont on garnit parfois encore des oreillers afin d’aider à l’endormissement et au sommeil.

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4. Quatrième et dernière liane de notre quadrige, le lierre camoufle par la luxuriance de son feuillage une floraison discrète laquelle forme tardivement des baies noirâtres et pruineuses. Cette plante, si commune sous nos latitudes, partage, avec le trio qui le précède, une toxicité qui ne doit pas être ignorée. Peu utilisé en herboristerie, le lierre grimpant est une espèce végétale à visée thérapeutique dont l’usage doit s’entourer de précautions. Que les oiseaux picorent à peine ses baies fournit déjà un indice sur la nature indigeste qui leur est propre…

© Texte & images : Books of Dante – 2013

La rose, une passion française, histoire de la rose en France (1778-1914)

François Joyaux

Éditions Complexe

2001

264 pages

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Quand on est un historien aussi passionné que l’est Michel Joyaux, il est bien normal d’écrire une perle, l’ouvrage que je vous présente aujourd’hui.

Si l’on n’est ni rosiériste ni rosomane, on peut avoir de la rose une vision parcellaire, quand bien même la multiplicité des roses ne rend pas nécessairement compte du travail patient et minutieux opéré par l’homme depuis des siècles afin de cultiver et d’hybrider différentes roses entre-elles en vue d’en obtenir l’ultime beauté dont certaines sont aujourd’hui défuntes.

Bien des hommes et des femmes, à divers degrés, sont tombés dans la manie de la rose. Certains, simples collectionneurs, ont côtoyé dans le même temps ce que l’on nomme les obtenteurs, c’est-à-dire ces hommes qui, non seulement collectionnent également mais cherchent avec plus ou moins de succès et de bonheur à multiplier les hybrides.

C’est l’histoire de ces passionnés que retrace Michel Joyaux. C’est à cet engouement tout français pour les roses que nous convie cet ouvrage passionnant.

© Books of Dante – 2013

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Le Frêne (Fraxinus excelsior)

Synonymes : Frêne élevé, Frêne d’Europe, Fragne, Quinquina d’Europe.

Si on le dit excelsior c’est non en raison de sa taille (comprise entre 25 et 30 m en général, ce qui n’est pas une taille exceptionnelle pour un arbre, mais une taille moyenne) mais bien plutôt de par le caractère sacré qu’il symbolise pour les Celtes et les Germano-scandinaves. L’arbre cosmique (comme il y en a partout dans le monde), c’est lui : Yggdrasil qui ne craint ni les flammes, ni le gel, ni les ténèbres…

Lorsque l’on parle d’arbre cosmique, il faut entendre un arbre comme pilier central de l’Univers. Yggdrasil est peuplé de tout un monde animalier, de sa cime où l’on trouve l’aigle jusqu’à ses pieds où est lové le serpent. Ratatosk, l’écureuil messager, se rend de l’un à l’autre et inversement en fonction des défis mutuels que se lancent les deux animaux extrêmes.

Il est peuplé d’elfes et de nains, il est aussi la demeure des Vanes (dieux terrestres), le domaine des géants et le royaume des morts.

Dans son intéressant ouvrage Mythologie des arbres, Jacques Brosse consacre au frêne arbre cosmique un chapitre riche et précis. Il va même jusqu’à penser que l’homme est l’incarnation provisoire de l’esprit de l’arbre.

On trouve traces d’Yggdrasil dans l’Edda scandinave, un manuscrit regroupant un ensemble de poèmes dont l’un d’entre-eux dit ceci :

Cet arbre sagement édifié qui plonge jusqu’au sein de la terre…

Je sais qu’il existe un frêne qu’on appelle Yggdrasil.

La cime de l’arbre est baignée dans de blanches vapeurs d’eau,

De là découlent des gouttes de rosée qui tombent dans la vallée

Il se dresse éternellement vert au-dessus de la fontaine d’Urd.

Chez les Grecs il incarnait déjà la solidité et la puissance. L’Edda reprendra également ces deux symboliques. De plus, il est immortel – éternellement vert. Ne dit-on pas que son bois est imputrescible ? Fécond également, tous les êtres étant issus de lui.

Pour ces peuples germano-scandinaves, il a également été – comment s’en étonner ? – un arbre guérisseur à l’instar du chêne et de son gui pour d’autres, d’où son surnom de quinquina d’Europe que le frêne est loin d’usurper puisque de son écorce (gris olive quand elle est jeune, gris brun avec l’âge) on tira, avant l’introduction du quinquina en Europe, un remède fébrifuge qui n’est plus guère usité de nos jours du fait des tannins contenus dans l’écorce (celle des jeunes rameaux d’un ou deux ans) qui rendent le breuvage très astringent et amer. Cela en fit donc un préventif du paludisme avant de se faire détrôner par le quinquina.

Hildegarde de Bingen préférera se servir des feuilles qu’elle indiquait contre les crises de goutte. Ces feuilles comptent toujours un nombre impair (9 à 15) de folioles lancéolées et finement dentées. La face supérieure est vert sombre alors que l’inférieure est sensiblement plus pâle.

Il présente une sexualité complexe et variable. Les fleurs sont hermaphrodites mais pas toujours. Parfois, on trouve des branches mâles et des branches femelles sur le même arbre ! La floraison du frêne se déroule d’avril en mai. Il ne se reproduit qu’à partir de l’âge de 20 ans, mais il compense cela en produisant d’énormes quantités de graines enchâssées dans une ailette qui forme les samares. Ainsi, un frêne centenaire peut produire près de 100 000 graines par an.

Le frêne est un arbre post-pionner, c’est-à-dire qu’il nécessite des sols alluviaux dans lesquels les sédiments nécessaires à sa croissance auront été fixés par d’autres essences que lui. Il fait partie des arbres des forêts des climats tempérés et qu’on trouve fréquemment. C’est sans doute grâce à ses samares qu’on le reconnaît très facilement. Il est alors couvert de fruits secs assemblés en grosses grappes.

S’il ne vit pas très longtemps (150 ans maximum) à l’image du bouleau, il a une croissance vigoureuse et rapide. Avec l’aide de ses compagnons, orme et aulne, il prépare le terrain à une essence qui nécessite un sol plus lourd en humus, le chêne, dont l’ombre sera fatale au frêne. En apparence seulement : en effet, la pousse plus lente du chêne autorise le frêne à atteindre ses trente bons mètres de par sa croissance rapide et à s’épanouir aisément avant que le chêne ne le supplante.

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D’un point de vue thérapeutique, le frêne agit sur la sphère circulatoire : par l’élimination de l’acide urique, il favorise la purification du sang. De plus, il est actif contre l’artériosclérose. Il se charge aussi de drainer les liquides superflus hors du corps (œdèmes, hydropisie, rétention d’eau) grâce au potassium qu’il contient. Il possède une incomparable action anti-inflammatoire : névralgies rhumatismales et goutteuses, arthrose, douleurs articulaires, etc. Enfin, ses vertus antioxydantes lui permettent de capter les fameux radicaux libres et de protéger les tissus contre le vieillissement.

La feuille de frêne contient du cuivre et du fer, ce qui la rend intéressante en cas d’anémie. On peut pulvériser les feuilles sèches afin d’obtenir une poudre fine que l’on avalera accompagnée d’une cuillerée de miel (qui joue ici le rôle d’agent d’enrobage).

Avec les feuilles de frênes, on peut élaborer la freinette (ou frênette) et le thé des centenaires. La première est une boisson à base de feuilles de frêne fermentées qui se fabrique encore localement. Quant au thé des centenaires, il est bien plus aisé à réaliser : 2/3 de feuilles de frêne et 1/3 de feuilles de cassis. Une poignée de ce mélange en infusion dans un litre d’eau pendant 15 mn. On filtre. On boit, chaud, froid ou glacé. Avec ou sans miel. A volonté. Cette boisson est un excellent dépuratif, le sang est ainsi débarrassé de ses toxines. A préconiser en cure longue.

Le frêne en thérapie :

1. Parties utilisées : feuilles (récoltées de fin mai en août), écorces, semences

2. Principes actifs : fraxinite, fraxinine, principes amers, tannins, huile essentielle, coumarines, flavonoïdes, potassium, fer, cuivre

3. Propriétés médicinales : anti-inflammatoire, diurétique, anti-oedèmateux, antioxydant, laxatif léger, dépuratif, purgatif, antirhumatismal, tonique, fébrifuge, astringent

4. Usages thérapeutiques : rhumatismes, arthrose, goutte, rétention d’eau, purification du sang, protection des tissus contre le vieillissement, lithiase urinaire, oligurie, hydropisie, artériosclérose

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La Renouée du Japon, une invasive exotique

La renouée du Japon est, comme son nom l’indique, originaire d’Asie orientale. Cependant son aire d’élection naturelle ne se cantonne (sans mauvais jeu de mots) pas qu’au Japon, puisqu’on la trouve aussi en Chine, en Corée et en Sibérie.

Vivace de 2 à 3 mètres de hauteur, son luxuriant feuillage fait écho à un système racinaire – des rhizomes en fait – extrêmement développé. Mais nous y reviendrons plus en détail par la suite.

Elle possède de fortes tiges à nœuds comme le bambou, tiges qu’on peut presque appeler branches tant elles sont robustes. Virant au rouge avec le temps, elles portent de grandes feuilles presque rondes avec une petite pointe à leur extrémité.

Si la floraison de la renouée du Japon ravit les abeilles (elle fleurit en septembre-octobre, c’est-à-dire à une époque où les fleurs mellifères indigènes se font rares), il se trouve que ses panicules de fleurs crèmes sont quasiment stériles et ne produisent qu’à grand-peine quelques graines. Ce n’est donc pas grâce à ce moyen que la plante assure sa reproduction. En ce sens, elle rappelle quelque peu la menthe qui ne produit pas de graine et qui se propage par l’intermédiaire d’un efficace réseau souterrain. Qui n’est pas sans quelques inconvénients.

Flash back.

La renouée a posé le rhizome sur le sol européen la première fois en 1825. A cette époque, elle a été introduite comme plante ornementale, fourragère et mellifère. Ce n’est qu’à la fin du XIX ème siècle qu’elle s’est naturalisée et n’apparaît en France qu’en 1939. Et sa colonisation de l’Europe ne démarre réellement qu’au milieu du XX ème siècle.

Aujourd’hui, elle est largement répandue en Europe Occidentale et Centrale. Parmi les plantes que l’on qualifie d’invasives, la renouée du Japon est celle qui a la dynamique d’expansion la plus forte.

En France, elle est particulièrement présente dans les régions suivantes : Alsace, Lorraine, Aquitaine, Nord, Picardie, Île de France, Normandie, Bretagne, Franche-Comté. Alors qu’elle est quasiment absente de Provence et inconnue en Corse.

On trouve la renouée du Japon dans les zones alluviales, le long des rives des cours d’eau, sur les terres incultes, les friches, etc. Elle a donc besoin d’humidité et de sols riches afin de lui assurer une croissance optimale. Le hic c’est que si la renouée ne pose pas de problème dans son biotope naturel asiatique, il n’en va pas de même en Europe.

On parle de plante invasive dès lors qu’une plante a un impact négatif sur la biodiversité dans laquelle elle s’implante. Elle met donc en danger tant la flore que la faune. Et la renouée n’échappe pas à cette appellation, bien au contraire !

Dans un premier temps, elle n’est menacée par aucun prédateur en Europe. Difficile de stopper sa progression quand un maillon de la chaîne alimentaire – inexistant – n’est pas en mesure d’endiguer la croissance de la plante. De ce fait, elle progresse et fait reculer les populations de plantes endémiques des terrains sur lesquels elle s’implante. Mais pas que cela. En détruisant le biotope végétal, c’est autant d’animaux (mammifères, amphibiens, reptiles, oiseaux, nombreux invertébrés…) qui sont menacés par cette expulsion du fait de la raréfaction des espèces végétales indispensables à leur survie !

Comment une plante dont la granification est quasiment nulle peut-elle prendre autant d’envergure ? La dispersion de la plante par les graines (et donc par l’air) est une fausse route. S’il ne faut pas chercher dans le ciel, il faut aller voir sous terre : un système de rhizome gigantesque (une dizaine de mètres de long qui peut s’enfoncer à près de 3 mètres de profondeur dans le sol).

La renouée utilise donc d’autres vecteurs de propagation : par voie fluviale, par exemple. Vivant près des berges, il suffit qu’une crue arrache un fragment de la plante pour que celui-ci aille s’implanter à des kilomètres de là (on considère qu’un bout de rhizome portant un seul bourgeon est capable de régénérer la plante).

Très présente sur ce que l’on appelle les néo-sols, c’est aussi par le biais de l’intervention humaine involontaire que la renouée peut-être efficacement transportée d’un lieu à l’autre (à l’occasion d’un déplacement de terre qu’exigent les activités de génie civil, par exemple).

Que faire pour stopper cette invasion et réduire ainsi son impact écologique sur la faune et la flore ?

La fauche : si elle détruit la partie aérienne de la plante, il n’en reste pas moins que la partie vive de la plante est toujours là. Mauvaise méthode du fait que la plante est capable de réparer les dommages qui lui ont été causés en quelques jours. Si l’on fauche, il faut également faire attention à ce qu’il va advenir des tiges fauchées. Ne pas les éparpiller, elles se bouturent très facilement. Il faut donc détruire le résultat de la fauche.L’extraction des rhizomes : fastidieuse et surréaliste. La renouée est une véritable forteresse à l’instar du chiendent et compte sur son réseau de rhizomes traçants pour se mettre hors de portée des pelles et des pioches.

D’un point de vue mécanique, la destruction de cette plante est donc un pari perdu d’avance.

Traitements phytocides : complexes et hasardeux. L’usage des herbicides est interdit à moins de 5 m des cours d’eau. Or, comme la plante vit en bordure de rivière très souvent, elle est donc inattaquable dans ce cas.

Technique préventive : repérage de la plante au début de sa vie végétative et extraction complète.

Bref, pour l’heure aucune technique n’a prouvé son efficacité, même si des rumeurs (non étayées de preuves scientifiques) laissent entendre que l’ortie pourrait être la solution : elle semble être une tueuse de renouée. A suivre…

Renouée du Japon-1

La renouée du Japon en thérapie (parce qu’elle n’a pas que de mauvais côtés, verre à moitié vide, verre à moitié plein, toujours…) :)

1. Parties utilisées : rhizome, feuilles

2. Principes actifs : resvératrol, composés phénoliques, acide oxalique, flavonoïdes

3. Propriétés thérapeutiques : hémostatique, détoxifiante, régénératrice tissulaire, analgésique, diurétique, expectorant, laxative, stimulante, propriétés oestrogéniques

4. Usages thérapeutiques : hépatite, ictère, hypertension, athérosclérose, bronchite chronique, règles irrégulières, leucorrhée, arthrite rhumatoïde, diarrhée, acouphène, brûlures, furoncles, morsures de serpent

(composés potentiellement actifs contre le cancer de l’estomac)

5. Contre-indications, remarques et autres usages : si la renouée est utilisée en Asie tant comme plante médicinale qu’alimentaire, il n’est pas recommandé d’en faire les mêmes usages en France car elle pousse la plupart du temps sur des sols artificiels non exempts de pollution.

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Berce commune (Heracleum sphondylium) et berce du Caucase (Heracleum mantegazziamnum)

Heracleum fait référence à Hercule et, par analogie, à la robustesse de la berce. En allemand, on la nomme bartsch, terme qui n’est pas sans évoquer cette fameuse soupe russe, le bortsch, qui était confectionnée avec des feuilles de berce par les Sibériens qui y ajoutaient une patte d’ours, gibier traditionnel de cette zone géographique, d’où l’un des noms vernaculaires de la berce : patte d’ours.

La berce commune est, comme son nom l’indique, la plus commune des apiacées qu’on trouve en France. Malgré cette relative présence, elle brille par son absence en ce qui concerne ses usages thérapeutiques anciens. Quelques sources mentionnent qu’il fut d’usage de l’employer pour aromatiser la bière en Pologne ainsi que dans les Pays baltes durant le Moyen-Âge. Pour se soigner, on en utilisait les feuilles et les semences. Mais il faudra attendre le début du XX ème siècle pour que des études plus poussées soient lancées à son propos. A l’heure actuelle, elle est encore à l’étude, notamment sur l’un de ses principaux principes actifs, le psoralène (pour soigner le psoriasis, ainsi que pour limiter les effets du sida et de la leucémie).

Ses nombreux surnoms reflètent sa parenté avec d’autres apiacées, mais il ne faut pas s’y tromper : la berce commune est une géante ! Vivace ou bisannuelle à souche épaisse et à forte odeur, la berce dépasse régulièrement la taille d’un homme, sinon beaucoup plus !

De fortes tiges dressées, cannelées, poilues et creuses ; des feuilles inférieures serties sur un pétiole robuste, lobées ou segmentées, alternes ; des feuilles supérieures enveloppant les tiges par une sorte de gaine embrassante. Lorsqu’on froisse les feuilles, une odeur de mandarine s’en dégage (1).

Durant l’été, de larges ombelles (à sa mesure : près de 15 cm de diamètre !) ornent la berce de petites fleurs la plupart du temps blanches, bien qu’elles peuvent être parfois verdâtres ou jaunâtres, beaucoup plus rarement rosâtres. Ces fleurs formeront par la suite des fruits brillants et arrondis, d’une jolie couleur vert-pourpré.

Très commune en plaine et en montagne (1 700 m d’altitude maximum), elle affectionne particulièrement les lieux humides (prairies, bois, haies, bordures de chemins).

On la trouve en Europe (berce commune), au nord des États-Unis (2) (berce laineuse, Heracleum maximum) et en Asie (berce du Caucase).

Si la berce commune est une berce XL, la berce du Caucase opte pour la taille XXL ! Sa hauteur qui peut varier de 4 à 5 mètres se déploie grâce à de fortes tiges tachées de rouge. Son ombelle de fleurs est géante elle aussi puisqu’elle peut atteindre 50 cm de diamètre et apparaît durant l’été avant de donner naissance à de multiples akènes.

Elle affectionne les mêmes lieux que la berce commune : près, talus, bords de chemins et de routes, terrains vagues, les sols humides prioritairement.

Très mellifère, elle est cependant qualifiée de plante invasive à l’instar du raisin d’Amérique et de la renouée du Japon.

La plupart des apiacées (livèche, persil, céleri, angélique, impératoire, etc.) contiennent des furanocoumarines photosensibilisantes. La berce n’y échappe pas. C’est pourquoi il est nécessaire d’être vigilant lorsqu’on a affaire à elle. En effet, à l’état frais, la berce commune peut provoquer des irritations cutanées, des vésicules douloureuses, des brûlures au second degré, des cloques ainsi qu’un érythème de la peau (3). Par la suite, une hyper-pigmentation cutanée peut survenir car la peau devra fabriquer davantage de mélanine afin d’assurer sa défense. Bien pire, de profondes cicatrices peuvent subsister.

Mais ces manifestations ne sont rendues possibles que par une exposition au soleil après contact avec la plante. La manipuler par temps non-ensoleillé ne pose pas de problème, mais il est de bon conseil de se laver les mains ensuite.

Malheureusement, les accidents sont de plus en plus nombreux du fait de la rapide propagation d’une autre berce, la berce du Caucase, qui fut introduite en Europe Occidentale à des vues ornementales à la fin du XIX ème siècle. Ce sont donc des échappées du jardin que nous retrouvons aujourd’hui en pleine nature. Cette plante est loin d’être aussi peu dangereuse que sa cousine, la berce commune. Bien plus chargée en furanocoumarines, elle inflige de vilaines brûlures au moindre contact suivi d’une exposition au soleil.

En cas de pépin, il est conseillé d’atténuer la douleur à l’aide de compresses froides, puis de prendre contact avec un dermatologue, lequel pourra prescrire des anti-inflammatoires stéroïdiens en application locale, par exemple.

Quelques conseils supplémentaires (extrait de Wikipédia) : « En cas de contact de la peau avec de la sève, il faut éliminer la sève le plus rapidement possible, en prenant soin de ne pas étendre la surface de la zone touchée : enlever la sève de la peau avec un papier absorbant sans frotter, puis laver au savon, et rincer abondamment à l’eau l’endroit atteint. Ensuite, il faut éviter l’exposition de la zone touchée à la lumière durant plus de 48 h, le temps de la disparition de l’effet photosensibilisateur. Si les yeux sont atteints, les rincer abondamment à l’eau claire puis porter des lunettes de soleil pour réduire leur exposition à la lumière et penser à consulter un médecin. En cas de contact important, ou si un enfant est atteint, consulter sans tarder un médecin ou le centre antipoison pour tout conseil approprié. »

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1. Cette anecdote est parlante dans le sens où l’essence de mandarine possède les mêmes propriétés photosensibilisantes que la sève de la berce, qu’elle soit commune ou caucasienne. Peut-on alors considérer cela comme une forme de « signature » ? Quoi qu’il en soit, cela ne m’apparaît pas anodin.

2. Les Amérindiens utilisaient la berce laineuse (Heracleum maximum). Ils en confectionnaient, à l’aide de la racine, des infusions destinées à soigner rhume, grippes, maux de gorge et de tête, crampes musculaires. Ils connaissaient également ses vertus en externe : en cataplasme, la berce vient à bout de contusions et furoncles, mais aussi de cas de rhumatismes déformants.

3. Il s’agit de phytophotodermatites.

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La berce en thérapie :

1. Parties utilisées : feuilles, racines, semences

2. Principes actifs : furanocoumarines, huile essentielle, octanol, psoralène

3. Propriétés thérapeutiques : stimulante, tonique, digestive, diurétique, antiseptique urinaire, hypotensive, sédative, aphrodisiaque, emménagogue, résolutive, détersive, vermifuge

4. Usages thérapeutiques

En interne : digestion pénible, insuffisance rénale, diminution de l’urée sanguine, hypertension, épilepsie, blennorragie, asthénie sexuelle (impuissance masculine, frigidité féminine), météorisme (gaz intestinaux), rhumatismes

En externe : oedèmes, tumeurs, abcès, furoncles, ulcères atones, piqûres d’insectes

5. Contre-indications, remarques et autres usages

* Racine, jeunes feuilles et jeunes pousses sont comestibles. Comme nous l’avons indiqué plus haut, les feuilles froissées évoquent un parfum de mandarine. Quant aux jeunes tiges, c’est un arôme de noix de coco et là encore de mandarine qui s’en dégage. Les fruits partagent eux aussi cette odeur d’agrumes et proposent au palais une piquante saveur de gingembre.

* En homéopathie, la berce commune est connue sous le nom de Branca ursina. Elle est utilisée contre maux de tête et douleurs ovariennes et, selon le principe similia similibus curantur, on l’administre contre les… dermatites, c’est-à-dire qu’elle soigne à doses homéopathiques ce qu’elle provoque elle-même à hautes doses. Une fois de plus, nous constatons que le remède se trouve toujours à proximité du poison, encore faut-il bien regarder ;-)

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La Consoude (Symphytum officinale)

Synonymes : Langue de vache, Oreille d’âne, Herbe aux cochons, Herbe de charpentier, Herbe à la coupure.

Le nom français de la grande consoude provient du mot latin consolido : je consolide. En effet, pendant près de quatre millénaires, cette plante fut largement utilisée en raison de ses propriétés à consolider les fractures et à ressouder les plaies béantes. Son usage était important sur les champs de bataille, par exemple.

Au XII ème siècle, Hildegarde de Bingen la mentionne et la préconise pour des cas de membres fracturés ou couverts d’ulcères, pour les plaies suppurantes, également. Paracelse dira d’elle que « tout ce que ronge le sel est guéri par la consoude ». Bref. C’est une habituée des jardins médiévaux.

La grande consoude est une plante étrange à bien des égards. Vivace, poussant en touffes compactes, elle peut atteindre 1,20 m de hauteur au maximum. De ses racines pivotantes profondes émergent de fortes tiges poilues de section triangulaire sur lesquelles grimpent des feuilles vert sombre, rêches et molles. Les fleurs sont en forme de clochette d’une longueur d’environ 1,5 cm et arborent une couleur violet pâle, rouge pourpre, rose, voire jaune blanchâtre. Et ces fleurs possèdent la particularité de ne pas avoir de parfum. La floraison se déroule de mai en juillet.

La consoude pousse en colonie jusqu’à une altitude de 1 500 m. On la trouve assez fréquemment dans l’Ouest européen mais est absente des régions méditerranéennes.

Elle affectionne les lieux humides (prairies, marécages, berges, bords des eaux douces), mais aussi les jardins, les bois, les fossés et talus.

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La consoude en thérapie :

1. Parties utilisées : racine et feuilles

2. Principes actifs : mucilage, tannins, huile essentielle, calcium, phosphore, potassium, vitamine B12, etc.

3. Propriétés médicinales : cicatrisante, adoucissant, astringent, anti-inflammatoire, antalgique, analgésique

4. Usages médicinaux : problèmes circulatoires, fractures, entorses, luxations, éraflures, contusions, coupures, plaies eczémateuses, brûlures, crevasse du mamelon, gerçures, ulcères du système digestif, cancer gastrique, diarrhées, dysenterie, tuberculose

5. Contre-indications, autres usages et remarques :

* De part la présence d’alcaloïdes hépato-toxiques de type pyrrolizidine, la consoude ne doit pas être ingérée à haute dose. A consommer avec prudence, en respectant la posologie. Risques de problèmes hépatiques (cirrhoses et cancers du foie) et de désordres intestinaux.

Son usage est fortement déconseillé aux femmes enceintes ainsi qu’à celles qui allaitent. On évitera son usage auprès des enfants en bas âge.

Il faut savoir que l’usage de cette plante est réglementé dans certains pays.

* Il existe un élixir floral de consoude élaboré sur le modèle des élixirs floraux du Dr Bach. Il est préconisé dans les cas de fatigues mentales qui peuvent nuire à l’équilibre physiologique. Il est particulièrement adapté aux sportifs ainsi qu’aux pratiquants de disciplines telles que le yoga et la méditation, par exemple.

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