Huile rouge : fabrication

L’huile rouge est le résultat obtenu après macération de fleurs de millepertuis dans une huile végétale. J’en parle déjà dans mon post dédié au millepertuis.

Ainsi donc, si vous avez par chez vous des endroits où récolter du millepertuis, c’est parfait. Si tel est le cas, pourquoi ne pas en couper un gros bouquet comme ceci :

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Dans un premier temps, procurez-vous un bocal en verre propre. Cueillez sur votre bouquet les fleurs épanouies et placez les dans votre bocal. Ceci étant fait, couvrez d’huile. Je choisis l’huile d’olive et je vous explique pourquoi amis lecteurs. Sachant que l’huile rouge que nous sommes en train de fabriquer s’adresse plus particulièrement aux affections cutanées superficielles, il est bon d’opter pour une huile végétale épaisse comme l’est l’huile d’olive, et non pas pour une huile sèche qui n’est pas adaptée à un travail superficiel, pénétrant plus profondément la peau.
Ceci fait, fermez votre bocal. Dès lors, vous avez deux solutions : le maintenir à chaleur ambiante chez vous ou bien sur un rebord de fenêtre, en plein soleil. Dans le premier cas, on parle de macération, dans l’autre, de digestion.
Par la suite, il est recommandé d’agiter doucement le bocal et d’y ajouter au fur et à mesure les les nouvelles fleurs écloses.

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Très bientôt, je posterai de nouvelles photos sur ce post afin de rendre compte de l’évolution de cette huile au fil du temps :)

17 août 2013 : après deux jours de macération en plein soleil.

17-08-2013

31 août 2013 : après 15 jours de macération en plein soleil.

Huile rouge

© Books of Dante – 2013

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Enquête : les herbes de la Saint-Jean

On dit des herbes qu’elles étaient très souvent sacrées, particulièrement grâce à leurs propriétés curatives qui auraient été découvertes par les dieux. Ainsi, rendre hommage aux plantes fut-il un bon moyen de reconnaître aux divinités leurs grandeurs. Si pour les Égyptiens antiques le blé poussait du corps d’Osiris, cela ne doit rien au hasard, ce dieu égyptien étant considéré comme l’inventeur de l’agriculture. Ainsi, les plantes, par leurs caractères sacrés purent-elles établir une liaison entre les dieux, les hommes et elles-mêmes.

QU’EST-CE QU’UNE HERBE ?

Que se cache-t-il sous le vocable d’herbe ? C’est un mot quelque peu fourre-tout qui, à lui seul, dit bien peu de chose, raison pour laquelle on l’a très souvent augmenté de divers supplétifs. Pour s’en convaincre, il suffit de s’en référer à l’index des noms français savants et populaires du monumental ouvrage de Paul-Victor Fournier (Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France). Aux pages 1018-1020, ce ne sont pas moins de 269 plantes qui sont listées. Y lira-t-on « herbe aux jointures » ou « herbe aux sept chemises » qu’on pourra sourciller un brin, alors que d’autres locutions (« herbe aux teigneux », « herbe aux verrues », etc.) sont encore bien connues de nos jours.
Ce qui rend difficile l’identification d’une plante à travers de telles dénominations, c’est qu’un même nom peut être attribué à plusieurs plantes différentes. C’est ainsi le cas de l’hysope, de la sauge et de la verveine (toutes trois officinales) qui répondent au substantif d’herbe sacrée ! Et il en va de même pour les herbes de la Saint-Jean dont on dit communément qu’elles sont au nombre de sept (millepertuis, armoise, sauge, joubarbe, achillée, marguerite et lierre – sans qu’on sache s’il s’agit du terrestre ou du grimpant). Si Paul-Victor Fournier s’accorde pour dire qu’achillée, armoise, marguerite, millepertuis et lierre portent bien le populaire nom d’herbe de la Saint-Jean, il ne dit rien de tel pour les deux autres. En revanche, il place dans le groupe des herbes de la Saint-Jean certaines plantes qui ne figurent pas dans le fameux groupe des sept. C’est le cas de la coronille bigarrée (Coronilla varia) et de l’orpin reprise (Sedum telephium). Il y aurait donc bien plus que sept herbes de la Saint-Jean. Tentons de savoir pourquoi.

Millepertuis

LINNÉ S’EN MÊLE

Si la liste d’herbes à mille maux/mots de Paul-Victor Fournier est conséquente, elle est loin d’être exhaustive, loin s’en faut. Aujourd’hui, ces appellations sont bien moins employées, on se réfère davantage au nom commun français, mieux, au nom botanique en latin, méthode initiée par Linné au XVIII ème siècle. Le latin scientifique aurait-il fait perdre son charme aux appellations vernaculaires qu’on ne les emploie plus guère aujourd’hui ? Le siècle des Lumières de Linné chercha-t-il par là un moyen de conjurer l’obscurantisme lié à des noms aussi étranges que saugrenus, noms vernaculaires qui changent d’un pays à l’autre, pis, d’une région à l’autre ?
Ainsi donc, la désignation « herbe de ceci » ou « herbe de cela » ne rend pas forcément simple la distinction des plantes dont on parle. Ainsi, les herbes de la Saint-Jean sont-elles légion. Tout comme il existe différentes armoises (parfois appelée artémise, ce qui entretient une confusion avec l’absinthe), on dénombre plusieurs espèces de millepertuis, les mots armoise et millepertuis devant être entendus comme génériques.
Bien plus, un auteur du XVI ème siècle, Jean II Bauhin, s’est employé à rédiger un petit opuscule qui regroupe l’ensemble des herbes dites de Saint-Jean de son époque. Il en compte pas moins de 60, parmi lesquelles on retrouve la sauge, le millepertuis et l’armoise, mais également d’autres telles que le chiendent, la bardane et la verveine officinale.
On ne peut donc restreindre cette liste à sept plantes, les sources diffèrent quant au nombre et à l’identité des dites plantes. Si mes comptes sont bons, plus d’une douzaine de plantes évoquées ici répondent au nom d’herbe de la Saint-Jean.

Achillée

TOUTES PLANTES DE SAINT-JEAN MAIS TOUTES DISSEMBLABLES

En effet. Ce qu’elles possèdent en commun, c’est d’avoir été attribuées à Saint-Jean Baptiste, dont la fête se situe le 24 juin, c’est-à-dire peu ou prou à proximité temporelle du solstice d’été. Chez nombre de plantes listées ici-même, l’apogée de la floraison se situe justement à cette période. Le solstice d’été est également nommé porte solsticiale descendante, puisque c’est à ce moment de l’année que s’amorce la descente vers l’obscurité ; le solstice marquant, quant à lui, l’apogée de la course du soleil qui est alors à son zénith. Ainsi donc a-t-on fait de cette date (liée à la Saint-Jean) la fête du soleil. Ces plantes représentent donc l’ « énergie solaire condensée et manifestée […]. Elles captent les forces ignées de la terre et reçoivent l’énergie solaire. Elles accumulent cette puissance. D’où leurs propriétés guérisseuses ou vénéneuses » (1). Et, ici, pas de dualisme entre bien et mal, seul l’emploi intentionnel ou pas fait qu’elles sont bénéfiques ou pas. Sans compter que certaines sont dédiées à des divinités (Artémis, Zeus, etc.) dont l’ambivalence ne fait pas de doute.
« Si les plantes ont des vertus médicinales, c’est qu’elles sont elles-mêmes des dons du ciel et les racines de la vie. On les invoque comme des divinités, comme si chacune d’entre-elles était l’émanation particulière d’une divinité » (2). Mais, n’y a-t-il pas un glissement de sens à travers l’attribution de toutes ces plantes à Jean le Baptiste qu’on invoque contre épidémies, épilepsie, spasmes et convulsions ? Qu’on rapporte, selon une légende, que Saint-Jean Baptiste utilisa couronne et ceinture faites d’armoise lorsqu’il était dans le désert, ne signifie en aucun cas qu’il ait employé également les autres plantes. Ne faut-il pas voir là une volonté de christianisation d’un rite païen plus ancien, qui s’illustre à travers une pratique qui a toujours cours aujourd’hui, les feux de la Saint-Jean ? Avant d’en arriver là, évoquons, pour quelques-unes des plantes de la Saint-Jean quelques traits anecdotiques.

TRIUMVIRAT SACRÉ

« Le millepertuis, que les Anciens considéraient comme une plante douée du pouvoir de chasser les démons, s’appelle aussi chasse-diable, herbe de la Saint-Jean [ndr : depuis au moins le XIV ème siècle], et la tradition veut d’ailleurs que la cueillette s’effectue le 24 juin à midi » (3).

De l’armoise, « on croyait que la plante avait toute sa vertu au solstice d’été […]. On attribuait surtout de grandes vertus antiépileptiques aux fragments de vielles racines noircis […] que l’on cherchait sous les souches d’armoise à la veille de la Saint-Jean » (4). Rappelons au passage que Jean le Baptiste était patron des épileptiques.

« La sauge était considérée comme une plante sacrée par les Grecs, et il était d’usage d’en offrir aux dieux afin de les disposer favorablement à l’égard des sollicitations » (5). Mais il est possible de penser que le rituel de la fête du soleil recherchait les mêmes effets en vertu des différentes autres plantes que l’on jetait dans le foyer. Cela s’illustre à travers l’emploi que l’on peut faire encore aujourd’hui de l’oliban et du tabac, entre autres pourvoyeurs de prières.

Sauge

Quant à l’oracle sentimental qu’est la margarita, la barbe de Jupiter censée écarter la foudre ou les sourcils de Vénus (c’est ainsi que l’on nomme l’achillée depuis le VI ème siècle au moins), quand bien même on les désigne toutes comme herbes de Saint-Jean, il est difficile de les lier au baptiste, cousin de Jésus. Ceci étant dit, cela ne veut pas dire qu’on ne les employa pas lors du rituel païen solsticial (puis christianisé) selon les mêmes raisons évoquées plus haut. Procéder à un rituel de la Saint-Jean, c’est faire preuve de dévotion et d’abandon. La magie s’entremêle aux vertus curatives de plantes qu’on connaît plus ou moins empiriquement, le tout sur fond d’appel aux divinités. Devant de telles manifestations, à grand renfort de brasiers, il n’est pas étonnant que ces pratiques aient été fustigées, car diabolisées, par l’Aigle de Meaux au XVII ème siècle, par exemple. Malgré toutes ces réprobations, la pratique consistant à « jeter des herbes par-dessus le feu, en cueillir le midi, ou à jeun, en porter sur soi » (6) ne cessa pas, bien au contraire, elle redoubla, ce qui amena l’évêque d’Amiens à ordonner en 1656 que ces feux soient désormais embrasés par des dignitaires ecclésiastiques. Cependant, malgré cet encadrement du rite par l’Église, ces pratiques liées au feu ne furent pas abandonnées ni même celles consistant à se rendre aux sources miraculeuses durant la nuit de la Saint-Jean.

feu

SURVIVANCE

Frappés d’anathème, inféodés aux pressions religieuses ou autres, ici comme ailleurs, les rites s’adaptent. C’est cela qui a permis la survivance de ce rite si particulier. Et c’est très bien. C’est ce qui rend ce type de manifestations si vivaces alors qu’ils seraient condamnées à la déshérence et à l’oubli si on souhaitait les reproduire à l’identique, à l’infini.
Aujourd’hui, pour peu qu’on se renseigne, de la Normandie à l’Alsace, de la Belgique au Roussillon en passant par la Bretagne, chaque année, les plantes de la Saint-Jean crépitent encore dans le feu des brasiers. Et, si l’on est attentif, peut-être surprendra-t-on l’esprit de Déméter…


PROLOGOMENON

En finalité, toute plante est (ou peut être) une herbe de la Saint-Jean. Si vous vous êtes renseignés sur ses multiples propriétés. Que vous la jetiez dans un feu, ou dans un ruisseau ou ailleurs.
Parce que, pour que cette pensée soit vivace, il ne faut simplement pas s’arrêter à ce que de grands chantres ont dit par le passé. Soit, il est bon de prendre connaissance de leurs paroles si désuètes qu’elles puissent par(être). Mais j’abhorre l’immobilisme de la pensée, je ne suis pas un natif des Verseaux pour rien !
C’est pour cela, très cher lecteur, que je t’invite à penser par toi-même, de la même façon que je pense par moi-même. S’il y a eu de grands pontes avant toi, moi et les autres, qui nous dit que nous ne contenons pas en nous-mêmes certaines parcelles de vérité ?

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  1. Dictionnaire des symboles, Jean Chevalier & Alain Gheerbrant, p. 764
  2. Ibid. p. 764
  3. La pharmacie du bon dieu, Fabrice Bardeau, p. 182-183
  4. Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, Paul-Victor Fournier, p. 105
  5. La pharmacie du bon dieu, Fabrice Bardeau, p. 261
  6. Une histoire des médecines populaires, Herbes, magies, prières, Yvan Brohard & Jean-François Leblond, p. 24-25

© Books of Dante – 2013

Millepertuis : le chasse-diable

Hypericum perforatum-3

Synonymes : Chasse-diable, Herbe de la Saint-Jean, Herbe aux mille trous, Herbe aux piqûres, Herbe percée.

Perforatum, millepertuis, herbe percée… L’ensemble de ces substantifs et adjectifs fait référence aux milliers de petits trous que l’on aperçoit sur les feuilles quand on regarde les rayons du soleil à travers elles.
En revanche, hypericum se décompose comme suit : hyper, du grec, ce qui signifie « au-dessus » et de eikon, « image » (qui donnera plus tard icône). Au-dessus de l’image ? Le sens s’explique du fait que les Grecs anciens en protégeaient les statues des divinités en suspendant des bouquets de millepertuis au-dessus d’elles en vue d’en éloigner les mauvais esprits et les démons, d’où le nom de chasse-diable (fuga demonium) que l’on donne parfois à la plante et qui rend bien compte de la puissance du millepertuis contre les attaques occultes, tout comme les dépressions nerveuses peuvent l’être (au Moyen-Âge, on parle volontiers de possession au lieu de dépression). Le millepertuis est considéré depuis longtemps comme capable de chasser les idées noires et d’éloigner la foudre.
Pour se venger du millepertuis, le Diable chercha à le détruire en dévorant ses feuilles, morsures qui laissèrent en vue les myriades de petits trous qui constellent l’Hypericum perforatum.

Très étrangement, au Moyen-Âge, alors que le millepertuis a fait ses preuves en tant que plante médicinale en Allemagne et en Europe du Nord contre, notamment, « les maladies de langueur », Hildegarde de Bingen n’en fait absolument pas cas. Elle précise que cette plante est juste assez bonne pour être donnée en pâture aux animaux et qu’elle ne convient pas à la médecine. Hildegarde aura fait d’autres erreurs, comme avec l’oignon, par exemple. Mais elle reste cependant une très grande phytothérapeute médiévale.
Le millepertuis ne prendra son nom d’herbe de la Saint-Jean qu’au XIV ème siècle. Alors, ses fleurs seront utilisées pour leurs vertus apéritives et vulnéraires, bien que cette capacité cicatrisante ait été vantée un peu plus tôt, au XIII ème siècle, par l’école de médecine de Montpellier qui considérait le millepertuis comme le plus puissant des vulnéraires. Cette propriété semble trouver son origine au temps des croisades (XI ème – XIII ème siècles). En effet, les chevaliers de la Saint-Jean de Jérusalem s’en servaient pour soulager les plaies et les brûlures sur les champs de bataille. Peut-on en déduire qu’ils connaissaient déjà les vertus antiseptiques et cicatrisantes de la fameuse huile rouge dont nous exposerons un peu plus loin le modus operandi d’obtention ?
Le millepertuis n’est pas l’unique herbe de la Saint-Jean. On en compte six autres : l’armoise (Artemisia vulgaris), la joubarbe (Sempervivum tectorum), le lierre terrestre (Glechoma hederaceum), la marguerite (Chrysenthemum leucanthenum), l’achillée millefeuille (Achillea millefolium) et la sauge (Salvia officinalis). Pour qu’elles conservent leurs pouvoirs, il faut les cueillir le jour de la Saint-Jean, entre l’aube et le coucher du soleil, en marchant à reculons… (bonjour les chutes !)

Hypericum perforatum

La théorie des signatures nous explique que cette plante solaire qui s’épanouit particulièrement lors du solstice d’été est une plante dont la symbolique nous renvoie directement à sa capacité à chasser les affres de la dépression et ses grisailles. Le millepertuis préserve des esprits malins qui sont autant d’exemples, à notre époque moderne, des difficultés que nous pouvons rencontrer, dès lors que notre soleil intérieur s’estompe, voire disparaît. Et, sur ce point, la théorie des signatures ne s’y est pas trompée. Le millepertuis modifie le taux de sérotonine dans le cerveau, ce qui augmente ainsi la sensation de bien-être général. Il aide à supprimer la douleur et facilite le sommeil, lutte contre l’insomnie, l’angoisse et la dépression légère à moyenne (sédatif et équilibrant du système nerveux).
Si l’usage interne du millepertuis permet de ramener en soi le soleil, il est important de mentionner que ce même usage n’autorise pas l’exposition au soleil, puisque cette plante est photosensibilisante. Pour cela, un court extrait d’un ouvrage de Jean-Marie Pelt, Les nouveaux remèdes naturels, Arthème Fayard, 2001.

« Plante étrange, en vérité, que ce millepertuis qui entretient décidément avec le soleil des liens privilégiés. En 1920, en effet, on s’aperçut que des herbivores à robe claire ayant brouté du millepertuis présentaient, lors d’une forte exposition au soleil, des œdèmes et des érythèmes sur les muqueuses et les parties dépigmentées de la peau. Dans certains cas plus sévères, les animaux étaient frappés d’une intense agitation avec diarrhées, dermatites et perturbations du rythme cardiaque. Des cas mortels furent même rapportés.
Ces signes de photosensibilisation ne se manifestaient qu’après ingestion du millepertuis par le bétail et forte exposition au soleil. Le contact externe de la plante avec la peau reste sans effet. Mais, consommée, la plante rend la peau extraordinairement sensible aux rayons solaires… »

Chez l’homme, l’exposition solaire après une prise régulière de millepertuis est susceptible de provoquer des dermatites, gonflements et autres brûlures cutanées. Cependant, l’usage du millepertuis sous forme d’infusion présente un risque négligeable, puisque l’hypericine (responsable de l’effet photosensibilisant) est très peu soluble dans l’eau. A contrario, l’usage externe du millepertuis soigne les agressions solaires ! En résumé :

Millepertuis en usage interne => pas d’exposition solaire
Après exposition solaire douloureuse => millepertuis en usage externe


Et c’est là que nous allons reparler de la fameuse huile rouge ! Elle est issue de la macération, voire de la digestion, de fleurs de millepertuis dans de l’huile d’olive pendant quatre à six semaines. Petit à petit, de par la présence d’hypericine qui joue le rôle de pigment naturel, l’huile se teinte de rouge framboise soutenu, parfois de pourpre. Cette très belle huile est applicable sur coups de soleil, brûlures légères, irritations cutanées, érythèmes, ainsi que sur plaies bénignes et petites coupures.
Ayant des propriétés anti-inflammatoires, elle s’utilise également en massage (avec ou sans huiles essentielles additionnelles) sur les douleurs rhumatismales et les lumbagos, sans oublier les entorses, les luxations, les hématomes, les crampes et les névralgies.

Hormis ces caractéristiques principes, le millepertuis intervient en interne dans un certain nombre d’affections et met en valeur d’autres de ses propriétés : tonique hépatique et biliaire, fébrifuge, tonique de la circulation sanguine. Il intervient également sur la sphère respiratoire dans des cas d’asthme et de bronchites comme le notait déjà Cazin au XIX ème siècle.

Étant un remède naturel, il n’en reste pas moins que l’usage du millepertuis (particulièrement en interne) est soumis à condition du fait des possibles interactions qui peuvent exister entre cette plante et un certain nombre de médicaments de synthèse (cardiotoniques, anti-asthmatiques, etc.), ainsi que certains contraceptifs oraux. En cas de doute, on évitera donc les prises parallèles.

Le millepertuis est une plante vivace aux tiges robustes et ligneuses dont la taille est comprise entre 20 et 60 cm la plupart du temps. Les feuilles sont ovales et comptent de nombreux petits points translucides qui sont visibles à contre-jour ; et ne sont pas autre chose que de minuscules vésicules contenant un pigment rouge pourpre.
Les fleurs, cinq pétales jaune d’or, mesurent généralement 2 cm de diamètre et sont groupées en inflorescences peu denses à l’odeur citronnée un peu forte, mais très particulière. La floraison se déroule du mois de mai au mois d’août, voire septembre. Après floraison, on voit apparaître de petits fruits coniques de couleur brune.

Hypericum perforatum-2

Cette plante est très commune. Elle peut grimper jusqu’à 2000 m d’altitude. Elle est prolifique, aime beaucoup le soleil ( !) ainsi que les sols drainés et relativement secs.
Elle affectionne particulièrement les prairies, les bordures de chemins, les bois clairs et assez lumineux, les talus et les pelouses mi-sèches.

Le millepertuis en thérapie :

1. Parties utilisées : fleurs, feuilles

2. Principes actifs : huile essentielle, flavonoïdes, tannins, hypericine, pectine, résine

3. Propriétés médicinales :
antidépresseur, sédatif, équilibrant du système nerveux, apéritif, digestif, astringent, diurétique, fébrifuge, antiseptique, anti-inflammatoire, antibiotique, antiviral, vermifuge, cicatrisant

4. Usages thérapeutiques : insomnie, angoisse, déprime, cystite/infections urinaires, hémorroïdes, varices, constipation, troubles hépatiques, coups de soleil, brûlure légère, irritations cutanées, piqûres d’insectes, ulcères cutanés, plaies bénignes, coupures, rhumatismes et lumbago, soulager les douleurs liées aux entorses, luxations, hématomes et zonas

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