Les huiles essentielles à monoterpénols

Comme cela peut être le cas des monoterpènes ou des sesquiterpènes, on trouve les monoterpénols dans bien des huiles essentielles, parfois en masse ou de façon plus anecdotique. Nous n’élaborerons pas de répertoire exhaustif à propos des monoterpénols, nous nous contenterons de citer les plus courants, leurs propriétés thérapeutiques, ainsi que les huiles essentielles à monoterpénols majeures.

Premier constat : quand on compare un monoterpénol à un phénol, on dirait que le premier est le petit frère de l’autre. Et, en effet, les monoterpénols sont la meilleure alternative aux phénols. Cette classe moléculaire concentre de grandes qualités thérapeutiques sans occasionner les inconvénients de la classe phénolique. On pourrait presque dire que les monoterpénols sont moins puissants mais plus doux que les phénols, mais ces deux types de familles moléculaires ne s’utilisent pas de la même façon. Les monoterpénols sont plus yin que yang, ils sont peu agressifs, pas dermocaustiques ni hépatotoxiques, ce qui fait qu’ils sont tout à fait adaptés à un traitement au long cours, alors que c’est difficilement réalisable avec les phénols, beaucoup plus yang, qui tapent sur tout ce qui bouge. Avec eux, c’est la blitzkrieg, en somme ^^

Pour reconnaître les monoterpénols, c’est très simple, il suffit de vérifier dans chaque mot si le suffixe -ol s’y trouve, comme dans géraniol, linalol, etc. Cependant, attention aux faux amis que sont l’eugénol, le thymol, le carvacrol… Bien qu’ils se terminent également par -ol, ce ne sont pas des monoterpénols, mais des phénols. Listons, parmi les monoterpénols, les plus courants et les huiles essentielles qui en contiennent :

  • Linalol : petit grain bigarade, lavande fine, lavande aspic, bois de rose, bois de Hô, hysope couchée, thym vulgaire à linalol
  • Géraniol : palmarosa, thym vulgaire à géraniol
  • Thujanol : marjolaine à coquilles, thym vulgaire à thujanol
  • Bornéol : thym à feuilles de sarriette
  • Menthol : menthe poivrée, menthe des champs
  • Citronnellol : géranium, rose de Damas
  • Alpha-terpinéol : ravintsara, eucalyptus radié
  • Terpinène-1-ol-4 : arbre à thé

Référentiel_électrique_phénols_monoterpénols

Passons maintenant en revue les principales propriétés thérapeutiques du groupe des monoterpénols. En observant le référentiel électrique ci-dessus, nous constatons que phénols et monoterpénols ont encore bien des points communs : ce sont des molécules polaires et positivantes. Partant de là, nous pouvons émettre l’hypothèse que leurs propriétés sont identiques. Et, bingo ! c’est bien le cas. On note cependant une puissance moindre de la part des monoterpénols. Si les phénols sont placés dans le groupe 1 des anti-infectieux, les monoterpénols ne sont classés « que » dans le deuxième groupe. Les monoterpénols ne sont pas des anti-infectieux spécifiques pour autant, ils présentent un très large spectre d’action sur virus, champignons, parasites et bactéries, et ce tout en respectant la flore intestinale, ce ne sont donc pas des antibiotiques aveugles, bêtes et méchants. Ils sont aussi immunomodulants, c’est là un de leurs aspects yin : ce sont des correcteurs de terrains qui, doublé de l’aspect yang (anti-infectieux) fait merveille sur bien des infections. C’est une chose très intéressante, en relation avec la propriété anti-oxydante de la plupart des huiles essentielles. Leur pH plus ou moins acide corrige les terrains alcalins qu’apprécient follement bactéries et virus. Les monoterpénols sont comme cela, non seulement ils tirent le tapis sous les pieds de ces hôtes indésirables mais, de plus, leurs administrent une paire de gifles. Ensuite, on peut dire des monoterpénols qu’ils agissent sur notre psychisme, qu’ils calment et tonifient également : ce sont des rééquilibrants nerveux (là, vous devriez penser intensément à la lavande, au petit grain bigarade, au bois de rose, etc. ^^). Les huiles essentielles qui en contiennent sont spécialement destinées aux tempéraments nerveux, puisque les monoterpénols apportent équilibre et sérénité, et peuvent avantageusement s’accompagner de techniques de gestion du stress (méditation, relaxation…).
Bien évidemment, chacune des molécules appartenant au groupe des monoterpénols diffère dans les activités communes que nous venons de lister. Par exemple, le géraniol est le plus anti-infectieux d’entre eux, le menthol le plus anesthésiant, le linalol le plus antinociceptif, le bornéol le plus immunomodulant, etc. Et, chose qu’il ne faut certainement pas omettre de préciser, chacune de ces molécules possède une corde à son arc que les autres n’ont pas. Par exemple, le linalol est un astringent, le thujanol un régénérateur hépatocytaire, le citronnellol un insectifuge.

Bon, ce portrait me semble idyllique.

Oui, parce qu’on n’observe pas de dermocausticité ni d’hépatotoxicité avec les monoterpénols, contrairement aux phénols. Moi qui applique les huiles essentielles pure sur la peau (la mienne) la plupart du temps, j’ai depuis longtemps remarqué le caractère non agressif des huiles essentielles à monoterpénols. Donc, dans le cas où on a affaire à une huile essentielle fortement dotée de monoterpénols, dans beaucoup de cas, on peut l’ingérer et l’appliquer pure sur la peau. C’est même vrai chez la femme enceinte, dans une moindre mesure chez le jeune enfant, où ce type d’huile devra être dilué, bien entendu.

Non, parce que certains monoterpénols peuvent poser quelques soucis. Par exemple, le menthol, présent dans menthe poivrée et menthe des champs entre autres, peut perturber les personnes sujettes à des troubles du rythme cardiaque. Par ailleurs, géraniol, linalol, citronnellol et alpha-terpinéol sont (légèrement) hypotensifs par vasodilatation. Les personnes en hypotension éviteront donc ces molécules, et les huiles essentielles qui en contiennent, surtout massivement. Pour finir, je ne vous cache pas que certains monoterpénols sont potentiellement allergisants. C’est le cas du citronnellol, du géraniol et du linalol, parmi les plus connues. Je le sais bien, j’y ai été sujet avec de l’huile essentielle de géranium qui contient ces trois mêmes molécules, mais jamais avec l’huile essentielle de rose de Damas qui les recèle également. Allez savoir… ;-)

Petit addenda. Nous trouvons aussi des monoterpénols dans les huiles essentielles suivantes : basilic tropical à linalol, cajeput, ciste ladanifère, épinette noire, eucalyptus citronné, hélichryse d’Italie, laurier noble, lavandins, lentisque pistachier, litsée, saro, myrte commun, citronnelle de Ceylan, citronnelle de Java, lemongrass…

Voilà, voilà, merci de m’avoir lu et à bientôt pour un tout nouvel article qui portera sur une des huiles essentielles abordées ici ! :-)

© Books of Dante – 2014

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