Qu’est-ce qu’une plante médicinale ?

Image© Books of Dante

Selon la définition stricte de la circulaire n°346 du 2 juillet 1979, une plante médicinale est « une plante présentant des propriétés médicamenteuses, sans avoir ni ne pouvant avoir aucune utilisation alimentaire, condimentaire et hygiénique. »

A la lecture de ces quelques lignes, il apparaît donc que le persil n’est pas une plante médicinale puisqu’on l’utilise comme condiment. De la même façon, le chou n’est pas non plus une plante médicinale puisqu’on le mange.

Il est donc logique de dire que cette circulaire ne correspond en rien à la réalité, en compartimentant les plantes dans des cases, on ne rend pas compte de leurs multiples richesses. Par exemple, parmi l’ensemble des plantes qu’emploie la phytothérapie, certaines comme le poireau sont tout autant comestibles que médicinales, d’autres, comme la sauge, sont à la fois aromatiques et médicinales.

Si l’on respecte à la lettre la définition de cette circulaire, on se rend rapidement compte d’un problème d’importance : il reste bien peu de plantes dans le panier des végétaux médicinaux, à strictement parler.

Voyons donc plus largement. Une plante médicinale est un végétal doté de pouvoirs thérapeutiques préventifs et curatifs et qui ne présente aucune toxicité à dose normale (et encore que cette dernière notion soit tout à fait relative, puisque la dose est fonction de l’individu, de sa morphologie, de son âge, de la pathologie qu’il présente – à la même dose, la digitale peut sauver un cardiaque alors qu’elle tuera un individu sain).

A la lumière de cette définition moins restrictive, il est tout à fait normal de faire entrer dans le club des plantes médicinales l’ail et l’oignon, le fraisier et le cassis, etc.

Ainsi donc, l’on trouve des plantes médicinales dans différentes catégories de plantes (catégories socialement et humainement instituées. Par exemple :

-Les légumes : la carotte,

-Les fruits : la cerise,

-Les aromates : le thym,

-Les « utilitaires » : le lin,

-Etc.

Le club des plantes médicinales n’est donc pas si fermé que cela. Il est mouvant. Parfois, on intègre de nouvelles plantes à la pharmacopée en vertu d’études ayant démontré scientifiquement leurs effets thérapeutiques. Parfois, c’est l’inverse qui se produit, on retire des plantes de la pharmacopée (comme cela fut le cas du chanvre indien en 1954 en France) parce qu’elles ont démontré plus de nocivité que d’innocuité.

A l’heure actuelle en France, il y a 149 plantes médicinales qui peuvent être vendues en dehors des pharmacies. Elles sont donc en vente libre mais soumises à condition et réglementées (cf. le décret n°2008-841 du 22 août 2008 relatif à la vente au public des plantes médicinales inscrites à la pharmacopée).

Ces plantes doivent faire mention de leur nom latin et de la partie utilisée de la plante mise en vente. Surtout, elles ne doivent pas mentionner qu’elles sont d’usage médicinal, interdiction qui ne vaut pas pour l’ensemble de ces 149 plantes lorsqu’elles sont vendues en pharmacie ainsi que pour toutes celles qui se trouvent sous le stricte monopole du pharmacien.

© Books of Dante – 2010

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