Huile essentielle de palmarosa

Palmarosa_herbe

Produite depuis le XVIII ème siècle au moins, l’huile essentielle de palmarosa s’obtient en distillant les longues feuilles aromatiques de cette grande herbe vivace. Très tôt la note olfactive de cette huile essentielle n’est pas tombée dans le nez d’un anosmique, et c’est ainsi qu’elle n’a pas échappé aux faussaires. En effet, elle a été utilisée (probablement qu’on l’utilise encore…) pour couper celle de rose de Damas, autrement plus onéreuse, alors que l’huile essentielle de palmarosa reste relativement bon marché. Si le palmarosa est intéressant pour falsifier la rose c’est que ces deux huiles contiennent des molécules communes parmi lesquelles le géraniol et l’acétate de géranyle. Cependant, l’huile essentielle de palmarosa ne peut en aucun cas totalement remplacer celle de rose, du fait de la quasi absence chez cette huile de citronnellol, l’un des composants majoritaires de l’huile essentielle de rose de Damas. Et il est vrai qu’aujourd’hui encore les parfumeurs situent olfactivement le palmarosa entre le géranium odorant et la rose de Damas, bien qu’il soit plus proche du premier que de la seconde. Certes, on y retrouve une note de rose, mais également une odeur chaude assez prononcée, un peu « piquante », légèrement acidulée et citronnée.
Parlons un peu molécules : un monoterpénol – le géraniol – est présent massivement dans l’huile essentielle de palmarosa (78 % en moyenne), puis vient un ester – l’acétate de géranyle – (14 % environ).

Propriétés thérapeutiques

  • Anti-infectieuse (1) : antibactérienne à large spectre (Escherichia coli, Salmonella enterica…), antifongique (Candida albicans, Trichophyton sp., Penicillium digitatum, Sacharomyces cerevisiae…), antivirale, antiparasitaire, vermifuge
  • Immunomodulante, positivante
  • Neurotonique, neurotrope, calmante, relaxante
  • Anti-inflammatoire
  • Tonique utérine
  • Draineuse lymphatique
  • Cicatrisante, astringente, régénératrice cutanée, antitranspirante, régulatrice des excès de sébum
  • Insectifuge (2)
  • Activité antitumorale (cf. géraniol)

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère digestive : spasmes gastro-intestinaux, ballonnements, gastro-entérite, candidose, parasites intestinaux (oxyures), mycose buccale
  • Troubles de la sphère urinaire : cystite, urétrite
  • Troubles de la sphère pulmonaire et ORL : rhinopharyngite, bronchite, otite, sinusite, angine
  • Troubles de la sphère gynécologique : salpingite, vaginite, candidose, cervicite, dysplasie du col de l’utérus
  • Troubles cutanés : acné, impétigo, plaie, plaie atone, eczéma, escarre, dermatophyte, candidose, onychomycose, pied d’athlète, lichen plan, mycose unguéale, peau grasse, rides, transpiration excessive, pellicules
  • Tachycardie, hypertension
  • Rhumatismes
  • Rétention d’eau, cellulite
  • Asthénie physique, nerveuse et intellectuelle, stress, agitation, irritabilité, sautes d’humeur, déprime, trouble du sommeil
  • Protection contre le paludisme, répulsion des moustiques communs (Ochlerotalus triseriatus…) et de ceux vecteurs du chikungunya (Aedes albopictus) et de l’encéphalite de Saint-Louis (Culex nigripalpus)
  • Condylome
  • Mastose, mastite
  • Préparation à l’accouchement (pendant l’accouchement ou trois semaines à l’avance au grand maximum)

Note : sur le caractère antimycosique de l’huile essentielle de palmarosa, il est bien entendu qu’il faut aussi veiller aux facteurs favorisant les mycoses (excès d’humidité par macération, transpiration excessive, chaleur, acidité de la peau, etc.).

Propriétés psycho-émotionnelles et énergétiques

  • En médecine ayurvédique, le palmarosa est utilisé contre les fièvres et les inflammations (douleurs rhumatismales, névralgies, lumbagos, sciatiques, etc.) alors que la médecine traditionnelle chinoise le destine à rafraîchir et à apaiser les excès de feu (abaisse le Yang, fortifie le Yin). Mais que sont donc les fièvres et autres inflammations sinon des excès de feu ? Voilà pourquoi l’huile essentielle de palmarosa apaise les émotions flamboyantes et dévastatrices du feu que sont l’irritabilité, le stress, la colère, l’hystérie, l’excitation, l’agitation, l’hyperémotivité, la fébrilité (autre forme de fièvre).
  • Elle permet aussi l’harmonisation des personnes qui se sentent mal dans leur peau, l’huile essentielle de palmarosa étant, avec celle de bois de rose, propre au traitement des troubles cutanés comme nous l’avons vu plus haut. Ainsi donc, elle intervient sur la sensation d’être « mal dans sa peau », état qui peut se traduire par diverses affections cutanées, la peau étant le miroir des troubles intérieurs selon un couple dépression/immunodépression, ou bien infection/souillure. Parce que, comme le dit Jacques Martel dans son Grand dictionnaire des malaises et des maladies, « la peau est une couche protectrice qui cerne avec précision mon espace vital et qui laisse transparaître fidèlement et inconsciemment mon état intérieur : il y a donc un lien dans mon rapport avec mon entourage. Ma peau est le prolongement de mon ressenti, de ma vie intérieure ». Un « mal dans sa peau » se traduisant par un mal dans la peau (acné, eczéma, etc.).

Modes d’emploi

  • Voie orale
  • Voie cutanée (pure ou diluée en fonction du degré de tolérance cutanée)
  • Olfaction
  • Diffusion atmosphérique

Contre-indications, précautions d’emploi

  • Huile essentielle déconseillée durant la grossesse, sauf en cas de préparation à l’accouchement comme nous l’avons indiqué plus haut.
  • Le géraniol est inscrit parmi la liste des substances potentiellement allergisantes pour la peau. Avant tout emploi cutané, assurez-vous de l’absence de réaction en procédant au test dit du « pli du coude », à plus forte raison si vous souhaitez l’utiliser à l’état pur. Cependant, sachez que malgré toutes les précautions prises (dilution dans une huile végétale…), on observe parfois quelques rares cas de dermatites de contact.
  • En diffusion atmosphérique, il est recommandé de marier l’huile essentielle de palmarosa à une ou plusieurs autres huiles essentielles, en raison de son caractère rapidement entêtant.
  • Qu’on le surnomme foin de chameau, jonc odorant ou encore géranium des Indes, le palmarosa est une herbe typique du sous-continent indien ; mais on le rencontre aussi à proximité (Vietnam, Malaisie) ou dans d’autres zones géographiques où il a été implanté (Amérique su sud, Amérique centrale, Madagascar).
    _______________
    1. Le géraniol est le principal responsable de cette activité. Il est, parmi les monoterpénols, la molécule la plus anti-infectieuse qui soit, même si son pouvoir anti-infectieux est moindre que celui des phénols (thymol, carvacrol…). En revanche, il est moins agressif.
    2. L’huile essentielle de palmarosa est plus active dans son action répulsive si elle est accompagnée d’une autre huile à haute teneur en citronnellol, telles que citronnelle de Java, citronnelle de Ceylan, eucalyptus citronné, géranium odorant…

© Books of Dante – 2016

Palmarosa_fleurs

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4 réflexions sur “Huile essentielle de palmarosa

    • Je dois dire que, en général, les cymbopogon me laissent de marbre. Lemongrass et autres citronnelles, brr. Trop terreux et âcres pour moi. Mais ce Cymbopogon martinii n’a vraiment rien à voir avec les précédents. Je viens d’en commander un flacon d’un producteur malgache, j’en attends une belle surprise ! :)

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