Les scrofulaires (Scrophularia sp.)

  • Scrofulaire noueuse (Scrophularia nodosa). Synonymes : grande scrofulaire, scrofulaire des bois, grande morelle, herbe aux écrouelles, agrouelles, herbe aux hémorroïdes (figwort en anglais), herbe au siège, herbe aux hémorragies, orvale.
  • Scrofulaire aquatique (Scrophularia aquatica). Synonymes : scrofulaire à oreillettes, bétoine d’eau, orvale d’eau, grande morelle, herbe carrée, herbe aux écrouelles, herbe du siège1.
Scrofulaire noueuse (Danny Steven – wikimedia commons)

Parfaitement ignorées de l’Antiquité et du Moyen-Âge, les scrofulaires firent de timides débuts au XVIe siècle, repérées par Jérôme Bock et Léonard Fuchs comme remède anti-hémorroïdal, vulnéraire et plus spécifiquement des maladies de la peau. Cela peut passer pour anecdotique, comme ça, mais derrière l’étrange nom de ces plantes se dissimule un pan de l’histoire médicale de l’Europe, ayant cours depuis bien plus longtemps que la date à laquelle on se décida à faire appel à elle en tant que matière thérapeutique. Afin d’entrer dans le vif du sujet, entamons donc notre propos par les bases étymologiques que posait Paul-Victor Fournier dans son Dictionnaire : « Leur nom est formé du latin scrofulae, ‘scrofule’, ‘écrouelles’, ‘tumeur ganglionnaire’, lui-même dérivé de scrofa, ‘truie’, animal sujet autrefois à cette maladie que l’on soignait par la scrofulaire »2 et par bien d’autres plantes, si j’en crois le formulaire fourni par Botan qui les recense. Les voici : « Aulne, bérule, centaurée, cochléaria, cresson, douce-amère, germandrée, fragon, gaïac, gentiane, houblon, quinquina, ményanthe, noyer, pin, sapin, pensée sauvage, radis, raifort, saponaire, tussilage »3. Valnet y ajoutait l’asperge, l’aubépine, la carotte, le céleri et le thym. Pourtant, au déroulé de ce que sont véritablement les écrouelles, on pourrait avoir l’impression de devoir enfoncer une épaisse muraille défensive avec un seul cure-dent. Et en plus, il n’y a même pas la scrofulaire dans le lot, celle-là même qu’on a appelée ainsi en raison des fabuleux pouvoirs qu’on lui a vu déployer face aux écrouelles et… euh… En fait, non. Mais, tout d’abord, que sont-ce que ces écrouelles, alias scrofule, que l’on désigne aussi sous l’inquiétant sobriquet d’abcès froid ? Eh bien, les écrouelles sont des plaies qui résultent de l’ouverture d’un abcès localisé au niveau du cou, plus précisément sur les ganglions lymphatiques, après que ceux-ci aient été infectés par le bacille de Koch responsable de la tuberculose pulmonaire. L’on use parfois du vocable de scrofuleux pour en faire un synonyme de tuberculeux, mais c’est un abus de langage, quand bien même les écrouelles sont aujourd’hui désignées par l’expression suivante : adénopathie cervicale tuberculeuse chronique. Une fois que crève l’abcès, il se nécrose, une fistule purulente et infectée se forme, puis laisse place à une cicatrice indélébile. C’est là ce que l’on peut désigner comme étant une forme de tuberculose externe. Mais parfois, « franchissant les glandes, les microbes peuvent produire une infection générale, laquelle se traduit suivant les cas par des méningites, des tumeurs blanches, une tuberculose pulmonaire, une coxalgie, un spina-ventosa, une péritonite tuberculeuse »4. Avant cela, on s’est longtemps perdus en conjecture sur ce qu’étaient vraiment les écrouelles, enfin, lorsqu’on avait réellement affaire à elles, puisque le terme médical d’écrouelles, véritable fourre-tout, renvoie tant à des affections scrofuleuses proprement dites qu’à des affections confondues avec elles. Ainsi pouvait-on dire d’un non scrofuleux qu’il avait la scrofule, terminologie aussi galvaudée que les mots lèpre et peste, répondant à tout et n’importe quoi, et ne favorisant donc pas la représentation claire et nette de la maladie et, partant, de sa remédiation. D’où la longue liste de plantes communiquée par Botan un peu plus haut. La scrofule, c’est donc autant cette maladie grave qu’est la diathèse lymphatique, prédisposition à la tuberculose, que des infections cutanées comme le lupus, l’eczéma, l’impétigo, etc., n’ayant, bien évidemment, rien de tuberculeux. Mais prendre les unes pour les autres (et inversement), et y appliquer invariablement les mêmes remèdes, permet de comprendre que les scrofulaires aient pu guérir un eczéma mais que la carotte n’ait jamais pu venir à bout de la scrofule tuberculeuse. Si la scrofulaire, du moins celle qu’on appelle noueuse, s’est retrouvée embarquée dans le ban de l’arsenal anti-scrofuleux, il y a une parfaite explication à cela : « Ces lésions cutanées qui se forment dans les ganglions lymphatiques infectés par la tuberculose sont volumineuses, bien délimitées et fermes à la palpation. Elles ressemblent à la racine de la scrofulaire noueuse et, selon la doctrine des ‘signatures’ (qui postule que l’aspect d’une plante indique l’organe sur lequel elle a une action médicinale), on la considérait comme le remède approprié pour soigner les scrofules »5. « Est-ce aussi la raison pour laquelle elle est préconisée comme remède contre les tumeurs, voire même (sic) contre les affections cancéreuses ? Cela semble contestable car ce n’est pas la racine mais les feuilles broyées et salées que l’on apposait sur les tumeurs »6. Pourquoi cette critique ? A quoi sert-il de pinailler ? N’est-ce point déjà admirable d’avoir pu déceler cette signature ? Certes, « en traitant les propriétés sensibles […] du règne végétal comme si c’étaient les éléments d’un message, et en y découvrant des ‘signatures’ – donc des signes – les hommes ont commis des erreurs de repérage : l’élément signifiant n’était pas toujours celui qu’ils croyaient. Mais, à défaut des instruments perfectionnés qui leur auraient permis de le situer là où il est le plus souvent […], ils discernaient déjà ‘comme à travers un nuage’ des principes d’interprétation »7. Faire avec les moyens de son époque, mais, au moins, faire. Ce qui n’est déjà pas si mal. Évitons donc les anachronismes.

Cette signature explique donc l’emploi de ces plantes durant les XVIe et XVIIe siècles comme remède anti-scrofuleux. Cette croyance se répandit si vivement que « dans le Montferrat […] l’on croyait s’en guérir, rien qu’en portant dans ses poches une racine de cette plante »8, modus faciendi pas moins absurde que celui que préconisait Macer Floridus au Xe siècle, allant piocher chez Serenus Sammonicus (IIIe siècle) la bonne idée que voici : le suc de coriandre « mêlé avec de la farine de fève, et appliqué en cataplasme, guérit les scrofules et éteint l’inflammation des pustules »9. Enfin, une fois encore, tout dépend de quelle scrofule l’on parle. Et si jamais l’on avait épuisé tous les remèdes de France et de Navarre, il restait encore son plus éminent sujet, le roi de France, qui détient sa couronne de droit divin. Le roi était censé, par l’intermédiaire de ce que l’on nomme le toucher royal, posséder le pouvoir de guérir le mal du roi, morbus regius en latin, king’s evil en anglais. En effet, en France comme en Angleterre10, il incombait au roi de guérir les écrouelles par imposition des mains sur les malades. Ainsi fit-on du Moyen-Âge jusqu’au XIXe siècle. C’est ce qu’explique Marc Bloch dans son ouvrage de 1924, Les Rois thaumaturges.

L’appel au divin et au magique pour guérir une maladie n’est pas une nouveauté : par exemple, les nombreuses intercessions de la Vierge Marie et d’une cohorte de saints sont là pour le prouver. Pratique qu’on dit remonter à Clovis11, le toucher royal permettait au roi de légitimer sa souveraineté. Quel médecin serait assez fou pour ne pas arborer cet emblème de sa puissance qu’est le stéthoscope ? De même, que serait donc ce roi qui ne voudrait pas toucher le malade, afin que ce seul contact suffise à le guérir de son mal ? Louis XIV ne fit pas partie de ces rois-là, puisqu’il effectua, dit-on, le geste royal sur près de 200 000 malades12. Cela peut nous paraître absurde aujourd’hui, mais il importe de considérer la pratique au sein même de son époque : le pouvoir de guérison est intimement mêlé au sacré, et l’on sait que le roi détient son autorité de droit divin… 200 000 malades, oui. Les annales ne nous apprennent pas combien furent guéris des affections dont ils étaient les porteurs avérés ou non (souvenons-nous que le mot écrouelles était peu précis et englobait plusieurs affections peu distinguées les unes des autres). Il n’empêche qu’il est bien probable que l’effet placebo d’un tel rituel dut y être pour beaucoup, accompagné de la croyance du malade qu’il plaçait entre les mains et le pouvoir du roi. Sans croyance, pas de possibilité de guérison. Et si on y ajoute une suffisante dose de sacré, la remédiation s’effectue généralement plus vite. Le roi te touche, Dieu te guérit.

En 1733, le médecin Pierre Desault (1675-1737) signala la parenté entre la tuberculose pulmonaire – la fameuse phtisie – et celle à forme extra-pulmonaire, ganglionnaire donc, mais il fut peu écouté. Le rituel du toucher royal se poursuivit jusqu’à Charles X qui fut, en 1825, le dernier à se livrer à cet acte depuis bien longtemps expurgé de sa part de sacré.

Les scrofulaires sont des plantes vivaces glabres de taille variable (1 m pour aquatica, 0,5 à 1,5 m pour nodosa), aux tiges quadrangulaires, pleines et non ailées pour nodosa, creuses et ailées pour aquatica. Ces tiges dressées sont portées par des rhizomes caractérisés par des renflements et des bosses à leur surface – d’où l’adjectif nodosa, « noueuse », tandis que l’autre scrofulaire n’en a pas, son système racinaire étant seulement constitué d’une touffe fibreuse. Sur la forme des feuilles, on se rejoint : opposées, pétiolées, ovales-lancéolées, dentées, pointues chez la noueuse, arrondies chez l’aquatique. La fleur, chez l’une ou l’autre espèce, « se caractérise par sa corolle dissymétrique d’une seule pièce et à lobes inégaux, ses étamines soudées à la corolle, son ovaire unique libre au fond du calice et se transformant en une capsule à deux loges »13. Apparaissant chez chacune des deux espèces durant les trois mois estivaux, les fleurs de scrofulaires, bien que peu spectaculaires par leur taille (8 à 10 mm), groupées en inflorescences peu grappues, petites et terminales, n’en sont pas moins dotées de couleurs remarquables : rouge lie-de-vin brunâtre, parfois violet purpuracé ou bien davantage noirâtre tout en restant dans ces tonalités de rouge profond14. Autant le dire tout net, des couleurs peu communes pour des fleurs qui ne se contentent pas d’un jaune, d’un bleu ou d’un orange, fermes et bien identifiables.

Les fruits capsulaires des scrofulaires, sorte de ciboires végétaux, se scindent en deux parties distinctes au fur et à mesure de leur dessiccation. Quand on les ouvre, on constate qu’elles sont bourrées de petites semences brunes.

En France, nos deux scrofulaires sont assez fréquentes partout, sauf en haute montagne (S. aquatica) et dans la région méditerranéenne (S. nodosa). Elles occupent à peu près les mêmes milieux d’Europe, d’Asie centrale et d’Amérique du Nord, à savoir les sites plus ou moins marécageux, humides et ombragés, tels que les forêts mixtes ou de feuillus, les fossés, les bordures de cours d’eau, la lisière des bois frais, les haies et les clairières.

La scrofulaire noueuse et sa racine à nodosités.

Les scrofulaires en phytothérapie

En ces temps où pullulent les méthodes de thérapies dites « douces », il serait très surprenant de faire appel aux scrofulaires, tant ces plantes sont la parfaite antithèse de la bobologie surannée mode guimauve qui ne peut se concevoir qu’à grands coups de fleurs de tiaré et d’aplats de couleurs pastels. Tout d’abord, parce que la saveur amère, âcre et très nauséeuse de ces plantes n’y invite tout bonnement pas. Secundo, parce que, lorsqu’on les froisse un peu entre les mains, elles répandent une odeur fétide parfaitement désagréable, si nauséabonde qu’elles en sont repoussantes. Physiquement, je veux dire. Nauséabonde. Nausée abonde, ou faisant abonder la nausée si l’on veut dire, bien que dans nauséabonde, le –bundus final n’ait pas vraiment ce sens. Tout simplement, nauséabond, cela veut dire « être en train de devenir nauséeux », de même qu’un moribond est quelqu’un en train de mourir, un furibond en train de devenir furieux, etc.

Aujourd’hui, où l’on peut avoir envie de tirer profit de substances agréables et délicatement parfumées (une préparation qui dégage une odeur insoutenable n’est-elle pas à même d’induire un effet nocebo chez qui tente de l’absorber ?), l’on peut légitimement s’interroger sur cette « manie » qui anima nos prédécesseurs et cette drôle d’appétence pour des matières (aussi bien végétales, minérales qu’animales) qui nous apparaissent franchement absconses. Mais c’est là question culturelle. La conception de la maladie n’était pas la même, les manières d’y remédier non plus (penchez vous un peu sur l’antique médecine assyro-babylonienne, vous verrez comme c’est sympathique !… De même, les tambouilles de Louis XIV n’avaient rien de ragoûtant). Il en allait de même des substances utilisées, en l’occurrence les scrofulaires, face à la scrofule, affection non moins « charmante », comme nous l’avons vu précédemment.

De ces anciennes scrofulaires médicinales, c’est-à-dire la noueuse et l’aquatique, il existe bien peu de données actuelles qui en disent un peu plus long que les quelques bricoles que j’ai néanmoins dénichées. L’empirisme s’étant tout premièrement intéressé à la racine de ces plantes, il y a peu d’informations concernant les parties aériennes des scrofulaires, qu’au reste la médecine officielle n’a jamais trop employées, du moins que de façon très minoritaire.

Si je ne dispose d’aucune information concernant la scrofulaire aquatique, l’on peut dire, tout au contraire, qu’au sujet de la seconde, elles se bousculent au portillon. Voici donc quelques composés biochimiques qu’on y peut trouver :

  • Des iridoïdes comme l’aucubine, l’harpagoside et l’harpagide (ce qui semble rapprocher quelque peu la scrofulaire de l’harpagophytum/griffe du diable) ;
  • Des acides (butyrique, caféotannique, malique, sinapique, cinnamique, pectinique, férulique, vanillique) ;
  • Des saponines ;
  • Des flavonoïdes par wagon ;
  • Enfin des traces de glucosides cardiotoniques agissant sur le cœur et la diurèse à la manière de la digitale, quoique beaucoup plus faiblement.

Propriétés thérapeutiques

  • Stimulantes hépatiques, antidiabétiques, hypoglycémiantes, cholérétiques
  • Stimulantes et toniques générales
  • Diurétique, dépuratives
  • Stimulantes de la circulation lymphatique
  • Vulnéraires, résolutives
  • Fébrifuges légères
  • Vermifuges (?)
  • Anti-inflammatoires, antalgiques cutanées, lymphatiques et arthritiques
  • Anticancéreuses (?)

Usages thérapeutiques

  • Troubles cardiovasculaires et circulatoires : affections cardiaques bénignes, hémorroïdes, affections scrofuleuses (vice du sang, enflure et congestion des ganglions lymphatiques)
  • Troubles de la sphère hépatique : hépatisme, diabète, glycosurie15
  • Troubles de la sphère vésico-rénale : néphrite, œdème, hydropisie
  • Affections cutanées : plaie16, ulcère simple, atonique et gangreneux, acné, urticaire et toute autre irruption boutonneuse, eczéma, psoriasis, dartre, furoncle, panaris, gale, piqûre d’insecte, blessure, brûlure, enflure
  • Vers intestinaux (ascarides)
  • Affections de la gorge
  • Douleur dentaire
  • Anémie
  • Troubles locomoteurs : arthrite, arthrose, lombalgie, tendinite, rhumatisme, goutte

Modes d’emploi

  • Décoction de la racine fraîche (15 à 20 g par litre d’eau pour usage interne, 30 à 100 g par litre d’eau pour usage externe).
  • Poudre de racine à mêler dans un véhicule adapté.
  • Macération vineuse de la racine fraîche (50 g par litre de vin blanc).
  • Extrait de plante fraîche (sommités fleuries).
  • Cataplasme de feuilles hachées additionnées de sel.
  • Onguent, pommade.

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • Récolte : si l’on veut tirer profit des parties aériennes (fleuries ou non) de la scrofulaire noueuse, il faut s’y prendre de juin à juillet, c’est-à-dire pendant la floraison. Quant aux racines des deux plantes, elles se déchaussent majoritairement en automne (et au printemps en ce qui concerne celle de scrofulaire aquatique).
  • J’ai vu les scrofulaires (la seule noueuse en fait) être déclarée toxique dans trois ouvrages consultés. Un auteur met en cause l’existence d’un possible alcaloïde à l’origine de cette activité qui, si elle peut être suspectée (à défaut d’être suspecte), ne peut en aucun cas être garantie en raison de l’âcreté et de l’amertume de ces deux plantes. En revanche, il est exacte qu’aucune des deux scrofulaires n’est broutée par le bétail qui se garde généralement bien d’y mettre la dent, même si l’histoire a consigné des accidents dont pourrait être responsable la scrofulaire, laquelle provoquerait de l’hématurie, expliquant par là son surnom d’herbe à l’urine rouge. Comme elle est légèrement active sur le cœur, il faut se méfier et ne pas l’administrer chez les personnes sensibles, elle pourrait occasionner de la tachycardie. Enfin, à hautes doses, ces deux plantes purgent et font vomir, provoquent de la nausée à tout le moins. Les éviter chez la femme enceinte, celle qui allaite, les personnes âgées et les jeunes enfants découle du bon sens.
  • Autres espèces : – La scrofulaire des chiens (S. canina), plante des zones sèches, avec feuillage à l’avenant ; on la trouve généralement là où sont absentes les scrofulaires noueuse et aquatique. – La scrofulaire ailée (S. alata ou umbrosa) : jolie plante aux grandes feuilles en cœur revêtues d’un fin vernis brillant. Vue de haut, si ce n’était la couleur rouge grenat velouté de ses fleurs, elle pourrait presque passer pour une mercuriale. Si on la dit « ailée », c’est en raison d’une caractéristique propre à sa tige : si on la coupe perpendiculairement à son axe, l’on voit – à l’instar de la scrofulaire aquatique – une section carrée et, aux quatre angles, une sorte de palette aplatie comme les aubes d’un moulin à eau (cf. schéma ci-dessous). – La scrofulaire scorodoine (S. scorodonia) : typique de l’ouest de la France, cette plante possède des feuilles crénelées et comme légèrement gaufrées. – La scrofulaire du Maryland (S. marilandica) : cette scrofulaire américaine est une géante puisqu’elle peut atteindre 3 m de hauteur. Malgré une floraison aussi peu époustouflante que la plupart des autres scrofulaires, elle n’en demeure pas moins une importante source de nectar non seulement pour les abeilles mais également pour les colibris. – La scrofulaire chinoise (S. ningpoensis) est une plante majeure de la pharmacopée chinoise traditionnelle.

_______________

  1. Au sujet de ce dernier nom vernaculaire, on s’est interrogé : s’agit-il d’une référence au siège de La Rochelle (1627-1628) durant lequel la scrofulaire fut, dit-on, régulièrement usitée comme remède ou bien à ses qualités anti-hémorroïdales ?
  2. Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, p. 885.
  3. P. P. Botan, Dictionnaire des plantes médicinales les plus usuelles et de leurs applications thérapeutiques, p. 269.
  4. Larousse médical, p. 1099.
  5. Larousse des plantes médicinales, p. 268.
  6. Ute Künkele & Till R. Lohmeyer, Plantes médicinales, p. 114.
  7. Claude Lévi-Strauss, La pensée sauvage, p. 320.
  8. Angelo de Gubernatis, La mythologie des plantes, Tome 2, p. 343.
  9. Macer Floridus, De viribus herbarum, p. 118.
  10. La plus ancienne mention de ce pouvoir royal en France remonte à 1124 et plus tardivement pour l’Angleterre : 1276.
  11. Ce qu’on met en doute. Le toucher royal remonterait au moins à 2000 ans, plus précisément aux rois germains pré-chrétiens, mais ne concernait alors pas les écrouelles.
  12. D’autres rois de France se livrèrent à cette pratique : Saint-Louis, François 1er, Henri IV, Charles IX, Louis XIII, Louis XV et Louis XVI, entre autres…
  13. Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, p. 885.
  14. Signature chromatique que l’on peut mettre en relation avec leur odeur, les plantes à fleurs rouges ayant la réputation de ne pas sentir la rose (rafflesia et arum serpentaire sont de bons exemples).
  15. « C’est la scrofulaire dont un berger des environs de Besse, dans le Puy-de-Dôme, m’a révélé, il y a une quarantaine d’années, les vertus : il employait avec succès, chez les malades atteints d’affections du foie et des reins avec œdème et hydropisie, du vin blanc dans lequel il faisait macérer une râpure de racine de Scrophularia aquatica, récoltée sur les bords du lac Chambon » (Henri Leclerc, Précis de phytothérapie, p. 189).
  16. « Disons cependant que l’action stimulante de cette plante a pu modifier des plaies de mauvais caractère, tonifier les chairs, prévenir ou combattre la tendance à la pourriture d’hôpital », ce qui en soi n’est déjà pas si mal (François-Joseph Cazin, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes, p. 877).

© Books of Dante – 2021

Les feuilles arrondies de la scrofulaire aquatique (J.-F. Gaffard – wikimedia commons)

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