Le pin noir (Pinus nigra)

Crédiot photo : Zeynel Cebeci (wikimedia commons).

La lavande fine sauvage du quart sud-est de la France doit beaucoup à la déforestation massive qui a touché ce secteur géographique dans le courant du XVIIIe siècle (et même après). C’est le cas en Drôme, dans le petit hameau où vécurent mes grands-parents, mes arrières grands-parents et leurs parents avant eux. Cela sera le point de départ pour ce qui va maintenant suivre.

En ces temps reculés, les populations qui vivaient là, alors très pauvres, purent plus facilement subsister, sans que ce soit forcément Byzance tous les jours, en faisant entrer la lavande dans l’équation. Comme beaucoup de familles possédaient des chèvres et/ou des brebis, le pâturage était chose courante et utile, dans le sens où les animaux qui se déplacent dans des espaces libres et ouverts, contrairement aux vaches parquées, débroussaillent parfaitement les haies, les abords des ruisseaux, les talus, les petits sentiers, etc., et si jamais cela ne suffit pas, on procède éventuellement à l’écobuage. C’est de l’entretien, au même titre qu’on balaie devant sa porte. L’intérêt, c’est que, à travers cette activité de nettoyage champêtre et forestier régulier, la lavande fine sauvage est épargnée par les dents des ovins et des caprins qui baguenaudent de-ci de-là. L’amertume de cette plante est sans doute la raison pour laquelle elle n’est pas consommée, en particulier par ces gloutons de moutons. Alors, il se forma, sans que la lavande n’ait rien demandé, une interrelation qui se mit en place entre cette lamiacée et les bêtes formant les troupeaux, et cela au bénéfice des hommes. Cette lavande resta sauvage, mais elle fut entretenue et également protégée dans son écosystème naturel, non seulement par le passage régulier des troupeaux, mais aussi par l’intervention humaine : en effet, il arriva que l’homme apportât du fumier pour engraisser les sols sur lesquels pousse la lavande fine sauvage, qui demeura certes plus difficilement accessible que si elle avait été cultivée en rangs serrés réguliers, ceux-là même qui occasionnent encore bien des paysages de cartes-postales, vision qui, au reste, n’a pas plus d’un siècle.

Ainsi, tant que les troupeaux prospéraient, la lavande fine put être récoltée à l’état sauvage par des familles entières chaque été. On cueillait, puis on distillait dans la foulée, puisque chaque cellule familiale (ou presque) possédait son propre alambic (et si l’on n’en avait pas, l’on se faisait prêter gracieusement celui d’un voisin). Puis l’on vendait : cela mettait du beurre dans les épinards, faisant assez bien les affaires de ces populations. Il se trouvait là une matière première à profusion, ainsi que de la main d’œuvre et une demande commerciale d’huile essentielle de lavande fine sauvage dans le même temps. Parfait ! Mais le commerce connaît ses modes et ses fluctuations. Dans la Drôme provençale, on a estimé qu’un pic de la production de cette huile essentielle, corrélativement à la demande, s’est situé aux environs de 1920. A cette époque, « on » jugea (à tort ? à raison ?) que la qualité de cette huile essentielle décroissait en même temps que s’amorçait la chute de la demande (s’agissait-il là d’une astuce de courtiers ? Sachant que les huiles essentielles, produits assez peu périssables, peuvent être stockées le temps nécessaire puis être déployées sur le marché en temps utile…).

L’exode rural eut pour conséquence la désertification des montagnes et la raréfaction de la main d’œuvre familiale, ce qui obligea ceux qui restèrent sur leurs terres à engager des manœuvres pour x journées de récolte, de même qu’on emploie encore aujourd’hui des travailleurs saisonniers pour les vendanges. C’est pour cela que mon grand-père maternel engagea durant de nombreuses années bon nombre de personnes, dont certaines effectuaient à pieds facilement 20 km aller-retour à chaque journée de labeur !

Malgré tout, la lavande fine parvint à se maintenir, ainsi que les troupeaux qui vaquaient par-ci, par-là, formant un efficace tampon devant l’envahissante broussaille. Cependant, de plus en plus, la lavande fine finira par se cultiver, ainsi que plusieurs types de lavandins. La production s’organisa, puis se mécanisa tant bien que mal afin de palier aux divers inconvénients que vivront, parfois brutalement, les campagnes reculées où les modes de vie, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, accusèrent un net retard avant d’entrer progressivement dans une nouvelle ère, sans trop d’effet immédiat cependant : par exemple, mon grand-père maternel n’a pu acheter son premier tracteur (un « Petit-Gris » de chez Massey Ferguson) qu’en 1955, et encore était-il d’occasion. Il l’utilisa conjointement à ses chevaux de trait qu’il n’a abandonnés qu’au tout début des années 1980. Mais cette mécanisation sonna le glas de la production nationale d’huile essentielle de lavande fine sauvage : située à 90 tonnes en 1923, elle tomba à seulement 8 tonnes en 1956 ! La récolte de la sauvage fut laissée à l’abandon, de même que disparurent petit à petit ces troupeaux qui entretenaient avec elle une symbiose bien involontaire, mais longtemps profitable. On la cultiva donc. D’autant que pourquoi se casser la nénette à aller cueillir la fine dans la montagne – ce qui représente une somme de travail véritablement harassant – et tout cela pour un salaire de misère ? Alors, bien sûr, il y avait bien moins de troupeaux, tous moins impliqués qu’autrefois dans l’entretien de la lavande sauvage. Qu’est-ce que cela pouvait donc bien donner à terme ? L’on sait bien que les lieux de passage régulier des animaux, ainsi que les champs cultivés, quand ils sont abandonnés, la Nature sauvage y regagne rapidement le recul qu’elle avait dû y opérer auparavant ; en quelques décennies, un ravin peut se trouver comblé, à nouveau envahi de buis, de genêts, d’églantiers et d’autres sous-arbrisseaux adaptés aux marnes grises et aux sols secs, caillouteux et calcaires de ces régions de garrigue. Dont la lavande fine sauvage, qui entre obligatoirement en concurrence avec ces hôtes qui étaient jusqu’alors bannis du paysage par la dent de l’animal et par la pioche de l’homme.

A travers la désaffection qui toucha la lavande et l’ensemble des acteurs qu’elle impliquait, dans les années 1950, l’État français, qui entendait lutter contre la production clandestine d’alcool, chercha à la régulariser. C’est pourquoi le décret n° 54-1149 du 13 novembre 1954 stipule la destruction des alambics en situation irrégulière, attendu que les appareils qui distillent la lavande sont soupçonnés – à raison – d’être aussi employés pour distiller, entre autres, le marc de raisin. Ce que m’a confirmé mon grand-père. Qui ne s’est pas gêné. Aussi, l’interdiction de posséder, et donc de faire fonctionner un alambic familial, finira par dissuader beaucoup de paysans qui cessèrent donc de récolter la fine sauvage, ce qui ne valait pas toujours la peine, surtout pour les petites quantités dont il s’agissait le plus souvent, sauf pour les plus forcenés, comme – encore ! – mon grand-père qui, avec l’aide de son frère et de son père, parvint, un été, à produire 100 kg d’huile essentielle de lavande fine sauvage !

Puis, on finit par opter pour la lavande fine cultivée, en abandonnant son homologue sauvage entre le buis et le genêt, et auquel on ajouta plusieurs espèces de lavandins (abrial, grosso, etc.). Le nombre de cultivateurs qui « faisaient encore dans la lavande » visèrent gros : bien qu’ils furent de moins en moins nombreux, ils s’efforcèrent d’augmenter les surfaces de lavande et de lavandins cultivés, mais cela n’empêcha pas le marché de s’effondrer et de voir disparaître 60 % des surfaces nationales plantées de lavande fine entre 1950 et 1990. Beaucoup de contraintes s’ajoutèrent à cet état de fait : il fallut parfois, pour les très importants volumes, aller distiller ailleurs, parfois à près de 30 km, dans des alambics pouvant accueillir plusieurs tonnes par cuve.

Aujourd’hui, dans ces Baronnies drômoises, où mon grand-père mena l’ensemble des activités relatives à la lavande, les derniers exploitants vont bientôt cesser les leurs, pour cause de départ à la retraite. Il ne reste plus qu’un seul alambic en fonction, et nul ne sait s’il aura ou non un repreneur (j’ai récemment appris qu’il avait été démonté pour être installé un peu plus loin : c’est un couple de jeunes agriculteurs qui font perdurer son fonctionnement). De même que les activités liées aux lavandes se réduisent comme peau de chagrin, les troupeaux, eux aussi, ne sont plus que l’ombre de ce qu’ils furent dans le passé.

Parallèlement à tout cela, afin de lutter contre l’érosion des sols (provoquée par les déboisements massifs des XVIIIe et XIXe siècles), pour les stabiliser et les restaurer, ainsi que pour corriger les torrents et autres rus d’ève, des parcelles furent achetées par l’État en vue de les reboiser largement. Ce fut le cas dans le quart sud-est de la France, où l’on repeupla à partir des années 1880 environ, à l’aide d’un pin, le pin noir dit d’Autriche (Pinus nigra ssp. nigra), une variété de pin noir1. Les conditions de départ furent difficiles, mais il s’avère que l’expérience menée représente une belle réussite, puisqu’on comptait, en 1968, pour le seul département de la Drôme, 44 000 hectares de pins noirs issus de ce plan de reforestation. Cette essence n’a bien évidemment pas été choisie au hasard, puisque son enracinement puissant l’autorise à évoluer sur des substrats superficiels comme le podzosol, ainsi que sur des sols très pauvres, instables et ravinés, aussi bien calcaires qu’argilo-compacts. Et « le résultat est probant. Cet arbre devrait permettre de constituer un lit d’humus favorisant la réintroduction naturelle d’espèces disparues du fait de leur surexploitation durant le siècle précédent (pin d’Alep, pin sylvestre et sapins) »2. De quoi se plaint-on ? A une époque – la nôtre – où chaque arbre est précieux, il n’en reste pas moins que ce pin noir « colonise tous les milieux ouverts, se comporte comme une ‘mauvaise’ herbe forestière très invasive… »3. « Malheureusement, son envahissement est tellement dense qu’il empêche les autres espèces de se réimplanter »4.

Autrefois, l’on entendait beaucoup moins (voire pas du tout) parler du caractère invasif du pin noir d’Autriche, en ce sens que les troupeaux pâturant – quand il y en avait davantage qu’aujourd’hui – se chargeaient de « rousiguer jusqu’au trognon » les plus jeunes sujets de pin noir : or, l’on sait bien qu’un pin sectionné à sa base ne repousse pas. Ainsi, les populations de pins noirs pouvaient être maintenues sans gêner l’homme dans sa volonté première de conserver intactes les lavanderaies sauvages. Mais comme, à un moment, il y eut beaucoup moins d’hommes et d’animaux pour assurer vaille que vaille l’entretien et la protection de ces zones de vie occupées par la lavande fine sauvage, celle-ci recula face aux buis, aux genêts à balai, aux pins noirs donc, sans pour autant disparaître : non, elle reprit tout simplement sa juste place naturelle. J’ai vu il y a deux ans de cela, à 1000 m d’altitude, des lavandes fines sauvages nombreuses pousser au voisinage de pins noirs. Mais personne ne vient les cueillir. Alors, qu’est-ce que ça peut faire qu’il y ait ou non du pin noir dans les environs, qui, au passage, et contrairement au mouton, permet de retenir le sol et, donc, l’eau. Et oui. C’est un fait que, vraisemblablement, l’on a oublié. Mais en faire le rappel ne suffit apparemment pas, puisque j’en vois certains crier à l’extermination du pin noir ! Pourtant, plutôt que de demeurer dans cette attitude bornée et figée, de vouloir à tout prix extirper du sol un arbre qui y a été volontairement planté pour des raisons pensées et sensées (et dont les bénéfices ne peuvent absolument pas être révoqués en doute), plutôt que de s’opposer à lui comme des bêtes têtues (pour ne pas dire des ânes bâtés), pourquoi ne pas faire de ce pin, qui fournit du bois pour la construction, le chauffage et la pâte à papier, oui, pourquoi ne pas faire de lui un allié ? Mais l’homme, à la vue basse (je sais pas, le manque d’iode, à ces hautes altitudes, ça rend idiot…), demeure enferré dans sa seule vision : il préfère, par force d’habitude, privilégier une sauvage dite utile par lui, aux dépens d’une autre considérée comme nuisible, par lui également. Pourtant, le pin noir d’Autriche a fait montre de caractéristiques qui dessinent bonne partie de sa puissance, non seulement par sa résistance au vent, à la sécheresse (cela veut dire qu’il n’est pas gourmand en eau dans une région qui n’en est pas abondamment pourvue) et aux grands froids (jusqu’à – 30° C). De plus, il résiste excellemment bien au sel routier, aux diverses pollutions (atmosphérique, à l’ozone), à la tordeuse du pin (Rhyacionia buoliana), là où d’autres (comme le pin sylvestre) y succombent ou crient famine. L’homme d’aujourd’hui ne peut donc pas reprocher au pin noir d’avoir réparé les bêtises de l’homme d’hier, tout cela sous l’œil bienveillant des ingénieurs en agroforesterie qui travaillèrent d’arrache-pied au XIXe siècle et l’imposèrent comme un « grand régénérateur des terrains calcaires »5, ce à quoi il pourvoit à merveille avec ses compagnons que sont l’érable, le sycomore, le noyer, l’épicéa, le sapin et plusieurs types d’autres pins (laricio, Alep, sylvestre).

Crédit photo : Emoke Denes (wikimedia commons).

Présent du pied des Alpes calcaires à l’est du bassin méditerranéen (Turquie, Chypre, Crimée, Carpates du sud, Caucase occidental), le pin noir est le spécialiste des biotopes pionniers qu’il occupe facilement en semant ses graines qu’il a profuses. Dans ces zones (alluvions, falaises, pieds de barres rocheuses, talus, marnes, rocailles, landes, garrigues) – habituellement situées entre 300 et 1800 m d’altitude (bien que particulièrement rare en-dessous de 1000 m), le tronc droit très haut (de 20 à 55 m selon les conditions), très sombre et profondément fissuré du pin noir, le distingue de celui de son cousin sylvestre, de couleur orange cendré, bien plus tortueux, de même que celle de ses aiguilles vert foncé et très longues (jusqu’à 20 cm), raides et piquantes. La floraison du pin noir, par l’union printanière de chatons mâles jaunes et cylindrique et de chatons femelles en masses pruineuses carminées à violettes, forment des cônes luisants et dressés, brun jaunâtre, qui n’atteignent leur maturité qu’au bout de la troisième année.

Le pin noir en aromathérapie

Nous allons maintenant constater qu’ailleurs, sans même aller très loin, mais au-delà des piailleries évoquées ci-dessus, l’on a su tirer parti de la présence de ce pin noir qui offre une matière aromatique facilement exploitable, pour peu qu’on se donne la peine de ne pas le voir que comme un ennemi qu’il faut obligatoirement châtier. Faisons donc fi de cet ostracisme, et adressons-nous plutôt à l’huile essentielle de pin noir ! Extraite des rameaux récoltés en divers pays d’Europe dont la France, la Serbie, la Bulgarie et la Grèce, elle reste, pour l’heure, relativement peu courante, bien que proposée à un prix assez modique : en qualité biologique, j’ai répertorié des prix allant de 5 à 10 € les 10 ml, avec un prix moyen fixé à 8 € le flacon de 10 ml. Que peut-on donc lui souhaiter sinon le même succès que l’huile essentielle de pin laricio de Corse qui n’est pas autre chose qu’une sous-espèce de pin noir ? Si, si, son petit nom latin étant Pinus nigra ssp. laricio. Alors, si les Corses y arrivent, pourquoi pas nous, hein ? D’autant qu’avec l’exposé des données qui vont suivre ci-dessous, je pense qu’on aurait tort de se priver de cette nouvelle ressource qu’est le pin noir.

En distillant les rameaux et les aiguilles fraîches du pin noir, l’on obtient une huile essentielle liquide, mobile et limpide, de couleur jaune très pâle (voire incolore), au parfum boisé et résineux, fin, légèrement chaud et peu piquant. Cette huile essentielle, comme celles de beaucoup de résineux, contient essentiellement des monoterpènes : environ 85 à 90 % du total, dont majoritairement de l’α-pinène (70 à 80 %), du β-pinène (5 à 10 %), du limonène (5 à 6 %). L’autre grande famille moléculaire représentée au sein de cette huile essentielle est celle des sesquiterpènes : du β-caryophyllène surtout (2 à 6 %) et du germacrène D (3 %). En risquant un œil en dehors de France, on se rend compte des variations biochimiques : par exemple, certaines huiles essentielles de pin noir turques font apparaître moins de monoterpènes (65 %), observant un écart plus réduit entre l’α-pinène (31 %) et le β-pinène (26 %), ce qui favorise une plus grande représentation des sesquiterpènes (23 %), où les taux de germacrène D et de β-caryophyllène peuvent respectivement grimper à 12 % et 7 %.

Le mot terpène est tiré de l’allemand terpen, lui-même issu de la manière dont on désigne la térébenthine dans cette langue, das Terpentin (turpentine en anglais), que lui attribua le chimiste allemand Friedrich August Kekulé (1829-1896) en 1863. Parmi ces hydrocarbures que sont les terpènes, l’on trouve les très connus et fréquents monoterpènes, dont l’α-pinène, molécule très volatile, au point que lors des analyses, elle est l’une des toutes premières à sortir, ce qu’exprime un temps de rétention très bref, de l’ordre de 15 mn, sauf cas particuliers : 9 mn pour l’α-pinène de l’huile essentielle de rose de Damas – qui ne fait rien comme tout le monde – 12 mn pour celle de santal blanc. Monoterpène, et non pas diterpène comme j’ai pu le lire : dans ce cas, l’α-pinène devrait posséder vingt atomes de carbone, ce que contredit sa formule chimique : C10H16.

Les noms même d’α-pinène et celui de son isomère, le β-pinène, pourraient laisser penser que l’on rencontre ces deux molécules uniquement dans les huiles essentielles de pins, voire de sapins, ce qui n’est pas vrai. Où trouve-t-on de l’α-pinène ? Eh bien, dans pas mal d’huiles essentielles en réalité. Pour m’en assurer, j’ai compulsé plus d’une cinquantaine de bulletins d’analyse : sur cet ensemble, moins de 10 % d’entre eux ne mentionnaient aucune présence de cette molécule lors de l’analyse par chromatographie en phase gazeuse. On trouve parfois l’α-pinène en masse (térébenthine 70 %, genévrier 52 %), minoritaire (épinette noire 17 %, eucalyptus globuleux 14 %, ciste ladanifère 12 %) ou strictement anecdotique (1 % et moins : estragon, ylang-ylang, camomille romaine, etc.).

Propriétés thérapeutiques

  • Tonique et stimulante générale, énergétique, cortison like (stimulante des cortico-surrénales)
  • Tonique et stimulante puissante des glandes digestives
  • Tonique circulatoire et anti-inflammatoire vasculaire, lymphotonique
  • Tonique sexuelle (à défaut d’aphrodisiaque)
  • Expectorante, anticatarrhale bronchique et fluidifiante des sécrétions pulmonaires, antiseptique des voies aériennes
  • Anti-artérioscléreuse
  • Antalgique ostéomusculaire, anti-arthrosique, échauffante (préparation musculaire)
  • Purifiante, antiseptique et désinfectante atmosphérique
  • Anti-infectieuse : antivirale (HSV-1), antifongique (Candida albicans, Aspergillus niger, Dermatophytes sp.), antibactérienne (ce n’est clairement pas sa tasse de thé ; on a néanmoins remarqué une activité in vitro de l’α-pinène sur Escherichia coli, Staphylococcus aureus, Proteus mirabilis et Klebsellia pneumoniae)
  • Fébrifuge
  • Odontalgique

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère respiratoire : bronchite, bronchite chronique, angine, maux de gorge, laryngite, congestion pulmonaire, rhume, coup de froid, sinusite
  • Troubles de la sphère cardiovasculaire et circulatoire : artériosclérose, stases veineuses
  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : insuffisance digestive et hépatopancréatique, ulcère gastro-duodénal
  • Troubles locomoteurs : douleurs et fatigues musculaires, douleur articulaire, rhumatisme et ses douleurs, arthrite, arthrose
  • Asthénie physique, stress physique, épuisement
  • Troubles du système nerveux : asthénie nerveuse et intellectuelle, stress psychique
  • Asthénie sexuelle
  • Affection cutanée : érythème fessier, lichen plan
  • Odontalgie
  • Fièvre

Modes d’emploi

Les modes d’emploi, classiques, consistent en la voie orale (huile essentielle diluée dans un substrat adapté), le massage et la friction, enfin l’olfaction, l’inhalation et la dispersion atmosphérique.

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • Comme c’est bien connu, la plupart des huiles essentielles riches en terpènes doivent nous alerter en cas d’asthme avéré (insuffisance respiratoire) et d’épilepsie. Elles sont généralement bannies chez le très jeune enfant (moins de 36 mois), chez la femme enceinte et celle qui allaite. On se méfiera même de la diffuser en présence d’animaux domestiques. Par voie cutanée, il importe de diluer l’huile essentielle de pin noir dans une huile végétale compte tenu de la présence d’α-pinène et de limonène, toutes deux molécules aromatiques potentiellement allergisantes et irritantes pour la peau, en particulier lorsqu’on en fait usage à trop forte dose et/ou chez le sujet sensible. Les monoterpènes sont irritants pour le système rénal. Attention aux usages internes de l’huile essentielle de pin noir en ce cas. Des cas de néphrotoxicité ont été répertoriés. Enfin, un usage trop fréquent et massif de l’huile essentielle de pin noir peut entraîner une inhibition du système nerveux central. Sachez tout de même qu’en dehors de ces quelques cas extrêmes, l’huile essentielle de pin noir n’est pas toxique, la DL50 par voie orale étant fixée à 1,68 g par kilogramme de poids, soit, pour un homme adulte de 80 kg, la bagatelle de 135 g à absorber per os en une seule lampée !
  • Les huiles essentielles à haute teneur en monoterpènes doivent impérativement demeurer à l’abri de la lumière et des fortes températures, car ceux-ci se polymérisent facilement.
  • Autres espèces : en aromathérapie, elles sont nombreuses, faisons donc un peu de tri afin de s’y mieux retrouver : le pin mugo, mugho ou pin couché (Pinus mugo), le pin cembro, auvier ou arolle (Pinus cembra), le pin sylvestre ou sauvage (Pinus sylvestris), le pin d’Alep (Pinus halepensis), le pin crochu ou à crochets (Pinus uncinata, dont je me suis récemment procuré un flacon ; il faudrait que je vous en parle mais la littérature est drastiquement silencieuse à son sujet…), le pin parasol (Pinus pinea), le pin de Patagonie (Pinus ponderosa), le pin maritime ou pin des Landes (Pinus pinaster).

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  1. Pinus nigra regroupe au moins quatre sous-espèces : ssp. nigra (pin noir d’Autriche, pin noir de Turquie et pin de Crimée), ssp. salzmannii (pin de Salzmann), ssp. mauretanica (pin noir de l’Atlas), ssp. laricio (pin laricio de Corse et pin laricio de Calabre).
  2. Bernard Ducros, Lavande et distillation, une page de l’histoire d’un village en Drôme provençale, p. 155.
  3. Marie-Hélène Le Roux, Herbier de la Drôme provençale, p. 32.
  4. Bernard Ducros, Lavande et distillation, une page de l’histoire d’un village en Drôme provençale, p. 155.
  5. Émile Cardot, Manuel de l’Arbre, p. 78.

© Books of Dante – 2021

Crédit photo : Wouter Hagens (wikimedia commons).

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