Le pied-de-chat (Antennaria dioica)

Synonymes : gnaphale, herbe blanche, patte de chat, piéchatier, œil de chien, antennaire dioïque, immortelle dioïque, immortelle blanche, cotonnière immortelle, petite piloselle, piloselle blanche

Petite plante vivace dont la hauteur oscille entre 5 et 40 cm, le pied-de-chat est une espèce rustique qui se suffit de peu : elle pousse essentiellement sur des sols pauvres et acides (terres à bruyères, pinèdes et autres forêts de résineux, prairies rocailleuses, pelouses alpines, landes, etc.) dont les besoins en eau ne sont pas excessifs.
On la trouve plus particulièrement dans les régions assez froides de l’hémisphère Nord (Europe, Amérique du Nord, Asie), à une altitude comprise entre 500 et 2800 m. En dessous de 500 m, elle est rare, étant en voie de disparition ou ayant carrément disparu comme c’est le cas en Normandie, en Picardie, en Champagne-Ardenne et dans le Bassin parisien, en raison de facteurs tels que l’industrialisation, le drainage excessif, etc. Sa récolte est soumise à réglementation préfectorale et à réglementation de portée régionale pour la Basse-Normandie, la Bourgogne, le Limousin. Récolte également réglementée dans les Alpes.
De sa souche rameuse émerge une rosette de feuilles spatulées, cotonneuses, de couleur vert blanchâtre, alors que la tige, également couverte de poils blancs, s’orne de petites feuilles en forme de fer-de-lance qui deviennent de plus en plus étroites plus elles grimpent vers le sommet sur lequel s’épanouissent des capitules de fleurs serrées à pédoncules brefs. On distingue des fleurs femelles et des fleurs mâles qui portent les unes et les autres une coloration rosâtre à rougeâtre, sauf chez les sujets hermaphrodites chez lesquels les fleurs sont généralement blanches et stériles. Ce sont les inflorescences femelles qui donnent son nom au pied-de-chat du fait que lorsqu’elles sont bien épanouies, elles évoquent le dessous de la patte d’un chat… La floraison a lieu entre le mois de mai et le mois de juin, plus tardivement (en août) en altitude. Étant une immortelle, ses capitules ne se fanent pas. Cette plante se propage de deux manières : d’une part grâce à des stolons formant des rejets, d’autre part grâce à ses fruits lisses et glabres surmontés d’une aigrette que le vent emporte…

Le pied-de-chat en thérapie

« Insipide et inodore, écrivait Leclerc dans le Précis de phytothérapie, le pied-de-chat, bien qu’ayant eu jadis la réputation de guérir le cancer et la phtisie, s’affirme comme le plus inerte des simples. Je demandais, un jour, à une herboriste pourquoi cette plante aux allures de fleur artificielle figurait parmi les espèces pectorales. ‘C’est, me répondit-elle, parce qu’elle est agréable à l’œil, qu’elle ne coûte pas cher et qu’elle ne peut pas faire de mal.’ Voilà un argument qui me paraît la meilleure définition des vertus pharmacodynamiques du pied-de-chat » (1). C’est un portrait assez inexact car les capitules froissés du pied-de-chat abandonnent sur les doigts un parfum épicé et leur infusion communique à l’eau une saveur dont sont responsables des principes amers. Ainsi les fleurs du pied-de-chat ne sont-elles pas totalement inactives, et cela m’étonnerait fort qu’une plante qui vit souvent à haute altitude soit dénuée d’effets. Son parfum, elle le doit évidemment à une essence aromatique ainsi qu’à de la coumarine. En outre, on a décelé dans cette plante la présence de tanin, de résine, de phytostérine, de plusieurs flavonoïdes et d’un alcaloïde non identifié.

Propriétés thérapeutiques

  • Pectoral, émollient et adoucissant des voies respiratoires
  • Cholagogue
  • Vulnéraire, astringent
  • Antinévralgique

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère respiratoire : toux, toux coquelucheuse, trachéite, angine, irritation bronchique, catarrhe bronchique, bronchite chronique
  • Troubles de la sphère hépatobiliaire : atonie vésiculaire, ictère
  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : diarrhée, dysenterie
  • Troubles locomoteurs : lombalgie, névralgie rhumatismale, sciatique
  • Règles douloureuses
  • Enflure, contusion

Modes d’emploi

  • Infusion : comptez une pincée de fleurs par tasse d’eau bouillante. Infusez 5 mn. Passez. A raison de 2 à 3 tasses par jour.
  • Tisane des sept fleurs pectorales : racine de guimauve, fleurs de mauve, fleurs de coquelicot, fleurs de violette, fleurs de bouillon-blanc, fleurs de tussilage, fleurs de pied-de-chat. De chaque : 5 g. Comptez une cuillère à café de ce mélange pour une tasse d’eau. Laissez infuser 10 mn. Filtrez. A raison de 3 à 4 tasses par jour.
  • Décoction.
  • Teinture-mère.

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • Récolte : les capitules se cueillent de mai à septembre, mais les vertus du pied-de-chat « sont suffisamment maigres pour qu’on laisse cette plante tranquille » (2), d’autant qu’il existe des plantes plus efficaces que le pied-de-chat et moins rares, donc…
  • Espèce proche : Filago vulgaris.
    _______________
    1. Henri Leclerc, Précis de phytothérapie, p. 243.
    2. Petit Larousse des plantes médicinales, p. 235.

© Books of Dante – 2018

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s