Les échinacées (Echinacea sp.)

Echinacea angustifolia

Bien qu’il en existe plus de dix espèces, nous nous bornerons aux trois principales. Nous reviendrons plus loin sur les autres, bien moins usitées en thérapie.

Echinacea angustifolia

Très répandue, mesurant de 15 à 30 cm de hauteur, on la trouve dans les prairies sèches et les landes du centre de l’Amérique du Nord (du Saskatchewan, au Canada, jusqu’au Texas).
Tiges pubescentes et simples mais parfois ramifiées. Feuilles lancéolées vert foncé. Pétales très courts et tombants (2 à 4 cm de longueur).

Echinacea purpurea (synonymes : purple cone flower, rudbeckia, rudbeckia pourpre.)

Beaucoup plus grande, puisque qu’elle peut atteindre 1,50 m de hauteur, Echinacea purpurea possède elle aussi des tiges ramifiées et rugueuses de couleur brune, ainsi qu’une pubescence rude qui couvre des feuilles ovales ou lancéolées.
En été, de grands capitules de fleurs ligulées se déploient autour d’un cône central noir. Les pétales peuvent être de couleurs variables : rose pâle, rouge-pourpre, violets, plus rarement blancs. Au fur et à mesure de la floraison, les pétales initialement horizontaux se courbent vers le bas alors que le cône devient de plus en plus proéminent. On peut ainsi reconnaître deux stades de maturation de la plante en fonction de cette clé de détermination. Elle se localise au centre-est des États-Unis, de l’Ohio à l’Iowa, jusqu’en Géorgie.

Echinacea pallida

Très semblable à Echinacea purpurea, cette troisième plante est tout aussi grande. On la distingue cependant par la longueur de ses pétales (4 à 8 cm), lesquels se recourbent profondément. De couleur blanche à violette, Echinacea pallida est l’unique espèce d’échinacée à posséder du pollen blanc. Floraison : juin-juillet.
On la trouve dans les bois et clairières d’une zone qui s’étend du Wisconsin au Texas.

Ces trois plantes optent pour des sols calcaires, bien qu’elles puissent tolérer des sols légèrement acides (ph 6) ou alcalins (pH 8 pour Echinacea angustifolia). Ce sont des plantes extraordinairement résistantes à la sécheresse, à l’instar des amarantes, autres plantes de la pharmacopée amérindienne. Toutes possèdent un rhizome, partie la plus souvent utilisée en thérapie.

Ceci dit, ces trois espèces ne sauraient faire oublier leurs sœurs beaucoup plus rares que compte le territoire nord-américain. Depuis la fin du XIX ème siècle, des récoltes d’échinacées dans la nature ont été instaurées, et se sont multipliées à tel point qu’au début du XX ème siècle, des botanistes tirèrent la sonnette d’alarme. Autant dire, qu’il s’agissait de récoltes sauvages ne prenant pas en compte les cycles de reproduction des plantes, alors que des prélèvements furent effectués dans des espaces protégés accueillant d’autres échinacées, telles que Echinacea atrorubens, Echinacea simulata et Echinacea paradoxa. D’autres échinacées voient leurs territoires se réduire comme peau de chagrin, c’est le cas d’Echinacea laevigata et d’Echinacea tennesseensis. En ce qui concerne le trio de tête dont nous avons établi quelques données botaniques, aujourd’hui, l’on peut affirmer que ces trois échinacées sont menacées d’extinction, c’est pourquoi il a fallu en décider la culture. C’est malheureusement le même scenario qui se répète ici, le même que celui qui faillit faire disparaître l’hydrastis du Canada et le ginseng américain, dont le saccage – l’on peut parler de biopiraterie – fut organisé pendant des décennies sans autre objectif que l’appât du gain. De manière cruellement ironique, l’on peut se demander si elles n’ont pas subi le même sort que les populations autochtones d’Amérique du Nord qui savaient les utiliser à bon escient.

L’ethnobotanique des échinacées est loin d’être complète, pour la simple et bonne raison que les toutes premières études furent réalisées alors que les peuples autochtones se virent parqués dans des réserves. Mais on en connaît assez – certes ce n’est pas suffisant – à travers les multiples usages de ces plantes par les Amérindiens, pour affirmer qu’elles furent des plantes majeures de leur pharmacopée qui soulageaient déjà de nombreuses affections. Sans doute les Amérindiens virent-ils dans ces étoiles que sont les échinacées la solution à bien des maux, comme cela fut aussi le cas des tournesols, autres plantes d’importance pour les Amérindiens.
Les peuples Omaha-Ponca et Lakota utilisaient l’Echinacea angustifolia dans un grand nombre de cas (maux de dents, migraine, brûlure, morsure de serpent, piqûre d’insecte, septicémie). Les Lakota employaient également l’Echinacea purpurea, ainsi que les Comanches, les Crows, les Cheyennes et les Delaware pour des raisons assez similaires qui poussèrent les précédents à faire usage de l’Echinacea angustifolia (morsure de serpent, piqûre d’insecte, maux de dents et de gorge, états infectieux, voire même maladies vénériennes). Enfin, l’Echinacea pallida trouvait grâce aux yeux des Oglala, des Crows, des Cheyennes et des Meskwaki, dont ils broyaient le rhizome frais (maux dentaires, buccaux et gingivaux, refroidissement, rhumatismes, arthrite, colique, crampe d’estomac, variole, eczéma). De plus, les guerriers Hidatsu avaient coutume de mâcher la racine de l’Echinacea pallida en guise de stimulant lorsqu’ils étaient amenés à se déplacer de nuit.
Au-delà de cela, mentionnons qu’en 1969 Hartwell révéla qu’un certain nombre de tribus amérindiennes utilisaient indifféremment ces trois échinacées pour soigner de nombreux cas de cancer du sein, avec succès.

Echinacea purpurea

Les échinacées en phytothérapie

Comme toute plante solaire, les échinacées offrent à la matière médicale leurs capitules floraux, point culminant de ces plantes, mais également ce qui leur est diamétralement opposé, à savoir, une souche racinaire ébouriffée. Bien que d’arrivée tardive en Europe (années 1930), les échinacées, dont on entama l’étude après la Seconde Guerre mondiale, en particulier en Allemagne, ont depuis lors, livré certains de leurs secrets. Parmi eux, citons des composés phénoliques (échinacoside, cynarine, acide caftarique, acide cichorique), des polysaccharides, une essence aromatique contenant des molécules telles qu’échinolone et humulène, des alcaloïdes proches de ceux se trouvant dans le tussilage, enfin une substance cannabinomimétique, l’alkymide.

Propriétés thérapeutiques

  • Anti-infectieuses : antibactériennes, antifongiques, antivirales
  • Immunostimulantes
  • Anti-inflammatoires
  • Anti-allergéniques
  • Sudorifiques
  • Cicatrisantes

Usages thérapeutiques

  • Sensibilité aux infections, prévention des infections, infections d’origine bactérienne (acné), virale (zona, herpès, molluscum, grippe), fongique (mycose), asthénie et épuisement après infection, état fébrile
  • Troubles de la sphère respiratoire + ORL : rhume, rhinite, angine, toux, maux de gorge, bronchite, trachéite, maux auriculaires
  • Affections cutanées : furoncle, eczéma, engelure, plaie de cicatrisation difficile, blessure, contusion, choc (les échinacées sont des cousines de l’arnica)

Note : en homéopathie, une cure d’échinacée avant l’hiver constitue une bonne assurance naturelle contre l’ensemble des maux communément associés à la saison vernale (rhume, etc.).

Modes d’emploi

  • Décoction de racine.
  • Teinture-mère.
  • Gélule de poudre de plante sèche.

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • Il est recommandé de ne pas utiliser les échinacées en cas de grossesse et chez les enfants de moins de douze ans. De même, les personnes souffrant d’asthme, d’arthrite, du sida ou de tuberculose s’en prémuniront. Cette contre-indication vaut également pour les personnes affectées de pathologies auto-immunes (sclérose en plaques, maladie de Crohn), ainsi que dans tous les autres cas où un traitement immunosuppresseur est en court.
  • Effets indésirables : nausée et autres troubles digestifs légers, allergie, étourdissement.
  • Récolte : les fleurs sont cueillies à pleine floraison, les racines à l’automne dès l’âge de quatre ans.
  • Il existe un élixir floral de type Bach à base de fleurs d’échinacée, conseillé lorsque la dignité et l’intégrité morale sont bafouées par des actes et des situations violentes (harcèlement, par exemple). Il aide à retrouver son identité à travers le respect et l’estime de soi. C’est donc un protecteur, échinacée provenant du grec echinos qui signifie hérisson.

© Books of Dante – 2017

Echinacea pallida

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s