L’ancolie (Aquilegia vulgaris)

Crédit photo : berndh (wikimedia commons).

Synonymes : gants de Notre-Dame, gants de la vierge, gants de Marie, gants d’évêque, fleur des capucins, gants de fée, cinq doigts, manteau royal, chaussure de dame, soulier de poulette, cornette, cloche, clochette, clochette franche, culotte, colombe, colombine, bonne dame, bonne femme, galantine, aiglantine, petit aigle, griffe d’aigle, griffe de loup, gonneau.

Plante qui fut très populaire durant le Moyen-Âge et la Renaissance, l’ancolie est aujourd’hui loin de briller des feux d’antan qui l’animèrent et la firent vibrer. Sa fonction et sa portée symbolique, mouvantes selon les lieux et les époques, sauront néanmoins nous la dépeindre aussi fidèlement que possible, avec, peut-être, la même minutie dont sut faire preuve Albrecht Dürer quand il la représenta il y a cinq siècles. L’artiste allemand n’immortalisa sans doute pas cette plante tout à fait au hasard, et pour en mieux comprendre la présence au sein de son œuvre, il importe de rappeler que Dürer était alchimiste. Par ailleurs, l’analogie avec l’œuvre alchimique apparaît de façon évidente chez Dante Alighieri qui « se servait aussi comme symbole de l’ancolie, plante mâle et femelle représentant le parfait amour, les deux principes qui se fondent pour créer »1. A cela, il importe de préciser que la couleur violette de l’ancolie, support de la méditation mystique, peut hisser la conscience jusqu’à des niveaux très élevés : ce n’est pas par fantaisie qu’on a voulu la lier symboliquement à l’aigle. L’ancienne dénomination latine de l’ancolie – aquilena – dériverait, dit-on, du mot aquila, « aigle », référence ici implicite à l’animal qu’on associe généralement à l’un des quatre évangélistes, à savoir l’aigle de saint Jean-Baptiste. Pour justifier ce rapprochement, on a argué du fait que les cornets crochus de la plante s’apparentaient assez à un bec d’aigle ou à ses serres. Cela explique en tous les cas que l’ancolie « fut investie des vertus prêtées à ce saint : ‘Foy, constance et loyauté’ »2. Mais revenons-en à Dante et à son ancolie. Violette, cette dernière est la symbiose de l’active puissance du rouge martien, chthonien et nadiral, et de la réflexive sagesse du bleu vénusien, céleste et zénithal. Elle suggère, plus qu’elle ne dépeint nettement, cet arcane du Tarot de Marseille, la Tempérance (XIV), sur lequel on voit un ange portant deux vases, un bleu et un rouge (ainsi est-il figuré dans le tarot que l’on doit encore aujourd’hui au cartier Grimaud et qui constitue généralement l’une des éditions les plus courantes). De l’union du bleu et du rouge naît un fluide, incolore sur l’arcane, représentant, outre la paix, la sérénité et l’équanimité, l’union réussie des deux couleurs primaires, dont la laborieuse tentative avait été initiée par l’arcane VII, le Chariot.

L’ancolie, mâle et femelle, est donc hermaphrodite. Elle est l’union du roi et de la reine au creux de l’athanor. Cela n’est pas exactement pour rien qu’elle est symbole d’amour parfait, puisque, c’est bien cela que recherche l’alchimiste : l’absolue perfection. De même que l’alchémille, l’ancolie serait bel et bien fleur d’alchimiste, sa compagne même, puisque ce dernier agit « avec la présence d’un être aidant l’œuvre par la force de sa pensée. La présence près de l’alchimiste de la femme, ‘principe féminin’, est essentielle. Cette présence peut être soit réelle, soit réalisée sous la forme de mariage mystique de l’alchimiste avec une déesse ou une ‘élue’ »3.

Puisque nous évoquons une déesse, convoquons donc tout d’abord Aphrodite, dont il est parfois affirmé que l’ancolie compterait parmi les fleurs de sa cour. C’est pour cela qu’on attribua à cette plante une connotation érotique, le pouvoir de dénouer l’aiguillette et d’avantager la fécondité. Mais, plus qu’à la fille de Zeus, c’est à l’une de ses sœurs que l’ancolie est intimement mêlée : en effet, la déesse Hestia (Vesta chez les Romains), divinité du feu domestique, était secondée par ses prêtresses, les vestales, dont l’obligation, outre la conservation d’une virginité intégrale, consistait en l’entretien perpétuel du feu sacré de Vesta. Or, à ces vestales, il était expressément interdit de cultiver et de cueillir l’ancolie. Partant de là, on peut se demander comment l’ancolie est devenue l’une des fleurs de cette autre vierge, Marie, et dont elle est censée venir souligner à la fois la modestie et l’humilité (l’ancolie, ça n’est pas une violette non plus !). En tout cas, cette combinaison a fait que les enluminures médiévales nous montrent des ancolies qui symboliseraient l’amour divin, amour par définition parfait. Plus qu’à la Vierge Marie, l’ancolie est surtout associée à l’Esprit-Saint, souvent représenté sous l’apparence d’une colombe, ce qui vaut encore à la plante de porter le nom de columbine en anglais. Bref, nous l’avons compris, l’ancolie, considérée sous cet angle, touche de très près aux affaires du christianisme, et l’on ne semble pas loin de vouloir faire de cette fleur l’annonce de la résurrection du Christ, si l’on en croit la tenture dite de La Chasse à la licorne (1495-1505). En effet, sur la septième et dernière tapisserie de la série, l’on voit la licorne enclose, revenue à la vie malgré les blessures mortelles qu’on lui a infligée. Dans mon article récent consacré à la licorne, j’explique que cet animal est une préfiguration du Christ. Or, si l’on observe attentivement cette tapisserie de la licorne captive, l’on découvre, quelque part, une ancolie qui pourrait représenter l’Esprit-Saint. Mais n’est-il pas plus raisonnable d’envisager cela comme ce qui, à cette époque (XVe et XVIe siècles), était fort à la mode, à savoir les mille-fleurs, c’est-à-dire l’occupation du fond des tapisseries par des motifs floraux très variés formant de véritables parterres : sur cette tapisserie, l’on n’y voit en effet pas qu’une ancolie, mais également des fraisiers, des violettes, des iris, des pensées ou encore des œillets. Cela me semble uniquement ornemental, à la manière de ce « corset court de velours rose, brodé d’ancolies de perles » dont on trouve trace dans l’inventaire de Marie de Blois (1345-1404). C’est vrai que durant les derniers siècles du Moyen-Âge, l’ancolie se retrouve un peu partout : on la voit très clairement enluminée dans les Grandes heures d’Anne de Bretagne (1503-1508), peinte par Jérôme Bosch dans le panneau central du Jardin des délices (1503-1504), tissée sur cette autre tenture très célèbre, La Dame à la licorne (1484-1538), en particulier sur la tapisserie symbolisant le sens du toucher, mais participant, une fois de plus, au principe du mille-fleurs. En revanche, quand cette plante est représentée sur les armoiries – « d’azur à trois ancolies d’or », « d’or à trois ancolies d’azur », « d’argent, à la fasce de gueules, accompagnée de trois ancolies d’argent » –, elle signale que son porteur entend symboliser par l’héraldique l’amour qu’il éprouve envers Dieu, ainsi que sa piété et sa nature charitable.

Tout au contraire des courage, succès et autre abondance qu’on lui voit parfois arborer, il a été dit que l’ancolie était aussi un symbole de mélancolie, très certainement par la proximité orthographique qui existe entre ces deux mots. C’est comme si l’on considérait que le mot finement pouvait avoir le moindre rapport sémantique avec le mot confinement, ce qui est parfaitement ridicule bien entendu, tant la manœuvre à l’œuvre à travers cela est tout à fait grossière. Nul besoin d’ingurgiter un dictionnaire étymologique pour constater que l’hypothèse ne tient pas debout deux secondes : mélancolie est issu du grec melankholía, qui signifie tout bonnement « bile noire », ce fluide étrange secrété par la rate, de nature froide et sèche, correspondant à l’élément Terre. Il n’a donc aucune parenté avec notre aquilegia latin qui désigne l’ancolie. C’est bel et bien ce terme qui nous intéresse. Mais l’on n’en sait pas faire grand-chose non plus : sans doute que la confusion entre l’ancolie et cette autre plante d’alchimiste qu’est l’alchémille aura conclu en l’aptitude de la première aux mêmes prodiges que la seconde, à savoir cette capacité à accumuler, gouttelette après gouttelette, de cette eau céleste au sein de feuilles dont la forme le lui permet, ce qui n’est absolument pas le cas de celles de l’ancolie, qui ne partage, avec l’alchémille, pas plus que le caractère hydrophobe. Ainsi, « le sens de ‘qui recueille l’eau’ (du latin aquilegus) ne convient ni aux feuilles ni aux fleurs qui, penchées, sont au contraire abritées de la pluie »4. Aussi, les étymologies de « gouttière » et de « réservoir » qu’on accorde encore de nos jours à l’ancolie doivent-elles être révoquées en doute. En revanche, sa relation avec le monde aviaire semble pointer l’évidence : nous avons vu de quelle façon la plante est liée à l’aigle ; nous avons communiqué son principal nom vernaculaire anglais, columbine ; enfin, nous pouvons ajouter que l’espagnol la nomme pajarilla, un mot qui s’applique aussi aux passereaux de petite taille, du genre des moineaux par exemple. Il suffit, à cela, de la bien regarder : n’a-t-elle pas davantage de rapport avec l’élément aérien qu’avec celui aqueux ? Mais on la dit froide par nature. Or le froid, c’est l’apanage de deux éléments, la Terre et l’Eau. Et c’est à ce dernier que Hildegarde de Bingen associe l’ancolie qu’elle appelle agleya. Partisane de la théorie des contraires, l’abbesse consacre donc l’ancolie à des tâches telles qu’endiguer la fièvre : « Si on commence à ressentir une ébullition dans les membres, il faut manger de l’ancolie »5. De même, elle conseille des cataplasmes d’ancolie en application locale, en particulier sur les abcès et les ulcères enflammés. Hildegarde n’en dit pas davantage au chapitre de l’ancolie, mais au moins expose-t-elle des informations que l’histoire médicale de cette plante n’a pas contredites. Elle fut, en revanche, plus mesurée que ses suivants, mais « ne soyons pas trop prévenus contre l’engouement des anciens. Il y a quelquefois du vrai et du bien dans ce que nous rejetons sans examen comme faux ou absurde. Nous dédaignons trop légèrement ce que nos prédécesseurs ont avancé avec exagération sur les propriétés de nos plantes indigènes. On doit prendre en considération les faits qu’ils ont signalés ; car les faits dépouillés des théories trop souvent erronées qui les obscurcissent, sont de tous les temps et conservent leur autorité. Ce sont des perles trouvées dans le fumier »6. A la suite de l’exposé botanique qui va maintenant suivre, nous aurons le loisir de constater que de ces perles l’on n’est pas prêts de se faire un collier, tant les informations relatives à l’ancolie médicale sont pauvres.

Plante vivace de taille moyenne, l’ancolie déploie une tige généralement peu rameuse. Droite, grêle et pubescente, il lui arrive parfois d’être lavée de rouge. L’appareil foliaire de cette plante distingue les feuilles radicales des feuilles situées au sommet de la plante : si ces dernières sont de plus en plus petites au fur et à mesure de leur ascension en direction des hautes sphères, les feuilles inférieures ou basales rappellent un peu le feuillage de la capillaire de Montpellier : vert foncé au-dessus, glauque au-dessous, elles sont composées de trois folioles trilobées et arrondies, qui confèrent beaucoup de douceur à cette plante. Quand vient le temps de la floraison, c’est-à-dire le mois de mai, l’ancolie fait bien ce qui lui plaît : le résultat est tel qu’il n’y a aucune difficulté pour confondre cette plante avec toute autre, du moins à l’état fleuri (et même fructifié). Sur de longs pédoncules, l’on trouve des fleurs solitaires de couleur généralement violacée (bien que cette plante puisse porter des fleurs occasionnellement blanches, roses ou pourpres encore). Elles pendent dans le vide à la manière des clochettes du muguet, d’où, peut-être, l’attitude prieurale concédée à la plante et la palanquée de surnoms vernaculaires relatifs à la Vierge Marie.

Bien dotée comme elle l’est par la Nature, il est plus qu’évident que l’ancolie possède cette grâce élégante et cette aptitude naturelle à susciter l’engouement qui confine à l’adoration mesurée et silencieuse : en effet, on l’imagine sans mal orner les parterres d’un petit jardin de curé. Les sépales de l’ancolie, colorés comme les pétales, sont bien séparés d’eux et ne forment en aucun cas une seconde rangée de pétales. Ceux-ci dessinent donc ces cornets aquilins, c’est-à-dire éperonnés au sommet. Au beau milieu de ses 5 cm de diamètre, la fleur d’ancolie voit émerger une touffe composée de plusieurs dizaines d’étamines dont le jaune citron contraste idéalement avec le violet soutenu de l’inflorescence, manière supplémentaire de nous exposer que la Nature sait prendre soin de son apparence en faisant se côtoyer couleurs primaires et secondaires, formant, à travers l’ancolie, un couple de couleurs complémentaires. Comme par un fait exprès, notre cerveau est ainsi programmé. Pour en faire l’expérience, procédez comme suit : fixez intensément un objet de couleur jaune (ou violette) pendant une trentaine de secondes, puis aussi vivement que possible, reportez votre regard sur une surface blanche et fixez-la également. Vous devriez voir s’y esquisser grossièrement l’image de votre objet (c’est un phénomène de persistance rétinienne qui est ici à l’œuvre). Observez bien de quelle couleur est cette image « transposée » de l’objet initialement choisi pour cette petite expérience.

Pendant tout l’été, l’ancolie fournit à nos yeux ébahis l’accumulation de sa beauté et de sa grâce. En ces derniers jours estivaux, où nous ne savons que musarder comme le lézard blotti au soleil, l’ancolie voit septembre arriver et avec lui sa cargaison de graines. C’est ainsi, la rentrée c’est aussi l’occasion annuelle de faire ses comptes. Et ce n’est pas le signe zodiacal de la Vierge (23 août-22 septembre) qui me contredira : c’est en septembre que se mesure l’effort végétatif de cette plante et que l’on constate si la moisson a été bonne. Chez l’ancolie, le fruit prend un aspect bien original, composé de cinq follicules tubulaires, droits et presque cylindriques, achevés chacun par une pointe souple dirigée vers l’extérieur, et dans lesquels s’entassent une ribambelle de minuscules semences noires et luisantes comme des souliers vernis, qui finissent par dégringoler au fur et à mesure de la dessiccation du fruit.

L’ancolie, qu’on trouve de la plaine à la montagne (2000 m), se plaît tout particulièrement sur les sols calcaires d’Europe, d’Asie tempérée et d’Afrique du Nord. En France, on aura toutes les chances d’en croiser le chemin en des lieux assez frais et ombragés tels que les bois de feuillus clairs, les vallons, les haies broussailleuses, les terrains rocailleux et l’abord des jardins où elle fait des pieds de nez aux fleurs domestiques.

Albrecht Dürer, ancolie (1520). Domaine public.

L’ancolie vulgaire en phytothérapie

François-Joseph Cazin regrettait l’inscription de l’ancolie au rang des Renonculacées, plus assuré moyen, selon lui, de jeter sur elle le discrédit. Bien que ne contenant aucun alcaloïde susceptible de la hisser au même niveau que l’aconit napel ou encore l’hellébore noir, l’ancolie n’en recèle pas moins un principe narcotico-âcre qui ne s’amenderait de toute façon pas, si jamais l’on avait l’idée de déménager la plante d’une catégorie botanique à une autre. Mais je puis le comprendre : moi-même déplore que la tomate soit une solanacée. De cette activité énergique, Cazin en avait lui-même bien conscience : « Les graines de cette plante […] communiquent aux mortiers dans lesquels on les pile, une odeur forte et tellement tenace qu’il est presque impossible de la dissiper »7. Face à la révélation d’une information aussi frappante, l’on se sentirait invité à en savoir davantage au sujet de la composition biochimique de l’ancolie : hélas, il faudra se contenter de maigres données sur ce point. Aux semences âcres et mucilagineuses, font suite de l’émulsine et des matières grasses, et surtout un glucoside cyanogénique dont on ne semble pas avoir bien compris la nature ni la fonction, faute d’études prolongées sur la question.

Du temps où l’ancolie faisait encore partie de la matière médicale, on en employait les feuilles, les fleurs, les semences et quelquefois la racine.

Propriétés thérapeutiques

  • Dépurative : diurétique, diaphorétique, favorise l’éruption dans les maladies infectieuses (rougeole, scarlatine, variole)
  • Antispasmodique, calmante et tempérante (voyez-vous ça !)
  • Apéritive
  • Antiscorbutique, antiputride
  • Maturative des abcès
  • Détersive, vulnéraire
  • Emménagogue (?), facilite l’accouchement (?)

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère respiratoire : toux bronchique et phtisique, inflammation de la gorge
  • Troubles de la sphère hépatique : ictère
  • Affections buccales : aphte, ulcère scorbutique
  • Affections cutanées : plaie, ulcère, dartre, croûte de lait, furoncle, maladies éruptives
  • Accès fébrile
  • Maux de tête
  • Dysménorrhée
  • Somnolence

Modes d’emploi

  • Infusion de semences, de feuilles fraîches (cette dernière est destinée aux gargarismes).
  • Décoction de semences pour fomentation (usage externe).
  • Suc frais délayé dans un véhicule adapté.
  • Poudre de semences, émulsion de semences.
  • Sirop de fleurs (d’une belle couleur bleue paraît-il).
  • Teinture-mère de fleurs.
  • Cataplasme de feuilles et de fleurs fraîches.

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • Toxicité : elle est évidente à en croire le Larousse médical qui libelle ainsi la courte phrase qu’il accorde à cette plante : « Renonculacée, employée encore dans les campagnes comme diurétique, mais qui peut donner lieu à des empoisonnements »8. Et il ajoute : « Voir aconit. » Gloups ! C’est là une manière très claire de marquer l’appartenance de l’ancolie à une catégorie de plantes auxquelles « la médecine domestique doit rarement […] avoir recours, et les hommes de l’art eux-mêmes ne doivent les employer qu’avec beaucoup de réserve »9. Donc, non, pas question de se faire une petite infu de boutons d’or !… La virulence de l’ancolie est néanmoins amoindrie par la dessiccation à laquelle l’on se doit d’être attentif : il est en effet impératif de prendre soin de bien faire sécher les fleurs à l’abri de toute humidité.
  • Associations thérapeutiques : – avec la chicorée sauvage (Cichorium intybus), l’ancolie se prête bien au drainage et à la dépuration hépatique ; – en compagnie du chardon béni (Cnicus benedictus), elle forme un duo détersif pour le moins efficace.
  • Des pétales d’ancolie l’on est parvenu à extraire une belle teinture bleue et naturelle qui intéressa un temps l’industrie de la teinturerie. Au nombre des composants biochimiques, l’on peut donc ajouter un pigment bleu.
  • Autres espèces : – l’ancolie des Alpes (A. alpina), plante aux fleurs bleu clair à violet, et dont le feuillage est plus divisé encore que celui de l’ancolie vulgaire ; – l’ancolie des Pyrénées (A. pyrenaica) : ses fleurs sont davantage violacées que celles de l’espèce alpine ; – l’ancolie bleue à fleurs précoces (A. caerulea) : ancolie américaine, de couleur bleue et blanche, très résistante au froid (- 20° C), de même que la suivante ; – l’ancolie du Canada (A. canadensis), aux fleurs jaunes et rouges, longuement éperonnées, venant sur sols frais, ombragés ou ensoleillés ; – l’ancolie jaune (A. chrysantha), aux fleurs parfumées, grande plante pouvant atteindre un mètre de hauteur, présente aussi bien au Mexique qu’en Arizona ; – Aquilegia eximia, qui ressemble beaucoup à l’ancolie canadienne ; – l’ancolie chocolat (A. viridiflora), plante provenant de la fraction orientale du continent asiatique et portant des fleurs brunes ; – l’ancolie des montagnes rocheuses (A. saximontana), assez proche de l’ancolie alpine européenne ; – l’ancolie d’Einsele (A. einseleana), poussant sur les sols calcaires des Alpes centrales et orientales, entre 600 et 2300 m d’altitude ; – l’ancolie sans éperons (A. ecalcarata), aux faux airs de fritillaire et dont on dit qu’elle n’est pas vraiment une ancolie, d’où son surnom latin de Semiaquilegia ecalcarata.
  • Variétés : l’horticulture a développé maints cultivars d’ancolie, aux coloris très variés : monochromes (par exemple : variété Nivea), bichromes (variétés William Guiness, Biedermeir, etc.), aux fleurs simples ou composées (= doubles : cf. les variétés Ruby port, Clementine blue ou encore Black barlow).

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  1. http://lesecretdestempliers.com/alchimie/
  2. Michèle Bilimoff, Les plantes, les hommes et les dieux, p. 118.
  3. http://lesecretdestempliers.com/alchimie/
  4. Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, p. 79.
  5. Hildegarde de Bingen, Physica, p. 80.
  6. François-Joseph Cazin, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes, p. 56.
  7. Ibidem, p. 55.
  8. Larousse médical, p. 60.
  9. Joseph Roques, Nouveau traité des plantes usuelles, Tome 1, p. 127.

© Books of Dante – 2021

Crédit photo : Matvei Kiselev (wikimedia commons).

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