Les huiles essentielles à sesquiterpènes

sesquiterpènes

Aujourd’hui, nous allons aborder une classe de molécules aromatiques que j’apprécie plus particulièrement : les sesquiterpènes. Rares mais nombreuses, ces molécules se trouvent dans certaines plantes un peu partout dans le monde. Au cœur même d’une plante, les sesquiterpènes jouent le rôle d’agent de défense. Cela n’est pas tout à fait un hasard si les huiles essentielles qui en contiennent présentent peu ou prou des propriétés anti-infectieuses (bien que ce ne soit pas là leur domaine de prédilection).

Si cette famille renferment de nombreuses molécules différentes les unes des autres, on peut dire que, globalement, les huiles essentielles à forte teneur en sesquiterpènes sont dotées des propriétés thérapeutiques suivantes :

  • Négativantes ou positivantes
  • Anti-inflammatoires
  • Calmantes
  • Hypotensives
  • Décongestionnantes veineuses
  • Décongestionnantes lymphatiques
  • Anti-allergiques

Bien sûr, il s’agit là d’un tronc commun de propriétés thérapeutiques, d’autres huiles essentielles à sesquiterpènes présentant des propriétés plus spécifiques que n’ont pas les autres. Par exemple, le chamazulène (molécule présente dans les huiles essentielles de camomille allemande et d’achillée millefeuille et qui leurs donne une jolie couleur indigo) est une molécule antiphlogistique, antiprurigineuse et antihistaminique. Mais on ne peut en dire autant de l’huile essentielle de vétiver de laquelle le chamazulène est absent. En revanche, ce dernier possède bien d’autres capacités que n’ont ni la camomille allemande ni l’achillée millefeuille. Par ailleurs, deux sesquiterpènes différents peuvent posséder les mêmes propriétés thérapeutiques.

Rares, nous l’avons souligné, car présentes dans assez peu de végétaux et dans de moindres proportions (par rapport aux monoterpènes par exemple), les sesquiterpènes sont, de plus, difficiles à extraire des plantes qui les contiennent. Ce sont des molécules dites « lourdes » car elles ne font pas partie de celles qui s’échappent en début de distillation, bien au contraire, elles n’apparaissent qu’en milieu, voire en fin de distillation. Ce qui s’explique par le fait que les parties végétales employées pour les extraire sont, très souvent, des racines (curcuma, gingembre, nard), des résines (myrrhe), enfin des bois ou des écorces (santal, katrafay). Du fait de la lourdeur des molécules qui composent ces huiles essentielles, un certain nombre d’entre elles sont employées par l’industrie de la parfumerie comme note de fond.

Un autre point commun aux huiles essentielles à sesquiterpènes réside dans le fait qu’elles jouissent d’une excellente tolérance cutanée. On pourra, dans la plupart des cas, les appliquer pures sur la peau qui demeure l’interface privilégiée de ces huiles essentielles. Cependant, il est bon de noter qu’un usage massif de telles huiles peut provoquer des allergies qu’à petites doses elles sont sensées combattre.

Enfin, d’un point de vue spirituel, « les huiles essentielles à sesquiterpènes étaient fréquemment employées dans l’Antiquité à des fins spirituelles. Elles favorisent en effet le développement d’une vision holistique et aident à percevoir et comprendre les mondes subtils et invisibles. Elles relient les énergies telluriques et cosmiques, dissolvent les blocages et la rigidité, apaisent, détendent et équilibrent le système nerveux. Elles sont d’un bon soutien pour ceux qui méditent » (Lydia Bosson, L’aromathérapie énergétique, p. 36). Qu’on ne s’étonne donc pas de trouver dans cette famille des huiles essentielles telles que le santal, la myrrhe, ou encore le nard de l’Himalaya…

Pour finir, listons brièvement les principales huiles essentielles de cette famille : achillée millefeuille, camomille allemande, cèdre de l’Atlas, curcuma, genévrier commun, gingembre officinal, hélichryse d’Italie, katrafay, myrrhe, nard de l’Himalaya, patchouli, santal blanc, vétiver, ylang-ylang.

© Books of Dante – 2014

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Le katrafay, huile essentielle malgache

Huile essentielle de katrafay (Cedrelopsis grevei)

Description :

Espèce végétale endémique à l’île de Madagascar, le katrafay, selon son exposition, est soit un arbuste de 2 m ou bien un arbre de 15.
Son tronc rugueux évoque assez celui du niaouli tandis que ses feuilles rappellent celles du ravintsara.
Les fleurs, jaunes et assez discrètes, donnent naissance à des capsules vertes qui noircissent avec le temps et dont on extrait une huile végétale.
Le katrafay est, avec le saro, l’un des nombreux arbres-médecine de la végétation malgache.

En écorçant le tronc du katrafay, on obtient de longues bandelettes que, parfois, on entortille tant et si bien qu’on en fait des pelotes comme nous le voyons ci-dessous :

Pelotes de Katrafay

Elles seront par la suite distillées à l’aide de la vapeur d’eau d’un alambic. L’huile essentielle obtenue est liquide et mobile, d’une couleur allant du jaune clair au jaune orangé. A première olfaction, ce sont des notes terreuses et légèrement âcres de gingembre et de curcuma qui montent au nez. Par la suite, on distingue le boisé et le balsamique, une sorte de chaleur douce évoquant assez l’arôme de l’huile essentielle de bois de rose (Aniba rosaeodora).

135 molécules forment cette huile essentielle dont une petite dizaine représente 50 % de la totalité. L’huile essentielle de katrafay contient donc une flopée de molécules présentes dans de très petites proportions pour certaines d’entre elles (de l’ordre de 0,005 %).
La famille moléculaire majoritaire se trouve être celle des sesquiterpènes (plus de 50 %), dont la représentante majeure est l’ishwarane (17 à 25 %). Le katrafay s’inscrit donc dans le groupe des huiles essentielles à sesquiterpènes dans lequel on range également le cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), la myrrhe (Commiphora molmol), le nard de l’Himalaya (Nardostachys jatamansi), le patchouli (Pogostemon cablin), etc. Elles ont toutes la particularité de présenter une excellente tolérance cutanée, ce qui n’est pas tout à fait un hasard si l’on considère le terrain d’action privilégié de ces huiles essentielles : la peau et ses affections. Le katrafay n’y fait pas exception. Je remercie au passage la société Astérale pour m’avoir fourni la CPG :)

Propriétés thérapeutiques :

  • Tonique, fortifiante, rééquilibrante des glandes surrénales
  • Décongestionnante
  • Anti-inflammatoire
  • Antihistaminique, antiprurigineuse
  • Antalgique
  • Inductrice du sommeil

Usages thérapeutiques :

  • Action sur les muscles, les articulations, les tendons : rhumatisme, arthrite, polyarthrite, douleurs musculaires, douleurs dorsales
  • Action sur la sphère cutanée : troubles cutanés persistants, allergies cutanées, eczéma, psoriasis, prurit, crevasses, gerçures, peaux sèches, brûlures
  • Fatigue, asthénie, surmenage, convalescence
  • Insomnie, troubles du sommeil
  • Maux de tête
  • Énurésie chez l’enfant

L’hydrolat aromatique de katrafay se charge d’autres maux : conjonctivite inflammatoire, fatigue oculaire mais aussi des peaux sèches, irritées et sensibles aux allergènes.

Modes d’emploi :

Pour l’huile essentielle : voie cutanée, voie orale, diffusion atmosphérique, olfaction
Pour l’hydrolat aromatique : compresse, pulvérisation

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Soigner une sinusite à l’aide des plantes

Il est bien possible que certains d’entre vous aient attrapé un vilain rhume, ce qu’en langage médical on appelle une rhinite et que l’on retrouve parfois associée à la pharyngite à travers la célèbre rhino-pharyngite. Parfois ça se complique et peut s’ajouter à l’ensemble une sinusite. C’est une affection qui peut paraître banale comme ça, mais… « lorsqu’un virus, un champignon, une bactérie ou une allergie affecte les muqueuses du nez, celles-ci réagissent en s’enflammant et en enflant, provoquant l’obstruction des sinus. Dès lors, le mucus n’est plus drainé normalement, et les virus ou bactéries peuvent se développer rapidement. Les sinusites commencent donc, dans la plupart des cas, par une rhino-pharyngite virale qui entraîne une altération des capacités épuratoires de l’appareil cilié naso-sinusien et peuvent évoluer vers une authentique sinusite bactérienne » (Source : Wikipedia).

Sinus

Hein, vous voyez c’est pas chouette quand même. Sans compter qu’elle s’accompagne d’une baisse du tonus, ce qui a pour conséquence une dégringolade de l’esprit créatif, un encombrement permanent entravant nos gestes (parce que, dégainer le mouchoir toutes les trois minutes, ça devient lourd, à la longue). Bref, avant de vous ruer chez l’ORL, il existe une petite recette très simple à réaliser. Il vous faudra :

  • 1 litre d’eau
  • 1 oignon émincé
  • 2 cuillères à soupe de vinaigre de cidre (ou de pommes, comme disent nos amis suisses)
  • 1 cuillère à soupe de gros sel
  • Du romarin, si possible frais. Si vous n’en avez pas, opter pour du romarin sec ou bien carrément son huile essentielle. Par ailleurs, la sauge officinale, le thym et le laurier peuvent se substituer au romarin

Placez l’eau ainsi que tous les ingrédients dans une casserole et portez le tout à ébullition. Dès que les premiers bouillons apparaissent, coupez le feu et couvrez : votre fumigation humide est prête. Vous imaginez la suite, armez vous d’une serviette, placez vos fosses nasales au-dessus de la casserole bouillante et respirez-en les vapeurs pendant au moins cinq bonnes minutes. Veillez à ne pas vous tenir trop prêt, ça chauffe dur là-dessous.
Vous allez ressentir un mieux-être immédiat. Mouchez-vous. La rhinorrhée, c’est-à-dire l’écoulement nasal, qui était jusqu’alors de couleur jaune plus ou moins soutenue devient plus incolore et moins épaisse. Avec le temps, vous vous rendrez compte que, bien que la nécessité de faire appel au mouchoir soit toujours présente, vous vous en servirez moins fréquemment qu’auparavant.

A la suite de cette fumigation, vos pores sont bien dilatés, aussi profitez-en pour procéder à l’application transcutanée locale (cf. photo ci-dessus) de la petite synergie suivante :

  • Une huile végétale fluide (noisette, noyau d’abricot, rose musquée, macadamia, etc.).
  • Une huile essentielle à oxydes telle que : ravintsara, myrte vert, romarin à 1-8 cinéole, eucalyptus globuleux, eucalyptus radié, laurier noble (au choix).

Elle aura pour conséquence de renforcer les effets de la fumigation en portant au plus près des sinus des huiles essentielles bien connues pour leurs nombreuses propriétés portant sur la sphère ORL.

Ci-après, une liste (non exhaustive) d’autres huiles essentielles utilisables en pareil cas : arbre à thé, bois de rose, camomille romaine, hélichryse d’Italie, hysope couchée, lavande aspic, marjolaine à coquilles, menthe poivrée, niaouli, palmarosa. Voilà. Avec ça, il y a de quoi faire.

Portez-vous bien ;-)

P. S. : réitérez plusieurs fois l’expérience, cela n’en sera que plus efficace.

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Comment diffuser les huiles essentielles ?

Il fut un temps pas si lointain où, dans les hôpitaux, on se livrait à des pratiques qui, pour le moins étranges qu’elles paraissent à nos yeux, n’étaient pas dénuées d’efficacité. Des infirmières baladaient un peu partout des bacs d’eau bouillante dans lesquels marinaient des feuilles d’eucalyptus. C’est ce qu’on appelle une fumigation humide dont le but était d’aseptiser l’atmosphère. Aujourd’hui, pour diffuser les arômes, on peut allègrement se passer d’une cuve d’acier zingué de 25 litres… ^^ puisqu’on trouve dans le commerce différents dispositifs permettant de diffuser les huiles essentielles. Il en existe à tous les prix, de diverses qualités et… efficacité. Répertorions donc ce qui se fait dans ce domaine.

  • Le brûle parfum

Objet le plus souvent esthétique, il est parfois employé comme diffuseur. Le hic, c’est qu’il a rapidement tendance à cuire les huiles essentielles, tant et si bien qu’il faut en rajouter souvent, additionnées d’eau, dans le réceptacle prévu à cet effet. Comme son nom l’indique, il brûle les huiles essentielles, pour cela il demeure inefficace et bien trop gourmand.

brûle-parfum

  • La rondelle sur ampoule

Peu chère, elle cherche à bénéficier de la chaleur d’une ampoule afin de disperser dans l’atmosphère le produit qu’on y aura versé pur. Malheureusement, le souci réside dans le point évoqué précédemment : l’ampoule développe bien trop de chaleur pour que les huiles essentielles puissent y résister correctement. Chauffées à une température trop élevée, elles sont susceptibles de voir leur composition biochimique se modifier. De plus, je ne suis pas certain que les huiles essentielles apprécient grandement le rayonnement électro-magnétique des ampoules qui, soit dit en passant, est pire chez les ampoules à économie d’énergie que chez les ampoules classiques.

  • Le galet sur radiateur

Bénéficiant d’une chaleur plus douce, quelques gouttes déposées sur le galet permettent de libérer les effluves parfumées dans l’atmosphère de manière plus respectueuse vis-à-vis des huiles essentielles. Cependant, son rayon d’action reste limité (impossible de l’utiliser durant la saison chaude à moins d’allumer le radiateur, ni de le déplacer où l’on souhaite).

  • Le diffuseur électrique à chaleur douce

Une coupelle dans laquelle on place un peu d’eau et les gouttes d’huile essentielle est chauffée très légèrement par une résistance électrique située à l’intérieur de l’appareil. Cela n’est pas un mauvais produit (notons au passage que certains diffuseurs de ce type sont très mauvais), mais il devra se limiter à des pièces de faible volume.

  • Le diffuseur à ventilateur

Un petit moteur entraîne une roue à palettes. On dispose quelques gouttes sur un tapis en mousse, le mouvement d’air produit par le ventilateur chasse les molécules aromatiques aux environs. La faible puissance de l’objet, son aspect gadget, ne permet en rien d’obtenir un résultat correct, loin de là. Autant placer les huiles essentielles sur le filtre d’un aspirateur, cela sera autrement plus efficace.

  • Le diffuseur à ultrasons

Là, on a affaire à la Rolls des diffuseurs. Mais attention, cela dissimule bien des tacots.

Certains se présentent sous la forme d’une vasque contenant un moteur doté d’une lentille en céramique qui, par vibration ultrasonique, va dégager un nuage de brume composé de micro-gouttelettes d’eau mêlée aux huiles essentielles. Le souci, avec ce type d’appareillage, c’est qu’en l’absence de tout ventilateur, le nuage de brume reste contigu à l’appareil et se disperse donc assez mal. Qui plus est, l’eau va finir par retomber tout autour du diffuseur et finira tôt ou tard par « inonder » les alentours, alors qu’un diffuseur muni d’un système de soufflerie projette un « jet » de brume aromatique de manière énergique et à bonne distance. Ainsi, les arômes ne stagnent pas à portée du diffuseur.

Diffuseur à vasque

Les matériaux employés dans la fabrication d’un diffuseur peuvent être également source de désagréments. Certains utilisateurs de diffuseurs en plastique (made in China, surtout) déplorent le fait que la diffusion d’huiles essentielles s’accompagne parfois d’une odeur de plastique. Par ailleurs, certains diffuseurs constitués de matière plastique sont fragiles. Moins onéreux à l’achat, beaucoup de diffuseurs de ce type deviennent défectueux quand ils ne finissent pas par s’encrasser avant de tomber en panne.

C’est alors qu’il faut se tourner vers plus cher mais plus efficace, c’est-à-dire vers un diffuseur qui fait ce pour quoi il a été conçu. On peut alors acquérir un système avec verrerie qui, bien entendu, demeure relativement fragile.

Diffuseur à verrerie

Vous l’aurez compris, le marché des diffuseurs d’huiles essentielles est une telle jungle qu’il n’est pas impossible d’avoir affaire à un produit défaillant, inadapté, fragile, mal pensé et mal conçu, etc. Ce qui est fort dommageable surtout s’il s’agit d’un premier achat.
Ainsi, avant tout achat, renseignez-vous (et pas uniquement auprès des vendeurs de magasins spécialisés dont beaucoup n’y connaissent rien). Consultez et comparez les avis et les commentaires des clients sur les sites internet de grandes centrales d’achat. Exigez d’un fabricant qu’il vous communique toute documentation relative à tel ou tel diffuseur qu’il produit si jamais ces données sont indisponibles. Si vous connaissez un magasin proposant ce type de produits à la vente, demandez qu’on vous fasse une démonstration (en effet, qui achèterait une voiture ou un vêtement sans l’essayer ?). En résumé : prenez toutes les précautions nécessaires avant achat au risque de le regretter par la suite, ce qui n’est pas l’objectif.
Enfin, il faut savoir que ce type de produits, comme beaucoup d’autres, est soumis à des « innovations » galopantes. Les modèles changent rapidement, les pièces de rechange deviennent vite introuvables, etc.

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Comment utiliser les huiles essentielles par voie cutanée ?

Nous avons vu dans un précédent article quelles étaient les différentes manières d’ingérer les huiles essentielles. Aujourd’hui, nous nous appliquerons à recenser les protocoles permettant de tirer au mieux profit d’une interface dont la superficie avoisine 2 m² : la peau.

Bien que de façon globale les applications cutanées présentent moins de « danger » que l’ingestion, il n’est nullement question d’y aller à la hussarde, puisque toute application cutanée doit procéder d’une réflexion à travers laquelle on ne peut faire l’économie d’un certain nombre de critères : dilution (ou pas), fréquence et durée des applications, type de peau (prendre en compte le potentiel allergisant de certaines molécules aromatiques), âge, constitution de la personne…

Pures ?

Dans certains cas il est envisageable d’employer les huiles essentielles pures :

  • Les gestes d’urgence : un doigt coincé dans une porte ? Menthe poivrée ! Une piqûre d’abeille ? Lavande aspic ! Ce sont des gestes occasionnels qui ne sauraient être systématiques en dehors de toute situation d’urgence.

  • Les huiles essentielles jouissant d’une excellente tolérance cutanée (HE à sesquiterpènes telles que nard, patchouli, santal blanc, etc. ; ravensare aromatique et quelques autres).

  • L’embaumement vivant : réservé aux spécialistes, il consiste en une application d’une grande quantité d’huile essentielle (10 à 20 ml) sur la quasi totalité du corps.

Notons que la tolérance cutanée est variable d’une personne à l’autre, d’une huile essentielle à l’autre. Par ailleurs, il est important de conserver à l’esprit que l’utilisation d’une huile essentielle à l’état pur doit être soumise à condition, d’où la réflexion préalable afin d’éviter tout désagrément.

massage

Diluées ?

Si oui, plusieurs substrats sont possibles. Et le choix de tel ou tel ne doit pas être abandonné au hasard.

  • Les huiles végétales : on distingue les huiles végétales dites épaisses (olive, amande douce, avocat) des huiles végétales fluides (noisette, macadamia, rose musquée). Les premières sont particulièrement adaptées pour travailler en surface tandis que les secondes traversent plus facilement la barrière cutanée. On n’emploiera donc pas indifféremment les unes et les autres. Par exemple, le type d’affection permet déjà de faire un choix pertinent. Si l’on souhaite procéder à des applications en surface (eczéma, coup de soleil, etc.), on optera pour une huile végétale épaisse. En revanche, pour des affections plus profondes (douleurs musculaires et/ou articulaires, sciatique…), on choisira une huile végétale fluide qui portera d’autant mieux les huiles essentielles vers le siège de l’affection. Bien entendu, ces huiles, qu’elles soient fluides ou épaisses, ne sont pas que de simples substances inertes permettant la seule dilution des huiles essentielles. Chacune d’elles peut être employée en raison de ses propres qualités thérapeutiques. Par exemple, en cas de coup de soleil, on peut choisir une huile végétale anti-inflammatoire (macérât de millepertuis) additionnée d’une huile essentielle visant le même but (lavande aspic).

Rappel : une synergie n’est pas seulement un mélange d’huiles essentielles. Une huile végétale et une huile essentielle constituent, à elles deux, une synergie. Etymologiquement, le mot synergie veut dire « je travaille avec ». Dans le cas exposé ci-dessus, le millepertuis travaille donc main dans la main avec la lavande aspic.

  • Si les huiles végétales sont souvent employées avec les huiles essentielles, il existe d’autres matières à même de se mêler à elles : les argiles. Qu’elles soient vertes, blanches ou roses, tout comme les huiles végétales, elles ont chacune des propriétés spécifiques et peuvent être utilisées de diverses manières : masque, cataplasme, emplâtre.
  • L’alcool offre la possibilité à toute huile essentielle de s’y diluer. Grâce aux synergies élaborées à base d’alcool, on peut employer le produit obtenu par friction. De même, des applications à l’aide de compresses stériles sont également possibles.
  • Enfin, d’autres substances telles que le miel et le jaune d’œuf peuvent tout à fait servir de base de dilution aux huiles essentielles.

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Comment absorber les huiles essentielles par voie orale ?

Dès qu’on commence à employer les huiles essentielles, un certain nombre de précautions d’usage s’impose. C’est particulièrement le cas lors d’une prise orale.
Contrairement aux teintures-mères, les huiles essentielles ne sont pas miscibles dans l’eau. On peut aisément le constater en versant quelques gouttes dans un verre d’eau : elles flottent en surface (compte tenu de leur densité inférieure à celle de l’eau). Elles ne sont donc pas diluées, et en avalant le tout, on risque fort de faire connaissance avec le côté fortement caustique de la plupart des huiles essentielles sur nos muqueuses buccales. Pour parer à ce problème, il existe différents moyens que nous allons maintenant présenter ci-dessous. Précisons au passage que chacun d’eux implique avantage et inconvénients et laissons aux fanas d’absorption sub-linguale le délice d’une application d’huiles essentielles à l’état pur ^^

Un substrat naturel

Une petite cuillère de miel, de crème fraîche ou d’huile végétale (c’est selon les goûts de chacun) représente une opportunité simple à exécuter afin d’absorber par voie orale la plupart des huiles essentielles, puisqu’elles ont alors l’avantage de se mélanger facilement à ces produits. Cependant, cela n’enlève en rien le pouvoir encore échauffant des huiles essentielles sur les muqueuses. On évitera donc d’utiliser des huiles essentielles dermocaustiques par ce moyen (cannelle de Ceylan, thym vulgaire à thymol, thym vulgaire à carvacrol, origan vulgaire à carvacrol, clou de girofle, etc.).

miel

Le comprimé neutre

Tout rond tout blanc, il est doté de deux surfaces planes sur lesquelles on dépose une à une le nombre de gouttes nécessaires à une prise, généralement trois. Au-delà, le comprimé sature et transpire. Or, l’intérêt du comprimé neutre réside dans sa capacité à éponger les huiles essentielles. Quand cela est fait, on l’avale à l’aide d’un verre d’eau. Certains fabricants recommandent de le sucer ou de le croquer, c’est selon. Au rang des inconvénients, on trouve la composition de ces comprimés : sorbitol E420 (un édulcorant assez mal digéré par l’organisme), E460, E572, etc. qui font d’un comprimé neutre un assemblage chimique qui rebutera probablement certaines personnes.

comprimé neutre

La gélule

Forme galénique bien connue, elle peut tout à fait accueillir les gouttes nécessaires à une prise, à condition d’être d’une contenance suffisante. Plusieurs variantes sont disponibles : gélatine végétale, gélatine de poisson, gélules gastro-résistantes ou classiques.
La gélule, bien qu’un peu plus compliquée à l’emploi (il faut bien faire tomber les gouttes à l’intérieur sans qu’elles s’écoulent au dehors) présente l’intérêt de ne pas mettre l’œsophage au contact des huiles essentielles, chez les personnes délicates. Tout comme le comprimé neutre, on l’avale à l’aide d’un verre d’eau.
Le principal inconvénient se situe au niveau de la composition du corps cylindrique de la gélule. Mais de plus en plus, les gélatines d’origine végétale sont venues remplacées la gélatine issue des os de bœuf et de peau de porc.

gélules

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Huile essentielle : décortiquage d’étiquette

On entend souvent des personnes s’interroger sur les différents éléments qui constituent l’étiquette d’un flacon d’huile essentielle, tandis que d’autres ne parviennent pas à orienter leur choix face à telle ou telle gamme parce que, en apparence, tout ça, c’est pareil. Eh bien non ! Perçons ensemble les arcanes du produit à travers le décodage de son interface évidente : l’étiquette. Ci-dessous, nous voyons l’emballage d’une huile essentielle que j’ai soigneusement aplati :

étiquette huile essentielle

Comme vous le voyez, j’ai encerclé les plus importantes mentions que je vais décrypter une à une :)

1. La mention BIO : plus qu’un logo, c’est davantage une pastille qui n’assure en rien la véritable valeur biologique de notre huile essentielle.

2. Les conseils d’utilisation : bien que ceux-ci ne concernent que la voie orale, ils sont tout à fait rigoureux. Est également mentionné une équivalence « ml = nombre de gouttes ». Cela, tout les fabricants ne le font pas. Et c’est important en fonction du compte-gouttes qui peut être de catégorie A ou B. Mais j’expliquerai cela dans un post distinct.

3. Le nom de la plante : évident, pour savoir de quoi l’on parle. Un nom en français obligatoirement accompagné du nom latin de la plante. Ici, nous avons affaire au romarin officinal. Sachant qu’il en existe différentes variétés présentant des propriétés pas forcément communes, il est bon de le mentionner. Il en va de même pour le thym, l’eucalyptus, l’épinette, le pin, le sapin, etc.

4. Les ingrédients et autres indications : la partie de la plante qui a été distillée (selon les huiles essentielles, cela peut être les feuilles, les racines, les semences, etc.), les principales molécules présentes dans l’huile essentielle concernée, etc. Ici, ils mentionnent même la famille botanique. Même s’il est intéressant de le savoir, cela n’a pas grande importance pour savoir si on a affaire à une huile de qualité ou pas.

5. Les logos AB : contrairement au point 1. nous avons ici affaire à deux véritables logos attestant de la qualité biologique de notre huile essentielle. A gauche, le logo AB européen, à droite le logo AB France. Attention, il existe des produits qui affichent un tel logo mais sans qu’il soit mentionné « certifié ». Sans lui, on ne peut être certain de la traçabilité du produit.

6. 100 % pure et naturelle : c’est le moins que l’on puisse faire pour proposer au public une huile essentielle non coupée, non trafiquée, etc. Si un flacon ne le mentionne pas, c’est même pas la peine.

7. Les précautions d’emploi : vu la taille de la boîte, il est clair qu’on ne peut pas tout mettre. Cependant, ici nous constatons que certaines précautions d’emploi s’adaptent à toute huile essentielle alors que d’autres sont spécifiques à cette huile essentielle là (« ne pas utiliser chez les enfants de moins de 7 ans, les femmes enceintes ou allaitant » : c’est particulièrement vrai pour le romarin officinal à camphre).

8. Le numéro de lot, la date de péremption et le territoire d’origine de la plante distillée : d’autres informations utiles. Cela permet de cibler plus précisément le produit. Savoir qu’une huile essentielle, disons de menthe poivrée, provient d’Inde, d’Italie ou d’Angleterre, ce n’est pas tout à fait la même chose (ni le même parfum et composition). Quant à la date de péremption, elle est obligatoire sur ce type de produit même s’il est vrai que certaines huiles essentielles peuvent se bonifier avec le temps et donc au-delà de la date de péremption. De bonnes conditions de conservation et de stockage assureront à vos huiles essentielles une « extension de garantie »;).

Voilà, vous savez tout ou presque sur le décryptage d’une étiquette d’huile essentielle. Celle-ci est presque parfaite. Il manquerait juste le logo d’un organisme de contrôle (Ecocert, par exemple). Mais le logo « AB France certifié » montre déjà qu’un organisme de ce type a mis son nez dans l’affaire avant que l’huile essentielle en question soit commercialisée.

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Découvrez le potentiel acido-réducteur des huiles essentielles !

Chose promise, chose due ! :)

Après avoir reçu un lot de bandelettes permettant de mesurer le pH, je me suis livré à toute une série d’expérimentations : j’ai mesuré le pH d’une cinquantaine d’huiles essentielles et essences aromatiques relativement courantes et disponibles. Les résultats sont sans appel : toutes sont acides. C’est-à-dire qu’elles présentent un pH compris entre 0 et 7.

Les données chiffrées et l’histogramme présentent clairement ces résultats.

Groupe 1 – pH 3,5 : géranium « Égypte ».

Groupe 2 – pH 3,7 : camomille romaine, cannelle de Ceylan « écorce », hysope couchée.

Groupe 3 – pH 4,5 : sapin baumier, thym vulgaire à linalol.

Groupe 4 – pH 4,6 : clou de girofle, lavande aspic.

Groupe 5 – pH 4,7 : basilic tropical, cardamome, citron, épinette bleue, hélichryse d’Italie, orange douce, petit grain bigarade, ravintsara, romarin officinal à cinéole, sauge sclarée.

Groupe 6 – pH 4,8 : bois de rose, cèdre de l’Atlas, eucalyptus globuleux, litsée, niaouli, palmarosa, romarin officinal à verbénone, thym à feuilles de sarriette.

Groupe 7 – pH 4,9 : citronnelle, curcuma, gingembre officinal, épinette noire, eucalyptus citronné.

Groupe 8 – pH 5 : arbre à thé, cyprès toujours vert, fenouil doux, gaulthérie couchée, laurier noble, marjolaine à coquilles, muscade, patchouli, ravensare, romarin officinal à camphre, sarriette des montagnes, thym vulgaire à thymol.

Groupe 9 – pH 5,3 : menthe poivrée, pin sylvestre, ylang-ylang.

Histogramme

Les 4 forces et la zone d'action des HE

En quoi est-ce si important de savoir que les huiles essentielles ont un pH acide ? Parce qu’elles permettent d’acidifier un terrain biologique alcalin. D’autre part, étant donné que les huiles essentielles sont toutes plus ou moins anti-oxydantes, elles luttent contre l’oxydation des cellules (et contre les fameux radicaux libres par la même occasion). Grâce à ces deux propriétés majeures, les huiles essentielles corrigent un terrain alcalin-oxydé qu’on rencontre bien trop souvent dans notre monde occidental et qui est à l’origine de nombreuses pathologies dégénératives.

Par ailleurs, sachez que d’autres produits dont la simplicité nous les fait trop souvent négliger possèdent ces deux propriétés à l’identique : le vinaigre de cidre, le jus de citron, etc.

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Aromathérapie : propriétés négativantes et positivantes des huiles essentielles

Comme indiqué dans l’article Aromathérapie & Bioélectronique, les huiles essentielles et essences aromatiques présentent deux propriétés particulières. Une huile essentielle négativante apporte des électrons là où une positivante en capture.

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Dans ce petit post synthétique, nous retrouverons les familles moléculaires positivantes et négativantes majeures ainsi que les principales huiles essentielles parmi les plus connues appartenant à l’un ou l’autre groupe.

PROPRIÉTÉ NÉGATIVANTE

Familles moléculaires : aldéhydes monoterpéniques, cétones, esters, sesquiterpènes, coumarines.

Huiles essentielles : citronnelle des Indes, khella, eucalyptus citronné, hélichryse d’Italie, hysope officinale, laurier noble, lavande vraie, lavandin super, verveine citronnée, thuya occidental, achillée de Ligurie…

PROPRIÉTÉ POSITIVANTE

Familles moléculaires : phénols, alcools monoterpéniques, alcools sesquiterpéniques, aldéhydes aromatiques, oxydes, éthers, monoterpènes, acides, lactones.

Huiles essentielles : sapin baumier, bois de rose, estragon, cannelle de Chine, cannelle de Ceylan « écorce », cannelle de Ceylan « feuilles », néroli, coriandre, cyprès toujours vert, palmarosa, eucalyptus globuleux, eucalyptus radié, lavande aspic, livèche officinale, menthe poivrée, myrte commun à cinéole, basilic tropical, épinette noire, ravensare, sarriette des montagnes, thym vulgaire à géraniol, thym vulgaire à linalol…

Voilà qui complétera utilement le post connexe. Par la suite, un autre petit post viendra récapituler le pH d’une cinquantaine d’huiles essentielles et essences différentes.

© Books of Dante – 2013

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La cardamome (Elletaria cardamomum)

Malgré ses usages culinaires propres à nos latitudes, la cardamome sait ne pas faire oublier d’où elle vient. Si la cardamome verte est issue du sous-continent indien, la noire provient d’un foyer asiatique situé plus à l’Est (Himalaya, Chine).

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Herbe à rhizome de la même famille que gingembre, petit galanga et curcuma, la cardamome vert est une grande plante vivace dont la taille oscille entre 2 et 5 m de hauteur. De longues feuilles étroites à la face inférieure duveteuse se terminent en pointes effilées. Des fleurs blanches striées de violet donnent naissance à des grappes de fruits verts, capsules aromatiques contenant des graines à la saveur poivrée si forte qu’elles faisaient dire à Dioscoride qu’il suffisait « qu’une femme enceinte la respirât pour tuer l’enfant qu’elle portait ». Est-ce pour cette raison qu’elle a été surnommée graine des anges ? Ses capsules, qui mesurent généralement 1 cm de longueur, sont segmentées en trois compartiments contenant chacun une à deux dizaine de petites graines noires pas plus grosses que des graines de pavot, alors que les capsules de la cardamome noire sont plus grosses (3 cm) et contiennent davantage de graines.

Quant à la cardamome blanche, elle ne présente que peu d’intérêt. Si elle est blanche, c’est qu’il s’agit de cardamome verte ayant subit un traitement chimique au dioxyde de soufre. Autant dire qu’elle est loin d’être indispensable.

En Inde, la cardamome verte est un ingrédient majeur de la médecine ayurvédique (à l’instar du gingembre) qui l’emploie depuis plus de 3 000 ans et la met à profit dans des troubles aussi variés que l’asthme ou les difficultés de digestion.

Elle fut introduite bien avant notre ère en Asie Occidentale puis sur l’ensemble du pourtour méditerranéen, comme l’atteste un papyrus égyptien âgé de 25 siècles. Très tôt, elle trouva un emploi comme matière à encens et à parfum. Ce sont ces usages que l’on retrouve en Égypte antique car il est dit que la reine Cléopâtre en parfumait ses appartements. Il est donc tout naturel de retrouver la cardamome chez les Grecs et les Romains de l’Antiquité, toujours friands d’exotiques nouveautés. Selon d’anciennes sources, la cardamome leurs parvenait par caravanes entières !

Grecs et Romains l’utilisaient pour ses propriétés digestives et pour sa capacité à purifier l’haleine (laquelle dernière n’a, à l’heure actuelle, rien perdu de sa fraîcheur ^^). Au-delà de ces quelques propriétés médicinales, Grecs et Romains imitèrent les Égyptiens et firent également de la cardamome un ingrédient entrant dans la compositions de parfums et d’encens, ses capsules servirent même d’offrandes.

Au Moyen-Âge, on l’utilisait pour ses propriétés digestives et stomachiques (école de Salerne). Différents auteurs médiévaux dont Avicenne reconnaissent à la cardamome des vertus souveraines contre un certain nombre de maux et d’affection (maux de gorge, toux, etc.).

Comme beaucoup d’épices, elle est considérée dans les traditions populaires comme un aphrodisiaque, ce qui faisait dire « qu’un vin chaud aromatisé à la cardamome réveillerait un mort, lequel irait tout droit voir les filles… » De façon plus prosaïque et terre-à-terre, il n’en demeure pas moins que les graines de cardamome réduites en poudre et bouillies avec du lait et du miel constituent un excellent remède à l’impuissance et à l’éjaculation précoce (attention, car en trop grande quantité ce mélange produit l’effet inverse !) Comme dans tout, il n’est que question de dosage.

On pensait même qu’il suffisait de priser les graines pulvérisées en pensant à la personne aimée pour susciter son amour. Quand bien même le grand Lémery dira en 1733 que la cardamome peut « aider à la digestion, résister à la malignité des humeurs et exciter la semence », il est fort possible qu’il y ait erreur sur la personne. En effet, les Romains, généralement peu soucieux de donner des définitions précises, auraient pu faire la confusion entre la cardamome asiatique et la maniguette africaine (Aframomom melegueta), parfois, autrement désignée sous le vocable évocateur de graine de paradis . Cela étant dit, il est bon de noter que maniguette et cardamome sont deux plantes bien distinctes bien qu’elles appartiennent toutes deux à la même famille botanique. D’autant qu’il est aisé de comparer des capsules de cardamome verte avec des gousses de maniguette comme cela est clairement visible sur les clichés ci-dessous :

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La maniguette

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La cardamome

Peut-être, alors, faut-il faire une relation, non pas avec la cardamome verte mais avec… la noire qui est (injustement ?) appelée, elle aussi, maniguette ou… graine de paradis, ce qui ne laisserait pas de doute sur l’usage que l’on peut en faire de cette dernière, quand bien même la littérature aromathérapeutique n’assigne en aucun cas à la cardamome (qu’elle soit verte ou noire) le rôle d’aphrodisiaque.

> Huile essentielle de cardamome verte

Extraite des capsules par distillation à la vapeur d’eau.

-Esters : 30 à 50 %, oxydes : 30 à 45 %, monoterpènes : 11 %, monoterpénols : 5 %

Odeur agréable, légèrement camphrée et poivrée, un peu acre parfois. Sa saveur est généralement bien plus fine et plus douce que celle de cardamome noire dont la saveur poivrée est très astringente. Outre ses usages en aromathérapie, l’huile essentielle contenue dans le fruit est utilisée en liquoristerie ainsi qu’en parfumerie.

> Propriétés thérapeutiques

-Digestive, eupeptique, stomachique, carminative, facilite le transit intestinal, augmente les secrétions gastriques et biliaires / Anti-infectieuse : antibactérienne, antifongique / Antispasmodique / Anti-inflammatoire, analgésique / Stimulante de l’intellect, tonique / Expectorante, catarrhale / Anthelminthique / Ulcéroprotectrice / Promotrice d’absorption

> Usages thérapeutiques

Troubles gastro-intestinaux : insuffisance digestive, aérophagie, flatulence, dyspepsie, colite spasmodique, indigestions, crampes d’estomac, colique, nausée, halitose / Troubles de la sphère respiratoire : bronchite catarrhale, encombrement bronchique, infections respiratoires, refroidissement (son énergie réchauffante est particulièrement recommandée en hiver) / Cardialgie / Fièvre / Douleurs rénales / Asthénie, qu’elle soit d’origine physique ou psychique

> Propriétés psycho-émotionnelles et énergétiques

-Si Scott Cunningham associe la cardamome au genre féminin et à la planète Vénus, il est sans doute hâtif de la qualifier d’aphrodisiaque. Elle a effectivement un rapport avec Aphrodite mais dans le sens où l’entend la médecine traditionnelle chinoise, à savoir que c’est une plante de l’énergie de base qui aide à s’émouvoir de nouveau lorsque l’on est trop éteint émotionnellement, elle redonne de la spontanéité ainsi qu’un certain élan dans les émotions tout en accueillant les imprévus émotionnels.

Couleurs de l’aura

Violet, indigo

Couleurs complémentaires

Jaune, orange

Chakras concernés

Couronne, troisième œil, plexus solaire, sacré

-Protocoles :

Cobaye n° 1 : application d’huile essentielle de cardamome verte le long des méridiens suivants : conception (yin), vésicule biliaire (yang, bois) et triple foyer (yang, feu). Quelques mots au sujet de ces trois méridiens :

  • Le méridien Conception a la charge de tout ce qui touche le Féminin au sens large : sens de l’écoute, capacité à recevoir, capacité à accepter, capacité à être en paix, capacité à faire la paix, calme. Ainsi donc, il est est lié à la Lune et à l’argent, puisqu’il incarne une symbolique lunaire, nocturne et maternelle. Les situations et vécus psycho-émotionnels que gère ce méridien sont les suivants : difficultés à vivre les sentiments et les émotions, difficultés et/ou souffrance dans le rapport au féminin (dans le cas d’un enfant ou d’un adulte en conflit avec la mère et/ou l’aspect maternel au sens large), difficultés à accepter le quotidien, ce qui, convenons-en, entretient un lien plus qu’étroit avec ce qu’il est dit de l’huile essentielle de cardamome en tête de paragraphe. Elle s’adresse donc tout particulièrement aux sujets sensibles, émotifs et/ou stressés.

  • Le méridien de la vésicule biliaire participe à l’attitude générale du mental et des organes sur le plan moral, il a un lien avec le sens de la justice, du courage, de l’harmonie et de la pureté. Quand l’énergie du méridien de la vésicule biliaire est équilibrée, l’individu fait face et à toujours l’énergie nécessaire et le courage pour résister. En revanche, dès lors que cette énergie est défaillante, l’individu aura le moral atteint, sera submergé par l’idée de la défaite, il créera un terrain favorable afin qu’elle se déploie rapidement dans tout son être. On remarque également chez ce type de personnes d’autres difficultés : difficulté à vivre les affects, manque de confiance, envie et jalousie, exigence, perfectionnisme, très grande sensibilité aux sentiments de justice et d’injustice, difficultés en ce qui concerne la problématique liée à la place sociale, familiale, professionnelle.

  • Le méridien du triple foyer règle la chaleur interne à la manière d’un thermostat, en particulier la chaleur dans laquelle travaillent les viscères. Les situations et vécus psycho-émotionnels qui lui sont propres sont les suivants : difficultés à faire la part des choses dans sa vie (entre préoccupations matérielles d’une part, spirituelles d’autre part), trop d’attachement au passé et aux habitudes, manque de gaieté, une certaine frilosité ainsi que des capacités intellectuelles en berne, plus faibles qu’à l’habitude (en cas de carence énergétique), irritabilité, agressivité, agitation, excitation, hystérie en cas d’excès énergétique.

Cobaye n° 2 : une application d’huile essentielle de cardamome verte en friction au niveau de la ceinture abdominale (plexus solaire, chakra sacré) permet une stimulation plus subtile des chakras complémentaires que sont la couronne et le troisième œil.

 > Modes d’emploi

-Diffusion atmosphérique, voie cutanée diluée, voie orale sous contrôle, inhalation sèche, friction

> Précautions d’emploi, contre-indications et autres remarques

-La graine de cardamome est un ingrédient qui entre dans la composition du curry et du garam masala en Inde ainsi que dans d’autres poudres d’épices. Elle est largement utilisée dans les pays du Proche-Orient pour aromatiser le café, ainsi que dans des régions d’Inde, au Cachemire entre-autre, avec le thé. Elle est peu utilisée en Europe, hormis dans certains pays scandinaves (Danemark) où elle sert à parfumer les pains fantaisie, les pâtisseries et les sauces, par exemple. Par ailleurs, elle est utilisée de façon parcimonieuse (pain d’épice, hydromel).

-La cardamome demeure une épice très onéreuse, au même titre que la vanille ou le safran.

© Books of Dante – 2012

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