Parfums antiques


Flacon à parfum en verre. Rome antique, seconde moitié du Ier siècle avant J.-C. Metropolitan Museum of Art (New-York).


Durant l’Antiquité, la parfumerie n’a rien de comparable avec ce qu’elle est aujourd’hui devenue, quand bien même elle recherchait peu ou prou les mêmes buts. Avant de les atteindre, elle s’échina à extirper de fractions végétales diverses (racines, rhizomes, fleurs, feuilles, écorces…) les principes odorants convoités. Si l’on évoque quelquefois des eaux parfumées, celles qui eurent la faveur des Anciens étaient avant tout les huiles parfumées que l’on obtenait principalement par macération à froid ou à chaud d’un végétal sec ou frais dans de l’huile, afin qu’au corpus puisse se mêler le sucus. Enfleurage et expression étaient aussi des méthodes employées. On procédait parfois à l’adjonction de sel ou d’orcanette comme conservateur, alors que l’on conviait gommes et résines à jouer le rôle de fixateur, afin d’assurer au parfum quelque espérance de pérennité. Parfois, des matières reconnues pour leur pigment, ou pour leur capacité à éclaircir ou à obscurcir, étaient invitées lors de l’élaboration des parfums qui pouvaient suivre des recettes simples ou complexes. Puis, une fois la confection achevée, on abritait les parfums des rayons du soleil en les entreposant dans des réceptacles en pierre (albâtre), en terre cuite, voire en cuir (!). Heureusement que le verre – à l’image du flacon que nous voyons ci-dessus – viendra y mettre bon ordre.

Aujourd’hui volatil et éthéré, son homologue antique était gras, onctueux, épais et visible, rendant la peau brillante et aussi parfumée (sinon odorante) que possible, et cela à de nombreuses occasions de la vie de tous les jours rythmée par des festivités nombreuses et variées : événements sportifs, rituels religieux et funéraires, le parfum intervenait aussi dès l’étape des fiançailles, puis des noces, enfin au sein même de la chambre nuptiale, tout en étant, bien entendu, l’objet d’extravagances souvent crucifiées par les poètes de l’époque.

Malgré toutes les sources antiques écrites dont on dispose au sujet des parfums, l’on n’est pas encore en mesure de se représenter fidèlement l’univers olfactif des Grecs et des Romains : l’archéobotanique a donc de beaux jours devant elle !

© Books of Dante – 2022

Publicité

Une réflexion sur “Parfums antiques

  1. Merci pour tout ce que j’apprends. Je connais votre site grâce à ma fille. Un joli partage. Je vous souhaite toujours plus de lecteurs très attentifs. Vos articles méritent qu’on s’y attarde.

    Aimé par 2 personnes

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s