Le vératre (Veratrum album)

Synonymes : hellébore blanc, ellébore blanc, ellébore officinal, verêtre, veraire, varaire, vareivre, vraive, varasco.

Afin de faire écho aux mandragores « blanches et noires » tel qu’on les opposait durant l’Antiquité gréco-romaine, signalons qu’on distinguait aussi deux ellébores (ou hellébores ; on retiendra cette dernière graphie), un blanc et, bien sûr, un noir. Si les deux mandragores sus-citées sont bel et bien deux solanacées, force est de constater que ce que nous appelons en français moderne hellébore blanc et hellébore noir, relèvent chacun d’une famille botanique distincte. Effectivement, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’un de ces hellébores, c’est-à-dire pas moins que la rose de Noël (cette plante est plus connue sous cette dernière appellation), dit noir en raison de la teinte de sa racine, n’entre pas dans la même catégorie : cette plante appartient à la famille des Renonculacées, tandis que l’hellébore blanc a été classé parmi les Liliacées. Cependant, « la plante connue des Anciens sous le nom d’Elléborus leukos, ‘Ellébore blanc’, était-elle le vératre ? », questionne Fournier1, interrogation que l’on peut également mettre à notre compte. Quant à l’hellébore noir, se peut-il qu’il ait pu être tout bonnement le vératre noir, cousin du blanc, très ressemblant hormis la couleur brun rougeâtre violacé de ses fleurs ? Quid du distinguo entre cette dernière espèce et la rose de Noël dans les anciens textes ? Je soulève cette hypothèse, car une confusion se propagea même jusqu’à l’hellébore fétide, plus vert que blanc, sans oublier l’hellébore oriental (ou rose de Carême, Helleborus orientale) qui aurait très bien pu jouer le rôle d’hellébore noir antique. Tous ces embrouillaminis prouvent « que l’on n’a point assez senti combien il était important de conserver à chaque plante le nom qui lui appartient »2. Mais le vératre, comme toute autre plante, n’échappe pas à la règle de la vernacularisation qui, si elle peut être une entrave bien compréhensible dans certains cas, est aussi une richesse à ne pas négliger. Il faudrait être naïf (et idéaliste !) pour imaginer voir les plantes être désignées nommément une fois pour toutes, avec inscription dans le marbre incluse ! Nous autres avons, en effet, la chance que Linné soit venu mettre de l’ordre dans ce qui, à l’époque, pouvait très probablement être perçu comme une véritable capharnaüm. Mais vous imaginez-vous être à la place de ceux qui le précédèrent ? Linné a unifié tout cela, de même que le système des poids et mesures institué à la Révolution française a promu et assuré la concorde entre les différentes régions de France. Il résulte donc d’un certain nombre de décisions successives que si nos deux plantes portent toutes les deux ce nom d’hellébore, c’est non en raison de caractéristiques botaniques, mais parce que les Anciens ont discerné chez l’un et chez l’autre des points communs qui ne relèvent pas du tout de l’aspect extérieur.

C’est en remontant aux anciens temps mythologiques que l’on rencontre pour la première fois celui qu’il est admis d’appeler vératre. Un berger du nom de Mélampe (ou Mélampous) remarqua un jour que les chèvres dont il avait la garde se purgeaient en mangeant du vératre. Pendant ce temps, non loin de là, les arrogantes filles du roi d’Argos, Prœtos, enviant la déesse Héra, cherchaient à devenir plus belles qu’elle. Mal leur en prit de cette folle prétention, car soudainement elles furent métamorphosées en vaches (ou se crurent telles). En leur faisant boire du lait de ses chèvres qui avaient brouté de cette plante, Mélampous les délivra de ce triste sort – ici la mania. Dès lors, cette plante prit le nom de melampodium, Mélampe en étant le « découvreur »3. Non seulement, comme on l’aura compris, le vératre est un purgatif, mais c’est également un remède contre la folie (c’est ce que, étymologiquement, signifierait le mot hellébore issu d’un probable helibar sémitique). C’est pourquoi, tout comme l’hellébore noir, le vératre répond au surnom d’herbe-aux-fous, attribution qu’il conservera pendant des siècles.

Contrairement à l’hellébore noir qui purge vers le bas, le vératre, lui, purge vers le haut (pense-t-on), c’est pourquoi on le qualifie de vomitif drastique. Pourtant, celui que Dioscoride appelait helleboros leukos et qu’il conseillait de récolter à l’époque des moissons, fit montre d’un réel pouvoir évacuant des matières gastro-intestinales, propriété connue depuis au moins le temps d’Hippocrate. Il était si purgatif à vrai dire, qu’il s’avérait aussi abortif ! Or, qui libère, joue aussi une fonction purificatrice (catharsis) : la semence d’Hélios (selon un ancien nom magique grec) ne servait-elle pas à purifier aussi les maisons et les troupeaux ?

Tout comme la mandragore, sa cueillette se devait d’être effectuée précautionneusement, puisqu’une croyance puissamment enracinée dans les esprits leur faisait croire que des émanations toxiques en provenance de la plante pouvaient mettre à mal le cueilleur. Comme l’expose clairement Pline, « il n’est pas facile de cueillir l’hellébore blanc, qui porte vivement à la tête, à moins de manger auparavant de l’ail, de boire de temps en temps du vin et de creuser promptement ». Déjà remarquée par Théophraste, la toxicité du vératre semble bien établie. Par exemple, le décès d’Alexandre le Grand à Babylone peut plausiblement être placé au compte d’une intoxication (accidentelle ou criminelle ?) au vératre, quel qu’il soit. Si Dioscoride le conseillait comme emménagogue et sternutatoire (avec le vératre on a fabriqué une poudre à éternuer dont la carrière a été interdite en France en 1982 après avoir causé divers incidents), le vératre fut, dans les siècles suivants, ceux d’Oribase et d’Aétius, mit à contribution de la plus impensable des manières. Ces deux médecins nous ont laissé, sur la façon dont on devait le faire prendre aux déments, des détails forts curieux : « appréhendés comme des malfaiteurs, ils étaient incarcérés dans des établissements spécialement destinés à la pratique de l’elléborisme : on les y gavait de gâteaux, de bouillies additionnées d’ellébore, en ayant soin de les prévenir des dangers que comportait le traitement : ‘Il faut, déclare Aétius, les mettre au courant des angoisses futures du combat’. Il y avait là de quoi faire perdre aux malheureux patients ce qui leur restait de raison, à moins que de tels encouragements n’exerçassent sur eux une salutaire révulsion psychique et que la folie des médecins ne les délivrât de la leur »4. Sage précaution, d’autant qu’Oribase, au siècle précédent, mettait en garde contre le vératre qui « est très mauvais, de quelque endroit qu’il vienne ». Bien avant eux, Ctisias, parent d’Hippocrate, était très clair au sujet de cette plante : « du temps de mon père et de mon arrière grand-père, on ne donnait pas l’hellébore, car on ne connaissait ni le mélange, ni la mesure, ni le poids suivants lesquels il fallait l’administrer. Quand on prescrivait ce remède, le malade était préparé comme devant courir un grand danger. Parmi ceux qui le prenaient, beaucoup succombaient, peu guérissaient »5.

Aux alentours du Xe siècle, les avis à propos des usages médicaux du vératre sont très tranchés. Mésué en interdit formellement l’utilisation comme matière médicale, tandis que Macer Floridus est plus nuancé dans ses propos : « pris en boisson, il passe pour un vomitif qui purge l’estomac des humeurs diverses qui le travaillent, et qui remédie à toutes sortes d’affections invétérées, telles que le vertige, la folie, la mélancolie, l’épilepsie, la frénésie »6. Mais il sait, Macer Floridus, que ces bénéfices, ainsi que d’autres (traitement de la lèpre, du tétanos, de la goutte, de la sciatique, de la toux, de la fièvre quarte…) en passent nécessairement par une prise de risque qui lui fera dire qu’« il me paraît un peu inconsidéré de conseiller, sans indiquer la dose, l’emploi d’un médicament qui se manifeste souvent par des effets subits et dangereux »7, quand bien même il rapporte ce que conseillait Pline pour minimiser les effets du vératre sur l’organisme. Si le naturaliste romain en conseille la cuisson, il recommande de ne pas employer cette médication chez certains individus fragiles, mais en aucun cas il n’apporte d’éclaircissement sur la question de la dose, cette fameuse dose qui, nous le verrons plus loin, peut faire toute la différence, et qui détermine ce qui est poison et ce qui ne l’est pas. Quelques siècles plus tard, on recommandait encore le vératre comme vomitif et comme remède face à la mélancolie (Albert le Grand) et à la démence vésanique.

Au tout début de la Renaissance, Matthiole, bien conscient de la virulence du vératre, propose une macération de la racine, plutôt que sa poudre. Si cela implique un degré de dilution plus élevé, il apparaît que cette plante sera prodiguée pour des raisons aussi différentes que la sciatique et les dermatoses rebelles, parfois en dehors de toute mesure, et donc avec les risques mortels que de telles pratiques occasionnent et qui ne se cantonnent pas uniquement à la seule période de la Renaissance, loin de là ! Si Lémery mentionne que l’hellébore blanc purge aussi bien par le haut que par le bas, Chomel ajoute que ce dernier s’avère beaucoup plus violent que le noir (ce qui expliquerait que son usage externe et vétérinaire soit privilégié), si agressif en fait qu’on ne peut plus réellement parler de médicament à son endroit, mais de poison pur et simple, l’augmentation quelque peu majorée de la dose faisant passer qui prenait le remède de vie à trépas. Pour Chomel, seul l’effet sternutatoire pouvait prévaloir. On mêlait donc de la poudre de racine de vératre à d’autres poudres du même acabit, afin d’en accroître la virulence. Ainsi s’avérait-il utile à la léthargie, à l’apoplexie et à toutes autres affections soporeuses, autrement dit il formait là un remède de choix pour réveiller les morts ! ^.^ L’usage du vératre perdit tant de terrain à dire vrai qu’un demi siècle après Chomel, il n’entrait plus dans aucune préparation pharmaceutique. Pour se l’expliquer, prenons tout d’abord connaissance de ce que Desbois de Rochefort pensait de cette plante : « Le [vératre] blanc était fort suspecté par les Anciens, et avec raison ; car, d’après les expériences de MM. Haller, Linnaeus et Hérissant, les animaux les plus forts sont très incommodés, et périssent même par l’usage de cette racine ; c’est pourquoi ils ont cru qu’on ne devait pas l’employer. Il excite, en effet, des vomissements très violents avec beaucoup de douleurs, des coliques qui exigent les émollients, etc. Les Anciens le donnaient à la dose de quatre, cinq ou six grains au plus. Aujourd’hui, si on voulait le donner en substance, ce ne devrait être qu’à la dose de deux, trois ou quatre grains au plus, étendus dans un véhicule convenable, et il aurait un effet vomitif très déterminé »8. On pourrait en ajouter bien davantage. Penchons-nous sur un avis beaucoup plus tranché : entendons Bulliard se récrier à l’égard des drogues telles que le vératre. Précisons préalablement que la poudre de vératre, faisant éternuer tout comme le poivre, fut parfois confondue avec celui-ci, occasionnant des suites pour la plupart fâcheuses. Quelques années avant les mots de Desbois de Rochefort, Bulliard s’exprimait en ces termes dans son Histoire des plantes vénéneuses et suspectes de la France : « Combien on aurait d’exemples à citer des funestes effets de semblables méprises ! Combien l’arsenic, le sublimé corrosif, l’émétique, l’eau-forte n’ont-ils pas fait de victimes pour avoir été employés par erreur comme assaisonnement ou comme boisson ! Comment ne peut-on pas prévoir le danger qu’il y a de laisser dans un lieu habité par des enfants ou par des domestiques négligents, des choses dont il est si dangereux de faire usage, et dont la méprise peut devenir si funeste »9. Mais l’excès de précaution ne suffit pas toujours, en particulier lorsqu’il émane de la bouche d’un homme dont la mort, bien mystérieuse, survenue dans sa quarantième année (en 1793), n’a pas été élucidée…

Bien après que Jérôme Bock ait prétendu qu’un infusé de racine de vératre permettait de contrer la manie et les attaques de « vapeurs hypocondriaques », la réputation du vératre face à la folie apparaissait encore : ce fut, par exemple, le cas au XVIIe siècle sous la plume de Jean de la Fontaine. Dans l’une de ses fables, le lièvre conseille à la tortue d’aller se purger « avec quatre grains10 d’ellébore »11, car celle-ci a la folie prétentieuse de battre le lièvre à la course ! Cette réputation ne s’arrêta pas en si bon chemin, puisque des chroniques médicales, datant de l’époque à laquelle Bulliard s’horrifiait du vératre, recensent de nombreux cas de patients – des maniaques, au sens propre du terme – soignés grâce au vératre (soignés, mais combien de guéris ?). En 1783, on relata la réussite d’une médication au vératre sur la personne d’un jeune homme dont la démence – véritable folie furieuse – obligea les médecins à le maintenir à l’aide d’une triple chaîne !

En 1819, deux chimistes français, Joseph Pelletier (1788-1842) et Joseph Bienaimé Caventou (1795-1877), eurent beau isoler le complexe alcaloïdique le plus toxique contenu par la racine du vératre, c’est-à-dire la proto-vératrine, on assista, dès l’abord du XIXe siècle, au tout début de la décadence de la carrière médicale du vératre. Cependant, grâce à l’étude de cette substance, l’on parvint à modifier le regard que l’on portait autrefois sur les pouvoirs thérapeutiques du vératre, du moins les ramena-t-on à de plus justes proportions. En 1881, afin de damer le pion une bonne fois pour toute à la confusion qui persistait entre hellébore noir et vératre, le docteur Georges Pécholier (1830-1890) démontra scientifiquement que les effets des deux plantes sont très différents. Eh bien, rien n’y fit, semble-t-il, si l’on en juge par la façon dont est désignée la plante par Henri Leclerc dans le Précis de phytothérapie, chose qu’à l’évidence, Paul-Victor Fournier regretta assez pour signaler que « la même confusion […] a survécu et se retrouve jusqu’à nos jours chez les meilleurs auteurs »12. L’histoire ne dit pas comment Leclerc, qui a préfacé l’ouvrage de Fournier en 1947, a pris cette remontrance légère ^.^ Malgré tout, le docteur Leclerc, fort avisé, aura largement permis de rendre compte du profil thérapeutique du vératre, ce qui n’eut guère de conséquences si l’on en juge par la postérité silencieuse qui fit suite à ces travaux.

S’essayant à l’étymologie, Joseph Roques expliquait, sans doute après avoir compulsé son prédécesseur Nicolas Lémery, que le mot latin veratrum découlerait de la contraction de vere atrum, qui signifie « entièrement noir », ce qui n’est pas exactement ce que raconte Lémery : « Veratrum, quasi vere atrum, parce que l’ellébore noir qu’on appelle aussi veratrum, a la racine noire »13. Ah bon ? Ce qui est vrai pour le noir l’est-il pour le blanc ? C’est à n’y pas croire : derrière la masse chevelue des racines et radicelles jaunâtres du vératre se dissimule un rhizome noirâtre. Bien. Mais Roques s’empêtre : veratrum ne dériverait-il pas, alors, du verbe latin vertere (qui signifie « tourner » ; quel rapport ?). Ou bien de vertit mentem ? Parce que cette plante trouble l’esprit ? Ou bien cherche à remédier à ses désordres ? Les deux, peut-être ? Soyons sentencieux et avouons, en compagnie de Fournier, qu’« on ignore complètement le sens originel du nom veratrum »14. Ceci dit, une racine noire, dite blanche, qui purge, pareillement à l’hellébore noir, les sombres humeurs mélancoliques, et qui aurait inscrit cette propriété dans une partie de son nom (du grec atra, « noir »), n’est pas en soi une anecdote déplaisante. C’est d’ailleurs cela qui me permet de lier ces propos aux suivants. Andiamo !

User du vératre, purgatif drastique violent, pour corriger tout à la fois les maladies qu’on dit aujourd’hui psychiatriques (manie, mélancolie, hypocondrie, folie, etc.), tout en décapant – il faut bien le dire, dès que l’occasion se fait sentir – cette pituite ou cette saburre, autrement dit l’ensemble de ces dépôts, finalement étrangers, qui résident en certains lieux du corps, alors qu’ils n’ont plus rien à y faire, est-il bien raisonnable ? D’après Roques, au sujet de la folie, « l’observation nous apprend que la cause de cette affection grave réside très souvent dans les viscères du bas-ventre »15. Ah, ah ! Voilà qui est parfait ! Allons donc y faire un tour de ce pas. Hop !

Qu’en est-il aujourd’hui ? Nos intestins ne recèlent-ils pas, eux aussi, des dépôts similaires ? (Avec des régimes de plus en plus pauvres en fibres, ça m’étonnerait.) Dans quelle mesure de tels dépôts d’ordures sont-ils dommageables pour l’économie ? Avez-vous seulement constaté à quel point le constipé a l’air en mauvais point, de même que le côlon irrité, dont l’irritabilité migre visiblement en direction du psychisme de celui dont les entrailles sont en proie aux plus anarchiques dévoiements ? Car l’on n’ignore plus les connexions établies entre le cerveau intestinal et le cerveau sommital. Purger le ventre équivaudrait à purger la tête. Quand on est tracassé, ne souhaite-t-on pas se vider la tête, comme l’on dit ? Et tout cela ne coïncide-t-il pas avec des intestins qui s’entortillent façon pelote ? En tous les cas, une chose est certaine : chercher à expurger la saleté enlève, du même coup, ses effets sur l’organisme tout entier. L’on a aussi connaissance du fait que cela peut faire recouvrer le bon sens ou, à défaut, la bonne humeur. Quand l’on sait que des bactéries, des parasites (on pensera à ces organismes, les trypanosomes, qui agissent de telle façon sur leurs hôtes qu’ils les métamorphosent en parfaits zombies !), etc., sont à l’origine de perturbations du comportement et d’altérations graves de la santé psychique, l’on peut trouver une pertinente légitimité à chasser la folie en en chassant la cause (réelle ou supposée). Faire le constat que les Anciens soignaient la folie en évacuant, par la force si nécessaire, par haut et par bas, le contenu du tube digestif, n’est pas si absurde que cela, finalement. Le souci, c’est qu’à trop drastiquement purger, sans doute que le modus operandi devient à force dangereux. A cela, il est difficile d’objecter le contraire. De même qu’avec les antibiotiques à gogo, purger à tout-va, c’est prendre le risque de jeter non seulement le bébé avec l’eau du bain, mais éjecter aussi la baignoire, le savon et tutti quanti !

Faisons donc entrer en résonance les anciens propos et les données modernes, que j’extirpe toutes d’un ouvrage parfaitement adapté en la circonstance, Le charme discret de l’intestin, de la délicieuse Giulia Enders (ISBN : 978-2-330-15047-1 ; 13 € TTC). Même si sur ces questions nous n’en sommes qu’aux balbutiements, l’hypothèse a été émise qu’un intestin en mauvais état peut influer défavorablement sur l’humeur et placer l’individu dans de moroses dispositions : humeurs noires, anxiété, état dépressif. A l’inverse, un intestin sain vaudrait à son propriétaire d’avoir bien meilleur moral. Combien se plaignent, après avoir trop (et mal) mangé ? Ils en viennent à desserrer leur ceinture dont ils s’imaginent qu’elle va dénouer ce nœud gordien qui entrave non seulement le corps mais l’esprit du même coup. On se sent nauséeux, cela s’accompagne d’anxiété. Souvent, ce phénomène tend à disparaître en même temps que l’autre, comme s’ils étaient co-existants et interdépendants l’un de l’autre. C’est dire la relation intime qui se tisse entre une sensation psychique (qu’on croit forcément d’étiologie cérébrale) et ce qui se déroule dans nos tripes. Et parfois, c’est de l’ordre de l’infiniment petit : des expériences ont montré l’amélioration de l’humeur après ingestion de bactéries triées sur le volet (Lactobacillus casei, par exemple). Tout au contraire, voici une autre expérience parlante : « Une équipe de chercheurs irlandais a par exemple prélevé sur des patients atteints de dépression des bactéries intestinales qui ont ensuite été administrées à des rats […]. Suite à cette procédure, les rats ont développé un comportement dépressif qu’ils n’avaient pas auparavant »16. Mais sans en référer immédiatement à l’absence ou à la présence de telles ou telles bactéries qui peuplent ce que l’on appelle la flore intestinale, qu’en est-il seulement de la purgation aujourd’hui en France ? Sans en arriver jusqu’au vératre et à toutes ces drogues éméto-cathartiques de l’ancienne pharmacopée justes bonnes à donner des frissons, combien sommes-nous à nous purger régulièrement ? Après avoir constituée, avec la saignée, les deux mamelles de la médecine durant plusieurs siècles, la purgation n’est plus vraiment d’actualité. On en parle encore un peu dans certains milieux, mais cela demeure excessivement périphérique. Sans doute que notre rapport actuel aux fluides corporels y est pour quelque chose…

Le vivace vératre est une plante fréquente, s’épanouissant sur les prés humides, les clairières et gazons alpins situés entre 800 et 2700 m d’altitude, selon une vaste aire de répartition s’étalant de l’Europe occidentale jusqu’à l’Asie septentrionale et, à l’est, en direction de la péninsule du Kamtchatka. C’est dans ces sols qu’il enfonce une racine fusiforme, assez épaisse, charnue, d’odeur forte et désagréable, radiculée et touffue, faisant songer à un pied de poireau dans l’allure.

N’atteignant sa maturité sexuelle qu’au bout d’une dizaine d’années, on voit le vératre prospérer en colonies étendues de pieds non fleuris qui renforcent la ressemblance avec la gentiane jaune voisine. Pour distinguer les deux espèces, rien de plus simple. L’examen des feuilles y suffit largement, même en l’absence de fleurs de part et d’autre. Deux critères essentiels sont à retenir : les feuilles de gentiane sont glabres, celles de vératre légèrement velues sur le revers ; les feuilles de gentiane sont opposées, celles de vératre alternes, s’enchâssant sur la tige en dessinant une spirale. De plus, les feuilles basales du vératre, larges et ovales, plissées de nervures bien parallèles, engainent une tige simple, ronde et creuse, non ramifiée. Une fois que la plante vient à fleurir, la tige pousse tant et si bien qu’elle peut atteindre 1,50 m de hauteur. L’on voit alors, sur cet étage supérieur, des feuilles plus courtaudes et étroites, que surmonte le dense épi floral du vératre, longue grappe sommitale constituée d’une multitude de fleurs blanc verdâtre d’un à deux centimètres de diamètre, paraissant en juillet et en août, et se divisant en deux catégories : les fleurs les plus élevées sont de nature mâle, celles du dessous hermaphrodites. La fructification donne des capsules à trois loges contenant des graines nombreuses, oblongues, blanchâtres, assez pareilles à des grains de blé et équipées, en bordure, d’un feuillet membraneux assurant la fonction d’ailette.

Le vératre en phytothérapie

L’odeur nauséabonde du rhizome du vératre est un premier signe, qui s’accompagne d’un second : en plus de ne pas sentir très bon, il s’avère âcre, amer, corrosif, après avoir fait place à une douceur initiale mais traîtresse, lorsqu’on le mâche, aussi bien à l’état frais que sec. Cela est à mettre sur le compte d’une substance alcaline, complexe d’alcaloïdes stéroïdiques, la vératrine, plus exactement composée de jervine et de pseudo-jervine, de proto-vératrine, de vératroïdine et de vératralbine. La vératrine est une substance blanche qui, bien qu’inodore, provoque de violents éternuements. Sa saveur, très âcre, produit quantité de salive. « La vératrine, en irritant le tube intestinal, y détermine des contractions et en augmente les sécrétions ; elle a la propriété de ralentir la circulation ; elle excite le système nerveux de la vie animal et le système musculaire »17 et participe pour beaucoup au profil thérapeutique du vératre, qui peut également compter sur un glucoside amer, la vératramarine, de l’acide chélidonique, de l’acide gallique, le tout mêlé à des hydrates de carbone (amidon) et à des matières grasses (élaïne, stéatine).

Propriétés thérapeutiques

  • Purgatif drastique violent, éméto-cathartique, vermifuge
  • Analgésique, anesthésique local, antigoutteux
  • Antispasmodique, sédatif cardiaque (ralentit les battements du cœur et augmente la pression sanguine)
  • Emménagogue
  • Antiparasitaire, pédiculicide
  • Fébrifuge puissant (capable de retrancher 3 à 5° C à la température corporelle !)
  • Sternutatoire, sialagogue
  • Modificateur du tonus musculaire et des nerfs périphériques
  • Vésicant, rubéfiant

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère pulmonaire : bronchite, coqueluche, pneumonie
  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : constipation opiniâtre, vers intestinaux, maladies hépatiques chroniques
  • Troubles locomoteurs : paralysie, sciatique, arthrite, rhumatisme articulaire aigu, rhumatisme chronique, goutte
  • Troubles de la sphère cardiovasculaire et circulatoire : insuffisance cardiaque, hypertension artérielle, congestion cérébrale, tachycardie, palpitations
  • Affections cutanées : maladies cutanées chroniques rebelles, maladies parasitaires de la peau (gale, teigne), poux (on passait un peigne dans les cheveux plusieurs fois, après l’avoir trempé dans une décoction de rhizome de vératre), dartre, prurit, psoriasis, pityriasis versicolor, alopécie
  • Affections oculaires : amaurose récente, cataracte, iritis
  • Affections auriculaires : otite, otalgie, surdité, paracousie
  • Troubles du système nerveux : manie, mélancolie, hypocondrie, idiotisme, démence, léthargie, épilepsie, chorée
  • Maladie de Basedow
  • Zona
  • Suppression des règles
  • Hydropisie
  • Fièvre quarte

Mais l’homme moderne semble préférer le vératre aux dilutions homéopathiques, tout comme l’aurait sans doute souhaité Matthiole il y a un peu plus de quatre siècles, car, face à une plante comme le vératre, si la prudence s’impose, en extraire la substantifique moelle puis l’utiliser, mérite mieux que le bannissement pur et simple. Sa teinture homéopathique, établie à partir du rhizome sec, demeure néanmoins, tout comme en phytothérapie d’ailleurs (dès lors qu’on envisage les risques), un remède d’action sensiblement minorée. Mais il n’en reste pas moins un puissant antagoniste du choléra (de cette affection, il supprime les vomissements, la diarrhée cholérique et les crampes concomitantes) et d’un grand nombre de maladies infectieuses. Le vératre homéopathique intervient en cas d’affections digestives (colique hépatique, gastrite, entérite, vomissement, diarrhée pseudo-cholérique…), d’affections des voies respiratoires (bronchite, asthme), de perturbations cardiovasculaires (faiblesse cardiaque, malaise vagal), de maladies mentales et nerveuses, de troubles locomoteurs (spasmes, névralgie, faiblesse musculaire) et toutes les fois où à des séquelles de frayeur et de colère s’associe un sentiment de froid localisé ou généralisé.

Modes d’emploi

  • Poudre de racine (2 à 3 cg par prise, à raison de trois à quatre prises journalières).
  • Infusion (aqueuse, vineuse, alcoolique) de poudre de racine.
  • Décoction de racine (jusqu’à un gramme de racine pour un litre d’eau).
  • Teinture-mère alcoolique : une partie de racine de vératre pour cinq d’eau-de-vie en macération pendant une semaine.
  • Macération vineuse : 8 g de poudre dans 170 g de vin spiritueux durant un mois.
  • Vératrine : par unidose d’1 cg.

Il s’agit là des principales manières d’absorber en interne le vératre. Malgré toutes les précautions qu’exige cette plante médicinale, on se gardait bien évidemment autrefois d’en faire un usage inconsidéré. Il importe de « remarquer que le dosage en est difficile à cause de la marge qui existe entre la dose inopérante et la dose excessive qui, chez certains sujets, est extrêmement étroite »18. Même avec les plus infinies précautions, « on ne peut l’employer à l’intérieur qu’à condition d’en refréner la violence tant par des préparations lénifiantes que par des doses extrêmement faibles »19. A moins de décider de s’en remettre exclusivement à la voie externe, quand bien même l’intoxication par voie cutanée est un peu plus rapide que par voie digestive, et sans commune avec la voie sanguine : une fois qu’elle est déversée dans le courant sanguin, la toxicité du vératre s’avère torrentueuse. Mais n’anticipons pas le prochain paragraphe. Revenons-en donc à la voie cutanée comme mode d’application du vératre thérapeutique.

  • Décoction pour lotion antiparasitaire : 10 à 12 g de racine par litre d’eau.
  • Macération acétique : 10 g pour un litre de vinaigre de cidre. Contre poux, puces, etc.
  • Pommade : mêler 20 à 50 cg de poudre de racine de vératre à 30 g d’axonge (d’autres recettes proposent une proportion de 4 pour 32, soit 12,50 % de vératre, ce qui est assurément beaucoup trop) ; pommade de vératrine : à cette même quantité d’axonge, on mélange seulement 5 cg de vératrine.
  • Liniment : poudre de vératre mêlée à du savon noir étendu d’eau.

En plus de tout cela, on exploita largement vératre et vératrine à travers tout un tas de spécialités pharmaceutiques : huiles, sirops, extraits, pilules diverses et variées, etc.

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • Récolte : sans se livrer aux fantaisies conjuratoires héritées des Anciens de l’Antiquité, on procédait, en un autrefois un peu plus récent, à l’extraction des parties souterraines de cette plante jusqu’à la fin du mois d’août, directement à même les prairies et pâturages de montagne (Vosges, Jura, Cévennes, Massif central, Alpes et Pyrénées).
  • Toxicité : précautionneux, nous l’avons souligné, Paul-Victor Fournier, en guise d’oraison funèbre, énonce en dix lignes les manifestations de la toxicité du vératre chez l’homme : « l’intoxication se manifeste par une vive irritation du canal digestif, la sensation de brûlure à la langue, dans l’arrière-gorge et le long de l’œsophage, un malaise général, un flux de salive, la soif, d’abondants vomissements, une diarrhée douloureuse, l’impossibilité de la déglutition, la suffocation, la perte de la voix, l’anurie, l’insensibilité, une sueur froide, la faiblesse extrême et le ralentissement du pouls, le refroidissement des extrémités, des tressaillements musculaires, la paralysie des membres, des convulsions, des hallucinations, le hoquet, la dyspnée de plus en plus prononcée, la cyanose, enfin le collapsus et la mort suivent en pleine connaissance »20. On en peut encore ajouter quelques autres : colique, maux de tête, cardialgie et palpitations, oppression thoracique, pertes de connaissance sporadiques… Et il s’agit là de celui que, à tort, l’on a appelé hellébore blanc, dont il a été dit, il y a dix siècles, qu’il était plus énergique que le noir… Bref, plus ou moins toxique, tout cela importe finalement peu. Il est bien plus important de signaler que d’Hippocrate à Roques (et même après), l’on n’a jamais failli à rapporter l’évidence des qualités toxiques du vératre, concurremment à son emploi thérapeutique plus ou moins audacieux au fil des siècles. C’est par l’ensemble de ces expérimentations médicales qu’il a été constaté que la poudre absorbée comme sternutatoire avait réussi à provoquer des suffocations, des saignements de nez, des pertes sanguines incoercibles, des avortements et fausses-couches, et jusqu’à la mort subite dans le plus extrême des cas. La seule odeur de la racine fraîche, à elle seule, est parvenue à provoquer des vomissements parfois violents. Le vératre a eu des effets identiques appliqué sur le ventre, en suppositoire ou bien encore en pessaire. Aujourd’hui, les intoxications sévères, voire mortelles, qui mettent en cause le vératre sont assez rares du fait de son abandon par la médecine comme matière médicale. La plupart des cas sont très localisés, dépendant en cela de l’aire de répartition géographique de cette plante. De même que, dans la nature, on rencontre assez souvent l’ortie en présence du lamier blanc (Lamium album), la ressemblance évidente entre le vératre et la grande gentiane jaune (Gentiana lutea), poussant tous deux dans les mêmes zones, peut parfois, lors de cueillettes mal avisées, être à l’origine d’un drame. Aussi, si l’on n’y prend pas garde, on peut ramasser du vératre en lieu et place de gentiane jaune, rapporter consciencieusement sa récolte à la maison et préparer un somptueux vin de fausse gentiane qui provoquera, seulement trente minutes après ingestion, nausées, vomissements, sensation de malaise, engourdissement des membres, hypotension artérielle très nette, enfin toutes les « signatures » thérapeutiques du vératre, une intoxication pour laquelle il n’existe pas d’antidote spécifique, une intoxication dont la curation est, dans beaucoup de cas, rendue très difficile du fait que « l’empoisonné à son insu » ignore ce qu’il a véritablement absorbé et ne peut, de facto, aiguiller le personnel du centre anti-poison où, par bon sens, il aura eu la chance d’être emmené. Mais tous les intoxiqués n’ont pas cette opportunité. Il y a plusieurs années, on a retrouvé deux randonneurs noyés dans un lac de haute montagne. L’autopsie a révélé qu’ils avaient absorbé en grande quantité des graines de vératre. On part « à l’aventure », on ignore tout du milieu ou presque, pire, on le néglige, et c’est lui qui vous dévore. Si l’intoxication n’est pas criminelle, elle est toujours le fait d’ignorance, d’inconscience, d’inadéquation de l’être avec la nature qui l’entoure. Si ces deux randonneurs n’en ont pas réchappé, il faut cependant savoir qu’une intoxication au vératre, rapidement repérée, devra être suivie d’un lavage gastrique, d’une adjonction de charbon actif et, si le cas est grave, d’une injection d’atropine. Et oui ! Un poison peut servir d’antidote pour contrecarrer les effets d’un autre poison ! En terme d’antidotes au vératre, on en a proposé de multiples : le café, les boissons acidulées, le coing même !
  • D’un point de vue vétérinaire, on a pu constater que le vératre, aussi bien frais que sec (racine comme feuillage), s’était, à plusieurs reprises, montré fort pernicieux auprès d’animaux inexpérimentés (agneau, chevreau, veau, poulain), tandis qu’en général le gros bétail, plus aguerri, ne l’approche pas. En cas de consommation accidentelle, même de gros animaux comme le cheval peuvent en pâtir, de même que le chien, et plus encore les animaux de basse-cour pour qui les graines de vératre sont mortelles. Les conséquences, pour qui le broute, se traduisent par diarrhée, colique et météorisme, et finalement la mort si l’animal ne parvient pas à vomir le poison. Cette action énergique, fruit d’une ignorance de jeunesse, a été transposée à la destruction de la vermine depuis au moins le temps de Dioscoride. Face à un tel pouvoir, on eut tôt fait d’employer une décoction de racine de vératre pour écarter les mouches, les parasites et jusqu’aux rats (en tant que raticide, le vératre est l’ancêtre de la mort-aux-rats et se montre d’une efficacité peu discutable). En brossant le pelage des animaux de cette même décoction, l’on venait à bout de la gale des moutons. Cela explique sans doute aussi son emploi « militaire » : paraît-il que les armuriers espagnols de Philippe III empoisonnaient les pointes de carreaux d’arbalète avec du suc de vératre.
  • Autres espèces : – Le vératre noir (V. nigrum), aux fleurs brun pourpre violacé, est très rare en France, hormis en quelques points montagneux des Vosges et des Alpes-Maritimes ; – Le vératre vert d’Amérique du Nord (V. viride) ; – Le vératre de Californie (V. californicum) ; – Le vératre jaune (V. luteum) est surnommé racine de serpent à sonnettes pour avertir de sa potentielle toxicité.

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  1. Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, p. 953.
  2. Pierre Bulliard, Histoire des plantes vénéneuses et suspectes de la France, p. 160.
  3. Si pour Pline et Dioscoride, Mélampe est bien le berger dont on parle, Théophraste explique ce personnage, dont le nom signifie « homme aux pieds noirs » (ou aux racines noires, tout à fait dans les cordes des hellébores noir et blanc), par ce devin originaire de Thessalie – terre de sorcières – réputé pour ses connaissances des simples et des remèdes thérapeutiques de son époque.
  4. Henri Leclerc, Précis de phytothérapie, p. 323.
  5. Guy Ducourthial, Flore magique et astrologique de l’Antiquité, p. 89.
  6. Macer Floridus, De viribus herbarum, p. 152.
  7. Ibidem, p. 154.
  8. Louis Desbois de Rochefort, Cours élémentaire de matière médicale, Tome 2, p. 348.
  9. Pierre Bulliard, Histoire des plantes vénéneuses et suspectes de la France, p. 159.
  10. Il ne s’agit pas là des graines de la plante, mais d’une mesure galénique équivalant à 0,053 g environ.
  11. Qui peut tout aussi bien être, ici, l’hellébore noir, son identité n’étant pas spécifiée.
  12. Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, p. 953.
  13. Nicolas Lémery, Histoire universelle des drogues simples, p. 903.
  14. Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, p. 953.
  15. Joseph Roques, Phytographie médicale, Tome 1, p. 111.
  16. Giulia Enders, Le charme discret de l’intestin, pp. 347-348.
  17. François-Joseph Cazin, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes, p. 383.
  18. Henri Leclerc, Précis de phytothérapie, pp. 325-326.
  19. Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, p. 954.
  20. Ibidem, p. 953.

© Books of Dante – 2022

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