Les huiles essentielles de citronnelles (Cymbopogon sp.)

Citronnelle de Java (Cymbopogon winterianus).

Synonymes : citronnelle de l’Inde, verveine des Indes, herbe à citron, lemon grass, sereh, etc.

Au temps pas si lointain de Joseph Roques (1772-1850), l’on parlait non pas de cymbopogon mais d’andropogon, soit littéralement de « barbe d’homme », terme qu’on remplaça donc par ce cymbopogon auquel j’inverse régulièrement le b et le p, et qui ne me dit rien. Les Anglais usent de barbed wire et de silky head, ce qui est tout à fait compréhensible, quoi que, selon eux, la citronnelle soit ainsi inscrite entre la rudesse et le soyeux, ce qui laisse une très large marge aux interprétations. Mais qu’est-ce que peut bien vouloir signifier ce cymbo ? (Comme si l’affaire qui nous attend n’était pas assez compliquée, sérieusement. Pff.). Bref, empruntons tout de même ce sentier semé d’embûches où les passages difficiles me semblent être assurés par une main courante à l’allure solide. Tout d’abord, notre nautonier qu’est Joseph Roques en la circonstance, nous signale l’existence d’un Andropogon nardus dont la description botanique, qui ne fait pas de doute, permet de reconnaître en elle l’actuel Cymbopogon nardus. Mais cela déraille à partir du moment où l’auteur indique que cette plante porte aussi le nom de « nard indien ». Alors, on pense tout de suite à Nardostachys jatamensi, ce qui ne serait pas une si regrettable erreur si Roques ne poursuivait pas en citant Tibulle (un poète romain du Ier siècle avant J.-C.), et dont on n’est pas certain que le nard qu’il évoque dans ses Élégies soit le même auquel la fiancée du Cantique des cantiques fait référence, ni même encore que ce mystérieux nard qui a inscrit sa présence jusque dans le nom latin de cette plante qu’en français l’on appelle citronnelle de Ceylan. Mais accrochons-nous donc à quelque chose d’un tant soit peu tangible : « Sa racine odorante et fibreuse pousse des tiges articulées, moelleuses, feuillues, semblables à celles des roseaux, et d’une grande hauteur. Les feuilles sont fort longues, lisses, larges d’environ un pouce ; les fleurs nombreuses, d’un vert pâle, et disposées en panicule au sommet des tiges »1. Cela est un portrait applicable à la plupart des citronnelles qui seront abordées dans cet article. Je sais bien qu’entre elles il existe des dimorphismes botaniques qui permettent de les singulariser les unes des autres (c’est-à-dire à une chatte d’y retrouver ses petits), de la même façon, qu’à y regarder de plus près, l’on constate bien des différences entre ces graminées bien de chez nous – brize, fétuque et pâturin –, mais qu’on renonce généralement à distinguer dans le détail. Ces autres poacées que sont les citronnelles ne font pas exception à cette règle qui veut que toutes ces longues herbettes de bordure de chemin, courbant l’échine sous le souffle du vent, soient rangées par nous dans un seul et même sac, fort commode au demeurant. Je lisais récemment, dans un numéro spécial de La Garance voyageuse (n° 136, hiver 2021) intégralement consacré aux Poacées/Graminées, un article dévolu à cette grande famille botanique : c’est à s’arracher les cheveux tant ces plantes sont peu glamours, car insuffisamment attractives (selon moi ^.^). Comment le pourraient-elles, elles qui passent le plus clair de leur temps à écarter les importuns que sont puces et moustiques ? Il faut dire encore que les bordures des feuilles de citronnelle sont si tranchantes – lames gladiolées ou fil d’épée de fer barbelé – qu’elles n’invitent pas franchement aux caresses…

Bref. A la suite d‘Andropogon nardus, Joseph Roques nous expose une seconde plante, Andropogon schoenanthus, dont il nous dit qu’il s’agit là du vétiver des Indes, ce que l’on peut assurément ranger au registre des erreurs, puisque la plante, que l’on connaît encore sous le nom de Cymbopogon schoenanthus, est désignée par les Anglais par le sobriquet d’herbe au chameau. Mais il peut s’appliquer à toute herbe asiatique au parfum doux du genre Cymbopogon, en particulier ce schoenanthus que l’on peut croiser loin des terres asiatiques, comme au Maroc par exemple. Enfin, rien de commun avec nos citronnelles, hormis une forte variabilité phytochimique : ici, nous voyons des chémotypes à monoterpènes, là-bas à cétones (pipéritone, entre autres).

Les approximations qui subsistent dans un texte vieux de deux siècles à peine laissent craindre le pire concernant l’information qui voudrait que Dioscoride et Pline, il y a 2000 ans, aient connu la citronnelle (sans qu’on sache, bien évidemment, laquelle…). Il paraîtrait donc que certaines propriétés médicinales et implications cosmétiques propres à la citronnelle avaient cours en Égypte, ainsi qu’en Grèce et en Rome antique. L’ancestralité de ces usages ressort davantage en Inde, ce qui est bien compréhensible au reste. En vrai, avant le XIXe siècle, en Europe, l’on ne croise aucunes informations relatives aux citronnelles en général. L’on ne les rencontre pas chez Lémery et Pomet, non plus que chez Chomel, la source la plus ancienne qui nous parle de cymbopogon, ex andropogon, c’est donc bien Roques (1837). Parfois, surgit un fait qui repousserait à bien plus loin cet apprivoisement : au XVIIe siècle, un chirurgien militaire du nom de Nicolas Grimm aurait fait valoir les qualités antiseptiques de la citronnelle. Mais l’on n’est même pas certain qu’il ne s’agit pas là d’une légende…

D’un point de vue botanique, l’on pourrait se contenter de signaler que les citronnelles ressemblent à un gros chiendent et s’arrêter là. Si, si ! Mais je sens que vous allez en demander davantage. Allez, avec un peu de courage, sans doute ferai-je de ces plantes un portrait-robot générique autrement plus détaillé que celui offert par Joseph Roques.

L’on peut dire des citronnelles qu’elles se configurent sous forme de touffes denses de tiges creuses, quelque peu « bulbeuses » à leur base, engainées par une profusion de feuilles raides, lancéolées, longitudinalement marquées par une forte nervure qui imprime à chaque feuille son allure de gouttière, aussi acérée que les marges coupantes du limbe vert bleuâtre pâle. Hautes d’un à deux mètres, les citronnelles se caractérisent par leur feuillage semper virens qui renseigne sur la vivacité de ces plantes qui doivent essentiellement leur existence à un rhizome souterrain, étant donné que la floraison, exceptionnelle, serait bien en peine de multiplier ces plantes par le biais de leurs semences.

Les citronnelles, poacées tropicales, apprécient les hivers peu rigoureux, les expositions chaudes et ensoleillées, ainsi que les sols fertiles, bien drainés, sablonneux de préférence. Elles se répartissent naturellement sur une bonne partie de l’Asie (Chine, Vietnam, Indonésie, Inde et Sri Lanka) et sont aujourd’hui cultivées dans de nombreux pays d’Afrique, d’Amérique centrale et du Sud.

Citronnelle des Indes (Cymbopogon citratus).

Les citronnelles en aromathérapie

Comme on l’a pu voir plus haut – et sans qu’il ait été besoin de beaucoup insister –, avec les citronnelles, c’est méli-mélo assuré ! Par chance, tout lot d’huile essentielle est dûment identifié avant analyse, ce qui m’autorise ici même à présenter des chiffres dont je suis sûr. En fait, par la couleur et surtout le parfum, il est plus facile de distinguer les différentes citronnelles dont on va parler ici, davantage que par leurs caractéristiques botaniques, raison pour laquelle je ne me suis pas appesanti sur ce point. Déjà qu’avec les citronnelles, ça n’est pas la grande fête, autant ne pas ajouter de motif qui creuserait davantage encore le fossé entre ces plantes (que j’aborde pour la première fois sur le blog depuis sa création en 2012) et moi-même, puisque, je l’admets bien volontiers une fois de plus (il m’est arrivé de faire cet aveu par ailleurs), les citronnelles ne sont pas des huiles essentielles dont je raffole, elles font même partie du petit groupe d’huiles essentielles qui me mettent mal à l’aise, finissant même par m’écœurer à la longue. Si j’ai vaincu les réticences rencontrées face au niaouli, que je puis tout juste tolérer l’arbre à thé après lequel je ne cours toujours pas après, il reste encore à me colleter avec ces huiles à aldéhydes terpéniques surtout, à monoterpénols dans une moindre mesure (quand bien même les excès de géraniol et de linalol me laissent le cœur au bord des lèvres). Cela tombe bien, car c’est exactement le sujet du jour, ces deux grandes familles moléculaires auront l’occasion d’être abordées dans le détail.

A : citronnelle de Ceylan

B : citronnelle de Java

C : citronnelle des Indes

D : lemongrass

Premier constat : de la A à la D, l’on voit le taux total de monoterpénols s’effondrer, mouvement qui s’accompagne d’une augmentation inversement proportionnée des aldéhydes terpéniques (ou monoterpénals). Bien que toutes ces huiles essentielles soient liquides, mobiles et limpides, d’une densité située aux alentours de 0,87 à 0,90, il s’avère que l’hydrodistillation de la plante entière dans chaque cas permet à toutes de se singulariser par la couleur de son huile essentielle : très souvent jaune clair chez C. nardus et C. winterianus, cette dernière peut brunir quelque peu, à l’instar de C. flexuosus qui peut tourner à l’orange ambré, bien que plus souvent vert pâle à jaune franc, tout comme C. citratus.

Chez C. citratus et C. flexuosus, ce qui frappe, c’est un parfum vif, parfois trop puissant, allié à une fraîcheur citronnée et un peu amère, dans laquelle on distingue des notes de violette (C. flexuosus) et un classique parfum de litsée (C. citratus). D’aucuns affirment qu’il existe une ressemblance olfactive entre certaines citronnelles et la verveine citronnée, ou encore la mélisse, mais il ne faut rien exagérer et ne pas mélanger les torchons avec les serviettes ! Du côté de C. nardus, la grosse proportion de monoterpénols rapproche cette huile essentielle du parfum de la monarde, du géranium, à la rigueur du palmarosa. Quant à C. winterianus, on observe chez elle une quasi parité entre monoterpénols et monoterpénals, improbable mélange citronné et fleuri d’une monarde à géraniol et d’une litsée citronnée. C’est peut-être celle des quatre qui me déroute le plus, sans doute parce que, à cheval sur deux chaises, elle cherche à cumuler les avantages des uns et des autres. Mais c’est oublier que les monoterpénols sont positivants, les aldéhydes terpéniques négativants. C’est-à-dire que les premiers, comme le géraniol par exemple, sont toniques, alors que les seconds, citrals A et B, sont calmants, sédatifs et hypotenseurs. C’est aussi ce qui explique que C. nardus et C. winterianus, riches en monoterpénols, se classent parmi les huiles essentielles positivantes, C. citratus et C. flexuosus étant, elles, négativantes.

En général, les huiles essentielles abondamment pourvues en monoterpénols sont anti-infectieuses à large spectre d’action (antivirales, antifongiques, antibactériennes et antiparasitaires), de même qu’immunomodulantes. Quant aux huiles essentielles à monoterpénals, on leur trouve les propriétés thérapeutiques générales suivantes : anti-infectieuses (antivirales, antifongiques, antibactériennes), digestives et stomachiques, enfin anti-inflammatoires. Bien évidemment, il s’agit là de portraits d’ensemble qui disent peu quelles sont les spécificités de chaque huile essentielle de citronnelle. Et c’est là qu’il va falloir synthétiser tout cela afin de ne pas se laisser déborder par les informations (ce qui va être une autre paire de manches). Allez zou, c’est parti ! ^.^

Propriétés thérapeutiques

Pour davantage de lisibilité (?), chaque fois qu’une propriété ou un usage est spécifique à une huile essentielle, je la spécifie par les quatre majuscules suivantes : C pour citratus, F pour flexuosus, N pour nardus et W pour winterianus.

  • Antiseptiques atmosphériques et désodorisantes
  • Anti-infectieuses : antibactériennes, antivirales (F, N), antiparasitaires, antifongiques (action sur Candida albicans, Penicillium digitatum, Saccharomyces cerivisiae, trichophyton ssp.), insecticides et insectifuges (sur Aedes albopictus vecteur du chikungunya, Culex nigripalpus vecteur de l’encéphalite de Saint-Louis, Ochlerotatus triseriatus, etc.) ; cependant, la rémanence de ces huiles essentielles étant assez médiocre, il est nécessaire de répéter souvent les applications (toutes les trois ou quatre heures)
  • Anti-inflammatoires, analgésique (C), antinociceptive (F), antalgique percutanée (N)
  • Antispasmodiques (W, N)
  • Toniques circulatoires et vasodilatatrices (C, F), lymphotonique (F), anti-cellulitique (C, F)
  • Digestives (F, N), désinfectante intestinale (N), excitante gastrique (F), stimulante hépatobiliaire (F)
  • Calmantes du système nerveux central (C, F), équilibrantes du système nerveux autonome (C, F), sédatives et calmantes (C, F), anxiolytique (F)

Spécifiquement :

  • C. citratus : hyperthémisante, tonique musculaire ;
  • C. flexuosus : fébrifuge, galactogène, anticonvulsivante ;
  • C. winterianus : dépurative cutanée ;
  • C. nardus : emménagogue (?), décongestionnante pelvienne, diurétique légère, immunostimulante, anti-oxydante.

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : atonie digestive (F), digestion difficile (F), indigestion (N), ballonnements (N), flatulences (C), crampe gastro-intestinale (C), entérite (F), colite (F), gastro-entérite (N), diarrhée (N), vers intestinaux (N)
  • Troubles locomoteurs : douleurs articulaires, musculaires (contracture, crampe, spasmes) et rhumatismales, arthrite, douleurs tendineuses, névralgie, sciatique (toutes sauf N), foulure (C), lumbago (C), ostéoporose (F)
  • Répulsion des insectes (moustique, tique, puce, puceron, punaise, pou, araignée), en soulager les piqûres (moustique), piqûre d’ortie
  • Affections cutanées : acné (sauf C), soin des peaux grasses (N, F), transpiration excessive (N, W, F), furoncle (W, N), eczéma (N, F), herpès labial et génital (F), mycose cutanée comme le pied d’athlète (C, F, N), abcès (W), séborrhée du cuir chevelu (N)
  • Troubles du système nerveux : insomnie et autres troubles du sommeil (C, F), stress (F), fatigue mentale (W), déprime (W)
  • Troubles de la sphère gynécologique : douleurs pelviennes et congestion du petit bassin (W, N), insuffisance lactée (F)
  • Fatigue (F, N), fatigue chronique (F), baisse de tonus (F), épuisement (F), hypotonie (N)
  • Troubles de la sphère respiratoire : rhume (W), grippe (F, W), état fébrile (C), mycose respiratoire (N)
  • Autres mycoses : aspergillose (F), candidose (F, N)
  • Migraine (N)

Propriétés psycho-émotionnelles et énergétiques

Sédative et rééquilibrante du système nerveux, elle amène le sommeil, apaise les peurs, aide à se sortir de situations dites sans issue. Elle purifie assez bien une pièce, à condition de répéter successivement l’opération. Plante énergique, elle permet de sortir de l’immobilisme et de la torpeur. Elle est donc très utile lorsqu’on a la sensation de piétiner, d’être apathique. Ainsi, elle permet de faire table rase et d’entrevoir l’avenir avec davantage de joie et d’optimisme. Enfin, elle apporte la sympathie.

Dans quel cadre l’utiliser : pour purifier une habitation, pour se débarrasser des sensations d’inquiétude et d’anxiété qui encombrent le mental, pour affiner la concentration, pour faire plus facilement le deuil d’une situation.

Modes d’emploi

  • En dispersion atmosphérique : seules ou accompagnées d’autres huiles essentielles à visée relaxante, répulsive, etc.
  • Application locale : en friction ou en massage selon les cas.
  • En bain de pieds (après dilution des huiles dans une dispersion adaptée, du type solubol ou autre).
  • Usage interne : il s’avère rare, et l’on peut dire des huiles essentielles de citronnelles qu’elles sont peu employées dans ce sens.

Précautions d’emploi, contre-indications et autres information

  • Ne jamais utiliser les huiles essentielles de Cymbopogon winterianus et C. nardus pures car elles sont dermocaustiques sur les peaux sensibles et les muqueuses : action lacrymogène et tussigène, irritations cutanées possibles chez les personnes particulièrement sensibles. Ainsi donc, la dilution dans une huile végétale est impérative chez les personnes à la peau fragile ainsi que chez les bébés. Quoi qu’il en soit, certaines molécules aromatiques contenues dans ces huiles essentielles sont potentiellement allergènes.
  • On les évitera chez la femme enceinte ainsi que chez les personnes sujettes à une cardiopathie (une accélération du rythme cardiaque est possible par inhalation de ces huiles essentielles).
  • En cuisine : la citronnelle fraîche est l’indispensable condiment de bien des préparations culinaires asiatiques. La base renflée des tiges, finement ciselée, s’additionne pour aromatiser les soupes et bouillons, les salades, les plats de poisson, de crevettes et de volaille, parfois même les viandes rouges, bien que plus rarement. Les plats de légumes et les desserts ne sont pas oubliés, non plus que la pâte de curry vert à laquelle participent les feuilles fraîches de citronnelle. Vu la répartition géographique large des citronnelles en Asie, nombreux sont les pays de la Chine à l’Inde qui usent d’au moins l’une d’entre elles en cuisine. La fréquentation des citronnelles en cuisine asiatique est si ample qu’on en est arrivé à employer leurs huiles essentielles industriellement pour la confection de boissons, pâtisseries et confiseries. Nous autres n’en savons rien, mais les feuilles fraîches de citronnelle, lorsqu’elles sont finement hachées, forment une infusion au parfum délicat, le lemongrass tea.
  • L’industrie de la parfumerie – comment s’en étonner ? – s’est aussi emparée de la citronnelle pour ses notes de tête hespéridées et de cœur. Déjà, au XIXe siècle, Eugène Rimmel avait fait la remarque que telle citronnelle imitait la verveine et que telle autre permettait de contrefaire l’essence de rose. En règle générale, la citronnelle intéresse bien davantage l’industrie des produits d’entretien (savonnerie, lessives et détergents, désodorisants, sprays et autres produits insecticides, etc.), et beaucoup moins celle des produits d’hygiène (cosmétiques, crèmes), comme si la citronnelle avait davantage à sa charge la protection et la propreté, plus que la séduction.
  • Risque de confusion : de nombreuses autres plantes que la citronnelle, de par leur parfum citronné plus ou moins prononcé, sont dénommées pour cette raison comme elle. C’est le cas de la mélisse, de l’aurone mâle, de l’ambroisine, de la verveine citronnée, du thym citron, de la santoline, de la litsée, etc.
  • Variétés et autres espèces : Cymbopogon citratus CT myrcène : il s’agit d’une variété malgache de la citronnelle constituée de 80 % d’aldéhydes terpéniques (géranial 47 % ; néral 33 %) et d’un taux remarquable de β-myrcène (7 %), et pour laquelle Simon Lemesle dit ceci : « La citronnelle à myrcène nous offre un arôme clair, simple et généreux qui procure un certain optimisme, une chaleur réconfortante et positive. Les utilisateurs pourront saisir dans une huile essentielle de qualité un aspect rigide, tendu qui rassemble, redresse et enracine délicatement »2. Elle s’adresse surtout à la sphère digestive et au système locomoteur (rhumatisme, douleur articulaire, ostéoporose). Cymbopogon giganteus : citronnelle de Madagascar ou ahibero. Très différente des autres, elle ne contient pas d’aldéhydes terpéniques et se caractérise par des monoterpénols très dissemblables du géraniol, du citronnellol et du bornéol : cette huile essentielle ne sent donc pas le géranium, non plus que le palmarosa, mais développe un parfum frais, herbacé, voire mentholé en partie causé par les monoterpénols suivants : cis-p-mentha-1,8-dien-2-ol (12,40 %), cis-p-2,8-menthadiénol-1-ol (12,40 %), trans-p-mentha-1,8-dien-2-ol (17,40 %), trans-p-menthadiénol-1-ol (6,90 %), trans-isopiperiténol (4,20 %), trans-carvéol (2,40 %). On y trouve quand même à peu près 25 % de limonène et une petite fraction de cétones (carvone 3 %). Utilisable dans le même cadre que les autres, on lui a remarqué une action anti-infectieuse exploitable dans bien des cas de mycose presque toujours à base de candida (candidose cutanée, unguéale, buccale, intestinale, vaginale), à travers des infections cutanées d’origine bactérienne (acné, éruptions, etc.) et herpétiques. Cymbopogon validus ou herbe bleue africaine : monoterpènes 27 % (dont myrcène 12 %), monoterpénols 22 % (dont linalol 15 %), sesquiterpènes 17 %, esters 3 %, monoterpénals 2 % Cymbopogon martinii Sofia ou gingergrass : monoterpènes 47 % (dont camphène 23 %, limonène 9 %, α-thujène 5 % et α-pinène 5 %), monoterpénols 14 %, esters 12,50 % (dont acétate de géranyle 8 %), sesquiterpènes 7 %.

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  1. Joseph Roques, Nouveau traité des plantes usuelles, Tome IV, pp. 214-215.
  2. Simon Lemesle, Huiles essentielles et eaux florales de Madagascar, p. 16.

© Books of Dante – 2022

Lemon grass (Cymbopogon flexuosus).

Inflorescence de citronnelle de Ceylan (Cymbopogon nardus).

Une épicerie dans une rue de Hong-Kong.

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