Le sassafras (Sassafra albidum)

Synonymes : saxifras, pavame, bois de cannelle, arbre à fièvre, laurier des Iroquois.

Lorsque les colons européens débarquèrent en Amérique du Nord, ils firent la connaissance des autochtones, mais également celle des plantes peuplant ce territoire inconnu d’eux. Parmi elles, ils purent remarquer l’abondance du sassafras, un arbre qui pousse couramment dans les champs, les bois clairs et le long des chemins de la plupart des contrées de l’est états-unien (Virginie, Caroline, Floride, etc.), parfois en si grand nombre que l’air est tout embaumé de ses effluves odorants. Bel arbre grand et droit, divisée en très nombreux rameaux verdâtres et cylindriques très fins, il est couvert d’une écorce épaisse, raboteuse et rude, de couleur brun orangé à rougeâtre, qu’il est aisé de rompre et dont l’odeur et la saveur aromatiques frappent l’attention. Son élégant feuillage caduc est formé de grandes feuilles vert pâle (jusqu’à 20 cm de longueur), alternes, pétiolées, trilobées (mais pas toujours : certaines sont simples, d’autres portent un lobe avorté), duveteuses sur le revers, agréablement parfumées une fois devenues sèches. La floraison du sassafras s’épanouit à travers de maigres bouquets floraux de petites fleurs blanches/jaunes/verdâtres paraissant de mars à mai, constituées de six pétales ovoïdes et de neuf étamines. Cet effort floral se traduit par un tout petit fruit, baie d’un centimètre de diamètre, que le mûrissement fait virer au bleu noirâtre. Voilà, pour vous donner une idée, à quoi ressemble le sassafras, un arbre que l’on a bien désiré implanter sur le sol métropolitain, mais qui ne s’y est guère plu, raison pour laquelle on a bien peu de chance de le croiser au détour d’un bosquet.

Cet arbre, déjà en usage auprès des Amérindiens avant que n’aient débarqué les Européens, fut nommé sassafras par l’Espagnol Nicolas Monardes au XVIe siècle, terme que l’on dit provenir du mot saxifrage, attribué tout d’abord à une plante qu’en Europe l’on connaît pour avoir la réputation de rompre la pierre (c’est, littérairement, ce que veut dire saxifrage). Ainsi, cette proximité linguistique semble-t-elle souligner les propriétés lithontriptiques du sassafras, dont on dit encore qu’il proviendrait de la mauvaise prononciation du mot saxifraga par les Espagnols. Si c’est le cas, c’est que l’on connaissait donc déjà le sassafras sous l’angle thérapeutique, en particulier par le biais de son bois jaune citrin rappelant celui du cannelier, de pénétrante odeur, analogue à celle du fenouil et de l’anis étoilé, de saveur chaude et âcre. Sa renommée, initiée par les Espagnols, fut telle qu’au XVIIe siècle, il se vendait en France du bois de sassafras qui y parvenait sous forme de morceaux longs de 65 à 100 cm, et que l’on râpait, pour la cause, à l’aide d’une écouane, c’est-à-dire une grande lime plante dont font usage les ébénistes entre autres. Sous le rapport strictement médical, l’intérêt pour cette essence nord-américaine fit établir, au début du XIXe siècle, le portrait thérapeutique suivant : « En ranimant les forces vitales, il tire l’économie de l’état de stupeur où elle était plongée ; il condense la fibre, dont le relâchement forme un des principes de la diathèse scrofuleuse ; il active la circulation, augmente la chaleur générale ; en un mot, il excite tous les organes, et particulièrement le système lymphatique et les glandes »1. Mais n’allons pas trop vite en besogne et revenons-en à Nicolas Monardes qui écrivait ceci en 1569 : « Les Espagnols ont commencé à se soigner avec l’infusion de cet arbre et cela a provoqué en eux de bénéfiques effets à peine croyables, car, avec la viande avariée et la boisson constituée d’une eau suspecte, les nuits passées à dormir dans la rosée, la plupart d’entre eux venaient à tomber malades de fièvre. Beaucoup prirent l’habitude d’emporter avec eux un morceau de la racine de ce bois afin de le respirer continuellement, comme on le ferait d’une pomme de senteur, son parfum corrigeant l’air infecté ». A la guerre comme à la guerre, me direz-vous ! Il est tant vrai qu’il faut se satisfaire de ce que la providence met sur notre chemin. Cela explique que l’usage de cette plante se popularisa très vite, en particulier à travers son infusion ou thé de sassafras, dont l’acceptation s’accorda à la croyance qui voulait que cet arbre avait la capacité de venir à bout de tous les maux, y compris l’ivresse. « Le thé, appelée saloop, est devenu la boisson à la mode parmi les gentlemen anglais, qui se réunissaient aux étals de rue pour participer publiquement à la promotion du nouveau breuvage, tout en échangeant les potins quotidiens. Quand on a su que le thé de sassafras n’était pas le véritable saloop – produit des tubercules d’une espèce d’orchidée – et, pire encore, qu’il était le remède des Amérindiens pour la syphilis, on a jugé discret de ne plus prendre un tel remède, du moins en public »2. Je me demande bien par le truchement de quoi nous avons pu passer du salep des Orientaux (saloop n’en est que la truculente transformation ; je vais allé prendre un saloop au saloon, lol ! Il peut y avoir équivoque !) à une boisson que l’on a nommée de la même manière mais qui n’a rien de comparable, le salep étant la boisson issue de la fécule que l’on extrait des tubercules d’orchis qui, au passage, doivent leur nom au grec órkhis qui veut dire testicule. Ajoutez à cela la tradition qui veut que le saloop de sassafras était censé remédier à la syphilis, le tour est complet et le niveau au-dessous de la ceinture ! Quelle pépite, tout de même ! On peut comprendre l’attitude des « gentils hommes » qui se dédouanèrent de cette boisson jugée soudainement peu accorte et pouvant soulever quelques doutes au sujet de leur virilité. Pourtant, ne dit-on pas que le sassafras, bénéfique bien que fugace, permet de donner de soi la meilleure image afin d’obtenir des bienfaits qu’on n’atteindrait pas sans lui ? Il n’en reste pas moins que ce thé de sassafras devint la boisson courante des hommes du peuple, pauvres et travailleurs. Dans certains états, et cela jusque dans les années 1990, il se perpétua comme une boisson quotidienne d’usage courant. Il fut même vendu à la criée dans les rues, était servi avec du sucre et du lait, ravissant les porteurs, les charpentiers et les autres travailleurs de rue. Si l’on creuse la question des usages alimentaires du sassafras, l’on s’aperçoit qu’ils ne demeurèrent pas qu’au seul niveau de cette infusion de confort, traditionnellement usitée au printemps avec d’autres herbages pour purifier le sang après l’hiver. La racine réduite en poudre aromatisa, en guise de condiment alimentaire, les bouillons et bouillies que l’on servait aux convalescents et aux enfants, jusqu’aux bébé pour en entamer le sevrage. En raison des mucilages contenus dans l’écorce de sassafras, en la réduisant en poudre, on la diluait dans une quantité d’eau bouillante suffisante pour que, après l’avoir remuée, elle s’en devienne une façon de gelée, à laquelle on pouvait encore rajouter du lait, du sucre, voire du vin blanc. Mêlée à de la farine, l’on en fit même du pain. L’industrie agro-alimentaire en parfuma les bonbons, les sodas, etc. La parfumerie, la savonnerie et l’industrie du tabac firent de même. Populairement, l’on confectionnait une sorte de « root beer » en Virginie, à l’aide des jeunes pousses de l’arbre qui venaient la parfumer. L’on mangeait même jusqu’aux feuilles de cet arbre en salade. Une fois séchées et moulues, elles formaient une poudre condimentaire. On extirpa encore de la racine une matière tinctoriale de couleur pêche, et de l’écorce, un beau jaune que révélait davantage un mordançage à l’alun.

Après tous ces siècles durant lesquels les populations nord-américaines tombèrent en odoration devant le sassafras, il se produisit, pour cet arbre, de retentissants événements venus mettre à mal sa carrière polyfonctionnelle. Mais rien n’y fit, il ne put impétrer d’aucune manière et l’homme allait bel et bien le laisser choir. Et pour quel ignominieux motif, je vous prie ? Au rapport de sa toxicité. Ah !… en voilà, une nouvelle. Vous en êtes certain ? Puisque je vous le dit. Bon sang ! Toutes ces années à s’intoxiquer, donc… Mais n’y a-t-il pas dans notre alimentation actuelle des substances jugées au-dessus de tout soupçon mais qui, en fait, pourraient bien être sujettes à cautions, étendant malignement leur empire maléfique à l’ensemble de notre corps et de notre esprit ? Oh ça, si, bien entendu : les sucres. Entendons-nous bien : TOUS les sucres, y compris ces xylitol et autre érythritol qu’on vous vend comme d’inoffensifs succédanés du sucre, aka saccharose. Ou bien les oméga-6, acide linoléique en tête, toutes matières traîtreusement pro-inflammatoires. A propos du sassafras, on eut bien quelques doutes au sujet d’une plausible toxicité, du moins d’une énergique activité : dans les années 1830, Joseph Roques faisait remarquer que l’écorce et le bois de sassafras représentaient une substance nuisible aux personnes dotées d’un tempérament sec, irritable, à écarter lorsque le système sanguin est excité, qu’il y a menace inflammatoire ou colliquative. Mais ces quelques mises en garde sont loin de recouvrir l’exacte étendue des reproches que l’on put faire au sassafras dont les divers usages alimentaires, ainsi que l’huile essentielle, furent bannis aux États-Unis par la FDA (Food & Drug administration). Le coupable incriminé tient en un composant de l’huile essentielle de sassafras (et qui se retrouve aussi dans le thé du même nom) : le safrole, un éther-oxyde (de même que la myristicine de la noix de muscade et l’apiole du persil), autrement dit une molécule à manier avec grande précaution. On fit le constat, par le biais d’études menées en laboratoire, que le safrole du sassafras était hépatotoxigène, susceptible d’entraîner de graves dommages hépatiques et rénaux en cas d’usage à forte dose. Le pire étant que le safrole s’est avéré cancérigène chez le rat, occasionnant chez lui une hépatomégalie, c’est-à-dire une hypertrophie du foie, accompagnée des tumeurs bénignes et malignes afférentes. Cette activité, qui passe pour faible chez l’homme, peut néanmoins provoquer des dommages oxydatifs du foie. Il n’en fallut pas davantage pour juger d’une interdiction fort à propos du sassafras aux États-Unis, surtout après qu’il fut remarqué que le safrole – précurseur de la MDMA, composant l’ecstasy – faisait l’objet d’abus ayant mené à des cas d’intoxications mortelles, ce qui engagea la DEA (Drug enforcement agency) sur la voie de l’obligation d’une réglementation.

Voici maintenant ce que nous pouvons malheureusement exposer à la charge du sassafras (on aurait voulu qu’un remède qui sent aussi bon soit exempt de nocivité…).

La souris à laquelle on ajoute tous les jours à l’alimentation une petite quantité de safrole pur (0,04 à 1 %) développe, au bout de six mois à deux ans de ce régime, des cancers hépatiques. Le safrole possède donc une propriété cancérigène, c’est-à-dire la capacité à induire des tumeurs, qu’elles soient bénignes ou malignes, d’augmenter leur incidence et leur caractère malin, ou bien de précipiter leur apparition. C’est ce vers quoi tend toute substance digne de ce nom lorsqu’elle est inhalée, inspirée, appliquée sur la peau ou injectée. Bref, la souris soumise à un tel traitement, même si une fraction du safrole est excrétée par les urines, n’y peut réchapper sans dommage. Mais nous autres ne sommes pas des souris, n’est-ce pas ? S’imagine-t-on assaisonner nos repas quotidiens de 0,04 à 1 % de safrole ? Vous mangez 100 g de pain, hop !, un gramme de safrole, soit environ 50 gouttes d’huile essentielle de sassafras. Or la dose dangereuse pour l’homme débute à 0,66 mg par kilogramme de poids. Autrement dit, pour un homme de 80 kg, 0,05 g. Tirons-en les conclusions qui s’imposent d’elles-mêmes… En plus de cela, les métabolites du safrole peuvent induire un effet mutagène chez certaines bactéries, ce qui n’est pas exactement une excellente nouvelle quand on sait aussi que le safrole peut nuire aux fonctions de défense des neutrophiles, qui sont des globules blancs possédant un rôle majeur dans le bon état du système immunitaire. De plus, le même safrole peut induire des mutations du matériel génétique et mener à l’apoptose des neurones. De fortes doses sont susceptibles d’amener des désordres dissuadant d’en faire un usage prolongé (ce que firent les fervents consommateurs du thé de sassafras, ingurgitant à chaque tasse, une quantité de safrole que l’on estime entre 0,09 et 4,66 mg) : vomissement, tachycardie et augmentation de la tension artérielle, stupeur et tremblements, anxiété, dilatation pupillaire. C’est pourquoi « en raison de sa toxicité, de sa cancérogénicité et de son manque d’avantages thérapeutiques (sic), l’utilisation du sassafras ne peut être recommandée en aucune circonstance ». Sur cette base, l’on comprendra que l’Union européenne ait interdit l’utilisation du safrole comme substance aromatisante pure et que l’huile essentielle de sassafras, quasiment introuvable, demeure du strict monopole du pharmacien qui, très certainement, n’en a jamais vue lui-même. Le sassafras n’est plus qu’une ligne dans la grisaille d’un arrêté bureaucratique paru au journal officiel… Les lignes qui suivent n’ont donc d’autre valeur qu’être purement informatives, jugeant qu’il n’est pas obligatoire de ne faire que la part belle aux remèdes efficients, sûrs et toujours d’actualité, puisque nous traitons sur le blog aussi bien de l’histoire médicale que des substances modernes et contemporaines.

Le sassafras en phyto-aromathérapie

« C’est dans le bois le plus près de la racine, et dans celui de la racine même, qu’on a observé les propriétés du sassafras au degré le plus éminent. On croit même que l’écorce de la racine a encore plus d’énergie ; elle fournit une grande quantité d’huile aromatique »3. Voilà qui nous met parfaitement au clair ! On aurait pu simplement distiller l’écorce des parties aériennes, mais non, il a fallu aller bien au-delà, éplucher les racines de leur écorce, sans doute la fraction la plus aromatique du sassafras, ce qui doit heurter l’imagination. On réduit tout d’abord cette écorce en copeaux que l’on fait ensuite bien sécher avant de leur faire subir l’hydrodistillation. On en obtient 1 à 2 % d’un liquide pesant (densité : 1,087), de couleur jaune pâle, au parfum jugé doux et épicé, à la note de tête fraîche et légèrement camphrée, et au final boisé et floral. Cette huile essentielle, qui s’oxyde facilement au contact de l’air, est (très) majoritairement composée de safrole (60 à 88 %), de cétones (dont camphre : 3 à 25 % ; camphone, asarone, thuyone), de méthyle-éthers (méthyle-eugénol : 1 à 13 % ; anethol), d’éthers-oxydes (apiole, en plus du safrole), de monoterpènes (α-pinène, β-phellandrène), etc.

Le safrole (ou shikimol) est une molécule présente dans plusieurs autres huiles essentielles : badiane, noix de muscade, macis, cannelle de Ceylan « feuilles », camphrier du Japon, sassafras du Brésil, qui, malgré son nom, n’a pas de rapport botanique avec le sassafras nord-américain, mais Ocotea pretiosa s’en rapproche pas son taux élevé de safrole (jusqu’à 95 % !) ce qui l’expose à la même dangerosité.

Que n’a-t-on pas jugé bon de préférer les feuilles de cet arbre, autrement plus anodines ! Parfois distillées pour la recherche, elles offrent une huile essentielle à la composition biochimique très différente, constituée avant tout de monoterpènes et de monoterpénals :

  • Monoterpénals : géranial (19 %), néral (14 %)
  • Monoterpènes : limonène (11 %), α-pinène (8 %)
  • Sesquiterpènes : (E)-caryophyllène (9 %)
  • Monoterpénols : linalol (5 %)

Tout cela doit être bien agréable, flirtant avec un citron un peu résineux mâtiné des citrals du lemongrass… Faites appel à votre imagination.

Propriétés thérapeutiques

  • Tonique générale
  • Tonique gastro-intestinale, carminative
  • Anti-infectieuse : antiseptique, antiparasitaire, fongicide (le safrole passe pour exercer une action pesticide)
  • Antirhumatismale, antigoutteuse (fait circuler l’énergie au niveau des articulations)
  • Fébrifuge, sudorifique
  • Antalgique, analgésique
  • Tonique rénale (action sur l’énergie des reins)
  • Tonique cutanée, rubéfiante
  • Dentifrice
  • Antidote du tabac

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : langueur d’estomac, flatulences, constipation
  • Troubles de la sphère respiratoire : rhume, catarrhe pulmonaire chronique, bronchite
  • Troubles de la sphère vésico-urinaire : néphrite, lithiase rénale (le voilà, notre « brise-pierre » ! j’étais sûr que le sassafras pédalait dans le domaine sabulaire !), gonorrhée, cystorrhée (écoulement vésical de nature muqueuse), chaude-pisse chronique, infection urinaire, rétention d’eau, anasarque
  • Troubles locomoteurs : arthrite, douleurs rhumatismales et goutteuses, douleurs et spasmes musculaires, lombalgie
  • Affections cutanées : acné, piqûre d’insecte, poux (+++)
  • Asthénie physique et intellectuelle
  • Hypertension artérielle, dépuration de la lymphe
  • Troubles de la menstruation
  • Sevrage tabagique
  • Syphilis (sassafras, grand compagnon du gayac dans ce but)

Modes d’emploi

J’ai dû piocher dans la vieille pharmacopée européenne (XVII-XIXe siècles) pour en extirper de quoi vous montrer ce que l’on pouvait bien fabriquer à base d’écorce de racine de sassafras :

  • Infusion simple : 10 à 30 g d’écorce de racine dans ½ litre d’eau bouillante (à couvert).
  • Infusion composée : 120 g d’écorce de racine de sassafras + 15 g de racine de réglisse + 15 g de racine de garance. Faire infuser 30 g de ce mélange dans ½ litre d’eau bouillante (à couvert).
  • Décoction simple : 30 à 45 g d’écorce de racine dans 2 à 2,50 l d’eau. A réduire de moitié. « La décoction doit être forte, et faite à vaisseau fermé »4, sans quoi l’évaporation disperse les principes aromatiques actifs de l’écorce).
  • Vin de sassafras : 8 à 12 g d’écorce de racine en macération dans un litre de vin rouge durant une dizaine de jours.
  • Poudre : 2 à 4 g par prise.
  • Teinture : pour un litre d’eau-de-vie, comptez 12 g de baume du Pérou, 125 g d’écorce de racine de sassafras et 175 g de résine de gayac (et oui, encore lui !). Faire macérer le tout pendant deux à trois semaines.

Le sassafras entra par le détail ou ses qualités générales dans une foule de préparations tombées en désuétude : l’alcool général, la décoction sudorifique, la tisane royale, la poudre d’ambre, l’élixir antivénérien, l’élixir antigoutteux de Villette qui était une macération de quinquina, pétales de coquelicot, écorce de racine de sassafras, résine de gayac, le tout dans du rhum de Jamaïque additionné de sirop de salsepareille.

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • On l’aura compris, le sassafras (sous quelque forme que ce soit) n’est plus en vente libre en France. Du temps où cette espèce d’arbre était couramment employée en Amérique du Nord, on préconisait des cures brèves (une semaine), sans jamais exagérer les quantités journalières d’huile essentielle utilisées (deux gouttes). On l’interdisait alors aux femmes enceintes en raison du probable risque de fausse couche encouru.

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  1. Joseph Roques, Nouveau traité des plantes usuelles, Tome 3, p. 347.
  2. Lesley Gordon, A country herbal, pp. 159-164.
  3. Joseph Roques, Nouveau traité des plantes usuelles, Tome 3, p. 348.
  4. Louis Desbois de Rochefort, Cours élémentaire de matière médicale, Tome 1, p. 421.

© Books of Dante – 2021

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