Le datura stramoine (Datura stramonium)

Synonymes : pomme épineuse (du Pérou), pomme poison, pomme de vallée, pomme du diable, herbe des démoniaques, herbe aux sorciers (et aux sorcières), herbe des magiciens, herbe aux zombies, trompette des anges, trompette de la mort, endormie, endormeuse, chausse-trape, herbe à la taupe, saute-moine, herbe de James-Town, herbe jimson, estramon, châtaigne puante, put-put, herbe de feu (fire-weed).

Dire que l’usage du datura est attesté depuis les temps préhistoriques et qu’il satisfit les sorciers asiatiques, africains ou encore amérindiens, ne doit pas nous induire en erreur, puisque, au sujet de cette plante, les hypothèses quant à son origine sont allées bon train. Si l’on n’a pas de doute sur le caractère cosmopolite du datura stramoine, on s’est longtemps posé la question de connaître avec exactitude son berceau natal. L’idée selon laquelle cette plante serait précisément asiatique, voire indienne, a été maintes fois soulevées avant d’être battue en brèche : on l’a alors crue américaine (Amériques du Sud et centrale pour être précis, zones d’où proviendrait la plupart des plantes de ce type). A cela, certains auteurs récents rétorquèrent que cette plante « n’est pas originaire d’Amérique, puisqu’elle a été décrite par Dioscoride comme une variété de la jusquiame (sic ?) et l’on n’y peut méconnaître la noix de Methel dont les médecins arabes faisaient un stupéfiant très énergique et que Maïmonide considérait comme un des poisons les plus perfides »1. Le docteur Leclerc, rigoureux comme à son habitude, pèche ici par excès de confiance, sans compter qu’il fait la confusion entre datura stramoine et datura métel (de ce dernier, nous aurons l’occasion de reparler), ce à quoi Fournier vient remettre bon ordre : le datura stramoine est une plante inconnue de l’Antiquité et du Moyen-âge, ce que je crois également. Il n’est d’introduction que récente et pas plus ancienne que le XVIe siècle en Europe. Provenant du Mexique, le datura stramoine aurait tout d’abord accosté en Espagne vers 1577, avant de transiter en Italie et en Autriche par le biais des jardins botaniques, puis d’être mentionné pour la première fois en France en 1601. On a beau tortiller, les illustrations des daturas dans les œuvres de Fuchs (1543), Dodoens (1554) et Matthiole (1563) sont, certes, des daturas, mais plus semblables au métel qu’au stramoine. Dans le Hortis eystettensis de Basilius Besler daté de 1620, l’on voit deux daturas cette fois : le métel, auquel il est donné le nom de stramonia et la stramoine à laquelle on a accordé le curieux nom de datura turcorum. En tous les cas, les daturas que l’on voit dans les livres datant d’avant 1600 ne sont pas du type stramoine, plante caractérisée par un feuillage denté que ne possède pas le métel, ou alors très faiblement. Pourtant, de très fort signaux en provenance de l’Inde semblent accréditer l’origine asiatique du dhattûra qu’en sanskrit l’on écrit धत्तूर. Sa présence semble si étroitement mêlée au sous-continent indien que de nombreux synonymes lui sont associés depuis des temps d’apparence immémoriale : dévaki, par exemple, de même que tîkshnakanta, faisant tous les deux référence au caractère épineux du fruit de ce datura, qui en porte bien d’autres parmi lesquels dhûrta (« trompeur »), kitava (« joueur »), unmatta (« ivre, fou »), unmattaka, madanaka, mohana (« qui fait devenir fou »), tout cela soulignant que cette plante qui altère la mémoire est unanimement reconnue dans diverses traditions comme celle qui rend fou, « employée quelquefois comme un moyen magique par les voleurs et autres coquins pour priver leurs victimes de tout pouvoir de leur résister », aux dires de Joachim Otto Voigt (1798-1843). L’on en donnait encore à d’autres pour s’amuser des pitreries qu’ils étaient susceptibles de commettre sous son emprise, « parce que ceux qui en mangent perdent la tête ; il leur vient une grande envie de rire et d’être généreux, en permettant que tout le monde les pille »2. François Boissier de Sauvages (1701-1767) « raconte qu’une bande de voleurs se servait de l’infusion des mêmes semences dans du vin, pour enivrer les voyageurs et les détrousser. Ce poison causait d’abord un prompt sommeil ; mais, lorsqu’on se réveillait, on était fou, insensé ; on se livrait à mille extravagances ; on ne parlait point ordinairement, mais on témoignait ses désirs par des gestes. Le malade n’éprouvait ni cardialgie, ni nausées : occupé de ses folies, il errait pendant plusieurs jours, et reprenait enfin l’usage de la raison ; mais il était faible, il ne pouvait marcher, et il était inhabile à l’acte vénérien »3.

A ces aigrefins qui détroussent font suite les femmes à qui l’on retroussait… les jupes !, cette plante n’étant pas connue comme étant que celle des voleurs, mais aussi celle des violeurs ! Cette pratique ne fut pas seulement circonscrite qu’à l’Inde comme nous le rappelle Cazin : « On brûla à Aix une vieille femme qui, au moyen des semences de stramoine, avait troublé la raison de plusieurs demoiselles de bonne famille, et profité de leur délire pour les livrer à des libertins. On a même rapporté que des jeunes filles furent aussi rendues mères à leur insu »4. Mais ce à quoi le datura reste le plus attaché, c’est à la pratique de l’entôlage, c’est-à-dire celle par laquelle courtisanes, femmes de mauvaise vie et autres prostituées endorment puis dévalisent leurs clients, quand il ne s’agit pas d’en réduire les exigences en les détournant de leurs ardeurs sexuelles tout en les délestant des gains sonnants et trébuchants qu’ils portent sur leur personne. Cette « astuce » était employée de même dans les harems de Turquie, pour distraire les maris de leurs femmes en les endormant, au sens propre comme au figuré ! Quant aux futures veuves, désireuses de se trouver un nouveau mari plus compatible avec leurs humeurs, elles expédiaient l’actuel dans l’autre monde en lui faisant avaler, d’une façon ou d’une autre, du datura. « Ce poison est malheureusement parvenu dans nos contrées, et il a inondé, il y a quelques temps, la France, l’Allemagne et toute l’Europe d’endormeurs […]. Bientôt, il ne fut plus sûr de voyager sur les grands chemins, parce qu’on était empoisonné avec la plus grande facilité »5. En effet, la bande dite des endormeurs s’attaquait aux promeneurs parisiens, troublait leur sens en leur offrant une pincée de tabac dans laquelle se dissimulait un peu de stramoine dont les vertus anesthésiantes lui firent grandement mériter son surnom d’endormeuse ! De la même façon, on arrêta en 1775 du côté de Montpellier, une bande de voleurs qui faisaient ingérer à leurs victimes une décoction de capsules de datura traîtreusement mélangée à du vin. D’autres encore incorporaient l’esprit distillé de semences de stramoine au café ou à la bière. Il n’en est pas autrement aujourd’hui encore où de telles bandes sévissent, notamment en Colombie. La drogue des zombies au Bénin est utilisée pour les mêmes sombres fins, le datura confinant à l’amnésie et à l’abrutissement par abolition de la volonté et de la mémoire : « le zombi fait ce qu’on lui demande de faire et sera donc, dans la plantation de canne, un ouvrier docile aisément manipulable. Comme il ne sait plus ni qui il est, ni d’où il vient, ni où il va, il n’a aucune velléité de s’enfuir. Archétype d’une main d’œuvre fiable qu’il ne sera pas même nécessaire de rétribuer »6.

Tout cela nous a fait accoster en bien des rivages, lesquels ont imprimé leur marque dans le datura dont le nom même serait d’origine portugaise, découlant lui-même de l’arabe tatôrah (de tat, « piquer »). Mais les sens de stramoine/stramonium nous renvoient, parce qu’obscurs et discutés, à notre incapacité à bien distinguer le datura stramoine du métel dans les textes anciens, sauf quand cette différence est expressément signalée, comme c’est le cas dans l’œuvre de Jean-Baptiste Porta, qui signale l’action délétère des « noix méthelles » sur les chiens, en plus que d’en énoncer la capacité endormante à l’instar du pavot, de la jusquiame ou de la mandragore encore, « car elle est douée de cette propriété qui consiste à susciter le sommeil, à rendre les membres stupides et hébétés, et à causer de la pesanteur au cerveau »7. Mais nous parlons là du métel, non de la stramoine8, même si elle n’en fait pas néanmoins devenir folle elle aussi9. Sur ce constat, l’on ne peut imputer au seul datura les méfaits commis dans toute l’Europe, même en des temps forts reculés. Par exemple, est-il raisonnable d’imaginer que la stramoine ait fait partie de l’arsenal thérapeutique de l’Antiquité gréco-romaine ? Ne disposait-on pas alors d’autres plantes aux activités similaires ? Par exemple, n’est-ce pas plutôt la belladone qui se cache derrière le dorycnion de Nicandre de Colophon, celui-là même dont parlait Pline en ces termes : « C’est là la plante vénéneuse que les auteurs les plus loyaux ont appelée sans détour doryculon, nom qui vient de ce qu’on empoisonnait les armes avec cette plante, qui croît partout ; d’autres, avec moins de franchise, l’ont surnommée manicon (qui cause la folie) ; ceux qui en dissimulaient criminellement les propriétés lui donnaient le nom d’erythron, de neucas, de perisso. On ne doit entrer dans ces détails que pour mettre les gens sur leurs gardes »10. De même, la traduction du mot thruon en stramoine par le traducteur des Argonautiques orphiques ne relève-t-elle pas d’une erreur ? Des épisodes circonscrits à cette période de l’histoire ne manquent pas, pour lesquels on peut croire que le datura stramoine a joué le premier rôle. Par exemple, on a laissé entendre que les armées de Marc-Antoine et de Cléopâtre furent défaites à la bataille d’Actium en 31 avant J.-C., par influence des effets toxiques d’une plante proche du datura et dont on peut se demander ce qu’elle vient faire là. Mais l’imprécision des comptes-rendus de cette bataille, forcément rédigés selon le point de vue du vainqueur, rend difficile la restitution concise des raisons qui poussèrent Marc-Antoine à la défaite, dont les armées étaient déjà diminuées par la chaleur, la fatigue et les épidémies dont la malaria. Pareille mésaventure semble avoir eu lieu durant l’un des nombreux épisodes guerriers opposant les Romains aux Parthes : à l’une de ces occasions, les Romains, victimes de la faim, se jetèrent sur tout ce qu’ils purent trouver, dévorant en dernière extrémité des plantes du genre datura, ce qui eut pour conséquence fâcheuse de les rendre fous. L’histoire moderne peut se targuer de posséder des chroniques identiques : « La plante de James-Town, qui ressemble à la pomme épineuse du Pérou, et qui est la même plante, si je ne me trompe, passe pour une des plus rafraîchissantes qu’il y ait au monde. Quelques-uns des soldats qu’on avait envoyés à James-Town [en 1676], pour y pacifier les troubles de Bacon, s’avisèrent d’en cueillir de fort jeunes, pour se faire de la salade bouillie. L’effet qu’elle produisit fut assez plaisant ; ils devinrent tous imbéciles plusieurs jours de suite : l’un soufflait une plume en l’air ; l’autre jetait de la paille contre cette plume avec beaucoup de furie ; un troisième se tapissait dans un coin, tout nu, et faisait des grimaces comme un singe ; un quatrième donnait des baisers à ses camarades, les caressait, leur tirait le nez et faisait mille postures plus grotesques que celles d’un bouffon. On les enferma durant cette frénésie, de peur qu’ils ne se tuassent les uns les autres : quoi que toutes leurs actions parussent innocentes et qu’il n’y eut point de malice. Il est vrai qu’ils n’étaient guère propres, et qu’ils n’auraient pas manqué de se rouler dans leurs excréments, si on ne les en avait empêchés. Quoi qu’il en soit, après avoir fait mille singeries de cette nature, au bout d’onze jours ils retournèrent dans leur premier état, sans avoir le moindre souvenir de ce qui s’était passé »11. Et c’est sans doute mieux ainsi ^.^

Bien auparavant, en Grèce, une hypothèse veut que la ciguë absorbée par Socrate ait été additionnée de pavot ou encore de stramoine, si l’on en juge la description de la mort de Socrate faite par Platon dans le Phédon. En effet, vu le calme légendaire de Socrate au moment de sa mort, on s’est autorisé à imaginer que le datura a pu jouer un rôle d’analgésique et d’antispasmodique dont les vertus auraient effacé l’angoisse, limité les spasmes et réduit les souffrances viscérales. Dans le même genre, on a avancé que la pythie de Delphes ne prophétisait jamais sans s’être pris dans les narines de la fumée de jusquiame ou de datura. Qu’importe, après tout, la précision, n’est-ce pas ?, puisque ce qui intéresse, ça n’est pas tant la véracité du propos que l’effet constaté de ces deux plantes indépendamment d’un anachronisme. Mais cela me semble aussi faux que de prétendre que Circé transforma les compagnons d’Ulysse en pourceaux à l’aide de la jusquiame : l’identité de la plante n’étant pas communiquée dans l’Odyssée par Homère, on peut toujours courir. De plus, comme tous les daturas proviennent d’Amérique, on comprend mal comment l’un d’entre eux aurait pu se retrouver en possession de la pythie ou de Circé. Et le même problème se pose pour l’époque plus tardive du Moyen-âge : bien que surnommée herbe aux sorciers, il est tout à fait probable que la stramoine n’ait jamais joué le rôle qui incomba à la belladone ou à la jusquiame, plantes sorcières, « lointain souvenir des philtres et onguents qu’à la suite des chamans, nos sorcières préparaient pour voyager vers un sabbat, fruit de leurs hallucinations génésiques »12. De cette approximation découlent bien des absurdités parmi lesquelles j’ai retenu celles-ci : « Les vierges initiées au sabbat étaient ointes d’un mélange de stramoine et de cantharide […]. Quant aux loups-garous, ils ne devaient leur existence qu’à un onguent dont les sorciers s’enduisaient le corps et qui contenait selon toute vraisemblance du datura ». Pff. Quelle rigolade. Tout à l’inverse, je me réserve le droit de partager l’opinion de Fournier sur ce point : « Le rôle que lui attribuèrent divers auteurs dans les épidémies de sorcellerie et sa prétendue propagation par les Tziganes sont de purs romans »13.

On a fait du datura de folles choses mais on en a également dites, au mépris de la plus parfaite exactitude, sans doute parce qu’on a « reconnu » dans les anciens textes les effets dont on a appris que cette plante était susceptible d’en provoquer autant. Mais n’existe-t-il qu’une seule plante stupéfiante pour tomber dans un tel piège ? Il semblerait, tant le datura est capable de faire miroiter plus que des mirages pour qui s’entiche à croire aux sornettes qui prennent l’allure de la réalité. Il suffit donc, passons à la suite ! Allons faire un tour au Mexique, où le datura stramoine est très présent. Commençons tout d’abord par balayer de la main l’assertion qui veut que sa semence soit incorporée au sein de l’ololiuqui, mélange végétal aux vertus enthéogènes provenant de plantes de la famille des Convolvulacées, autrement dit sans rapport avec notre propos. Mais il n’empêche pas que le datura ait tenu au Mexique, ainsi que dans le sud-ouest des États-Unis, des rôles tant médicaux qu’hallucinogènes. Par exemple, les Incas pratiquaient la trépanation après avoir préalablement insensibilisé les patients grâce aux effets anesthésiques du datura, à l’égal de la coca. Dans de nombreuses tribus, le datura était la plante rituelle grâce à laquelle, par le biais d’une cérémonie initiatique, l’impétrant le plus souvent pubère, était rendu à une vie nouvelle tout en se défaisant de l’ancienne. Enfin, la puissance du datura était telle qu’au Mexique cette plante avait la réputation de faire fuir les mauvais esprits, et les voleurs plus que d’en favoriser les larcins !, ce qu’elle partage avec les usages européens qu’on a fait d’elle, les occultistes lui reconnaissant encore maints pouvoirs : procurer une ébriété lucide, favoriser la « métamorphose » animale, faciliter le voyage astral (avec du galbanum) et la voyance (à l’aide d’un encens ainsi composé : oliban 20, verveine 10, feuilles de datura, de belladone et de jusquiame 5 de chaque), provoquer le délire extatique et prophétique (furor), stimuler l’enthousiasme et l’imagination, etc. « Le charme le moins dangereux que j’ai trouvé est pourtant celui qui consiste, pour l’homme ou pour la femme souffrant d’insomnies, à glisser au matin sept feuilles de datura dans chacune de ses chaussures et à marcher tout le jour. Le soir venu, il faut ranger les souliers sous le lit, la pointe dirigée vers le mur le plus proche. On est alors assuré de dormir ‘comme un ange’ jusqu’au matin… »14. Précisons avec utilité qu’on peut parvenir à un tel résultat sans datura bien sûr, et que si l’on souhaite se prêter à l’expérience, il est préférable que les pieds soient au préalable indemnes de toute blessure ou simple égratignure. Si quelque crainte vous assaillait, préférez à la stramoine des feuilles d’armoise vulgaire et/ou de sauge officinale. Vous marcherez à l’aise, mais il n’est pas dit que vous dormirez tout autant ^.^

Au XVIIIe siècle, lumières oblige, les ténébreuses sorcières furent écartées de la scène, mais cela n’empêcha pas au datura de tomber dans le giron de personnages peu recommandables comme nous l’avons pu voir. Malgré ce climat particulièrement peu propice à la confiance, Anton von Störck (1731-1803), médecin autrichien, fut très certainement le premier Européen à user médicalement du datura stramoine dès 1762. « Se basant sur la propriété qu’a la stramoine de perturber les facultés de l’âme, il se demanda si elle ne pourrait pas remettre dans l’état sain l’esprit de ceux qui l’ont altéré par le trouble même qu’elle porte dans le cerveau »15. « Mais notre médecine, consigna Desbois de Rochefort fin XVIIIe, on ne peut pas plus réservée à l’égard des substances vénéneuses, l’a très peu employé, et dans ce peu, n’en a pas obtenu les effets qu’avaient annoncés M. Störck » l’intrépide16. En ce temps, on préférait ornementer les appartements des riches bourgeois de daturas en pots quitte à ce que les maîtresses de maison tombassent dans les vapes !

Le datura est une solanacée qui, bien qu’annuelle, peut se dresser à près d’un mètre de hauteur au plus fort de son développement (parfois bien davantage – 150 cm –, mais il s’agit là de performances exceptionnelles), qui dépend essentiellement de son lieu de vie : en effet, lui conviennent les sols perturbés riches en nitrates et en azote, ce qu’elle trouve sur les friches industrielles par exemple, à l’abord des décharges où elle est certaine de dénicher des terrains enrichis de détritus animaux et humains, les terrains vagues, à proximité des villages, à la périphérie des cultures. En ce moment, j’en croise un pied situé en bordure d’un champ de maïs, noyé dans une masse d’amarantes. Cette espèce dite anthropophile s’épanouit encore sur les éboulis, le long des axes de communication, les jardins et autres lieux redevenus sauvages : quoi de mieux pour cette farouche solanacée qui ensauvage celui qui en abuserait ! Elle se complaît également sur remblais, jachères et autres lieux incultes, mots à la charge négative évidente puisqu’ils impliquent l’abandon, la déliquescence, la mort.

Elle a ensuite tendance à disparaître des milieux qu’elle peuple lorsque d’autres plantes viennent la concurrencer. Mais qu’à cela ne tienne : non seulement le datura est productif de ses graines (on en compte environ quatre centaines par « pomme épineuse »), mais chacune d’elle possède une capacité germinative qui dépasse l’entendement : un siècle. Imaginez un peu : peut-être que le datura qui pousse ici ou là est issu d’une graine formée au crépuscule de la Première Guerre mondiale ! Alors, elle peut voir venir. Si elle disparaît, ça n’est jamais que pour revenir, de façon certes hiératique (en apparence). Je ne dispose pas de données bio-indicatrices la concernant, hormis les quelques bricoles que j’aie pu dire jusque-là, mais il serait intéressant de se pencher sur le cas de cette néophyte intégrée depuis déjà quatre siècles sur notre territoire.

La tige herbacée du datura stramoine, d’apparence ligneuse à la base chez les plus forts sujets, est particulièrement robuste bien qu’étant creuse. Elle se compose de rameaux dichotomes formant des Y, lesquels portent de larges feuilles ovales-anguleuses, alternes, pétiolées, d’un beau vert foncé uniforme, irrégulièrement dentées mais non piquantes. Quand survient la floraison, c’est-à-dire dès le mois de juin (elle se poursuit sans discontinuer jusqu’en septembre), émergent à l’aisselle des feuilles et à la bifurcation des rameaux de grandes fleurs pédonculées, trompettes tout d’abord plissées comme peut l’être une jupe du même nom, grandes structures florales de 6 à 10 cm de longueur, présentant un calice tubulaire à cinq dents (parfois six) s’épanouissant de préférence le soir et se refermant lorsque le temps se gâte. Puis naissent des fruits de la taille d’un œuf de pigeon (5 cm), capsules à quatre valves arrondies et hérissées de pointes acérées et piquantes. Chacune de ces « pommes » recèle de nombreuses semences grisâtres ou noirâtres, réniformes et comprimées, chagrinées en surface, ce qui ne veut pas dire qu’elles sont tristes, bien que la plante peut incliner à ce sentiment si on se laisse happer par des signaux par trop déroutants, mais qui ne sont pas autre chose que ce qu’ils sont, commandant de manier cette plante avec une précision d’horloger.

Le datura stramoine en phytothérapie

« Il y a des moyens, Madame. Ce qui nourrit notre être, c’est ce repos qui justement lui manque. Pour qu’il le trouve, il y a bien des simples, dont le pouvoir fait s’endormir la douleur. » Ainsi s’adresse le médecin à Cordélia dans Le Roi Lear de Shakespeare (Acte IV, scène V). Nul besoin de patienter après la pomme épineuse du Pérou – dont John Gerard (1545-1612) indiquait avoir propagé les graines dans le sud de l’Angleterre à la fin du XVIe siècle –, pour être au fait des drogues endormantes, même s’il est vrai que les raisons qui menèrent Gerard à user de cette plante s’ancrent aisément dans le siècle du barde d’Avon.

En quoi les racines, les feuilles et les semences de cette plante peuvent-elles bien justifier leur activité ? D’aucuns dirent que l’odeur fétide qui se dégage de cette plante, sa saveur âcre et amère, étaient façon de démontrer l’héroïque statut de cette plante qu’on plaça sans difficulté aucune en immédiate promiscuité avec la belladone.

Les apothicaires d’autrefois, les chimistes aussi, voulurent bien évoquer l’existence d’un alcaloïde végétal du nom de daturine. Mais il s’est avéré que cela n’était finalement pas autre chose que de l’hyoscyamine, alcaloïde relatif à la jusquiame, autre cousine du datura, qui, sous l’effet de la chaleur se dédouble en atropine et scopolamine, ce qui maintient fort bien le datura dans le giron de la belladone et le rapproche de cette quatrième solanacée qu’est la mandragore.

On accorde à la scopolamine un caractère sédatif moins toxique que l’excitante atropine à laquelle est généralement lié un plus haut pouvoir toxique, bien que la première des deux, plus lipophile, peut se glisser au sein même du système nerveux, ce qui la rend tragiquement redoutable si jamais elle est mal employée.

L’hyoscyamine, alcaloïde tropanique, est accompagnée de l’hyoscine, et à elles deux représentent environ 0,20 à 0,50 % de la masse de la plante sèche. Cela peut paraître insignifiant, mais c’est assez pour déclencher des effets redoutés et redoutables, puisqu’en thérapeutique, les doses efficaces du datura frôlent l’intolérance. Mais sur ce point on s’est perdu en conjecture, l’activité réelle de cette plante ayant occasionné bien des questions : les semences sont-elles plus toxiques que les feuilles ? En quoi le datura est-il comparable aux belladone et jusquiame ? Etc. Mais c’était bien naturel : quoi de plus normal, en effet, que de dresser le portrait d’une plante encore peu connue grâce aux informations relatives à d’autres plantes dont on maîtrise mieux l’emploi et auxquelles elle ressemble plus ou moins ? Ainsi, on a pu dire que le datura agissait à la manière de la belladone, mais plus violemment encore, ce qui n’est qu’un indice, non une preuve générale et étendue de l’entièreté de ses actions thérapeutiques, elles-mêmes dépendantes essentiellement des doses, et encore il apparaît qu’elles ne sont pas l’unique facteur à considérer. Cazin remarqua que les différences d’activité d’un datura à l’autre s’expliquaient par le climat (induisant, en partie, le chémotype futur) et par « certaines causes inexplicables, et qu’il faut se contenter d’admettre comme démontrées par l’expérience »17, et dont plusieurs ont été depuis élucidées : par exemple, plus la plante approche de l’ultime étape de son développement végétatif, et plus la teneur en alcaloïdes de la plante s’accroît.

Après ce long développement, permettons-nous encore d’ajouter quelques menues choses à la liste des ingrédients comme, par exemple, du tanin (5 à 10 %), de la gomme, des matières grasses, divers sels minéraux (silice, potassium, calcium, etc.), des acides (malique, atropique), des flavonoïdes, des coumarines et, enfin, des substances sans doute connues des amateurs d’ashwagandha, les withanolides, stéroïdes naturels.

L’analyse des semences a aussi permis d’y déceler une huile grasse (15 à 30 %) et un ferment coagulant.

Propriétés thérapeutiques

  • Sédatif du système nerveux
  • Antispasmodique intestinal, décontractant des muscles lisses du tube digestif, régularisateur des sécrétions digestives, modérateur des sécrétions salivaires, antidiarrhéique
  • Anti-asthmatique, décontractant des muscles lisses des parois bronchiques, dilatateur et amplificateur bronchique, sternutatoire
  • Antinévralgique, analgésique, anodin, anesthésiant, antirhumatismal
  • Accélérateur du rythme cardiaque
  • Sudorifique
  • Anaphrodisiaque (peut, tout au contraire, provoquer un éréthisme génital confinant au priapisme chez l’homme et à la nymphomanie chez la femme)
  • Décontractant des muscles lisses de la vessie

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère respiratoire : asthme, toux, toux nerveuse, coqueluche, catarrhe pulmonaire chronique, oppression d’origine nerveuse, dyspnée des tuberculeux, spasmes laryngés
  • Troubles locomoteurs : rhumatisme chronique, rhumatisme articulaire, rhumatisme inter-articulaire aigu, rhumatisme synovial, névralgie (sciatique, sciatique chronique), maladie de Parkinson, tic, bégaiement, spasmes musculaires douloureux, crampe, certaines paralysies, goutte
  • Troubles de la sphère vésico-rénale : colique néphrétique, ischurie spasmodique, incontinence urinaire nocturne
  • Troubles du système nerveux : épilepsie, convulsion, chorée, hystérie, manie, folie, mélancolie, vésanie, delirium tremens, délire violent, troubles du sommeil avec terreur nocturne, colère, irritabilité, anxiété, agitation
  • Troubles de la sphère gynécologique : accidents spasmodiques des organes génitaux, dysménorrhée, nymphomanie, douleur en cas de cancer de l’utérus
  • Troubles oculaires : ophtalmie, douleur oculaire, photophobie, céphalalgie sus-orbitale
  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : flux de ventre, dysenterie, gastralgie, crise hépatique, spasmes œsophagiens
  • Affections cutanées : ulcère (y compris cancéreux), brûlure (par le feu, l’eau, le plomb fondu, la poudre d’arme à feu), échaudure, apostume, chancre, panaris, dartre, démangeaison cutanée
  • Douleurs d’origines variées : céphalalgie, douleur gravative de la tête, migraine invétérée, douleurs dentaires et gingivales, engorgement laiteux douloureux, hémorroïdes, orchite, ascite, cancer, angor, douleur du plexus (c’est-à-dire toutes affections non inflammatoires pour lesquelles la morphine demeure inopérante)
  • Fièvre délirante et/ou agitée

Modes d’emploi (à titre informatif)

  • Infusion de feuilles sèches.
  • Décoction de feuilles fraîches pour lotion, fomentation, bain, cataplasme.
  • Poudre de feuilles (à hauteur de 0,05 g à 0,20 g par prise).
  • Teinture alcoolique de feuilles fraîches ou sèches, de semences (5 à 30 gouttes par prise).
  • Suc frais.
  • Extrait alcoolique de semences (1 à 5 cg par prise).
  • Macération vineuse de semences concassées.
  • Cataplasme de feuilles fraîches.
  • Pommade de feuilles fraîches avec de la cire et de l’axonge.
  • Fumigation de feuilles sèches (sous forme d’encens), inhalation (cigarette ou pipe de datura). La fumée produite s’avère aussi efficace pour écarter les moustiques.

Note : l’homéopathie emploie une teinture obtenue à l’aide des semences mûres et de la plante au tout début de sa floraison. C’est la préparation la plus à même de ne pas risquer des troubles toxiques, puisqu’elle n’autorise l’usage que de très faibles quantités, de même que celles qui sont mentionnées ci-dessus. Autrefois, la thérapeutique du datura respectait scrupuleusement d’infimes dosages. S’ils devaient être accrus, cela ne l’était que de manière progressive, très souvent en administrant le remède pendant trois jours avant de ménager une pause de durée équivalente. Généralement, les praticiens observaient les premiers signes d’intoxication (mydriase, sécheresse buccale légère, troubles vasomoteurs, diarrhée…) avant d’interrompre le traitement.

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • Récolte : les feuilles peuvent se cueillir dès l’été, à raison de trois à quatre prélèvements successifs, les semences en début d’automne. Il suffit de couper les pommes et de les laisser sécher sur du papier jusqu’à ce qu’elles libèrent leurs graines. Le séchage de la plante en supprime et l’odeur et la saveur, mais en conserve parfaitement intactes toutes les propriétés. Concernant le datura, il ne faut donc pas faire l’erreur de croire que la dessiccation aurait pour effet d’amoindrir les vertus héroïques de cette vénéneuse beauté. De toute façon, le datura, réglementé dans de nombreux pays, ne saurait être employé indépendamment d’un contrôle médical.
  • Toxicité : elle concerne l’intégralité de la plante, ses feuilles, ses tiges, ses racines, ses capsules et encore ses graines. L’on a longtemps pinaillé pour savoir laquelle de toutes présentait la toxicité la plus élevée, mais on s’est finalement buté à un obstacle, de la même manière qu’on n’a pas réussi à établir la toxicité relative du datura par rapport à celles de la jusquiame ou bien de la belladone. Tout ce dont on est certain, c’est que la toxicité dépend de la dose administré et de sa chronicité. Certain ? Pas sûr. Cazin affirmait le contraire : « Il est difficile de préciser la dose à laquelle la stramoine peut produire l’empoisonnement »18. On peut donc gloser longtemps sur la question des centigrammes d’extrait ou des grammes de plante sèche à même de déterminer tels ou tels effets, ce qui serait parfaitement inutile « car il ne faut jamais perdre de vue l’effet relatif des stupéfiants »19 sur l’idiosyncrasie personnelle, quand ça n’est pas tout bonnement l’impréparation des remèdes à base de datura. Il apparaît également que la vétusté de la matière médicale peut être mise en cause. L’ensemble de ces facteurs (et d’autres que nous n’avons pas mentionnés) concourent donc à une inégalité de l’efficacité thérapeutique du datura selon les cas, subséquemment à une toxicité qui peut s’avérer aléatoire, bien qu’on puisse la segmenter en légère, moyenne et accentuée. Voici, tout d’abord, dressé par Joseph Roques, un portrait général de l’action du datura en cas d’intoxication : « Chez les uns, elle produit une sorte d’ivresse, un délire extatique, un sommeil profond, la paralysie, le froid des extrémités, des faiblesses, des lipothymies, etc. ; d’autres éprouvent, par l’influence de ce poison, une anxiété douloureuse dans la région de l’estomac, une chaleur brûlante, la dilatation des pupilles, des spasmes musculaires, et quelquefois une surexcitation qui va jusqu’à la fureur »20. Étonnamment, dans un cas on se dirige vers le froid, dans l’autre vers le chaud. Est-ce possible que la représentation scopolamine/atropine en soit à l’origine ? Le cas que Roques décrit dans un autre passage de la Phytographie médicale relève de ce second volet d’action : « Un homme âgé de vingt-huit ans, auparavant sain d’esprit et de corps, prend une forte dose d’un breuvage préparé avec les semences de stramoine. Il s’éveille en sursaut au milieu de la nuit, tient les propos les plus insensés, menace sa femme, ses enfants, demande des armes, s’agite comme un furieux, entonne des cantiques mêlés de chansons impies, et passe plusieurs jours dans un état complet de démence. On appelle des prêtres, des médecins, rien ne peut le calmer ; plusieurs domestiques et plusieurs soldats vigoureux peuvent à peine le contenir »21. L’on constate donc qu’à côté de la stupeur et de l’aphonie, l’intoxiqué se comporte non pas avec mollesse, résignation et hébétude, mais, tout au contraire, par une sorte de vertigineuse extravagance compulsive. Aux rêves fantastiques que l’on a en dormant peuvent faire suite des hallucinations dites réelles, dans le sens où rien ne les distingue de la réalité, durant la journée, accompagnées des pleurs ou du rire de l’intoxiqué. Puis la paralysie du système nerveux central fait son œuvre, les alcaloïdes du datura agissant sur les neurotransmetteurs régulant le traitement de l’information dans le cerveau (d’où les oublis totaux dont nous avons déjà parlés). Enfin, dans le pire des cas, cette intoxication peut s’achever par le décès, le datura étant capable d’induire une insensibilité quasi totale menant à une mort indolore. Dans le cas où l’intoxiqué en réchapperait, les symptômes se dissipent mais pas toujours, d’autres persistant pendant des mois, voire des années.
  • Attention à la plante mise au contact direct de la peau : si le derme est blessé, la peau mise à nu peut être un vecteur d’intoxication, l’agressivité de la plante pouvant se communiquer à la zone que son application sous forme de cataplasme est censée soulager.
  • Autres espèces : – Le datura métel (Datura meteloides) : cette plante pluriannuelle n’existe pas sous sa forme sauvage, on dit que c’est un cultigène, ce qui embarrasse les recherches de ses origines. Même si, comme nous l’avons mentionné, de fortes preuves semblent pouvoir attester son origine asiatique, il n’en demeure pas moins que depuis une trentaine d’années l’on sait que tous les daturas proviennent du Nouveau Monde. En ce qui concerne le datura métel, la localisation de son aire d’origine à l’Inde ne représente qu’une étape de ses pérégrinations. Ce pays, après que des semences y aient transité d’Amérique en Asie du Sud on ne sait trop comment, a été considéré comme le fief natal du datura métel par les Anciens, croyance ayant si longtemps perduré, qu’on en trouvait trace encore dans l’œuvre même de Linné qui le donnait comme asiatique et africain. A sa suite, l’influence linnéenne fut telle que cette assertion peut encore se lire dans des ouvrages contemporains. Fétide comme la stramoine, le métel n’en reste pas moins narcotique qu’elle. – Le datura cruel (Datura ferox) : probablement originaire d’Amérique centrale (Mexique ?), cette plante est une autre représentante stupéfiante du clan des daturas. Il entretient beaucoup de points communs avec stramoine et métel. – Le datura bleu (Datura stramonium var. tatula) : sous-espèce de la stramoine, ce datura porte des tiges violacées et des fleurs blanches au cœur pourpre, coloris qui peut parfois se déployer à l’ensemble de la corolle. Datura stramoine, métel et cruel sont tous trois présents en France.

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  1. Henri Leclerc, Précis de phytothérapie, p. 306.
  2. Angelo de Gubernatis, La mythologie des plantes, Tome 2, p. 121.
  3. Joseph Roques, Phytographie médicale, Tome 1, p. 450.
  4. François-Joseph Cazin, Traité pratique et raisonné des plantes indigènes, p. 920.
  5. Louis Desbois de Rochefort, Cours élémentaire de matière médicale, Tome 2, p. 238.
  6. Jean-Marie Pelt, Carnets de voyage d’un botaniste, pp. 164-165.
  7. Jean-Baptiste Porta, La magie naturelle, pp. 55-56.
  8. Si stramoine est synonyme de datura stramoine, il ne saurait être celui de tous les autres daturas, y compris le métel !
  9. On expliquerait le mot stramoine par l’union des deux mots grecs suivants : strychnos, qui veut dire « morelle » et manikos « fou ».
  10. Pline, Histoire naturelle, XXI.
  11. Robert Beverly, Histoire de l’état de Virginie, pp. 197-198.
  12. Claudine Brelet, Médecines du monde, pp. 107-108.
  13. Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, p. 910.
  14. Michel Lis, Miscellanées illustrées des plantes et des fleurs, p. 55.
  15. Henri Leclerc, Précis de phytothérapie, pp. 306-307.
  16. Louis Desbois de Rochefort, Cours élémentaire de matière médicale, Tome 2, p. 242.
  17. François-Joseph Cazin, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes, p. 918.
  18. Ibidem, p. 919.
  19. Ibidem.
  20. Joseph Roques, Phytographie médicale, Tome 1, pp. 453-454.
  21. Ibidem, p. 449.

© Books of Dante – 2021

Une réflexion sur “Le datura stramoine (Datura stramonium)

  1. Datura Stramonium, une vieille copine (LOL). Froissant une feuille entre mes doigts pour la caler sous la langue, puis une seconde, je me rendis compte quelques 90 minutes après que ma vue était trouble. C’est en me rapprochant du miroir de la salle de bain que je vis mes pupilles extrêmement dilatées. Les sensations que j’éprouvais n’étaient guère agréables, mais pas pour autant insupportables ; je me sentais excité, prompt à me défouler au son de la techno, ce que je fis en avalant quelques pintes de bière.
    Une expérience intéressante par laquelle j’ai pu frôler le caractère redoutable de cette « vieille copine ».

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