La cardamome (Elettaria cardamomum)

Imitant ses cousins curcuma et gingembre, la cardamome érige, à partir d’un épais rhizome noueux et charnu, de fortes tiges dressées dont la densité est telle qu’elles forment ces classiques touffes coloniaires. Cette profusion végétale est accentuée par de très nombreuses feuilles linéaires de 30 à 75 cm de longueur sur 5 de large. Duveteuses sur leur face supérieure, elles sont marquées d’une nervure centrale qui forme gouttière. Seules les tiges stériles de la plante porte des feuilles, jouant le strict rôle d’usine à photosynthèse, stockant une partie de l’énergie capturée dans les rhizomes. Toutes différentes, les tiges qui portent les fleurs ne comptent aucune feuille. Elles forment des panicules floraux de 30 à 50 cm qui déploient, de mai à juillet, de somptueuses fleurs blanches striées de violet ou de rouge mauve, qui donnent naissance à des grappes lâches de fruits verts, capsules aromatiques contenant des graines à la saveur poivrée si prononcée qu’elle fit dire à Dioscoride qu’il suffisait « qu’une femme enceinte la respirât pour tuer l’enfant qu’elle portait » (ce qui, bien qu’apparaissant très exagéré, expliquerait peut-être son surnom de graines des anges).
Cette grande plante herbeuse de près de trois mètres de hauteur, provient du sous-continent indien, où on la croise naturellement sur les sols ombragés, riches, humides mais bien drainés des forêts tropicales qu’elle peuple le long de la côte de Malabar, au Sud-Ouest de l’Inde, et plus au sud, dans les biens nommés Cardamom Hills. Aujourd’hui, elle est cultivée dans plusieurs endroits du monde qui lui offrent le même biotope que son aire d’origine : l’Asie du Sud-Est (Thaïlande, Vietnam), l’Amérique centrale (Honduras, Guatemala), l’Afrique (Madagascar, Tanzanie).
De son point de départ indien à tous ces points d’arrivée, elle a dû affronter bien des périples, rencontrer bien des peuples. C’est ce que nous allons maintenant étudier.

Effectivement, avant d’aller gambader de par le vaste monde, la cardamome officiait déjà chez elle en tant que plante thérapeutique fort appréciée de la médecine ayurvédique qui fait appel à ses bons services depuis au moins 3000 ans, la mettant à profit à travers des troubles aussi variés que l’asthme ou les difficultés digestives, afin de corriger les faiblesses de Vata, etc. C’est ainsi qu’elle apparaît très clairement dans les écrits du chirurgien indien Sushruta, dont les textes établirent les fondements même de la médecine ayurvédique. Puis, la jeune Elaichi – ainsi l’appelle-t-on en Inde – alla faire ses classes en Chine où elle fut largement récompensée, les Chinois n’en ayant pas fait moins qu’une panacée !
Mais encore ? Eh bien, voyez-vous, la cardamome n’a pas opté pour la seule direction de l’est, puisque de très anciennes traces attestent de sa présence à l’ouest de son fief natal bien avant notre ère, son introduction en Asie occidentale par exemple, comptant vraisemblablement plusieurs siècles. Les Égyptiens qui vivaient sous le règne d’Assourbanipal (VII ème siècle avant J.-C.) la connaissaient déjà, et on la croise encore dans un papyrus égyptien vieux de 25 siècles. Très tôt, elle sut trouver dans cette riche civilisation de quoi faire montre de ses talents : bien qu’elle n’y fut guère employée comme remède, elle trouva un emploi comme matière à embaumement, encens et parfum. Ce sont essentiellement ces deux derniers usages que l’on rencontre en Égypte antique, car il est dit que la reine Cléopâtre en parfumait ses appartements. Surtout, cette célèbre recette d’encens composé, le kyphi ou kuphi, lisible dans le Papyrus magique de Paris, fut également donnée par Plutarque qui s’intéressa à la question : il souligna les vertus délassantes de ce mélange que l’on brûlait préférablement le soir puisqu’il permettait « une complexion somnifère qui relâche et dénoue, sans le secours de l’ivresse, la pénible tension des soucis de la journée ». Il est donc tout naturel de remarquer que la cardamome a été conviée à se rendre chez les Grecs et les Romains, toujours friands d’exotiques nouveautés et insatisfaits de ce que, généralement, leurs plantes indigènes leur fournissaient en terme de matières à parfum et à épice. Selon d’antiques sources, Théophraste en premier lieu, la cardamome proviendrait du territoire des Mèdes (un ancien peuple iranien) ou de plus loin encore, c’est-à-dire d’Inde. Beaucoup plus tardivement (au même siècle que Plutarque en fait), Dioscoride fit référence à des importations de cardamome émanant d’Arménie, de Commagène et de la région du Bosphore, une des étapes de la caravane, mais non la plus lointaine. Parait-il qu’elle parvenait jusqu’à Rome par chargements entiers. Grecs et Romains utilisaient la cardamome pour ses propriétés digestives et pour sa vertu consistant à purifier l’haleine en en croquant les graines après les repas. Ils imitèrent également les Égyptiens, et firent également de la cardamome un ingrédient entrant dans la composition d’encens et de parfums, comme à travers cette huile de cardamome par exemple, relatée par Pline ou encore la recette du Metopion « composé d’huile d’amandes amères exprimée en Égypte, à laquelle on incorpore de l’omphacion [nda : huile d’olives immatures ou suc de raisins verts, c’est selon], du cardamome, du jonc odorant, du roseau aromatique, du miel, du vin, de la myrrhe, des graines de baumier, du galbanum, de la térébenthine ». En revanche, ce qui est plus que certain, c’est que la recette donnée ci-dessus par Pline devait sentir drôlement… euh. Comment dire ? Mieux valait, plus prosaïquement, user des seules capsules de cardamome comme offrandes ^.^

Bien plus tard, par le biais d’un commerce intercontinental mis en place au XIV ème siècle, la cardamome participa aux dernières heures de l’époque médiévale, mais bien avant cela, apportée par les marchands arabes par voie méditerranéenne, on la vit être étudiée par Avicenne, vers l’an 1000, qui lui reconnaissait des vertus souveraines contre un certain nombre de maux et d’affections, dont les maux de gorge, la toux, etc., tandis que l’école de Salerne, en la personne de Platearius, lui assignait une vertu stomachique. Elle était aussi recommandée « contre syncope et cardiaque passion de froide cause et pour réconforter la débilité de l’estomac, c’est-à-dire l’indigestion ». Puis elle entra de plain-pied dans ce soi-disant âge d’or qu’est la Renaissance et trouva en Thibault Lespleigney (1496-1550) l’un de ses nombreux panégyristes : « Ce petit fruit de grande puissance fait uriner et casser la pierre ». Remédiant aux douleurs rénales ainsi qu’aux vers intestinaux, l’apothicaire tourangeau la destinait aussi à ce que l’on appelait autrefois la rogne, c’est-à-dire la teigne. C’est vrai que la cardamome est bien vermifuge, mais on semble faire bien peu de cas de son emploi comme topique cutané en général, que ce soit pour une gale invétérée ou bien je ne sais quelle autre dermatose. J’imagine qu’en terme d’affections cutanées, les praticiens d’il y a cinq siècles durent en voir des vertes et des pas mûres. Je me souviens bien que, étant enfant, je n’ouvrais jamais le Larousse médical illustré de mon grand-père sans quelque appréhension, m’effrayant à la vue de photos qui n’étaient pas de très belle qualité, qui plus est en noir et blanc, mais bien suffisantes pour me faire découvrir toutes ces étranges maladies ravageant le tissu cutané. Alors, dans des temps encore plus anciens, il est bien possible qu’on ait pris une affection cutanée pour une autre.
Quelles autres surprises nous réserve-t-elle encore ? L’on voit, par exemple, dans le Petit Albert, une recette d’hypocras qui nous fait remonter bien en arrière dans le temps, ainsi que celle d’un « baume excellent pour se garantir de la peste » ou encore la manière de faire de cette eau d’Arménie « qui a de si merveilleuses propriétés contre les infirmités du cœur, de la tête et de l’estomac » (1). S’agit-il de la même chose que ce que l’on appelle encore aujourd’hui eau d’Arménie, spray anti-infectieux, composé d’huiles essentielles de poivre et de cannelle, d’essence de citron, d’extraits de styrax et de vanille, enfin d’argent colloïdal en 35 ppm ? Le seul hic, c’est que dans cette eau-là, je n’y vois pas de cardamome. Hormis la cannelle, il n’y a rien d’autre de commun à ces deux recettes. En attendant, l’eau d’Arménie actuelle – que l’on ne parvient quasiment pas à trouver dans le commerce, ce qui est bien ballot (mais comme j’ai tous les ingrédients à la maison, je la ferai moi-même, na !) – est un antiseptique à large spectre dont la dispersion atmosphérique neutralise et détruit les mauvaises odeurs, domaine dans lequel la cardamome s’y entend bien, et ses destinations d’usages n’ont aucun rapport avec les préconisations apportées par le Petit Albert. Ainsi donc, nous n’extrapolerons pas davantage et poursuivrons tranquillement notre route.

Que nous reste-t-il à dire ? Un état des lieux établissant en quelques lignes le portrait thérapeutique de la cardamome, tel qu’on la considérait au XVIII ème siècle. Ainsi, Cartheuser nous apprend que « ses avantages sont bien connus dans les vomissements de pituite, la faiblesse du ventricule, les affections flatulentes, les vertiges d’estomac, la lipothymie, les palpitations », ainsi qu’en cas de refroidissement comme le conseillait le médecin-botaniste suédois Johan Andreas Murray (1740-1791), proposant une recette d’œufs et de cardamome mêlés à du vin chaud, le gluhender wein. C’est vrai que lorsqu’on est Suédois, l’on aime forcément la cardamome !

Comme beaucoup d’épices, elle est considérée dans les traditions populaires comme un aphrodisiaque, ce qui faisait dire « qu’un vin chaud aromatisé à la cardamome réveillerait un mort, lequel irait tout droit voir les filles… » De façon plus prosaïque et terre-à-terre, il n’en demeure pas moins que les graines de cardamome réduites en poudre et bouillies avec du lait et du miel constituent un excellent remède à l’impuissance et à l’éjaculation précoce (attention, car en trop grande quantité ce mélange produit l’effet inverse !). Comme dans tout, il n’est question que de dosage. On pensait même qu’il suffisait de priser les graines pulvérisées en pensant à la personne aimée pour susciter son amour. Quoi qu’il en soit, la cardamome n’en demeure pas moins un symbole d’hospitalité. Et c’est déjà un bon début. On n’imaginerait pas ouvrir son cœur avant d’avoir ouvert sa porte. Quand bien même Lémery dira en 1733 que la cardamome peut « aider à la digestion, résister à la malignité des humeurs et exciter la semence », il est fort possible qu’il y ait erreur sur la personne. En effet, des auteurs généralement peu soucieux de donner des définitions précises, auraient pu faire la confusion entre la cardamome asiatique et la maniguette africaine (Aframomum melegueta), parfois autrement désignée sous le vocable évocateur de graine de paradis. Cela étant dit, il est bon de noter que maniguette et cardamome sont deux plantes bien distinctes, d’autant qu’il est aisé de comparer des capsules de cardamome verte avec des gousses de maniguette. Peut-être, alors, faut-il faire une relation, non pas avec la cardamome verte mais avec… la noire qui est (injustement ?) appelée, elle aussi, maniguette ou… graine de paradis, ce qui ne laisserait pas de doute sur l’usage que l’on peut faire de cette dernière, quand bien même la littérature aromathérapeutique n’assigne en aucun cas à la cardamome (qu’elle soit verte ou noire) le rôle d’aphrodisiaque.

La cardamome en aromathérapie

La cardamome appartient si peu à notre sphère culturelle, qu’on serait bien en peine d’en deviner l’allure botanique. C’est pourquoi, lorsqu’on apprend que, traditionnellement, on use de son rhizome en Asie, l’on peut légitimement tiquer quant à son identification, qui nous serait plus facile si l’on parlait gingembre ou curcuma, dont, tout au contraire, l’on ignore s’ils forment des capsules comme la cardamome et, si oui, à quoi elles peuvent bien ressembler. Alors que la partie désirée chez ces deux représentants des Zingibéracées se niche dans le sol, la cardamome met à disposition son fruit qui nous est connu par l’image que nous en avons : une sorte de courte gousse (2 cm de long au maximum), au péricarpe coriace, mince et parcheminé qui, si on la presse s’ouvre sur son intérieur, composé de trois loges où s’empilent de petites graines brun rougeâtre. De couleur vert jaune pâle, il s’agit de celle qu’on appelle communément cardamome verte, qui constitue la qualité supérieure, récoltée à la main par temps secs, durant l’automne, et surtout avant sa complète maturité, puis séchée au soleil (la cueillir prématurément évite son ouverture, l’espèce étant déhiscente ; ainsi la distingue-t-on de la cardamome jaune, inférieure en qualité, mûrie sur pied puis exposée au soleil pour subir l’étape finale de la dessiccation). Malgré toutes ces précautions – qui garantissent une plus grande proportion d’essence aromatique dans les capsules – il arrive que, parfois, certaines gousses de cardamome verte cherchent à se déshabiller de leur enveloppe prête à craquer.
Une fois que ces gousses sont bien sèches, on les broie un peu ou bien on leur conserve leur forme originelle avant de leur faire passer l’épreuve du feu. La distillation se déroule à huis clos à l’aide de la vapeur d’eau qui offre un beau rendement de 2 à 8 %. Cette généreuse production prend l’allure d’un liquide limpide incolore ou bien jaune très pâle. L’odeur de cette huile essentielle est très agréable, légèrement épicée et poivrée, parfois citronnée (un soupçon seulement), fidèle reproduction liquide du parfum de la graine de cardamome. Certains lui trouvent un relent camphré bien marqué : je me demande bien où est-ce qu’ils peuvent dénicher du camphre dans cette huile essentielle, dont les données biochimiques suivantes vont permettre d’établir qu’il s’agit bel et bien là d’un mirage :

  • Esters : 43 % dont acétate de terpényle (37,7 %), acétate de linalyle (4,9 %)
  • Oxydes : dont 1.8 cinéole (33,5 %)
  • Monoterpènes : 11,7 % dont α-pinène (1,7 %), sabinène (4,25 %), β-myrcène (1,6 %), limonène (1,8 %)
  • Monoterpénols : 6,8 % dont linalol (3,2 %), α-terpinéol (1,75 %)
  • Sesquiterpénols : 0,8 % dont nérolidol (0,7 %)

Propriétés thérapeutiques

  • Augmente les secrétions gastriques, digestive, cholagogue, stomachique, facilite le transit intestinal, carminative, ulcéroprotectrice gastrique, vermifuge intestinale
  • Anti-infectieuse : antibactérienne, antifongique, antivirale (?)
  • Anti-inflammatoire, analgésique, antalgique
  • Antispasmodique puissante
  • Expectorante, anticatarrhale, antiseptique respiratoire
  • Tonique et stimulante nerveuse et intellectuelle, calmante du système nerveux (?)
  • Promotrice de l’absorption cutanée
  • Stimulante de la contraction des muscles lisses

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : insuffisance digestive, digestion difficile, dyspepsie, indigestion, aérophagie, ballonnement, flatulence, diarrhée, colique, crampes d’estomac, spasmes intestinaux, colite spasmodique, ulcère gastrique, inhibition des lésions gastriques provoquées par l’alcool et l’aspirine, nausée, mauvaise haleine (la cardamome neutralise l’haleine empestée par l’ail), parasites intestinaux (ascarides, oxyures)
  • Troubles de la sphère respiratoire : toux, bronchite, bronchite catarrhale, encombrement bronchique, asthme, infection respiratoire, refroidissement (l’énergie réchauffante de la cardamome est particulièrement recommandée durant l’hiver)
  • Troubles de la sphère cardiovasculaire : hypertension, cardialgie, crise de palpitations (avec extrasystole et angoisse précordiale), médication utile aux « malades présentant des troubles cardiaques liés à une névropathie dyspeptique » (2)
  • Troubles de la sphère vésico-rénale : incontinence urinaire, spasmes de l’appareil urinaire, calcul rénal, douleurs rénale
  • Soins bucco-dentaires, carie dentaire
  • Asthénie d’origine physique ou psychique
  • Plante recommandée aux diabétiques

Propriétés psycho-émotionnelles et énergétiques

Si l’on associe parfois la cardamome au genre féminin et à la planète Vénus, il est sans doute hâtif de la qualifier d’aphrodisiaque. Elle a effectivement un rapport avec Aphrodite mais dans le sens où l’entend la médecine traditionnelle chinoise, à savoir que c’est une plante de l’énergie de base qui aide à s’émouvoir de nouveau lorsque l’on est trop éteint émotionnellement. Elle redonne de la spontanéité ainsi qu’un certain élan dans les émotions tout en accueillant les imprévus émotionnels.

L’on peut appliquer l’huile essentielle de cardamome verte le long des méridiens suivants : Conception (Yin), Vésicule biliaire (Yang, élément Bois) et Triple foyer (Yang, élément Feu). Quelques mots au sujet de ces trois méridiens :

  • Le méridien Conception a la charge de tout ce qui touche le Féminin au sens large : calme, sens de l’écoute, capacité à recevoir, à accepter, à être en paix, à faire la paix. Ainsi donc, il est lié à la Lune et à l’argent (le métal), puisqu’il incarne une symbolique lunaire, nocturne et maternelle. Les situations et vécus psycho-émotionnels que gère ce méridien sont les suivants : difficultés à vivre les sentiments et les émotions, difficulté et/ou souffrance dans le rapport au féminin (dans le cas d’un enfant ou d’un adulte en conflit avec la mère et/ou l’aspect maternel au sens large), difficultés à accepter le quotidien, ce qui, convenons-en, entretient un lien plus qu’étroit avec ce qui est dit de l’huile essentielle de cardamome en tête de paragraphe. Elle s’adresse donc tout particulièrement aux sujets sensibles, émotifs et/ou stressés.
  • Le méridien de la Vésicule biliaire participe à l’attitude générale du mental et des organes sur le plan moral, il a un lien avec le sens de la justice, du courage, de l’harmonie et de la pureté. Quand l’énergie du méridien de la Vésicule biliaire est équilibrée, l’individu fait face et à toujours l’énergie nécessaire et le courage pour résister. En revanche, dès lors que cette énergie est défaillante, l’individu aura le moral atteint, sera submergé par l’idée de la défaite, il créera un terrain favorable afin qu’elle se déploie rapidement dans tout son être. On remarque également chez ce type de personnes d’autres difficultés : difficulté à vivre les affects, manque de confiance, envie et jalousie, exigence, perfectionnisme, très grande sensibilité aux sentiments de justice et d’injustice, difficultés en ce qui concerne la problématique liée à la place sociale, familiale et professionnelle.
  • Le méridien du Triple foyer règle la chaleur interne à la manière d’un thermostat, en particulier la chaleur dans laquelle travaillent les viscères. Les situations et vécus psycho-émotionnels qui lui sont propres sont les suivants : difficultés à faire la part des choses dans sa vie (entre préoccupations matérielles d’une part, spirituelles d’autre part), trop d’attachement au passé et aux habitudes, manque de gaieté, une certaine frilosité ainsi que des capacités intellectuelles en berne, plus faibles qu’à l’habitude (en cas de carence énergétique), irritabilité, agressivité, agitation, excitation, hystérie en cas d’excès énergétique.

Enfin, une application d’huile essentielle de cardamome verte en friction au niveau de la ceinture abdominale (plexus solaire, chakra sacré) permet une stimulation plus subtile des chakras complémentaires que sont la couronne et le troisième œil (rappelons que les couleurs d’aura de l’huile essentielle de cardamome verte sont le violet et l’indigo, ce qui correspond bien aux deux chakras supérieurs que sont Sahasrara et Ajna).

Modes d’emploi

  • Huile essentielle : diffusion atmosphérique, olfaction, inhalation, voie cutanée diluée, voie orale contrôlée.
  • Infusion de graines et de cosses broyées.
  • Macération vineuse de cosses concassées (vin rouge).
  • Teinture alcoolique.
  • Poudre dentifrice.

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • Toxicité : aucune n’a été relatée à ce jour. Certains auteurs préconisent pourtant une prudence dans l’emploi de cette huile essentielle durant les trois premiers mois de grossesse.
  • Alimentation : dire seulement que l’huile essentielle participe à l’élaboration de suaves parfums et liqueurs (Chartreuse, Curaçao, etc.) ne peut absolument pas suffire à satisfaire la curiosité que l’on exprime légitimement à l’endroit de la cardamome dans son entièreté. En elle-même, elle porte la puissance gustative et suavéolente nécessaire pour satisfaire les nez les plus encombrés, les palais les plus blasés. En Inde, sa terre natale, la cardamome est l’un des nombreux ingrédients qui entrent dans la constitution du garam masala et du curry (je ne me vois pas ne pas faire participer la cardamome à un curry maison à chaque fois que j’en fait un), et à bien d’autres poudres d’épices dont la notoriété n’est pas parvenue jusqu’à nos oreilles occidentales, colombo entre autres, parmi les plus connues, mais il en existe beaucoup d’autres, chaque région ou seulement localité étant le reflet d’un usage particulier, ce qui explique qu’il existe non pas une mais des centaines de recettes de poudre de curry par exemple. Et cela est bien : chacune d’elle dit, à sa manière, l’identité d’un territoire. Nous autres Occidentaux connaissons aussi ce phénomène, bien entendu. Le temps et l’espace sont de bons vecteurs d’évolution et de transformation. Partout où le marchand, quel qu’il soit, a posé ses pas, la cardamome a pu imprimer sa marque olfactive et gustative à tous ces peuples rencontrés en chemin. Par exemple, elle est largement utilisée dans bien des pays d’Asie, comme épice condimentaire, et dans la cuisine du Moyen-Orient pour des raisons identiques. Là, ainsi qu’en Afrique (comme en Éthiopie), on la convie pour aromatiser le café (simple ou turc), de même qu’on procède en bien des régions indiennes, Cachemire entre autre, pour parfumer le thé. En Europe, elle demeure peu employée, sauf, de manière régulière, en Scandinavie, où elle est autorisée à parfumer les pains fantaisie, les pâtisseries et les sauces. En Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, dans le nord de la France, on la trouve dans la pâte de ces biscuits secs que sont les spéculoos, dans lesquels elle tient la vedette avec la cannelle (on y trouve aussi de la muscade, du clou de girofle et du poivre blanc). Par ailleurs, elle est employée de façon parcimonieuse dans l’élaboration de recettes qui nous renvoient loin dans le temps : l’hydromel, l’hypocras, le pain d’épices encore.
  • Il existe aussi une cardamome blanche, mais elle ne présente que peu d’intérêt. Si elle est blanche, c’est qu’il s’agit de cardamome verte ayant subit un traitement chimique au dioxyde de soufre. Autant dire qu’elle est loin d’être indispensable.
  • Autres espèces :
    – la cardamome en grappe (Amomum compactum),
    – la cardamome brune (Amomum subulutum),
    – la cardamome blanche (Amomum kravanh),
    – la grande cardamome noire (Elettaria cardamomum var. maxima),
    – la cardamome médicinale (Amomum villosum),
    – la cardamome globuleuse (Amomum globosum),
    – la cardamome éthiopienne (Amomum corrorima).
  • Faux-ami : en Inde, l’on croise l’upakun’c’ikâ, à qui l’on a donné le surnom de grande cardamome. Cette appellation, que l’on doit aux anciens droguistes, est trompeuse, de même que cet autre nom – graine de paradis – dont on affuble la plante. La grande cardamome n’est pas autre chose que la maniguette, autre plante de la famille des Zingibéracées. Cette confusion est d’autant plus étonnante que la maniguette n’appartient pas au sous-continent indien, étant d’origine africaine.
    _______________
    1. Petit Albert, p. 285.
    2. Henri Leclerc, Les épices, p. 57.

© Books of Dante – 2020

2 réflexions sur “La cardamome (Elettaria cardamomum)

  1. Bonjour à vous !

    Est-ce nouveau le volet “Propriétés psycho-émotionnelles et énergétique “, avec application aux méridiens ?

    Je trouve cela génial !

    Merci pour vos courriels 🌸

    Deborah Sent from my iPhone

    >

    Aimé par 1 personne

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