La lampourde (Xanthium strumarium)

Synonymes : glouteron, petit glouteron, petit gletteron, gratteron, grapelle, grosse pagode, petite bardane, fausse bardane, herbe aux écrouelles.

Lampourde. Rigolo, comme nom ^^. Il provient de l’occitan lamporda, issu lui-même du latin lappa qui servait à désigner autrefois la bardane (la grande bardane, à travers son actuel nom scientifique latin en conserve le souvenir : Arctium lappa). Et cet étrange nom latin – xanthium – dont on s’est servi au XVIII ème siècle (Linné, 1753) pour fixer la lampourde dans le marbre de la taxinomie binominale. Xanthium, donc. Il provient du grec xanthios, mot faisant référence à la couleur jaune, et ce même mot servait, durant l’Antiquité gréco-romaine, à identifier une plante tinctoriale dont l’intérêt consistait à fournir une teinture capillaire blonde. On s’est posé la question de savoir si ce xanthion correspondait à la lampourde, mais sur ce point, les avis divergent. Certains disent que non, puisque, selon eux, les lampourdes sont originaires d’Amérique du Sud, on expliquerait donc difficilement ce qu’elles seraient venues faire en pleine Antiquité, il y a 2000 de cela. D’autres comme Fournier, même s’ils n’associent pas forcément lampourde et xanthion antique, signalent que la lampourde commune n’est en rien américaine, puisqu’elle existe à l’état spontané dans l’ancien monde. En attendant, en France, la lampourde est présente, surtout au sud d’une ligne Nantes-Strasbourg, s’épanouissant tant à basse altitude que sur les massifs légèrement montueux (j’ai récemment eu la chance d’en voir quelques petites colonies le long de la Saône au niveau de Rochetaillée), prêtant une affection non dissimulée aux sols humides en suffisance (berges sableuses des cours d’eau, proximité des mares, fossés frais, haies), mais également dans des lieux sur lesquels on rencontre aussi d’autres végétaux qui marquent une similarité avec la lampourde, c’est-à-dire ces chénopodes, amarantes ou encore arroches, appréciant donc particulièrement ces lieux incultes que sont les bordures de chemins et surtout les décombres.

La lampourde, astéracée annuelle qui n’excède pas un mètre de hauteur, est constituée d’une tige simple (ou un peu rameuse), rude et épaisse (qui rappelle assez celle du chénopode blanc le plus vigoureux par sa robustesse). Au registre des ressemblances, il est possible de comparer les feuilles triangulaires, longuement pétiolées et grossièrement dentées de la lampourde avec celle du bouleau. En revanche, quand elles prennent l’allure cordiforme à trois lobes obtus, c’est là qu’elles ressemblent assez aux feuilles de bardane, même s’il est vrai que leur aspect pubescent et rugueux au toucher (style papier émeri) renforce cette comparaison.
La lampourde porte des « fleurs d’un blanc verdâtre, axillaires, disposées en petites grappes et occupées supérieurement par les fleurs mâles réunies en tête, et inférieurement par les fleurs femelles, moins nombreuses, mais plus apparentes » (François-Joseph Cazin, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes, p. 518), parce que pistillées. C’est assez bien souvent le cas : fleurs mâles petites et nombreuses, fleurs femelles grosses et moins fréquentes. Ainsi peut-on les voir chez la lampourde de juillet en octobre, surtout les femelles, sans corolle, groupées par deux au maximum, sous la forme d’un involucre épineux, akène épizoochore, qui formera le fruit par la suite, lequel contient deux semences. Ovoïde et épineux, au premier coup d’œil, c’est au datura stramoine auquel j’ai pensé quand j’ai été pour la première fois confronté à la lampourde, bien qu’elles se rapprochent davantage des teignes de la bardane.

La lampourde en phytothérapie

La lampourde appartient à cette famille de plantes médicinales dont on dit succinctement qu’elles possèdent les mêmes propriétés thérapeutiques que telle ou telle autre plus connue, plus illustre, plus etc., la réputation de cette consœur de renom devant assurer à ses succédanées une relative protection et notoriété. Ainsi, la lampourde est-elle un succédané des deux principales bardanes médicinales, la grande (Arctium lappa) et la petite (Arctium minus), comme s’il s’agissait là d’un évident sauf-conduit, laissez-passer à tout le moins. Pourquoi donc se casser la nénette à établir des valeurs biochimiques rigoureuses dans ce cas ?
Première évidence aisément vérifiable : les feuilles de lampourde possèdent une saveur astringente et amère. Fournier communique néanmoins quelques données chiffrées : matières protéiques (36 %), sucre (saccharose : 3 %), matières grasses (38 %), résine et essence aromatique. Ce qui donne un aperçu bien léger quant à la composition biochimique de la lampourde. Dans les semences ont été isolées deux substances apparemment propres à la plante du jour : tout d’abord de la xanthostrumine, d’autre part un carboxyatractyloside du nom de xanthostrumarine.

Propriétés thérapeutiques

  • Diurétique, dépurative
  • Sudorifique
  • Antiscrofuleuse
  • Résolutive

Usages thérapeutiques

  • Troubles du système circulatoire lymphatique : adénopathie cervicale tuberculeuse chronique ou écrouelles (= scrofules)
  • Troubles de la sphère vésico-rénale : catarrhe vésical, gravelle
  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : diarrhée
  • Affections cutanées chroniques (dartre), « lèpre »
  • Goitre
  • Fièvre intermittente

Modes d’emploi

  • Infusion vineuse de feuilles fraîches.
  • Macération vineuse de feuilles fraîches.
  • Décoction de feuilles fraîches.
  • Extrait de feuilles fraîches.
  • Suc frais de la plante entière (sauf parties souterraines).

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • La lampourde n’est pas cataloguée parmi les plantes toxiques pour l’homme, mais pour les animaux, oui : c’est du moins le cas chez la vache et le mouton pour lesquels elle détermine divers troubles dont vomissements, faiblesse et ataxie, convulsions, paralysie cardiaque, enfin coma.
  • Autres espèces : la lampourde à gros fruits (Xanthium orientale), la lampourde épineuse (Xanthium spinosum), la lampourde blanche (Xanthium albinum), etc.

© Books of Dante – 2019

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