Huile essentielle de niaouli (Melaleuca quinquenervia)

Synonymes : arbre à peau, arbre à papier (= paper bark tree, broad-leaved paper), yauli (Nouvelle-Calédonie), kinim-drano (Madagascar).

Dans le Figaro du mardi 8 septembre 1896, le journaliste Émile Gautier (1853-1937) écrivait ceci : « On trouve, à ce qu’il paraît, à la Nouvelle-Calédonie, un tas de produits qui ne se trouvent nulle part ailleurs, pas même en Australie. Parmi ces produits auxquels la grande île océanienne doit le meilleur de son originalité, une mention spéciale appartient à un nouveau produit chimique – mettons une drogue sui generis – qui pourrait bien, si j’en crois mes ‘tuyaux’ personnels, faire pas mal de tapage dans le monde où l’on tousse. » Ce produit, c’est – comme nous l’apprend le titre de cet article – le goménol. Mais qu’est-ce donc que le goménol ?

Aux environs de 1887, l’industriel français Jules Prévet (1854-1940), qui fait dans la conserverie de légumes et de viandes, tente l’aventure en se rendant en Nouvelle-Calédonie, territoire acquis à la France en 1853. C’est à lui qu’est confiée la toute nouvelle conserverie créée près de la petite ville de Gomen (aujourd’hui, Kaala-Gomen, située à 356 km au nord de Nouméa). Il « observe que la cueillette du café, répandue dans cette partie de l’île, donne lieu à des blessures chez les cueilleurs locaux qui, pour se soigner, mâchent des feuilles de niaouli […], puis mettent cet emplâtre de fortune sur les plaies pour éviter l’infection » (1). S’étant assuré de l’efficacité de ce remède, Prévet revient en France et confie à deux scientifiques, Bertrand et Gueguen, la tâche d’étudier l’essence de niaouli à laquelle ils finissent par attribuer des vertus cicatrisantes, anesthésiques et antiseptiques, soit celles dont usent empiriquement les indigènes de la Nouvelle-Calédonie. De fait, dès le 2 mai 1893, la marque « goménol » est déposée au tribunal de commerce de Paris, une appellation que Prévet explique ainsi : « Comme c’est dans un domaine de Nouvelle-Calédonie appelé Gomen que j’ai commencé à distiller cette essence, et que d’autre part, dans les pays de langue anglaise, on désigne sous le nom de gum tout ce qui est résine ou essence, l’idée m’est venue de chercher une appellation qui francise ce nom gum et qui rappelle aussi la localité où le Goménol a été tout d’abord produit. » S’ensuivit une commercialisation à grande échelle d’essence de goménol et de produits dérivés, nombreux puisqu’on compte des baumes, des onguents, des pommades, des ovules, des suppositoires, des huiles, savons, dentifrices, etc. Et il ne s’agit pas là d’une seule question de cameloterie de foire, puisqu’une ample communication scientifique, via brochures, formulaires et expositions, est consentie pour faire valoir le goménol qui est, en réalité, une huile essentielle de niaouli rectifiée : on lui a ôté ses aldéhydes. Il ne s’agit donc pas d’une huile essentielle 100 % pure et naturelle telle qu’on exige qu’elle soit généralement de nos jours. Il n’en reste pas moins que, thérapeutiquement parlant, le goménol, cet arbre qui cache la luxuriante forêt des produits goménolés, recouvre l’ensemble de ce qui, peu ou prou, justifie encore aujourd’hui l’usage de cette huile essentielle, à savoir : les affections gynécologiques et celles des voies tant urinaires que respiratoires. Mais Prévet, qui n’est jamais qu’un industriel libéral et opportuniste, n’est cependant pas le « découvreur » du niaouli, simplement son plus fervent vulgarisateur. Le genre Melaleuca, auquel appartient le niaouli, a été décrit par Linné en 1767, mais ces arbres restèrent peu connus en Europe, quand bien même des explorateurs français récoltèrent différents extraits de plantes issues de cette famille botanique, les Myrtacées. Mais on ne distille pas le niaouli avant 1862. Quand c’est fait, cela n’obtient pas le moindre succès. En fait, et plus probablement anecdotique, aucune suite n’est donnée à ce premier essai répertorié par l’histoire. En 1869, les choses se précisent un peu plus nettement : Bavay, pharmacien militaire de première classe de la Marine, présente une thèse portant sur l’huile essentielle de niaouli et sur l’anacardier. Au sujet de la première, il écrira : « Je ne sais si, comme on le suppose, l’essence de niaouli est appelée à un avenir quelconque, soit médical, soit industriel ; mais à coup sûr, si cet arbre ne devient pas une source d’aisance pour la Nouvelle-Calédonie, cela ne l’empêchera pas d’avoir été une précieuse ressource pour ses premiers habitants. » Néanmoins, ajoute-t-il, « je serais heureux si je pouvais appeler l’attention sur un produit qui a, je crois, quelque valeur. » Bien que finalement entendues, ces paroles ne furent pas immédiatement suivies d’effets, puisque ce n’est que 50 ans après la thèse de ce pharmacien que débute, sous la dynastie Prévet, la véritable production industrielle d’huile essentielle de niaouli, qui augmentera constamment jusqu’en 1939, où l’entrée en guerre de la France provoquera une chute brutale de la production durant toutes les années du conflit, jusqu’à ce qu’elle reprenne pour quelque temps, de 1946 à 1950 environ, avant de péricliter jusqu’au début des années 1990, date à laquelle la production, très faible, l’est davantage que durant la Seconde Guerre mondiale. Cela s’explique en partie par la concurrence du cajeput, puis de l’arbre à thé, qui mènent une vie rude au niaouli dont le nombre de compositions magistrales pharmaceutiques qui contiennent de son essence ne cesse de chuter dès 1975 pour finir par s’effondrer en 2003.

D’un point de vue botanique, le niaouli, à la silhouette tortueuse parce que son tronc est à l’avenant, oscille (sous le vent… ^^) entre quatre et douze mètres de hauteur (il lui arrive parfois de parvenir à près de 25 m… plus pratique pour contempler les embruns). Dans son nom latin, Melaleuca, l’on peut lire une autre de ses caractéristiques morphologiques : en effet, ce mot se scinde en deux racines grecques, mela signifiant noir et leuca blanc. Le niaouli est donc un blanc-noir (ou l’inverse). Mais qu’est-ce à dire exactement ? Cela tient simplement à la blancheur du tronc qui contraste avec le feuillage foncé du niaouli, qui est constitué de feuilles persistantes, brillantes et très odorantes lorsqu’on les froisse (plus jeunes, les feuilles présentent un aspect blanchâtre, soyeux à duveteux). Et ces feuilles lancéolées de 5 à 10 cm de longueur expliquent à elles seules l’adjectif quinquenervia que l’on peut traduire en français par pentanervé, c’est-à-dire nervuré cinq fois : l’examen des feuilles de niaouli révèle bien cinq nervures longitudinales sur chacun des limbes de ces feuilles. Maintenant, si l’on jette un œil à l’écorce présupposément blanche du niaouli, l’on observe que cet effet vaut surtout à grande distance. De près, c’est tout différent. Blanchâtre plus ou moins, avec des traînées fauves de rouille, cette écorce se distingue par des couches laminées nombreuses qui desquament au fur et à mesure, les couches les plus profondes, sous leur poussée, éventrant presque les couches supérieures qui résistent aux fréquents feux de brousse, cette écorce, dont le suber est de liège, étant, de fait, ignifugée. Les inflorescences terminales du niaouli s’apparentent à des goupillons rince-bouteilles : longues de 4 à 8 cm, elles se composent de paquets de fleurs blanches (ou blanc crème) groupées par trois, tout hérissées de très nombreuses étamines.
Originaire de Nouvelle-Calédonie (il semble aussi être natif en Nouvelle-Guinée, ainsi qu’au sud-est de l’Australie), le niaouli est un arbre rustique, assez peu exigeant, qui se contente soit des sols en zones humides (estuaires, marécages, zones inondables…), soit de la brousse ou de ce que l’on appelle la savane à niaouli qui apparaît après défrichement et feux de forêt. Si telles n’avaient pas été ses préférences, il n’occuperait pas à lui seul 40 % de la surface du territoire néo-calédonien, soit 7400 km². De Nouvelle-Calédonie, le niaouli s’est propagé à l’Asie (Indonésie, Malaisie, Philippines, Vietnam) et à l’Afrique (Égypte, Bénin, Cameroun, Ouganda, Kenya, Tanzanie, Madagascar). Dans ces pays, le niaouli est cultivé pour des raisons fort différentes : le bois (matériau d’œuvre, construction, charbonnage…), le miel (les fleurs du niaouli sont très mellifères), l’huile essentielle (à destination de la parfumerie dès 1880 environ, puis de l’aromathérapie). Mais il y a fort à parier que l’ensemble de ces pays n’aura pu tirer parti du niaouli aussi bien que le peuple kanak pour lequel cet arbre représente un emblème particulièrement cher. Redonnons la parole à notre journaliste du Figaro : « Les Canaques prêtent au ‘niaouli’ toutes sortes de vertus extraordinaires, notamment celles de retaper les muscles courbaturés, d’assainir les marécages et de désinfecter les eaux malsaines ; ils lui attribuent, en tous cas, le secret de leur vigueur et de leur endurance, et ils ne boivent jamais d’une eau suspecte sans y avoir fait infuser une pincée de feuilles de ‘niaouli’ » (2). Cette infusion peut aussi être de nature théiforme et consister, comme avec l’arbre à thé, en un succédané de thé, tandis que ces mêmes feuilles remplacent aisément celles du laurier en cuisine comme matière condimentaire aromatique. Quant à l’écorce, on en enveloppait traditionnellement les nouveaux-nés afin que l’arbre imprime en eux la force et la protection, ce que perpétue cette même écorce dans la vie de tous les jours, puisqu’elle forme les toitures des habitations et en couvre les murs.

L’huile essentielle de niaouli en aromathérapie

Le niaouli est un arbre à l’importante instabilité morphologique. Il en va de même de son huile essentielle. Comme nous l’avons vu plus haut, il a été implanté pour diverses raisons en maints lieux différents et, de même que le camphrier de Bornéo qui tantôt devient bois de hô, tantôt ravintsara, le niaouli se permet le tour de force de largement modifier sa composition biochimique selon l’endroit où il s’épanouit. En Europe, on connaît l’exemple fameux du romarin officinal qui permet de s’initier à la notion de chémotype (ou chimiotype : les deux se valent et s’abrévient CT). Cela fonctionne pareillement avec les huiles essentielles de niaouli. Sans trop entrer dans un dédale de détails, établissons quelques données synthétiques :

    • En Nouvelle-Calédonie :
      – CT 1 : à monoterpènes
      – CT 2 : à oxydes (1.8 cinéole)
      – CT 3 : à sesquiterpénols (viridiflorol) et monoterpènes (α-pinène)
    • En Australie :
      – CT 1 : à monoterpénols (linalol) et sesquiterpénols ((E)-nérolidol)
      – CT 2 : à oxydes (1.8 cinéole) et sesquiterpénols (viridiflorol)
    • A Madagascar :
      – CT 1 : à oxydes (1.8 cinéole) et monoterpènes (α-pinène, limonène)
      – CT 2 : à sesquiterpénols (viridiflorol)
      – CT 3 : à sesquiterpénols ((E)-nérolidol)

Comme il est aisé de le constater, tout cela représente une très large palette sur laquelle on distingue néanmoins des familles moléculaires récurrentes : oxydes, monoterpènes, sesquiterpénols et monoterpénols. Parmi les molécules, ont été souvent répétés les noms suivants : 1.8 cinéole, viridiflorol (E)-nérolidol, α-pinène. Les données chiffrées qui vont maintenant suivre établissent un profil biochimique moyen (d’où les assez larges fourchettes parfois observables) :

    • Oxydes : 1.8 cinéole (35 à 65 %)
    • Monoterpènes : α-pinène (6 à 15 %), β-pinène (2 à 3 %), limonène (4 à 9 %), γ-terpinène (1 %)
    • Sesquiterpènes : β-caryophyllène (1 à 2,5 %)
    • Esters : 1,5 %
    • Monoterpénols : α-terpinéol (5 à 14 %)
    • Sesquiterpénols : viridiflorol (2 à 10 %), (E)-nérolidol (1 à 8 %)

A cela, n’oublions pas d’ajouter une faible (mais néanmoins puissante) fraction d’un ester soufré qui donne aux narines non averties l’impression d’avoir affaire à un œuf pourri. Je dois avouer qu’au premier achat d’une huile essentielle de niaouli il y a plus de dix ans maintenant, la répulsion fut vive et immédiate. Aujourd’hui, après être passé il y a deux ou trois ans par une phase de tolérance tout juste polie, je suis maintenant dans l’acceptation et ne suis pas loin de lui trouver un certain charme. Elle demeure ma rencontre aromatique la plus violente à ce jour, et elle en dit, je pense, davantage que l’abandon que préconisent certains olfactothérapeutes au sujet des huiles essentielles « non aimées », comme ils disent. Oui, ne pas se colleter avec ce qui nous pose problème, j’appelle ça un abandon.
Cette huile essentielle liquide, limpide, mobile, incolore à jaune très pâle, s’obtient en distillant les rameaux feuillés à la vapeur d’eau durant une à trois heures, ce qui, selon la saison et les talents du distillateur, permet d’obtenir un rendement assez souvent situé entre 0,7 et 2 %>.

Propriétés thérapeutiques

L’huile essentielle de niaouli est très polyvalente : c’est la lavande du Pacifique, si je puis dire.

      • Anti-infectieuse : antibactérienne (Staphylococcus aureus, Streptococcus pneumoniae, Escherichia coli, etc.), antifongique (Aspergillus niger, Aspergillus ochraceus, Fusarium culmorum, Microsporum gypseum, Sacharomyces cerevisiae), antivirale puissante (grippe, Herpes simplex de type I, Herpes simplex de type II), antiseptique atmosphérique, pulmonaire, intestinale et urinaire
      • Immunostimulante
      • Expectorante, mucolytique, anticatarrhale, décongestionnante nasale et respiratoire
      • Anti-inflammatoire, analgésique, antalgique, antirhumatismale
      • Antispasmodique
      • Décongestionnante et tonique veineuse, décongestionnante et tonique lymphatique, phlébotonique
      • Antidysentérique, vermifuge intestinale
      • Tonique cutanée, stimulante tissulaire, cicatrisante, antiprurigineuse, radioprotectrice
      • Équilibrante nerveuse et du système neurovégétatif
      • Oestrogen like
      • Insectifuge, antiparasitaire (3)

Usages thérapeutiques

        • Troubles de la sphère respiratoire + ORL : bronchite (simple, chronique, fétide, grippale), rhume, pharyngite, rhinopharyngite, laryngite, catarrhe pulmonaire, coqueluche, pneumonie, otite, sinusite, angine, asthme, asthme allergique, tuberculose pulmonaire (4)
        • Troubles de la sphère cardiovasculaire et circulatoire : varice, hémorroïdes, insuffisance lymphatique, jambes lourdes, artérite, artériosclérose, fragilité capillaire
        • Troubles de la sphère urinaire : cystite, urétrite, prostatite
        • Troubles de la sphère gynécologique : métrite, endométrite, leucorrhée, herpès génital, infection puerpérale, oligoménorrhée, aménorrhée, prévention des troubles de la ménopause, dysplasie du col de l’utérus, condylome acuminé (5), candidose vaginale
        • Troubles de la sphère gastro-intestinale : gastrite, colite, entérite, dysenterie, parasites intestinaux, diarrhée cholériforme, fièvre typhoïde
        • Troubles locomoteurs : rhumatisme chronique, douleurs musculaires et articulaires, crampe musculaire
        • Affections cutanées : plaie, plaie atone, plaie infectée (voire sur-infectée), plaie opératoire, ulcère, abcès, escarre, dartre, panaris, acné, psoriasis, molluscum (6), furoncle, mycose cutanée, zona, herpès labial, démangeaison, piqûre d’insecte, brûlure (premier et deuxième degré), radiodermite (7), coup de soleil (à appliquer aussi bien avant qu’après), peaux fatiguées, teint terne, marques de lassitude sur le visage
        • Faiblesse immunitaire, prévention des épidémies, asthénie physique, nerveuse et mentale, manque de tonus, épuisement, apathie
        • Troubles du système nerveux : stress, nervosité, trac, angoisse, instabilité psychique
        • Douleurs dentaires (en compagnie des huiles essentielles de clou de girofle, de laurier noble, de menthe poivrée)

D’un point de vue énergétique et psycho-émotionnel

Dans un livre de Michel Odoul et d’Eslke Miles (La phyto-énergétique : stimulez vos points d’acupuncture par les huiles essentielles) que je consulte souvent dès lors qu’il est question des huiles essentielles liées aux énergies méridiennes, il est écrit, page 167, que les auteurs considèrent comme particulièrement appropriée l’huile essentielle de niaouli en direction du méridien du Poumon, élément Métal, que nous avons abordé en long, en large et en travers via l’article portant sur l’huile essentielle de bois de rose. A cette huile-là, ils ajoutent les prévisibles ravintsara et eucalyptus radié, huiles essentielles dont les actions broncho-pulmonaires et ORL ne sont plus à prouver. Mais à la différence de ces deux produits, il appert que le niaouli répond ici à un objectif double : son implication pulmonaire, mais également ce que l’on attend généralement de lui sur l’interface cutanée qui forme, du système respiratoire, la partie la plus visible. Notons que ravintsara et eucalyptus radié, à elles seules, ne permettent pas la réunion de ces deux facettes. Pour ce faire, il faudrait leur associer une huile essentielle de katrafay par exemple.
L’autre intérêt du niaouli, c’est que, tout comme pour nous autres le laurier noble, il s’applique à la gorge et surtout au chakra qui y siège, Vishuddha. C’est par ce moyen que l’huile essentielle de niaouli, qui permet un soutien, voire un étayage, intellectuel, mental et psychique, clarifie, éclaircit les idées comme l’on dit, dissipant les paroles de leurs approximations, parfois vénéneuses, vaines et inutiles scories (le niaouli est l’ennemi de la langue de bois, qu’on s’en souvienne). Une fois de plus, elle ressemble beaucoup au laurier noble, dans le sens où cette huile essentielle équilibre en cas de manque de contrôle émotionnel, de dispersion, d’éparpillement, de confusion et de labilité, c’est-à-dire d’instabilité au point de vue émotionnel et affectif. Tout au contraire de ces désordres et égarements, le niaouli favorise le travail intellectuel, stimule la mémoire et soutient la concentration.
Enfin, par l’intermédiaire de son implication sur le méridien du Poumon, l’huile essentielle de niaouli permet aux personnes influençables de résister face aux énergies pour elles négatives. Effectivement, comme le souligne Le guide de l’olfactothérapie, l’huile essentielle de niaouli aide à se battre contre « ce envers quoi nous sommes parfois perméables. Elle peut aussi être une excellente ‘protection’ […] contre les gens envahissants et autres vampires énergétiques… » (8).

Modes d’emploi

      • Voie orale.
      • Voie cutanée : diluée ou pure. La tolérance cutanée est excellente chez les huiles essentielles de niaouli peu riches en 1.8 cinéole, ne provoquant pas d’asséchement cutané. Rappelons que le niaouli, l’eucalyptus, etc. sont des arbres qu’on a souvent plantés, dans le sud de la France dès les années 1860 en ce qui concerne le second, dans le but d’assécher les zones marécageuses. De même, le 1.8 cinéole se comporte comme s’il « aspirait » l’eau.
      • Inhalation humide, olfaction au flacon.
      • Diffusion atmosphérique.
      • En bain, dans une base de dilution adaptée (solubol, disper, etc.).

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

      • L’huile essentielle de niaouli est un produit qui ne pose pas de problèmes particuliers. On la maniera néanmoins avec un peu de prudence durant les trois à quatre premiers mois de la grossesse. Par ailleurs, elle reste déconseillée chez l’enfant de moins de sept ans, surtout à l’approche du visage et de la zone nasale. En revanche, le niaouli doit être banni dans les cas de maladies inflammatoires du tractus gastro-intestinal et des voies biliaires. De même, sa propriété oestrogen like en contre-indique l’usage dans les cas de cancers hormonaux dépendants.
      • Le 1.8 cinéole présent dans les huiles essentielles de niaouli de mauvaise qualité (comme cela arrive parfois), peut irriter les voies respiratoires et provoquer chez l’asthmatique une soudaine crise d’asthme. De plus, le 1.8 cinéole peut rendre convulsivante cette huile essentielle à hautes doses, surtout si sa proportion dépasse 70 %, ce qui n’est pas si fréquent que cela, il faut bien en convenir.
      • Le niaouli est, comme nous l’avons dit, un Melaleuca, un parmi plus de 250 autres. Dans cette longue liste, nous en comptons quelques-uns bien connus de l’aromathérapie :
        – l’arbre à thé (Melaleuca alternifolia),
        – le cajeput (Melaleuca cajeputii),
        – la rosalina (Melaleuca ericifolia),
        – le mélaleuque à feuilles linéaires (Melaleuca linariifolia).
        _______________
        1. Bruno Bonnemain, Revue d’histoire de la pharmacie n° 341, 2004, p. 152.
        2. Article entier en lecture libre ici.
        3. L’huile essentielle de niaouli assure une protection intégrale pendant huit heures contre Aedes aegypti responsable de la dengue, Anopheles stephensi responsable du paludisme et Culex quinquefasciatus responsable de l’encéphalite de Saint-Louis. Tous trois sont des moustiques porteurs de virus (Aedes aegypti, Culex quinquefasciatus) ou de parasite (Anopheles stephensi) qui sont transmis à l’homme lors d’une piqûre.
        4. Le bacille tuberculeux est neutralisé par l’huile essentielle de niaouli dans la proportion de 0,04 %.
        5. Les condylomes acuminés résultent d‘une infection par le virus du papillome humain (VPH). Ils sont contagieux et sont sexuellement transmissibles. Il s’agit en général de verrues bénignes de la taille d’une tête d’épingle. Elles apparaissent sur les parties génitales et ont tendance à se regrouper en prenant un aspect de chou fleur.
        6. Le Molluscum contagiosum résulte d’une infection cutanée par un virus spécifique. Il forme de petits nodules bénins de couleur rouge clair qui affectent généralement les enfants ayant la peau très sèche. Chez les adultes, ils peuvent indiquer une faiblesse immunitaire.
        7. L’huile essentielle de niaouli assure la prévention des brûlures lors des séances de radiothérapie. Elle s’applique au moins 15 mn avant exposition aux rayons, en compagnie des huiles essentielles de lavande aspic et/ou d’arbre à thé qui proposent les mêmes caractéristiques.
        8. Guillaume Gérault, Jean-Charles Sommerard, Catherine Béhar & Ronald Mary, Le guide de l’olfactothérapie, p. 210.

© Books of Dante – 2019

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