Les hysopes : l’officinale (Hyssopus officinalis) et la couchée (Hyssopus montana)

 

A toutes les époques, de l’Antiquité à nos jours, innombrables sont ceux qui vouèrent à l’hysope un intérêt qui trouva, selon les périodes, son apogée ou, au contraire, une désaffection oublieuse de ses vertus. Médecins, botanistes, astrologues, magiciens, cuisiniers, agronomes, etc., beaucoup trouvèrent à dire ou à redire à son sujet, parfois de façon pléthorique. Or, « quiconque rivalise avec les vertus de l’hysope en sait trop », dit un vieux dicton. Est-ce mon cas ? A vous d’en juger :)

Sans surprise, dès lors qu’il s’agit de l’hysope, nous croisons des noms très connus, comme celui d’Hippocrate par exemple, donnant cette plante contre la pleurésie, affection pulmonaire qui va sceller le destin de l’hysope en tant que remède respiratoire majeur, vertu qui s’élargira aux inflammations pulmonaires, aux toux invétérées, aux catarrhes bronchiques. Le constat est très clair : l’hysope purge les poumons de ses humeurs humides et, de plus, évacue des intestins les parasites qui y logent. C’est donc une chasseuse. Mais on peut se demander si cette hysope est bien celle que nous connaissons. « L’hysope est une herbe que tous connaissent », affirme Dioscoride (1), ce qui fera sortir de ses gonds le botaniste français Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) : « Hélas, s’exclame-t-il, il serait mieux de dire que l’hysope n’est peut-être connue de personne ! », critiquant vertement les lacunes descriptives des plantes dont on parlait durant l’Antiquité ou, plutôt, dont on ne parlait pas selon le principe du satis notum. Si le portrait botanique de l’hysope est absent de la Materia medica, il est cependant possible de reconnaître dans le passage qui va suivre une figure thérapeutique fidèle : « Elle a vertu de dessécher et d’échauffer. Cuite avec des figues, de l’eau, du miel et de la rue, et puis bue, elle profite aux défauts du poumon, à la toux ancienne, à l’oppression de poitrine, aux catarrhes et aux asthmatiques. Elle tue les vers du corps […] L’on en mange avec des figues fraîches broyées pour lâcher le ventre […] Elle donne bon teint […] Appliquée avec de l’eau chaude [nda : sous forme de décoction], elle enlève les meurtrissures qui proviennent de coup […] La décoction de l’hysope faite avec du vinaigre (en s’en gargarisant) ôte la douleur des dents. La vapeur de cette même décoction […] résout les ventosités des oreilles » (2). Tout cela est déjà fort admirable et pose de précieux jalons. Du côté des Latins, l’on fait aussi grand cas de l’hysope, que l’on soit médecin (Scribonius Largus), agronome (Columelle) ou gastronome (Apicius). En cuisine, l’hysope, réputée comme aromate, fait partie de la muria des Romains, mélange de persil, de safran, d’aneth, de gingembre, de livèche, de poivre et de sel.

Mais le grec hyssôpos et le latin hyssopus trahissent une origine orientale. Ces deux termes semblent s’inspirer de l’arabe azzof, « plante sacrée » et de l’hébreu esobh, plante tout aussi sacrée et guérisseuse des Nehemiah hébreux. C’est de cette esobh dont on parle dans la Bible, en particulier dans l’Exode (XII, 22). Du sacrifice d’un agneau ou d’un chevreau, l’on conserve le sang : « vous prendrez un bouquet d’hysope, vous le tremperez dans le sang qui sera dans un bassin, et vous arroserez du sang qui sera au bassin, le linteau et les deux poteaux ; nul de vous ne sortira de la porte de sa maison, jusqu’au matin ». Cela devait assurer protection face au « destructeur » et se préserver de la dixième plaie d’Égypte, c’est-à-dire le décès des nouveaux-nés. Quant à la chair de l’agneau, « ils la mangeront avec des pains sans levain, et avec des herbes amères » (3). Ces herbes amères font encore partie du repas de la Pâque juive, à travers l’un de ses plats, maror. Il s’agit, non pas d’hysope, mais de raifort entre autres. Au cours du même repas, l’on croise aussi l’hysope dans le karpas, un plat de légumes aromatisés avec cette herbe : « le karpas est trempé dans de l’eau salée en guise d’assaisonnement. Toutes les populations ont reconnu, très tôt, les propriétés antiseptiques du sel, souvent utilisé dans les exorcismes destinés à chasser les diables. Ici, l’eau salée symbolise les larmes versées en Égypte » (4). Outre la protection, l’hysope a aussi un rôle à jouer dans la purification, l’expiation, le pardon, le repentir et l’humilité, comme l’exprime bien le célèbre Psaumes 51, 9 : « Purifie-moi de mon péché avec de l’hysope, et je serai net ; lave-moi et je serai plus blanc que la neige ». Une fois de plus, l’on constate que l’hysope est une chasseuse, qu’elle expulse (5) les mauvaises humeurs et la vermine, ainsi que les émotions et les sentiment inadéquats.
Comme souvent, les emplois liturgiques, dès lors qu’ils glissent dans le monde profane, flirtent avec la magie. « On a vu dans sa petite silhouette arborescente un arbre en miniature, un résumé du monde végétal, une offrande faite à Dieu sous un petit volume de toute sa création. Aussi l’a-t-on toujours employée pour asperger d’eau lustrale les offrandes, les sacrifices et même les êtres qui ont besoin d’être purifiés. La magie s’en sert pour écarter les présences hostiles à l’œuvre qu’on veut accomplir car, si l’on en croit les traditions, elle est en horreur aux démons » (6). Ce sont des pratiques qui se sont longtemps perpétuées puisque Jean-Baptiste Porta recommandait de flairer l’hysope afin de détourner de soi les enchantements d’amour, et plus récemment, puisque cela se déroulait au XIX ème siècle, au 25 avril, dans la province de Palerme, avait lieu la récolte de l’hysope par les villageoises, « préservatif qui a la propriété d’éloigner de la maison le mauvais œil et toute autre influence magique » (7).

Au Moyen-Âge, c’est surtout pour ses emplois culinaires et médicinaux que l’hysope se distingue. Souvent citée dans le Viandier de Taillevent, l’hysope semble avoir été l’une des plantes favorites de l’auteur anonyme du Mesnagier de Paris, proposant, entre autres, une recette de héricot de mouton assaisonné de persil, de sauge, de macis et d’hysope. Quant à l’armoire à pharmacie, elle ne désemplit pas de la présence de cette plante salutaire, et on la retrouve entre les mains des plus grands : Rhazès, qui conseille sa fumigation comme antiseptique par temps de peste, Trotula, de l’école de Salerne, qui indique l’hysope : « pour froide toux, vault le vin ou ysope et figues sèches ont cuits ». « L’hysope, avec succès, purge les flegmatiques, dit-on encore dans cette célèbre école de médecine ; bouillie avec du miel, aide les pulmoniques ; et par une vive couleur d’un teint corrige la pâleur », dernière propriété reprise à Dioscoride, également véhiculée par Macer Floridus et Albert le Grand, ne négligeant pas l’hysope en tant que remède respiratoire (catarrhe, toux) et digestif (constipation, flatulences, parasites intestinaux), reprenant encore à Dioscoride l’antique indication de l’hysope sur les douleurs dentaires et auriculaires, leur échappant complètement que l’hysope est aussi un remède des yeux comme le soulignera Hildegarde de Bingen (8). Sensible au pouvoir thérapeutique de l’hysope sur les poumons, elle préférera cependant son action sur la sphère gastrique, disant que « l’hysope est plus utile pour celui qui souffre de cette maladie [nda : douleur stomacale] que pour celui qui souffre du poumon » (9). Musicienne et compositrice, Hildegarde prenait aussi grand soin des cordes vocales de son chœur de nonnes, usant de l’hysope quand elles étaient sujettes à l’enrouement. Enfin, soucieuse de pérenniser les rites d’aspersion, elle utilisait l’hysope sur une maladie considérée comme une punition divine au Moyen-Âge : la lèpre.

Les 16 ème et 17 ème siècles, avec Matthiole, Tragus, Fuchs, Lobel, Simon Paulli, Schroder et d’autres encore, perpétuèrent les prescriptions antérieures au sujet de l’hysope, son efficacité sur les affections pulmonaires étant particulièrement mise en avant. Mais certains apportent un peu de neuf, pour le meilleur, comme Paulli qui vante l’utilité de l’hysope sur les coups et les contusions très violentes (coup de sabot de cheval entre autres) et pour le pire, avec Matthiole qui soutient que « l’hysope améliore l’état des épileptiques, surtout prise sept soir de suite » ! (10).

Hysope et médecine traditionnelle chinoise

Le docteur Cazin a ainsi résumé ce que la médecine traditionnelle chinoise pourrait dire à propos de l’hysope : « L’hysope peut être utile dans tous les cas où il s’agit d’exciter les fonctions de la vie » (11). Et la médecine traditionnelle chinoise le confirme : cette plante est tonifiante de l’énergie dans la plupart des méridiens. Erika Laïs, plus précise, annonce que « l’hysope fortifie l’estomac et le tractus digestif ainsi que les poumons et l’ensemble du système respiratoire » (12). Dans cette seule phrase se dessinent trois méridiens : le couple Poumon / Gros intestin attaché à l’élément Métal, et le méridien de l’Estomac régi par la Terre. Chacun de ces méridiens est affecté de troubles d’ordre physiologique :

  • Poumon : pathologies pulmonaires (toux, bronchite, asthme, rhume, refroidissement, troubles de la voix), pathologies cutanées (eczéma, dermatose), perturbation du système immunitaire.
  • Gros intestin : pathologies intestinales (constipation, douleurs abdominales), pathologies cutanées (eczéma, dermatose).
  • Estomac : difficulté digestive, douleur gastrique, inappétence.

Maintenant, voyons quelles perturbations sur le psychisme et les émotions le mauvais fonctionnement de ces trois méridiens peut occasionner :

  • Le Gros intestin est un méridien excréteur, il élimine. En temps normal, il évite les stases, c’est-à-dire les états de stress refoulé, de tension ; dans ces cas-là, on est incapable de lâcher du lest. Or l’hysope est intéressante dans le sens où elle liquide les sentiments d’angoisse, de nervosité ; grâce à elle, on redonne à ce méridien ses deux forces majeures : la décontraction et l’indulgence.
  • Le méridien du Poumon gère les échanges entre le monde environnant et celui qui est nous est propre, notre intérieur. Jouant le rôle de sas, il ne laisse pénétrer en nous que ce dont nous avons besoin, par exemple l’air que nous respirons, filtrant pollens, poussières, microbes et compagnie. Donc, en cas de bon fonctionnement de ce méridien, on est apte à s’opposer avec fermeté à l’ingérence de gens trop curieux, en posant des limites strictes de ce que l’on veut et de ce que l’on ne veut pas par rapport à cette foule qui se ferait un plaisir de vous envahir si jamais vous baissiez la garde. Ce qui arrive. Par exemple, la perturbation du système immunitaire, c’est-à-dire notre système de défense par rapport au monde extérieur, et c’est l’infection assurée. Eh bien, il en va de même avec le manque de volonté, de courage, de souffle, l’on ne parvient plus à se défendre, à repousser les intrus, ces personnes diaboliques qui cherchent à vous sucer le sang, quand ce n’est pas votre temps et/ou votre argent entre autres choses. Les limites volent en éclats, l’on ne se sent plus « entier », c’est-à-dire intègre, et les envahisseurs, tels de vulgaires microbes néanmoins dangereux, entrent dans la place, intrus de nos territoires profonds, sacrés et symboliques. Chaque humain est sa propre église, son propre lieu de culte et son devoir est de ne point laisser un profanateur y pénétrer. Si jamais vous vous sentez vaciller sur ces différents points, ne tardez pas, utilisez l’hysope pour regonfler le méridien du Poumon, tout d’abord parce qu’elle est tonique, stimulante, immunostimulante et que ses propriétés anti-infectieuses font merveille. Et donc, si elle est anti-infectieuse, elle est aussi anti personnes infectes.
  • Le méridien du Poumon est sans doute celui pour lequel l’hysope est la plus utile. C’est beaucoup moins le cas pour celui de l’Estomac, sphère de seconde attribution seulement. Les forces de ce méridien, ce sont l’abondance et la tranquillité. Une somatisation au niveau stomacal peut être le signe que le méridien de l’Estomac subit quelques avaries. Cela peut, bien sûr, s’exprimer par des expériences, des vécus siégeant au niveau des émotions et des sentiments : dans ces cas-là, on se sent débordé, l’on ne parvient plus à terminer quelque chose qui a été entamé et qu’il faut pourtant boucler coûte que coûte, à tel point que cela en devient une obsession qui peut tourner au délire. Arrivé à ce stade, inutile de forcer, cela ne servirait de rien ; bien mieux, faire appel à l’hysope, régulatrice du système nerveux central, elle saura remettre de l’ordre dans tout cela.

Hysope et astrologie médicale

Henri Corneille Agrippa estimait que l’hysope était régie par la Lune, et dominée par Jupiter selon Anne Osmont. Voyons voir qui des deux a raison.
Le Cancer, signe d’Eau, dépendant de l’action de la Lune, peut se trouver bien de l’usage de la chaude hysope. Les couleurs associées à la Lune, le bleu très pâle et le bleu nuit, apparaissent comme un indice, mais c’est surtout

Jupiter, dont la couleur bleue se situe entre ces deux extrêmes, qui rappelle le plus la teinte des fleurs de l’hysope. Le Cancer domine la poitrine et l’estomac, rappelant deux des méridiens que nous avons abordés plus haut. Ainsi, le natif du Cancer est sujet aux troubles du tube digestif pour lesquels l’hysope est recommandée, à plus forte raison quand on sait sa faculté vermifuge et la disposition du Lunaire à se faire parasiter les voies intestinales. Côté respiratoire, on constate chez le Cancer une certaine fragilité pulmonaire (asthme, toux, mucosités excessives), ainsi qu’une sensibilité au froid. Tout cela ajoute à la valeur lunaire de l’hysope, qui intervient dans d’autres troubles affectant le natif du signe du Cancer : dépression, asthénie, neurasthénie, hypotension.

L’astre jupitérien porte son action sur deux signes zodiacaux, le Sagittaire et les Poissons. L’hysope ne peut être d’aucun recours pour le premier, signe de Feu, sujet à l’hypertension. L’hysope étant elle-même hypertensive, elle doit être ici abandonnée. En revanche, pour cet autre signe d’Eau, les Poissons, cette plante est bienfaisante. En effet, ce signe se caractérise par des voies respiratoires et intestinales fragiles. Sujet aux allergies respiratoires (l’hysope est anti-asthmatique), le défaut d’expectoration le guette, d’où il s’ensuit encombrement bronchique par élimination insuffisante des sécrétions, rhume, catarrhe, etc., toutes choses pour lesquelles l’hysope excelle. Enfin, le signe d’eau des Poissons se remarque par l’anémie, la neurasthénie, les états dépressifs, pour lesquels l’usage de l’hysope est justiciable.

En résumé, l’hysope vaut autant comme plante lunaire que jupitérienne (à l’exclusion du Sagittaire).

Botanique

Lamiacée vivace, l’hysope ressemble à un petit buisson ligneux et touffu de 60 cm de hauteur maximum, composé de tiges raides et quadrangulaires portant, beaucoup plus longues que larges, des feuilles à l’aspect lustré, de couleur vert foncé, plus ou moins lancéolées. A l’aisselle de ces feuilles, que nous dirons principales, en naissent d’autres, bien plus petites, sous forme de faisceaux. Au sommet des tiges, de jolies fleurs bleu violacé apparaissent en été, toutes tournées du même côté.
Présente à peu près sur l’ensemble du pourtour méditerranéen (Balkans, Turquie, Proche-Orient, Maroc, etc.), en France, l’hysope se cantonne surtout aux régions du Sud et du Centre. Entre le niveau de la mer et 2000 m d’altitude, elle sait où nicher : coteaux arides et pierreux, sols secs, etc.

Les hysopes en phyto-aromathérapie

D’un parfum agréable dès lorsqu’on froisse doucement leurs feuilles entre les doigts, les hysopes évoquent un parfum mielleux mêlé de poivre, particulièrement prononcé en fin de journée. Leur saveur sèche, aride, chaude, amère et piquante rappelle quelque peu les sols dont s’entichent ces plantes. Connues pour l’essence aromatique qu’elles recèlent, il est bon de ne pas omettre que ces plantes, outre cette petite fraction aromatique (0,3 à 1 % maximum), sont constituées de bien d’autres composants : du tanin (5 %, voire davantage), de la gomme, de la résine, de la choline (2 %), un principe amer que nous avons déjà abordé avec le marrube et la ballote, la marrubiine, un rhamno-glucoside du nom d’hyssopine, de l’acide malique, des composés phénoliques, des flavonoïdes, une saponine, des sels minéraux (soufre, potassium, silice).
Concernant les huiles essentielles d’hysopes, ces données chiffrés mettront en évidence l’immense disparité qui existe de l’une à l’autre :

*: dont pinocamphone, isopinocamphone, thuyone.
**: dont linalol (35 %).

Ardente, l’huile essentielle d’hysope officinale se démarque par sa couleur jaune foncé, sa saveur amère et épicée proche du parfum de la tanaisie, alors que l’huile essentielle d’hysope couchée est généralement incolore voire jaune pâle, d’odeur agréable, fraîche, un tantinet sucrée, suave mélange de lavande fine et de khella (Ammi visnaga).
Que ce soit en phytothérapie ou en aromathérapie, ce sont les sommités fleuries de ces deux plantes qui nous intéressent.

Propriétés thérapeutiques

  • Hysope officinale en phytothérapie : stimulante, tonique, expectorante, mucolytique, fluidifiante des secrétions bronchiques, pectorale, antitussive, digestive, stomachique, vermifuge, diurétique, sudorifique, antiseptique, emménagogue, cicatrisante, vulnéraire, résolutive
  • Hysope officinale en aromathérapie : anti-infectieuse (antibactérienne *, antivirale, antifongique), antiparasitaire, immunostimulante, expectorante, mucolytique, fluidifiante des secrétions bronchiques, anti-asthmatique, tonique, hypertensive, anti-inflammatoire, lipolytique
  • Hysope couchée en aromathérapie : anti-infectieuse (antibactérienne, antivirale), immunostimulante, expectorante, mucolytique, anti-asthmatique, stimulante du système nerveux central, anti-inflammatoire

*: par exemple, cette huile essentielle neutralise le bacille de Koch, responsable de la tuberculose, à la dose infime de 0,02 % !

Usages thérapeutiques

  • Hysope officinale en phytothérapie : troubles de la sphère pulmonaire + ORL (bronchite chronique, catarrhe bronchique, asthme humide, pleurésie, toux grasse, oppression pulmonaire, stase bronchique, angine, amygdalite, otite aiguë ou chronique, tintement d’oreille), troubles de la sphère gastro-intestinale (inappétence, atonie des voies digestives, indigestion, flatulence, colique, gastralgie), affections oculaires (inflammation et ecchymose des paupières), troubles de la sphère gynécologique (leucorrhée, aménorrhée), blessure, entorse, contusion violente, rhumatismes, fatigue, anémie, lymphatisme, pieds froids et endoloris
  • Hysope officinale en aromathérapie : troubles de la sphère pulmonaire + ORL (bronchite chronique ou aiguë, bronchite asthmatiforme, asthme sécrétoire, pneumonie, tuberculose, emphysème, dyspnée, rhume des foins, sinusite), troubles de la sphère gastro-intestinale (dyspepsie, ballonnement), troubles du système nerveux (angoisse, nervosité, agitation mentale), affections cutanées (dermatose, eczéma, plaie, ecchymose, cicatrice, chéloïde, herpès génital), grippe, hypotension, lithiase urinaire, rhumatismes
  • Hysope couchée en aromathérapie : troubles de la sphère pulmonaire + ORL (bronchite chronique ou aiguë, bronchite asthmatiforme, asthme sécrétoire, bronchiolite virale du nourrisson, oppression pulmonaire, rhinopharyngite, rhinite, pharyngite, laryngite, sinusite, otite), troubles du système nerveux (angoisse, nervosité, agitation mentale, difficulté de concentration, dépression nerveuse), douleurs dorsales

Modes d’emploi

  • Infusion prolongée et à couvert d’hysope officinale.
  • Décoction d’hysope officinale.
  • Macération vineuse d’hysope officinale.
  • Alcoolature d’hysope officinale.
  • Sirop d’hysope officinale.
  • Teinture-mère d’hysope officinale.
  • Huile essentielle d’hysope officinale : olfaction, diffusion atmosphérique, voie cutanée diluée, voie orale (sous les conseils et la prescription d’un médecin aromathérapeute).
  • Huile essentielle d’hysope couchée : olfaction, diffusion atmosphérique, voie cutanée diluée, voie orale.

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • Récolte : les sommités fleuries ou l’ensemble des tiges se cueillent à l’époque de la floraison.
  • Séchage : très facile, comme pour la plupart des Lamiacées aromatiques. Après dessiccation, et dans de bonnes conditions de conservation, l’hysope conserve assez longtemps ses vertus.
  • En phytothérapie, l’on prendra soin de ne pas employer l’hysope officinale en cas d’états irritatifs ou inflammatoires : cette plante assèche, inutile d’ajouter du sec au sec. Afin d’endiguer cette « chaleur et siccité du troisième degré », l’on peut joindre à une infusion d’hysope officinale une ou plusieurs plantes mucilagineuse et émollientes (plantain, coquelicot, violette, mauve, guimauve, bouillon-blanc, etc.). Les personnes facilement irritables et nerveuses se prémuniront des effets excitants de l’hysope officinale en en modérant les doses et les fréquences d’utilisation.
  • En aromathérapie, seule l’huile essentielle d’hysope couchée est en vente libre en France. Par précaution, l’éviter durant les trois premiers mois de grossesse, pendant l’allaitement et chez les jeunes enfants (sauf cas très particuliers). Avec l’huile essentielle d’hysope officinale, c’est tout autre chose : elle appartient au monopole pharmaceutique, sa vente est réglementée par le JO n° 182 du 8 août 2007. Déjà démontrée comme épileptisante par Cadéac et Meunier en 1891, chose confirmée par le professeur Caujolle en 1945, l’huile essentielle d’hysope officinale, par ses cétones monoterpéniques, est potentiellement neurotoxique, stupéfiante et convulsivante. Pour rappel, le docteur Valnet avait partagé l’expérience peu scrupuleuse d’un jeune homme à qui avait été prescrit cette huile essentielle et dont il fit un usage inconsidéré. S’ensuivirent de graves incidents. C’est pourquoi cette huile essentielle est très fortement déconseillée chez l’hypertendu, le nerveux, le neurologiquement fragile, le jeune enfant et, bien sûr, chez la femme enceinte (huile essentielle potentiellement abortive) et celle qui allaite. Pour bénéficier pleinement de l’hysope officinale, se tourner en direction de ses emplois phytothérapeutiques (pour l’adulte) ou de son hydrolat aromatique (pour l’enfant), la dernière alternative étant l’huile essentielle d’hysope couchée.
  • La cuisine s’enorgueillit plus fréquemment de thym que d’hysope. C’est fort dommage, parce qu’elle le vaut largement. Ses fleurs fraîches magnifient une salade, de même que ses feuilles, finement ciselées, lesquelles s’ajoutent avec bonheur aux fromages de chèvre, à une omelette, etc. Sèche, l’hysope se marie élégamment aux plats de viandes, de légumes et de céréales. On peut, en compagnie de cannelle, de clous de girofle, de feuilles de mélisse, d’écorce de citron, en constituer d’agréables liqueurs de ménage qui, si elles ne s’approchent pas gustativement de la Chartreuse ou de la Bénédictine, sauront contenter les esprits les plus chagrins.
  • Insectes : l’hysope est courtisée par les abeilles et de nombreux papillons, et repousse la piéride du chou. Utile au potager, l’hysope saura vous ravir par son élégance et sa robustesse.
    _______________
    1. Dioscoride, Materia medica, Livre III, chapitre 26.
    2. Ibidem.
    3. Exode, XII, 8.
    4. Claudine Brelet, Médecines du monde, p. 228.
    5. Expectorante, c’est ce qu’on dit d’elle : terme issu du latin expectorare, « chasser du cœur ».
    6. Anne Osmont, Plantes médicinales et magiques, p. 32.
    7. Angelo de Gubernatis, La mythologie des plantes, Tome 2, p. 175.
    8. L’hysope intervient surtout au niveau des paupières, mais elle est aussi efficace en bain d’œil. Hildegarde disait que l’hysope débarrassait les yeux du brouillard qui les trouble, leur rendant ainsi une clarté lumineuse. Notons le fait que l’huile essentielle d’hysope (officinale ou couchée) agit sur le chakra du troisième œil, siège de la claire-voyance et de la clarté intérieure.
    9. Hildegarde de Bingen, Les causes et les remèdes, p. 212.
    10. Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, p. 516.
    11. François-Joseph Cazin, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes, p. 484.
    12. Erika Laïs, Le livre des simples, p. 82.

© Books of Dante – 2018

2 réflexions sur “Les hysopes : l’officinale (Hyssopus officinalis) et la couchée (Hyssopus montana)

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