L’hydrastis du Canada (Hydrastis canadensis)

Synonymes : hydraste, sceau d’or (= golden seal en anglais), racine orange.

Comme l’hamamélis, l’hydrastis est originaire de l’est de l’Amérique du Nord, peut-être plus septentrional encore que le witch-hazel. Hôte des forêts humides et profondes, des riches prairies montagneuses, l’hydrastis ressemble à s’y méprendre à un pied de ginseng, tant cette plante se configure assez de la même manière, du moins en ce qui concerne les parties aériennes : les tiges de l’hydrastis, ne dépassant pas 30 cm de hauteur, portent de larges feuilles divisées en cinq lobes dentés et gaufrés. Celles-ci sont stériles. Elles sont cependant accompagnées d’un bouquet de tiges fertiles dotées chacune de deux à trois feuilles et d’une unique fleur à trois sépales, de couleur vert blanchâtre, donnant plus tard naissance à un fruit rouge et charnu, assez semblable à une framboise, mais avec laquelle il ne partage pas le caractère comestible.
Les colons, ayant trouvé là une autre panacée, l’exploitèrent tant et si bien que cette récolte excessive mit en danger l’hydrastis. Ayant répété la même erreur qu’avec le ginseng, les Nord-Américains décidèrent donc la culture de cette plante indigène, pour laquelle il ne faut pas compter sur les graines que contiennent ses fruits : la multiplication se fait par division de souche. Le rhizome, déracinée à l’automne après trois années de culture est ensuite séché à l’air libre. Mais, tout comme le ginseng, l’hydrastis est une plante qui se laisse difficilement cultivée. Hormis les cultures effectuées dans son aire d’origine, on a fait des tests en France (Vosges), en Estonie, ainsi qu’en Australie (Tasmanie), mais force est de reconnaître qu’ils ont été de patents échecs.
Cette plante vivace à rhizome noueux et tordu était déjà connue des Amérindiens qui en utilisaient les parties souterraines en vue de traiter blessures, ulcères, irritations cutanées ainsi qu’inflammations oculaires, les Cherokee allant jusqu’à s’en servir dans certains cas de tumeurs.

L’hydrastis du Canada en phytothérapie

Le fait que l’hydrastis appartienne à la famille des Renonculacées doit nous alerter : il fait partie d’un groupe botanique que l’on ne manie pas à la légère, telles que les anémones et autres aconits, et dont de nombreuses représentantes furent autrefois employées en phytothérapie avant de n’être réservées qu’à la seule homéopathie. Mais l’hydrastis, bien que potentiellement toxique, est peut-être l’une des Renonculacées les moins délicates à employer. Son profil toxicologique, il le doit à des alcaloïdes isoquinoléiques, l’hydrastine en tête (autrefois classée dans le tableau A des substances toxiques dont l’achat, la détention, la vente et l’emploi étaient réglés par le décret du 19 novembre 1948). La berbérine, qui doit son nom à celui de l’épine-vinette (Berberis vulgaris) parce qu’elle la contient également, et la canadine sont, elles, beaucoup moins problématiques.
Toutes ces molécules se trouvent au sein du rhizome de couleur jaune d’or et de saveur amère de l’hydrastis du Canada, contenant aussi de la résine, ainsi qu’une essence aromatique. Seule le rhizome fait l’objet d’un usage phytothérapeutiques, les feuilles n’ayant pas, semble-t-il, suscité d’engouement.

Propriétés thérapeutiques

  • Vasoconstricteur des muqueuses génito-urinaires, veinotrope assez proche dans son action de l’hamamélis de Virginie, tonique circulatoire
  • Tonique utérin
  • Anti-hémorragique, hémostatique, astringent
  • Tonique hépatique, cholagogue
  • Stomachique, laxatif doux
  • Anti-infectieux : bactériostatique, voire antibactérien, anti-amibien
  • Anti-inflammatoire
  • Antisudoral
  • Sédatif du système nerveux central, stimulant du système neurovégétatif

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère gynécologique : réduction du flux menstruel, métrorragie, ménorragie (suite à un accouchement, ménopause), congestion du col de l’utérus, leucorrhée, vaginite
  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : atonie gastrique, gastrite, constipation (chez les bilieux), inflammation intestinale, dyspepsie
  • Troubles de la sphère circulatoire : hémorroïde, varice, ulcère de jambe
  • Troubles de la sphère respiratoire + ORL : maux de gorge, inflammation du nez, de la gorge et des oreilles, ozène, otorrhée, catarrhe bronchique
  • Affections buccales : inflammation des muqueuses buccales, aphte
  • Affections cutanées : psoriasis, excoriation, érysipèle
  • Inflammation oculaire
  • Blennorrhée

Modes d’emploi

  • Décoction de rhizome (assez rarement)
  • Teinture-mère
  • Extrait fluide
  • Poudre de rhizome (en gélule)

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • Étant un tonique des muscles utérins, l’hydrastis est formellement déconseillé durant la grossesse. De même, les femmes qui allaitent en éviteront l’emploi, ainsi que les personnes sujettes à l’hypertension.
  • Il a été remarqué que l’usage prolongé de l’hydrastis en interne était susceptible d’empêcher la bonne assimilation de certains nutriments dont les vitamines du groupe B.
  • D’après Jean Valnet, l’hydrastis est un antidote aux intoxications par le chloral.

© Books of Dante – 2017

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