Le cerisier (Cerasus vulgaris) et le merisier (Cerasus avium)

Une légende tenace veut que le cerisier serait originaire d’une ville du Pont, en bordure de la mer Noire, Cérasonte, aujourd’hui Giresum en Turquie, et que cette origine a valu au cerisier son nom latin de Cerasus. Et tout cela, on le doit à Pline : « Auparavant que Lucullus [nda : homme d’état et général romain] eut défait le roi Mithridate, on ne trouvait pas de cerisiers en Italie : mais après cette défaite qui fut l’an 680 après la fondation de Rome [nda : environ – 73 avant J.-C.], il fit rapporter des cerisiers de Ponte et en peupla si bien l’Italie qu’en moins de 120 ans toutes les régions y eurent part jusqu’aux Anglais qui sont outre l’Océan ». A la suite de Pline, nombreux seront ceux qui le reprendront à ce sujet, perpétuant le mythe, à tel point que ces informations fournies par le naturaliste sont si vivaces, qu’on les rencontre encore dans certains ouvrages dédiés aux plantes. C’est très difficilement qu’elle fut déconstruite, malgré le fait que Pline ne soit pas particulièrement connu pour son exactitude. Pourtant, lorsqu’on gratte au-delà des premières apparences, on se rend compte que ce qu’affirme Pline ne tient pas et doit, du moins, être fortement nuancé. L’on sait que 400 ans avant J.-C, le cerisier était cultivé en Grèce, Théophraste en donne une assez bonne description pour qu’il puisse persister un doute à ce sujet ; au III ème siècle avant J.-C., Diphile de Siphnos mentionne même qu’il produit un fruit agréable à l’estomac. Ce qui prouve bien que le cerisier était bel et bien présent en Europe avant même sa soi-disant introduction par Lucullus : « Peut-être, Lucullus n’apporta-t-il de Cérasonte que des greffes ou des arbres dont la qualité du fruit était supérieure à celle des cerisiers sauvages, qui ne fixaient pas l’attention des Romains. Il paraît que le type de presque toutes les espèces de cerisiers aujourd’hui connues existaient dans les Gaules, et ce type est le merisier » (1), mais pas seulement en Gaule, puisque indigène en Europe, des restes fossilisés de merisier furent découverts dans le Tyrol autrichien, ainsi que des dépôts de noyaux abondants dans diverses stations néolithiques. Il n’en reste pas moins que cette adoption du cerisier par les Romains donna lieu à diverses variétés (Aproniennes, Lutatiennes, Juniennes, etc.), et se retrouve encore à l’heure actuelle, ne serait-ce qu’à Pompéi où fresques et mosaïques s’ornent de fleurs et de feuilles de cerisiers.
Tout cela nous ferait presque oublier quelles sont les vertus que l’on accordait aux cerises durant l’Antiquité : « Les cerises mangées fraîches sont utiles pour lâcher le ventre, et les sèches le restreignent. La gomme de l’arbre bue avec du vin et de l’eau, aide à la toux ancienne, donne bon teint, aiguise la vue et provoque l’appétit. Prise en breuvage dans du vin, vaut au mal de la pierre » (2). Tout cela démontre qu’au temps de Dioscoride, soit au Ier siècle après J.-C., l’on connaissait très bien cet arbre. Deux siècles plus tard, Serenus Sammonicus ajoutera que « des cerises cuites et presque desséchées [sont bonnes] contre la diarrhée » (3).

Au Moyen-Âge, le Capitulaire de Villis mentionne l’existence du Ceresarios dans les vergers des biens impériaux. De même, en Suisse, le monastère de Saint-Gall note sa présence.
La cerise, au contraire d’autres fruits, possède un intérêt nutritif certain à l’époque médiévale, comme le confirme le Grand Albert lorsqu’il aborde la question du régime de vie : « pour ce qui est des fruits, ils ne sont pas bons, ni sains, excepté la cerise, le damas [= la prune], etc. » (4). Tout cela me semble encore fort influencé par Galien qui détestait à peu près tous les fruits. Pour Salerne, « la cerise a pour la santé plus d’une bonne qualité. C’est un des meilleurs fruits que produise la terre ; il purge l’estomac, il forme un sang nouveau : et l’amande qu’on trouve en cassant son noyau, délivre les reins de la pierre », ce que Galien avait déjà remarqué, puis, plus tard, Mésué, insistant davantage sur la valeur de l’huile qu’elle contient sur les lithiases tant urinaires que rénales, les douleurs arthritiques, etc. Du côté d’Hildegarde, l’on nous dit le peu d’utilité que l’on accorde à la sève et aux feuilles du Ceraso, mais toute l’importance qu’on attribue à la gomme de cet arbre (maux oculaires et auriculaires), ainsi qu’à l’amande du fruit encore vert dont Hildegarde élaborait un onguent contre les ulcères, et à laquelle elle donnait une vertu vermifuge. En revanche, la cerise ne fait guère d’émules. Selon Hildegarde, elle représente une nourriture sans grand intérêt pour le bien-portant, voire nocive pour le malade qui en mangerait trop. En toute fin du XV ème siècle, l’on croise encore le chemin du cerisier dans deux ouvrages, De l’honnête volupté de Baptiste Platine (environ 1470) et l’Arbolayre (1498) qui, tous deux, reconnaissent au seul noyau des propriétés sur la sphère urinaire. C’est ainsi qu’il est dit lithontriptique, apte à guérir la strangurie et la dysurie…

Siècle après siècle, l’on complète le portrait thérapeutique du cerisier. Au XVI ème siècle, La Bruyère Champier remarque que les cerises ont des effets désaltérants et rafraîchissants, et qu’elles sont ainsi profitables pour apaiser la soif lors des épisodes fébriles. Nicolas Lémery les déclare « cordiales, stomacales, apéritives et propres à adoucir l’âcreté des humeurs ». Au XVII ème siècle, l’on élabore une potion calmante et antispasmodique, « l’eau de cerises noires », particulièrement sédative chez l’enfant en bas âge. Plus tard, « Fernel cite plusieurs exemples de mélancoliques guéris par la décoction de cerises desséchées, et Van Swieten rapporte que des maniaques ont été rendus à la raison après avoir mangé des quantités considérables de ce fruit. On sait que ces affections sont souvent produites ou entretenues sympathiquement par des lésions abdominales et un état de constipation que la propriété laxative et rafraîchissante des fruits rouges peut dissiper », expliquait Cazin au milieu du XIX ème siècle (5).
Jusque là, on a beaucoup parlé de cerises fraîches ou sèches, et il faut attendre la seconde moitié du XVIII ème siècle avant que le médecin suisse Samuel Auguste Tissot ne conseille pour la première fois une recette désormais célèbre : l’infusion de « queues » de cerises.

Il serait bien étonnant qu’un arbre ayant accordé aux hommes autant de bienfaits n’ait pas laissé de traces dans le registre des légendes et des croyances européennes. Mais, qu’on se rassure, c’est bien le cas. Par exemple, dans les pays slaves et germaniques, le cerisier est assez souvent lié à une dimension pour le moins sinistre. En Lituanie, on attribue au cerisier un gardien démoniaque du nom de Kirnis, en Allemagne et au Danemark, d’autres démons font des cerisiers des cachettes dans lesquelles ils restent tapis, attendant de pouvoir jouer de mauvais tours aux promeneurs gourmands ou égarés. Mais le cerisier n’a pas pour seule vertu celle d’effrayer le passant. Il a aussi une valeur protectrice : en France, des rameaux de cerisier étaient suspendus dans les maisons afin d’en éloigner la fièvre. Des pratiques bien singulières investissaient le cerisier de pouvoirs particuliers : aux environs de Noël, à l’aide d’une cordelette de paille tressée, l’on ceinturait le tronc des cerisiers. C’était, nous dit Michel Lis, une manière de « mettre en garde l’arbre, car s’il ne fructifiait pas, il serait abattu ! » (6). C’est, généralement, ce qui arrive aux cerisiers dans ce cas, cordelette de paille ou pas. Mais là n’était pas qu’une bête superstition, puisque cette paille permet à la vermine d’y passer l’hiver. Au printemps suivant, en y mettant le feu, on s’en débarrasse. En Albanie, l’on procédait différemment, pour d’autres buts. Dans les nuits des 23 décembre, 1er et 6 janvier, l’on faisait brûler des rameaux de cerisiers, puis l’on conservait précieusement les cendres issues de cette combustion, afin d’en « féconder la vigne » plus tard. Cela n’avait pas pour but de protéger la vigne contre le phylloxéra comme on a pu parfois le croire, les résultats obtenus avec la cendre pour lutter contre cette maladie ayant été loin d’être encourageants…
Si dans le symbolisme chrétien la cerise représente la récompense de la vertu (7), le calendrier liturgique est ponctué de dates où l’on édicte des interdictions (il n’est pas permis de monter dans un cerisier à la Saint-Jean d’été, 24 juin, et à la Sainte-Marie-Madeleine, 22 juillet), l’on doit se méfier du 23 avril (« Pluie de Saint-Georges coupe aux cerises la gorge ») et du 24 mai (« Saint-Eutrope mouillé fait la cerise estropiée »), dictons à travers lesquels ne sont pas toujours dites des bêtises.
Il y a, au moins, encore deux domaines dans lesquels entre le cerisier : l’amour et la prédiction oraculaire.
Dans la nuit précédant le 1er mai, dans le Nivernais (8), les galants déposaient un rameau de cerisier devant la porte de leur belle, tandis que ceux « désireux de renouveler leur serment [allaient] chaque année suspendre une mèche de cheveux de l’être aimé à un cerisier en fleurs » (9).
Un rituel, qui rappelle assez celui que l’on opérait à l’aide de feuilles de lierre terrestre, mettait en œuvre des copeaux de bois de cerisier au nombre de 81, que l’on jetait à l’eau : s’ils coulaient, cela signifiait que la personne pour laquelle on exécutait ce rituel était encore parasitée par des vers intestinaux, dans le cas contraire qu’elle en était délivrée. C’était, tout de même, un rituel un peu « bidon », sachant que – naturellement – le bois de cerisier flotte à la surface de l’eau, ce qui devait faire du prestidigitateur un devin que l’on ne pouvait contredire.

Tout attendrissantes que puissent être les anecdotes que nous avons passées en revue, le fin du fin doit irrémédiablement nous mener au pays du soleil levant, où le cerisier, à lui seul, est une sorte de religion. Là-bas, le sakura présente une floraison extraordinaire au point qu’elle est devenue un des spectacles naturels des plus prisés, en particulier les 30000 arbres étagés le long du Mont Yoshino, vers lesquels les Japonais se déplacent en masse chaque année afin d’assister au déploiement des fleurs de ces cerisiers. C’est, comme on me l’a récemment appris, un cérémonial qui porte le nom d’Hanami, « regarder les fleurs ». Mais il ne s’agit pas seulement d’agapes frugales au pied de ces arbres, puisque la prodigalité de la floraison des sakuras est un signe propitiatoire de la récolte d’un aliment de base incontournable, le riz. Prosaïquement, beaucoup de fleurs équivaut à une abondance de riz. Il est, là, question de félicité et de prospérité, et, surtout, d’assister à ce qui en préfigure le bon dénouement.
Il ne s’agit pas là que de folklore local, loin s’en faut. Un proverbe japonais dit ceci : « la fleur des fleurs est le bourgeon de la fleur du cerisier, le samouraï est l’homme parmi les hommes ». La cerise est le symbole de la vocation guerrière du samouraï comme l’explique le Dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et d’Alain Gheerbrant. En rompant la chair juteuse de la cerise, on en vient au noyau dur et lisse. Autrement dit, cela signifie faire le sacrifice du sang et de la chair afin d’atteindre la pierre centrale présente en chacun des êtres humains. La fleur du sakura est symbole de pureté, elle évoque la mort idéale, l’idéal chevaleresque (le Bushi), et le détachement – par le biais d’une béatitude intemporelle – des contingences terrestres, du fait de son caractère fragile et éphémère. C’est pourquoi les samouraïs optèrent pour cette fleur comme symbole de leur dévotion, ce qui fait que, parfois, certains katanas possèdent une garde ornée de fleurs de sakura ou bien de cerises. « Certaines fleurs font gloire de leur mort ; les fleurs du cerisier japonais, par exemple, qui librement s’abandonnent aux vents. Quiconque a vu les avalanches odorantes de Yoshino ou d’Arashimaya a pu s’en rendre compte. Un moment, elles voltigent comme des nuées de pierres précieuses et dansent sur les eaux de cristal ; puis, en voguant sur l’onde souriante, elles semblent dire : « Adieu, Printemps ! Nous nous en allons vers l’éternité ! » Cela devrait suffire à faire comprendre quel lien profond unit à ces hommes de fer la tendre fleur livrée au vent, la fleur au joyeux sacrifice et si bien imbue de lumière qu’elle ne projette pas d’ombre » (10).

Botaniquement, le cerisier présente un tronc droit et cylindrique dont la circonférence peut parfois dépasser le mètre. Son écorce, lisse et brillante, est striée horizontalement, alors que son bois de couleur rosée fait le régal des ébénistes. Du tronc démarrent 3 à 5 branches qui se couvrent de rameaux, donnant à la silhouette de l’arbre une tête sphérique qui peut culminer entre 6 et 8 m de hauteur. Au printemps, avant même l’apparition des feuilles, le cerisier se pare de fleurs blanches à cinq pétales, groupées en bouquets de 3 à 10, chacune d’elles étant sertie au bout d’un long pédoncule. Alors que se fanent les fleurs, les premières feuilles apparaissent, ovales et présentant une bordure en dents de scie. Quelques mois plus tard, le cerisier donne des fruits – des drupes – sphériques ou allongés, à noyau lisse, et dont la chair, juteuse et aromatique, est, la plupart du temps sucrée.
On trouve le cerisier sur terrain léger. Un peu de calcaire ne lui fait pas de mal. En revanche, il ne supporte pas les terres trop humides et/ou argileuses.

Au tour du merisier maintenant, Cerasus avium. Avium comme oiseau, puisque sa propagation dépend essentiellement des habitudes alimentaires de certains oiseaux qui, en avalant ses fruits, rejettent plus loin les noyaux. Bien plus grand que n’importe quel cerisier, le merisier peut facilement atteindre 30 m de hauteur. Il a une croissance rapide et une vie courte, une centaine d’années, tout au plus. Extrêmement prolifique à l’époque médiévale – source nutritive alors – il devint si abondant en France qu’une ordonnance royale de 1669 décréta son abattage massif. Sa destruction, comme celle de l’if, faillit être quasi complète. Dévastée, l’espèce s’est pourtant bien remise de ses coups de hache et de scie. A l’heure actuelle, on le trouve en forêt, à proximité des chênes et des hêtres mais ne vit qu’à découvert. Il se situe donc à l’orée de ces mêmes forêts, mais aussi dans les taillis et les clairières, en basse altitude généralement.
Le merisier possède une vaste couronne étalée portée par des branches lisses, de couleur grise quand l’arbre est jeune, puis brun rougeâtre avec le temps. Ses feuilles ressemblent beaucoup à celles du cerisier et, comme elles, présentent des franges finement dentées, mais, autre point commun avec le cerisier, elles n’apparaissent qu’après les fleurs, également blanches et parfumées, en ombelles. La fructification donne lieu aux merises, petits fruits à la chair rouge à noire ornés d’un très long pédoncule, généralement acides et amers.
Il apprécie les sols fertiles assez frais, les sols forestiers calcaires, ainsi que, parfois, des terrains plus acides. En revanche, il lui faut de l’eau.

Précisons que le bigarreautier (Cerasus avium duracina) et le guignier (Cerasus avium juliana) ne sont autres que des variétés horticoles du merisier. Le bigarreau est un fruit à chair blanche ou rouge, croquante, à l’épiderme ivoire tiqueté de rouge. La guigne, elle, est un fruit en forme de cœur à chair rouge, parfois presque noire, très sucrée. Le griottier quant à lui est une variété de cerisier (Cerasus vulgaris var. amara) qui porte de gros fruits aigres et acides, à chair noirâtre et au court pédoncule.
Enfin, derniers caractères particuliers propres à ces deux arbres, cerisiers et merisiers drageonnent, et dans le cas de ce dernier, parfois à plus de 80 m de l’arbre souche ! De vieux cerisiers peuvent parfois présenter une croissance hélicoïdale de leur tronc, singularité que l’on peine encore aujourd’hui à expliquer.

Le cerisier en phytothérapie

Si l’on a dit que toutes les parties du cerisier ont été employées en thérapie, cela est quelque peu exagéré. Par exemple, l’on n’a jamais considéré les fleurs et les feuilles de ces arbres, et assez rarement son écorce, dont on a fait un faux succédané du quinquina, et que l’on vendait mêlée à l’écorce péruvienne dans les officines sous Napoléon Ier. « On trompait à la fois la religion du médecin, s’insurge Cazin, et l’on se jouait de la vie des braves, pour étancher la soif de l’or » (11).
Non, le cerisier est surtout connu pour ses fruits, qui ne sont pas qu’un agréable aliment, et pour ses pédoncules, c’est-à-dire les fameuses « queues » de cerises. Ces pédoncules contiennent du tanin et des phénols tels l’acide salicylique. Quant aux fruits, gorgés d’eau à hauteur de 80 %, ils se remarquent par leur forte teneur en sucre, du lévulose pour la plus grande part (10 à 15 %), un peu de tanin et d’acide salicylique, des acides organiques (1 %), des sels minéraux (0,6 %), enfin des vitamines A, B1 et C. A l’intérieur du noyau de la cerise se trouve une amande contenant de l’amygdaline, un hétéroside cyanhydrique qui, par hydrolyse, libère de l’acide cyanhydrique, une substance particulièrement toxique. Pour finir, rappelons que la gomme résineuse qui sourd du tronc de cet arbre fut autrefois utilisée comme matière médicale.

Propriétés thérapeutiques

  • Le fruit : dépuratif, diurétique, antirhumatismal, anti-arthritique, régulateur hépatique et gastrique, laxatif léger, énergétique (nerfs, muscles), reminéralisant, rajeunissant tissulaire, tonifiant des téguments fatigués, immunostimulant, sédatif nerveux, rafraîchissant, désaltérant
  • Le pédoncule : diurétique, sédatif des voies urinaires
  • L’écorce : astringente, antigoutteuse, fébrifuge légère

Usages thérapeutiques

  • Le fruit : maladies de pléthore (obésité (12), artériosclérose), troubles gastro-intestinaux (constipation, fermentation intestinale, inflammation), troubles hépatobiliaires (ictère, hépatisme, lithiase biliaire), troubles vésico-rénaux (néphrite chronique, lithiase urinaire, goutte, rhumatisme, arthritisme), diabète, états fébriles, retard de croissance, déminéralisation, prévention du vieillissement
  • Le pédoncule : troubles vésico-rénaux (inflammation des voies urinaires, cystite, lithiase urinaire, rétention d’urine, œdème, insuffisance rénale, néphrite, colique néphrétique, arthritisme, goutte), troubles respiratoires (bronchite chronique, toux opiniâtre), diarrhée

Note : après pressage des amandes contenues dans les noyaux, l’on obtient une huile végétale fort utile en cas de dartre, de verrue, de tache cutanée et d’algie rhumatismale.

Note 2 : n’oublions pas les coussins aux noyaux de cerises qui, une fois réchauffés, s’appliquent en cas de douleurs cervicales, de maux de ventre, voire même de colique du nourrisson.

Modes d’emploi

  • Cure de cerises en nature : remplacez chaque repas par ½ kg de cerises fraîches pendant quelques jours. Pour des cas d’obésité et d’arthritisme.
  • Sirop de cerises : comptez 600 g de sucre pour ½ litre de jus de cerises et portez le tout à ébullition. Filtrez. Conservez en bouteille, au frais. Coupée d’eau, il s’agit là d’une boisson particulièrement recommandée en cas de grosses chaleurs, ainsi que pour étancher la soif des malades en proie à la fièvre.
  • Infusion de pédoncules : comptez une poignée par litre d’eau en décoction pendant 10 minutes, à raison d’½ litre par jour. Si vous ne disposez pas de pédoncules frais, vous pouvez toujours utiliser des pédoncules secs après les avoir fait tremper dans de l’eau froide pendant une douzaine d’heures. Remarquons que les pédoncules frais se prêtent mieux à l’infusion, les secs à la décoction.
  • Emplâtre de cerises fraîches (en cas de migraine, pour les soins de la peau).

Précautions d’emploi, contre-indications, autres informations

  • Les cerises sont déconseillées aux personnes souffrant d’entérite. Mieux vaut opter pour le fruit cuit en ce cas, ainsi que chez les dyspeptiques, les enfants, les personnes âgées et toutes celles dont l’estomac est délicat. Quant aux diabétiques, ils pourront en consommer de façon raisonnable.
  • Au Japon, la fleur de cerisier entre dans la composition de nombreux mets : bonbons, beignets, gâteaux (sakura mochi, par exemple), thés, sirops, condiment au vinaigre, etc. Plus près de nous, la cerise, tant crue que cuite, trouve de multiples usages : soupes, tartes, vins, alcools (Kirsch, Marasquin).
  • Il existe un élixir type Bach aux fleurs de cerisier qui se destine aux tempéraments trop pessimistes et maussades, ces personnes qui voient un peu trop le mauvais côté des choses. Aussi peut-on dire que cet élixir redonne le sourire :)
  • Cerisier et merisier surtout sont appréciés pour leur bois de couleur jaune orangé à brun rougeâtre. On en fabrique des meubles, des instruments de musique, de petits objets comme des pipes, etc.
    _______________
    1. Chaumeton, cité par François-Joseph Cazin, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes, p. 248.
    2. Dioscoride, Materia medica, Livre I, chap. 128.
    3. Serenus Sammonicus, Préceptes médicaux, p. 38.
    4. Grand Albert, p. 248.
    5. François-Joseph Cazin, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes, p. 249.
    6. Michel Lis, Les miscellanées illustrées des plantes et des fleurs, p. 41.
    7. L’on voit souvent, comme sur le tableau de Sano di Pietro, La vierge à la cerise (1445), l’enfant Jésus tenir à la main quelques cerises.
    8. Vieille province française correspondant peu ou prou à l’actuel département de la Nièvre.
    9. Michel Lis, Les miscellanées illustrées des plantes et des fleurs, p. 40.
    10. Kakuzô Okakura, Le livre du thé, cité par Anne Osmont, Plantes médicinales et magiques, pp. 145-146.
    11. François-Joseph Cazin, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes, p. 249.
    12. « C’est un ‘trompe la faim’ aussi salutaire qu’agréable pour les gros mangeurs que leur adiposité et l’état défectueux de leurs artères et de leurs reins, condamnent à obéir, en rechignant, aux lois de la frugalité », Henri Leclerc, Les fruits de France, p. 21.

© Books of Dante – 2017

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