Les orties : grande ortie (Urtica dioica) et petite ortie (Urtica urens)

Une colonie de grandes orties

Une colonie de grandes orties

Grande ortie = ortie dioïque, ortie vivace, ortie commune, ortie grièche (de griesche : douloureux, méchant)
Petite ortie = ortie brûlante (de urere, « brûler »), ortie des jardins, ortie piquante, ortie méchante

Patronymes, surnoms, « douces » appellations vernaculaires, etc. Tout ceci ayant été dit, je me propose de vous raconter la délicate histoire d’amour qui unit les orties et l’homme depuis… depuis longtemps. Oui, « depuis longtemps », c’est très bien comme cela, sachant que je possède une incapacité à débuter un article par des expressions aussi surannées que « depuis la nuit des temps » ou que « depuis que l’homme arrache à la glèbe hostile le maigre produit de sa subsistance »… Ici, point de maniérisme maniéré. Donc, depuis longtemps, l’ortie brûle, et je plains très sincèrement le premier homme qui a posé la main sur elle. Mais c’était aussi pour la bonne cause : il fallait bien qu’un jour cette plante pionnière se retrouve face-à-face avec les olibrius que nous sommes, parce que je sais pas vous, mais moi, si j’avais été alors une ortie, j’aurai, en désespoir de cause (tiens ! encore une expression surannée… expurge mon petit Dante, expurge !), fait jaillir de mon être des armes dressées et urticantes. Oui. Expurgeons. Tout comme l’ortie sait très bien le faire, évacuons les poncifs et invitons les éléments pertinents, et remercions, louons le premier homme à avoir posé la main sur l’ortie.

L’ortie a mené la vie dure à l’homme et ce dernier ne s’est pas gêné pour lui en faire le reproche. Quelques expressions proverbiales en témoignent, comme, par exemple, « être gracieux comme une poignée d’ortie » ou « jus d’ortie », manière de désigner un mauvais vin. Elles font, toutes deux, référence au caractère peu amène de l’ortie dont le surnom de griesche renvoie à l’oiseau – la pie grièche – connu sous le nom d’écorcheur, un oiseau qui empale ses proies sur des épines d’acacia. C’est toute l’agressivité dont sait faire preuve l’ortie qui est ici véhiculée.
Très haute en couleur, si l’on peut dire, l’ortie, c’est aussi le scandale (« jeter son froc aux orties »), ainsi qu’un caractère lugubre, puisqu’on la surnomme parfois « cimetière » du fait qu’elle pousse abondamment tout autour de ces aires de repos.
Passons outre l’évocation de ces quelques désagréments et dépassons la vision erronée qu’ils donnent de l’ortie. Si le jus d’ortie est un picrate pour l’homme, c’est aussi un dynamiseur végétal du plus bon effet. On le connaît aussi sous le nom de purin d’ortie. Il rend de grands services à d’autres végétaux (arbres fruitiers, légumes), qu’il magnifie. De plus, l’ortie poussant à proximité de plantes aromatiques accroît leur teneur en essence aromatique, tandis que « le suc des plantes qui ont crû dans son voisinage s’altère moins vite » (1). Peut-on alors encore soutenir qu’elle entretient de mauvais rapports avec son entourage ? Certes non ! Même les animaux l’apprécient énormément ! Le grand mythologue du XIX ème siècle, Angelo de Gubernatis, rapporte que, dans le Piémont, le fait de mêler de la graine d’ortie au son donné aux poules était la garantie d’obtenir beaucoup d’œufs. Mais ce qui semble n’être qu’un rituel propitiatoire s’est révélé tout à fait exact, puisqu’il est aujourd’hui reconnu que la graine d’ortie active la ponte des poules. Les poussins, les canetons, les oisons et les dindonneaux en sont friands. Il y a même jusqu’aux grands animaux domestiques qui la consomment, une fois sèche et flétrie. Dans les pays scandinaves, elle offre un excellent fourrage fournissant trois coupes par an. Chez la vache, l’ortie augmente la lactation ainsi que le taux de lipides dans la crème, ce qui permet d’obtenir un beurre de meilleure qualité. L’ortie améliore sensiblement la santé des animaux, et l’on a remarqué depuis au moins le début du XIX ème siècle (Bosc, 1822) que les vaches qui consomment régulièrement de l’ortie résistent mieux aux épizooties.
Devant l’ensemble de ces signes favorables, peut-on encore douter des qualités de l’ortie ? De toute façon, l’ortie, en tant que plante rudérale est un compagnon de l’homme et un marqueur de la présence de ses activités. Supportant tous les sols, se reproduisant sans beaucoup d’aide, elle suit littéralement l’homme à la trace : on la trouve dans les décombres, les dépotoirs, près des habitations abandonnées (elle révèle la trace d’un passage de l’homme bien après que celui-ci s’en soit allé). Elle élit domicile dans tous ces lieux gorgés de nitrates et d’ammoniaque, des zones pourvoyeuses de cette richesse nutritionnelle dont l’ortie sait faire grand cas. Elle apprécie aussi beaucoup la ferraille et elle « contribue […] à débarrasser le sol de son excès de fer car elle élabore l’oxyde de fer » (2), ce même fer qu’elle contient elle-même en grande quantité et qui fait le bénéfice de l’anémié ! L’ortie est, non seulement assainissante du corps humain comme nous aurons l’occasion de le constater un peu plus loin, mais également de la terre. Si elle protège la terre, les autres plantes, ainsi que les animaux, pourquoi ne protégerait-elle pas les hommes ? C’est pourtant le cas, dans bien des pays d’Europe, l’ortie a eu vertu propice. En Irlande, porter une feuille d’ortie dans sa poche était considéré comme porte-bonheur, de même que dans le Piémont : elle protège son porteur de tout maléfice. En Allemagne, l’ortie cueillie avant le lever du soleil avait la réputation de chasser les mauvais esprits du bétail, et en Russie (Novgorod), la veille de la Saint-Jean, les enfants sautent au-dessus des orties « pour indiquer l’entrée du soleil dans la saison brûlante » (3). L’ortie était aussi considérée comme protectrice contre la foudre en Hongrie et au Tyrol ; lorsqu’éclatait un orage, on jetait des orties sur le feu pour éloigner tout danger, dont la foudre, ainsi que les sorcières que l’on s’imaginait capables de tels méfaits. Et c’est à juste titre que l’ortie est liée à Thunar, dieu germanique du tonnerre. Protectrice, l’ortie l’est encore contre la peur provoquée par les apparitions : « qui tiendra de cette herbe dans sa main avec du millefeuille n’aura point de peur, et ne sera point effrayé par la vue de quelque fantôme » (4).

La grande ortie offre aussi bien des services à l’aide des fibres extraites de ses tiges, auxquelles on impose, comme le lin, le rouissage. De cette matière fibreuse on a fabriqué de solides tissus, des liens très résistants, des cordages, des filets de pêche, du fil de couture. Au temps d’Albert le Grand (XIII ème siècle), l’emploi des fibres textiles de la grande ortie était connu, et, entre le XV ème et le XVII ème siècle, on tenta de produire industriellement de la fibre d’ortie en Allemagne, sans trop de succès, car, malgré toute sa bonne volonté, l’ortie est assez peu productive en fibre (6 à 8 %), d’autant que ces fibres sont assez courtes. Mais cela n’a pas empêché l’homme de faire de nouveau appel à elle durant la Première Guerre Mondiale : le fil d’ortie permettait alors la fabrication de toile de tente, de sacs à dos, de liens, de cordages, de tricotages (chaussettes, etc.). Chose extrêmement étonnante, le fil d’ortie est doux, soyeux et souple au toucher. C’est peut-être ce qui lui a valu d’être employé conjointement avec la soie lors du tissage (Turkestan), tandis qu’en Toscane, lorsque la feuille de mûrier dont se repaissent les vers à soie venait à manquer, on proposait alors de l’ortie comme remplaçante.
Devant tant de bienfaits, allons-nous nous arrêter en si bon chemin ? Certes pas, la proximité de l’homme et de l’ortie durant des siècles ne pouvait que se solder par la découverte progressive de ses propriétés médicinales, sachant que cette plante fut un « légume » dès les temps préhistoriques, régulièrement consommée jusqu’au XVI ème siècle au moins.
Durant l’Antiquité grecque, on note la présence d’une ortie dont on se servait contre les affections de la matrice. Dioscoride en parle avec précision : « La graine bue en vin excite au jeu de l’amour et, prise en électuaire avec du miel, elle redonne du souffle, ôte les inflammations du côté et du poumon et purge la poitrine. Ses feuilles cuites […] font uriner et résolvent toutes ventosités ». Le médecin grec remarque aussi le caractère hémostatique de cette ortie, qu’il appelle akalêphê (probablement l’ortie romaine, Urtica pilulifera), en cas d’hémoptysie, de métrorragie, de saignement de nez et d’hémorragies diverses. De son côté, le naturaliste Pline évoque le cas d’une « ortie d’automne » qui n’est, en fait, qu’un lamier (il semblerait bien que la confusion entre orties et lamiers ne date pas d’hier). Galien, répétant peu ou prou Dioscoride, ajoute l’intérêt de la graine d’ortie pour guérir plaies et ulcères.

Le Moyen-Âge n’est pas en reste au sujet de l’ortie, à propos de laquelle l’école de Salerne donne le ton : « L’ortie, aux yeux du peuple herbe si misérable, tient dans la médecine une place honorable ». A peu près à la même période, Macer Floridus utilise l’ortie, seule ou accompagnée, pour bien des affections : la feuille dans du vin contre la jaunisse, avec du miel pour la toux quinteuse, avec du sel en cataplasme sur ulcère, plaie, chancre, morsure de chien, avec de la myrrhe comme emménagogue ; la racine broyée dans du vinaigre contre douleurs goutteuses et articulaires ; la graine dans du vin comme boisson aphrodisiaque… De plus, Macer repère les propriétés hémostatique, astringente, diurétique et tonique capillaire de l’ortie. L’Urtica d’Hildegarde complète ce tableau médiéval. Cuite, l’ortie purge l’estomac en évacuant les humeurs mauvaises qui l’encombrent. L’abbesse l’indique aussi contre les vers, les maladies articulaires, ainsi que contre les pertes de mémoire.

Lors des XVI-XVIII ème siècles, on voit surtout être répétées comme un leitmotiv les extraordinaires capacités hémostatiques de l’ortie : hémoptysie (Amatus Lusitanus, Lieutaud, Chomel), épistaxis (Sartorius), hématurie (Haller, Lieutaud), métrorragie (Peyroux)… Chose que la médecine populaire n’aura pas, elle aussi, manqué de repérer : l’infusion d’ortie est secourable dans les cas de saignements chroniques, alors que la feuille d’ortie, mâchée puis introduite dans les narines, stoppe les saignements de nez. Mais on l’utilisait dans bien d’autres circonstances : gangrène, ulcère putride, gravelle (lithiase rénale), jaunisse, amygdalite, aphte, gingivite, énurésie. L’un des modes d’emploi de l’ortie parmi les plus énergiques se trouve être l’urtication, autrement dit la flagellation de certaines parties du corps qui le nécessitent avec des bouquets d’ortie fraîche. C’est ainsi que l’on procédait en cas de léthargie (ça réveille, c’est sûr ! ^^), d’apoplexie, de rhumatismes chroniques, de douleurs musculaires et articulaires des membres inférieurs, de fièvre typhoïde, etc.
Au début du XIX ème siècle, l’usage médicinal de l’ortie périclite, mais, contrairement à d’autres plantes, l’ortie saura sortir de cette fâcheuse impasse, au milieu du siècle, sous l’impulsion de Ginestet (1845), de Menicucci (1846) et de Cazin (1850) qui, tous trois, rappellent les vertus hémostatiques et antihémorragiques de l’ortie. Puis, au XX ème siècle, la recherche ne faiblit pas, bien au contraire. En 1924, M. Dobreff met en évidence la présence dans l’ortie de sécrétine, analogue à celle de l’épinard. Dix ans plus tard, les travaux de H. Cremer rendent compte de la fabuleuse capacité qu’a l’ortie d’enrichir l’organisme en globules rouges, ce qui, d’emblée, la place d’égal à égal avec l’épinard. Entre 1929 et 1932, Wasicky constate que l’ortie, prise régulièrement, est capable de faire chuter le taux de glucose sanguin, elle mérite alors d’être qualifiée d’antidiabétique. Enfin, en 1935, W. Ripperger atteste son rôle dans le traitement des affections cutanées, en particulier grâce à ses vertus dépuratives.

Si les propriétés thérapeutiques des grande et petite orties sont très similaires, force est de constater qu’elles se distinguent nettement d’un point de vue botanique :

Grande ortie :

  • Vivace se propageant grâce à un vigoureux système de rhizomes souterrains
  • Taille comprise entre 30 et 100 cm, parfois bien davantage
  • Feuille longuement pétiolée et beaucoup plus longue que large
  • Fleurs mâles et femelles portées par des pieds différents (espèce dioïque)

Petite ortie :

  • Annuelle à racine fusiforme
  • Taille comprise entre 10 et 50 cm
  • Feuille brièvement pétiolée et aussi longue que large
  • Fleurs mâles et femelles sur le même pied (espèce monoïque)

Les orties sont des pionnière colonisatrices et parfois envahissantes. Elles s’adaptent sur beaucoup de terrains différents, terres cultivées ou non, mais avec une nette préférence pour les sols riches en azote, en déchets organiques et minéraux : décombres, ruines, friches, fossés, bois humides, abords des dépotoirs et des cimetières.

La petite ortie (Urtica urens)

La petite ortie (Urtica urens)

Les orties en phytothérapie

Comme nous venons tout juste de le voir, les deux orties présentées dans cet article différent botaniquement en bien des points. Nous verrons plus loin qu’elles se distinguent également dans d’autres domaines, mais pas au niveau phytothérapeutique, où la grande ortie vaut la petite, aussi peut-on les utiliser de manière indifférenciée, possédant chacune des propriétés identiques.
Des orties, on emploie principalement les feuilles, la racine (grande ortie) et plus rarement les graines. En terme de principes actifs, les orties visent l’extrême prodigalité et offrent à bon compte un stock étonnant d’éléments indispensables à l’organisme :

  • Des sels minéraux à foison : fer (trois fois plus que dans l’épinard – plante dont on a longtemps fait ses choux gras avant de se rendre compte que sa teneur en fer était bien en-deçà de la réalité), calcium (autant que dans la plupart des fromages), potassium, sodium, cuivre, zinc, magnésium, soufre, phosphore, chlore, silice, manganèse…
  • Des vitamines : C (sept fois plus que dans l’orange !), B2, B5, provitamine A en abondance
  • Des acides : formique, silicique, gallique…
  • Des protéines (environ 20 % de son poids frais)
  • Des flavonoïdes
  • Des tannins
  • Du mucilage (en petite quantité)
  • De la chlorophylle
  • De l’histamine
  • De la sécrétine

Propriétés thérapeutiques

  • Diurétique, éliminatrice de l’acide urique, dépurative, draineuse hépatique, antidiabétique
  • Minéralisante, reconstituante, anti-anémique, antirachitique

D’une part, elle nettoie et assainit en évacuant les indésirables, d’autre part elle apporte le nécessaire afin d’éviter les carences.

  • Stimulante (sécrétine – (5)), tonique, fortifiante (chlorophylle)
  • Apéritive, digestive, antidiarrhéique
  • Anti-inflammatoire, antirhumatismale, antalgique articulaire (silice)
  • Astringente, résolutive, détersive, hémostatique, révulsive
  • Sédative
  • Vasoconstrictrice (histamine), régénératrice du sang (chlorophylle – (6)), augmente le taux de globules rouges sanguins, augmente le nombre des hématies (sécrétine), augmente la teneur du sang en hémoglobine (sécrétine)
  • Galactogène
  • Stimulante de la glande thyroïde (chlorophylle)
  • Préventive de la formation des lithiases rénales
  • Réductrice de l’alopécie, stimulante de la repousse capillaire
  • Aphrodisiaque

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : transit intestinal irrégulier, ulcère gastrique et intestinal, diarrhée, entérite aiguë et chronique, entérite muco-membraneuse, flatulences
  • Fatigue, asthénie, anémie, faiblesse générale, rachitisme, déminéralisation, convalescence
  • Hémorragies : hémoptysie, hématurie, hématémèse, métrorragie, hémorragie utérine, hémophilie, hémorroïdes, épistaxis
  • Troubles de la sphère urinaire et rénale : inflammation des voies urinaires, néphrite, énurésie chez l’enfant
  • Troubles de la sphère génitale féminine : ménopause (bouffées de chaleur, maux de tête, baisse de la libido)
  • Troubles de la sphère génitale masculine : hyperplasie bénigne de la prostate, hypertrophie de la prostate
  • Trouble cutanés : acné, eczéma, psoriasis, dartre, lichen, urticaire, urticaire provoquée par l’absorption de crustacés et de mollusques marins, brûlure
  • Lithiase biliaire, ictère
  • Diabète (baisse du taux de glucose sanguin)
  • Soin des ongles, des cheveux et du cuir chevelu, pellicules
  • Arthrite, rhumatismes, goutte
  • Muguet, aphte
  • Paralysie, apoplexie

Modes d’emploi

  • Suc frais
  • Extrait fluide
  • Infusion (feuilles)
  • Décoction (feuilles, racines de la grande ortie)
  • Sirop
  • Bain
  • Lotion capillaire (décoction de feuilles dans du vinaigre ou macération à froid de feuilles dans de l’alcool)
  • Teinture-mère homéopathique

Note : l’infusion ainsi que la consommation régulière d’ortie sont profitables à l’organisme, sachant que la sécrétine que cette plante contient est soluble dans l’eau et qu’elle ne s’y décompose pas. Le bénéfice de l’infusion d’ortie, c’est que son effet se prolonge sur plusieurs jours. On peut donc espacer les prises dans un souci d’économie.

Contre-indications, remarques, autres usages

  • La racine de grande ortie est strictement réservée à l’homme adulte. Quant aux feuilles des deux espèces, elles sont utilisables par tous. Cependant, une trop grande consommation alimentaire et/ou médicamenteuse d’ortie peut amener la suppression des urines. Les graines, à haute dose, sont purgatives.
  • L’ortie, comme l’on sait, est une espèce végétale consommée depuis des lustres. Une fois cuite (elle perd son piquant grâce à la chaleur – 85° C – ainsi qu’au séchage), on peut en faire des potages, des farces, des quiches, des tapenades… A l’état cru, elle est aussi comestible, à condition de la ciseler finement et d’attendre une douzaine d’heures après sa récolte, ce qui lui fait perdre une grande partie de son pouvoir urticant, mais également une proportion non négligeable de vitamine C, particulièrement fragile et volatile. Il est alors question de choix. En tout état de cause, on comprendra que l’ortie fraîche ne peut se consommer abusivement sans ces précautions. En effet, des œdèmes suffoquant peuvent apparaître dans la bouche. On notera que l’ortie fraîche perd une partie de son piquant dès lors qu’elle est mêlée au vinaigre, au jus de citron, ainsi qu’à des matières grasses telles que l’huile d’olive, la crème fraîche, le fromage blanc, etc. Pour une consommation régulière, il est préférable d’employer la petite ortie, bien moins fibreuse que la grande.
  • Lors d’une récolte, avant toute chose, munissez vous de gants et éventuellement d’un sécateur. Afin de bénéficiez au mieux des qualités de l’ortie que vous cueillerez, évitez les lieux passants (bords de route, sites fréquentés par chiens et/ou renards…). L’ortie est moins virulente par temps chaud ou juste après la pluie (mais comme il n’est pas conseillé de récolter les simples quand ils sont trempés, on n’oubliera pas les gants ^^).
  • Rougeurs, sensation douloureuse, éruption de papules, tels sont les effets de la caresse de l’ortie. En cas de piqûre, et ce malgré toutes vos précautions, l’on peut appliquer du vinaigre, de l’huile essentielle de lavande fine, frotter les piqûres avec des feuilles de plantain, d’oseille ou de joubarbe des toits, selon ce que l’on a sous la main.
  • La racine de grande ortie permet d’obtenir une teinture de couleur jaune pour la laine.
  • Autres orties européennes : ortie romaine (Urtica pilulifera) et ortie à membranes (Urtica membranacea). Leurs propriétés sont quasiment identiques à celles des petite et grande orties.
    _______________
    1. Pierre Lieutaghi, Le livre des bonnes herbes, p. 332
    2. Pierre Lieutaghi citant E. Pfeiffer, Le livre des bonnes herbes, p. 324
    3. Angelo de Gubernatis, La mythologie des plantes, Tome 2, p. 271
    4. Grand Albert, p. 89
    5. « La sécrétine de l’ortie compte parmi les meilleurs stimulants connus des sécrétions stomacale, pancréatique, biliaire et intestinale, ainsi que des mouvements péristaltiques de l’intestin » (Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, p. 709)
    6. L’influence de la chlorophylle sur la formation du sang est bien supérieure à celle du seul fer. Peu de chose distingue la chlorophylle de l’hémoglobine : cela tient à un atome de magnésium pour la première et un atome de fer pour la seconde. De plus, cette substance verte « favorise les réactions du métabolisme cellulaire, la cicatrisation des plaies et, en tant que substance azotée, elle supplée au manque de protides » (Pierre Lieutaghi, Le livre des bonnes herbes, p. 329)

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La grande ortie (Urtica dioica)

La grande ortie (Urtica dioica)

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4 réflexions sur “Les orties : grande ortie (Urtica dioica) et petite ortie (Urtica urens)

  1. N’est-ce pas ? Prenons l’exemple du simple tilleul : infusé pendant une durée correcte, il est calmant. En revanche, si on « oublie » ce même tilleul dans un fond de casserole pendant trop longtemps, il devient « rouge » et excitant ^^

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