Les plantains en phytothérapie

Plantain lancéolé (Plantago lanceolata)

Plantain lancéolé (Plantago lanceolata)

Le plantain, ou devrais-je dire, les plantains ont reçu tant de noms vernaculaires depuis l’Antiquité gréco-romaine qu’il est parfois difficile de savoir de quelle plante l’on parle. Fort heureusement, en ce qui concerne ces plantes herbacées, les Anciens ont su faire preuve de précision. Chez les Grecs, le(s) plantain(s) répond(ent) aux noms d’arneion, de probateion, de polumeuron, d’heptapleuron, de kunoglôsson, d’arnoglôsson (lequel dernier peut être petit – mikron – ou grand – meizon), mais l’ensemble de ces termes n’a rien à envier avec les noms beaucoup plus récents qu’on utilise aujourd’hui pour désigner ces plantes : pied-d’-homme (1), oeil-de-chien, langue-de-brebis (ou d’agneau), oreille-de-lièvre, etc.
Quoi qu’il en soit, le plantain demeure une plante très connue et très utilisée durant l’Antiquité. Dioscoride et Pline faisaient déjà la distinction entre le grand plantain (Plantago major) et le plantain lancéolé (Plantago lanceolata). Chacun d’eux indique les différentes parties de ces plantains à employer, les préparations à réaliser et les modes d’emploi. Les feuilles, desséchantes et astringentes (donc cicatrisantes), étaient largement employées pour tout ce qui touche aux affections cutanées (abcès, ulcère, plaie, plaie suppurante, brûlure, excoriation, fistule, tumeur, anthrax, feu sacré, lichen…), mais aussi pour tout problème hémorragiques (blessure, crachement de sang, hémorroïdes, saignement des gencives, écoulement de la matrice). En règle générale, on accordait aux plantains une action efficace contre les douleurs (maux de dents, d’oreilles, d’estomac, douleurs utérines, douleur de la goutte). A l’intérieur, on les réservait pour des affections pulmonaires (crise d’asthme, phtisie) et intestinales (dysenterie, indigestion). Comme la mauve, par ses vertus vulnéraires et adoucissantes, le plantain est un anti-inflammatoire indirect, et s’employait donc dans beaucoup de cas où il y avait inflammation interne comme externe.
On a reconnu au plantain des vertus antivenimeuses. Beaucoup de plantes, et cela de l’Antiquité jusqu’au Moyen-Âge, auront été créditées de ce pouvoir, parfois à tort, mais pas en ce qui concerne le plantain, à tel point qu’une vieille légende raconte ceci : « Avant de livrer bataille aux vipères, les belettes auraient soin de se rouler sur des touffes de plantain de façon à s’assurer une immunisation complète, prélude d’une victoire infaillible. » (2). Selon le symbolisme chrétien, la belette représente la guérison. Il pourrait s’agir là de l’évocation d’une force solaire – ici la belette – terrassant un esprit chthonien représenté par le serpent. Quoi qu’il en soit, Pline préconisait le grand plantain, qui avait sa préférence, en cas de piqûres de scorpion et de morsures d’animaux, car il « a une force merveilleuse pour dessécher et resserrer, et produit l’effet d’un cauter. »
Galien reprendra peu ou prou les indications de Pline et de Dioscoride, indiquant que le plantain possède des propriétés rafraîchissantes et desséchantes pouvant être mises à profit pour cicatriser les plaies, soigner les abcès, les tumeurs et les ulcères, calmer les maux de dents, arrêter les hémorragies, lutter contre la dysenterie, etc.
On a aussi attribué au plantain, outre des propriétés médicinales, des propriétés magico-astrologiques. En effet, l’arnoglôsson – notre langue-de-mouton – était considéré comme une plante d’Arès, le dieu grec qu’on a assimilé à Mars qui, en tant que planète, gouverne le signe du… Bélier (ça ne s’invente pas) et celui du Scorpion. Un extrait d’un vieux traité astrologique rapporté par Guy Ducourthial explique les raisons pour lesquelles le plantain est plante d’Arès : « Sa racine guérit les tumeurs malignes sur les parties sexuelles, car Arès a son domicile dans le signe du Scorpion, qui a reçu en partage cette partie du corps. La graine de la plante, en enduit, guérit les parties sexuelles gangrenées et difficiles à cicatriser dans cette partie du corps. La plante, portée en amulette, convient parfaitement pour le mal de tête, car Arès a son domicile dans le signe du Bélier, lequel est à la tête de l’univers. Le suc, pris en boisson et en lavement, rétablit ceux qui souffrent de dysenterie, ceux qui crachent le sang et il est efficace pour les hémorragies, car Arès domine le sang » (3).
Notre astrologue anonyme indique donc d’assez bonnes raisons pour attribuer le plantain à la planète Mars. Cette mélothésie ne doit pas occulter le fait qu’on recherchait aussi des astuces symboliques liées au pouvoir des chiffres : ainsi, « trois racines sèches de plantain, bues dans trois cyathes (4) de vin et autant d’eau guérissent la fièvre tierce et quatre racines la fièvre quarte » , nous explique Dioscoride. Parfois, des désaccords se faisaient jour. Si Théophraste conseille de cueillir le plantain « avant que le soleil ne le frappe », Dioscoride indique, sans donner davantage d’explications, que le plantain se ramasse après le coucher du soleil, qui plus est en lune descendante et de la main gauche.

Au Moyen-Âge, la réputation du plantain n’a pas été oubliée et n’a pas échappé aux médecins médiévaux. Comme à son habitude, Macer Floridus reste relativement fidèle aux antiques prescriptions concernant le plantain. C’est pourquoi l’on retrouve dans son discours bien des paroles déjà évoquées. Rappelant Pline, il réaffirme la puissance du grand plantain face au plantain lancéolé, mais, dans l’ensemble, il indique pour chacun de ces deux plantains des propriétés et usages similaires : étancher le sang, sécher les plaies suppurantes, dissoudre les tumeurs les plus dures, déterger les ulcères, cicatriser les blessures récentes. Selon Macer, une longue liste d’affections relève du plantain : mangé cuit comme légume pour les flux de ventre, en compagnie de lentilles pour apaiser les douleurs intestinales et la dysenterie, et expulser hors du corps les parasites intestinaux. De plus, brûlure, érysipèle, morsure de chien, ulcération buccale, maux dentaires, douleurs d’oreilles, hémoptysie, fièvre quarte et phtisie entrent dans la ligne de mire de l’arsenal thérapeutique du plantain. On retrouve, en filigrane, le côté très martien, sinon guerrier du plantain, une plante qui fut alors, à l’instar de l’achillée millefeuille, très utilisée par les soldats sur les champs de bataille vues ses qualités hémostatiques. Ce que Macer note de neuf dans son De viribus herbarum réside en trois points : les vertus gynécologiques du plantain aiderait à l’expulsion du placenta. Ensuite, « broyée dans du vinaigre, et appliquée sous la plante des pieds, elle [la plante, ici, le plantain lancéolé] calme la douleur qu’y produit souvent une longue marche » (5). Appliquer une plante qui tire son nom de la plante des pieds sous cette même plante semble relever de la théorie des signatures, n’empêche que, pour en avoir fait l’expérience, ça marche ! Les effets rafraîchissants du vinaigre accompagnés de ceux anti-inflammatoires du plantain y sont bien pour quelque chose. Enfin, notre ami Macer indique le plantain contre les inflammations oculaires, peut être en utilisant une eau de plantain. De cela, nous reparlerons plus loin. En attendant, voyons voir ce que la pharmacopée hildegardienne nous réserve à propos du plantain. Tout d’abord, nous pouvons mentionner qu’Hildegarde distingue deux plantains, celui qu’elle appelle Psillium et l’autre Plantago. Le premier n’est autre que le psulleion des Anciens, c’est-à-dire une plante dont le nom latin actuel est Plantago afra. Le Psillium d’Hildegarde, de nature froide, vient à bout de fortes fièvres et de brûlures d’estomac, la froideur de ce plantain corrigeant ces deux inflammations. Elle l’indique aussi, avec muscade, galanga et glaïeul en cas de… comment dire ? Aujourd’hui, nous dirions « asthénie intellectuelle ». Pour sûr, avec un tel mélange, d’asthénie, il ne devait plus y en avoir ! « Par son équilibre tempéré, il réjouit l’esprit de l’homme quand celui-ci est oppressé ; tant par son froid que pas sa tiédeur, il ramène le cerveau à la santé et lui donne de la vigueur » (6). Quant au Plantago d’Hildegarde, de nature chaude (Arès en filigrane ?) et sèche, il est utilisé contre la goutte, les élancements, les points de côté, les piqûres d’insectes. C’est ce même plantain qu’Hildegarde conseille d’employer avec la mauve pour favoriser la consolidation d’une fracture. Pour cela, Hildegarde propose la recette de « l’onguent d’Hilaire », élaboré à base de persil, de plantain, de basilic et de sysémère mêlés à du saindoux et à de l’huile de laurier. Hildegarde, qui ne devait pas être coutumière de la bombance, pense à notre foie : « Si on a pris diverses nourritures de façon immodérée et que le foie est blessé et endurci, [il faut] couper en petits morceaux de cette herbe [que l’on nomme tussilage] avec deux fois autant de racines de plantain » (7). L’abbesse prend également soin de notre esprit (ou âme ?) lorsqu’elle dit ceci : « Si un homme ou une femme a bu un philtre d’amour maléfique, qu’il prenne du suc de plantain, avec ou sans eau, puis qu’il prenne une autre boisson forte [laquelle ? Elle ne ne dit malheureusement pas], et cela le soulagera : il sera purgé de l’intérieur, et son état sera amélioré » (8).
Contrairement à Hildegarde, Trotula (9), femme médecin et dirigeante de la célèbre école de Salerne, pendant méridional de l’abbesse de Bingen, dans son Traité des maladies des femmes, conforte les vertus emménagogues du plantain en cas de métrorragie et de déplacement de l’utérus.
L’école de Salerne consacrera le plantain à travers un de ses aphorismes dont elle a le secret : « Au crachement de sang, le plantain consacré, par sa vertu styptique [c’est-à-dire puissamment astringente], apaise le feu sacré. »

En toute fin de Moyen-Âge, on parle d’une « eau vulnéraire » ou « eau d’arquebusade ». Elle n’est, ni plus ni moins, qu’une eau de plantain aux vertus rafraîchissantes, dépuratives, adoucissantes et astringentes. A l’époque, cette eau jouissait du même prestige que celle de bleuet pour les ophtalmies et autres inflammations oculaires. Elle intervenait alors en lavement sur les ulcères et autres maladies cutanées, en application locale sur hémorragie bénigne, enfin, par voie interne, sur diarrhée et phtisie (ce que l’on appelle aujourd’hui tuberculose). Bien plus tard, au XIX ème siècle, Roques semble beaucoup apprécier cette eau de plantain pour les affections oculaires.
Le Petit Albert, qu’il est raisonnable de dater du XVII ème siècle, relate le cas d’un soldat polonais ayant guéri l’un de ses camarades blessé par arme blanche avec de l’eau de rose et de l’eau de plantain, un usage qui se perpétuera bien après, puisque lors de la Première Guerre Mondiale, on aura abondamment employé le plantain, ainsi que la bourse-à-pasteur, pour leurs vertus hémostatiques.

D’un point de vue botanique, exposons maintenant les caractéristiques morphologiques des différents plantains parmi les plus connus :

1/ le grand plantain (P. major)
2/ le plantain lancéolé (P. lanceolata)
3/ le plantain pied-de-corbeau (P. coronopus)

Les deux premiers sont vivaces et très abondants, alors que le troisième est généralement une plante bisannuelle localisée. Chacune de ces trois espèces est formée d’une rosette basale de feuilles dont les formes diffèrent selon la plante : en forme de raquette pour le major, en fer de lance pour le lanceolata (d’où son nom), enfin très découpée pour le coronopus.
Bien que qualifié de major, le grand plantain est d’une stature modeste une fois fleuri (10 à 40 cm de hauteur) par rapport au plantain lancéolé, plus effilé et plus grand (jusqu’à 60 cm dans le meilleur des cas). Beaucoup plus petit, le plantain pied-de-corbeau ne dépasse que rarement les 25 cm. Chacun d’eux porte des hampes florales terminées par un épillet de fleurs plus ou moins long, plus ou moins dense. Très petites et peu colorées, les fleurs de nos trois plantains n’attirent pas l’attention, le plus démonstratif étant très certainement le plantain lancéolé.
P. lanceolata et P. coronopus sont de floraison printanière, alors que le major est plutôt estival. En revanche, P. lanceolata et P. major peuvent devenir montagnards, alors que le P. coronopus, de basse altitude, préfère davantage les régions côtières.

Grand plantain (Plantago major)

Grand plantain (Plantago major)

Les plantains en thérapie

Propriétés médicinales

  • Émollient, adoucissant, calmant cutané
  • Expectorant, béchique, antitussif, fluidifiant des sécrétions bronchiques
  • Vulnéraire, astringent, résolutif, cicatrisant
  • Hémostatique, augmente la coagulabilité sanguine
  • Stimulant, tonique
  • Antibactérien léger
  • Anti-inflammatoire
  • Anti-ophtalmique
  • Dépuratif
  • Diurétique
  • Antidiarrhéique (à faibles doses)
  • Laxatif (à hautes doses)

Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère respiratoire et ORL : bronchite, bronchite chronique, trachéite, pharyngite, laryngite, asthme, toux, inflammation nasale, adjuvant dans le traitement de la tuberculose
  • Troubles bucco-dentaires : stomatite, gingivite, douleur dentaire
  • Troubles oculaires : inflammation des paupières, conjonctivite, blépharite
  • Hémorragies : hémorroïdes, hémoptysie, crachement de sang, métrorragie
  • Troubles de la sphère urinaire et rénale : néphrite, hématurie
  • Troubles de la sphère gastro-intestinale : diarrhée, dysenterie, constipation, pyrosis
  • Troubles cutanés : acné, acné rosacé, ulcère, ulcère variqueux, plaie, coupure, panaris, dartre, abcès, furoncle, piqûre d’insecte (abeille, guêpe, frelon, moustique) et d’ortie, morsure de vipère
  • Fatigue, asthénie, anémie, retard du développement infantile (le docteur Valnet donne le plantain comparable à l’huile de foie de morue dans ce cas)
  • Jaunisse
  • Métrite, pertes blanches
  • Dépuration de l’organisme en acide urique, en urée et en chlorures

Modes d’emploi

  • Feuilles et racines : pour l’usage externe prioritairement (infusion, décoction, décoction concentrée, cataplasme, emplâtre, lotion, collyre, bain d’yeux, compresse…)
  • Graines : en usage interne

Contre-indications et autres usages

  • On ne connaît ni toxicité ni contre-indication grave à l’usage de nos différents plantains.
  • Comestible, le plantain lancéolé devra être cueilli au printemps pour ses jeunes feuilles qu’il est possible de manger crues, en compagnie d’ail des ours, d’achillée millefeuille, d’ache, de pissenlit, de mauve, de cochléaire, d’ortie, etc. Privilégiez pour chacune de ces plantes les jeunes pousses plus tendres. En mélange, cela peut constituer une bonne salade dépurative de printemps. On peut faire de même avec le plantain pied-de-corbeau ; quant au grand plantain, ses feuilles épaisses et ligneuses ne sont pas toujours très agréables et se prêtent difficilement à une consommation à l’état cru. Plus âgées, les feuilles du plantain lancéolé peuvent se cuire comme légume vert.
  • En synergie avec des feuilles d’eucalyptus, le plantain gagne en pouvoir anti-inflammatoire de nature desséchante. Pour un effet anti-inflammatoire adoucissant, on mêlera au plantain des plantes dites pectorales telles que la mauve, la violette ou le bouillon-blanc.
  • Depuis quelques années, on rencontre un autre plantain, l’ispaghul (P. ovata) provenant d’Inde et qu’on confond avec un plantain européen, le psyllium (P. afra). Très souvent, on désigne par psyllium l’ispaghul, ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes d’identification. Pour mieux les distinguer, le plantain d’Inde porte le nom de psyllium blond, alors que le psyllium européen est dit rouge en raison de la couleur de ses graines. Si ce dernier porte le nom de psyllium, c’est grâce à la ressemblance de ses graines avec des puces. Tout naturellement, il porte les noms vernaculaires d’herbe-aux-puces, pulicaire, plantain pucier, etc. Les graines de ces deux plantains sont riches en mucilage, cette substance qui gonfle au contact de l’eau en prenant une texture assez visqueuse. Leur principale vertu est d’être laxatives en cas de constipation rebelle. Elles enrayent aussi les diarrhées en protégeant les muqueuses intestinales. Enfin, l’ispaghul est de plus en plus détourné de son usage premier puisqu’il sert de coupe-faim dans le cadre de régimes amincissants.

  1. Plantago, du latin planta, la plante des pieds, et ago, suffixe exprimant la ressemblance ; cela fait directement référence au Plantago major.
  2. Henri Leclerc, Précis de phytothérapie, p. 276
  3. Guy Ducourthial, Flore magique et astrologique de l’Antiquité, p. 335
  4. Cyathe : il s’agit d’un petit gobelet servant de mesure pour le vin et l’eau et représentant un douzième de septier (ou chopine), c’est-à-dire à peine 4 cl.
  5. Macer Floridus, De viribus herbarum, p. 87
  6. Hildegarde de Bingen, Physica, p. 34
  7. Ibid., p. 34
  8. Ibid., p. 64
  9. Trotula, ayant vécu peu de temps avant Hildegarde, a laissé quelques écrits qui ne sont malheureusement pas disponibles en français à l’heure actuelle.

© Books of Dante – 2015

Plantain pied-de-corbeau (Plantago coronopus)

Plantain pied-de-corbeau (Plantago coronopus)

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Une réflexion sur “Les plantains en phytothérapie

  1. Encore un article très complet… mais je rajouterai l’usage du plantain, et notamment de la teinture pour prévenir et soigner les allergies. Très bon complément de l’ortie pour se débarrasser d’un urticaire allergique (testé et approuvé par une copine cobaye)!

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