L’aromathérapie et les 4 éléments [Partie 1]

Les quatre éléments prennent place dans la théorie du même nom, initialement élaborée par Aristote. Ils sont très connus. Rappelons-les pour mémoire : le Feu, l’Eau, l’Air et la Terre. Chacun d’eux est l’union de quatre principes : le Sec, l’Humide, le Chaud et le Froid.

  • Feu : Sec et Chaud
  • Air : Humide et Chaud
  • Eau : Humide et Froid
  • Terre : Sec et Froid

Voici présentés ces quatre éléments et ces quatre principes sous la forme d’une croix élémentaire :

Croix_des_éléments

Cette théorie stipule que dans toute chose, on trouve chacun de ces éléments dans diverses proportions. C’est ce qui rend l’essence – ou la quintessence devrais-je dire plutôt – de chaque chose unique. En cherchant bien, nous pouvons déceler ces fractions élémentaires en nous-même. Il en est de même pour les organismes vivants tels que les plantes. Par exemple, elles poussent dans la terre, absorbent l’eau nécessaire à leur bon développement. Le feu se retrouve à travers le mécanisme de la photosynthèse, alors que l’air est figuré par les échanges gazeux qu’entretient une plante avec le milieu extérieur. Aussi, pour quelle raison ces quatre éléments ne se retrouveraient-ils pas dans les huiles essentielles des plantes que l’on distille ? Aux pages 83-86 de mon livre Parfums sacrés, j’ai déjà fait mention de la présence des quatre éléments au cours du processus de distillation. Je n’y reviendrais donc pas, puisque aujourd’hui le propos porte sur l’après-distillation, autrement dit sur les substances obtenues par ce type d’extraction, à savoir, les huiles essentielles. A leur sujet, on peut noter des caractéristiques étonnantes :

  • certaines s’évaporent plus rapidement que d’autres ;
  • elles sont toutes plus ou moins liquides, d’autres sont très épaisses voire visqueuses ;
  • quand elles sont accidentellement mises en contact avec les yeux, ça brûle, etc.

Ce sont là d’intéressantes signatures, mais elles demeurent insatisfaisantes. Aussi, je décide de vous exposer le cadre conceptuel avec lequel j’ai travaillé pour établir une relation entre huiles essentielles et éléments. Pour cela, je me suis inspiré de la cartographie moléculaire, un outil très précieux qui indique selon quatre axes (tiens, tiens, tiens… ^^) les caractéristiques polaires, apolaires, négativantes et positivantes des molécules aromatiques composant huiles essentielles et essences. Sur cette cartographie, chaque molécule est représentée par un point. Il existe des centaines de molécules aromatiques, aussi des centaines de points constellent cette cartographie, à la manière des étoiles de la voûte céleste. Ces points sont regroupés en paquets qui forment les familles moléculaires. Nous en avons déjà abordées certaines sur le blog : les oxydes, les cétones, les phénols, etc. Voici cette cartographie moléculaire :

cartographie moléculaire

1 : aldéhydes
2 : cétones
3 : esters
4 : sesquiterpènes
5 : monoterpènes
6 : ethers
7 : oxydes
8 : monoterpénols
9 : phénols
10 : aldéhydes aromatiques
11 : acides
12 : sesquiterpénols
13 : coumarines

Nous voyons des « bulles » plus ou moins vastes, situées en haut, en bas, à droite, à gauche. Certaines sont coupées en deux par un axe. C’est le cas des sesquiterpènes (n° 4). En effet, certains d’entre eux sont négativants, d’autres positivants. Observons les esters (n° 3). Cette famille est elle aussi coupée en deux par l’axe vertical. La petite portion de gauche indique des esters polaires alors que la grande majorité, apolaire elle, se situe à la droite de l’axe. Ceci est important. Mais ce qui l’est davantage, c’est que cette cartographie découpe l’espace en quatre secteurs : apolaire-positivant (I), apolaire-négativant (II), polaire-négativant (III) et polaire-positivant enfin (IV).

La tentation serait grande de superposer chacun de ces quartiers à un élément. Et c’est pourtant ce que je vais faire :) A force d’observer les compositions biochimiques des huiles essentielles et des essences, j’ai tout d’abord émis certaines hypothèses. Puis, après moult tergiversations et génuflexions, j’en suis enfin venu à déterminer pour chacun des quatre quarts un élément (et cela n’a pas été tiré de la cuisse de Jupiter, ni n’est un caprice de ma part, le tout ayant été longuement pensé).
J’ai débuté avec l’élément pour lequel j’entretiens la plus étroite affinité, le Feu. Avant de poursuivre, et pour faciliter la compréhension, je replace ci-dessous la croix élémentaire et la cartographie moléculaire :

Croix_des_éléments

cartographie moléculaire

Portons intérêt au secteur IV de la cartographie moléculaire. Que voyons-nous ?
Des phénols (n° 9) présents dans les huiles essentielles de thym vulgaire CT thymol, thym vulgaire CT carvacrol, origans, sarriette des montagnes, thym à feuilles de sarriette, ajowan, clou de girofle, cannelle de Ceylan « feuilles »…
Des aldéhydes aromatiques (n° 10) présents dans les huiles essentielles de cannelle de Ceylan « écorce », cannelle de Chine, cannelle du Vietnam, cumin…
Toutes ces molécules provoquent des brûlures en usage cutané si on utilise pures les huiles essentielles qui en contiennent beaucoup. Elles sont dites dermocaustiques et provoquent des rougeurs, une nette sensation de chaleur au niveau de la peau et des muqueuses, des érythèmes parfois. Ce sont des molécules de Feu donc, brûlantes à bien des égards.
Nous voyons aussi la classe des coumarines (n° 13), très phototoxiques en alliance avec les UV du soleil. Encore du Feu. Mais il n’est pas toujours forcément dévorateur. On le trouve de façon plus douce dans la classe des monoterpénols (n° 8). Des molécules comme le linalol et le géraniol sont chaudes mais dans une moindre mesure. Quant aux sesquiterpénols (n° 12), la proximité avec un autre élément fait qu’ils possèdent un pouvoir de feu un peu différent.
C’est pour l’ensemble de ces raisons que j’ai lié le secteur IV à l’élément Feu, union des principes Chaud et Sec.

Sur la croix élémentaire, le quartier qui s’oppose à celui du Feu est celui de l’Eau, élément Humide et Froid. (J’expliquerai dans un prochain article la relation à l’Eau des familles moléculaires se situant dans le secteur II de la cartographie. Je ferai de même pour les autres éléments.) Le secteur I relève du Chaud et de l’Humide, il renvoie donc à l’élément Air. On trouve beaucoup d’huiles essentielles à visée respiratoire dans ce secteur. Par exemple, les oxydes (n° 7) des eucalyptus globuleux et radié, du ravintsara, du cajeput, du niaouli, du saro… à travers une molécule très connue, le 1.8 cinéole, très proche de l’élément Feu, d’où le pouvoir asséchant de cette molécule. Visée respiratoire ? Qui appelle l’Air ? Qui se destine à ceux qui manquent de souffle ? On trouve également tout cela dans les monoterpènes (n° 5). Ce sont, parmi l’ensemble des molécules aromatiques, celles qui sont les plus volatiles. Ce sont elles qui sont les premières extraites lors de la distillation. Cela appelle aussi l’élément Air. Cette classe moléculaire compte dans ses rangs alpha et béta-pinène entre autres. Voici pourquoi pin sylvestre et consorts sont de la partie aérienne !
Enfin, et par voie de conséquence, le secteur III concerne l’élément Terre. Ici, nous retrouvons la « lourdeur » des cétones (n° 2) dont on connaît le caractère cumulatif dans le temps, comme des pièces qu’on amasse dans un coffret (cf. les deniers du Tarot). On a aussi la classe des aldéhydes (n° 1) – à bien distinguer des aldéhydes aromatiques – dans l’élément Terre. Cela nous renvoie aux huiles essentielles de citronnelles (Java, Inde), de lemongrass, de mélisse, de verveine citronnée… et donc à leur action sur la structure et la matière du corps (les os, les articulations, les muscles).

Je refais donc un joli schéma (qui superpose la croix élémentaire et la cartographie moléculaire) :

cartographie élémentaire

Voilà. Dès que le temps me le permettra, nous approcherons en détails chaque quart, avec des exemples triés sur le volet. Je passerai donc au gril un bon paquet d’huiles essentielles pour chacun des quatre éléments.
D’ici là (rappelez-vous qu’aucune huile essentielle n’est constituée que d’un seul et unique élément – c’est une note qui va être très utile pour la suite), je vous dis à bientôt :-)

© Books of Dante – 2015

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13 réflexions sur “L’aromathérapie et les 4 éléments [Partie 1]

  1. Bonjour,
    Merci pour vos articles toujours très intéressants…passionnants!
    Je suis une praticienne exigeante en astrologie. J’utilise également la Cohérence Cardiaque apprise avec ce cher David Servan-Schreiber, quelques séances de la méthode Vittoz et les huiles essentielles en olfactothérapie après des stages avec J.CH. Sommerard, M. Faucon et un autre, mais peu recommandable…
    Votre blog est un livre ouvert sur la nature, il est exigeant et remarquable ! Cependant, en lisant un article, j’ai un doute sur l’huile essentielle de Romarin officinal à camphre qui serait pour l’hypotension et également pour l’hypertension. Je la connaissais comme tonicardiaque, hypotensive et pour l’hypertension cérébrale mais je me demande si elle a ce pouvoir d’aider les personnes qui ont une tension artérielle anormalement basse et d’autres qui ont la tension anormalement haute (?). Je pense a une erreur mais je ne suis pas une experte. Votre réponse me rassurera. Merci !
    Belle journée.
    Cordialement.
    Nicole

    Aimé par 2 people

  2. Bonjour Nicole :) Je vous remercie de votre enthousiasme et partage votre avis sur la question de l’exigence, un sujet d’étude tel que l’aromathérapie ne saurait se passer de la rigueur nécessaire, c’est à ce prix qu’elle est une pratique respectée et respectable.
    Au sujet de ce personnage peu recommandable, je crois avoir une petite idée sur son identité ^_^ Si c’est celui auquel je pense, alors nous portons lui et moi le même prénom.
    Venons-en à quelque chose de plus intéressant maintenant. L’HE de romarin off. CT camphre est effectivement cardiotonique. C’est principalement le camphre qui est responsable de cette activité. Mais comme cette molécule est également active sur la circulation sanguine dans les capillaires et que, de plus, elle est vasodilatatrice, elle agit sur l’hypertension périphérique de manière indirecte.
    Belle journée !
    Cordialement,
    Gilles

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  3. Bonjour Monsieur,
    Tout comme Nicole j ai beaucoup de plaisir à lire vos articles qui sont de véritables mines d or !! MERCI de votre générosité !!
    Peut etre pourriez vous me guider. Je recherche désespéremment sur Paris ou Bretagne un bon atelier d aromatherapie energétique mais je n en trouve point.
    Merci de votre aide
    Je vous souhaite un bel été
    Cordialement
    Penelope

    Aimé par 1 personne

  4. Bonjour,

    Merci pour votre exposé si intéressant.
    Néanmoins, je me disais que dans le cas de molécules apolaires, on aurait pu attribuer un milieu, et l’inverse pour les molécules polaires, ce qui décalerai tout le tableau.
    Comment avez-vous choisi d’associer les molécules polaires à un milieu sec, et d’associer les molécules apolaires à un milieu humide ?

    Belle soirée
    Reasmey

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    • argh, je ne peux pas éditer mon commentaire.
      Donc, je disais, pour les molécules apolaires attribuer un milieu sec, et l’inverse pour les polaires, attribuer un milieu humide, ce qui décalerai tout le tableau.

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    • D’autre part, dans le cadre que vous avez défini comme « feu », il y a des phénols anti-pyrétiques. Est-ce que ça ne serait pas anti-nomique ?

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      • De même que toutes les molécules anti-inflammatoires n’appartiennent pas nécessairement à l’élément Eau… Tout ceci n’est qu’une ébauche, non une volonté de ma part de cloisonner coûte que coûte toutes les molécules aromatiques en des compartiments bien étanches. Aussi, il est bien évident que certaines d’entre elles échappent au schéma de pensée que j’ai élaboré.

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    • Bonjour,

      « Comment avez-vous choisi d’associer les molécules polaires à un milieu sec, et d’associer les molécules apolaires à un milieu humide ? » Ce qui est parfaitement illogique, n’est-ce pas ? Cela ne procède que d’une coquille de ma part, les mots apolaire et polaire étant, eux, inversés sur mon schéma. Il me faut donc rectifier la chose. Il est bien évident que les molécules polaires tendent à l’humide, comme l’eau, par exemple.

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      • Ah ! merci pour ces lumières :)
        Je n’ai pas trouvé le référentiel bio-électronique dnas la littérature. Quelle est votre référence ? :D

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  5. Initialement, on trouve cela dans l’ouvrage de Franchomme et Pénoël intitulé « L’aromathérapie exactement ». Par ailleurs, cette notion est également abordée dans le « Traité d’aromathérapie scientifique et médicale » de Michel Faucon.

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    • Ah merci, j’ai reçu le livre de franchomme il y a peu. En revanche, je viens de vérifier le diagramme, et les molécules polaires sont bien à gauche et apolaires à droite. Vous n’avez pas fait de coquille.

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