L’oignon (Allium cepa)

Oignons

Il semble que l’oignon actuel soit dérivé de formes d’oignons sauvages issus d’Asie occidentale (Afghanistan, Baloutchistan). Il s’est répandu aux temps préhistoriques, aussi bien en Inde (où son nom sanskrit – bhutagnas – signifie  »tueur de monstres ») qu’en Égypte où il est très tôt cultivé : il y a 5 000 ans au moins, il a donc été contemporain de l’ail à l’époque de la pyramide de Khéops. Il n’avait alors pas que valeur nutritive (les oignons égyptiens étaient gros et doux semble-t-il) mais aussi religieuse (cf. la cérémonie mortuaire dite de « l’ouverture de la bouche »). C’est une plante étroitement liée au culte d’Osiris, une divinité qui incarne le développement végétatif, symbolique propre à l’oignon qui se multiplie en se divisant… Tout comme l’ail, par sa forte odeur, il chassait les mauvais esprits. C’est lui qui aurait mis en déroute le dieu Seth…
Au temps d’Homère, l’oignon est déjà connu des Grecs. Petit à petit, on observera que cette plante sera de moins en moins employée à des fins religieuses par les prêtres. En effet, difficile de se concilier les dieux avec une haleine chargée, pensait-on. Des dieux que certains n’hésitèrent pas à contraindre par l’intermédiaire de rituels mettant en œuvre des mixtures où se mêlaient ail, oignon, sang, excréments, etc.
Du côté des Romains, celui que Columelle nomme unio, occupe deux places : celle d’aliment (les Romains étaient de gros consommateurs d’oignon) et celle de médicament (on lui reconnaît des vertus diurétiques, toniques et anti-infectieuses). Ce sont probablement les Romains qui firent pénétrer l’oignon au nord de l’Europe. C’est sans doute pourquoi il est toujours populaire au Moyen-Âge au-delà des frontières de l’ancien empire romain (il est mentionné – uniones – dans le Capitulaire de Villis). Il y sera abondamment consommé, bien plus que l’ail, puisqu’il accompagne viandes, volailles, poissons et soupes.
Au tout début du XVI ème siècle, on le retrouve enluminé dans un livre d’heure commandé par la reine Anne de Bretagne (Les Grandes Heures d’Anne de Bretagne). Il est alors orthographié ongnons.
L’oignon fera tant d’émules qu’au début du XX ème siècle (1929), une secte appelée « les adorateurs de l’oignon » apparaîtra…

Oignon_Grandes_heures_Anne_de_Bretagne

L’oignon, tout comme l’ail et le poireau, appartient à la famille des Alliacées. C’est une plante bisannuelle qui peut atteindre un mètre de hauteur. Les feuilles vertes sont tubulaires et creuses, ainsi que la tige florale qui présente un renflement à sa base – le bulbe – et de minuscules fleurs blanches ou vertes en ombelle globuleuse à son sommet.
Aujourd’hui, on le cultive dans le monde entier.

1. L’oignon : description et composition

Si l’aromathérapie concentre son attention sur le bulbe de l’oignon (distillé tout comme les gousses d’ail), la phytothérapie utilise le bulbe et parfois le feuillage de l’oignon, plus rarement les pelures et les jeunes radicelles. Riche en vitamines (A, B, C) et en oligo-éléments (sodium, potassium, silice, iode, fer, soufre), l’oignon est un alicament revitalisant et minéralisant. Facteur de santé et de longévité, il est anti-oxydant (rH2 à 12) et légèrement acide (pH 6,5). La Bulgarie, qui est grande consommatrice d’oignon, compte de nombreux centenaires parmi sa population.
Tout comme l’huile essentielle d’ail, l’huile essentielle d’oignon contient une forte proportion de composés soufrés qui donne à cette huile essentielle une sulfureuse odeur, particulièrement piquante et irritante, mais aussi lacrymogène !

2. Propriétés thérapeutiques

  • Anti-infectieux, antiseptique
  • Apéritif, tonique digestif, carminatif, antifermentaire intestinal, antiparasitaire intestinal
  • Expectorant, anticatarrhale bronchique
  • Stimulant général (physique et intellectuel)
  • Diurétique, éliminateur de l’urée et des chlorures
  • Hypoglycémiant
  • Hypocholestérolémiant
  • Antirhumatismal
  • Antiscléreux
  • Curatif cutané et capillaire
  • Aphrodisiaque
  • Insectifuge

Lorsque l’oignon est cru, on note une action au niveau du système urinaire alors que cuit il est actif sur le tube digestif. Dans ce dernier cas, il est aussi émollient et adoucissant.

Petit focus sur le soufre

Le soufre, tout comme une multitude d’éléments d’origine minérale que recèle le corps humain, est nécessaire à l’organisme afin d’assurer correctement ses fonctions. Comme pour tout, la juste dose est requise. Si vous ne consommez que peu ou pas du tout d’ail et d’oignon, sachez qu’on trouve du soufre dans les fruits et légumes suivants : radis rose, radis noir, pomme de terre, cresson, concombre, épinard, fenouil, persil, fraise, datte, amande, châtaigne, coing, etc.
En tant que matière médicale, le soufre possède une action dépurative et anti-infectieuse, d’un point de vue général mais plus particulièrement intestinal. Il joue un rôle au niveau du cholestérol dont il abaisse le taux dans le sang. C’est lui qui dote en partie l’ail et l’oignon de certaines de leurs vertus (rhumatisme, arthritisme, artériosclérose, affections pulmonaires, colites, sinusite, hypertension, diabète, etc.).

soufre

3. Usages thérapeutiques

  • Troubles de la sphère digestive : colites infectieuses, constipation, diarrhée, flatulences, vers intestinaux (oxyures), atonie digestive
  • Troubles de la sphère respiratoire et ORL : rhume, toux, toux rebelle, coqueluche, catarrhe bronchique, asthme, laryngite, surdité, bourdonnements d’oreilles
  • Rétentions liquidiennes : œdèmes, ascite, cirrhose, pleurésie, péricardite
  • Asthénie, fatigue générale, surmenage
  • Rhumatisme, arthritisme
  • Maux bucco-dentaires : névralgies dentaires, stomatites, autres affections bucco-pharyngées
  • Troubles cutanés : abcès, panaris, furoncles, verrues, cors, plaies, ulcères, brûlures, piqûres d’insectes (abeille, guêpe), taches de rousseur

Dépuratif, l’oignon draine un certain nombre de substances hors de l’organisme ou en fait baisser le taux : chlorure de sodium, cholestérol, glucose sanguin, urée, albumine. En ce qui concerne le diabète, on a découvert en 1923 que l’oignon contenait une forme d’insuline végétale hypoglycémiante, la glucokinine. Elle provoque une baisse du taux de sucre dans le sang. Si son action est plus longue à se manifester, elle est surtout plus durable dans le temps que l’insuline.

4. Modes d’emploi

En huile essentielle pour les plus courageux. Au-delà, l’oignon cru comme cuit offre bien des services. Cru, il peut entrer dans un rite de consommation quotidienne, comme l’ail. Il peut aussi être pilé en cataplasme, son suc utilisé en friction et compresse. Cuit, on le mêle à une matière grasse comme liniment ; cataplasme tiède, infusion, décoction, macération, sirop sont également possibles.
A noter : les oignons cultivés dans le sud de la France sont doux et sucrés, ils se prêtent mieux à un usage alimentaire, alors que les oignons septentrionaux, plus âcres, se réservent davantage aux pratiques médicinales.

5. Contre-indications et autres usages

  • Cuisine : l’oignon est particulièrement connu pour les usages culinaires qu’on en a fait depuis fort longtemps. Bien plus que l’ail, il est un ingrédient indispensable à bien des cuisines (France, Italie, Angleterre, Allemagne, Maghreb, etc.). Il en existe plusieurs variétés (jaunes, rouges, blancs, à grelots, doux…). Les recettes dans lesquelles il rentre en composition sont innombrables, mais on peut noter ici quelques grands classiques tels que la soupe à l’oignon, la tarde du même nom et le confit, dont la douceur n’a d’égal que l’onctuosité.

  • Florithérapie : il existe un élixir floral à base de fleurs d’oignon. Il prend en charge les libérations émotionnelles afin de surmonter d’anciens chocs non résolus.

  • Trucs et astuces pour la maison : à l’aide d’un oignon coupé en deux, on peut accomplit bien des tâches comme, par exemple, préserver de la rouille des objets métalliques, nettoyer vitres et miroirs, redonner de l’éclat à un objet en cuir, etc.

  • Toxicité : l’huile essentielle d’oignon est dermocaustique et révulsive. L’oignon, sous sa forme bulbaire, peut être consommé par la plupart des estomacs. Cependant, on l’évitera en cas de pathologies hémorragiques et d’affections dartreuses. Par ailleurs, les personnes qui souffrent d’hyperacidité gastrique éviteront de manger de l’oignon à l’état cru. En effet, ce dernier augmente l’acidité des sucs gastriques. Enfin, dans tous les cas, on évitera le contact avec les yeux.

© Books of Dante – 2014

Découvrez mon nouveau livre !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s