L’achillée millefeuille

Synonymes : herbe aux militaires, herbe aux charpentiers, herbe aux coupures, herbe de la Saint-Jean, saigne-nez, millefeuille…

Ses multiples noms (herbe aux coupures, saigne-nez, herbe aux militaires) font directement référence à ses propriétés médicinales, hormis les deux principaux : achillée et millefeuille. Si le second évoque l’aspect finement découpé de ses feuilles, le premier tire son origine du héros grec Achille. Vénus l’en enduisit afin de le rendre in-vulnérable, c’est-à-dire impossible à blesser (du latin vulnerare, qu’on retrouve dans vulnéraire, propriété de l’achillée qui lui a valu le surnom d’herbe aux coupures.) C’est à travers cela que l’achillée est un bouclier et qu’elle n’apprécie pas les blessures. Mais c’était sans compter sur le fameux talon…

Sa réputation médicinale est déjà fort ancienne. On a retrouvé du pollen d’achillée dans une sépulture néandertalienne irakienne (site de Shanidar) aux côtés de pollens d’autres plantes médicinales. L’achillée faisait donc très probablement partie de la pharmacopée de l’homme de Neandertal il y a de cela près de 50 000 ans !
Plus récemment, Dioscoride mit à l’honneur les vertus hémostatiques de l’achillée en disant d’elle qu’elle est « d’une efficacité incomparable contre les plaies saignantes, les ulcères anciens ou récents. » Un peu plus tôt déjà, Hippocrate l’avait indiquée dans des cas d’hémorroïdes douloureuses.

Connue des Amérindiens d’Amérique du Nord, l’achillée était utilisée en décoction comme fortifiant alors qu’en fumigation sèche, elle se destinait à éloigner les mauvais esprits. Habitude que l’on retrouvait également en Europe quand on brûlait parfois de l’achillée dans les étables afin d’en éloigner les maléfices. Le feu encore révélait aux jeunes filles le visage de leur futur époux lorsqu’elles jetaient des tiges d’achillée dans l’âtre.

Quand on considère les propriétés médicinales de l’achillée millefeuille, on se rend compte qu’elles ont plus ou moins un rapport avec le sang : que ce soit les saignements naturels (menstruations), les saignements accidentels (blessures, coupures, etc.) ou bien la circulation sanguine, on peut dire que l’achillée se prête à merveille à l’exercice.
Cicatrisante interne comme externe, l’achillée a longtemps été dévolue à la guérison des maux saignants, au XIX ème siècle, Cazin l’indiquera contre certaines affections veineuses ainsi que dans les spasmes d’origine utérine.

Par ses qualités astringentes (c’est-à-dire permettant de resserrer les tissus de la peau, ce qui trahi la présence de tanins dans cette plante), cicatrisantes et hémostatiques, c’est la plante aux coupures. On l’emploiera surtout en externe dans des cas de brûlures légères, de plaies, de coupures, d’inflammations de la peau et des muqueuses, d’ulcères de la jambe, de crevasses, d’engelures, de gerçures, d’eczéma et autres dermatoses. Son action en interne portera sur hémorroïdes et varices, jambes lourdes et fatiguées, phlébites et hémoptysie également.
Enfin, ses propriétés emménagogues et son pouvoir sédatif utéro-ovarien font d’elle une autre plante de la Femme avec sauge et armoise. L’achillée régule le cycle menstruel (douleurs prémenstruelles, douleurs pelviennes, règles douloureuses et abondantes, aménorrhée, spasmes des voies utérines, métrorragie) et permet de lutter contre certains troubles de la ménopause.

On utilisera efficacement l’achillée en infusion ou en décoction à l’eau ou au vin. On pourra aussi utilisé le suc de la plante fraîche.

On peut observer des cas d’irritations cutanées au contact de cette plante, bien que cela ne soit pas systématique. En revanche, il est plus que conseillé de ne pas s’exposer au soleil pendant une cure d’achillée du fait de la présence de coumarines dans la plante, substances susceptibles de provoquer des dermatites (comme c’est le cas du millepertuis, de la berce et de toutes les plantes à coumarines.)

L’achillée est aromatique et comestible. On peut, par exemple, s’en servir comme le persil et en saupoudrer une salade. Quant aux fleurs, elles parfument agréablement thé, infusion, liqueurs ou limonade.

L’achillée est une plante vivace à rhizomes qui peut facilement atteindre 50 cm de hauteur et coloniser des terrains entiers bien qu’elle ne soit plus aussi fréquente qu’auparavant car elle est vulnérable aux pesticides (est-ce là son talon ?)
Ses tiges sont non ramifiées. Ce n’est qu’au sommet de la tige qu’apparaissent des ramifications qui portent des capitules de fleurs blanches, voire légèrement rosâtres parfois, modification chromatique observable en montagne, en particulier. La floraison débute au mois de mai pour s’achever en octobre, voire en novembre. Prévoyez le mois de juillet pour une récolte.
Les feuilles, qui valent à l’achillée son surnom de millefeuille et de sourcil de vénus, sont longues et découpées comme une fine dentelle.
L’achillée se plaît sur les sols secs tels que prairies, terrains vagues et caillouteux, lisières des bois, zones incultes. On la trouve jusqu’à 2 000 m d’altitude.

Achillée millefeuille

L’achillée en phytothérapie :

1. Parties utilisées : fleurs, feuilles

2. Propriétés médicinales :

  • Antispasmodique intestinal, digestive, cholagogue
  • Antalgique, analgésique, anti-inflammatoire
  • Astringente, hémostatique, cicatrisante
  • Sédative utéro-ovarien, favorise les règles
  • Diurétique, dépurative
  • Tonique

3. Usages médicinaux :

  • Troubles gastro-intestinaux maux d’estomac, spasmes gastriques, spasmes intestinaux
  • Troubles gynécologique : problèmes prémenstruels, spasmes des voies utérines, troubles de la ménopause, pertes blanches, blennorragie
  • Troubles cutanés : brûlures légères, plaies, inflammation de la peau et des muqueuses, ulcère de la jambe, crevasse du mamelon, eczéma
  • Troubles circulatoires : hémorroïdes, varices, phlébites
  • Goutte, douleurs rhumatismales, inflammations articulaires
  • Lithiases biliaires et urinaires

4. Contre-indications et autres usages :

  • L’achillée est une plante déconseillée durant la grossesse. Photosensibilisation à haute dose. Ne pas s’exposer au soleil durant une cure. Risque de réactions cutanées chez certaines personnes.
  • La feuille d’achillée est aromatique. On peut la hacher tel du persil afin d’en saupoudrer les salades. Quant aux fleurs, elles parfument certaines liqueurs.
  • Il existe un élixir floral de fleurs d’achillée. Il s’adresse à des personnes sensibles dont la tendance majeure consiste à s’identifier aux émotions des autres, une empathie, en somme. Il sera aussi très utile pour des personnes facilement influençables.

© Books of Dante – 2014

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