Le curcuma, ami du foie et du système digestif

Matière médicale, plante tinctoriale mais aussi épice, le curcuma prodigue ses bienfaits aux hommes depuis 3 000 ans. Cette plante vivace, dont certains spécimens ornent les boutiques des fleuristes, est surtout connue pour ses parties souterraines qui, à la manière du gingembre, sont constituées de rhizomes. Originaire d’Asie tropicale, le curcuma est cultivé depuis longtemps sous ces latitudes, c’est-à-dire des régions pluvieuses et procurant la chaleur nécessaire pour que puisse s’épanouir celui que les Anglais nomment turmeric. On le trouve donc en Inde, en Chine, en Indonésie, en Birmanie, au Bangladesh, mais aussi hors d’Asie (Amérique du sud, Antilles, Madagascar).

Curcuma partie supérieure
Le curcuma porte de grandes et longues feuilles brillantes et pointues. Ses fleurs jaune pâle sont enserrées par des bractées de couleur rose disposées en épi.

Curcuma rhizome et poudre
Le rhizome du curcuma est formé d’un réseau de tubercules ramifiés et de forme ovoïde.

Le curcuma est connu du monde occidental depuis l’Antiquité si l’on en croit les descriptions qu’en donne Dioscoride. En Europe, au XVII ème siècle, Lémery le considérait comme apéritif et comme « propre à lever les obstructions de la rate, à soigner la jaunisse et la pierre » (par pierre entendre lithiase). Au XIX ème siècle, il était utilisé comme stimulant du foie et tonique des fonctions digestives et diurétiques. Enfin, au XX ème siècle, le médecin français Henri Leclerc reprendra un certain nombre de ces indications thérapeutiques.

Pour les Louchais de Birmanie, le rhizome du curcuma représente la matrice d’où serait issu l’Univers du fait de sa ressemblance avec un gros œuf. En Malaisie et en Indonésie, on purifie les lieux où se tiennent les cérémonies magiques avec du curcuma dilué dans de l’eau salée en l’aspergeant à l’aide des larges feuilles de la plante. Ces rituels d’aspersion se retrouvent également lors des cérémonies de mariage.

1. L’huile essentielle de Curcuma longa : description et composition

On distille aussi bien le rhizome sec (lavé, séché au soleil pendant 8 jours puis broyé et pulvérisé) que frais. Le parfum de l’huile essentielle obtenue dans les deux cas est différent. Douceâtre et mielleux pour le curcuma frais, il est nettement terreux pour le curcuma sec. Le rendement, élevé, est compris entre 4 et 6 %. La composition biochimique s’en trouve également modifiée comme nous pouvons le constater à travers ces extraits de chromatographie en phase gazeuse portant sur deux lots :

Tableau composition biochimique HE curcuma

On alloue à l’huile essentielle de curcuma frais des propriétés similaires à celle de curcuma sec mais beaucoup puissantes.

2. Propriétés thérapeutiques

  • Stimulante hépatique, régénératrice hépatique, hépatoprotectrice
  • Hypocholestérolémiante
  • Cholagogue, cholérétique
  • Tonique circulatoire, fluidifiante du sang
  • Apéritive, digestive, carminative, anthelminthique
  • Antibactérienne, antifongique
  • Antalgique, anti-inflammatoire, antirhumatismale
  • Cicatrisante
  • Anti-oxydante (cinq fois plus puissante que la vitamine E)
  • Négativante
  • Préventive des cancers et des maladies dégénératives, antimutagène, anticarcinogène (on a observé que les cas de cancer du côlon sont beaucoup moins fréquents dans les aires de consommation régulière du curcuma)

3. Usages thérapeutiques

  • Troubles hépato-biliaires : insuffisance hépato-biliaire, métabolisation des graisses, excès de cholestérol, lithiase biliaire
  • Troubles digestifs : insuffisance digestive, lourdeur digestive, ballonnement, aérocolie, colite, inflammation des muqueuses gastriques et intestinales, inflammation du côlon, maladie de Crohn, parasites intestinaux
  • Douleurs rhumatismales, articulaires et musculaires, crampes
  • Dermatoses (acné, eczéma)

En Malaisie, ainsi qu’en Inde, on retrouve l’emploi du curcuma à travers les grands points évoqués ci-dessus : le foie, la vésicule biliaire, le système digestif, la peau et les muscles.

4. Contre-indications et autres usages

  • Le curcuma est une épice parfois confondue avec le safran, lequel n’a pas la même origine et encore moins la même valeur. Sans doute que les nombreux noms vernaculaires du curcuma (safran des Indes, racine de safran, safran vert, safran Bourbon, safran péi, etc.) auront entretenu cette confusion.
  • Il est, avec la coriandre et nombre d’autres épices (cannelle, gingembre, muscade, clou de girofle, etc.) l’un des principaux éléments du curry, mélange d’épices avec lequel le curcuma est souvent confondu.
  • C’est aussi une plante tinctoriale. On en tire un colorant naturel de couleur jaune d’or destiné à teinter le bois, le cuir, le papier mais également les étoffes de soie et de laine. C’est avec son aide que l’on colore les costumes des moines bouddhistes. La curcumine brute (E 100) est, quant à elle, un colorant alimentaire très utilisé (fromages, beurre).
  • On évitera l’emploi de l’huile essentielle de curcuma chez le bébé et l’enfant, en cas de grossesse (huile essentielle potentiellement neurotoxique et abortive en présence de cétones). Enfin, les personnes qui présentent un faible taux de plaquettes sanguines ainsi que celles employant des médicaments à vertu anticoagulante feront de cette huile essentielle un usage prudent.
  • Il existe des espèces similaires, attention de ne pas faire de confusion entre le curcuma présenté dans cet article et d’autres curcumas : Curcuma zedoaria, Curcuma xanthorrhiza, Curcuma aromatica et Curcuma mangga. S’ils présentent tous la particularité de produire une huile essentielle, de l’un à l’autre on obtient des produits aux compositions biochimiques bien différentes. Si Valnet évoque les propriétés de l’un d’eux (Curcuma xanthorrhiza) et que Pénoël/Franchomme rapportent quelques informations à propos d’un autre (Curcuma zedoaria), le curcuma principalement utilisé en aromathérapie demeure bien le Curcuma longa. Si les propriétés thérapeutiques de ces trois derniers curcumas sont relativement proches, il apparaît que certaines molécules contenues dans C. zedoaria et C. xanthorrhiza sont beaucoup plus délicates à employer que celles de C. longa.

© Books of Dante – 2014

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4 réflexions sur “Le curcuma, ami du foie et du système digestif

  1. Du coup il va me falloir du curcuma…hihi
    J’ai croisé ça => Le curcuma a longtemps été appelé turmeric, qui vient du latin terra merita, ce qui signifie terre intéressante. Il est toujours appelé turmeric en anglais.

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