Le Lamier Blanc (Lamium album)

Synonymes : Ortie blanche, Ortie morte, Ortie folle, Fausse ortie.

Si l’ortie est parée des attributs de Mars, le lamier a fait en sorte de lui ressembler, en apparence seulement. A moins que cela ne soit l’inverse. Ce dernier porte en lui la beauté, la patience et la douceur, toutes féminines. Cependant, forme d’ombre au tableau, le lamier tire son nom du grec lamia qui signifie ogresse. Voilà qui tranche de manière singulière avec ce que nous disions plus haut. Pourquoi une telle fantaisie ? Simplement, parce que les anciens virent dans la forme de ses fleurs une gueule largement ouverte (selon Nicolas Lémery (1645-1715), lamium provient d’un mot grec qui signifie lutin  « dont on fait peur aux enfants, comme si on cherchait à les dévorer ; on a voulu voir dans la fleur une ressemblance au visage de ce prétendu phantôme. »)

Si l’ortie pique pour de vrai et inflige de brûlantes caresses, il n’en est rien du lamier. La ressemblance est avant tout visuelle. Mais lamier blanc et ortie sont deux espèces botaniquement distinctes puisqu’on aura classé la première aux côtés des menthes et des sauges (lamiacées) alors que la seconde est incluse dans un groupe botanique qui porte bien son nom : les urticacées.

Si l’on trouve régulièrement l’un aux côtés de l’autre, ça n’est pas un simple hasard. Le lamier trouve protection auprès des colonies urticantes. Et se met ainsi hors de portée des animaux herbivores. D’où les éventuels risques de confusions. Ainsi donc a-t-on nommé le lamier par d’autres noms – ortie blanche (cf. la couleur de ses fleurs), ortie morte (cf. l’absence de piqûres) – qui marquent bien la ressemblance entre les deux plantes.

Autre plante de la Femme, le lamier ? Non ? Si ! Bingo ! C’est un grand remède gynécologique « propre pour arrêter les fleurs blanches des femmes » nous dira Dodoens au XVI ème siècle (cf. la théorie des signatures), bien qu’il soit mentionné pour la première fois au Moyen-Âge au IX ème siècle.

Ainsi, règles douloureuses, irrégulières, surabondantes ne résistent pas au lamier, tonique utérin. Lié au sang, le lamier exerce une action en interne (tonique sanguin, dépuratif, vasoconstricteur, astringent) comme en externe (astringent, cicatrisant, hémostatique). Dans le premier cas, il s’occupera de problèmes de varices, d’hémorroïdes, d’hémoptysie et autres hémorragies. En externe, on l’appliquera sur brûlures, blessures, coups et eczéma. Enfin, adoucissant et émollient, il sera très utile dans les affections de la gorge et du pharynx.

Très commun, sans être banal, le lamier vit essentiellement en colonies lesquelles se développent grâce à un système de stolons et de rhizomes.

Les tiges du lamier ont une section carrée, elles sont creuses et non ramifiées et permettent à la plante d’atteindre une taille comprise entre 20 et 50 cm. Les feuilles inférieures sont dentées et cordiformes alors que les supérieures sont plus effilées et présentent une texture rugueuse.

Les fleurs se présentent sous la forme d’un casque blanc ; tubulées et mellifères, elles apparaissent entre le début du printemps et l’hiver.

En France, elle est absente de la région méditerranéenne, partout ailleurs, elle se plaira en plaine comme en montagne (2 000 m maximum), sur sols fertiles et incultes, dans les haies, au bord des routes, près des habitations, etc.

D’un point de vue culinaire, on utilise les jeunes pousses en les cuisinant comme les épinards. Elles peuvent être cuites en soupe et potage, aromatiser des sauces, être mangées en salade, etc. Quant aux fleurs, on les utilise dans des tisanes, sirops, vins. On récoltera fleurs et feuilles entre juin et octobre.

Les cousins du lamier blanc : le lamier maculé (Lamium maculatum), le lamier pourpre (Lamium purpureum), le lamier jaune (Lamium luteum).

 Image

© Books of Dante – 2013

Le lamier blanc en thérapie :

1. Parties utilisées

* Fleurs, feuilles

 2. Principes actifs

* Mucilages, saponines, tannins, acide gallique, potassium, huile essentielle

3. Propriétés thérapeutiques

* Anti-inflammatoire, fébrifuge, apéritive, dépurative (reins, vessie, voies digestives), diurétique, tonique sanguine, tonique utérine, vasoconstrictrice, astringente, cicatrisante, fongicide, antispasmodique

4. Usages thérapeutiques

* Problèmes gynécologiques (règles douloureuses et/ou irrégulières, métrorragie, pertes blanches, écoulements vaginaux), problèmes circulatoires (varices, hémorroïdes), inflammation de la matrice de l’ongle, affections oculaires, brûlures, coups, eczéma, cystite, affections gastro-intestinales (diarrhées, dysenterie), pharyngites, stomatites, catarrhe

© Books of Dante – 2010

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