Aromathérapie et femmes enceintes ou allaitant, aromathérapie et jeunes enfants

Puisque la question m’a été récemment posée, petit tour d’horizon…

1. Les huiles essentielles à pointer du doigt dans le cas qui nous (pré)occupe

Les huiles essentielles réglementées

Selon le Journal Officiel n° 182 du 8 août 2007, leur nombre est fixé à 15. Ces huiles essentielles sont toutes neurotoxiques sauf indications autres. Elles sont donc purement interdites d’emploi aromathérapeutique quel qu’il soit chez le bébé, l’enfant, la femme enceinte ou allaitant.

Elles sont placées sous le monopole du pharmacien, on n’en trouvera donc aucune en vente libre en France. En principe…

Ces huiles essentielles sont les suivantes : cèdre blanc ou thuya du Canada (Thuya occidentalis), cèdre de Corée (Thuya koraenensis nakai), thuya (Thuya plicata), sauge officinale (Salvia officinalis), tanaisie (Tanacetum vulgare), grande absinthe (Artemisia absinthium), petite absinthe (Artemisia pontica), armoise arborescente (Artemisia arborescens), armoise blanche (Artemisia herba-alba), hysope officinale (Hyssopus officinalis), sabine (Juniperus sabina), rue fétide (Ruta graveolens), chénopode vermifuge (Chenopodium ambrosioides), moutarde jonctiforme (Brassica juncea), sassafras (Sassafras albidum). Cette dernière est dite cancérigène hépatique.

Les huiles essentielles en vente libre

Parmi la foule d’huiles essentielles présentes à la vente libre en France et avec l’engouement pour l’aromathérapie et les huiles essentielles et essences en général ces dernières décennies, il est bon de savoir repérer ce qui est convenable de ce qui ne l’est pas. Aussi, avant tout achat, veuillez vous référer aux pages 23 et suivantes de mon premier ouvrage. Parce que tout ce qui est en vente libre n’est pas forcément de bonne qualité selon les cas. Il est donc bon de faire le tri, mais avant tout, rappelons qu’en règle générale, les huiles essentielles sont contre-indiquées chez la femme enceinte ou allaitant, ainsi que chez le nourrisson et le jeune enfant de moins de 7 ans, parfois 12, sauf avis médical et/ou officinal contraire. Ce sont donc les exceptions qui seront soumises à conditions, bien entendu.

2. Huiles essentielles à proscrire durant toute la grossesse et autant que durera l’allaitement

  • Les huiles essentielles hépatotoxiques seront automatiquement éliminées de par les hautes teneurs en molécules aromatiques majoritaires qu’elles contiennent, toxiques pour le foie (carvacrol, thymol, eugénol, trans-anéthol, menthol, cinnamaldéhyde, etc.).

    Sont concernées les huiles essentielles suivantes : ajowan (Trachyspermum ammi), bay Saint-Thomas (Pimenta dioica), cannelle de Ceylan « écorce » (Cinnamomum zeylanicum), cannelle de Ceylan « feuilles » (Cinnamomum zeylanicum), giroflier (Eugenia caryophyllata), menthe des champs (Mentha arvensis), menthe poivrée (Mentha x piperita), origan compact (Origanum compactum), origan d’Espagne (Corydothymus capitatus), origan vulgaire (Origanum vulgare), sarriette des montagnes (Satureia montana), sarriette des jardins (Satureia hortensis), serpolet (Thymus serpyllum), thym à feuilles de sarriette (Thymus satureioides), thym vulgaire (Thymus vulgaris CT thymol, CT carvacrol).

  • Les huiles essentielles néphrotoxiques (susceptibles d’endommager les reins à hautes doses et durant une longue durée) : cyprès toujours vert (Cupressus sempervirens), genévrier commun (Juniperus communis), pin maritime « aiguilles » (Pinus pinaster), pin maritime « résine » (Pinus pinaster) (= HE de térébenthine), pin sylvestre (Pinus sylvester), sapin baumier (Abies balsamea), sapin blanc/pectiné/argenté (Abies alba).

  • Les huiles essentielles neurotoxiques et/ou abortives (contenant presque toutes des cétones monoterpéniques potentiellement neurotoxiques) : hysope officinale (Hyssopus officinalis), romarin officinal (Rosmarinus officinalis CT camphre, CT verbénone), sauge officinale (Salvia officinalis), thuya (Thuya occidentalis), lavande stoechade ou papillon (Lavandula stoechas), menthe pouliot (Mentha pulegium), etc.

    A cette liste, on ajoutera d’autres huiles essentielles, lesquelles contiennent également des cétones monoterpéniques ainsi que d’autres molécules problématiques : acore calame (Acorus calamus), aneth (Anethum graveolens), basilic tropical (Ocimum basilicum), camomille bleue (Tanacetum annuum), carvi (Carum carvi), estragon (Artemisia dracunculus), eucalyptus à cryptone (Eucalyptus polybractea CT cryptone), eucalyptus globuleux (Eucalyptus globulus), eucalyptus mentholé (Eucalyptus dives), hélichryse d’Italie (Helichrysum italicum ssp. serotinum), laurier noble (Laurus nobilis), lavande aspic (Lavandula latifolia), menthe des champs (Mentha arvensis), menthe poivrée (Mentha x piperita), menthe verte (Mentha spicata), muscade (Myristica fragrans), palmarosa (Cymbopogon martinii), persil (Petroselinum crispum), sauge d’Espagne (Salvia lavandulifolia).

  • Les huiles essentielles dites « hormon like » (ayant une action hormonale susceptible d’affecter le bon développement du fœtus) : anis vert (Pimpinella anisum), cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), cyprès toujours vert (Cupressus sempervirens), fenouil (Foeniculum vulgare), sauge d’Espagne (Salvia lavandulifolia), sauge sclarée (Salvia sclarea), etc.

  • Les huiles essentielles tératogènes (susceptibles de perturber le bon développement de l’embryon et pouvant occasionner des malformations) : gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens), gaulthérie odorante (Gaultheria fragrantissima).

3. Huiles essentielles à proscrire chez l’enfant

Tout d’abord, il faut savoir qu’on n’utilisera aucune huile essentielle avant l’âge de 36 mois.

  • Les huiles essentielles riches en 1-8 cinéole (ou eucalyptol) : boldo (Boldea frangrans), cajeput (Melaleuca cajeputii), eucalyptus globuleux (Eucalyptus globulus), eucalyptus radié (Eucalyptus radiata ssp. radiata), eucalyptus smithii (Eucalyptus smithii), hélichryse de Madagascar (Helichrysum bracteiferum), hysope couchée (Hyssopus officinalis var. decumbens), laurier noble (Laurus nobilis), lavande aspic (Lavandula latifolia), myrte rouge (Myrtus communis cineoliferum), myrte vert (Myrtus communis myrtenylactetiferum), niaouli (Melaleuca quinquenervia), ravintsara (Cinnamomum camphora CT 1-8 cinéole), romarin (Rosmarinus officinalis, tous chémotypes), saro (Cinnamosma fragrans).

  • Les huiles essentielles riches en alpha-pinène : ciste (Cistus ladaniferus), cyprès toujours vert (Cupressus sempervirens), encens (Boswellia carterii), épinette blanche (Picea glauca), épinette bleue (Picea pungens), épinette noire (Picea nigra), genévrier commun (Juniperus communis), hélichryse d’Italie (Helichrysum italicum var. serotinum), lentisque pistachier (Pistacia lentiscus), myrte rouge (Myrtus communis cineoliferum), myrte vert (Myrtus communis myrtenylactetiferum), pin maritime « aiguilles » (Pinus pinaster), pin maritime « résine » (Pinus pinaster) (= HE de térébenthine), pin sylvestre (Pinus sylvester), poivre noir (Piper nigrum), romarin (Rosmarinus officinalis, tous chémotypes), sapin blanc (Abies alba), sapin baumier (Abies balsamea).

L’eucalyptol et l’alpha-pinène sont des molécules présentes en assez grande quantité dans les deux listes ci-dessus. Elles font de ces huiles essentielles des produits déconseillés chez l’enfant, à plus fort raison chez le nourrisson.

  • Les huiles essentielles riches en cétones monoterpéniques.Ces huiles essentielles contiennent presque toutes des cétones monoterpéniques potentiellement neurotoxiques : hysope officinale (Hyssopus officinalis), romarin officinal (Rosmarinus officinalis CT camphre, CT verbénone), sauge officinale (Salvia officinalis), thuya (Thuya occidentalis), lavande stoechade ou papillon (Lavandula stoechas), menthe pouliot (Mentha pulegium), etc.

    A cette liste, on ajoutera d’autres huiles essentielles en vente libre, lesquelles contiennent également des cétones monoterpéniques ainsi que d’autres molécules problématiques : acore calame (Acorus calamus), aneth (Anethum graveolens), basilic tropical (Ocimum basilicum), camomille bleue (Tanacetum annuum), carvi (Carum carvi), estragon (Artemisia dracunculus), eucalyptus à cryptone (Eucalyptus polybractea CT cryptone), eucalyptus mentholé (Eucalyptus dives), laurier noble (Laurus nobilis), lavande aspic (Lavandula latifolia), lavande stoechade ou papillon (Lavandula stoechas), menthe des champs (Mentha arvensis), Menthe poivrée (Mentha x piperita), menthe verte (Mentha spicata), muscade (Myristica fragrans), myrique baumier (Myrica gale), persil (Petroselinum crispum), romarin (Rosmarinus officinalis, tous chémotypes), sauge d’Espagne (Salvia lavandulifolia).

  • Les huiles essentielles riches en phénols aromatiques (irritants et dermocaustiques) : ajowan (Trachyspermum ammi), basilic exotique (Ocimum basilicum ssp. basilicum), origan compact (Origanum compactum), origan d’Espagne (Corydothymus capitatus), origan vulgaire (Origanum vulgare), sarriette des jardins (Satureia hortensis), sarriette des montagnes (Satureia montana), serpolet (Thymus serpyllum), thym à feuilles de sarriette (Thymus satureioides), thym vulgaire (Thymus vulgaris CT thymol, CT carvacrol).

  • Autres huiles essentielles concernées : achillée millefeuille (Achillea millefolium), aneth (Anethum graveolens), camomille allemande (Matricaria chamomilla), camomille romaine (Anthemis nobilis), cannelle de Ceylan « écorce » (Cinnamomum zeylanicum), cannelle de Ceylan « feuilles » (Cinnamomum zeylanicum), cannelle de Chine (Cinnamomum cassia), cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), cumin (Cuminum cyminum), gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens), gaulthérie odorante (Gaultheria fragrantissima), giroflier (Eugenia caryophyllata), inule (Inula graveolens), lédon du Groenland (Ledum groenlandicum), myrrhe (Commiphora molmol), petit grain bigarade (Citrus aurantium ssp. amara), santal blanc (Santalum album), sauge sclarée (Salvia sclarea), vétiver (Vetiveria zizanoides).

4. Huiles essentielles et essences autorisées chez la femme enceinte, la femme allaitant, le nourrisson et le jeune enfant

  • Les essences : bergamote (Citrus bergamia), citron (Citrus lemon), mandarine « zeste » (Citrus reticulata), orange douce (Citrus sinensis), orange amère « zeste » (Citrus aurantium ssp. amara), pamplemousse (Citrus paradisii).

  • Les huiles essentielles : arbre à thé (Melaleuca alternifolia), basilic à linalol (Ocimum basilicum ssp. basilicum CT linalol), bois de rose (Aniba roseaodora), fenouil (Foeniculum vulgare) (durant l’allaitement seulement), giroflier (Eugenia caryophyllata) (durant l’accouchement seulement), néroli (Citrus aurantium ssp. amara), palmarosa (Cymbopogon martinii) (durant l’accouchement seulement), thym vulgaire à géraniol (Thymus vulgaris CT géraniol), thym vulgaire à linalol (Thymus vulgaris CT linalol).

5. Huiles essentielles utilisables durant la grossesse avec prudence à partir du 4 ème mois

Camomille allemande (Matricaria chamomilla), camomille romaine (Anthemis nobilis), cardamome (Elleteria cardamoma), cèdre de Virginie (Juniperus virginiana), ciste (Cistus ladaniferus), cumin (Cuminum cyminum), épinette noire (Picea nigra), eucalyptus citronné (Eucalyptus citriodora), eucalyptus radié (Eucalyptus radiata ssp. radiata), géranium (Pelargonium x asperum), gingembre (Zingiber officinalis), lavande fine (Lavandula angustifolia), marjolaine à coquilles (Origanum majorana), myrrhe (Commiphora molmol), niaouli (Melaleuca quinquenervia), petit grain bigarade (Citrus aurantium ssp. amara), pruche (Tsuga cadanensis), ravintsara (Cinnamomum camphora CT 1-8 cinéole), rose de Damas (Rosa damascena), verveine citronnée (Lippia citriodora), ylang-ylang (Cananga odorata).

Note : certaines contre-indications sont rédhibitoires (nourrissons, jeunes enfants, femmes enceintes ou allaitant). Dans de tels cas, les hydrolats sont un relais précieux car ils n’ont pas de restriction d’usage, sauf en cas d’allergie. Ils sont alors tout aussi contre-indiqués.

© Books of Dante

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4 réflexions sur “Aromathérapie et femmes enceintes ou allaitant, aromathérapie et jeunes enfants

  1. Bonjour,

    J’ai découvert votre blog aujourd’hui en cherchant de ci de là quelques informations sur internet… Enfin des informations sérieuses! Je souhaitais donc savoir si vous pourriez répondre à mes interrogations.
    Je viens d’apprendre ce week end que je suis enceinte (trois semaines de grossesse). Or, il y a de cela 10 jours, mon pharamacien m’avait conseillé un « médicament » à base d’huiles essentielles afin de venir à bout d’une infection urinaire… Il s’agissait de « Phytosun aroms » « Confort urinaire ». J’ai donc absorbé ces gélules pendant 4 jours, à raison de 2 le matin et 2 le soir, et non 6 par jour comme me l’avait indiqué mon pharmacien. Je ne connaissais pas du tout les huiles essentielles à ingérer et me méfiait un peu. Je précise qu’au moment des prises, j’ignorais ma grossesse, et ne cherchais pas à être enceinte. Dès mes premiers doutes, j’ai stoppé la prise de ces gélules après avoir lu les contre-indications sur la boite.
    Mes interrogations sont donc les suivantes : quels sont les possibles effets des huiles ingérées pour mon bébé? Quelles sont leurs probabilités? Ces possibles effets seront-ils visibles lors de mes prochains examens prénataux?
    Vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien porter à ma demande et vous félicitant du travail sur celui-ci accompli chaque jour,
    Cindy

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    • Bonjour,

      Après renseignements pris sur le site de Phytosun aroms, il s’avère que les quatre huiles essentielles constituant ce complexe (sarriette des montagnes, thym vulgaire à thymol, genévrier commun et romarin officinal CT 1-8 cinéole) sont toutes susceptibles de poser des problèmes. C’est pour cette raison que, à titre préventif, elles se trouvent indiquées dans l’article ci-dessus.

      Cependant, les prises que vous m’indiquez avoir ingérées présentent de bien trop faibles quantités pour constituer un quelconque danger. Selon la posologie fournie par Phytosun, il faut compter 6 gélules par jour durant 5 jours, soit la totalité du contenu de la boîte, or vous en avez pris seulement la moitié. Ce ne sont pas des gélules qui sont massivement dosées en raison des huiles essentielles qu’elles contiennent qui sont effectivement toutes antibactériennes à large spectre intervenant, entre autres, au niveau des infections urinaires. Mais vu la faiblesse des prises, tant en nombre de gélules qu’en durée d’utilisation, il n’est pas utile de s’inquiéter outre mesure. Des problèmes pourraient survenir en cas d’utilisation massive et prolongée, ce qui n’est pas le cas pour vous. Ceci dit, vous avez eu le bon réflexe, celui de vous tournez vers les contre-indications fournies. D’aventure, l’utilisation des huiles essentielles sera bien évidemment soumise à condition dans votre cas, car rien ne sert de tenter le diable.

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      • Bonjour je me trouve quasiment dans la même problématique, avec des gélules d’adp origan, à cause d’une candidose que je me traine depuis longtemps, le pharmacien m’a conseillé ces « cachets » effectivement cela fonctionne très bien, cependant pour la 1ère fois mes règles sont arrivées au 34eme jour, je me demande si je ne suis pas enceinte, l’origan peut il declencher les régles même si l’on est enceinte? Et croyais vous que cela cause un problème au foetus? Merci pour votre réponse cordialement.

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  2. Bonjour, dans un premier temps, arrêtez les prises de ces cachets si vous pensez être enceinte (l’origan étant contre-indiqué en ce cas). Puis effectuez un test de grossesse afin d’en être certaine. Si tel n’est pas le cas, vous avez deux options : poursuive ce traitement antifongique ou bien aller demander conseil au pharmacien qui vous a vendu ce médicament.
    D’après les données générales qui concernent l’origan et ses principaux constituants, rien ne permet de dire que cette plante déclenche les règles. Cordialement.

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