Aromathérapie : quelques définitions

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Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

Une huile essentielle est une substance volatile (qui s’évapore au contraire des huiles végétales) et odoriférante secrétée par une plante aromatique. Non pas seulement les plantes que l’on appelle « aromates » mais les plantes capables de dégager une odeur par au moins l’une de leurs parties. Une huile essentielle est donc la « signature » aromatique d’une plante.

Dans la nature, les plantes aromatiques présentent ce que l’on appelle des poches sécrétrices (ou glandes aromatiques) qui contiennent les essences aromatiques. Ces poches se situent sur les différentes parties des plantes, tantôt dans les feuilles, tantôt dans les pétales, etc. Parfois, on trouve sur une même plante plusieurs huiles essentielles (c’est le cas de l’oranger amer, par exemple). Ci-dessous, nous retrouvons ces différentes parties végétales et une plante pour exemple :

Les feuilles : mélisse officinale.

Les pétales : rose de Damas.

Les tiges et sommités fleuries : romarin officinal.

L’écorce : cannelle de Ceylan.

Le bois : santal blanc.

Le rhizome : gingembre officinal.

Une huile essentielle est une alchimie de multiples composants, des molécules biochimiques dont on distingue différentes familles (phénols*, cétones*, etc.). Ces familles moléculaires sont présentes d’une façon qui est particulière à chaque huile essentielle et leurs proportions peuvent varier en fonction de l’origine d’une plante (comme c’est le cas du romarin officinal dont l’huile essentielle varie en fonction de la provenance du romarin : France, Corse, Afrique du Nord, etc.) mais aussi en fonction de la période de l’année (l’huile essentielle de mélisse officinale ou de verveine odorante n’est pas la même avant et après floraison).

Chaque huile essentielle est unique, subtile mélange de composants dont le nombre est parfois très important. Par exemple, on trouve près de 70 constituants dans l’huile essentielle de romarin officinal, plus d’une centaine dans celle de ciste ladanifère, alors que l’huile essentielle de clou de girofle n’en contient guère plus d’une vingtaine.

Les huiles essentielles contiennent donc de la manière la plus concentrée qui soit les molécules aromatiques contenues dans les parties de la plante utilisées pour les extraire. Par exemple, l’huile essentielle de petit grain bigarade issue de la distillation des feuilles de l’oranger amer ne contient pas les mêmes molécules ni les mêmes propriétés que l’huile essentielle de néroli issue de la distillation des fleurs de ce même oranger.

L’extraction par distillation (cf. chapitre III) modifie par phénomènes thermiques la composition des huiles essentielles. Ainsi, l’huile essentielle de menthe poivrée extraite des feuilles de cette plante ne possède pas exactement les mêmes propriétés que cette même menthe poivrée quand celle-ci est utilisée dans le cadre d’un usage phytothérapeutique.

Qu’est-ce qu’une essence aromatique ?

Toute comme l’huile essentielle, une essence aromatique est une substance volatile et odoriférante extraite d’une plante aromatique. Une essence est donc également la « signature » aromatique d’une plante.

C’est le mode d’extraction (cf. chapitre III) qui détermine si l’on a affaire à une essence aromatique ou à une huile essentielle.

Une autre différence tient au fait qu’une huile essentielle étant issue d’une distillation à la vapeur d’eau est donc le résultat d’un traitement thermique d’une plante alors que l’essence aromatique ne subit aucun traitement thermique. Ainsi, l’essence contenue dans le péricarpe (le fameux zeste) d’un citron est de même nature que ce que contient un flacon d’essence de citron. Malheureusement, l’étiquetage de nombreux laboratoires entretient cette idée et fausse la définition stricte qui existe entre les huiles essentielles et les essences aromatiques. Ainsi donc, ne sont pas considérées comme huiles essentielles, les essences suivantes : citron, lime, orange douce, bergamote, pamplemousse, mandarine, etc.

5 réflexions sur “Aromathérapie : quelques définitions

  1. Bonjour,
    Site très intéressant !
    Vous faîtes référence dans cet article à un chapitre III. Il est caché où ?
    Amitiés.

    J'aime

  2. Bonjour,

    Ce n’est pas très long, je vous rassure. Voici ce « fameux » chapitre III :

    Si vous pincez un zeste de citron, il y a de fortes chances pour que vos yeux en fassent les frais. Si cette expérience vous est déjà arrivée, eh bien, sachez que vous avez extrait de façon mécanique un peu de l’essence aromatique contenue dans les poches sécrétrices du citron se trouvant dans le péricarpe. De même, si vous froissez doucement entre vos doigts des feuilles de menthe, vos doigts se couvrent aussitôt de l’odeur de la plante, c’est-à-dire de l’essence aromatique contenus dans ses feuilles.

    Ces deux anecdotes n’ont que peu à voir avec les modes d’extraction tels que pratiqués par l’industrie de l’aromathérapie. Dès lors qu’on veut tirer profit efficacement des bienfaits des huiles essentielles et des essences contenues dans les végétaux, il est bon de mettre des moyens à la hauteur de la tâche. C’est ce que nous allons maintenant découvrir.

     Première méthode : la distillation par entraînement à la vapeur d’eau

    C’est le mode d’extraction le plus utilisé parce qu’il convient à beaucoup de végétaux. La distillation met en œuvre trois facteurs clés, le Feu, l’Air et l’Eau (la plante représentant la Terre). Il s’agit de la transformation alchimique de la matière première en quinte essence. Comme dira Paracelse : « Ce que voient les yeux n’est pas le remède ; lorsque la distillation aura transformé le végétal, alors le remède deviendra manifeste ».
    Pour cela, il est nécessaire d’utiliser un alambic. On le remplit d’eau et de la matière végétale visée qui, d’une part, peut baigner dans l’eau, d’autre part peut être suspendue au-dessus, à l’intérieur d’un panier percé comme celui qui accompagne une cocotte-minute. Ainsi, la chaleur chauffe la plante et fait éclater les glandes odoriférantes dans le premier cas, ou bien la vapeur d’eau dégagée par ébullition traverse la masse végétale comme cela se produit dans une cocotte-minute dans le second cas.

    La vapeur d’eau entraîne les molécules volatiles contenues dans les plantes en direction du serpentin. Par contraste, au contact du serpentin qui baigne dans une cuve constamment alimentée d’eau froide, cette vapeur d’eau se condense. A ce moment là, les molécules emportées par la vapeur se désolidarisent de l’eau, les huiles essentielles n’étant pas hydrosolubles. L’eau et l’huile essentielle s’écoulent hors du serpentin et sont récupérées dans une cuve.

    L’huile essentielle plus légère (sauf en de quelques rares cas) flotte en surface alors que l’eau aromatique (autrement nommée hydrolat, cf. chapitre VII) se trouve au dessous. Il ne reste plus qu’à isoler l’huile essentielle de l’hydrolat de plante.

    Par exemple, si l’on distille des fleurs d’oranger amer, on obtient deux produits à la sortie : de l’huile essentielle de néroli et de l’hydrolat de fleurs d’oranger (communément appelée eau de fleurs d’oranger).

     Deuxième méthode : l’expression mécanique à froid

    Comme ce que nous évoquions avec le zeste de citron plus haut, il s’agit d’exprimer l’essence aromatique contenue dans certaines parties végétales d’un nombre particulier de plantes, les agrumes surtout. Il s’agit d’une pression à froid qui écrase les glandes aromatiques. Par la suite un courant d’eau emporte l’essence. Enfin, essence et eau sont séparées par centrifugation. L’essence aromatique ainsi obtenue ne subit aucune modification biochimique par le biais de la chaleur comme c’est le cas lors de la distillation.

     Rendements

    Il s’agit de la quantité d’huile essentielle ou d’essence obtenue à partir d’une quantité de matière végétale initiale. Comme nous allons le voir à l’aide de quelques chiffres, le rendement diffère grandement d’une plante à l’autre. C’est ce qui explique les écarts de prix parfois importants d’un produit à l’autre.

    – Eucalyptus globuleux (feuilles) : 1 à 3 %
    – Genévrier commun (rameaux) : 0,5 à 1,2 %
    – Géranium odorant (parties aériennes) : 0,1 à 0,15 %
    – Thym vulgaire (sommités fleuries) : 0,08 à 0,12 %
    – Rose de Damas (pétales) : 0,015 à 0,02 %

    Ainsi, pour obtenir 1 kg d’huile essentielle d’eucalyptus globuleux, on aura besoin de 100 kg de feuilles fraîches d’eucalyptus. Si l’on souhaite obtenir 1 kg d’huile essentielle de rose de Damas, on devra utiliser bien davantage de matière première, à savoir 6 à 7 tonnes de pétales de rose de Damas frais.

    Et la référence du-dit bouquin : ISBN n° 979-10-97154-00-4

    Belle fin de journée à vous,
    Gilles

    Aimé par 1 personne

  3. Bonjour,
    merci pour l’ajout du chapitre ! et de la référence du livre.
    les anecdotes sont très intéressantes.
    Bonne continuation
    Patrick (Crest)

    J'aime

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